CRITIQUE, concert. STRASBOURG, Opéra National du Rhin, le 11 oct 2021. « Nuit d’étoiles ». Sabine Devieilhe / Alexandre Tharaud, piano.

devielhe-sabine-mozart-566-mozart-DEVIEILHE---Mozart-Weber-SistersCRITIQUE, concert. STRASBOURG, Opéra National du Rhin, le 11 oct 2021. « Nuit d’étoiles ». Sabine Devieilhe / Alexandre Tharaud, piano. Sabine Devieilhe et Alexandre Tharaud sont à Strasbourg pour une unique soirée : « Nuit d’étoiles ». Un récital d’une sensibilité radieuse et brillante en complicité autour des mélodies de Debussy, Fauré, Poulenc, Ravel et Louis Beydts (!). Un mélange heureux de mélodies connues, aimées de tous, et de raretés que nous sommes ravis de voir interprétées.

Nuits d’étoiles : un gala unique à l’Opéra du Rhin

Complicité et sensibilité

Amoureux de la mĂ©lodie française, les 2 interprètes offrent un rĂ©cital, avec entracte, qui est bien plus qu’une dĂ©licieuse opportunitĂ© de dĂ©fendre le rĂ©pertoire qu’ils affectionnent ; il s’agit d’une sincère cĂ©lĂ©bration de cet art français, dans toute sa richesse expressive, rayonnante de clartĂ© et de charme, Ă  la science subtile et aux effets sublimes. La soirĂ©e s’ouvre par une mĂ©lodie de jeunesse de Debussy qui donne le titre au programme « Nuit d’étoiles », composĂ©e Ă  18 ans ! Sabine Devieilhe, bellissime dans une robe finement argentĂ©e, commence le rĂ©cital avec toute la grâce du monde. Le magnĂ©tisme de la soprano colorature continue de nous envoĂ»ter avec la ravissante mĂ©lodie de FaurĂ© « Notre amour ». A laquelle rĂ©pondent du mĂŞme FaurĂ©, l’archicĂ©lèbre « Après un rĂŞve » et « Au bord de l’eau », vĂ©ritables chefs-d’œuvre inspirant des frissons par la sensibilitĂ© de l’interprĂ©tation.

Suit le cycle des mélodies miniatures de Poulenc, La courte paille (1960), composé pour sa muse, Denise Duval, avec l’intention qu’elle les chante à son enfant, une anecdote qui plaît à la soprano et qui lui correspond en tant que mère. Si l’ambiance presque nocturne du « sommeil » nous charme et nous plaît, autant que « La reine de cœur » nous remplit de tendresse, la verve rythmique et l’exécution pétillante et enjouée de « Quelle aventure ! », « Ba, be, bi, bo, bu » et « Le carafon » saisissent. Dans la dernière du cycle « Lune d’avril », l’art du pianiste Alexandre Tharaud sied bien au répertoire. Il interprète ensuite en solo sa propre transcription du « Prélude à l’après-midi d’un faune » de Debussy, avec exubérance et légèreté, tendant à une expressivité espiègle toujours ascendante, aux dépens du clair-obscur. La complicité entre les deux artistes revient dans les mélodies de Debussy qui ont suivi. Nous gardons le souvenir de l’excellente interprétation, pyrotechnique parfois, de « La romance d’Ariel », ainsi que d’ « Apparition », à l’expressivité impressionnante, préfigurant Pelléas et Mélisande.

Après l’entracte, découverte des « Chansons pour les oiseaux » de Louis Beydts (1895 – 1953). Des bijoux musicaux d’une grande théâtralité, où la verve dynamique, les contrastes rythmiques, les sauts de registre révèlent un mariage très intéressant du savant et du populaire. « L’oiseau bleu » (ou la mélodie des prénoms !) est la plus impressionnante de toutes, redoutable et virtuose ; « l’oiseau bleu » jamais évoqué dans le texte, ne peut être autre que la soprano qui chante admirablement la chanson. Les Cinq mélodies populaires grecques de Ravel qui suivent, sont l’occasion pour Alexandre Tharaud de briller davantage au piano. Il semble s’y donner à fond et avec une grande justesse. Bien que « l’action » dans ces mélodies se trouve plutôt au piano, Sabine Devieilhe les interprète avec brio, aisément.

