CD, compte rendu critique. Campra : Tancrède, version 1729 (3 cd Alpha, Schneebeli, 2014)

campra-tancrede-cd-alpha-olivier-schneebeli-isabelle-druet-critique-du-cd-CLIC-de-classiquenews-mai-2015CD, compte rendu critique. Campra : Tancrède, version 1729. Orchestre Les Temps PrĂ©sents & les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles. Olivier Schneebeli, direction. Travail exceptionnel sur l’articulation du texte, l’un des livrets les plus forts et “viril” du compositeur (signĂ© Antoine Danchet) qui renoue ainsi avec la coupe noble et hĂ©roĂŻque de son aĂ®nĂ© et modèle Lully (aidĂ© du poète Quinault). Tous les chanteurs excellent dans la projection naturelle et souple du français et Olivier Schneebeli ajoute les inflexions dramatiques et sensuels d’un orchestre destinĂ© Ă  exprimer les passions de l’âme, en particulier la passion naissante des deux guerriers opposĂ©s : le chrĂ©tien Tancrède et la Sarrazine Clorinde. Ici l’opĂ©ra français Ă©gale sinon dĂ©passe l’impact expressif du théâtre classique parlĂ© et dĂ©clamĂ© de Racine. S’y glissent et triomphent aussi les divertissements, instants de grâce qui alliant choeurs, ballets, et sĂ©quences portĂ©s par les seconds rĂ´les, apportent ces dĂ©tentes propices, vĂ©ritables temps de pure poĂ©sie entre des tableaux Ă  l’Ă©pure tragique d’une tension irrĂ©sistible. Saluons dans ce sens les deux dessus au verbe ciselĂ© autant qu’au jeu d’une solide justesse (Anne-Marie Beaudette et en particulier Marie Favier au timbre rond et palpitant). Chacune de leur prestation fait mouche, les divertissements gagnent un surcroĂ®t de profondeur. Tout concourt Ă  tisser le lent et inĂ©luctable fil tragique vers la mort de la sublime guerrière, Clorinde.

 

 

 

Olivier Schneebeli réalise un sommet tragique et poétique dans ce Tancrède de 1702

Tristan et Isolde baroque

 

CLIC_macaron_2014Le couple noir et jaloux : Argant / Herminie exalte de pulsations haineuses et pourtant d’une sincĂ©ritĂ© magicienne (Alain Buet et Chantal Santon) : leurs personnages surtout celui d’Herminie s’expose sans Ă©paisseur, avec la mĂŞme finesse prosodique au dĂ©but du III. Pour les rĂ´les de Clorinde et de Tancrède, les deux protagonistes Isabelle Druet et BenoĂ®t Arnould ont la jeunesse, la justesse et la sincĂ©ritĂ© de deux timbres admirablement engagĂ©s. On se dĂ©lecte dans leurs oppositions, confrontations successives, le point d’orgue de leur union pudique admirablement exprimĂ©e sur la scène demeurant le duo d’une Ă©conomie souveraine et d’une grande poĂ©sie du IV (” Gloire inhumaine, hĂ©las ! que tu troubles nos coeurs ” : sommet de la lyre tragique vĂ©cue par les deux 2 coeurs blessĂ©s).
Une rĂ©serve cependant pour la tenue vocale du baryton : s’il a le timbre idĂ©alement sombre et virile, sa ligne vocale manque parfois de justesse comme de simplicitĂ©.
L’acte IV, celui de la haine active (sous le feu d’Herminie et du mage IsmĂ©nor) est aussi surtout celui de la confession amoureuse quand (scène 6), Clorinde avoue son amour pour lui Ă  Tancrède. Quand au V, la gloire toute acquise Ă  Tancrède est le sujet de sa profonde douleur car il y perd Clorinde qui s’Ă©puise et meurt dans ses bras en un duo tristanesque d’un lugubre digne qui est un autre absolu poĂ©tique.
clorinde isabelle druet tancredeC’est fidèle Ă  la poĂ©sie sombre et lugubre du Tasse que Danchet et Campra brossent un portrait noir des amours guerriers : la pompe victorieuse, la gloire qui jaillit et Ă©tincelle sur l’armure de Tancrède sombre immĂ©diatement dans le gouffre de la douleur quand le ChrĂ©tien dĂ©couvre son aimĂ©e Clorinde, touchĂ©e au coeur expirante. La noblesse, le raffinement, la suavitĂ© mesurĂ©e et allusive des divertissements, le chant perpĂ©tuellement soucieux de son intelligibilitĂ© font toute la qualitĂ© de cet enregistrement pris sur le vif Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles, les 6 et 7 mai 2014. VOIR. Les camĂ©ras de classiquenews Ă©taient fort heureusement prĂ©sentes lors de la performance : visionner notre reportage vidĂ©o Tancrède de Campra, recrĂ©ation de la version de 1729.
Voici au disque le meilleur enregistrement de la collection Château de Versailles. CLIC de classiquenews de mai 2015.

