CD, critique. MIROIR(S). ELSA DREISIG, soprano (1 cd ERATO).

500x500-ELSA-DREISIG-miroirs-cd-critique-clic-de-classiquenews-la-nouvelle-diva-francaise-par-classiquenewsCD, critique. MIROIR(S). ELSA DREISIG, soprano (1 cd ERATO). Déjà la prise de son est un modèle du genre récital lyrique : la voix de la soliste se détache idéalement sur le tapis orchestral, détaillé et enveloppant. Le programme de la soprano Pretty Yende enregistré chez SONY ne bénéficiait pas d’un tel geste orchestral ni d’une telle prise de son. Dans cet espace restitué avec finesse, la voix somptueuse de la jeune mezzo française affirme un beau tempérament, sensuel, épanoui, naturel, et aussi espiègle (sa Rosina qui l’avait révélé au Concours de Clermont Ferrand : voir notre entretien avec la jeune diva, alors non encore distingué par son prix Operalia 2016) : du chien, une finesse enjouée, et donc un talent belcantiste naturel. Sa comtesse, quoiqu’on en dise trouble malgré une couleur qui manque de profondeur, mais la justesse de l’intonation, le souci de la ligne, indique là aussi, aux côtés de la rossinienne, l’excellente mozartienne (plus évidente pour elle et son âge, évidemment Pamina). Pas encore trentenaire, la mezzo éblouit littéralement dans les héroïnes de l’opéra romantique français : Thaïs de Massenet, Marguerite du Faust de Gounod avec cette délicatesse articulée du verbe : la grande classe. Intéressant jeu de miroirs pour reprendre le titre du cd, ses Manons chez Massenet (déchirant et sobre « Adieu notre petite table ») et chez Puccini (couleur idéale du timbre). Nouvel effet d’échos pour sa Juliette : celle académique et ennuyeuse de Daniel Steibelt (mort en 1823), que l’on oubliera vite, quand celle de Gounod (scène du poison) transpire d’émotion tragique, de suavité mortifère, d’une évanescence poétique admirable.

CLIC D'OR macaron 200La pièce de choix ou l’apothéose de ce récital quand même un brin ambitieux, reste la Salomé en français (validée par Strauss) lui-même : la candeur perverse, l’innocente obscène se délecte ici en une danse vocale autour de la tête coupée du Prophète Jokanaan (hallucinée, entre le théâtre et le monologue éperdu : « je la mordrai avec les dents… ») : pour une fois que nous avons là une interprète qui a et l’âge et la couleur et la technique du rôle, on dit : « brava ». Le résultat est sidérant car la juvénilité primitive, irradiante de cette adolescente malade éblouit littéralement dans la monstruosité de sa folie barbare. L’intelligence de la diction, la subtilité de l’émission, tout en sobriété sensuelle suscitent notre admiration. A suivre. LIRE aussi notre présentation du cd MIROIR(S) de la mezzo soprano ELSA DREISIG

CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva (Nézet-Séguin, 3 cd Deutsche Grammophon)

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva (Nézet-Séguin, 3 cd Deutsche Grammophon). Voici donc la suite du cycle Mozart en provenance de Baden Baden 2015 et piloté par le chef Yannick Nézet-Séguin et le ténor Roland Villazon : ces Noces / Nozze marque le déjà quatrième opus sur les 7 ouvrages de maturité initialement choisis. Ce live confirme globalement les affinités mozartiennes du chef québécois né en 1975,et qui poursuit son irrépressible ascension : il vient d’être nommé directeur musical du Metropolitan Opera de New York. Hormis quelques réserves, la tenue générale, vivace, qui exprime et la vérité des profils et l’ivresse rythmée de cette journée étourdissante, convainc. Soulignons d’abord, la prestation superlative vocalement et dramatiquement de la soprano vedette de la production. Elle fut Marguerite du Faust de Gounod à Baden Baden (Festival de Pentecôte 2014) : la voici en Comtesse d’une ivresse juvénile et adolescente irrésistible, saisissant la couleur nostalgique d’une jeune épouse mariée trop tôt et qui a perdu trop vite sa fraicheur (quand elle n’était que Rosine….). Sonya Yoncheva renouvelle totalement l’esprit du personnage en en révélant l’essence adolescente avec une grâce et une finesse absolues : son « Porgi amor » ouvrant le II, est affirmation toute en délicatesse d’une aube tendre et angélique à jamais perdue : l’aveu d’un temps de bonheur irrémédiablement évanoui : déchirante prière d’une âme à la mélancolie remarquablement énoncée. Ce seul air mérite les meilleures appréciations. Car Sonya Yoncheva a contrairement à la plupart de ses consÅ“urs, le charme, la noblesse, la subtilité et… surtout le caractère et l’âge du personnage. Inoubliable incarnation (même charme à la langueur irrésistible dans le duo à la lettre du II : Canzonetta sull’aria).

