Pour présenter la production des 50 ans, dont Paris, est l'une des étapes de la tournée mondiale, le programme expose les enjeux de l'ouvrage dont la singularité tient à sa double nature, oeuvre populaire et opéra, ballet chanté et aussi opéra chorégraphique.
Pour accompagner le spectacle qui est à l'affiche de la scène parisienne jusqu'au 1er janvier 2009, le Châtelet fidèle à son habitude, édite un programme dont le couleur rouge vif est d'autant plus à propos ici, que l'habillage originel, en 1957, pour la création de
West side story à New York, exhibait la même couleur. Rouge sang comme la vie et même la violence et la sauvagerie qui en plus de la sensualité, caractérise l'esprit de cette oeuvre universelle, immédiatement plébiscitée par le public. 1957-2007: rare sont les oeuvres contemporaines qui 50 ans après leur création, continuent d'enflammer la scène et de ravir les publics.
Cette validation de l'histoire est d'autant plus émouvante vis à vis d'une oeuvre qui, jusqu'aux années 1980, fut insidieusement écartée voire minimisée par son auteur, lequel préoccupé par l'écriture d'un véritable opéra, ne la trouvait pas véritablement aboutie. Aujourd'hui,
West Side Story est non seulement la comédie musicale qui réforma radicalement le genre, mais aussi fut un film (Robert Wise, 19) au succès planétaire, et depuis les années 1980, un opéra à part entière grâce au disque et le renversement de conception de Bernstein à son égard, demandant à des chanteurs d'opéras (et non des moindres) d'aborder la partition légendaire (
West Side Story, version opéra 1984, double coffret de luxe, spécial cinquantenaire, édité en décembre 2007 par Deutsche Grammophon).
Pour présenter la production des 50 ans, dont Paris, est l'une des étapes de la tournée mondiale, le programme expose les enjeux de l'ouvrage dont la singularité tient à sa double nature, oeuvre populaire et opéra, ballet chanté et aussi opéra chorégraphique. Le mariage du populaire et du savant se réalise ici avec une énergie exceptionnelle, qui n'a pas manqué bien sûr, de déconcerter les plus conservateurs. Evidemment selon le projet initial de Bernstein, Robbins et de leur parolier, l'excellent Stephen Sondheim, leur cadet, il convient de distribuer pour cette oeuvre à part, des interprètes qui sont à la fois danseurs, acteurs et chanteurs.
Les articles reconstituent en particulier la genèse d'une oeuvre choquante qui ne trouve aucun investisseur tant elle est jugée immorale et violente par son action tragique (guerres de gangs, racisme communautariste, deux morts). L'intrigue est à milles coudées des comédies musicales de l'époque. La contribution décisive de Sondheim est ainsi rétablie, comme la méthode de travail entre les co-auteurs... C'est en définitive l'histoire d'un success story sans fin qui après la comédie musicale, rebondit encore lorsque la partition est portée en 1961 au grand écran, obtenant une foule de récompenses... En complément, l'éditeur ajoute les biographies du chorégraphe Jerome Robbins, du compositeur Leonard Bernstein, du librettiste Arthur Laurents, du parolier Stephen Sondheim, un article précisant la composition de l'orchestre et une présentation des principaux acteurs... En cahier central, de nombreuses photos de la production donnent un aperçu du travail élaboré par la troupe sous la conduite de l'ancien assistant de Robbins, Joey McKeenly.
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