CD, compte rendu critique. Campra : Tancrède, version 1729. Orchestre Les Temps Présents & les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles. Olivier Schneebeli, direction. Avec Benoît Arnould, Tancrède. Isabelle Druet, Clorinde. Chantal Santon, Hermoinie. Alain Buet, Argant. Eric Martin-Bonnet, Isménor. erwin Aros, Anne-Marie Beaudette et Marie Favier (seconds rôles divers). 3 cd Alpha baroque Outhere music 2h46mn. Référence : 3 760014 199585

Compte rendu, opĂ©ra. Trappes, La Merise, le 10 fĂ©vrier 2015. L’Inde Galante d’après les Indes Galantes de Rameau. CollĂ©giens de Trappes, Pages et instrumentistes du Centre de musique baroque de Versailles. Olivier Schneebeli, direction. Michel Verschaeve, mise en scène. Françoise Deniau, chorĂ©graphie.

visuel-_-inde-galante-cmbv-trappes-et-Versailles-Rameau-classiquenews-le-quatuor-de-solistes-les-pages-de-la-Maitrise-du-cmbv-10-fevrier-2015-compte-rendu-critique-inde-galante-de-RameauSpectacle pĂ©dagogique et humaniste. L’Ă©ducation et la musique forment-t-elle la jeunesse ? A quoi prĂ©cisĂ©ment, et de quelle manière ? A cette question, aux enjeux si brĂ»lants depuis la terrible actualitĂ© française de janvier 2015, rĂ©pond le CMBV dont l’engagement pour la rĂ©surrection des grandes machines lyriques et chorĂ©graphiques de la monarchie triomphante s’intĂ©resse aussi comme en un pendant imprĂ©vu Ă  des actions d’un autre type : toute l’Ă©quipe artistique et les jeunes chanteurs du CMBV savent ici impliquer plusieurs classes de collĂ©giens Ă  Trappes (Collèges Youri Gagarine, Gustave Courbet, Le Village) et les initier Ă  l’esthĂ©tique baroque, Ă  la dĂ©licate machinerie d’un spectacle qui mĂŞle selon les codes du XVIIIè : chant, dĂ©clamation, danse : certains dansent, chantent dans les choeurs, dĂ©clament surtout de savoureux textes intĂ©grĂ©s entre les scènes de l’opĂ©ra ballet de Rameau choisi pour l’occasion. SupplĂ©ment d’âme Ă  une scène lyrique et chorĂ©graphique des plus raffinĂ©es (1736), les producteurs ajoutent aussi la dĂ©lectation de pensĂ©es choisies signĂ©es de l’AbbĂ© Raynal, auteur en 1781 de L’Histoire philosophique et politique des Ă©tablissements et du commerce des europĂ©ens dans les deux Indes… vaste recension qui malgrĂ© le dĂ©roulĂ© de son titre, concentre une vision Ă©tonnamment fraternel et humaniste vis Ă  vis de l’Indigène. Un manifeste pour la paix entre les peuples qui a aussi sensibilisĂ© les jeunes interprètes aux enjeux du vivre ensemble.

C’est un travail spĂ©cifique qui fait travailler les jeunes Pages de la MaĂ®trise avec les collĂ©giens des trois Ă©tablissements de Trappes (78). Choc culturel, expĂ©rience pĂ©dagogique, rencontre surtout entre des milieux et des univers si diffĂ©rents qui cependant apprennent Ă  se connaĂ®tre, Ă  partager, puis s’accomplir dans la rĂ©alisation d’un formidable spectacle dont la finesse et l’intelligence transforment aussi la partition retenue : la dernière entrĂ©e des Indes Galantes de Rameau : les Sauvages, ajoutĂ© lors de la reprise de l’opĂ©ra-ballet en 1736,  un an seulement après sa crĂ©ation.

L’Ă©quipe artistique rĂ©unit des pointures du genre et des disciplines rĂ©unies : Françoise Deniau pour la chorĂ©graphie, Michel Verschaeve pour la mise en scène et Olivier Schneebeli, chef permanent dont les qualitĂ©s de pĂ©dagogue font merveille dans ce type de travail. La valeur du projet tient Ă  la confrontation directe et franche des univers en prĂ©sence : les jeunes pages du CMBV, vĂ©ritables professionnels de la musique, nourris d’Ă©loquence et de gestuelle baroques, de souci du texte comme de musicalitĂ© du chant ; et les collĂ©giens trappistes, dont l’ordinaire demeure bien Ă©loignĂ© de l’esthĂ©tisme monarchique comme de la dĂ©clamation des idĂ©es philosophiques du XVIIIè. Pourtant les jeunes rĂ©alisent ici une production convaincante oĂą Michel Verschaeve a opportunĂ©ment intĂ©grĂ© plusieurs  textes de Raynal, au regard gĂ©nĂ©reux et plein d’humanitĂ© pour les Indiens d’AmĂ©riques. L’action des Indes Galantes souvent mĂ©sestimĂ©e rĂ©vèle a contrario des prĂ©jugĂ©s sur la soit disant faiblesse poĂ©tique et littĂ©raire des opĂ©ras ramistes, la modernitĂ© et la pertinence de Rameau et de son librettiste : ici s’affirme dĂ©jĂ  avant le thème du bon sauvage de Rousseau,  un humanisme fraternel et admiratif, respectueux et tendre mĂŞme vis Ă  vis des “Sauvages” : autour de la belle indigène Zima s’affairent les colons europĂ©ens, Alvar et Damon. ConvoitĂ©e, courtisĂ©e, Zima choisit finalement pour Ă©lu de son coeur son semblable Adario : Rameau rĂ©alise en une vĂ©ritable apothĂ©ose (la fameuse danse du calumet de la paix), la cĂ©lĂ©bration de l’amour sincère : les Indiens d’AmĂ©rique affirmant ainsi une leçon de vertu amoureuse aux plus tendres Ă©lans. La vision est d’une incroyable intelligence : les Indiens n’y sont pas vus comme une race infĂ©rieure mais au contraire comme un peuple admirable en tout point, vision positive et fraternelle partagĂ©e par Raynal dans ses textes.