 

 

 

Une Rosina nostalgique inoubliable
La comtesse blessée, adolescente de Sonya Yoncheva

 

 

EXCELLENCE FEMININE....A ses côtés, deux autres chanteuses sont du même niveau : incandescentes, naturelles, vibrantes : la Susanne (pourtant au timbre mûre) de Christiane Karg (de plus en plus naturelle et expressive : sensibilité de son ultime air avec récitatif au IV : « Giunse alfin il momento / Deh vient , non tardar, o gioia bella… »), et surtout l’épatante jeune soprano Angela Brower, vrai tempérament de feu dans le rôle travesti de Chérubin. Les 3 artistes éblouissent à chacune de leur intervention et dans les ensembles. Même Regula Mühlemann fait une Barberine touchante (cherchant son épingle dans le jardin : parabole du trouble et de l’oubli semés tout au long de l’action) au début du IV. Exhaustif et scrupuleux, Yannick Nézet Séguin respecte l’ordre originel des airs et séquences de l’acte III ; il dirige aussi tout l’acte IV avec l’air de Marceline (« il capo e la capretta » : épatante Anne-Sofie von Otter, plus fine actrice que chanteuse car

Diva d'aujourd'hui : Sonya Yoncheva chante Irisl’instrument vocal est éraillé), et le grand récit de Basilio (sur l’art bénéfique de se montrer transparent : « In quagli anni », chanté par un Rolando Villazon, malheureusement trop outré et maniéré, cherchant a contrario de tout naturel à trouver le détail original qui tue ; cette volonté de faire rire (ce que fait le public de bonne grâce) est étonnante puis déconcertante ; dommage (rien à voir avec son chant plus raffiné dans l’Enlèvement au sérail, précédemment édité). Face à lui, le Curzio de Jean-Paul Fauchécourt est mordant et vif à souhait, soulignant la verve de la comédie sous l’illusion et les faux semblants du drame domestique. Contre toute attente, le Comte Almaviva de Thomas Hampson montre de sérieuses usures dans la voix et un chant constamment en retrait, – ce malgré la justesse du style et l’aplomb des intentions, et pourtant d’une précision à peine audible (même si l’orchestre est placée derrière les chanteurs selon le dispositif du live à Baden Baden). Le Figaro un rien rustre et sanguin de Luca Pisaroni est percutant quant à lui, trop peut-être avec une couleur rustique qui contredit bien des Figaro plus policés, mieux nuancés (Hermann Prey).

 

 

seguin_yannick_nezet_chef_maetroSur instruments modernes, l’orchestre palpite et s’enivre au diapason de cette journée à perdre haleine avec la couleur trépidante, ronde du pianoforte dans récitatifs et airs ; pourtant jamais précipitée, ni en manque de profondeur, la baguette de Yannick Nézet-Séguin ne se dilue, toujours proche du texte, du sentiment, de la finesse : l’expressivité souple assure le liant de ce festival enfiévré qui marque en 1786 la première coopération entre Da Ponte et Mozart, inspirés par Beaumarchais (le mariage de Figaro, 1784). Pour l’excellence des parties féminines, – le sommet en étant la subtilité adolescente de la Comtesse de Sonya Yoncheva, pour l’allure palpitante de l’orchestre grâce à la vivacité nerveuse du chef, ce live de Baden Baden mérite tous les éloges. Au regard des accomplissements ainsi réalisés, les réserves émises ne sont que broutilles face à la cohérence d’ensemble. Saluons donc la réussite collective de ce 4è Mozart à ranger au mérite du duo d’initiateurs Nézet-Séguin et Villazon à Baden Baden.
CLIC de classiquenews de juillet 2016.

