CD, critique. MIROIR(S). ELSA DREISIG, soprano (1 cd ERATO).

500x500-ELSA-DREISIG-miroirs-cd-critique-clic-de-classiquenews-la-nouvelle-diva-francaise-par-classiquenewsCD, critique. MIROIR(S). ELSA DREISIG, soprano (1 cd ERATO). Déjà la prise de son est un modèle du genre récital lyrique : la voix de la soliste se détache idéalement sur le tapis orchestral, détaillé et enveloppant. Le programme de la soprano Pretty Yende enregistré chez SONY ne bénéficiait pas d’un tel geste orchestral ni d’une telle prise de son. Dans cet espace restitué avec finesse, la voix somptueuse de la jeune mezzo française affirme un beau tempérament, sensuel, épanoui, naturel, et aussi espiègle (sa Rosina qui l’avait révélé au Concours de Clermont Ferrand : voir notre entretien avec la jeune diva, alors non encore distingué par son prix Operalia 2016) : du chien, une finesse enjouée, et donc un talent belcantiste naturel. Sa comtesse, quoiqu’on en dise trouble malgré une couleur qui manque de profondeur, mais la justesse de l’intonation, le souci de la ligne, indique là aussi, aux côtés de la rossinienne, l’excellente mozartienne (plus évidente pour elle et son âge, évidemment Pamina). Pas encore trentenaire, la mezzo éblouit littéralement dans les héroïnes de l’opéra romantique français : Thaïs de Massenet, Marguerite du Faust de Gounod avec cette délicatesse articulée du verbe : la grande classe. Intéressant jeu de miroirs pour reprendre le titre du cd, ses Manons chez Massenet (déchirant et sobre « Adieu notre petite table ») et chez Puccini (couleur idéale du timbre). Nouvel effet d’échos pour sa Juliette : celle académique et ennuyeuse de Daniel Steibelt (mort en 1823), que l’on oubliera vite, quand celle de Gounod (scène du poison) transpire d’émotion tragique, de suavité mortifère, d’une évanescence poétique admirable.

CLIC D'OR macaron 200La pièce de choix ou l’apothéose de ce récital quand même un brin ambitieux, reste la Salomé en français (validée par Strauss) lui-même : la candeur perverse, l’innocente obscène se délecte ici en une danse vocale autour de la tête coupée du Prophète Jokanaan (hallucinée, entre le théâtre et le monologue éperdu : « je la mordrai avec les dents… ») : pour une fois que nous avons là une interprète qui a et l’âge et la couleur et la technique du rôle, on dit : « brava ». Le résultat est sidérant car la juvénilité primitive, irradiante de cette adolescente malade éblouit littéralement dans la monstruosité de sa folie barbare. L’intelligence de la diction, la subtilité de l’émission, tout en sobriété sensuelle suscitent notre admiration. A suivre. LIRE aussi notre présentation du cd MIROIR(S) de la mezzo soprano ELSA DREISIG

CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva (NĂ©zet-SĂ©guin, 3 cd Deutsche Grammophon)

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva (NĂ©zet-SĂ©guin, 3 cd Deutsche Grammophon). Voici donc la suite du cycle Mozart en provenance de Baden Baden 2015 et pilotĂ© par le chef Yannick NĂ©zet-SĂ©guin et le tĂ©nor Roland Villazon : ces Noces / Nozze marque le dĂ©jĂ  quatrième opus sur les 7 ouvrages de maturitĂ© initialement choisis. Ce live confirme globalement les affinitĂ©s mozartiennes du chef quĂ©bĂ©cois nĂ© en 1975,et qui poursuit son irrĂ©pressible ascension : il vient d’être nommĂ© directeur musical du Metropolitan Opera de New York. Hormis quelques rĂ©serves, la tenue gĂ©nĂ©rale, vivace, qui exprime et la vĂ©ritĂ© des profils et l’ivresse rythmĂ©e de cette journĂ©e Ă©tourdissante, convainc. Soulignons d’abord, la prestation superlative vocalement et dramatiquement de la soprano vedette de la production. Elle fut Marguerite du Faust de Gounod Ă  Baden Baden (Festival de PentecĂ´te 2014) : la voici en Comtesse d’une ivresse juvĂ©nile et adolescente irrĂ©sistible, saisissant la couleur nostalgique d’une jeune Ă©pouse mariĂ©e trop tĂ´t et qui a perdu trop vite sa fraicheur (quand elle n’était que Rosine….). Sonya Yoncheva renouvelle totalement l’esprit du personnage en en rĂ©vĂ©lant l’essence adolescente avec une grâce et une finesse absolues : son « Porgi amor » ouvrant le II, est affirmation toute en dĂ©licatesse d’une aube tendre et angĂ©lique Ă  jamais perdue : l’aveu d’un temps de bonheur irrĂ©mĂ©diablement Ă©vanoui : dĂ©chirante prière d’une âme Ă  la mĂ©lancolie remarquablement Ă©noncĂ©e. Ce seul air mĂ©rite les meilleures apprĂ©ciations. Car Sonya Yoncheva a contrairement Ă  la plupart de ses consĹ“urs, le charme, la noblesse, la subtilitĂ© et… surtout le caractère et l’âge du personnage. Inoubliable incarnation (mĂŞme charme Ă  la langueur irrĂ©sistible dans le duo Ă  la lettre du II : Canzonetta sull’aria).

