RADIO CLASSIQUE : L’OPMC et Kazuki Yamada jouent la 9Ăš de Beethoven

kazuki-yamada-orchestre-philharmonique-monte-carlo-concert-critique-annonce-classiquenewsRADIO CLASSIQUE, dim 17 oct 2021, 21h. L’OPMC Orchestre Philharmonique de Monte Carlo jouait son concert d’ouverture de la nouvelle saison 21 / 22, le 26 sept dernier. A l’Auditorium Rainier III, Kazuki Yamada, directeur artistique et musical de l’Orchestre monĂ©gasque, dirige la Symphonie n°9 de Beethoven. Au programme : Ouverture Leonore II, l’une des trois ouvertures que Beethoven a composĂ©es pour son unique opĂ©ra Fidelio. Puis Symphonie n°9, la plus connue des neuf symphonies de Beethoven, crĂ©Ă©e avec succĂšs Ă  Vienne en 1824 ; les Ă©bauches remontent Ă  1792, annĂ©e oĂč Beethoven envisage de mettre en musique le poĂšme de Schiller « An die Freude », qui donnera au finale de l’Ɠuvre, le texte entonnĂ© par les solistes et le chƓur, en un hymne fraternel qui entend annoncer l’avĂšnement d’un monde harmonisĂ©.
La Symphonie n°9 est un hymne Ă  la fraternitĂ© et Ă  l’amour universel. Le thĂšme de l’Hymne Ă  la Joie est devenu en 1985 l’hymne europĂ©en,


Avec Genia KĂŒhmeier (soprano),
Sophie Rennert (mezzo),
Werner GĂŒra (tĂ©nor) et le baryton Johannes Weisser,
London Symphony Chorus
Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo,
Kazuki Yamada, direction.

ÉCOUTEZ ici : RADIO CLASSIQUE

COMPTE-RENDU, concert. MONACO, le 16 mai 2021. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, A Kantorow – J Rhorer.

Kantorow alexandre piano classiquenews festival WURTH critique classiquenewsCOMPTE-RENDU, concert. MONACO, le 16 mai 2021. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, A Kantorow – J Rhorer. C’est par une standing ovation (chose suffisamment rare Ă  Monaco pour ĂȘtre relevĂ©e !) que l’extraordinaire moment de piano que nous a livrĂ© la star montante du piano français (et mondial) Alexandre Kantorow (LaurĂ©at du prestigieux Concours TchaĂŻkovski) s’est conclu ! Un succĂšs auquel doit Ă©galement ĂȘtre associĂ© le chef français JĂ©rĂ©mie Rhorer Ă  la tĂȘte d’un Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo plus fabuleux que jamais ! Photo : A Kantorow, DR.

