Compte-rendu, concert. Bachfest, Thomaskirche, Leipzig, le 23 juin 2019. Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur, BWV 232, Opera Fuoco, David STERN

Compte-rendu, concert. Bachfest, Thomaskirche, Leipzig, le 23 juin 2019. Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur, BWV 232 / Opera Fuoco / David STERN.. En cette fin d’après-midi, l’excitation monte dans l’attente du concert de clôture de la Bachfest, dédié à la Messe en si mineur (1749) de Bach : tous les pas semblent converger vers l’Eglise Saint-Thomas, la plus prestigieuse de la ville de Leipzig, remplie à craquer pour l’occasion. C’est là qu’officia le maitre de 1724 jusqu’à sa mort, lui donnant ses lettres de noblesses, avant d’y être enterré au niveau du choeur. Même si l’acoustique est quelque peu étouffée à cet endroit, donnant une impression d’éloignement par rapport aux interprètes réunis sur la tribune de l’orgue à l’opposé, entendre la Messe en si mineur aux cotés du maitre ne peut manquer d’impressionner.

 

 

 

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Les premières notes de l’ouvrage raisonnent avec un sens évident de l’économie et de la modestie, en un legato enveloppant : l’impression de douceur ainsi obtenue invite au recueillement, comme une caresse bienveillante. On est bien éloigné des lectures nerveuses et virtuoses qui donnent un visage plus spectaculaire à cette messe. Ce geste serein a pour avantage de mettre en valeur la jeunesse triomphante du splendide choeur d’enfants Tölzer, venu tout droit de Munich. Alors que l’ouvrage ne fait pas parti de leur répertoire, les jeunes interprètes font preuve d’une vaillance et d’une précision sans faille, de surcroit jamais pris en défaut dans la nécessaire justesse. C’est la sans doute le bénéfice d’une tournée mondiale qui les a mené en Chine et en France, au service de la promotion de cet ouvrage, avec David Stern.

Si la direction du chef américain a les avantages détaillés plus haut, on pourra toutefois regretter que le niveau technique global de son ensemble affiche plusieurs imperfections tout du long du concert, notamment au niveau des vents et trompettes, juste corrects. La qualité des solistes réunis se montrent aussi inégale, avec de jeunes chanteurs très prometteurs, Theodora Raftis et Andrés Agudelo, tous deux parfaits d’aisance technique. Andreas Scholl a pour lui des phrasés toujours aussi distingués, mais désormais entachés d’un timbre très dur dans l’aigu, tandis que Laurent Naouri a du mal à faire valoir ses habituelles qualités interprétatives dans ce répertoire, décevant les attentes par une émission engorgée et terne.

 

 

 

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Compte-rendu, concert. Bachfest, Thomaskirche, Leipzig, le 23 juin 2019. Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur, BWV 232. Theodora Raftis (soprano), Adèle Charvet (mezzo soprano), Andreas Scholl (alto), Andrés Agudelo (ténor), Laurent Naouri (basse), Tölzer Knabenchor, Opera Fuoco, David Stern (direction). Crédit photo : © Bachfest Leipzig : Gert Mothes.

 

 

 
 

 

 

Compte-rendu, oratorio. Dijon, le 15 déc 2018.  JS BACH : Messe en si mineur; Cap Mediterranea, LG Alarcón.

Compte rendu, oratorio. Dijon, Opéra, Auditorium, le 15 décembre 2018.  BACH : Messe en si mineur; Cappella Mediterranea, Leonardo Garcia Alarcón… Singulière réalisation que cette Messe en si mineur, de JS Bach, offerte par Leonardo Garcia Alarcón, à l’Auditorium de Dijon. Musicalement, le chef argentin conserve ses interprètes de Versailles (trois jours auparavant), mais modifie les conditions d’exécution au point de transfigurer l’ouvrage. Assemblage complexe de pièces empruntées à des Å“uvres diverses, le Kyrie et le Gloria (Messe Brève de 1733),  suivis du Symbole de Nicée – l’imposant Credo – naturellement enchaîné au Sanctus et à l’Agnus Dei, achevé seulement en 1749 dans sa forme définitive, ce monument de la musique sacrée n’a pas de vocation liturgique, sa durée exceptionnelle s’y opposant.  C’est  là un des motifs invoqués pour spatialiser, animer, éclairer cette interprétation exceptionnelle.   
 
    
 
 

Plénitude, ferveur, enthousiasme

  
 
 

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L’autre étant l’acoustique et la taille de l’auditorium dijonais, que connaissent bien le chef et son ensemble, associés à l’Opéra de Dijon. Le public, durant pratiquement deux heures va être plongé comme jamais dans cette œuvre. Les interprètes, groupés pour les pièces grandioses, qui font appel aux trois trompettes et aux timbales, vont se voir répartis dans l’espace en fonction du caractère spécifique à chaque pièce, le tout assorti d’éclairages judicieux et appropriés.  L’auditeur est ainsi enveloppé par l’enchevêtrement des lignes sonores, immergé dans la musique. Lorsqu’on est familier de l’œuvre, il est difficile de se maîtriser et de ne pas chanter avec le chœur, placé à proximité immédiate. L’effet dramatique, la lisibilité sont amplifiés, magnifiés par cette réalisation. Le public, qui a envahi l’auditorium au-delà des prévisions les plus optimistes se signale par sa ferveur. Malgré la saison, rarissimes sont les quelques toux, vite étouffées. Les ovations finales, longues et soutenues témoignent du bonheur ressenti après le Dona nobis pacem. Elles seront récompensées par sa reprise, puis par celle du Cum Sancto Spiritu, qui fermait la Messe Brève.