Le récital se termine avec les Ariettes oubliées (1887) de Debussy (poèmes de Verlaine), un cycle de mélodies dédié à Mary Garden, la cantatrice écossaise qui créera le rôle de Mélisande. Tout le Debussy de l’avenir s’y trouve déjà en latence, avec une subtilité saisissante, un art de la nuance, du rythme et de la couleur déjà en évidence. Le fabuleux binôme à la complicité merveilleuse convainc : Sabine Devieilhe affectionne particulièrement ces mélodies, et cela s’entend et se ressent dans sa prestation, très expressive. Les « Aquarelles » (Green, Spleen) qui terminent le cycle sont tout simplement sublimes. L’auditoire est entièrement enchanté et baigne les artistes des plus chaleureux applaudissements et bravos. Les artistes, généreux, offrent un bis inattendu, ma non troppo, une réduction pour voix et piano de l’air « Viens, Hymen » de l’opéra-ballet Les Indes Galantes de Rameau. Une clôture en beauté d’un récital heureux.

CRITIQUE, concert. STRASBOURG, Opéra National du Rhin, le 11 oct 2021. « Nuit d’étoiles », récital de mélodie. Sabine Devieilhe, soprano. Alexandre Tharaud, piano. Debussy, Fauré, Poulenc, Beydts, Ravel, musiques.

CD. Rameau : le grand théâtre de l’Amour. Sabine Devielhe

CD. Rameau: le grand théâtre de l’amour. Sabine Devielhe, 1 cd Erato … Le sentiment de notre rĂ©dacteur Benjamin Ballif suscite l’unanimitĂ© de la rĂ©daction de classiquenews : le nouvel album des Ambassadeurs, complices du premier rĂ©cital lyrique de la jeune diva française Sabine Devieilhe Ă©merveille. La chanteuse Ă©tait sacrĂ©e ” rĂ©vĂ©lation lyrique” aux dernières Victoires de la musique 2013. Voici un Rameau inventif et audacieux, expressif et intelligent qui convainc absolument. Il est d’autant plus pertinent qu’il met en avant cette sensualitĂ© raffinĂ©e propre au XVIIIè français et qui fait aussi de Rameau, Ă  cĂ´tĂ© du scientifique et du savant, un poète du coeur et du sentiment d’une irrĂ©sistible sensibilitĂ©.
Rousseau avait bien raison de prendre en grippe le divin Dijonais : son art dĂ©passe tout ce qui a Ă©tĂ© Ă©crit et composĂ© avant lui sur la scène lyrique et Ă  l’appui de ce rĂ©cital enchanteur, le compositeur n’est-il pas finalement très proche lui aussi de la nature humaine ? … A la vocalitĂ© orfĂ©vrĂ©e de la cantatrice rĂ©pond l’investissement passionnant des instrumentistes de l’ensemble fondĂ© par le flĂ»tiste Alexis Kossenko.
En avant première du cd qui paraît le 28 octobre prochain, voici un extrait de la critique développée de notre rédacteur :

” Voici un programme audacieux crânement dĂ©fendu, qui rĂ©vèle ou plutĂ´t confirme un immense talent en devenir, Ă  l’aube nous lui souhaitons, d’une prodigieuse carrière.