De fait, dĂšs son entrĂ©e dans l’arĂšne de l’Auditorium Rainier III (aprĂšs une rutilante Ouverture de Ruslan et Ludmila de Glinka !), le jeune pianiste instaure un climat incroyablement vivifiant de cette joute serrĂ©e entre orchestre et soliste qui est l’ñme de cette extraordinaire (et diabolique !). Rhorer y dĂ©ploie un phrasĂ© d’une rigueur rythmique impeccable, parfaitement articulĂ©, puissamment contrastĂ©, sollicitant tous les pupitres (cordes, flĂ»te, clarinette et trompette
) tandis que le pianiste, en totale symbiose avec la phalange monĂ©gasque, s’engouffre avec hardiesse et virtuositĂ© dans ce torrent de notes qui alterne entre virtuositĂ© percussive et mĂ©ditation sensible. Une interprĂ©tation marquĂ©e d’une patente complicitĂ© entre soliste et chef et d’une virtuositĂ© pianistique Ă©chevelĂ©e
 qui trouvera son aboutissement dans un Ă©poustouflant troisiĂšme mouvement, extraordinaire par son climat un peu mystĂ©rieux entretenu par les cordes, d’oĂč Ă©mergent les notes Ă©grenĂ©es du piano. Puis le trait se durcit, et le tempo s’accĂ©lĂšre bientĂŽt dans une cavalcade finale captivante, imprĂ©gnĂ©e d’urgence, qui vient achever une lecture d’oĂč se dĂ©gage autant d’émotion que de dextĂ©rité ! Une Ă©motion dont seront empreints les deux bis extraits du corpus brahmsien, qui vaudront un dĂ©chaĂźnement de vivats rarement entendu en Principauté !
Le concert se poursuit aprĂšs une « pause technique » par l’exĂ©cution de la 3Ăšme Symphonie (dite « Polonaise ») de TchaĂŻkovski, qui se trouve quelque peu « mal Ă  l’aise » Ă  la charniĂšre des deux premiĂšres, toute de fraĂźcheur bucolique, et du massif insurmontable des herculĂ©ennes trois suivantes. Cela explique la relative dĂ©fection de cette page symphonique, qui se positionne comme la mal aimĂ©e du cycle, mais Ă©galement la moins connue du compositeur russe. On gagnerait pourtant Ă  la rĂ©Ă©couter, mĂȘme si le premier et le dernier des cinq mouvements babillent un peu : l’orchestration de TchaĂŻkovski est ici tout entier, avec notamment un Scherzo d’une lĂ©gĂšretĂ© angĂ©lique, et Ă  y regarder mieux, on s’aperçoit qu’elle annonce, en plus d’un endroit, les trois symphonies du destin. JĂ©rĂ©mie Rhorer veille surtout ici Ă  restituer une forme, Ă  travers une lecture prĂ©cise et dĂ©cantĂ©e, au problĂ©matique Tempo di polacca final (qui vaut Ă  l’ouvrage son titre de « Polonaise »). Sa lecture a surtout le mĂ©rite d’un rĂ©el engagement, sillon que suit un OPMC tout feu tout flamme !

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COMPTE-RENDU, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 16 mai 2021. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Alexandre Kantorow, piano – JĂ©rĂ©mie Rhorer, direction.

COMPTE-RENDU, concerts. Festival du Printemps des Arts de Monte-Carlo, les 27 & 28 mars 2021. OPMC, Tedi Papavrami & Kazuki Yamada au Grimaldi Forum (le 27), Quatuor Zemlinsky (+ Anna Maria Pammer) à la Salle Empire de l’Hîtel de Paris (le 28)

COMPTE-RENDU, concerts. Festival du Printemps des Arts de Monte-Carlo, les 27&28 mars 2021. OPMC, Tedi Papavrami & Kazuki Yamada au Grimaldi Forum (le 27), Quatuor Zemlinsky (+ Anna Maria Pammer) à la Salle Empire de l’Hîtel de Paris (le 28).

AprĂšs avoir purement et simplement annulĂ© sa prĂ©cĂ©dente Ă©dition pour les raisons que l’on sait, le Printemps des Arts de Monte-Carlo rĂ©pond bel et bien prĂ©sent cette fois (du 13 mars au 11 avril cette annĂ©e), d’autant plus qu’à Monaco les lieux culturels seront toujours restĂ©s ouverts aprĂšs le premier confinement, et nous avons ainsi pu rendre compte dans ces colonnes de nombreux concerts avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo entre octobre et fĂ©vrier dernier. Cette nouvelle Ă©dition est aussi la derniĂšre de Marc Monnet qui s’apprĂȘte Ă  quitter la direction artistique du festival aprĂšs presque vingt annĂ©es de bons et loyaux services passĂ©s en PrincipautĂ©.

