vendredi 30 octobre 2026

CRITIQUE, festival. 40e Festival Castell de Peralada (III), Iglesia del Carmen, le 26 juillet 2026. Alberto GARCIA DEMESTRES : « Dario di una madre », Sabina PUÉRTOLAS, soprano / Rubén FERNÁNADEZ AGUIRRE, piano

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L’écrivaine italienne née à Modène en 1964, Cristina Pavarotti avait déjà présenté à Perelada en 2017, l’opéra dont elle avait conçu le livret,  » La Strordinaria vita di Sugar Blood  » [2017], partition hommage à son père. 9 ans plus tard, la revoici dans un cycle de mélodies inédites… qui reprend un thème cher : le lien familial, la filiation, et ce soir précisément la relation charnelle et tendre : mère / fille.
Déjà associé en 2017, le compositeur Alberto Garcia Demestres [qui a aussi présenté en 2013, son opéra « Wow! »), retrouve lui aussi Perelada dans cette succession de 14 canzone, ponctuées par 2 intermèdes purement pianistiques.

 

 

L’écriture en est fluide, souple, expressive, s’inscrivant dans le sillon des grands mélodistes avant lui, Turina ou Granados, avec nombre d’inserts voire des citations à la musique française romantique et moderne, précisément à la façon d’un menuet antique à la Reynaldo Hahn(« Como se niente fosse ») et même au jazz (« Faccio festa »).

Timbre charnel, médium ample, aigus éperdus et rageurs, la soprano aragonaise Sabina Puertolas en assure le flux et l’intensité souvent ardente, les crépitements et les aspérités, les espoirs suspendus, surtout l’intarissable tendresse d’une mère pour son enfant. Le cycle chanté en italien, accompagne ainsi le cheminement d’une femme que la maternité conduit vers une conscience de plus en plus responsable, dans un parcours semé de doutes, d’attente, d’impuissance,… autant de sentiments d’une fragilité continue dont la voix pleinement engagée, renforce l’activité intranquille, les emballements, les hésitations parfois paniques, toutes les failles d’une mère impliquée. Le parent inquiet, attentionné devant lâcher prise au final, son enfant n’aspirant qu’à se détacher et rompre pourtant un lien viscéral (« Neve fresca »)… Le Journal d’une mère [Un Diario di una Madre] souligne souvent le désarroi et l’impuissance sans jamais perdre un attachement organique qui s’exprime continument dans la musique et les textes quelle que soit chaque épisode.

De son côté, la sensibilité très musicale du pianiste Ruben Fernandez Aguirre [familier du festival et accompagnateur inspiré des grandes voix d’aujourd’hui], se révèle idéale, offrant une enveloppe constamment souple et subtile au chant enivré souvent éperdu de la cantatrice. Des deux intermèdes pour le piano seul, le second [à la mi temps de la partie II] séduit particulièrement par son chant introspectif et des phrasés ravéliens d’une poésie suspendue.

 

 

 

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CRITIQUE, festival. 40e Festival Castell de Peralada, església del Carme, le 26 juillet 2026. Alberto GARCIA DEMESTRES : « Dario di une madre », Sabina PUÉRTOLAS, soprano / Rubén FERNÁNADEZ AGUIRRE, piano – Photo © Festival Perelada 2026

 

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