Yes ! d’Yvain par Les Frivolités parisiennes

yes-yvain-les-frivolites-parisiennes-janvier-2015Paris. Yes ! Les Frivolités parisiennes, les 7,8 et 9 janvier 2015. Au Café de la Danse, l’excellent ensemble instrumental qui est aussi compagnie lyrique, les Frivolités parisiennes (fondées par Mathieu Franot et Benjamin El Arbi), impose une nouvelle sonorité et un sens dramatique affûté dans Yes ! la comédie musicale de Maurice Yvain (1928), avec les lyrics d’Albert Willemetz.  Fils fortuné, Maxime Gavard est l’amant de madame de Saint-Eglefin, mais il propose à sa manucure Totte un mariage blanc ; elle accepte : ils partiront à Londres (dire « Yes! ») car la capitale anglaise acceptent de célébrer les mariages à la chaîne, sans les tracasseries administratives habituelles… Pour autant les choses ne vont pas en rester. Car Totte entre temps est tombée sous le charme de son récent époux….

LFP-frivolites-parisiennes-vignette-700Le nouveau collectif fondé en 2012, s’intéresse à la comédie musicale de 1928, Yes ! avec un sens de la facétie et du plaisir musical évident; l’ouvrage emprunte au genre de l’opérette d’actualité, égrenant sa galerie de portraits particulièrement contrastés et caractérisés : cocu pathétique, vieux domestique familier, maîtresse mariée, vamp exotique, secrétaire timide et fils fêtard… attention cependant de ne pas tomber dans la surcharge et la caricature, car tout l’esprit d’Yvain tient à la finesse et la subtilité du ton.  A la saveur musicale, l’une des meilleures partitions d’Yvain répond la qualité des textes de Willemetz, jamais en reste d’une pointe grivoise, mais habilement nuancée. Le sens des enchaînements, la pertinence des textes agencés aux bonnes séquences dramatiques, relancent constamment l’acuité des situations et le relief des profils. Emblématique de ce théâtre léger, et aussi cynique propre aux Années Folles, Yes ! entre Music Hall et opérette doit sa séduction à la culture musicale d’Yvain qui aime et collectionne les références à peine masquées : la chanson de Roger renvoie aux mélodies salonardes du XIXè ; le trio patriotique Il faut chercher qui cite Lecoq ou Offenabch ; les airs de Totte (La vie n’est faite que d’illusion, et aussi Yes! qui donne son titre à la pièce), le duo A Londres (avec Maxime) qui campe le caractère des deux futurs époux… tout cela témoigne d’une sensibilité psychologique hors normes, un sens du théâtre mesuré allusif, élégantissime.

yes-yvain-les-frivolites-parisiennes-janvier-2015RESERVATIONS. Paris. Yes ! Les Frivolités parisiennes, les 7,8 et 9 janvier 2015. Café de la Danse, les 7, 8 et 9 janvier 2015, à 20h. 5 passage Louis-Philippe 75011 Paris. Version originale pour deux pianos, inspiré du jeu du pianiste virtuose Léon Kartun (mort en 1982) avec lequel Yvain a travaillé.

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