Sabine Devieilhe, diva ramélienne

Devieilhe_sabine_ERATO_rameau_theatre_amour_ambassadeursSa Folie de PlatĂ©e impose le dĂ©lire avec un raffinement naturel que rehaussent encore la vivacitĂ© et les nuances dynamiques de l’orchestre. Tandis que, plus justement accordĂ©s Ă  la thĂ©matique du cd, Tristes apprĂŞts, pâles flambeaux (Castor et Pollux) Ă©tourdit par sa grâce simple et transparente (superbes bassons tout aussi enivrĂ©s et funèbres), celle d’un TĂ©laĂŻre pure et digne, touchĂ©e par le dĂ©sespoir le plus noir : que sa phrase et sa ligne sont animĂ©es par une intelligence pudique sans apprĂŞt rĂ©ellement ; auparavant son Alphise des BorĂ©ades, mĂŞme amoureuse Ă©prouvĂ©e, succombe tout autant face Ă  l’Ă©preuve des Ă©lĂ©ments (omniprĂ©sents dans Les BorĂ©ades, ultime opĂ©ra de Rameau, qui meurt en 1764 avant de l’avoir crĂ©Ă©) … son soprano coloratoure, fin et diamantin rĂ©ussit le passage des vocalises qui attestent de sa dĂ©termination conquĂ©rante. Car outre la perfection de la technicienne, Sabine Devieilhe sait aussi incarner et imposer un tempĂ©rament dramatique d’une Ă©lĂ©gance superlative. Une sensibilitĂ© blessĂ©e au timbre limpide, Ă  l’Ă©motivitĂ© fragile, Ă  la diction rigoureuse : un tempĂ©rament vĂ©ritable et singulier … entre Sandrine Piau et VĂ©ronique Gens.
De leur cĂ´tĂ©, sublimes complices d’un parcours sans fautes, les instrumentistes des Ambassadeurs sĂ©duisent par la mĂŞme souple expressivitĂ©, mordants et ductiles Ă  souhait ; voici un Rameau qui n’est pas seulement articulĂ©, rythmiquement pĂ©tillant et insolent, sensuellement exquis (remarquable ouverture de Pygmalion) et dramatiquement construit : les interprètes visiblement en complicitĂ©, habitent Rameau d’une profondeur et d’une Ă©lĂ©gance racĂ©e totalement convaincante. Avant les cĂ©lĂ©brations Rameau 2014, pour le 250ème anniversaire de la mort, le disque Ă©blouit par son intelligence musicale, sa perfection sensible, ses prises de risques (instrumentales autant que vocales : Ă©coutez la libertĂ© interprĂ©tative de l’orchestre, son Ă©loquence dans le ballet figurĂ© de Zoroastre, ou dans le sommeil d’un pur onirisme – appel au rĂŞve- de Dardanus…) ; ou ses pas feutrĂ©s et cette puissance rythmique de la contredanse des BorĂ©ades (plage 9), ces cors somptueux des mĂŞmes BorĂ©ades dans l’air d’Alphise qui prĂ©cède . VoilĂ  bien longtemps, depuis William Christie et ses Arts Florissants si magiciens, que nous n’avions pas Ă©coutĂ© une approche aussi aboutie, au relief si remarquablement ouvragĂ©.
Le label Erato qui renaĂ®t miraculeusement au dĂ©tour d’un changement de propriĂ©taire semble recouvrer ici ses grandes heures baroques, Ă  l’Ă©poque des rĂ©alisations les plus convaincantes de l’histoire du disque. VoilĂ  qui augure de passionnantes prochaines nouveautĂ©s Ă  venir “… Critique complète au moment de la parution du disque de Sabine Devieilhe : le 28 octobre 2013.

Rameau : le grand théâtre de l’amour. Sabine Devielhe, soprano. Les Ambassadeurs. Alexis Kossenko, direction. 1 cd Erato. 1h20 mn.

concert
Sabine Devieilhe et Les Ambassadeurs proposent le programme de leur disque au concert Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles, superbe hommage Ă  Rameau dans le lieu qui lui est si naturel, le 5 novembre 2013, 20h.

Rameau : Sabine Devieilhe, le grand théâtre de l’amour

CD. Sabine Devieilhe : Rameau (Erato, 2013)   … Le Grand théâtre de l’Amour. Les Ambasadeurs. Alexis Kossenko, direction. Le sentiment de notre rĂ©dacteur Benjamin Ballif suscite l’unanimitĂ© de la rĂ©daction de classiquenews : le nouvel album des Ambassadeurs, complices du premier rĂ©cital lyrique de la jeune diva française Sabine Devieilhe Ă©merveille. La chanteuse Ă©tait sacrĂ©e ” rĂ©vĂ©lation lyrique” aux dernières Victoires de la musique 2013. Voici un Rameau inventif et audacieux, expressif et intelligent qui convainc absolument. Il est d’autant plus pertinent qu’il met en avant cette sensualitĂ© raffinĂ©e propre au XVIIIè français et qui fait aussi de Rameau, Ă  cĂ´tĂ© du scientifique et du savant, un poète du coeur et du sentiment d’une irrĂ©sistible sensibilitĂ©.

 

 

Rameau au sommet

 

Devieilhe_sabine_ERATO_rameau_theatre_amour_ambassadeursRousseau avait bien raison de prendre en grippe le divin Dijonais : son art dĂ©passe tout ce qui a Ă©tĂ© Ă©crit et composĂ© avant lui sur la scène lyrique et Ă  l’appui de ce rĂ©cital enchanteur, le compositeur n’est-il pas finalement très proche lui aussi de la nature humaine ? … A la vocalitĂ© orfĂ©vrĂ©e de la cantatrice rĂ©pond l’investissement passionnant des instrumentistes de l’ensemble fondĂ© par le flĂ»tiste Alexis Kossenko.
En avant première du cd qui paraît le 28 octobre prochain, voici un extrait de la critique développée de notre rédacteur :

” Voici un programme audacieux crânement dĂ©fendu, qui rĂ©vèle ou plutĂ´t confirme un immense talent en devenir, Ă  l’aube nous lui souhaitons, d’une prodigieuse carrière.

