vendredi 9 octobre 2026

CRITIQUE, danse. OPÉRA DE DIJON, le 26 mars 2026. HOW ROMANTIC (Katerina Andreou), Compagnie national de Norvège Carte Blanche

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L’Opéra de Dijon nous régale en réservant son affiche aux nouvelles chorégraphies parmi les plus intenses, comme aux compagnies ostensiblement audacieuses. Le ballet est ce soir défendu par 13 danseurs. La chorégraphe grecque Katerina Andreou [qui vit à Paris] réserve au collectif un spectacle continu dont la performance est de nature strictement sportive et urbaine, physique voire ludique. Son ballet « How romantic » [créé en mars 2025] s’inscrit dans une intensité rythmique permanente, une physicalité aiguë qui défie l’équilibre cardiaque des danseurs… moins interprètes ici,… qu’athlètes, invités à se dépasse sans limites si ce n’est leur propre endurance et leur capacité à relever les défis.

 

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Photo : Compagnie Carte Blanche DR

 

 

 

 

 

Scène décalée creative à l’Opéra de Dijon

Des performeurs/uses en meute s’adonnent à la sauvagerie sportive

 

 

 

La scène est un terrain de jeu et d’affrontement où les corps se mesurent, se comparent, se défient sans but réel, sans cadre défini, sans intention globale qui donnerait le sens, s’appuyant surtout sur les étincelles réactives, pulsionnelles, que produisent fausses intentions, frottements, défis continus. Le corps des danseurs y est envisagé comme le noyau d’une irrépressible énergie à canaliser ; sans préciser véritablement le lien relationnel entre les danseurs, la chorégraphe questionne ce qu’est un groupe en mouvement, chargé d’individualités contraires, diverses voire (très rarement) complémentaires. Le hasard semble dévoiler les tempéraments sans vraiment les fédérer. Il les expose dans un périmètre large et lâche, en décuplant leur sauvagerie primitive.

Le premier tableau va crescendo : les danseurs comme animés par des spasmes qui les connectent peu à peu s’agglomèrent, en groupes de plus en plus synchrones, dans une transe commune qui les fait devenir, chacun, composant d’un corps commun de plus en plus frénétique.

Le langage est expérimental et repousse l’écriture chorégraphique aux antipodes de la conception classique, narrative et dramatique. Des secousses aux cris gutturaux qui disloquent les corps en à-coups nerveux, dans un style qui redéfinit en les caricaturant des postures déconcertantes, ni humaines ni animales, jamais fluides mais syncopées : ces corps tordus et monstrueux souffrent ; ils ne s’appartiennent plus.

Puis une seconde partie faisant référence au Sacre du printemps de Stravinsky, sa nature organique viscérale, sacrificielle, sans écarter son extrémisme expressif, verse dans le show hurleur où deux danseurs chantent et haranguent le public, slament en bateleurs et orateurs excités, réclamant ses applaudissements.

Enfin un degré est franchi dans la 3 ème partie, celle d’une course effrénée, impérieuse, inscrite dans l’urgence, où tous se confrontent et rivalisent ; ils sautent successivement par dessus les bancs qui traversent la scène. C’est une meute en mouvement qui veut en découdre.

Aucun onirisme, aucune tentation abstraite mais la réalité des râles et des respirations de corps éprouvés, stressés dont la fureur cathartique reconsidère la danse comme un rituel collectif qui exsude la peur ; extrait et entend conjurer les tensions, les frustrations de toute sorte.
C’est avant tout un enchaînement de gestes et d’actes libératoires.
Les interactions sont rares ; parlons plutôt d’individualités affrontées confrontées, qui s’assemblent à peine par deux, le temps d’une courte séquence sans musique rythmique, comme une pause éphémère et sans attachement… pour mieux repartir ensuite dans une compétition festive et ivre, sauvage et libératoire. Arène cathartique.

 

 

 

 

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CRITIQUE, danse. OPÉRA DE DIJON, le 26 mars 2026. HOW ROMANTIC : Katerina Andreou. Compagnie Carte Blanche [Norvège]
PLUS d’INFOS sur le site de la Compagnie nationale de Norvège Carte Blanche : https://carteblanche.no/en/

 

 

prochain événement à l’Opéra de Dijon

Prochain spectacle de Danse à l’Opéra de Dijon :
HELIKOPTER / LICHT
Ballet Preljocaj
Quatuor Arditi
Mardi 5 mai 2026, 20h
AuditOrium, Opéra de Dijon
Infos et réservations :
https://opera-dijon.fr/fr/au-programme/calendrier/saison-25-26/helikopter-licht/ 

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