 

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Pages et collĂ©giens dĂ©fendent la libertĂ© et l’esprit fraternel

L’Inde Galante ou Rameau revisitĂ©

 

 

Parmi le quatuor vocal assurĂ© par les Pages du CMBV, distinguons le charme et l’aisance scĂ©nique de la jeune soprano Chimène Smith dans le rĂ´le virtuose et redoutable de Zima (RĂ©gnez, Plaisirs et jeux, combinĂ© aux trompettes brillantes, fait retentir le triomphe simple des amants magnifiques) : elle a le port gracieux sans prĂ©ciositĂ©, et le naturel d’un chant qui sait s’attendrir. Ses partenaires masculins affirment des tempĂ©raments vocaux naturellement caractĂ©risĂ©s : le Damon, vrai soprano flĂ»tĂ© de ClĂ©ment Peaucelle, et l’Alvar, Ă  la diction la plus parfaite de Karl-LoĂŻs de Lastic Saint-Jal, au chant puissant, sĂ»r, affĂ»tĂ©.
A leurs cĂ´tĂ©s, les collĂ©giens en tee-shirts colorĂ©s (jaune, bleu, rouge) apprennent l’Ă©lĂ©gance des pas chorĂ©graphiĂ©s, les dĂ©fis de la synchronicitĂ©, la finesse et la grâce d’une partition flamboyante et Ă©tourdissante par son raffinement et sa complexitĂ©. C’est aussi jusqu’aux deux reprĂ©sentations publiques programmĂ©es Ă  La Merise de Trappes puis Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles, les 10 et 12 fĂ©vrier 2015, un apprentissage de la discipline et du jeu collectif sans lesquels la magie du spectacle ne se rĂ©alise pas. Actualisation inĂ©vitable, les trappistes rĂ©alisent une version hip hop de la Chaconne finale dont les accents soulignent lĂ  encore combien la rythmique de Rameau nous paraĂ®t toujours aussi proche et familière.
Rien de plus vivant que ce Baroque lĂ , de plus stimulant que ce Rameau revisitĂ© par un collectif d’enfants, associĂ©s imprĂ©vus d’une entreprise aux enjeux salutaires. Que garderons les trappistes comme les Pages plus habituĂ©s Ă  l’exercice de la scène ? Des sons, des rencontres, la magie de la scène et surtout grâce aux textes combinĂ©s (qui ont Ă©tĂ© on l’imagine, sources de dĂ©bats Ă  l’Ă©cole entre enfants et professeurs), l’expĂ©rience du respect et de l’Ă©coute de l’autre, l’estime des autres, le goĂ»t de la paix partagĂ©e : des valeurs clĂ©s Ă  prĂ©server coĂ»te que coĂ»te.  En prolongement de son anniversaire 2014, Rameau ne pouvait trouver transposition pĂ©dagogique aussi rĂ©ussie.

 

 

Compte rendu, opĂ©ra. L’Inde Galante d’après Les Indes Galantes de Rameau, 1736. Elèves des collèges de Trappes (Gagarine, Courbet). Pages et instrumentistes du CMBV. Olivier Schneebeli, direction. Michel Vershaeve, mis en scène. François Deniau / Marc Barret, chorĂ©graphie.

 

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Illustrations : © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

 

 

Versailles. Chapelle royale, samedi 11 octobre 2014, 20h : Requiem Aeternam d’après Rameau

Rameau-jean-philippe-portrait-600Versailles. Chapelle royale, samedi 11 octobre 2014, 20h : Requiem Aeternam d’après Rameau. Et si Castor et Pollux, opéra funèbre et même ample et spectaculaire réflexion sur la mort, avait outrepasser son cadre lyrique stricte, jusqu’à inspirer par ses thèmes et sa couleur particulière tout un Requiem inédit ? C’est le constat qu’illustre le Requiem Aeternam, abordé par Olivier Schneebeli et ses effectifs choraux ce 11 octobre en un passionnant programme qui s’annonce prometteur : l’ensemble de la matière musicale que l’on écoute, s’inspire ouvertement de mélodies et compositions réalisés par Rameau pour son opéra Castor et Pollux dont la dernière et sublime version date de 1754. En brossant le portrait des frères spartiates Dioscures, Castor mort, Pollux prêt à le remplacer aux Enfers, Rameau a écrit l’une de ses partitions les plus poignantes, véritable succès inégalé pendant tout le XVIIIème siècle. La Messe de Requiem ressuscitée ainsi affirme la notoriété et l’impact des œuvres de Rameau de son vivant.