 

 

 

CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva, Angela Brower, Christiane Karg, Anne Sofie von Ottter, Regula Mühlemann, Jean-Paul Fauchécourt, Luca Pisaroni, Thomas Hampson, Rolando Villazon… Vocalensemble Rastatt, Chamber orchestra of Europe. Yannick Nézet Séguin, direction — 3 cd Deutsche Grammophon 479 5945 / CLIC de classiquenews de juillet 2016

Elsa Dreisig, la Rosina dont en parle

dresig-elsa-mezzo-soprano-rossini-bellini-jeune-talent-CLIC-de-classiquenews-Clermont-Ferrand. Rossini : Le Barbier de Séville. Les 15 et 16 janvier 2016. Attention de la création du sommet buffa de Rossini, créé en février 1816 au Teatro Argentina de Rome : Le Barbier de Séville d’après Beaumarchais. Le drame réalise une action qui a lieu avant l’opéra de Mozart : Les Noces de Figaro. Alors barbier à Séville, le jeune Figaro retrouve le Comte Almaviva qui lui demande à Séville son aide pour séduire et enlever la belle Rosine, alors séquestrée par son tuteur qui veut l’épouser, le vieux et soupçonneux Bartolo. Amoureux de la confusion (finales vertigineux et délirant dans l’esprit de Mozart), semant l’esprit de la révolution avant l’heure et d’une intelligence libertaire, Rossini le facétieux, alors jeune âgé de 26 ans, signe une musique enjouée, subtile, d’une ivresse mélodique incomparable où jaillit tel un joyau rebelle, l’indomptable Rosine (qui pourtant devenue épouse sage et unr ien frustrée, songera non sans amertume à ces années miraculeuses où le Comte / Lindoro entreprenait tout pour la conquérir). La réussite des productions du Barbier rossinien dépend souvent de la composition qu’accordent les solistes aux deux personnages clés de Figaro et de la malicieuse Rosina. Soit deux emplois fétiches, vrais défis vocaux et dramatiques, pour baryton agile et mezzo-soprano coloratoure. Qu’en sera-t-il dans la nouvelle production présentée par le Centre lyrique Clermont Auvergne ? La sélection des chanteurs s’est déroulée lors du dernier Concours de chant lyrique où les deux rôles, de Figaro et de Rosine ont été distribué ; respectivement ce sont le baryton Viktor Korovitch et surtout la jeune et déjà sémillante Elsa Dreisig, lauréate du Concours de Clermont Ferrand 2015 (24ème édition) qui défendront sur scène, la magie dramatique de leurs personnages respectifs. Figaro est une jeune homme plein d’entrain, d’une vivacité complice ; Rosine est une jeune femme soucieuse de s’émanciper en choisissant celui qui ravira son cÅ“ur, en l’occurrence Lindoro (le patron de Figaro). Selon le fonctionenment à présent bien rodé du Concours lyrique de Clermont-Ferrand, les jeunes lauréats peuvent éprouver et perfectionner leur interpétation d’un rôle lors de la tournée d’une nouvelle production, en plusieurs dates, comme c’est le cas de cette nouvelle production du Barbier qui commence sa brillante avenure souhaitons le à Clermont-Ferrand à partir du 15 janvier 2016.

 

 

VIDEO. VOIR notre grand reportage vidéo dédié au Concours de chant de Clermont-Ferrand 2015 où de nombreuses séquences concernent la sélection du rôle de Rosine, avec un entretien avec Elsa Dreisig, après sa remise du Prix.

 

 

 

 

boutonreservationClermont-Ferrand, Opéra-Théâtre
Rosini : Il Barbiere di Seviglia / Le barbier de Séville, 1816
Nouvelle production
Vendredi 15 janvier 2016, 20h
Samedi 16 janvier 2016,15h
De 12 à 48€
2h30 entracte compris
Chanté en italien . Surtitré en français

Accessible en audiodescription le samedi 16 janvier 2016

 

barbier-seville-clermont-production-2016-582

Direction musicale / Amaury du Closel
Mise en scène / Pierre Thirion-Vallet
Création du décor / Frank Aracil
Réalisation du décor / Atelier Artifice
Création des costumes / Véronique Henriot
Réalisation des costumes / Atelier du Centre lyrique
Création des lumières / Véronique Marsy
Traduction et régie surtitrage / David M. Dufort

Le Comte Almaviva / Guillaume François
Figaro / Viktor Korotich *
Rosina / Elsa Dreisig *
Bartolo / Leonardo Galeazzi
Basilio / Federico Benetti
Berta / Anne Derouard
Fiorillo et un Officier / Jean-Baptiste Mouret
Chœur Opéra Nomade

Orchestre Philharmonique d’État de Timisoara

 

 

 

 

Prochain Barbier à l’Opéra Bastille, 2 février > 4 mars 2016.

