Compte-rendu, concert. Bachfest, Thomaskirche, Leipzig, le 23 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Messe en si mineur, BWV 232, Opera Fuoco, David STERN

Compte-rendu, concert. Bachfest, Thomaskirche, Leipzig, le 23 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Messe en si mineur, BWV 232 / Opera Fuoco / David STERN.. En cette fin d’après-midi, l’excitation monte dans l’attente du concert de clĂ´ture de la Bachfest, dĂ©diĂ© Ă  la Messe en si mineur (1749) de Bach : tous les pas semblent converger vers l’Eglise Saint-Thomas, la plus prestigieuse de la ville de Leipzig, remplie Ă  craquer pour l’occasion. C’est lĂ  qu’officia le maitre de 1724 jusqu’Ă  sa mort, lui donnant ses lettres de noblesses, avant d’y ĂŞtre enterrĂ© au niveau du choeur. MĂŞme si l’acoustique est quelque peu Ă©touffĂ©e Ă  cet endroit, donnant une impression d’Ă©loignement par rapport aux interprètes rĂ©unis sur la tribune de l’orgue Ă  l’opposĂ©, entendre la Messe en si mineur aux cotĂ©s du maitre ne peut manquer d’impressionner.

 

 

 

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Les premières notes de l’ouvrage raisonnent avec un sens Ă©vident de l’Ă©conomie et de la modestie, en un legato enveloppant : l’impression de douceur ainsi obtenue invite au recueillement, comme une caresse bienveillante. On est bien Ă©loignĂ© des lectures nerveuses et virtuoses qui donnent un visage plus spectaculaire Ă  cette messe. Ce geste serein a pour avantage de mettre en valeur la jeunesse triomphante du splendide choeur d’enfants Tölzer, venu tout droit de Munich. Alors que l’ouvrage ne fait pas parti de leur rĂ©pertoire, les jeunes interprètes font preuve d’une vaillance et d’une prĂ©cision sans faille, de surcroit jamais pris en dĂ©faut dans la nĂ©cessaire justesse. C’est la sans doute le bĂ©nĂ©fice d’une tournĂ©e mondiale qui les a menĂ© en Chine et en France, au service de la promotion de cet ouvrage, avec David Stern.

Si la direction du chef amĂ©ricain a les avantages dĂ©taillĂ©s plus haut, on pourra toutefois regretter que le niveau technique global de son ensemble affiche plusieurs imperfections tout du long du concert, notamment au niveau des vents et trompettes, juste corrects. La qualitĂ© des solistes rĂ©unis se montrent aussi inĂ©gale, avec de jeunes chanteurs très prometteurs, Theodora Raftis et AndrĂ©s Agudelo, tous deux parfaits d’aisance technique. Andreas Scholl a pour lui des phrasĂ©s toujours aussi distinguĂ©s, mais dĂ©sormais entachĂ©s d’un timbre très dur dans l’aigu, tandis que Laurent Naouri a du mal Ă  faire valoir ses habituelles qualitĂ©s interprĂ©tatives dans ce rĂ©pertoire, dĂ©cevant les attentes par une Ă©mission engorgĂ©e et terne.

 

 

 

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Compte-rendu, concert. Bachfest, Thomaskirche, Leipzig, le 23 juin 2019. Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur, BWV 232. Theodora Raftis (soprano), Adèle Charvet (mezzo soprano), Andreas Scholl (alto), Andrés Agudelo (ténor), Laurent Naouri (basse), Tölzer Knabenchor, Opera Fuoco, David Stern (direction). Crédit photo : © Bachfest Leipzig : Gert Mothes.

 

 

 
 

 

 

Compte-rendu, oratorio. Dijon, le 15 déc 2018.  JS BACH : Messe en si mineur; Cap Mediterranea, LG Alarcón.