 

 

 

Une Rosina nostalgique inoubliable
La comtesse blessée, adolescente de Sonya Yoncheva

 

 

EXCELLENCE FEMININE....A ses côtés, deux autres chanteuses sont du même niveau : incandescentes, naturelles, vibrantes : la Susanne (pourtant au timbre mûre) de Christiane Karg (de plus en plus naturelle et expressive : sensibilité de son ultime air avec récitatif au IV : « Giunse alfin il momento / Deh vient , non tardar, o gioia bella… »), et surtout l’épatante jeune soprano Angela Brower, vrai tempérament de feu dans le rôle travesti de Chérubin. Les 3 artistes éblouissent à chacune de leur intervention et dans les ensembles. Même Regula Mühlemann fait une Barberine touchante (cherchant son épingle dans le jardin : parabole du trouble et de l’oubli semés tout au long de l’action) au début du IV. Exhaustif et scrupuleux, Yannick Nézet Séguin respecte l’ordre originel des airs et séquences de l’acte III ; il dirige aussi tout l’acte IV avec l’air de Marceline (« il capo e la capretta » : épatante Anne-Sofie von Otter, plus fine actrice que chanteuse car

Diva d'aujourd'hui : Sonya Yoncheva chante Irisl’instrument vocal est Ă©raillĂ©), et le grand rĂ©cit de Basilio (sur l’art bĂ©nĂ©fique de se montrer transparent : « In quagli anni », chantĂ© par un Rolando Villazon, malheureusement trop outrĂ© et maniĂ©rĂ©, cherchant a contrario de tout naturel Ă  trouver le dĂ©tail original qui tue ; cette volontĂ© de faire rire (ce que fait le public de bonne grâce) est Ă©tonnante puis dĂ©concertante ; dommage (rien Ă  voir avec son chant plus raffinĂ© dans l’Enlèvement au sĂ©rail, prĂ©cĂ©demment Ă©ditĂ©). Face Ă  lui, le Curzio de Jean-Paul FauchĂ©court est mordant et vif Ă  souhait, soulignant la verve de la comĂ©die sous l’illusion et les faux semblants du drame domestique. Contre toute attente, le Comte Almaviva de Thomas Hampson montre de sĂ©rieuses usures dans la voix et un chant constamment en retrait, – ce malgrĂ© la justesse du style et l’aplomb des intentions, et pourtant d’une prĂ©cision Ă  peine audible (mĂŞme si l’orchestre est placĂ©e derrière les chanteurs selon le dispositif du live Ă  Baden Baden). Le Figaro un rien rustre et sanguin de Luca Pisaroni est percutant quant Ă  lui, trop peut-ĂŞtre avec une couleur rustique qui contredit bien des Figaro plus policĂ©s, mieux nuancĂ©s (Hermann Prey).

