L’Opéra Royal de Versailles souligne le génie de Salieri, dont l’opéra Tarare, joyau traversé par l’esprit des Lumières, et « seul opéra de Beaumarchais » (comme librettiste), tient l’affiche en novembre 2026… En 1787, Beaumarchais, l’auteur de théâtre le plus célèbre de France s’associe au musicien star de la décennie : Antonio Salieri, devenu le favori du public comme de la Reine Marie-Antoinette.
Le héros selon Beaumarchais
L’ouvrage est un conte moral : le cruel Roi d’Ormuz envoie son général en chef Tarare combattre aux frontières, pour s’en débarrasser, de manière à mettre sa promise dans son sérail. Mais le courageux général revient victorieux à la tête d’une armée galvanisée, laquelle lui rend justice en exécutant le sultan et portant Tarare sur le trône. L’adage et leçon de morale « On ne doit rien à sa naissance, mais tout à ses qualités » devient ainsi un véritable étendard des idées des Lumières. L’œuvre préfigure la Révolution française qui conduisit à l’exécution de Louis XVI et annonce, d’une certaine manière, le destin de Napoléon Bonaparte, devenu Empereur. L’ouvrage connaît un succès extraordinaire, tant la force d’écriture de cette turquerie à la fois héroïque et comique est exceptionnelle, mais elle n’a plus été rejouée à Paris depuis 1820. Voici enfin cette œuvre majeure rendue au public sous la direction de Théotime Langlois de Swarte et dans la mise en scène de Jean-Romain Vesperini : la production est l’un des temps forts lyriques de la nouvelle saison 2026 – 2027 de l’Opéra Royal de Versailles. / illustration : Beaumarchais DR
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VERSAILLES, Opéra Royal
Nouvelle production événement
SALIERI : Tarare
Du samedi 10 octobre au dimanche 18 octobre 2026
Les sam 10, dim 11, sam 17 et dim 18 octobre 2026
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra Royal de Versailles : https://www.operaroyal-versailles.fr/evenement/salieri-tarare/
distribution
Reinoud Van Mechelen : Tarare, Ombre de Tarare
Éléonore Pancrazi : Astasie, Ombre d’Astasie
Jean-François Lapointe : Atar, Ombre d’Atar
Gwendoline Blondeel : La Nature, Spinette
Enguerrand de Hys : Calpigi, Ombre de Calpigi
Alexandre Adra* : Arthénée
Jean-Gabriel Saint-Martin : Urson, Le Génie du Feu
Alexandre Baldo : Altamort, Ombre d’Altamort, Un Eunuque
Clara Penalva* : Elamir, Ombre femelle
Isaure Brunner : Ombre de Spinette
Jérémie Delvert : Ombre d’Arthénée, Un Esclave, Un Prêtre
* Membres de l’Académie de l’Opéra Royal – promotion 2025/2027
Chœur de l’Opéra Royal
Théotime Langlois de Swarte, Direction
Jean-Romain Vesperini, Mise en scène, assisté de Jean-Christophe Mast
Bruno de Lavenère, Scénographie
Alain Blanchot, Costumes
Christophe Chaupin, Lumières
Etienne Guiol, Vidéo
Laurence Couture et Mathilde Benmoussa,
Maquillages, coiffures et perruques
Production Opéra Royal / Château de Versailles Spectacles / Les Productions de l’Opéra Royal
Les costumes sont réalisés par l’Atelier Caraco – Paris
Les décors sont réalisés par l’Atelier Devineau
Les perruques et les accessoires sont réalisés par l’Opéra Royal / Château de Versailles Spectacles
Tragédie lyrique en un prologue et cinq actes sur un livret de Beaumarchais, créée à l’Académie royale de musique de Paris en 1787. Spectacle en français surtitré en français et en anglais.
Première partie : 1h15
Entracte
Deuxième partie : 1h15
Nouvelle Production
approfondir
LIRE aussi notre dossier TARARE de Salieri / Les Talents Lyriques, nov 2018 : https://www.classiquenews.com/tarare-de-salieri/
LIRE aussi notre CRITIQUE du CD TARARE / (Talens lyriques, 2018, 3cd Aparté) : https://www.classiquenews.com/cd-critique-salieri-tarare-talens-lyriques-2018-3cd-aparte/
CD, critique. SALIERI : TARARE (Talens Lyriques, 3cd Aparté / 2018). Hier, Les Danaïdes (1784), Les Horaces (1786), l’ensemble français sur instruments d’époque, Les talens lyriques abordent en novembre 2018 (le triple coffret prolonge les soirées en version de concert), Tarare (1787), une partition qui n’est pas une première mondiale, puisque dès 1988 (Festival de Schwetzingen), le chef visionnaire Jean-Claude Malgoire retrouvait et comprenait les enjeux esthétiques d’un opéra manifeste.
Tarare sur un livret de Beaumarchais porte les idéaux des Lumières : le héros positif et humaniste est jalousé par un roi envieux et retors ; mais grâce à l’intervention d’un travesti, le castrat Calpigi, Tarare retrouve son aimée qu’avait fait enlever le suzerain indigne… L’opéra est même l’aboutissement des travaux et réflexions de Beaumarchais sur le genre lyrique et sur la place de la musique aux côtés du texte. Ainsi, l’ouvrage connaît un succès immédiat, étant joué et repris régulièrement 15 ans après sa création.
