BELLE IVRESSE ROMAINE… Qui connaît l’Italie sensuelle, au verbe flexible libéré, ardent et d’une érudition inspirée, accordée aux milles nuances séductrices d’un chant voluptueux citera évidement les vénitiens Monteverdi et Cavalli, mais aussi … le romain Stefano Landi mort en 1639, formé au Collegio Germanico qu’il rejoint dès 1595 comme soprano au sein du choeur (8 ans). Ce récital à 2 voix confirment les étonnantes qualités de l’ensemble Cantar Lontano dans l’art si difficile du premier bel canto baroque à Rome.. Quel est donc cet éternel feu (« l’eterno foco ») ? A n’en pas douter, le brûlant désir que fait naître dans le cœur, le souverain et inflexible Amour…
Les madrigraux à 2 ou pour voce sola participent de sa propre recherche d’un premier bel canto, dans la lignée du parlar cantando florentin ; ils recueillent l’art du poète dramaturge, auteur de La Morte d’Orfeo de 1619, année décisive qui voit aussi son premier Livre de madrigaux à 5, édité à Venise et dédicacé à l’Évêque de Padoue. Surtout de son premier Livre de madrigaux pour voix seul édité en 1620, dédié au Prince Paolo Savelli, ambassadeur de l’Empereur auprès du Pape Paul V. Orfèvre d’un chant de plus en plus dramatique (maîtrise partagé avec ses contemporains à Rome, Luigi Rossi, ou Marco Marazzolli…), Landi poursuit une fabuleuse carrière au sein de la Chapelle papale en 1629 comme contralto, autre année majeure où il compose son sublime Sant’Alessio créé au Palazzo Barberini.
Marco Mencoboni et les musiciens de son ensemble Cantar Lontano abordent le chant monodique de Landi avec une subtilité rare, un relief préservé dont la sobriété du style renforce la charge expressive de chaque texte : les 2 ténors requis (Andrés Montilla et Riccardo Pisani) expriment tour à tour, l’imploration, la prière, la célébration de l’instant… autant de stances marquées par l’expérience amoureuse, le plus souvent malheureuse et frustrée, sublimées par le jeu tout en finesse, elle aussi nuancée, des continuistes.
Les « arie » et madrigali exhumés, extraits des Livres I, II (1620-1627), et V, VI (1638) – contemporains de Monteverdi et les seuls à ce jour parvenus, témoignent de l’écriture affûtée d’un maître du chant intense, direct, où l’ornement mesuré, reste constamment expressif, jamais artificiel ni maniéré, toujours proche de la respiration naturelle et de l’articulation de la parole. Marco Mencoboni dont on se souvient d’une lecture saisissante des Vêpres de Monteverdi à Ambronay (2010 – cf lien en fin de texte), convainc indiscutablement : « sens exalté du collectif, ardente prières individuelles, proclamation et méditation… » autant de qualités déjà remarquées, que l’on retrouve ici au service de joyaux poétiques dont le choix régale tout du long ; le chef et claveciniste aime goûter, révéler, transmettre l’activité éruptive des textes, dans le respect de leur vertiges littéraires et musicaux ; il excelle dans une caractérisation naturelle de chaque séquence, dans le style identifié (arioso, recitativo, madrigalesque : superbe duo dramatique de l’ultime aria « Non vuo perdere il cervello »… entre prière et délire bouffon, vraie scène comique à 2 voix et basse continue réjouissante). Superbe enregistrement.
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CRITIQUE CD événement. STEFANO LANDI : arie. Cantar Lontano, Marco Mencoboni (1 cd
NovAntiqua Records 2024) – enregistré à Rome en avril 2024 – CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2026
PLUS D’INFOS sur le site de l’ensemble CANTAR LONTANO / Marco Mancoboni : https://www.cantarlontano.com/
PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur NovAntiqua records : https://www.novantiqua.net/prodotto/Eterno-foco
VIDÉOS
Stefano Landi: L’eterno fòco. Cantar Lontano, Marco Mencoboni
LIRE aussi nos articles MARCO MENCOBONI sur CLASSIQUENEWS : https://www.classiquenews.com/?s=mencoboni
CRITIQUE, Ambronay 2010 : Les Vêpres à la Vierge de Monteverdi par Marco Mencoboni / Cantar Lontano : https://www.classiquenews.com/ambronay-abbatiale-vendredi-10-septembre-2010-premier-concert-du-31festival-claudio-monteverdi-vpres-la-vierge-1610-nouvelle-version-critique-cantar-lantano-marco-mencob/
Voici une lecture transgressive des Vêpres, donnée à Ambronay en première française, que les

à Rome peut-être. Voilà donc une oeuvre à compréhension multiple qui porte en elle, dès sa genèse, une forte valeur expérimentale. Comme de nombreuses zones d’incertitudes…
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