COMPTE-RENDU, concert. SCEAUX, La Schubertiade, le 10 nov 2018. « Un fil, la vie, un simple fil » Trio Atanassov / Alain Carré

Schubertiade de Sceaux Logo copiable logo 2018COMPTE-RENDU, concert. SCEAUX, La Schubertiade, le 10 nov 2018. « Un fil, la vie, un simple fil » Trio Atanassov (Perceval Gilles, Sarah Sultan et Pierre-Kaloyann Atanassov) / Alain Carré, récitant. Hommage aux soldats de la Première Guerre. Le sujet du programme était opportun en ce week end du 11 novembre 2018, centenaire de l’Armistice. Elisabeth Atanassov, directrice de la Schubertiade de Sceaux ajoute à cette célébration bienvenue, plusieurs pièces d’un violoniste virtuose, soldat enrôlé sur le front de la barbarie (1914-1918), devenu compositeur : Lucien Durosoir. En présence des descendants du musicien, le concert est surtout un spectacle percutant où le verbe est énoncé, projeté, incarné par le diseur acteur Alain Carré. La vie dans les tranchées – humide, alcoolisée, nauséabonde… pour le dire d’un mot, inhumaine est ainsi évoquée par le détail et l’anecdote, à travers des citations de la correspondance du soldat Durosoir à sa mère ; à travers le témoignage complémentaire contenu dans les Carnets de guerre de Maurice Maréchal.
Ponctuant le texte, plusieurs fragments musicaux sont joués par le Trio Atanassov (Perceval Gilles, violon / Sarah Sultan, violoncelle / Pierre-Kaloyann Atanassov, piano) : on y détecte l’intensité suggestive et qui semble recueillir les cris et l’impuissance dans la bataille, des œuvres choisies signées Ravel (l’extraordinaire poétique de Pantoum, qui est le second mouvement de son sublime Trio de 1914), Beethoven, Schumann… De cette mise en dialogue du texte et de la musique, ce sont certainement les partitions de Durosoir qui se détachent par leur acuité émotionnelle, à la fois enivrante et recueillie (Prière à Marie de 1949, pour violon et piano : la pièce conclut avec beaucoup de sensibilité le programme). Comme on reste saisi par cette modernité palpitante qui porte et embrase le premier mouvement de son Trio en si mineur de 1927. Comme de nombreux auteurs marqués par la guerre, et davantage : qui ont affronté l’ignominie la plus terrifiante, Lucien Durosoir semble retisser un fil salvateur dans l’acte même de composer ; toute son œuvre qui suit ses années de traumatisme, exprime et transcende cette épreuve inimaginable.

durosoir lucien violon portrait annocne concert par classiquenewsComme le dit Debussy, la musique commence où s’arrêtent les mots : la formule est idéale dans le cas de Lucien Durosoir dont l’intensité et la pudeur de l’écriture musicale, en disent infiniment plus que bien des discours. La réussite de ce « spectacle », à la fois concert, à la fois témoignage récité (et excellemment par l’incantatoire Alain Carré) vient de cet équilibre ténu et ici idéal entre la véhémence du mot cru, et la parure musicale qui semble l’enrober, dans les fragments de musique qui ponctuent les récits. On ne pouvait imaginer meilleure proposition, en hommage aux soldats massacrés, éprouvés sur le champs de bataille entre 1914 et 1918.
A l’issue de ce deuxième rv, il apparaît comme une évidence que par la qualité de l’offre musicale et la diversité des concerts dans leur forme et leur déroulement, La Schubertiade de Sceaux a désormais trouvé son rythme de croisière (dans l’Hôtel de Ville même) et surtout son public. L’idée de proposer aux résidents citoyens, un concert de musique de chambre dans les espaces municipaux, est exemplaire.
Prochain rv, samedi 8 décembre 2018 : Quatuor Modigliani (au programme : Mozart, Schubert et surtout Debussy, pour fêter le centenaire de la mort en 2018).

________________________________________________________________________________________________

COMPTE-RENDU, concert. SCEAUX, La Schubertiade, le 10 nov 2018. « Un fil, la vie, un simple fil »  / Trio Atanassov (Perceval Gilles, Sarah Sultan et Pierre-Kaloyann Atanassov / Alain Carré, récitant.