 

 

seguin_yannick_nezet_chef_maetroSur instruments modernes, l’orchestre palpite et s’enivre au diapason de cette journĂ©e Ă  perdre haleine avec la couleur trĂ©pidante, ronde du pianoforte dans rĂ©citatifs et airs ; pourtant jamais prĂ©cipitĂ©e, ni en manque de profondeur, la baguette de Yannick NĂ©zet-SĂ©guin ne se dilue, toujours proche du texte, du sentiment, de la finesse : l’expressivitĂ© souple assure le liant de ce festival enfiĂ©vrĂ© qui marque en 1786 la première coopĂ©ration entre Da Ponte et Mozart, inspirĂ©s par Beaumarchais (le mariage de Figaro, 1784). Pour l’excellence des parties fĂ©minines, – le sommet en Ă©tant la subtilitĂ© adolescente de la Comtesse de Sonya Yoncheva, pour l’allure palpitante de l’orchestre grâce Ă  la vivacitĂ© nerveuse du chef, ce live de Baden Baden mĂ©rite tous les Ă©loges. Au regard des accomplissements ainsi rĂ©alisĂ©s, les rĂ©serves Ă©mises ne sont que broutilles face Ă  la cohĂ©rence d’ensemble. Saluons donc la rĂ©ussite collective de ce 4è Mozart Ă  ranger au mĂ©rite du duo d’initiateurs NĂ©zet-SĂ©guin et Villazon Ă  Baden Baden.
CLIC de classiquenews de juillet 2016.

 

 

 

CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva, Angela Brower, Christiane Karg, Anne Sofie von Ottter, Regula Mühlemann, Jean-Paul Fauchécourt, Luca Pisaroni, Thomas Hampson, Rolando Villazon… Vocalensemble Rastatt, Chamber orchestra of Europe. Yannick Nézet Séguin, direction — 3 cd Deutsche Grammophon 479 5945 / CLIC de classiquenews de juillet 2016

Elsa Dreisig, la Rosina dont en parle

dresig-elsa-mezzo-soprano-rossini-bellini-jeune-talent-CLIC-de-classiquenews-Clermont-Ferrand. Rossini : Le Barbier de SĂ©ville. Les 15 et 16 janvier 2016. Attention de la crĂ©ation du sommet buffa de Rossini, crĂ©Ă© en fĂ©vrier 1816 au Teatro Argentina de Rome : Le Barbier de SĂ©ville d’après Beaumarchais. Le drame rĂ©alise une action qui a lieu avant l’opĂ©ra de Mozart : Les Noces de Figaro. Alors barbier Ă  SĂ©ville, le jeune Figaro retrouve le Comte Almaviva qui lui demande Ă  SĂ©ville son aide pour sĂ©duire et enlever la belle Rosine, alors sĂ©questrĂ©e par son tuteur qui veut l’Ă©pouser, le vieux et soupçonneux Bartolo. Amoureux de la confusion (finales vertigineux et dĂ©lirant dans l’esprit de Mozart), semant l’esprit de la rĂ©volution avant l’heure et d’une intelligence libertaire, Rossini le facĂ©tieux, alors jeune âgĂ© de 26 ans, signe une musique enjouĂ©e, subtile, d’une ivresse mĂ©lodique incomparable oĂą jaillit tel un joyau rebelle, l’indomptable Rosine (qui pourtant devenue Ă©pouse sage et unr ien frustrĂ©e, songera non sans amertume Ă  ces annĂ©es miraculeuses oĂą le Comte / Lindoro entreprenait tout pour la conquĂ©rir). La rĂ©ussite des productions du Barbier rossinien dĂ©pend souvent de la composition qu’accordent les solistes aux deux personnages clĂ©s de Figaro et de la malicieuse Rosina. Soit deux emplois fĂ©tiches, vrais dĂ©fis vocaux et dramatiques, pour baryton agile et mezzo-soprano coloratoure. Qu’en sera-t-il dans la nouvelle production prĂ©sentĂ©e par le Centre lyrique Clermont Auvergne ? La sĂ©lection des chanteurs s’est dĂ©roulĂ©e lors du dernier Concours de chant lyrique oĂą les deux rĂ´les, de Figaro et de Rosine ont Ă©tĂ© distribuĂ© ; respectivement ce sont le baryton Viktor Korovitch et surtout la jeune et dĂ©jĂ  sĂ©millante Elsa Dreisig, laurĂ©ate du Concours de Clermont Ferrand 2015 (24ème Ă©dition) qui dĂ©fendront sur scène, la magie dramatique de leurs personnages respectifs. Figaro est une jeune homme plein d’entrain, d’une vivacitĂ© complice ; Rosine est une jeune femme soucieuse de s’Ă©manciper en choisissant celui qui ravira son cĹ“ur, en l’occurrence Lindoro (le patron de Figaro). Selon le fonctionenment Ă  prĂ©sent bien rodĂ© du Concours lyrique de Clermont-Ferrand, les jeunes laurĂ©ats peuvent Ă©prouver et perfectionner leur interpĂ©tation d’un rĂ´le lors de la tournĂ©e d’une nouvelle production, en plusieurs dates, comme c’est le cas de cette nouvelle production du Barbier qui commence sa brillante avenure souhaitons le Ă  Clermont-Ferrand Ă  partir du 15 janvier 2016.