Nous l’avions dĂ©couvert dans Lucia (La Somnambula de Bellini Ă  Tourcoing sous la baguette de Jean-Claude Malgloire, octobre 2011), puis retrouvĂ©e sur la mĂŞme nordique, dans le rĂ´le de la Folie de PlatĂ©e de Rameau (fĂ©vrier 2013), personnage Ă  l’affiche du prĂ©sent cd : et dĂ©jĂ , une gestion de la ligne vocale Ă©tonnante et si musicale, doublĂ©e par une technique remarquable, avec un don Ă©vident pour la caractĂ©risation expressive ; pour son premier rĂ©cital lyrique discographique, la jeune soprano Sabine Devieilhe, coloratoure sĂ©millante et d’un diamant clair et agile chante langueur, dĂ©sespoir, extase des grandes amoureuses.
Ses galanteries vocales sont charmeuses et très subtilement ciselĂ©es : un format vocal qui sied idĂ©alement Ă  la balance originale des opĂ©ras et ballets de Rameau. Elle Ă©blouit par l’intelligence de son timbre naturellement perchĂ©. Diction perlĂ©e et intelligible (” Pour voltiger dans les bocages ” des Paladins (plage 10), flexibilitĂ© vocale, surtout justesse des intentions dramatiques, voici un Rameau ambitieux, osĂ©, risquĂ©… parfaitement tenu, qui montre outre le sens du pari et du dĂ©fi portĂ© par la diva, sa sensibilitĂ© rayonnante et juvĂ©nile … qui lui permet demain de chanter deux rĂ´les parmi les plus exposĂ©s et redoutable du rĂ©pertoire, LakmĂ© (Ă  l’OpĂ©ra-Comique, du 10 au 20 janvier 2014), puis La Reine de la Nuit dans La FlĂ»te enchantĂ©e de Mozart Ă  l’OpĂ©ra de Paris, du 11 mars au 15 avril 2014.

Sabine Devieilhe, diva ramélienne

La Folie amorce le dĂ©lire avec un raffinement naturel que rehaussent encore la vivacitĂ© et les nuances dynamiques de l’orchestre. Tandis que, plus justement accordĂ©s Ă  la thĂ©matique du cd, Tristes apprĂŞts, pâles flambeaux (Castor et Pollux) Ă©tourdit par sa grâce simple et transparente (superbes bassons tout aussi enivrĂ©s et funèbres), celle d’un TĂ©laĂŻre pure et digne, touchĂ©e par le dĂ©sespoir le plus noir  : que sa phrase et sa ligne sont animĂ©es par une intelligence pudique sans apprĂŞt rĂ©ellement ; auparavant son Alphise des BorrĂ©ades, mĂŞme amoureuse Ă©prouvĂ©e, succombe tout autant face Ă  l’Ă©preuve des Ă©lĂ©ments (omniprĂ©sents dans Les BorrĂ©ades, ultime opĂ©ra de Rameau, qui meurt en 1764 avant de l’avoir crĂ©Ă©) … son soprano coloratoure, fin et diamantin rĂ©ussit le passage des vocalises qui attestent de sa dĂ©termination conquĂ©rante. Car outre la perfection de la technicienne, Sabine Devieilhe sait aussi incarner et imposer un tempĂ©rament dramatique d’une Ă©lĂ©gance superlative. Une sensibilitĂ© blessĂ©e au timbre limpide et la diction rigoureuse, entre Sandrine Piau et VĂ©ronique Gens.
De leur cĂ´tĂ©, sublimes complices d’un parcours sans fautes, les instrumentistes des Ambassadeurs sĂ©duisent par la mĂŞme souple expressivitĂ©, mordants et ductiles Ă  souhait ; voici un Rameau qui n’est pas seulement articulĂ©, rythmiquement pĂ©tillant et insolent, sensuellement exquis (remarquable ouverture de Pygmalion) et dramatiquement construit : les interprètes visiblement en complicitĂ©, habitent Rameau d’une profondeur et d’une Ă©lĂ©gance racĂ©e totalement convaincante. Avant les cĂ©lĂ©brations Rameau 2014, pour le 250ème anniversaire de la mort, voici un disque Ă©blouissant par son intelligence musicale, sa perfection sensible, ses prises de risques (instrumentales autant que vocales : Ă©coutez la libertĂ© interprĂ©tative de l’orchestre, son Ă©loquence dans le ballet figurĂ© de Zoroastre, ou dans le sommeil d’un pur onirisme – appel au rĂŞve- de Dardanus…), pas feutrĂ©s et puissance rythmique de la contredanse des BorrĂ©ades (plage 9), cors somptueux des mĂŞmes BorrĂ©ades dans l’air d’Iphise qui prĂ©cède ;  VoilĂ  bien longtemps, depuis William Christie et ses Arts Florissants si magiciens, que nous n’avions pas Ă©coutĂ© une approche aussi aboutie, au relief si remarquablement ouvragĂ© …