schoenberg arnold moses und aaron opera classiquenews presentation reviewLe 3Ăšme week-end des festivitĂ©s, auquel nous avons assistĂ©, Ă©tait consacrĂ© aux compositeurs de la Seconde Ă©cole de Vienne, dont Berg et Schönberg (photo ci-contre) furent les plus emblĂ©matiques reprĂ©sentants. Le premier concert se tient dans la fameuse Salle des Princes pour un concert de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, placĂ© sous la direction de son chef titulaire Kazuki Yamada, dans un programme Berg/Schönberg. C’est le violoniste albanais Tedi Papavrami qui a Ă©tĂ© sollicitĂ© pour interprĂ©ter le poignant « Concerto Ă  la mĂ©moire d’un ange » d’Alban Berg, que le compositeur autrichien composa aprĂšs avoir Ă©tĂ© bouleversĂ© par la mort de la fille d’Alma Mahler. Dans son interprĂ©tation, le chef japonais nous fait partager la douleur du compositeur en gĂ©nĂ©rant des climats d’une grande tristesse. Lorsque, dans les ultimes accords, la tonalitĂ© reprend ses droits sur l’atonalitĂ©, le dialogue des clarinettes avec le violon solo accentue fortement ces sentiments de deuil et d’absence. Artisan concentrĂ© de ce voyage dans la mort, Papavrami se fond dans la masse orchestrale. Dans la domination sonore de son instrument enveloppĂ©e dans le flot musical, grĂące Ă  son extrĂȘme sensibilitĂ©, il reste continuellement en totale symbiose avec l’orchestre. Alors qu’il lui serait facile de briller techniquement, il centralise ses efforts dans l’intĂ©rioritĂ© du propos avec une simplicitĂ© et un naturel qu’il faut ici saluer, et l’on regrette qu’il n’ait pas sacrifiĂ© Ă  la tradition des bis
 En deuxiĂšme partie, c’est au gigantisme (dix-sept bois, cinq clarinettes, huit cors, quatre trompettes, cinq trombones, huit percussions, deux harpes etc. !) du poĂšme symphonique « PellĂ©as et MĂ©lisande » de Schönberg que la phalange monĂ©gasque s’attaque. Si dans son opĂ©ra d’aprĂšs le poĂšme de Maeterlinck, Debussy suggĂšre et murmure Ă  partir d’une orchestration fine et sensuelle, le viennois affirme avec fougue, dans une partition oĂč lyrisme et passion s’entrecroisent dans une orchestration trĂšs straussienne, opulente et rutilante, d’une grande richesse thĂ©matique. Un exercice de direction particuliĂšrement ardu oĂč Yamada empoigne la musique Ă  bras le corps dans une gestuelle large et prĂ©cise, d’une grande efficacitĂ©. La vision du chef japonais favorise tout particuliĂšrement la clartĂ© du discours, sans jamais sacrifier Ă  la tension, et en maĂźtrisant magnifiquement l’élan des crescendi. Tous les pupitres de l’OPMC sont Ă  la fĂȘte parmi lesquels il faudra donner une mention au hautbois, Ă  la clarinette et au cor
 sans oublier la harpe ! Une interprĂ©tation trĂšs thĂ©Ăątrale et trĂšs ensorcelante qui restera assurĂ©ment dans les annales du festival monĂ©gasque !

OPCM MONTE CARLO concert crtiique classiquenews _Quatuor ZemlinskiChangement radical de lieu et de registre le lendemain avec le Quatuor Zemlinsky pour un concert chambriste entiĂšrement consacrĂ© Ă  Schönberg dans la majestueuse « Salle Empire » du mythique HĂŽtel de Paris ! En premiĂšre partie, ils donnent Ă  entendre le rare « Quatuor Ă  cordes n°2 » Opus 10 (composĂ© en 1910), dans lequel la soprano autrichienne Anna Maria Pammer se joint aux Zemlinsky, car dans cet ouvrage-phare du compositeur viennois, ce dernier cherche Ă  sortir du cadre formel en ajoutant la voix chantĂ©e (dans les deux derniers mouvements), et en se libĂ©rant de la tonalitĂ© Ă  la fin de l’Ɠuvre. L’écriture d’une remarquable concision et la luxuriance de la polyphonie sont soutenues avec beaucoup d’intelligence par les quatre archets. On sait que les deux poĂšmes de Stefan George (extraits du « SeptiĂšme anneau ») choisis par Schönberg pour terminer sa partition font Ă©cho Ă  un pĂ©riode douloureuse de son existence qui lui avait fait penser au suicide. MalgrĂ© quelques aigus au bord de la rupture, la chanteuse offre une belle projection et beaucoup de relief Ă  sa partie, grĂące Ă  sa voix ample et chaleureuse qui confĂšrent Ă©normĂ©ment de teneur expressive dans ces intenses passages. En seconde partie, les Zemlinsky sont rejoints par deux membres du Quatuor Prazak (le violoncelliste Michal Kanka et l’altiste Josef Kluson), pour la sublime « Nuit transfigurĂ©e » (VerklĂ€rte Nacht) du mĂȘme compositeur, composĂ©e en 1899 pour sextuor Ă  cordes d’aprĂšs le poĂšme de Richard Dehmel dont il admirait les textes, et qui s’avĂšre une Ɠuvre charniĂšre entre le post-romantisme germanique dĂ©clinant et une modernitĂ© iconoclaste en gestation dont il allait ĂȘtre un des moteurs principaux. Et l’on ne sait ici qu’admirer le plus : la beautĂ© transcendante des phrasĂ©s, le legato parfait, la variĂ©tĂ© des climats, le respect total de la partition ou encore la sonoritĂ© ample de l’ensemble
 Le public – rĂ©duit ici Ă  une demi-jauge comme la veille au Grimaldi Forum en respect des rĂšgles sanitaires
 – ne s’y trompe pas, et fait un triomphe amplement mĂ©ritĂ© aux artistes. Vivement l’édition 2022 !