 

 

VIDEO. VOIR notre grand reportage vidéo dédié au Concours de chant de Clermont-Ferrand 2015 où de nombreuses séquences concernent la sélection du rôle de Rosine, avec un entretien avec Elsa Dreisig, après sa remise du Prix.

 

 

 

 

boutonreservationClermont-Ferrand, Opéra-Théâtre
Rosini : Il Barbiere di Seviglia / Le barbier de SĂ©ville, 1816
Nouvelle production
Vendredi 15 janvier 2016, 20h
Samedi 16 janvier 2016,15h
De 12 à 48€
2h30 entracte compris
Chanté en italien . Surtitré en français

Accessible en audiodescription le samedi 16 janvier 2016

 

barbier-seville-clermont-production-2016-582

Direction musicale / Amaury du Closel
Mise en scène / Pierre Thirion-Vallet
Création du décor / Frank Aracil
Réalisation du décor / Atelier Artifice
Création des costumes / Véronique Henriot
RĂ©alisation des costumes / Atelier du Centre lyrique
Création des lumières / Véronique Marsy
Traduction et régie surtitrage / David M. Dufort

Le Comte Almaviva / Guillaume François
Figaro / Viktor Korotich *
Rosina / Elsa Dreisig *
Bartolo / Leonardo Galeazzi
Basilio / Federico Benetti
Berta / Anne Derouard
Fiorillo et un Officier / Jean-Baptiste Mouret
Chœur Opéra Nomade

Orchestre Philharmonique d’État de Timisoara

 

 

 

 

Prochain Barbier Ă  l’OpĂ©ra Bastille, 2 fĂ©vrier > 4 mars 2016.

Pour les amateurs et connaisseurs du barbier de Rossini, l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris affiche une prochaine production Ă  partir du 2 fĂ©vrier et jusqu’au 4 mars 2016. Avec dans un rĂ´le qui devrait la rĂ©vĂ©ler en France l’excellente Pretty Yende (jeune soprano sud africaine, laurĂ©ate du Concours Bellini  2011 avant d’obtenir le Concours Operalia) : agilitĂ©, grâce, timbre fruitĂ© et rayonnant, technique bel cantiste (cĂ©lĂ©brĂ©e par le Jury du Concours Bellini de 2011), Pretty Yende a tout pour Ă©blouir dans le rĂ´le de la jeune intrĂ©pide et conquĂ©rante Rosine…

http://www.classiquenews.com/1er-concours-international-vincenzo-bellini-2010album-vido-pretty-yende-june-anderson/

