Vidéo Padmâvatî, Châtelet (mars 2008) Sylvie Brunet chante Padmâvatî

Sylvie Brunet chante Padmâvatî

Inde féerique
Avec le recul, la production de Padmâvatî, présentée en mars 2008 par le Théâtre du Châtelet fut un événement et le point d’orgue de la saison en cours. Dévoilement d’un ouvrage oublié, participation d’un metteur en scène indien, lui-même artisan de la poésie musicale grâce au déploiement de la danse, engagement des interprètes…, la réalisation qui marque le retour de cette oeuvre majeure sur la scène parisienne, reste un spectacle mémorable.

Albert Roussel, (1869-1937) fut d’abord jeune officier, avant de se consacrer uniquement à la musique comme compositeur, à l’âge de 25 ans. Le créateur allait dans le sillon tracé par Ravel et Debussy, renouveler d’une façon puissante et originale l’écriture symphonique, posant ses perspectives et ses limites propres: audaces harmoniques, polytonalité, et surtout nostalgie des espaces découverts aux confins du monde, entre ciel et mer, lorsqu’il était marin. Toute son oeuvre témoigne d’une vive force intérieure, suscitant ses mondes personnels. L’opéra-ballet Padmâvatî, créé en 1923, pour la scène du Palais Garnier est bercé par le souvenir de son séjour en Inde…

Dans notre vidéo, la mezzo française Sylvie Brunet précise sa vision de l’opéra et sa conception du rôle-titre. Princesse indienne entière, forte et passionnée, Padmâvatî reste fidèle à son seul amour. Et s’il n’est pas réalisable sur cette terre, la jeune femme n’hésite pas à oser l’impossible pour préserver l’union qui lui est si chère… Symbole de la mort, travail du texte, gradation dramatique de l’action, Sylvie Brunet s’est confiée devant notre caméra, à la fin de la répétition générale…


Livre-programme

Pour chaque production, le Théâtre du Châtelet édite un superbe programme expliquant la genèse, les enjeux esthétiques, l’histoire de l’écriture, le choix des interprètes et les résonnances de l’oeuvre dans la composition intérieure du compositeur, comme son impact auprès du public. Le programme de Padmâvatî, élève encore le niveau éditorial grâce aux excellents textes de Damien Top, meilleur spécialiste d’Albert Roussel dont les lecteurs curieux de comprendre en profondeur l’oeuvre du musicien, liront ainsi avec profit “La beauté vivante du spectacle roussellien”… De nombreux extraits des lettres adressées par le compositeur, à l’époque de l’écriture de Padmâvatî, complètent une restitution passionnante de la genèse de l’opéra-ballet de 1925. Figure aussi le journal que tint l’auteur lors de son voyage en Inde en 1909. La publication regroupe enfin de nombreuses illustrations sur le thème de l’Inde, la présentation des artisans de la production parisienne de Padmâvatî dont un portrait du réalisateur indien Sanjay Leela Bhansali, de nombreuses photos de Roussel. 135 pages.

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