Pour les amateurs et connaisseurs du barbier de Rossini, l’Opéra Bastille à Paris affiche une prochaine production à partir du 2 février et jusqu’au 4 mars 2016. Avec dans un rôle qui devrait la révéler en France l’excellente Pretty Yende (jeune soprano sud africaine, lauréate du Concours Bellini  2011 avant d’obtenir le Concours Operalia) : agilité, grâce, timbre fruité et rayonnant, technique bel cantiste (célébrée par le Jury du Concours Bellini de 2011), Pretty Yende a tout pour éblouir dans le rôle de la jeune intrépide et conquérante Rosine…

http://www.classiquenews.com/1er-concours-international-vincenzo-bellini-2010album-vido-pretty-yende-june-anderson/

https://www.operadeparis.fr/saison-15-16/opera/il-barbiere-di-siviglia

La Rosina d’Elsa Dreisig à Clermont-Ferrand

dresig-elsa-mezzo-soprano-rossini-bellini-jeune-talent-CLIC-de-classiquenews-Clermont-Ferrand. Rossini : Le Barbier de Séville. Les 15 et 16 janvier 2016. Attention de la création du sommet buffa de Rossini, créé en février 1816 au Teatro Argentina de Rome : Le Barbier de Séville d’après Beaumarchais. Le drame réalise une action qui a lieu avant l’opéra de Mozart : Les Noces de Figaro. Alors barbier à Séville, le jeune Figaro retrouve le Comte Almaviva qui lui demande à Séville son aide pour séduire et enlever la belle Rosine, alors séquestrée par son tuteur qui veut l’épouser, le vieux et soupçonneux Bartolo. Amoureux de la confusion (finales vertigineux et délirant dans l’esprit de Mozart), semant l’esprit de la révolution avant l’heure et d’une intelligence libertaire, Rossini le facétieux, alors jeune âgé de 26 ans, signe une musique enjouée, subtile, d’une ivresse mélodique incomparable où jaillit tel un joyau rebelle, l’indomptable Rosine (qui pourtant devenue épouse sage et unr ien frustrée, songera non sans amertume à ces années miraculeuses où le Comte / Lindoro entreprenait tout pour la conquérir). La réussite des productions du Barbier rossinien dépend souvent de la composition qu’accordent les solistes aux deux personnages clés de Figaro et de la malicieuse Rosina. Soit deux emplois fétiches, vrais défis vocaux et dramatiques, pour baryton agile et mezzo-soprano coloratoure. Qu’en sera-t-il dans la nouvelle production présentée par le Centre lyrique Clermont Auvergne ? La sélection des chanteurs s’est déroulée lors du dernier Concours de chant lyrique où les deux rôles, de Figaro et de Rosine ont été distribué ; respectivement ce sont le baryton Viktor Korovitch et surtout la jeune et déjà sémillante Elsa Dreisig, lauréate du Concours de Clermont Ferrand 2015 (24ème édition) qui défendront sur scène, la magie dramatique de leurs personnages respectifs. Figaro est une jeune homme plein d’entrain, d’une vivacité complice ; Rosine est une jeune femme soucieuse de s’émanciper en choisissant celui qui ravira son cÅ“ur, en l’occurrence Lindoro (le patron de Figaro). Selon le fonctionenment à présent bien rodé du Concours lyrique de Clermont-Ferrand, les jeunes lauréats peuvent éprouver et perfectionner leur interpétation d’un rôle lors de la tournée d’une nouvelle production, en plusieurs dates, comme c’est le cas de cette nouvelle production du Barbier qui commence sa brillante avenure souhaitons le à Clermont-Ferrand à partir du 15 janvier 2016.

 

 

VIDEO. VOIR notre grand reportage vidéo dédié au Concours de chant de Clermont-Ferrand 2015 où de nombreuses séquences concernent la sélection du rôle de Rosine, avec un entretien avec Elsa Dreisig, après sa remise du Prix.