https://www.operadeparis.fr/saison-15-16/opera/il-barbiere-di-siviglia

La Rosina d’Elsa Dreisig Ă  Clermont-Ferrand

dresig-elsa-mezzo-soprano-rossini-bellini-jeune-talent-CLIC-de-classiquenews-Clermont-Ferrand. Rossini : Le Barbier de SĂ©ville. Les 15 et 16 janvier 2016. Attention de la crĂ©ation du sommet buffa de Rossini, crĂ©Ă© en fĂ©vrier 1816 au Teatro Argentina de Rome : Le Barbier de SĂ©ville d’après Beaumarchais. Le drame rĂ©alise une action qui a lieu avant l’opĂ©ra de Mozart : Les Noces de Figaro. Alors barbier Ă  SĂ©ville, le jeune Figaro retrouve le Comte Almaviva qui lui demande Ă  SĂ©ville son aide pour sĂ©duire et enlever la belle Rosine, alors sĂ©questrĂ©e par son tuteur qui veut l’Ă©pouser, le vieux et soupçonneux Bartolo. Amoureux de la confusion (finales vertigineux et dĂ©lirant dans l’esprit de Mozart), semant l’esprit de la rĂ©volution avant l’heure et d’une intelligence libertaire, Rossini le facĂ©tieux, alors jeune âgĂ© de 26 ans, signe une musique enjouĂ©e, subtile, d’une ivresse mĂ©lodique incomparable oĂą jaillit tel un joyau rebelle, l’indomptable Rosine (qui pourtant devenue Ă©pouse sage et unr ien frustrĂ©e, songera non sans amertume Ă  ces annĂ©es miraculeuses oĂą le Comte / Lindoro entreprenait tout pour la conquĂ©rir). La rĂ©ussite des productions du Barbier rossinien dĂ©pend souvent de la composition qu’accordent les solistes aux deux personnages clĂ©s de Figaro et de la malicieuse Rosina. Soit deux emplois fĂ©tiches, vrais dĂ©fis vocaux et dramatiques, pour baryton agile et mezzo-soprano coloratoure. Qu’en sera-t-il dans la nouvelle production prĂ©sentĂ©e par le Centre lyrique Clermont Auvergne ? La sĂ©lection des chanteurs s’est dĂ©roulĂ©e lors du dernier Concours de chant lyrique oĂą les deux rĂ´les, de Figaro et de Rosine ont Ă©tĂ© distribuĂ© ; respectivement ce sont le baryton Viktor Korovitch et surtout la jeune et dĂ©jĂ  sĂ©millante Elsa Dreisig, laurĂ©ate du Concours de Clermont Ferrand 2015 (24ème Ă©dition) qui dĂ©fendront sur scène, la magie dramatique de leurs personnages respectifs. Figaro est une jeune homme plein d’entrain, d’une vivacitĂ© complice ; Rosine est une jeune femme soucieuse de s’Ă©manciper en choisissant celui qui ravira son cĹ“ur, en l’occurrence Lindoro (le patron de Figaro). Selon le fonctionenment Ă  prĂ©sent bien rodĂ© du Concours lyrique de Clermont-Ferrand, les jeunes laurĂ©ats peuvent Ă©prouver et perfectionner leur interpĂ©tation d’un rĂ´le lors de la tournĂ©e d’une nouvelle production, en plusieurs dates, comme c’est le cas de cette nouvelle production du Barbier qui commence sa brillante avenure souhaitons le Ă  Clermont-Ferrand Ă  partir du 15 janvier 2016.

 

 

VIDEO. VOIR notre grand reportage vidéo dédié au Concours de chant de Clermont-Ferrand 2015 où de nombreuses séquences concernent la sélection du rôle de Rosine, avec un entretien avec Elsa Dreisig, après sa remise du Prix.

 

 

 

 

boutonreservationClermont-Ferrand, Opéra-Théâtre
Rosini : Il Barbiere di Seviglia / Le barbier de SĂ©ville, 1816
Nouvelle production
Vendredi 15 janvier 2016, 20h
Samedi 16 janvier 2016,15h
De 12 à 48€
2h30 entracte compris
Chanté en italien . Surtitré en français

Accessible en audiodescription le samedi 16 janvier 2016

 

barbier-seville-clermont-production-2016-582

Direction musicale / Amaury du Closel
Mise en scène / Pierre Thirion-Vallet
Création du décor / Frank Aracil
Réalisation du décor / Atelier Artifice
Création des costumes / Véronique Henriot
RĂ©alisation des costumes / Atelier du Centre lyrique
Création des lumières / Véronique Marsy
Traduction et régie surtitrage / David M. Dufort

Le Comte Almaviva / Guillaume François
Figaro / Viktor Korotich *
Rosina / Elsa Dreisig *
Bartolo / Leonardo Galeazzi
Basilio / Federico Benetti
Berta / Anne Derouard
Fiorillo et un Officier / Jean-Baptiste Mouret
Chœur Opéra Nomade

Orchestre Philharmonique d’État de Timisoara

 

 

 

 

Prochain Barbier Ă  l’OpĂ©ra Bastille, 2 fĂ©vrier > 4 mars 2016.

