vendredi 18 septembre 2026

CRITIQUE, festival. MONACO, « Concerts au Palais Princier » (Cour d’Honneur du Palais), le 2 août 2026. BEETHOVEN : Concerto pour piano n°4 / DVORAK : 8ème Symphonie. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Zoltán Fejérvári (piano), Martin Rajna (direction)

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Emmanuel Andrieu
Emmanuel Andrieu
Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie à l’université de Montpellier, Emmanuel Andrieu a notamment dirigé la boutique Harmonia Mundi dans cette même ville. Aujourd’hui, il collabore avec différents sites internet consacrés à la musique classique, la danse et l’opéra - mais essentiellement avec ClassiqueNews.com dont il est le rédacteur en chef.
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Après l’ouverture magistrale du 9 juillet, où la Cinquième Symphonie de Gustav Mahler – sous la baguette de Philippe Jordan – avait plongé la Cour d’honneur du Palais Princier dans une émotion profonde et mémorable, c’est un tout autre souffle, plus frais, plus primesautier, qui a emporté le public monégasque hier soir, dimanche 2 août. Pour ce cinquième rendez-vous du festival « Concerts au Palais Princier », l’élégance était toujours aussi stricte et raffinée, le protocole respecté dans sa plus belle tradition, mais c’est une énergie jeune et conquérante qui a investi la scène. Et c’est cette fois le jeune et charismatique chef hongrois Martin Rajna, véritable étoile montante de la direction d’orchestre, qui a pris les rênes de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. Sa présence, à la fois énergique et précise, a d’emblée captivé un public curieux de découvrir celui qui, dès septembre prochain, prendra la tête de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, une nomination prestigieuse qui récompense un talent dont nous avons pu mesurer l’étendu hier soir !

 

La soirée s’ouvrait sur une des pages les plus intimes de Ludwig van Beethoven : le Concerto pour piano n°3 en do mineur, op. 37. Au piano, son compatriote Zoltán Fejérvári, jeune artiste lui aussi, a livré une lecture consciencieuse et techniquement irréprochable de l’ouvrage beethovénien. Son doigté est sûr, sa maîtrise de l’œuvre évidente, et le dialogue avec l’orchestre, attentif sous la houlette de Rajna, a fonctionné à la perfection. Il faut saluer l’honnêteté et le métier du soliste. Cependant, et c’est là le seul bémol de cette soirée enchantée, on a cherché en vain l’étincelle, cette part d’indicible qui fait passer une belle interprétation au rang de révélation. Face à la puissance et à l’engagement orchestral, le jeu de Fejérvári, pour élégant qu’il fût, a parfois semblé un peu en retrait, manquant de ce génie particulier qui aurait électrisé la Cour d’Honneur du Palais monégasque…

 

 

La seconde partie du programme a offert de bien plus grandes satisfactions. Martin Ranja a ainsi déployé tout son talent dans la Symphonie n°8 en sol majeur, op. 88 d’Antonín Dvořák. Quelle bouffée d’air frais ! Le chef hongrois, nourri de folklore et d’une exigence héritée de ses maîtres, a façonné une lecture d’une vitalité communicative, mettant en lumière toute la fraîcheur et la beauté mélodique de cette œuvre pastorale. L’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo a répondu présent avec un brio et une homogénéité confondants. L‘Allegro con brio initial, d’une énergie solaire, a été suivi d’un Adagio d’une poésie enivrante, où les couleurs des bois et la chaleur des cordes ont enveloppé le public. Martin Rajna, par des gestes amples et une clarté de lecture remarquable, a su sculpter chaque phrase, dansant littéralement avec l’orchestre sur les rythmes entraînants du Finale.

Une soirée prometteuse qui laisse présager le meilleur pour la suite de sa carrière au Luxembourg, et qui nous rappelle aussi, avec une pointe de nostalgie, que ce festival touche à sa fin. En effet, il ne reste plus qu’un concert, jeudi 6 août, qui s’annonce déjà historique car il marquera les adieux de Kazuki Yamada, après dix années passées à la tête de l’OPMC (mais aussi ceux de Didier de Cottignies comme directeur artistique) – une page qui se tournera sans aucun doute avec une grande émotion pour tous les mélomanes monégasques. Nous y serons !…

 

 

 

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CRITIQUE, festival. MONACO, « Concerts au Palais Princier » (Cour d’Honneur du Palais), le 2 août 2026. BEETHOVEN : Concerto pour piano n°4 / DVORAK : 8ème Symphonie. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Zoltán Fejérvári (piano), Martin Rajna (direction). Crédit photographique © Frédéric Nebinger

 

 

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