Thomas Leconte, chercheur et musicologue du CMBV Centre de musique baroque de Versailles explique l’intérêt de cette résurrection, d’autant plus opportune pour l’année Rameau (250 ans de sa disparition en 1764)…

chapelle-concert-gauche« La messe est écrite pour cinq voix récitantes (2 dessus, haute-contre, basse-taille, basse), un chœur à quatre voix (dessus, haute-contre, taille, basse-taille/basse), tous soutenus par trois dessus de violon (et flûtes pour les deux premiers), effectif instrumental assez fréquent dans les répertoires pratiqués dans les cathédrales de province, les maîtres de musique devant souvent se contenter, pour soutenir les voix d’ enfants et des chantres, de quelques instruments, à l’ordinaire comme à l’extraordinaire. Cette Messe de Requiem nous est parvenue sous forme de parties séparées (4 parties vocales : dessus, haute-contre, taille, basse-taille ; 3 parties de violon : 1er violon et flûtes, 2ème violon et flûtes, 3ème violon ; une partie de basse continue ; une partie de basson, pour le premier chœur seulement), complétées par deux fragments de partition: l’un, probablement de la main du compositeur, comporte quelques mesures de l’Introït et du Kyrie, avec des variantes plus ou moins importantes par rapport aux parties séparées ; l’autre, de la même main que les parties, donne une version remaniée pour la Post-communion (non retenue pour ce concert). Très fautives – on peut douter qu’elles aient pu servir en l’état à une exécution –, les parties séparées sont également incomplètes. La mise en partition et la comparaison avec les fragments de partitions ont en effet révélé qu’il manquait au moins deux parties séparées dans l’ensemble qui nous est parvenu : une partie de 2ème dessus et une partie de basse ou de 2ème basse-taille, que l’on peut partiellement restituer grâce au fragment autographe de l’Introït (2 dessus dans le duo « Te decet hymnus ») et du Kyrie (basse récitante). En revanche, aucun fragment ne permet de restituer la ligne vocale du Sanctus, très probablement confiée à l’une de ces deux voix. Enfin, pour le duo « Lux æterna » de la version originale de la Post-communion, pour lequel il ne subsiste que le dessus vocal, il est possible de déduire une ligne de basse vocale de la partie de basse continue «  précise encore Thomas Leconte dans la passionnante notice qui prépare au concert de Versailles.

Requiem inédit d’après Castor et Pollux de Rameau

Soit plus de 15 emprunts à l’opéra Castor et Pollux dans sa version 1754.  « Excepté pour « Et lux perpetua » du Graduel et « Sed signifer sanctus Michael » de l’Offertoire, conçus par combinaison de deux thèmes distincts, un mouvement de la Messe de Requiem se base généralement sur un seul emprunt musical. Il en résulte donc une grande variété d’emprunts, dans des sections généralement assez courtes et assez peu développées, ce probablement pour des nécessités liturgiques. Les citations sont de longueurs variables mais le plus souvent assez courtes, le compositeur ne reprenant parfois même qu’une idée, plus ou moins modifiée, qu’il adapte aux impératifs prosodiques du nouveau texte latin. Les emprunts se font sur plusieurs niveaux. Le plus simple est l’emprunt fidèle à Rameau, avec des aménagements relativement minimes (outre les adaptations prosodiques) portant essentiellement sur l’instrumentation, simplifiée ».

RAMEAU portrait 1761L’emprunt le plus marquant concerne le rĂ©cit initial du Graduel (Requiem Aeternam…) qui reprend la dĂ©ploration funèbre, cĂ©lĂ©brissime (mĂŞme Sofia Coppola en fait une scène fameuse oĂą Marie-Antoinette assiste Ă  l’opĂ©ra dans son film pop psychĂ©dĂ©lique) celui quand TĂ©laĂŻre chante en regrettant la mort de son bien aimĂ© Castor : « Tristes apprĂŞts, pâles flambeaux… », l’un des airs les plus sublimes de la littĂ©rature ramĂ©lienne pour soprano et orchestre.  L’emprunt le plus fidèlement retranscrit a Ă©tĂ© rĂ©servĂ© Ă  l’Offertoire (Hostias et perces »), transposition littĂ©rale de l’air pour baryton de Pollux (« SĂ©jour de l’éternelle paix », IV, scène 4). N’omettons pas non plus l’entrĂ©e solennelle et majestueuse dès l’ouverture du Requiem, si touchante grâce Ă  la reprise du choeur des Spartiates pleurant la mort du mĂŞme Castor (Que tout gĂ©misse)… De l’opĂ©ra Ă  l’église, la sensibilitĂ© et la qualitĂ© du recueillement reste intact. Le transfert d’un mode Ă  l’autre, – du lyrique profane au sacrĂ© dĂ©ploratif-, est tout fait lĂ©gitime. Combien de compositeurs depuis les premiers temps baroques, ont Ă©crit et Ă©bloui indistinctement comme auteurs d’opĂ©ras ou d’église, Monteverdi le premier. Rameau ne dĂ©roge pas Ă  la règle : il a mĂŞme imposĂ© son tempĂ©rament unique en son siècle, d’abord dans la forme du grand motet, avant de traiter les possibilitĂ©s illimitĂ©es de la scène lyrique. Du vivant mĂŞme de Rameau, ses opĂ©ras ont livrĂ© une formidable matière aux Messes donnĂ©es dans les cathĂ©drales de province, messes ainsi Ă©laborĂ©es par Louis GrĂ©non (ca 1734-1769) ou aussi  DenoyĂ© (mort en 1759). Dans le cas du Requiem de ce soir, les emprunts sont rĂ©alisĂ©s avec une intelligence et une pertinence rares propres Ă  construire une arche fervente qui touche et convainc par la cohĂ©rence de son architecture global. Le rĂ©sultat est loin de n’être qu’un composite d’airs recyclĂ©s sans unitĂ© ni gradation.