Pour les amateurs et connaisseurs du barbier de Rossini, l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris affiche une prochaine production Ă  partir du 2 fĂ©vrier et jusqu’au 4 mars 2016. Avec dans un rĂ´le qui devrait la rĂ©vĂ©ler en France l’excellente Pretty Yende (jeune soprano sud africaine, laurĂ©ate du Concours Bellini  2011 avant d’obtenir le Concours Operalia) : agilitĂ©, grâce, timbre fruitĂ© et rayonnant, technique bel cantiste (cĂ©lĂ©brĂ©e par le Jury du Concours Bellini de 2011), Pretty Yende a tout pour Ă©blouir dans le rĂ´le de la jeune intrĂ©pide et conquĂ©rante Rosine…

http://www.classiquenews.com/1er-concours-international-vincenzo-bellini-2010album-vido-pretty-yende-june-anderson/

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Mozart. Les Noces de Figaro : partition des Lumières, opéra des femmes ?

Mozart / Da Ponte : modernitĂ© des Noces de Figaro. En pleine pĂ©riode dite des Lumières, au moment oĂą Paris et la Cour de Versailles sous l’impulsion de Marie-Antoinette vivent leurs heures artistiques les plus glorieuses, Mozart et Da Ponte conçoivent en 1786, Les Noces de Figaro. Premier volet d’une trilogie exemplaire dans l’histoire de l’opĂ©ra, qui est l’enfant d’une collaboration Ă  quatre mains aux apports irrĂ©sistibles, l’ouvrage poursuit sa carrirèe sur les scènes du monde entier : c’est que sa musique berce l’âme et son livret, excite l’esprit par leur justesse combinĂ©e, accordĂ©e, idĂ©alement associĂ©e. Un mariage parfait ? Figaro et Suzanne, c’est le couple de l’avenir : celui des hĂ©ros de la rĂ©volution. En eux coule pur, le sang de la justice et de la libertĂ©, les valeurs indĂ©passables de l’esprit des Lumières qui devait produire la dĂ©claration universelle des droits de l’homme. C’est dire. Suivons pas Ă  pas, Ă  travers chaque acte, les thèmes que les deux acteurs modernes dĂ©fendent. En somme, voici l’Ĺ“uvre d’un Mozart libertaire et moderne, soucieux de dĂ©noncer les excès de son Ă©poque pour l’avènement de la sociĂ©tĂ© idĂ©ale : celle des hommes Ă©gaux, justes, responsables, respectueux. Mais oĂą le pouvoir du dĂ©sir ne serait-il pas l’Ă©lĂ©ment le plus dangereux ?

 

 

 

Mozart : Les Noces de Figaro. L'opéra des femmes ?

 

 


Le couple des Lumières

Et pourtant, sa claire conscience ne peut empĂŞcher aussi de constater l’oubli des hommes Ă  ce qu’ils doivent ĂŞtre : la folie, le dĂ©sir, l’agitation ont tĂ´t fait de ruiner tout Ă©quilibre, et l’on sent bien qu’au terme de cette aventure lyrique, c’est le dieu théâtre qui triomphe : sa flamme et son flux incontrĂ´lable, sa tentation perpĂ©tuelle du chaos.

 

 

 

Acte I : Les serviteurs se rebiffent. Figaro dĂ©couvre que Le Comte ne cesse de harceler sexuellement sa future Ă©pouse, Suzanne. C’est l’enjeu de la première scène et du duo entre les deux serviteurs : Mozart et Da Ponte militent donc pour l’Ă©galitĂ© de tous et dĂ©noncent le droit de cuissage (droit du seigneur sur ses servantes) que veut appliquer le Comte, leur maĂ®tre. Contre leur Ă©mancipation et leur union, se dressent ensuite le couple des intrigants : la vieille Marcelline et le docteur Bartolo venus se venger de Figaro… Puis quand surgit Cherubino, c’est Cupidon qui s’invite au banquet social : plus de serviteurs ni de maĂ®tres, l’amour vainc tout et rend Ă©gaux tous devant la force du dĂ©sir. Ainsi si le Comte s’Ă©prend de Suzanne, si le jeune Cherubino  dĂ©vore des yeux la Comtesse, c’est dans la fable, pour mieux souligner le pouvoir de l’amour. En espĂ©rant baillonner l’attrait de ce Cupidon dangeureux Ă  sa cour, le Comte l’envoie dans l’un de ses rĂ©giments, sur un autre front, hors des antichambres du château.