__________________________________________________

 
 
 
 
LIRE notre compte-rendu du concert du 13 octobre 2018 : Programme Schubert par le Trio Atanassov / La Schubertiade de Sceaux
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-sceaux-92-le-13-octobre-2018-la-schubertiade-de-sceaux-recital-schubert-trio-atanassov/

VISITEZ le site du Trio Atanassov : www.trioatanassov.com

LIRE aussi notre présentation générale de la saison musicale La Schubertiade de Sceaux 2018 – 2019 et ses 6 concerts événements.  
 
 

Le QUATUOR MODIGLIANI à Sceaux

modigliani-quatuor-concert-classiquenews-Modigliani-Quarte copyright droit reserves Marie-StaggatSCEAUX, La Schubertiade, 8 déc 2018. Quatuor Modigliani / A 17h30, samedi 8 décembre 2018, Sceaux vit un nouveau chapitre de sa nouvelle histoire musicale dédiée à la musique de chambre. Voici donc le 3ème rv à l’Hôtel de ville de Sceaux, consacré à 3 réalisations parmi les plus convaincantes dans le genre du quatuor à cordes. Au programme, le Quatuor Modigliani (formé en 2003) interprète trois quatuors, genre majeur de la musique de chambre, 3 partitions marquantes de la musique au XVIIIè et au XIXè : le Quatuor K. 465 « Les Dissonances » de Mozart ; le Quartettsatz de Schubert, enfin le seul Quatuor de Debussy, composé en 1892, soit 10 ans avant son opéra (lui aussi unique : Pelléas et Mélisande).

Les Dissonances de Mozart. Composé en 1785, le Quatuor n°19 « Les Dissonances » de Mozart est le dernier quatuor dédié à Joseph Haydn, maître pour tous, inventeur du genre et véritable étoile européenne à Vienne. Son écriture permet un riche dialogue entre chacun des quatre instruments, qui tous sont traités à égalité.
Le bouillonnant et nerveux Quartettsatz (1820) manifeste le génie de Schubert, en pleine crise compositionnelle. Emblématique du travail, l’opus est un mouvement de quatuor inachevé.

debussy-2018-centenaire-1918-2018-centenaire-de-la-mort-dossier-debussy-2018-sur-classiquenewsRare œuvre de forme classique dans le catalogue des oeuvres de Claude Debussy, son unique Quatuor à cordes est un bijou mélodique et rythmique de grande maturité. Il utilise le principe cyclique (emprunté à César Franck, lequel avait livré son propre Quatuor quelques mois auparavant en 1890), en reprenant le thème initial dans chaque mouvement. Le Quatuor de Debussy est un sommet du genre, parce qu’il conclut une époque, empruntant dans sa forme classique, tout ce qui avait été produit de meilleur auparavant. 10 ans avant Pelléas (1902), ouvrage d’une nouvelle modernité, Debussy sait aussi considérablement régénérer la forme chambriste en enrichissant la matière musicale par de nombreux emprunts extérieurs au classique proprement dit, et qui témoigne de l’éclectisme et de l’ouverture d’une pensée novatrice, inclassable (sans jamais que l’unité de l’architecture en pâtisse) : modes grégoriens, mélodies tziganes, surtout gamelan javanais (selon sa grande sensibilité pour le souffle oriental).
L’opus 10 est en 4 mouvements : Animé et très décidé / Assez vif et bien rythmé (scherzo) / Andantino, doucement expressif (ample nocturne plutôt mélancolique) / Très modéré, très mouvementé et avec passion.

La sensibilité étonnante du Quatuor Modigliani, qui allie profondeur, énergie, précision technicienne, regard poétique et esprit de synthèse, apporte aujourd’hui un regard passionnant : un rv incontournable pour tous les amateurs de musique de chambre.

________________________________________________________________________________________________

 
 
   
 
 

schubertiade-sceaux-leaderboard-18-19-190-800-VIGNETTE-classiquenews

Samedi 8 décembre 2018
Sceaux, Hôtel de ville à 17h30
Quatuors de Mozart, Schubert, Debussy
Quatuor Modigliani

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
http://www.schubertiadesceaux.fr/quatuor-modigliani-8-decembre-2018/

 
 

 
 
   
 
 

modigliani-quatuor-modigliani-concert-

________________________________________________________________________________________________