CMBV Schneebeli cmbv_web« On ne doit sans doute pas voir dans ses emprunts une facilitĂ© de composition, tant ce type de rhabillage musical est un exercice complexe, mais bien plutĂ´t un hommage Ă  la musique d’un compositeur reconnu de son vivant mĂŞme comme l’un des plus grands maĂ®tres français. Ă€ sa mort, survenue le 12 septembre 1764, tout le royaume cĂ©lĂ©bra unanimement sa mĂ©moire par de nombreux hommages musicaux. Ă€ Paris, le principal service, organisĂ© par François Rebel et François FrancĹ“ur, fut donnĂ© en l’Oratoire du Louvre le 27 septembre 1764 et rĂ©unit les musiciens de l’OpĂ©ra et de la Musique de la cour. On y donna la cĂ©lèbre Messe des morts de Jean Gilles, retouchĂ©e et agrĂ©mentĂ©e pour la circonstance d’extraits d’œuvres lyriques de Rameau, notamment le chĹ“ur « Que tout gĂ©misse » de Castor & Pollux, adaptĂ© en Kyrie, ou l’air de Pollux « SĂ©jour de l’éternelle paix », arrangĂ© pour le Graduel. De nombreuses cĂ©rĂ©monies furent organisĂ©es en province, notamment Ă  Avignon, OrlĂ©ans, Marseille, Dijon, Rouen… Peut-ĂŞtre la Messe de Requiem anonyme du fonds Raugel constitue-t-elle un tĂ©moin musical de ces très nombreux hommages rendus par tous les musiciens du royaume, qui reconnaissaient en Rameau l’un de leurs plus grands maĂ®tres », conclue Thomas Leconte.

 

 

 

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Requiem Aeternam, d’après Castor et Pollux de Rameau, 1754

Versailles, Chapelle royale
Samedi 11 octobre 2014, 20h
Olivier Schneebeli, direction
Les Pages et les Chantres du CMBV
Les Folies Françoises

CĂ©line Scheen, dessus
Robert Getchell, haute contre
Arnaud Richard, basse taille

 

 

 

CMBV, reportage vidéo : Tancrède de Campra (version révisée de 1729)

campra-andre-campra-europe-galante-tancrede-opera-baroqueEn mai 2014, le CMBV Centre de musique baroque de Versailles rend hommage au génie lyrique de Campra en abordant sous la direction d’Olivier Schneebeli, Tancrède, créé en 1702. Le spectacle présenté à l’Opéra royal de Versailles réalise l’ouvrage dans sa révision de 1729. C’est un drame noir qui privilégie les tessitures graves, qui s’appuie sur le théâtre de Racine et de Corneille, ciselant la fluidité expressionniste de sublimes récitatifs (parmi les plus aboutis de l’opéra français d’avant Rameau). En contrepoint de la passion maudite qui déchire le cœur de Tancrède et de Clorinde, Campra déploie déjà avant Rameau, l’art des ballets et des divertissements associant danseurs et choristes qui exaltent en une décontraction feinte, la passion amoureuse et guerrière des deux protagonistes. Entretiens avec Olivier Schneebeli, Isabelle Druet (Clorinde), Vincent Tavernier (mise en scène). Reportage exclusif CLASSIQUENEWS.COM © 2014.

Reportage vidéo. Du CAURROY : Missa pro defunctis (CMBV, Olivier Schneebeli, décembre 2013)

olivier_schneebeli1Sous la voĂ»te de la Chapelle royale de Versailles, les effectifs choraux et instrumentaux du Centre de musique baroque de Versailles (CMBV) sous la direction d’Olivier Schneebeli ressuscitent la grandeur solennelle et la simplicitĂ© fervente du chef d’oeuvre musical d’Eustache du Caurroy : la Missa pro defunctis. L’Ĺ“uvre datĂ©e de la fin du XVIè, prolonge et transfigure toutes les avancĂ©es polyphoniques de la Renaissance et son dĂ©veloppement de plus en plus dramatique Ă  mesure que se rĂ©alise la partition jusqu’au dĂ©pouillement de l’In Paradisium (final) prĂ©figure immĂ©diatement les grandes fresques de la dĂ©votion baroque. Messe charnière et partition Ă©blouissante par sa dĂ©mesure et sa profonde humanitĂ©, la Missa pro defunctis de Du Caurroy est portĂ©e ici par l’engagement des musiciens du CMBV. PrĂ©sentation de l’Ĺ“uvre et entretien avec Olivier Schneebeli. Reportage exclusif © CLASSIQUENEWS 2014

