Entre le jazz, le gospel ou le métal et le belcanto, la mezzo-soprano helvético -française Marina Viotti n’a pas voulu choisir ce soir, elle qui poursuit avec le succès que l’on sait une carrière d’artiste lyrique sur lez plus grandes scènes internationales. C’est un peu le sens de ce récital, « en forme de cabaret”, qu’elle a donné au Théâtre des Champs-Elysées, ce dimanche 14 juin 2026 à 17h. Horaire inhabituel, mais heure à laquelle, le dimanche, il y a quelques décennies, se donnaient nombre de concerts d’abonnés…
Récital mené tambour battant par Marina Viotti, micro à la main, robe lamée, non sans humour. Elle s’est entourée pour l’occasion de quelques-uns de ses meilleurs amis. Tout d’abord, une petite formation composée d’un pianiste, en la personne de Leonardo Montana, qui nous gratifiera d’une courte mais belle improvisation, et un contrebassiste, Antoine Brocho. Ils l’accompagneront dans les Mélodies.
Elle a pu compter aussi sur la bienveillante présence de la formation baroque du Concert de la Loge, dirigé du violon ou à la baguette par son directeur musical et artistique, Julien Chauvin. Entremêlant tout à trac (selon une expression qu’elle ne démentirait pas) la musique de Bizet, Mozart, Offenbach ou Rossini, mais aussi celle de Brel, Satie ou William Bolcom, Marina Viotti nous a proposé chansons, Mélodies, et quelques scènes d’opéra: la musique qu’elle aime, qu’elle a aimée ou qui compte beaucoup pour elle. Marina Viotti sait qu’elle peut tout faire avec sa voix qui l’a déjà rendue célèbre ; elle en profite effrontément et passe avec maestria du jazz à la chanson française (Nougaro, Brel…) à une aria de Vivaldi, au risque, parfois, de laisser exploser sans nuances quelques aigus.
Ses amis chanteurs jouent le jeu souhaité par la grande ordonnatrice de cet après-midi, avec plus ou moins de bonheur… Le ténor Stanislas de Barbeyrac, un peu en retrait dans Carmen, avec une diction parfois un peu elliptique, retrouve sa voix dans Offenbach, dans un duo ébouriffant avec Marina Viotti extrait de La Périchole. La très belle surprise de ce récital c’est le baryton russe Mark Kurmanbayev, chacune de ses interventions constituant un réel plaisir d’écoute ; en particulier son interprétation d’un air extrait de l’opéra Eugène Onéguine de P.I. Tchaïkovski, voix longue, timbre riche et puissant. Enfin, on aura aimé Marina Viotti dans Rossini, compositeur qui réussit particulièrement à sa voix ronde, riche en couleurs, avec des aigus faciles.
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CRITIQUE, concert. PARIS, Théâtre des Champs-Elysées, le 14 juin 2026. Récital Marina VIOTTI & FRIENDS (Stanislas de Barbeyrac, Mark Kurmanbayev). Le Concert de la Loge, Julien Chauvin (direction). Crédit photographique (c) Marc Portehaut