 

 

 

 

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Rosini : Il Barbiere di Seviglia / Le barbier de Séville, 1816
Nouvelle production
Vendredi 15 janvier 2016, 20h
Samedi 16 janvier 2016,15h
De 12 à 48€
2h30 entracte compris
Chanté en italien . Surtitré en français

Accessible en audiodescription le samedi 16 janvier 2016

 

barbier-seville-clermont-production-2016-582

Direction musicale / Amaury du Closel
Mise en scène / Pierre Thirion-Vallet
Création du décor / Frank Aracil
Réalisation du décor / Atelier Artifice
Création des costumes / Véronique Henriot
Réalisation des costumes / Atelier du Centre lyrique
Création des lumières / Véronique Marsy
Traduction et régie surtitrage / David M. Dufort

Le Comte Almaviva / Guillaume François
Figaro / Viktor Korotich *
Rosina / Elsa Dreisig *
Bartolo / Leonardo Galeazzi
Basilio / Federico Benetti
Berta / Anne Derouard
Fiorillo et un Officier / Jean-Baptiste Mouret
Chœur Opéra Nomade

Orchestre Philharmonique d’État de Timisoara

 

 

 

 

Prochain Barbier à l’Opéra Bastille, 2 février > 4 mars 2016.

Pour les amateurs et connaisseurs du barbier de Rossini, l’Opéra Bastille à Paris affiche une prochaine production à partir du 2 février et jusqu’au 4 mars 2016. Avec dans un rôle qui devrait la révéler en France l’excellente Pretty Yende (jeune soprano sud africaine, lauréate du Concours Bellini  2011 avant d’obtenir le Concours Operalia) : agilité, grâce, timbre fruité et rayonnant, technique bel cantiste (célébrée par le Jury du Concours Bellini de 2011), Pretty Yende a tout pour éblouir dans le rôle de la jeune intrépide et conquérante Rosine…

http://www.classiquenews.com/1er-concours-international-vincenzo-bellini-2010album-vido-pretty-yende-june-anderson/

https://www.operadeparis.fr/saison-15-16/opera/il-barbiere-di-siviglia

Mozart. Les Noces de Figaro : partition des Lumières, opéra des femmes ?

Mozart / Da Ponte : modernité des Noces de Figaro. En pleine période dite des Lumières, au moment où Paris et la Cour de Versailles sous l’impulsion de Marie-Antoinette vivent leurs heures artistiques les plus glorieuses, Mozart et Da Ponte conçoivent en 1786, Les Noces de Figaro. Premier volet d’une trilogie exemplaire dans l’histoire de l’opéra, qui est l’enfant d’une collaboration à quatre mains aux apports irrésistibles, l’ouvrage poursuit sa carrirèe sur les scènes du monde entier : c’est que sa musique berce l’âme et son livret, excite l’esprit par leur justesse combinée, accordée, idéalement associée. Un mariage parfait ? Figaro et Suzanne, c’est le couple de l’avenir : celui des héros de la révolution. En eux coule pur, le sang de la justice et de la liberté, les valeurs indépassables de l’esprit des Lumières qui devait produire la déclaration universelle des droits de l’homme. C’est dire. Suivons pas à pas, à travers chaque acte, les thèmes que les deux acteurs modernes défendent. En somme, voici l’Å“uvre d’un Mozart libertaire et moderne, soucieux de dénoncer les excès de son époque pour l’avènement de la société idéale : celle des hommes égaux, justes, responsables, respectueux. Mais où le pouvoir du désir ne serait-il pas l’élément le plus dangereux ?

 

 

 

Mozart : Les Noces de Figaro. L'opéra des femmes ?

 

 


Le couple des Lumières

Et pourtant, sa claire conscience ne peut empêcher aussi de constater l’oubli des hommes à ce qu’ils doivent être : la folie, le désir, l’agitation ont tôt fait de ruiner tout équilibre, et l’on sent bien qu’au terme de cette aventure lyrique, c’est le dieu théâtre qui triomphe : sa flamme et son flux incontrôlable, sa tentation perpétuelle du chaos.