Ambassadeurs charmeurs enivrés

Le chef des Ambassadeurs y  paraĂ®t avoir plus d’audace, de feu, d’invention qu’un certain RaphaĂ«l Pichon, ailleurs prĂ©sentĂ© Ă  Beaune comme ” champion chez Rameau “, mais en comparaison d’une …. dĂ©solante pâleur. La comparaison s’imposait d’elle mĂŞme car les nouveaux disques Rameau sont plutĂ´t rares, et parce que Sabine Devieilhe a paru Ă©galement dans le cd Dardanus dirigĂ© par RaphaĂ«l Pichon (oĂą moins inspirĂ©e, la soprano n’y brille pas d’un mĂŞme Ă©clat…).

Courrez acheter ce disque jubilatoire, c’est un rĂ©jouissant hommage Ă  Rameau et son ” grand théâtre de l’amour “. Prestance, Ă©lĂ©gance, imagination interprĂ©tative approche la perfection d’un autre Ramiste rĂ©cent, Bruno Procopio qui lui aussi n’est pas Ă  un dĂ©fi près : faire jouer les musiciens vĂ©nĂ©zuĂ©liens sur instruments modernes mais dans le style du XVIIIè français ; c’est lĂ  encore Rameau qui en sort transfigurĂ© (lire notre critique du cd exceptionnel de Bruno Procopio : Rameau in Caracas, 1 cd Paraty). Vous pourrez comparer d’un orchestre Ă  l’autre, des instruments anciens Ă  ceux modernes, la Chaconne des Indes Galantes (plage 22), avec Les Ambassadeurs d’Alexis Kossenko ou Ă  Caracas sous la houlette de Bruno Procopio : mĂŞme tempĂ©rament, mĂŞme audace, mĂŞme rĂ©invention du geste, mĂŞme ivresse palpitante des instruments et des timbres en fusion … Que Rameau peut ĂŞtre heureux de disposer, aux cĂ´tĂ©s de l’inĂ©galable William Christie, de nouveaux interprètes parmi la nouvelle gĂ©nĂ©ration, capables comme lui de comprendre, vivre, partager le gĂ©nie du Dijonais.

Seule rĂ©serve, les limites du choeur qui ne partage pas cette prĂ©cision et cette implication de la solistes et des instrumentistes …

Le label Erato qui renaĂ®t miraculeusement au dĂ©tour d’un changement de propriĂ©taire semble recouvrer ses grandes heures baroques, Ă  l’Ă©poque des rĂ©alisations les plus convaincantes de l’histoire du disque. VoilĂ  qui augure de passionnantes prochaines nouveautĂ©s Ă  venir “. Critique complète au moment de la parution du disque de Sabine Devieilhe : le 28 octobre 2013.

 

Rameau : le grand théâtre de l’amour. Les Ambassadeurs. Alexis Kossenko, direction. 1 cd Erato. 1h20 mn.

 

concert
Sabine Devieilhe et Les Ambassadeurs proposent le programme de leur disque au concert Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles, superbe hommage Ă  Rameau dans le lieu qui lui est si naturel, le 5 novembre 2013, 20h.

 

vidéo
visionner la jeune soprano Sabine Devieilhe dans la Folie de Rameau (Platée) à Tourcoing, sous la direction de Jean-Philippe Rameau, avec Paul Agnew dans le rôle-titre (février 2013)