Le cri initial « Kyrie », suivi de sa supplique fuguée, d’une force expressive peu commune, nous prennent à bras le corps. À aucun moment de ces deux heures la tension ne se relâchera.  Après la force de ce triple Kyrie qui ouvre l’ouvrage, dans l’obscurité, les suppliques de la fugue qu’initient les ténors  sont poignantes, chaque partie étant modelée de manière à faire circuler le sujet, avec un orchestre bien articulé, qui avance. Les deux solistes du Christe,  à plus de vingt mètres de l’orchestre, de part et d’autre du parterre, dialoguent avec les violons et le continuo, rougis par les éclairages. L’alla breve du second Kyrie, fugué est puissant, grave, avec des pupitres très homogènes.  Quand éclate le Gloria, lumineux, avec ses trois trompettes et timbales, la jubilation est manifeste, jusqu’à l’Et in terra pax, retenu, confié aux solistes. Après le puissant Credo, signalons le Crucifixus, poignant, sinistre, qui s’achève  dans la pénombre, déchirée par le rayonnant, flamboyant Et resurrexit.
La poursuite de la description des numéros risquerait d’être fastidieuse. De la joie du Laudamus te, du recueillement du Qui tollis à l’enthousiasme du Cum Sancto Spiritu, toutes les expressions sont remarquablement illustrées.

Du praticable érigé au centre du parterre, ou devant son ensemble la Cappella Mediterranea, Leonardo Garcia Alarcón insuffle l’énergie, le souffle qui parcourt le chef-d’œuvre, sans omettre la plénitude, la ferveur et l’enthousiasme. Autant de qualités qui vont gouverner l’organisation. Les contraintes imposées par les dispositifs changeants ne constituent pas un obstacle à la précision, à l’expression la plus juste.
Le relief, les accents, l’énergie, la dynamique, la grandeur, le charme, la contemplation mystique rayonnent comme jamais : on est emporté, ébloui, admiratif. Le nombre des choristes outrepasse de beaucoup les effectifs restreints généralement adoptés depuis Rifkin. Le Chœur de chambre de Namur, puissant, agile, se prête idéalement au jeu polyphonique comme aux affirmations vigoureuses. Malgré la dispersion des pupitres et des tempi parfois très rapides, aucun décalage n’est à déplorer ; les vocalises conservent leur précision et leur fluidité. C’est admirable.

Les solistes, instrumentaux et vocaux sont d’excellence. Les timbres se marient idéalement. Ana Quintans, initialement prévue, est remplacée par Julie Roset, desservie par une émission terne. Par contre Marianne Beate Kielland rayonne comme jamais, avec une plénitude, une souplesse réjouissantes. Paulin Bündgen nous vaut un Qui tollis et, surtout, un Agnus Dei absolument sublimes. Ni Valerio Contaldo, (le ténor), ni Alain Buet (la basse) ne déméritent. La Cappella Mediterranea est éblouissante d’ensemble et de virtuosité. Chacun mériterait d’être cité, c’est un constant régal. Il faut souligner la performance des continuistes, l’orgue étant très éloigné du violoncelle, de la contrebasse comme des bassons.

Une soirée comme on en compte peu,  par sa force expressive, sa beauté lumineuse et son message spirituel, auquel agnostiques comme croyants ne peuvent qu’être sensibles.

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Compte rendu, oratorio. Dijon, Opéra, Auditorium, le 15 décembre 2018.  BACH : Messe en si mineur; Cappella Mediterranea, Leonardo Garcia Alarcón. Crédit photographique © Gilles Abegg – Opéra de Dijon   
 
 

William Christie joue la Messe en si de Bach

Messe en si de Bach par William ChristieLONDRES. William Christie dirige la Messe en si de Bach, le 1er septembre 2016, 19h30. C’était l’événement du dernier festival de musique sacrée de Cuenca (Semaine Sainte 2016) : William Christie dirigeait une nouvelle version de la Messe en si de Bach où brillait l’exceptionnel éclat des chanteurs des Arts Florissants, éclairant l’activité architecturée des différentes sections d’une Messe monumentale dont la cohérence en dépit d’une genèse compliquée, ne finit pas de nous fasciner. Le chef fondateur des Arts Florissants reprend donc le massif sacré baroque légué par Jean-Sébastien, après l’avoir joué à Barcelone puis à Leipzig (dans l’église même que Bach a connu, en juin 2016). De la Messe aux vertiges ascensionnels, à la profondeur du dénuement aussi (cf le dernier air pour soliste, Agnus Dei pour alto solo)… Bach exprime la destinée humaine, ses espérances, ses désirs d’absolu et de dépassement spirituel, voire mystique. Aux trompettes exclamatives, se joignent aussi le violon solo (Laudamus te), le cor (magnifique et noble Qui sedes), les 2 hautbois d’amour enchanteurs (Et in spiritum sanctum), soit un instrumentarium raffiné et varié qui pourrait bien évoquer la relation directe de Bach avec la Cour de Dresde et ses formidables instrumentistes…
La vision de William Christie souffle un air vivifiant d’éloquente juvénilité, reposant pour beaucoup sur la plasticité quasi opératique des instruments, sur l’engagement inouï des choeurs des Arts Florissants (formidable succession habitée, profonde, intérieure des Et incarnatus est, puis Crucifixus et Et resurrexit…). Souple, intérieure, d’une noblesse onctueuse à la fois recueillie et exclamative, la direction de William Christie profite à ce grand retour à Bach, attendu, et depuis cette tournée européenne 2016, totalement réussi. Un enregistrement discographique est annoncé (publication en 2017).