L’écrivain libertaire et polémiste, admirateur comme Rousseau, de Gluck, outrepasse encore les idées de son Barbier de Séville, conçu à l’origine comme un opéra-comique. C’est finalement Salieri, – rencontré à la création des Danaïdes (créé 3 ans auparavant), qui met en musique son livret Tarare. Il y épingle en règle l’église et la monarchie. Atar est un sultan aigri et corrompu jusqu’à l’os ; quand Arthénée est le grand-prêtre maffieux, irrespectueux et manipulateur à l’endroit des croyants.
Synopsis
Prologue
La Nature et le Génie du feu calment les éléments pour donner la vie aux personnages du drame à partir des « atomes perdus dans l’espace ». Le chœur des ombres clame son aspiration à l’existence humaine. Cette nouvelle création est prétexte à exposer les thèses politiques et sociales qui seront développées ensuite.
Acte I – Au palais royal d’Ormuz. Le despote Atar méprise les sujets et exerce sur eux un pouvoir tyrannique. Tarare, un soldat noble et généreux, a sauvé la vie de son roi, lequel, par reconnaissance, l’a nommé chef de sa milice. La vie du soldat n’a pas changé ; il se rend utile aux autres avec enthousiasme et humilité ; de plus, malgré la loi qui permet la polygamie, il vit heureux avec sa seule femme, Astasie, belle et honnête. Atar révèle à Calpigi, un esclave italien gardien de son sérail, sa haine à l’encontre de Tarare et la jalousie qu’il éprouve à cause de son bonheur et de sa popularité. Atar a ordonné à Altamort d’enlever Astasie et de l’amener au sérail où elle sera reçue sous le nom d’Irza. Au cours d’une fête somptueuse, Irza, miracle de beauté, est introduite au sérail et présentée à Atar. Aussitôt après avoir pris conscience de son triste sort, elle s’ évanouit, puis est ramenée à ses appartements par Spinette, une chanteuse napolitaine légère et intrigante qui vit à la cour. Le roi exprime sa joie de savoir malheureux le chef de sa milice. Tarare, qui ne connaît pas les coupables de l’enlèvement, fait à Atar une description enflammée de son épouse et lui demande de lever une armée pour punir le ravisseur d’Astasie. Atar lui accorde cette permission mais, en secret, ordonne à Altamort de le suivre et de le tuer.
Acte II – Les chrétiens sont aux portes du royaume. Atar et le grand prêtre Arthenée font la part de leurs pouvoirs respectifs. Calpigi apprend à Tarare quel sort a été réservé à Astasie, dont il promet de favoriser la fuite. Avec la complicité d’Arthenée, Atar décide de confier l’armée à Altamort, mais le jeune oracle Élamir, consulté à ce sujet, donne le nom de Tarare malgré les efforts d’Arthenée. Le peuple exulte. Offensé dans son prestige, Altamort défie Tarare en duel.
Acte III – Les jardins du sérail. Atar exige que la fête prévue en l’honneur d’Irza soit donnée à l’instant même. Ses projets sont interrompus par le récit d’Urson qui révèle la victoire de Tarare sur Altamort. Atar ordonne cependant le divertissement, une fête européenne au cours de laquelle il couronne Irza. Pendant la barcarolle de Calpigi, Tarare s’introduit dans le sérail. Calpigi le travestit en esclave noir et muet. Repoussé par Astasie, Atar exprime une nouvelle fois sa colère. Pour se venger, il veut faire décapiter l’esclave noir et porter sa tête à Astasie en lui faisant croire qu’il s’agit de celle de Tarare. Calpigi est complètement désemparé. Au dernier moment, le monarque change d’avis et ordonne de conduire l’esclave dans la chambre d’Astasie pour l’humilier en la soumettant à la dérision du sérail.
Acte IV – Toujours déguisé, Tarare est introduit dans la chambre d’Astasie. Pour éviter l’infamie, Spinette a pris la place de sa maîtresse. Décontenancé, Tarare laisse échapper un cri et se trahit. Atar, qui s’est encore ravisé, envoie Urson et ses soldats pour assassiner l’esclave. Ne sachant plus comment sauver Tarare, Calpigi révèle son identité.
Acte V – Atar se réjouit de pouvoir tuer Tarare « avec le fer souple des lois ». Malgré les conseils d’Arthenée, il continue de se conduire en despote absolu et refuse de comprendre qu’il se voue lui-même à sa perte. Les prisonniers sont livrés au grand-prêtre : Tarare et Astasie se retrouvent enfin. À la tête de nombreux soldats, Calpigi pénètre dans le palais. Tous veulent faire de Tarare leur roi. Atar meurt de rage. Urson contraint Tarare à régner « par les lois et par l’équité ».
PLUS D’INFOS sur le site des Talents Lyriques : https://www.lestalenslyriques.com/resources/tarare-ressources/
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