COMPTE-RENDU, concerts. Festival du Printemps des Arts de Monte-Carlo, les 27 & 28 mars 2021. OPMC, Tedi Papavrami & Kazuki Yamada au Grimaldi Forum (le 27), Quatuor Zemlinsky (+ Anna Maria Pammer) à la Salle Empire de l’Hîtel de Paris (le 28).

COMPTE-RENDU, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 10 janvier 2021. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, FP Zimmermann (violon), Y Yamada (direction)

COMPTE-RENDU, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 10 janvier 2021. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, FP Zimmermann (violon), Y Yamada (direction). Moins d’un mois aprĂšs notre derniĂšre venue (http://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-monaco-auditorium-rainier-iii-les-1213-dec-2020-orchestre-philharmonique-de-monte-carlo-daniel-lozakovich-violon-cornelius-meister-direction-le-12-frank-pe/), les choses ont quelques peu changĂ© sur le Rocher. Si la vie culturelle continue de battre son plein, les concerts (et dĂ©sormais les reprĂ©sentations d’opĂ©ra
) sont avancĂ©s Ă  14 heures (pour les opĂ©ras) ou 14 heures trente (pour les concerts et les ballets), le couvre-feu est avancĂ© Ă  19 heures au lieu de 22, et les restaurants et bars, s’ils restent ouverts, ne sont dĂ©sormais accessibles qu’aux rĂ©sidents monĂ©gasques, Ă  ceux qui y travaillent, ou Ă  ceux qui y sĂ©journent Ă  l’hĂŽtel
 En attendant, nous ne boudons pas notre plaisir, et profitons d’un luxe qui est inaccessible Ă  (quasiment) toute l’Europe (heureux monĂ©gasques !), et nous avons pris la bonne habitude de couvrir la majeure partie des Ă©vĂ©nements culturels en PrincipautĂ©, Ă  l’instar de ce nouveau concert de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, cette fois placĂ© sous la fĂ©rule de son directeur musical et artistique, le chef japonais Kazuki Yamada.

 

Monaco est une FĂȘte !
Kazuki Yamada dirige le Philharmonique de Monte-Carlo

 

 

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En prĂ©ambule du concert, sĂ©quence Ă©motion avec la prise de parole de la PremiĂšre violoniste Liza Kerob, puisque le concert est dĂ©diĂ© Ă  la mĂ©moire de Yakov Kreizberg, directeur de la phalange monĂ©gasque de 2008 Ă  2011, et dont on fĂȘte le dixiĂšme anniversaire de la mort cette annĂ©e. AprĂšs ce vibrant hommage, place Ă  la musique avec toutefois un programme quelque peu bousculĂ©, comme s’en excuse Didier de Cottignies (Conseiller et DĂ©lĂ©guĂ© artistique de l’OPMC) auprĂšs du public, pour raccourcir le concert et permettre aux auditeurs des Alpes Maritimes de regagner leurs foyers Ă  temps avant le couvre-feu avancĂ© Ă  18h depuis peu dans ce dĂ©partement limitrophe de la PrincipautĂ©. Exit donc la Trumpet ouverture de Mendelssohn, et le violoniste allemand Frank Peter Zimmermann (entendu in loco au lendemain du concert prĂ©citĂ© dans l’IntĂ©grale des Sonates pour Violon et Piano de Beethoven) s’avance aprĂšs les deux discours pour interprĂ©ter le Concerto pour Violon de Robert Schumann : une premiĂšre partie qui vaut presque avant tout pour la parure orchestrale que tisse le Maestro Yamada, qui apparaĂźt comme Ă©trangement mĂ©lancolique et dĂ©sabusĂ©e ; non que les tempi soient en eux-mĂȘmes particuliĂšrement lents, mais l’élan vital et le romantisme incandescent sont ici sacrifiĂ©s au profit d’une vision mĂ©ditative et triste dans laquelle se coule le violon de Zimmerman. C’est dans le mouvement lent et le dialogue avec le violoncelliste solo de l’OPMC que rĂ©side le meilleur moment de ce dĂ©but de programme.