Acte II : PiĂ©ger le Comte. L’un des airs les plus mĂ©lancoliques et sombres de Mozart (“Porgi amor” : La Comtesse y exprime ses illusions et ses rĂŞves perdus, quand jeune fille, Rosina, elle Ă©tait aimĂ©e du Comte) ouvre le II. Pour se venger du Comte libidineux, Figaro propose de le piĂ©ger, dĂ©noncer son inconstance dĂ©loyale, le surprendre en sĂ©ducteur Ă©hontĂ© de Suzanne. Sommet de ce jeu de dupes, le trio “Susanna or via sortite !”, entre le Comte, la Comtesse et Suzanne), une scène qui exploite au mieux le dĂ©roulement dramatique conçu par Beaumarchais dans sa pièce originelle : Ă  son terme, le duo des femmes triomphent car le Comte doit reconnaĂ®tre sa violence tyrannique et prĂ©senter ses excuses. Mais rebondissement contre le couple Figaro et Suzanne, le trio des intrigants, Marcelline et Bartolo rejoint par Basilio (sublime rĂ´le de tĂ©nor comico hĂ©roĂŻque) reparaĂ®t exigeant que Figaro honore ses promesses (et Ă©pouse la vieille Marcelline!). La confusion qui conclut le II, est une synthèse de tous les ensembles buffas d’une trĂ©pidante vitalitĂ©.

Acte III. Le procès de Figaro a lieu. Rebondissement : Marcelline qui devait l’Ă©pouser illico devant le juge Curzio, reconnaĂ®t en Figaro son propre fils, qu’elle eut avec…. Bartolo. La Comtesse et Suzanne plus remontĂ©es que jamais, rĂ©dige la lettre dans laquelle Suzanne donne rendez vous le soir mĂŞme au Comte (pour le piĂ©ger et dĂ©noncer sa dĂ©loyautĂ© devant tous). Le Comte rĂ©ceptionne le billet et s’en rĂ©jouit.

L’Acte IV s’ouvre avec un nouveau solo fĂ©minin (Les Noces sont bien l’opĂ©ra des femmes) : sublime air de dĂ©ploration tendre de Barbarina qui pleure de ne pouvoir retrouver l’Ă©pingle qu’elle devait remettre Ă  Suzanne (“L’ho perduta”). Profond et allusivement très juste, l’opĂ©ra dĂ©voile aussi l’amertume et le dĂ©sarroi de ses hĂ©ros : ainsi Figaro qui mĂŞme s’il sait le piège tendu au Comte, doute un moment de la sincĂ©ritĂ© de Suzanne (superbe rĂ©citatif et l’air qui suit : “Tutto è dispoto”… “Aprite un po’ quegl’occhi…”). L’ouvrage de Mozart est ainsi ponctuĂ© de miroitement psychique d’une infinie vĂ©ritĂ© dont la sincĂ©ritĂ© nous touche particulièrement. La nuit est propice aux travestissements et troubles de toute sorte : chacun croyant voir ce qu’il redoutait, redouble de rage amère Ă  peine voilĂ©e (La Comtesse habillĂ©e en Suzanne est courtisĂ©e par ChĂ©rubin) : Suzanne, dĂ©guisĂ©e en Comtesse est abordĂ©e par Le Comte. Puis Figaro dĂ©masquant Suzanne en Comtesse, la courtise sans mĂ©nagement au grand dam du Comte qui surgit et criant au scandale face Ă  son Ă©pouse indigne, s’agenouille finalement… reconnaissant sous le voile,… Suzanne qu’il venait de courtisĂ©e. La Comtesse obtient alors le pardon du Comte, Ă  dĂ©faut de la promesse de son amour. Car le lendemain, tout ce qui vient d’ĂŞtre rĂ©tabli ne va-t-il pas se dĂ©faire Ă  nouveau ? L’inconstance règne dans le cĹ“ur des hommes…

Remarque : Rosina, Suzanna, mĂŞme gĂ©nĂ©ration. la tradition hĂ©ritĂ©e du XIXè remodèle (dĂ©nature) les rapports entre les personnages a contrario des tessitures d’origine. Soulignons dans la partition voulue par Mozart, la gemmĂ©litĂ© des timbres des deux sopranos : la Comtesse et Suzanne. Les deux rĂ´les doivent en rĂ©alitĂ© ĂŞtre chantĂ©s par deux voix claires, peut-ĂŞtre plus sombre pour Suzanne. EpousĂ©e adolescente par Almavivva, Rosina devenue Comtesse est Ă  peine plus âgĂ©e que sa camĂ©riste, Suzanne.