 

 

 

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LONDRES, BBC PROM, jeudi 1er septembre 2016, 19h30
Messe en si mineur de Jean-Sébastien Bach

Katherine Watson, soprano
Tim Mead, contre-ténor
Reinoud Van Mechelen, ténor
André Morsch, baryton

Les Arts Florissants
William Christie, direction

Joué sans entracte, d’un seul tenant

INFOS, RESERVATIONS

 

 

 

Approfondir
LIRE notre dossier spécial La Messe en si de Jean-Sébastien Bach
LIRE notre compte rendu complet de La Messe en si de Jean-Sébastien Bach, par William Christie (Cuenca, avril 2016)

 

 

 

La Messe en si de Bach par William Christie en direct sur catmusica

Les Arts Flo en résidence à La Philharmonie de ParisRADIO, Catmusica. EN DIRECT, le 16 juin 20h30, William Christie dirige la Messe en si de BACH. Présentée pour la première fois au dernier Festival de musique religieuse à Cuenca en Espagne, pour la Semaine Sainte, le 24 mars dernier – avant la Philharmonie de Paris, la Messe en si de JS BACH par William Christie, est le dernier programme majeur défendu par le créateur des Arts Florissants. Un nouvel accomplissement à inscrire parmi ses meilleures réalisations : ample, superlative, profonde, millimétrée.
Immédiatement ce qui frappe, c’est l’énergie juvénile que Bill insuffle à son orchestre d’une formidable ductilité expressive et aux chanteurs formant le choeur des Arts Florissants. La vitalité du geste sait être détaillée, analytique sans omettre la profondeur et la justesse des intonations, ce pour chaque séquence. Il en découle une vision architecturale d’une clarté absolue qui éclaire d’une lumineuse façon toute la structure de l’édifice ; comme s’il s’agissait d’en souligner la profonde unité, l’irrésistible cohérence, alors qu’il s’agit d’un cycle que Bach a conçu sur 25 ans, sans concevoir a priori la fabuleuse totalité que nous saluons aujourd’hui”… extrait de notre compte rendu complet de la Messe en si de JS Bach par William Christie et Les Arts Florissants à Cuenca en mars 2016.

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La Messe en si de Jean-Sébastien Bach par William Christie, Les Arts Florissants
Palau de la Musica de Barcelone

EN DIRECT à 20h30
sur la radio catalane : www.catmusica.cat

TOUTES LES INFOS sur le site du Palau de la Musica de Barcelone

 

 

La Messe en si de Bach by Bill, entre monumentalité et éloquence individuelle :

un scintillement collectif, une juvénilité vocale irrésistible

 

 

MUSIQUES POUR LA REINE CAROLINEMesse en si de Jean-Sébastien Bach par William Christie. Collection éclectique de pièces écrites à différentes périodes de la vie de Jean-Sébastien bach, la Messe en si nous saisit aujourd’hui par son unité, son exclamation humaine et fervente d’une vérité inépuisable. Bach en achève à la fin des années 1740, les dernières pages alors qu’il est directeur de la musique à Leipzig en particulier pour l’église de Saint-Thomas : c’est dans l’église de Bach que William Christie et ses Arts Florissants jouent la Messe en si ce 19 juin prochain. Une date clé dans l’histoire de l’ensemble et un accomplissement attendu pour William Christie qui laisse son cher Handel pour Jean-Sébastien dont les Arts Florissants n’ont réalisé que quelques partitions dont l’Oratorio de Noël, la Passion selon Saint-Jean, quelques cantates (sujets d’une tournée simultanée au printemps et à l’été 2016). Pour ceux qui ont déjà pu écouter la version de William Christie dans la Messe en si, le raffinement de l’orchestre, le nombre important des solistes du choeur – qui fournit les chanteurs des airs solos et des duos, composent selon le voeu de Bill, une version à la fois monumentale et d’une rare éloquence active ; ce, grâce à la prodigieuse ductilité du choeur des Arts Florissants et l’attention permanente de William Christie pour l’équilibre globale, la palette des dynamiques et le relief des contrastes… Le fondateur des Arts florissants renoue ainsi avec l’expressivité d’une foi sereine mais éclatante qui s’agissant de Leipzig, même dans un contexte luthérien orthodoxe, n’hésite pas à utiliser le terme de Messe pour les occasions exceptionnelles et les célébrations importantes de l’année. Ainsi, même si la Messe en si que nous connaissons actuellement dans une forme jamais élobarée ainsi par Bach, récapitule toute la recherche chorale et instrumentale de Jean-Sébastien, tout au long de sa vie, confronté à la nécessité du décorum, mais plutôt inspiré par la sincérité d’une ferveur surtout individuelle. Outre ses grandes proportions, et sa solennité, la Messe en si de William Chritsie en 2016 stupéfie par sa transparence, sa juvénilité vocale, son sens du rebond et du détail, de la nuance et du scintillement collectif. Programme et tournée événements.

 

 

 

La Messe en si de Jean-Sébastien Bach
Les Arts Florissants
William Christie, direction

 

 

Barcelone, Palais des Arts / Palau de la Musica, le 16 juin 2016, 20h30
RESERVEZ

 

Leipzig, Eglise Saint-Thomas / Thomaskirche, le 19 juin 2016, 18h
RESERVEZ : Billetterie close / sold out

 

 

 

Voir les dates sur le site des Arts Florissants.

 

 

 

CUENCA-2016-vignette-carre-cartel-smrc55LIRE notre compte rendu, concert. CUENCA (Espagne), 55ème Festival de musique religieuse. Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur BWV 232. Katherine Watson, Tim Mead (contre-ténor), Reinoud van Mechellen (ténor), André Morsch (basse). Les Arts Florissants (Choeur et Orchestre). William Christie, direction

  