Compte rendu, opéra. Versailles. Opéra Royal, le 6 mai 2014. Campra : Tancrède, Benoît Arnould, Isabelle DruetLes Temps Présents. Oliver Schneebeli, direction. Mise en scène, Vincent Tavernier  

campra-tancrede-opera-royal-versailles-schneebeliCompte rendu, opĂ©ra. Versailles. OpĂ©ra Royal, le 6 mai 2014. Campra : Tancrède… L’annĂ©e Campra organisĂ©e par le Centre de Musique Baroque de Versailles en 2010 avait jouĂ© de malchance et l’hommage qui aurait dĂ» ĂŞtre rendu au compositeur aixois n’avait donc pas comblĂ© toutes nos attentes. C’est donc avec une certaine impatience que nous attendions cette nouvelle production de Tancrède, que nous devons en partie Ă  l’institution versaillaise en co-production avec l’OpĂ©ra Grand Avignon. Nos attentes ne sont qu’en partie comblĂ©es.

Tancrède fut composĂ© par AndrĂ© Campra en 1702, alors que ce quasi inconnu avant son arrivĂ©e Ă  Paris Ă  l’âge de 34 ans en 1694, est au faĂ®te de sa gloire. Son opĂ©ra-ballet, l’Europe Galante l’a très rapidement rendu cĂ©lèbre. Cet homme qui compose le goĂ»t d’une certaine indĂ©pendance, particulièrement rare Ă  l’Ă©poque pour un compositeur qui veut vivre dĂ©cemment, arrive au bon moment Ă  Paris. Et s’il est souvent connu pour sa musique sacrĂ©e, son art qui dĂ©veloppe une palette si italienne que recherche dĂ©sormais le public parisien, va exprimer sa pleine mesure dans ses Ĺ“uvres lyriques.

Tancrède, emprunte son argument Ă  la JĂ©rusalem dĂ©livrĂ©e du Tasse. Si cette tragĂ©die lyrique se veut un hommage Ă  Lully, elle magnifie ce goĂ»t nouveau du public pour des ouvrages plus lumineux, plus lĂ©gers, plus ultramontains. Ainsi dans Tancrède, la danse vient rompre le drame, l’emportant dans un tourbillon de couleurs orchestrales et vocales. Mais Campra se plaĂ®t ici Ă  dĂ©velopper des nuances plus sombres, jouant sur des clairs – obscurs qui mettent en relief le drame amoureux, aidĂ© en cela par un très beau livret.

Antoine Danchet, son auteur connaît bien Campra avec lequel il a entamé une collaboration amicale que rien ne viendra rompre. Il développe une poésie élégante, sensible, à la mélancolie élégiaque qui fait de Tancrède une véritable perle baroque.

Tancrède, chevalier chrĂ©tien et Clorinde, princesse sarrasine, sont Ă©pris l’un de l’autre alors que tout doit les sĂ©parer. Argant est Ă©galement Ă©pris de la jeune femme, tandis qu’Herminie, princesse d’Antioche est de son cĂ´tĂ© amoureuse de Tancrède. Tous deux rongĂ©s par la jalousie, font appel au magicien IsmĂ©nor pour sĂ©parer les deux amants.

Le Centre de Musique Baroque de Versailles (CMBV) a rĂ©uni ce soir une assez belle distribution permettant d’offrir au public une nouvelle production très sĂ©duisante de cette Ĺ“uvre trop rare sur nos scènes nationales.

La mise en scène Ă©lĂ©gante et fantasmagorique de Vincent Tavernier, la scĂ©nographie qui nous offre toute la magie des toiles peintes et des jeux de perspectives de Claire Niquet, les costumes enchanteurs d’Erick Plaza-Cochet et les très belles lumières de Carlos Perez, nous restituent tout l’enchantement de ces spectacles au charme naĂŻf au dĂ©but du XVIIIe siècle. Les arts de la scène font vibrer le cĹ“ur des spectateurs et des acteurs, en un mĂŞme souffle.

De la distribution de ce soir nous retiendrons avant tout, le Tancrède poignant tant scĂ©niquement que vocalement de BenoĂ®t Arnould et l’incandescente Clorinde d’Isabelle Druet. Le soin qu’ils apportent tous deux au texte, nous rĂ©vèle l’ardent dĂ©chirement d’un amour vouĂ© Ă  la mort. Chantal Santon fait de son Herminie un personnage complexe et attachant, dont l’air « Cessez, mes yeux, cessez de contraindre vos larmes », est Ă  fleur de dĂ©raison et de dĂ©sespoir.

Le reste de la distribution est plutôt bien équilibré et dans cette œuvre où les basses tiennent un place essentielle, tant Benoît Arnould déjà cité que le talentueux Eric-Martin Bonnet et Alain Buet, sont parfaitement appariés à leurs personnages.

Le ballet de l’OpĂ©ra Grand Avignon maĂ®trise tout le raffinement de la danse baroque et chaque ballet est un ravissement pour l’Ĺ“il, tandis que le chĹ“ur, les Chantres du Centre de Musique baroque de Versailles au phrasĂ© soignĂ©, s’impliquent avec une belle Ă©nergie dans ses diffĂ©rentes interventions.