Le plat de rĂ©sistance, donnĂ© sans entracte dans la foulĂ©e, est la monumentale 9Ăšme Symphonie de Bruckner que le compositeur autrichien, comme on le sait, avait dĂ©diĂ© à
 Dieu ! InspirĂ© en effet par une foi profonde, Bruckner a malheureusement terminĂ© sa carriĂšre symphonique sans pouvoir mettre un point final Ă  sa NeuviĂšme symphonie. Les trois mouvements achevĂ©s reprĂ©sentent tout de mĂȘme une bonne heure de musique, rĂ©sultat de sept annĂ©es de travail pour le compositeur. Les cuivres y sont trĂšs largement sollicitĂ©s dans le premier mouvement (on compte ce soir neuf cors et cinq trombones !), une partition oĂč des climax dĂ©mesurĂ©s portent l’orchestre vers de tĂ©nĂ©breux sommets, alternant avec des ponctuations mĂ©ditatives qui laissent chanter les bois et les cordes. Le second mouvement permet Ă  Yamada d’étirer Ă  l’envi les dynamiques de la partition de Bruckner, et les pizzicati des cordes prennent alors un relief saisissant prĂ©figurant le passage dĂ©vastateur des cuivres qui dĂ©crivent d’effrayants enfers ! Les cuivres s’avĂšrent flamboyants et le rythme martelĂ© Ă  travers ces pages s’avĂšrent magnifiquement articulĂ©, matĂ©rialisant une implacable tension. L’Adagio qui suit traduit toujours plus de passion, les phrasĂ©s confiĂ©s aux cordes menant la phalange monĂ©gasque vers des sommets d’émotion. MalgrĂ© le caractĂšre Ă©prouvant d’une partition qui n’épargne aucun des pupitres de l’orchestre, le chef japonais parvient Ă  communiquer Ă  ses musiciens un souffle narratif jusqu’aux ultimes notes. Au terme d’un concert riche en Ă©motions, il reçoit alors la juste et amplement mĂ©ritĂ©e standing ovation d’une salle comble (mais avec un siĂšge sur deux disponible seulement, respect des rĂšgles sanitaires oblige !).

On ne cesse de le rĂ©pĂ©ter
 Monaco est une FĂȘte !

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 10 janvier 2021. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Frank Peter Zimmermann (violon), Yazuki Yamada (direction).

 

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Le Philharmonique de Monte-Carlo en janvier 2021 © Emmanuel Andrieu

 

COMPTE-RENDU, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, les 12,13 dĂ©c 2020. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Daniel Lozakovich (violon) & Cornelius Meister (direction), le 12 – Frank Peter Zimmermann (violon) & Martin Helmchen (piano), le 13 dĂ©c 2020

COMPTE-RENDU, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, les 12,13 dĂ©c 2020. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Daniel Lozakovich (violon) & Cornelius Meister (direction), le 12 – Frank Peter Zimmermann (violon) & Martin Helmchen (piano), le 13 dĂ©c 2020. Comme nous l’écrivions dans notre dernier compte-rendu d’un concert de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo donnĂ© Ă  la Salle Rainier III de Monaco en novembre dernier :

(https://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-monaco-auditorium-rainier-iii-le-1er-novembre-2020-orchestre-philharmonique-de-monte-carlo-sergej-krylov-violon-jukka-pekka-saraste-direction/), le Rocher fait figure d’exception culturelle (et pas que, puisque bars et restaurants y demeurent ouverts jusqu’Ă  21h30, en semaine comme les We), et en ce mois de dĂ©cembre 2020, c’est plĂ©thore de concerts, de ballets, de soirĂ©es d’opĂ©ra qu’offre ce pays dĂ©cidĂ©ment Ă  part.

