A l’époque où le wagnérisme s’impose en France, certains compositeurs veillent à préserver la vitalité des sujets français. Ainsi au début du XXè, Charles Silver (1869 – 1949), Prix de Rome 1891 (avec la cantate l’Interdit), met en musique le Conte de Charles Perrault, La belle au bois dormant, une décennie après que Tchaikovski compose son propre ballet pour les Théâtres Impériaux de Saint-Pétersbourg (Marinsky, le 15 janvier 1890). Hérold avait déjà abordé la magie fantastique du conte pour son ballet à l’Opéra de Paris en 1829 (chorégraphie de Jean Aumer).
Le drame, le théâtre, la danse … l’élève de Massenet connaît les rouages et les ficelles d’un drame musical destiné au théâtre et aux effets visuels, cultivant séduction mélodique et vitalité des contrastes dramatiques. Sa Belle en témoigne et mérite absolument que l’on s’engage à la ressusciter.
La féerie lyrique est dédiée par le compositeur « à ma chère femme », la cantatrice Mme Bréjean-Silver, célèbre comme interprète de Manon de Massenet. Charles Silver s’associe à Michel Carré et Paul Collin qui adaptent le texte de Perrault dont ils reprennent les scènes principales au fil des 9 tableaux principaux ; tout y est y compris le tableau noir, maléfique de la Fée Urgèle, l’entité toxique : le Baptême (prologue), Le sommeil d’Aurore, Cent ans révolus, la Caverne de la fée Urgèle, la Grotte d’Azur, la Forêt enchantée, la Belle au Bois dormant, le Réveil, les Fées (apothéose).
L’action met l’accent sur le réveil de la princesse Aurore après cent ans d’un sommeil magique par le baiser du fils du roi, auquel elle est apparue en rêve, puis à l’union des deux jeunes élus. Ici pas de piqûre au fuseau mais le charme du baiser d’un « Chevalier errant ».
La création en grande pompe de La Belle au bois dormant, un an à peine après l’adaptation du même conte par Charles Lecoq aux Bouffes-Parisiens, n’a pas lieu à Paris, mais au Marseille (Grand Théâtre). L’ouvrage est unanimement salué.
L’interprétation du double rôle de la Reine et d’Aurore par Mme Bréjean-Silver, est particulièrement remarquée. Même enthousiasme pour l’interprétation des rôles d’Urgèle par Mlle Passama et du ténor Cornubert dans les rôles du Chevalier errant et du Prince ; leur engagement contribue au succès de l’œuvre, d’autant mieux valorisé dans le somptueux décor du peintre Eugène Apy. Au printemps 2026, Charles Silver connaît une juste renaissance ; en plus de cet enregistrement, l’Opéra de Saint-Étienne annonce une nouvelle production majeure (les 24 puis 26 avril 2026 – Toutes les infos : https://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-25-26/spectacles//type-lyrique/).
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CD opéra événement, annonce. Charles SILVER : La Belle au bois dormant, féerie
lyrique en 4 actes et 9 tableaux dont 1 prologue créée au Grand-Théâtre de Marseille le 8 janvier 1902. – recréation 2 cd Palazzetto Bru Zane – enregistré à Budapest en janvier 2025 – Collection Opéra romantique français – PLUS D’INFOS : https://www.bruzanemediabase.com/exploration/oeuvres/belle-au-bois-dormant-carre-collin-silver
distribution
Thomas Dolié (Le Roi), Guylaine Girard (Aurore/La Reine), Kate Aldrich (La Fée Urgèle/Dame Gudule), Adrien Fournaison, Julien Dran (Le Prince/Le Chevalier errant), Matthieu Lécroart (Barnabé); Hungarian National Philharmonic Orchestra, Hungarian National Choir, György Vashegyi (direction)
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