Nos seuls regrets de la soirĂ©e ont Ă©manĂ© de la direction par trop retenue et linĂ©aire d’Olivier Schneebeli qui nous avait habituĂ© Ă  plus de brillant dans le rĂ©pertoire français. L’orchestre semble manquer de couleurs et d’une certaine vivacitĂ© provoquant parfois des dĂ©calages avec la scène. Au bilan une bien jolie soirĂ©e, permettant de servir la cause de la si belle musique d’AndrĂ© Campra.

Versailles. OpĂ©ra Royal, le 6 mai 2014. AndrĂ© Campra (1660– 1744) : Tancrède, tragĂ©die en musique en cinq actes avec prologue, livret d’Antoine Danchet. Tancrède, BenoĂ®t Arnould ; Clorinde, Isabelle Druet ; Herminie, Chantal Santon ; Argant, Alain Buet ; IsmĂ©nor, Eric-Martin Bonnet ; Un Sage enchanteur, un Sylvain, un Guerrier, la Vengeance, Erwin Aros ; La Paix, une Guerrière, une Dryade, Anne-Marie Beaudette ; Une Guerrière, une Dryade, Marie Favier. Ballet de l’OpĂ©ra Grand Avignon. Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles.. Les Temps PrĂ©sents. Oliver Schneebeli, direction. Mise en scène, Vincent Tavernier ; ChorĂ©graphie, Françoise Deniau ; Assistant chorĂ©graphe, Gilles Poirier ; ScĂ©nographie, Claire Niquet ;Costumes Erick Plaza-Cochet. Lumières, Carlos Perez

CD. M-A. Charpentier: Judith (Schneebeli, 2012)

CD. M.-A. Charpentier: Judith, le massacre des innocents (1 cd K617)

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Charpentier: Judith, Massacre des Innocents (Schneebeli, 2012). Pour qui a assistĂ© au concert originel dans la Chapelle royale de Versailles, dĂ©but octobre 2012, sait que cet enregistrement rend compte d’une partie du programme qui aux cĂ´tĂ©s de Judith et du Massacre des Innocents (le sommet Ă©motionnel de la soirĂ©e) comprenait aussi le remarquable Jugement dernier et son Ă©vocation spectaculaire de la violence divine contre sa crĂ©ation… Nonobstant voici les deux versants convaincants d’un inoubliable tĂ©moignage Ă  Versailles, portĂ© par les troupes conduites par Olivier Schneebeli : Chantres et Pages de la MaĂ®trise du Centre de musique baroque de Versailles dont le label K617 a rendu pas Ă  pas les avancĂ©es musicales et interprĂ©tatives sur la durĂ©e (lire notre critique du coffret Musiques sacrĂ©es Ă  Versailles, Ă©ditĂ© par K617 et qui en fĂ©vrier 2013 obtient le Prix de l’AcadĂ©mie Charles Cros).

Incandescence théâtrale de Charpentier

Il existe peu de chĹ“urs d’enfants aussi investis, chantant et jouant l’action théâtrale avec un goĂ»t aussi accompli. Tout le mĂ©rite en revient au chef, directeur musical de la phalange choral: qu’il s’agisse des gardes ivres de sang, excitĂ©s par la barbarie infanticide d’HĂ©rode (impeccable Arnaud Richard), du chĹ“ur bouleversant des mères endeuillĂ©es (d’abord chantĂ© par le trio fĂ©minin, puis repris par les deux sopranos masculins auquel se joint l’excellent chantre Paul Figuier), l’intense et brĂ»lant théâtre de Charpentier se dĂ©voile ici dans toute son urgence, sa concision, sa forme resserrĂ©e, Ă  laquelle les interprètes restituent non sans justesse la tendresse, la sincĂ©ritĂ©, l’âpretĂ© expressive. Le voici ce Charpentier qui nous passionne, plus ardent et efficace que toutes les tragĂ©dies lyriques de Lully. Aussi bouleversant que son maĂ®tre Ă  Rome, Carissimi soi-mĂŞme. Le Massacre des Innocents H411 souligne le travail de la MaĂ®trise, une phalange qui outre le souci de restitution des partitions historiques sait surtout exalter la lyre dramatique, la vitalitĂ© théâtrale des Ĺ“uvres, en servant l’arĂŞte vive du verbe incantatoire et suggestif: Ă  l’engagement des chanteurs, rĂ©pond aussi la cohĂ©rence de la sonoritĂ© globale dont on en soulignera jamais assez la richesse des couleurs grâce Ă  l’Ă©quilibre des timbres associĂ©s: voix de femmes, des enfants et des hommes. Issu de la formation du CMBV, l’Angelus d’Erwin Aros convainc en particulier par la fluiditĂ© de son chant et son scrupule linguistique.