Ainsi, aprĂšs un opĂ©ra de jeunesse de Verdi (avec Placido Domingo) Ă  l’OpĂ©ra et un Lac des Cygnes chorĂ©graphiĂ© par Jean-Christophe Maillot pour ses Ballets de Monte-Carlo Ă  la Saint-Sylvestre (compte-rendu Ă  suivre sur CLASSIQUENEWS), votre serviteur a pu assister Ă  un bien beau doublĂ© musique symphonique & musique de chambre, dans le cadre de la riche saison de l’OPMC / Orchestre Philharmonique de Monte Carlo.

LOZAKOVICH Daniel violon gstaad concert critique classiquenewsLe premier soir, Ă  l’Auditorium Rainier III, nous retrouvons le virtuose suĂ©dois Daniel Lozakovich que nous avions dĂ©couvert en 2018 – avec fascination – aux Rencontres musicales d’Evian (https://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-evian-les-6-7-juillet-2018-r-strauss-l-van-beethoven-p-i-tchaikovski-j-j-kantarow-orch-de-chambre-de-lausanne-salonen-lozakovich/). DĂ©laissant le Concerto de TchaĂŻkovski pour celui de Mendelssohn (opus 64), le jeune violoniste n’en Ă©blouit pas moins : il possĂšde toutes les qualitĂ©s techniques et dĂ©jĂ  une belle expĂ©rience des salles de concert les plus prestigieuses pour s’imposer, mais c’est aussi par sa personnalitĂ© qu’il sĂ©duit, celle du visage d’un adolescent glabre et sage sous lequel brĂ»le un feu ardent. ExtrĂȘmement Ă  l’aise avec la partition, Lozakovich joue de façon brillante et enlevĂ©e, et rien ne lui rĂ©siste : avec son Stradivarius, il avale les mesures, bondit de trilles en trilles, distille ce qu’il faut de vibrato et sculpte de son archet bondissant aussi prompt Ă  la soumission qu’aux puissantes attaques de cordes, une interprĂ©tation qui restera dans notre mĂ©moire. Il faut dire qu’il est soutenu avec maestria par le chef allemand Cornelius Meister, dĂ©sormais directeur musical de la Staatsoper de Stuttgart, qui lui offre un somptueux tapis musical Ă  la tĂȘte du non moins somptueux Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. En bis, le violoniste offre une rare « Danse rustique » d’EugĂšne YsaĂże dont la virtuositĂ© arrache des vivats de la part d’un public monĂ©gasque (masquĂ© et Ă  distance raisonnable les uns des autres comme il se doit).
En seconde partie, aprĂšs une Ouverture d’ObĂ©ron de Weber rondement menĂ©e et enlevĂ©e, c’est la fameuse Symphonie n°1 (dite « Le printemps ») de Robert Schumann. DĂšs les premiĂšres mesures, l’engagement des pupitres est admirable. D’emblĂ©e, Meister rĂ©ussit une synthĂšse rare dans ce rĂ©pertoire, car elle associe la puissance et la dĂ©licatesse, atouts qui appartiennent gĂ©nĂ©ralement Ă  des ensembles aux effectifs plus rĂ©duits que le plĂ©thorique OPMC. Ce soir, la phalange monĂ©gasque se plie sans brusquerie ni raideur aux lignes brisĂ©es et aux changements continus d’atmosphĂšres de la partition du maĂźtre allemand. Le chef aborde le Larghetto d’une maniĂšre trĂšs « beethovĂ©nienne », appuyant le rythme de la marche., tandis que le Scherzo remĂ©more quelque page de Schubert, tout en annonçant, par son Ă©nergie passionnĂ©e, la raillerie des partitions du postromantisme, notamment de Mahler. Aucune duretĂ© dans cette lecture pourtant trĂšs « encadrĂ©e », aux cuivres rutilants et aux bois champĂȘtres, qui s’unissent dans un finale fiĂ©vreux, vĂ©ritable hymne Ă  la jeunesse.