William Christie : la Messe en si de Bach, à Barcelone et à Leipzig

Les Arts Flo en résidence à La Philharmonie de ParisBARCELONE, LEIPZIG… William Christie dirige la Messe en si de BACH, 16, 19 juin 2016. Présentée pour la première fois au dernier Festival de musique religieuse à Cuenca en Espagne, pour la Semaine Sainte, le 24 mars dernier – avant la Philharmonie de Paris, la Messe en si de JS BACH par William Christie, est le dernier programme majeur défendu par le créateur des Arts Florissants. Un nouvel accomplissement à inscrire parmi ses meilleures réalisations : ample, superlative, profonde, millimétrée.
Immédiatement ce qui frappe, c’est l’énergie juvénile que Bill insuffle à son orchestre d’une formidable ductilité expressive et aux chanteurs formant le choeur des Arts Florissants. La vitalité du geste sait être détaillée, analytique sans omettre la profondeur et la justesse des intonations, ce pour chaque séquence. Il en découle une vision architecturale d’une clarté absolue qui éclaire d’une lumineuse façon toute la structure de l’édifice ; comme s’il s’agissait d’en souligner la profonde unité, l’irrésistible cohérence, alors qu’il s’agit d’un cycle que Bach a conçu sur 25 ans, sans concevoir a priori la fabuleuse totalité que nous saluons aujourd’hui”… extrait de notre compte rendu complet de la Messe en si de JS Bach par William Christie et Les Arts Florissants à Cuenca en mars 2016.

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La Messe en si de Jean-Sébastien Bach
Les Arts Florissants
William Christie, direction

 

 

Barcelone, Palais des Arts / Palau de la Musica, le 16 juin 2016, 20h30
RESERVEZ

 

Leipzig, Eglise Saint-Thomas / Thomaskirche, le 19 juin 2016, 18h
RESERVEZ : Billetterie close / sold out

 

 

 

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CUENCA-2016-vignette-carre-cartel-smrc55LIRE notre compte rendu, concert. CUENCA (Espagne), 55ème Festival de musique religieuse. Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur BWV 232. Katherine Watson, Tim Mead (contre-ténor), Reinoud van Mechellen (ténor), André Morsch (basse). Les Arts Florissants (Choeur et Orchestre). William Christie, direction

 

MUSIQUES POUR LA REINE CAROLINEMesse en si de Jean-Sébastien Bach par William Christie. Collection éclectique de pièces écrites à différentes périodes de la vie de Jean-Sébastien bach, la Messe en si nous saisit aujourd’hui par son unité, son exclamation humaine et fervente d’une vérité inépuisable. Bach en achève à la fin des années 1740, les dernières pages alors qu’il est directeur de la musique à Leipzig en particulier pour l’église de Saint-Thomas : c’est dans l’église de Bach que William Christie et ses Arts Florissants jouent la Messe en si ce 19 juin prochain. Une date clé dans l’histoire de l’ensemble et un accomplissement attendu pour William Christie qui laisse son cher Handel pour Jean-Sébastien dont les Arts Florissants n’ont réalisé que quelques partitions dont l’Oratorio de Noël, la Passion selon Saint-Jean, quelques cantates (sujets d’une tournée simultanée au printemps et à l’été 2016). Pour ceux qui ont déjà pu écouter la version de William Christie dans la Messe en si, le raffinement de l’orchestre, le nombre important des solistes du choeur – qui fournit les chanteurs des airs solos et des duos, composent selon le voeu de Bill, une version à la fois monumentale et d’une rare éloquence active ; ce, grâce à la prodigieuse ductilité du choeur des Arts Florissants et l’attention permanente de William Christie pour l’équilibre globale, la palette des dynamiques et le relief des contrastes… Le fondateur des Arts florissants renoue ainsi avec l’expressivité d’une foi sereine mais éclatante qui s’agissant de Leipzig, même dans un contexte luthérien orthodoxe, n’hésite pas à utiliser le terme de Messe pour les occasions exceptionnelles et les célébrations importantes de l’année. Ainsi, même si la Messe en si que nous connaissons actuellement dans une forme jamais élobarée ainsi par Bach, récapitule toute la recherche chorale et instrumentale de Jean-Sébastien, tout au long de sa vie, confronté à la nécessité du décorum, mais plutôt inspiré par la sincérité d’une ferveur surtout individuelle. Outre ses grandes proportions, et sa solennité, la Messe en si de William Chritsie en 2016 stupéfie par sa transparence, sa juvénilité vocale, son sens du rebond et du détail, de la nuance et du scintillement collectif. Programme et tournée événements.

 

La nouvelle Messe en si de William Christie

Les Arts Flo en résidence à La Philharmonie de ParisBARCELONE, LEIPZIG… William Christie dirige la Messe en si de BACH, 16, 19 juin 2016. Présentée pour la première fois au dernier Festival de musique religieuse à Cuenca en Espagne, pour la Semaine Sainte, le 24 mars dernier – avant la Philharmonie de Paris, la Messe en si de JS BACH par William Christie, est le dernier programme majeur défendu par le créateur des Arts Florissants. Un nouvel accomplissement à inscrire parmi ses meilleures réalisations : ample, superlative, profonde, millimétrée.
Immédiatement ce qui frappe, c’est l’énergie juvénile que Bill insuffle à son orchestre d’une formidable ductilité expressive et aux chanteurs formant le choeur des Arts Florissants. La vitalité du geste sait être détaillée, analytique sans omettre la profondeur et la justesse des intonations, ce pour chaque séquence. Il en découle une vision architecturale d’une clarté absolue qui éclaire d’une lumineuse façon toute la structure de l’édifice ; comme s’il s’agissait d’en souligner la profonde unité, l’irrésistible cohérence, alors qu’il s’agit d’un cycle que Bach a conçu sur 25 ans, sans concevoir a priori la fabuleuse totalité que nous saluons aujourd’hui”… extrait de notre compte rendu complet de la Messe en si de JS Bach par William Christie et Les Arts Florissants à Cuenca en mars 2016.

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La Messe en si de Jean-Sébastien Bach
Les Arts Florissants
William Christie, direction

 

 

Barcelone, Palais des Arts / Palau de la Musica, le 16 juin 2016, 20h30
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Leipzig, Eglise Saint-Thomas / Thomaskirche, le 19 juin 2016, 18h
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Voir les dates sur le site des Arts Florissants.