En cela il incarne le versant masculin de sa consĹ“ur Dagmar Saskova, elle aussi formĂ©e par les Ă©quipes du CMBV Ă  l’Ă©loquence et Ă  la rhĂ©torique baroque: sa Judith a la noblesse des martyrs mais aussi la tendre sincĂ©ritĂ© des ĂŞtres traversĂ©s par un pur mysticisme. Son Domine Deus reste irrĂ©sistible par ses brĂ»lures d’une puretĂ© incandescente. Entre rĂ©alisme individuelle et idĂ©alisme et grâce d’une fervente guerrière de Dieu, son verbe superbement articulĂ© fait honneur au Centre dont elle est la meilleure ambassadrice. Son art très abouti des nuances Ă©claire vocalement le peintre caravagesque français choisi pour illustrer le cd: Valentin de Boulogne dont on ne sait s’il faut admirer le plus pour sa Judith triomphante, la suavitĂ© de la palette chromatique ou la sĂ©duction ineffable du type humain…

L’aplomb des solistes, la richesse active et hautement dramatique du chĹ“ur, la direction toute en Ă©lĂ©gance et expressivitĂ© d’Olivier Schneebeli rĂ©alisent ici l’un des meilleurs accomplissements discographiques du CMBV. Un nouveau jalon qui tĂ©moigne avec de sĂ©rieux arguments du niveau atteint par la MaĂ®trise dirigĂ©e par Olivier Schneebeli. Magistral.

Marc-Antoine Charpentier (1643-1704): Judith ou BĂ©thulie libĂ©rĂ©e – Le Massacre des innocents. Pages & Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles. Olivier Schneebeli, direction.

Judith sive Bethulia liberata H391
(Judith ou Béthulie libérée)

Dagmar Sasková, Judith


Erwin Aros, historicus
ex Israel I
et soliste in tres duces Assyrii, tres viri Israelitae, historici ex Assyriis, historici ex filiis Israel,
duo exploratores ex Assyriis, chorus ex Israel
Jean-François Novelli, Ozias,
historicus ex Israel II,
et soliste in tres duces Assyrii, tres viri Israelitae, historici ex Assyriis,
duo exploratores ex Assyriis, chorus ex Israel
Arnaud Richard, Holofernes,
historicus ex Assyriis, historicus ex filiis Israël,
et soliste in tres duces Assyrii, tres viri Israelitae, historici ex Assyriis,
historici ex filiis Israel, chorus ex Israel
Marie Favier, (Chantre), ancilla
Jozsef Gal, (Chantre), soliste in historici ex filiis Israel

Hugo Vincent, (Page), soliste in chorus ex Israel

Caedes Sanctorum Innocentium H411
(Le Massacre des Innocents)
Solistes
Erwin Aros, Angelus

soliste in tres ex choro fidelium

Jean-François Novelli, Historicus

soliste in tres ex choro fidelium
Arnaud Richard, Herodes
soliste in tres ex choro fidelium
Dagmar Sasková, Mylène Bourbeau (Chantre), Marie Favier (Chantre), chorus matrum A

Paul Figuier (Chantre), Alix de la Motte de Broöns et Hugo Vincent (Pages), chorus matrum B
Les Pages, les Chantres & les Symphonistes du Centre de musique baroque de Versailles
Les Pages
Henri Baguenier Desormeaux, Lucie Camps, Calixte Desjobert, Martin Dosseur,
Adèle Huber, Antoine Khairallah, Mathilde Lonjon, Romain Mairesse, Samuel Menant,
Alix de la Motte de Broöns, Guilhem Perrier, Claire Renard, Chimène Smith,
Gauthier de Touzalin, Jean Vercherin, Hugo Vincent
Les Chantres
Mylène Bourbeau, Marie Favier, Marine Lafdal-Franc, Caroline Villain, dessus
Paul-Antoine Bénos, Paul Figuier,
Atsushi Murakami, Florian Ranc, contre-ténors et hautes-contre
Martin Candela, József Gál, Benoît-Joseph Meier, tailles
Fabien Aubé, Pierre Beller, Renaud Bres, Vlad Crosman,
François Renou, Roland Ten Weges, basses tailles et basses
Les Symphonistes
Benjamin Chénier, violon 1
Léonor de Recondo, violon 2
Pierre Boragno, flûte 1
Jean-Pierre Nicolas, flûte 2
Krzysztof Lewandowski, basson
Sylvia Abramowicz, viole de gambe
Eric Bellocq, théorbe
Fabien Armengaud, orgue positif et clavecin
Olivier Schneebeli, direction

Centre de musique baroque de Versailles

Histoires sacrées de Marc-Antoine Charpentier I à la Chapelle royale

temps fort de la saison musicale 2012

Maîtrise (Pages & Chantres), Olivier Schneebeli


Premier volet sur trois d’un cycle Marc Antoine Charpentier Ă  La Chapelle royale de Versailles : Olivier Schneebeli dirige les forces vives du CMBV (les Pages, les Chantres, les Symphonistes) dans 3 oratorios ou histoires sacrĂ©es du grand rival de Lully Ă  l’Ă©poque de Louis XIV : Le Jugement dernier, Judith et Le Massacre des Innocents. PrĂ©sentation du chĹ“ur historique souhaitĂ© par Louis XIV, travail de la maĂ®trise crĂ©Ă©e par le Centre de musique baroque de Versailles…. Entretiens avec Olivier Schneebeli et les deux solistes anciens Ă©lèves de la MaĂ®trise: Erwin Aros et Dagmar Saskova (Judith)… Voir le clip vidĂ©o