Montecarlo-orchestre-philharmonique-concert-duo-violon-piano-critique-concert-classiquenewsLe lendemain (13 dĂ©c 2020), toujours Ă  l’Auditorium Rainier III, c’est le gĂ©ant allemand Ludwig van Beethoven que l’on fĂȘte, en mĂȘme temps que le 250Ăšme anniversaire de sa naissance. Mais avec une formation plus rĂ©duite, celle rĂ©unissant le violon de Frank Peter Zimmermann et de Martin Helmchen, pour interprĂ©ter ses cinq derniĂšres Sonates (les cinq premiĂšres autres ayant dĂ©jĂ  fait l’objet d’un concert in loco deux mois plus tĂŽt). Mis sur un pied d’égalitĂ©, c’est-Ă -dire assis l’un prĂšs de l’autre, les deux solistes s’entendent visiblement Ă  merveille et cette complicitĂ© transparaĂźt lumineusement tout au long de la soirĂ©e, qui prend ici des allures de marathon puisque les cinq Sonates seront enchaĂźnĂ©es sans entracte
 Ă©poque covidistique oblige ! Le dialogue entre les deux instruments est tout simplement extraordinaire, au sens propre du terme, tout de virtuositĂ© et d’émotion, qui procurent de la chair Ă  chacun des morceaux. DĂ©laissant les consonances mozartiennes des premiers opus, souvent joyeux et aĂ©riens, le cycle se prolonge en suivant bien Ă©videmment l’évolution stylistique de Beethoven. On le sait, les derniĂšres Sonates atteignent une profondeur quasi mystique, et trĂšs chargĂ©e de sens, dans ses derniĂšres compositions, notamment avec la monumentale Sonate n°9 « Ă  Kreutzer » ainsi que la n°10, de huit ans postĂ©rieure et en rupture avec tout ce qui a Ă©tĂ© Ă©crit jusqu’alors. Une intensitĂ© et une profondeur que l’archet de l’un et le clavier de l’autre n’ont pas de mal Ă  restituer, ce dont l’audience n’est pas prĂšs de l’oublier
 mĂȘme si le couvre-feu imminent a malheureusement Ă©courtĂ© quelque peu la durĂ©e des applaudissements
 A noter, en guise de conclusion, que les deux compĂšres ont commencĂ© l’enregistrement de l’opus beethovĂ©nien chez Bis Classics !

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COMPTE-RENDU, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, les 12&13 dĂ©cembre 2020. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Daniel Lozakovich (violon) & Cornelius Meister (direction) le 12 – Frank Peter Zimmermann (violon) & Martin Helmchen(piano) le 13. CONSULTEZ la saison de l’Orchestre Philharmonique de Monte Carlo

COMPTE-RENDU, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 1er novembre 2020. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Sergej Krylov (violon), Jukka-Pekka Saraste (direction).

Jukka-Pekka-Saraste-concert-critique-review-monte-carlo-classiquenewsCOMPTE-RENDU, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 1er novembre 2020. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Sergej Krylov (violon), Jukka-Pekka Saraste (direction). A l’heure oĂč l’Europe se reconfine et que toutes les salles de concerts du vieux continent ont fermĂ© leurs portes, Monaco fait figure d’exception, et se prĂ©sente comme un havre pour le mĂ©lomane. De fait, tant sa saison d’opĂ©ra – l’on donnera trĂšs prochainement Carmen avec Aude ExrĂ©mo dans le rĂŽle-titre – que sa saison symphonique sont pour l’instant maintenues, et c’est ainsi que nous avons pu assister au 8Ăšme concert symphonique de la saison 20/21 de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo.