 

 

 

CUENCA-2016-vignette-carre-cartel-smrc55LIRE notre compte rendu, concert. CUENCA (Espagne), 55ème Festival de musique religieuse. Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur BWV 232. Katherine Watson, Tim Mead (contre-ténor), Reinoud van Mechellen (ténor), André Morsch (basse). Les Arts Florissants (Choeur et Orchestre). William Christie, direction

 

La messe en si de JS Bach

France Musique. Dimanche 23 août 2015, 21h. En direct de la Chaise Dieu : Bach : la Messe en si. Benoît Haller, direction. Entre 1724 (création du sanctus) et 1749, Bach édifie sa propre cathédrale chorale, synthèse de toute une vie dédiée à célébrer Dieu par le truchement d’une écriture contrapuntique complexe et directe. Ses proportions et la succession d’épisodes fervents laisse croire à un testament musical, moins à une oeuvre liturgique destinée à être jouée le temps d’une célébration à l’église. Bach s’approprie les 5 sections de la Messe : Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus et Agnus Dei, organisés comme autant de jalons d’une réflexion sur le sens du sacré, la finalité de la musique comme l’objectif de la pratique chorale et vocale.

bach_jean_sebastien_portrait-eisenach-haussmann-1730Kyrie et Gloria sont tout d’abord joués dans le cadre d’une messe, en 1733 pour le serment du nouvel électeur de Saxe, le Prince Frédéric-August II : à 48 ans, Bach cherche ainsi à se faire remarquer et obtenir le poste de compositeur officiel de la Cour de Saxe. Le choeur à 5 voix dessine une arche d’entrée spectaculaire et solennelle pour le Kyrie et ses 3 sous parties (Kyrie eleison, Christe eleison, Kyrie eleison) : le caractère du Kyrie est celui d’une prière, appel de détresse lancé par l’Evangile au Dieu de miséricorde. Pour soutenir la prière, une fugue aux instruments, souligne l’imploration… jusqu’à l’accord final, lumineux qui se fait exclamation de soulagement. Puis le Christe eleison, en forme de duo à l’italienne pour 2 sopranos, affirme une nouvelle certitude en ré majeur, ton  de la joue sûre et radieuse, qui exprime aussi la double nature du Christ, dieu et homme à la fois. Le Kyrie eleison suivant insiste sur l’esprit de contrition et de pénitence qui est au cÅ“ur du repentir luthérien.

Le Gloria : chanté par les anges au moment de Noël, l’épisode du Glora affirme une joie irrépressible de plus en plus éclatante : Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. Les trompettes affirment le miracle de l’incarnation, creusant le contraste saisissant, complémentaire entre l’éclatant Gloria céleste et le tendre Pax terrestre. Le choeur à 5 voix d’hommes reprend du service pour souligner le point axial du Qui tollis peccata mundi, pilier de l’architecture. Le Gloira souligne aussi la force de la confession de foi dans l’Agneau salvateur et rédempteur.

Le Credo est un texte complexe de 9 parties, aboutissement des discussions théologiques tenues lors des deux Conciles  de Nicée, en 321 et de Constantinople en 385, aux premières heures du christianisme, quand Constantin déclare la religion du Christ, religion officielle de l’empire romain. La conception de Bach, architecte et inégnieur sans équivalent à son époque éblouit par la justesse des options, en particulier dans les 3 sections qui mettent en avant le Christ : Incarnatus est, Crucifixus, Resurrexit. Pour le mystère de l’incarnation, Bach imagine un climat lent, serein, grave et d’une humilité confondante. Le Crucifixus est une chaconne descendante, de sorte que le compositeur associe tragédie de la Croix douloureuse et sacrificielle et gravité irrépressible. Contrastent avec ce temps de l’approfondissement tragique, l’éclat des trompettes marquant la Résurrection (Resurrexit).

Sanctus, Osanna, Benedictus sont unis par une même ferveur. Le sanctus est une prière collective de louange et de célébration sereine (choeur à 6 voix) à laquelle succède l’hymne entonné par les ténors, Pleni sunt caeli et gloria ejus (fugue complexe spectaculaire). Enserré entre deux Osanna, le Benedictus cher à la rhétorique baroque des contrastes; est toute sérénité suspendue, contemplative (une voix : ténor soliste, flûte et continuo)

Agnus Dei
Même introspection méditative pour l’évocation de l’Agneau portant les péchés du monde. Bach sollicite la voix de l’alto, recyclant une mélodie de l’Oratorio de l’Ascension BWV11, sur un texte identique au Kyrie. Le dernier vers Dona nobis pacem, énoncé par le choeur général saisit par son souffle de réconciliation fraternelle et universelle, à partir de même notes que dans le Gloria (Gratias agimus tibi), refermant ainsi son grand livre fervent selon le principe de répétition comme s’il s’agissait d’un écho et du prolongement de ce qui a été dit précédemment, assurant aussi l’unité organique et profonde de l’édifice ainsi élaboré. Exposition, drame et agitation, contemplation et réflexion puis pacification d’un temps d’épanouissement et de certitude finale.

logo_france_musique_DETOUREDimanche 23 août 2015, 21h. En direct de la Chaise Dieu : Bach : la Messe en si. Benoît Haller, direction

Compte rendu, concert. Saintes. Abbaye aux dames, le 14 juillet 2015. Bach. Dorothée Mields, soprano; Margot Oetzinger, mezzo soprano, Damien Guillon, contre ténor; Thomas Hobbs, ténor; Peter Kooy, basse; Collegium Vocale Gent; Philippe Herreweghe, direction.

