VEMI, Académie juillet 2017. Entretien avec Bruno Cocset

VEMI-festival-vannes-2017-classiquenewsEntretien avec Bruno COCSET. A l’occasion de la 7è académie européenne de musique ancienne de Vannes, à partir du 4 juillet prochain, classiquenews fait le point sur l’événement : une semaine de rencontres, recherche, expérimentation et approfondissement musical, qui profite autant aux participants, professeurs et élèves qu’au public invité à découvrir les avancées des artistes-chercheurs. Entretien avec le violoncelliste Bruno COCSET, engagé depuis son début par une expérience unique en Europe.

bruno_cocsetBruno Cocset a créé le VEMI (Vannes Early Music Institute), un centre de recherche qui sait associer exploration, réflexion, pratique historique, transmission et concert. En reliant entre eux, le facteur d’instrument, le musicologue, l’instrumentiste, le pédagogue et le public, le violoncelliste réinvente la notion même de centre spécialisé, qui est aussi, surtout une formidable expérience collective et humaine. Chaque été, en juillet, Vannes devient depuis le très bel hôtel historique de LIMUR (joyau architectural du XVIIè), le cœur d’un cycle d’émulation, de rencontres, de partages et de découvertes… accomplis entre élèves et professeurs au sein d’une académie d’été, dont les joyaux se concrétisent au moment des concerts publics, quand après que les professeurs invités ont transmis leur savoir, leurs élèves transmettent en retour les fruits de l’apprentissage aux spectateurs. Entretien avec le violoncelliste Bruno COCSET.

L’activité annuelle du VEMI et la programmation du festival de Juillet sont étroitement liées. Qu’allez vous mettre en avant cette année qui prend sa source au sein de vos recherches tout au long de l’année ?

L’Académie est à la fois le point d’orgue et l’épicentre de nos activités : c’est le moment où tous les acteurs peuvent se retrouver pour échanger, travailler, partager. C’est aussi le moment d’explorer d’autres répertoires grâce aux idées de chacun, de faire se rencontrer des musiciens qui ne jouent pas ensemble habituellement, d’associer des instruments pour découvrir ou redécouvrir des oeuvres avec une oreille neuve.  Le noyau reste les musiciens des Basses Réunies avec une éthique de recherche et d’expérimentation, la collaboration avec le luthier Charles Riché qui a vu encore cette année la naissance de deux instruments, des violes vénitiennes du 16ème siècle. C’est l’occasion aussi d’associer la voix à un ensemble de solistes dans un vrai travail de musique de chambre : cette année Marc Mauillon et Raquel Anduaza.

Sur quels critères choisissez-vous le profil et la spécialité des maîtres de stage ?

Depuis la première Académie, j’ai fait le pari d’un mélange entre professeurs aguerris enseignant dans des institutions supérieures (Paris, Genève, Amsterdam, Lyon…), avec des artistes plus jeunes en plein épanouissement dans leur carrière soliste mais qui ont déjà la soif du partage : je pense à Maude Gratton et Bertrand Cuiller. Le choix des instruments est limité par des contraintes budgétaires : je dois me limiter à 8 classes et j’attends avec impatience la possibilité d’accueillir le luth, de faire revenir le hautbois et un jour je l’espère, d’associer les dulcianes, cornets et sacqueboutes…

Pouvez-vous nous citer un ou deux chantiers musicaux au long cours qui trouvent une étape pendant le festival de juillet ?

violoncelle-cello-stories-cd-5-cd-alpha-bruno-cocset-review-critique-cd-compte-rendu-CLASSIQUENEWSUn chantier important de cette dernière saison a été la parution du disque livre Cello Stories chez Alpha. Le festival me permet d’accueillir Marc Vanscheeuwijck, le musicologue qui a écrit le livre : à mes yeux “le” grand spécialiste de l’histoire du violoncelle actuellement. C’est une chance de pouvoir réunir l’érudit, le luthier qui nous permet de remonter le temps, de comprendre et expérimenter petit à petit de quoi est fait ce violoncelle, et enfin, les musiciens ! Ou comment rendre vivante une conférence et écouter ce programme de concert “avec un autre regard” !
Un autre chantier est celui cité plus haut concernant les violes du 16ème siècle. La présence du luthier Charles Riché, des nouveaux instruments au stade de la naissance : voilà qui doit exciter la curiosité de nos étudiants, susciter l’envie de l’exploration…

Pour vous, que vit le spectateur pendant le festival, qui le rend unique à Vannes ?

Un lien proche avec les musiciens, qu’ils soient solistes, professeurs ou étudiants. La possibilité pour tous (gratuité ou prix d’entrée modique) de venir aux concerts, aux conférences, d’assister à des master-classes. Pour les habitués, le plaisir de nous accompagner dans nos vies de musiciens, d’année en année. Une façon de replacer le musicien dans un contexte social de proximité : il en a bien besoin !

Et qu’en est-il du point de vue du jeune instrumentiste venu se perfectionner et enrichir son métier ?

Pour le jeune instrumentiste, c’est un heureux mélange d’accueil dans une belle cité historique, de travailler dans un bâtiment magnifique du 17ème siècle avec des musiciens qu’il a choisi de rencontrer, de découvrir et jouer avec des futurs collègues venant du monde entier, de partager avec nous une diversité de parcours professionnels et musicaux se retrouvant sous le signe du partage et de l’exigence, dans la simplicité.

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ACADEMIE EUROPENNE DE MUSIQUE ANCIENNE DE VANNES. 7è édition, du 4 au 12 juillet 2017 (7éme édition). Hôtel de LIMUR à VANNES. Cycle de masterclasses, conférences, rencontres, concerts…

LIRE aussi notre précédent entretien avec Bruno Cocset en juin 2016 à l’occasion de la 6è édition de l’Académie Européenne de musique ancienne de Vannes 2016

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