Mais si la Covid-19 est peu prĂ©sente sur le Rocher (on y compte moins de 10 dĂ©cĂšs liĂ©s Ă  la maladie depuis le dĂ©but de l’épidĂ©mie), elle n’en a pas moins chamboulĂ© le concert initialement prĂ©vu : Bertrand de Billy a dĂ» rester confinĂ© et le violoniste russe Valeriy Sokolov a Ă©tĂ© testĂ© positif Ă  l’aĂ©roport de Moscou juste avant d’embarquer pour Nice!… C’est ainsi Ă  la rescousse et Ă  la derniĂšre minute que le chef finlandais Jukka-Pekka Saraste (portrait ci dessus, DR) et le violoniste russe Sergej Krylov ont repris le flambeau des mains de leurs confrĂšres respectifs. Le programme aussi a dĂ» ĂȘtre modifiĂ© et Ă  la place du Cto pour violon N°3 de Saint-SaĂ«ns, c’est au final le cĂ©lĂ©brissime Cto pour violon N°1 de Bruch que le soliste a interprĂ©tĂ© !

LaurĂ©at du Fritz Kreisler Violin Competition, le violoniste moscovite est Ă©galement chef d’orchestre, et dirige l’Orchestre de Chambre de Lituanie depuis 2008. DĂ©laissant Saint-SaĂ«ns, c’est donc Ă  Bruch qu’il prĂ©fĂšre se confronter. Des trois concertos pour violon le compositeur allemand composa, seul le premier connut un vĂ©ritable succĂšs. Mais quel succĂšs ! Bruch lui-mĂȘme ne tarda pas Ă  s’en irriter : « Je ne veux plus entendre ce concerto ! n’ai-je composĂ© que celui-lĂ  ? » dĂ©clarait-il aux solistes qui venaient l’interprĂ©ter devant lui, disant sa prĂ©fĂ©rence pour le suivant (tandis que Brahms avait de son cĂŽtĂ© une prĂ©dilection pour le troisiĂšme
). Et c’est un choc pour nous que l’interprĂ©tation du violoniste russe, qui nous fait redĂ©couvrir la partition comme au premier jour. Avec du cran et du panache, le soliste fait preuve d’une invention rafraĂźchissante, notamment dans l’adagio, chantant comme jamais, et qui fait ressortir une musicalitĂ© gĂ©niale. Technique impeccable, sensibilitĂ© Ă  fleur de peau, sonoritĂ© somptueuse (ah les registres grave et mĂ©dium), lyrisme incandescent et sensualitĂ© slave, tout y est !

Conditions sanitaires obligent, pas d’entracte, et Saraste embraye – juste aprĂšs l’incontournable bis du soliste – sur la 3Ăšme Symphonie de Bruckner (dĂ©diĂ©e Ă  Richard Wagner, comme on le sait
), et c’est la seconde version qui est ici jouĂ©e. Bruckner entama la composition de sa TroisiĂšme Symphonie Ă  la fin de l’annĂ©e 1872, et la termina l’annĂ©e suivante. En septembre 1873, le compositeur rendit visite Ă  Wagner qui accepta la dĂ©dicace de ce nouvel opus brucknĂ©rien, en le priant cependant d’y enlever les nombreuses citations de ses opĂ©ras, incluses dans la partition. En 1877, Bruckner fera une rĂ©vision complĂšte de sa symphonie, la raccourcissant de dix minutes environ.

A l’issue des soixante minutes que dure cette symphonie, les qualitĂ©s
de l’interprĂ©tation de Saraste l’emportent sur les quelques rĂ©serves
que nous pourrions faire ici oĂč lĂ  dans chacun des quatre mouvements.
La premiÚre qualité en est la beauté et la rondeur de la sonorité du somptueux Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, qui est en fait une des caractéristiques du style de ce chef. Il sait par ailleurs toujours trouver le bon tempo pour chaque mouvement, et il réussit à offrir ce fameux « souffle » si inhérent et essentiel à la musique de Bruckner. Cela est spécialement perceptible dans les moments apothéotiques des premier et deuxiÚme mouvements. Car tous les connaisseurs du compositeur autrichien savent que maintenir le « souffle » est une des plus grandes difficultés de cette musique, pari que chef et orchestre monégasque réussissent avec brio et éclat !

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. Monaco, Auditorium Rainier III, le 1er novembre 2020. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Sergej Krylov (violon), Jukka-Pekka Saraste (direction).