TAP Poitiers : Philippe Herreweghe joue PromethéeUltime chef-d’oeuvre de Johann Sebastian Bach (1685-1750), la Messe en si mineur a connu une histoire chaotique. Si son oeuvre fut créée peu avant le décès du Cantor de Leipzig, sa composition s’étend sur une vingtaine d’années. En effet Bach réutilisa des parties de cantates ou de concertos composées pour certains entre 1724 et 1733, date à laquelle le kyrie et le gloria furent donnés à l’occasion de la prestation de serment du nouveau prince électeur de Saxe Frédéric Auguste II. Les trois dernières pièces de la Messe furent composées en 1748 et 1749. Tombée dans l’oubli dès la disparition de son compositeur, la Messe en si ne fut créée dans son intégralité, telle que nous la connaissons, qu’en 1859. C’est le Collegium Vocale Gent, placé sous la direction de Philippe Herreweghe, son chef historique et fondateur, qui interprète cette nouvelle version du chef-d’oeuvre de Bach.

La Messe en si de JS Bach

Philippe Herreweghe qui connait bien le chef d’oeuvre de Bach, il l’a déjà enregistré avec le Collegium Vocale Gent, dirige la Messe d’une main ferme et sûre. Les solistes qu’il a invités, sont intégrés au choeur : ils chantent intégralement la partition. Musicalement d’ailleurs c’est presque parfait ; l’orchestre qui travaille avec son chef depuis le début, le suit avec une rigueur et une précision millimétrique, notre seul bémol concerne l’intervention du cor; certes la maitrise du cor ancien est difficile et demande un gros travail de préparation, mais les fausses notes entendues en ce 14 juillet sont gênantes à un niveau aussi élevé. Est-ce dû au trac? à la jeunesse du corniste? Ce sont des possibilités qui ont quand même handicapé la basse Peter Kooy à peine audible dès le milieu de la nef. Vocalement le petit choeur du Collegium Vocale Gent est parfait et le renfort des solistes élève encore un niveau déjà très haut. Dans le quintette vocal, saluons les excellentes performances de la soprano Dorothée Mields, du ténor Thomas Hobbs et de l’alto Damien Guillon qui travaille régulièrement avec Philippe Herreweghe. Ces trois artistes, malgré la brièveté de leurs interventions, excellent tant dans les duos que les parties solistes. Plus à la peine, la mezzo soprano Margot Oetzinger; une grossesse déjà avancée pénalise la mezzo dont la voix, au demeurant plutôt belle, a bien du mal à passer par dessus l’orchestre. De même, elle est facilement couverte par Dorothée Mields lors de leur duo (Christe Eleison). Si la première intervention de Peter Kooy est en demi teinte, la seconde est remarquablement menée, et la voix claque dans l’église abbatiale avec une insolence irrésistible.

Malgré quelques accrocs, somme toute mineurs, c’est une Messe en si remarquablement interprétée et menée de main de maitre qu’offrent Philippe Herreweghe et le Collegium Vocale Gent. Cette ultime Messe du Cantor de Leipzig, monumentale et profonde, est le testament de Bach. Philippe Heerewghe en cisèle une lecture forte et parfaitement limpide.

Compte rendu, concert.  Saintes. Abbaye aux dames, le 14 juillet 2015. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : messe en si mineur. Dorothée Mields, soprano; Margot Oetzinger, mezzo soprano, Damien Guillon, contre ténor; Thomas Hobbs, ténor; Peter Kooy, basse; Collegium Vocale Gent; Philippe Herreweghe, direction.

La Messe en si de JS Bach sur Radio Classique

JS Bach : Messe en si. Radio Classique, mardi 14 juillet 2015, 19h30. En direct de l’Abbaye aux Dames de Saintes, Philippe Herreweghe dirige le Collegium Vocale Gent dans le sommet sacré du Director musices de Leipzig : le Messe en si, une oeuvre emblématique de toute la dévotion européenne baroque et qui regroupant plusieurs matériaux de périodes différentes, compose le grand oeuvre du compositeur. Sa génèse s’étend de 1724 à 1749 : sa destination n’étant pas liturgique (elle ne fut jamais jouée telle que nous la connaissons), la partition dans son entier synthétise la pensée chorale et l’esthétique musicale du Bach penseur, théoricien, croyant sincère et ardent.

bach_js jean sebastianLe chef-d’œuvre de Bach ? Au regard du génie et des sommets atteints par le Cantor de Leipzig, gardons-nous de tout absolu. Mais cette œuvre (nommée Messe en si mineur alors qu’elle est principalement en Ré majeur !) est symbolique à plus d’un titre. Tout d’abord, elle est la dernière composition pour chœur de Bach. De plus, elle incarne la somme du style baroque à son apogée, mais aussi de la polyphonie façon Machaut ou encore des modes et teneurs antiques. Enfin, son histoire n’est pas ordinaire. Composée durant près de 25 ans, elle réunit des partitions d’époques différentes, l’Allemand ayant puisé dans ses œuvres antérieures et ajouté des créations originales – dont les chœurs du Credo. Le résultat ? Une messe de liturgie catholique pour deux sopranos, un contralto, un ténor, une basse, un orchestre et un chœur. Cette pièce-phare conclut depuis des années le festival Bach de Leipzig mais n’avait pas été jouée par l’Atelier depuis près de quinze ans.

Le souffle solennel voire funèbre qui emporte le Kyrie introductif; le Gloria impétueux dont les trompettes claironnantes disent ce sentiment de jubilation festive adressé au nouveau Roi de Pologne (Auguste III); le mystère de l’Et incarnatus est (et sa tierce picarde dans ses 5 dernières mesures); l’exclamation des choeurs, la guirlande des cordes, flûtes et hautbois, sans omettre la prière individuelle si intérieure, entre sérénité et inquiétude (Benedictus pour ténor, Agnus Dei pour alto)… tout est dans la Messe en si mineur, une affaire de défis, de risques à surmonter, d’épreuves à vaincre, d’options à assumer (que l’on opte pour l’option des chanteurs à un par voix)…

Il faut bien l’expérience et le feu sacré d’un chef aguerri pour atteindre les fervents sommets d’une montagne magique, monument de la musique sacrée baroque comprenant 21 sections , -dont Kyrie et Gloria sont les plus anciens, remontant aux années 1730). Le chef doit transmettre sa passion du timbre et de la sonorité, de la respiration, du flux… sans diluer ni affaiblir l’intensité de la prière collective ou solistique.