 

 

 

Acte I : Les serviteurs se rebiffent. Figaro découvre que Le Comte ne cesse de harceler sexuellement sa future épouse, Suzanne. C’est l’enjeu de la première scène et du duo entre les deux serviteurs : Mozart et Da Ponte militent donc pour l’égalité de tous et dénoncent le droit de cuissage (droit du seigneur sur ses servantes) que veut appliquer le Comte, leur maître. Contre leur émancipation et leur union, se dressent ensuite le couple des intrigants : la vieille Marcelline et le docteur Bartolo venus se venger de Figaro… Puis quand surgit Cherubino, c’est Cupidon qui s’invite au banquet social : plus de serviteurs ni de maîtres, l’amour vainc tout et rend égaux tous devant la force du désir. Ainsi si le Comte s’éprend de Suzanne, si le jeune Cherubino  dévore des yeux la Comtesse, c’est dans la fable, pour mieux souligner le pouvoir de l’amour. En espérant baillonner l’attrait de ce Cupidon dangeureux à sa cour, le Comte l’envoie dans l’un de ses régiments, sur un autre front, hors des antichambres du château.

Acte II : Piéger le Comte. L’un des airs les plus mélancoliques et sombres de Mozart (“Porgi amor” : La Comtesse y exprime ses illusions et ses rêves perdus, quand jeune fille, Rosina, elle était aimée du Comte) ouvre le II. Pour se venger du Comte libidineux, Figaro propose de le piéger, dénoncer son inconstance déloyale, le surprendre en séducteur éhonté de Suzanne. Sommet de ce jeu de dupes, le trio “Susanna or via sortite !”, entre le Comte, la Comtesse et Suzanne), une scène qui exploite au mieux le déroulement dramatique conçu par Beaumarchais dans sa pièce originelle : à son terme, le duo des femmes triomphent car le Comte doit reconnaître sa violence tyrannique et présenter ses excuses. Mais rebondissement contre le couple Figaro et Suzanne, le trio des intrigants, Marcelline et Bartolo rejoint par Basilio (sublime rôle de ténor comico héroïque) reparaît exigeant que Figaro honore ses promesses (et épouse la vieille Marcelline!). La confusion qui conclut le II, est une synthèse de tous les ensembles buffas d’une trépidante vitalité.

Acte III. Le procès de Figaro a lieu. Rebondissement : Marcelline qui devait l’épouser illico devant le juge Curzio, reconnaît en Figaro son propre fils, qu’elle eut avec…. Bartolo. La Comtesse et Suzanne plus remontées que jamais, rédige la lettre dans laquelle Suzanne donne rendez vous le soir même au Comte (pour le piéger et dénoncer sa déloyauté devant tous). Le Comte réceptionne le billet et s’en réjouit.

L’Acte IV s’ouvre avec un nouveau solo féminin (Les Noces sont bien l’opéra des femmes) : sublime air de déploration tendre de Barbarina qui pleure de ne pouvoir retrouver l’épingle qu’elle devait remettre à Suzanne (“L’ho perduta”). Profond et allusivement très juste, l’opéra dévoile aussi l’amertume et le désarroi de ses héros : ainsi Figaro qui même s’il sait le piège tendu au Comte, doute un moment de la sincérité de Suzanne (superbe récitatif et l’air qui suit : “Tutto è dispoto”… “Aprite un po’ quegl’occhi…”). L’ouvrage de Mozart est ainsi ponctué de miroitement psychique d’une infinie vérité dont la sincérité nous touche particulièrement. La nuit est propice aux travestissements et troubles de toute sorte : chacun croyant voir ce qu’il redoutait, redouble de rage amère à peine voilée (La Comtesse habillée en Suzanne est courtisée par Chérubin) : Suzanne, déguisée en Comtesse est abordée par Le Comte. Puis Figaro démasquant Suzanne en Comtesse, la courtise sans ménagement au grand dam du Comte qui surgit et criant au scandale face à son épouse indigne, s’agenouille finalement… reconnaissant sous le voile,… Suzanne qu’il venait de courtisée. La Comtesse obtient alors le pardon du Comte, à défaut de la promesse de son amour. Car le lendemain, tout ce qui vient d’être rétabli ne va-t-il pas se défaire à nouveau ? L’inconstance règne dans le cÅ“ur des hommes…

Remarque : Rosina, Suzanna, même génération. la tradition héritée du XIXè remodèle (dénature) les rapports entre les personnages a contrario des tessitures d’origine. Soulignons dans la partition voulue par Mozart, la gemmélité des timbres des deux sopranos : la Comtesse et Suzanne. Les deux rôles doivent en réalité être chantés par deux voix claires, peut-être plus sombre pour Suzanne. Epousée adolescente par Almavivva, Rosina devenue Comtesse est à peine plus âgée que sa camériste, Suzanne.