La Messe en si de Jean-Sébastien Bach

Le Grand oeuvre (1724-1749)

TAP Poitiers : Philippe Herreweghe joue PromethéeLa Messe en si est une partition monumentale que porte l’auteur pendant 25 ans: c’est l’oeuvre d’une vie, l’aboutissement d’une écriture et d’une expérience musicale portée tout au long de la carrière et de la vie, comme un journal. Bach y dépose toute sa science et sa sensibilité, mais ne l’entendit jamais de son vivant.
Director Musices de Leipzig, Bach doit fournir nombre de musique pour les églises de Saint-Thomas et de Saint-Nicolas, assurer la formation des élèves à Saint-Thomas, mais aussi l’ordinaire musical de la ville entière, pour tous les événements de la vie social. On comprend aisément que le compositeur fut capable d’une organisation méthodique qui comprend le recyclage de sa musique (principe parodique), diversement utilisée selon les circonstances. Le compositeur municipal est en outre depuis 1729, chef d’orchestre, dirigeant le Collegium musicum, fondé par Telemann.
Fort heureusement si l’on peut dire, alors qu’en cette année 1733, Rameau fait son entrée à l’opéra avec son chef d’oeuvre scandaleusement génial, Hippolyte et Aricie, le patron du musicien, Frédéric Auguste Ier, prince électeur de Saxe, meurt le 1er février. Le deuil institué pendant 5 mois interdit toute musique. Bach peut ralentir le rythme.

Un poste à Dresde…
bach_jean_sebastien_portrait-eisenach-haussmann-1730Le changement de prince régnant laisse espérer un meilleur traitement et surtout des salaires mieux payés, car comme Monteverdi à Mantoue au siècle passé, Bach a du mal à se faire livrer les sommes qui lui reviennent pour ses nombreux services. Aussi décide-t-il de commencer une oeuvre grandiose, dédiée à son nouveau protecteur, Frédéric-Auguste II. De Leipzig où il se sent à l’étroit non reconnu, comme relégué, Bach adresse sa partition nouvelle à Dresde, siège de la Cour de Saxe, tout en formulant son désir d’être membre de la Chapelle de la Cour (d’autant que son fils Wilhelm Friedmann a obtenu à Dresde, un poste enviable d’organiste). La messe catholique célèbre la ferveur du Souverain dresdois qui est aussi Roi de Pologne sous le nom d’Auguste III. Bach n’est pas pour autant dépaysé par la liturgie catholique car dans le cadre luthérien peuvent être aussi écoutés Magnificat et Sanctus à Noël, pour Pâques, à la Pentecôte. Le Kyrie (perfection du style fugué) et le Credo ainsi livrés en 1733 (formant une messe latine conforme, mais brêve selon l’usage luthérien, c’est à dire sans Gloria, Sanctus et Agnus Dei), forment la première moitié de notre actuelle Messe en si. Bach y recycle des choeurs déjà écrits provenant des cantates BXV 29 et 46.

Synthèse artistique
Mais le compositeur ne laisse pas son grand projet en chemin. il ajoute le Sanctus qui puise dans une partition liée à la Nativité, datant de 1724. Ensuite, celui qui au soir de sa vie, est engagé dans son testament musical sur le mode strictement instrumental, L’art de la fugue, dans les années 1748/1749, écrit la seconde moitié de la Messe en si.
Sorte de catalogue de toutes les écritures dont était capable le musicien, l’ensemble concentre la maîtrise d’un Bach universel, encyclopédique, synthétique. Peut-être destinait-il son oeuvre à Auguste III, souhaitant plus que jamais quitter Leipzig pour Dresde… Ou encore s’agit-il d’une commande privée dont la monumentalité est liée au goût et à la volonté du Comte Johann Adam von Questerberg (mort en 1752), riche mélomane, membre de la Cour impériale Viennoise qui aurait pu financer le grand oeuvre choral du musicien toujours en quête de projets audacieux.

JS Bach : Messe en si.
En direct du Festival de Saintes

D. Mields, M. Oetzinger
D. Guillon, T. Hobbs, P. Kooy
Collegium Vocale Gent
Philippe Herreweghe, direction

JS Bach : Messe en si. Radio Classique, mardi 14 juillet 2015, 19h30. En direct de l’Abbaye aux Dames de Saintes, Philippe Herreweghe dirige le Collegium Vocale Gent

Tourcoing : Jean-Claude Malgoire joue la Messe en si

Tourcoing. JS Bach : Messe en si. JC Malgoire. Les 16 et 18 janvier 2015. Jean-Claude Malgoire et ses troupes abordent la montagne magique du Baroque sacré : un massif spectaculaire et intime, juste et profond d’une diversité d’approche souvent déconcertante. Même hétéroclite, composée de multiples partitions d’époque diverses, l’Å“uvre qui en résulte et que Bach n’a jamais écoutée comme nous aujourd’hui d’une seule traite, captive par son unité et sa cohérence.

bach_js jean sebastianLe chef-d’œuvre de Bach ? Au regard du génie et des sommets atteints par le Cantor de Leipzig, gardons-nous de tout absolu. Mais cette œuvre (nommée Messe en si mineur alors qu’elle est principalement en Ré majeur !) est symbolique à plus d’un titre. Tout d’abord, elle est la dernière composition pour chœur de Bach. De plus, elle incarne la somme du style baroque à son apogée, mais aussi de la polyphonie façon Machaut ou encore des modes et teneurs antiques. Enfin, son histoire n’est pas ordinaire. Composée durant près de 25 ans, elle réunit des partitions d’époques différentes, l’Allemand ayant puisé dans ses œuvres antérieures et ajouté des créations originales – dont les chœurs du Credo. Le résultat ? Une messe de liturgie catholique pour deux sopranos, un contralto, un ténor, une basse, un orchestre et un chœur. Cette pièce-phare conclut depuis des années le festival Bach de Leipzig mais n’avait pas été jouée par l’Atelier depuis près de quinze ans.

Le souffle solennel voire funèbre qui emporte le Kyrie introductif; le Gloria impétueux dont les trompettes claironnantes disent ce sentiment de jubilation festive adressé au nouveau Roi de Pologne (Auguste III); le mystère de l’Et incarnatus est (et sa tierce picarde dans ses 5 dernières mesures); l’exclamation des choeurs, la guirlande des cordes, flûtes et hautbois, sans omettre la prière individuelle si intérieure, entre sérénité et inquiétude (Benedictus pour ténor, Agnus Dei pour alto)… tout est dans la Messe en si mineur, une affaire de défis, de risques à surmonter, d’épreuves à vaincre, d’options à assumer (que l’on opte pour l’option des chanteurs à un par voix)…

Il faut bien l’expérience et le feu sacré d’un chef aguerri pour atteindre les fervents sommets d’une montagne magique, monument de la musique sacrée baroque comprenant 21 sections , -dont Kyrie et Gloria sont les plus anciens, remontant aux années 1730).

Le chef doit transmettre sa passion du timbre et de la sonorité, de la respiration, du flux… sans diluer ni affaiblir l’intensité de la prière collective ou solistique.

 

 

 

La Messe en si de Jean-Sébastien Bach

Le Grand oeuvre (1724-1749)

malgoire_jean_claudeLa Messe en si est une partition monumentale que porte l’auteur pendant 25 ans: c’est l’oeuvre d’une vie, l’aboutissement d’une écriture et d’une expérience musicale portée tout au long de la carrière et de la vie, comme un journal.  Bach y dépose toute sa science et sa sensibilité, mais ne l’entendit jamais de son vivant.
Director Musices de Leipzig, Bach doit fournir nombre de musique pour les églises de Saint-Thomas et de Saint-Nicolas, assurer la formation des élèves à Saint-Thomas, mais aussi l’ordinaire musical de la ville entière, pour tous les événements de la vie social. On comprend aisément que le compositeur fut capable d’une organisation méthodique qui comprend le recyclage de sa musique (principe parodique), diversement utilisée selon les circonstances. Le compositeur municipal est en outre depuis 1729, chef d’orchestre, dirigeant le Collegium musicum, fondé par Telemann.
Fort heureusement si l’on peut dire, alors qu’en cette année 1733, Rameau fait son entrée à l’opéra avec son chef d’oeuvre scandaleusement génial, Hippolyte et Aricie, le patron du musicien, Frédéric Auguste Ier, prince électeur de Saxe, meurt le 1er février. Le deuil institué pendant 5 mois interdit toute musique. Bach peut ralentir le rythme.

 

 

Un poste à Dresde…
Le changement de prince régnant laisse espérer un meilleur traitement et surtout des salaires mieux payés, car comme Monteverdi à Mantoue au siècle passé, Bach a du mal à se faire livrer les sommes qui lui reviennent pour ses nombreux services. Aussi décide-t-il de commencer une oeuvre grandiose, dédiée à son nouveau protecteur, Frédéric-Auguste II. De Leipzig où il se sent à l’étroit non reconnu, comme relégué, Bach adresse sa partition nouvelle à Dresde, siège de la Cour de Saxe, tout en formulant son désir d’être membre de la Chapelle de la Cour (d’autant que son fils Wilhelm Friedmann a obtenu à Dresde, un poste enviable d’organiste). La messe catholique célèbre la ferveur du Souverain dresdois qui est aussi Roi de Pologne sous le nom d’Auguste III. Bach n’est pas pour autant dépaysé par la liturgie catholique car dans le cadre luthérien peuvent être aussi écoutés Magnificat et Sanctus à Noël, pour Pâques, à la Pentecôte. Le Kyrie (perfection du style fugué) et le Credo ainsi livrés en 1733 (formant une messe latine conforme, mais brêve selon l’usage luthérien, c’est à dire sans Gloria, Sanctus et Agnus Dei), forment la première moitié de notre actuelle Messe en si.  Bach y recycle des choeurs déjà écrits provenant des cantates BXV 29 et 46.

 

 

Synthèse artistique
Mais le compositeur ne laisse pas son grand projet en chemin. il ajoute le Sanctus qui puise dans une partition liée à la Nativité, datant de 1724. Ensuite, celui qui au soir de sa vie, est engagé dans son testament musical sur le mode strictement instrumental, L’art de la fugue, dans les années 1748/1749, écrit la seconde moitié de la Messe en si.
Sorte de catalogue de toutes les écritures dont était capable le musicien, l’ensemble concentre la maîtrise d’un Bach universel, encyclopédique, synthétique. Peut-être destinait-il son oeuvre à Auguste III, souhaitant plus que jamais quitter Leipzig pour Dresde… Ou encore s’agit-il d’une commande privée dont la monumentalité est liée au goût et à la volonté du Comte Johann Adam von Questerberg (mort en 1752), riche mélomane, membre de la Cour impériale Viennoise qui aurait pu financer le grand oeuvre choral du musicien toujours en quête de projets audacieux.

 

 

 

J.-S. Bach : Messe en si
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Jean-Claude Malgoire, direction

boutonreservationvendredi 16 janvier 2015, 20h
dimanche 18 janvier 2015, 15h30
Tourcoing, Théâtre Municipal Raymond Devos

Lundi 16 mars 2015, 20h
Paris, Théâtre des Champs Elysées

Olga Pasichnyk, soprano
Anne Magouët, 2ème soprano
Jean-Michel Fumas, contreténor
Robert Getchell, ténor
Alain Buet, baryton-basse