Compte rendu, oratorio. Dijon, OpĂ©ra, Auditorium, le 15 dĂ©cembre 2018.  BACH : Messe en si mineur; Cappella Mediterranea, Leonardo Garcia AlarcĂłn… Singulière rĂ©alisation que cette Messe en si mineur, de JS Bach, offerte par Leonardo Garcia AlarcĂłn, Ă  l’Auditorium de Dijon. Musicalement, le chef argentin conserve ses interprètes de Versailles (trois jours auparavant), mais modifie les conditions d’exĂ©cution au point de transfigurer l’ouvrage. Assemblage complexe de pièces empruntĂ©es Ă  des Ĺ“uvres diverses, le Kyrie et le Gloria (Messe Brève de 1733),  suivis du Symbole de NicĂ©e – l’imposant Credo – naturellement enchaĂ®nĂ© au Sanctus et Ă  l’Agnus Dei, achevĂ© seulement en 1749 dans sa forme dĂ©finitive, ce monument de la musique sacrĂ©e n’a pas de vocation liturgique, sa durĂ©e exceptionnelle s’y opposant.  C’est  lĂ  un des motifs invoquĂ©s pour spatialiser, animer, Ă©clairer cette interprĂ©tation exceptionnelle.   
 
    
 
 

Plénitude, ferveur, enthousiasme

  
 
 

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L’autre étant l’acoustique et la taille de l’auditorium dijonais, que connaissent bien le chef et son ensemble, associés à l’Opéra de Dijon. Le public, durant pratiquement deux heures va être plongé comme jamais dans cette œuvre. Les interprètes, groupés pour les pièces grandioses, qui font appel aux trois trompettes et aux timbales, vont se voir répartis dans l’espace en fonction du caractère spécifique à chaque pièce, le tout assorti d’éclairages judicieux et appropriés.  L’auditeur est ainsi enveloppé par l’enchevêtrement des lignes sonores, immergé dans la musique. Lorsqu’on est familier de l’œuvre, il est difficile de se maîtriser et de ne pas chanter avec le chœur, placé à proximité immédiate. L’effet dramatique, la lisibilité sont amplifiés, magnifiés par cette réalisation. Le public, qui a envahi l’auditorium au-delà des prévisions les plus optimistes se signale par sa ferveur. Malgré la saison, rarissimes sont les quelques toux, vite étouffées. Les ovations finales, longues et soutenues témoignent du bonheur ressenti après le Dona nobis pacem. Elles seront récompensées par sa reprise, puis par celle du Cum Sancto Spiritu, qui fermait la Messe Brève.

Le cri initial « Kyrie », suivi de sa supplique fuguée, d’une force expressive peu commune, nous prennent à bras le corps. À aucun moment de ces deux heures la tension ne se relâchera.  Après la force de ce triple Kyrie qui ouvre l’ouvrage, dans l’obscurité, les suppliques de la fugue qu’initient les ténors  sont poignantes, chaque partie étant modelée de manière à faire circuler le sujet, avec un orchestre bien articulé, qui avance. Les deux solistes du Christe,  à plus de vingt mètres de l’orchestre, de part et d’autre du parterre, dialoguent avec les violons et le continuo, rougis par les éclairages. L’alla breve du second Kyrie, fugué est puissant, grave, avec des pupitres très homogènes.  Quand éclate le Gloria, lumineux, avec ses trois trompettes et timbales, la jubilation est manifeste, jusqu’à l’Et in terra pax, retenu, confié aux solistes. Après le puissant Credo, signalons le Crucifixus, poignant, sinistre, qui s’achève  dans la pénombre, déchirée par le rayonnant, flamboyant Et resurrexit.
La poursuite de la description des numéros risquerait d’être fastidieuse. De la joie du Laudamus te, du recueillement du Qui tollis à l’enthousiasme du Cum Sancto Spiritu, toutes les expressions sont remarquablement illustrées.

Du praticable érigé au centre du parterre, ou devant son ensemble la Cappella Mediterranea, Leonardo Garcia Alarcón insuffle l’énergie, le souffle qui parcourt le chef-d’œuvre, sans omettre la plénitude, la ferveur et l’enthousiasme. Autant de qualités qui vont gouverner l’organisation. Les contraintes imposées par les dispositifs changeants ne constituent pas un obstacle à la précision, à l’expression la plus juste.
Le relief, les accents, l’énergie, la dynamique, la grandeur, le charme, la contemplation mystique rayonnent comme jamais : on est emporté, ébloui, admiratif. Le nombre des choristes outrepasse de beaucoup les effectifs restreints généralement adoptés depuis Rifkin. Le Chœur de chambre de Namur, puissant, agile, se prête idéalement au jeu polyphonique comme aux affirmations vigoureuses. Malgré la dispersion des pupitres et des tempi parfois très rapides, aucun décalage n’est à déplorer ; les vocalises conservent leur précision et leur fluidité. C’est admirable.

Les solistes, instrumentaux et vocaux sont d’excellence. Les timbres se marient idéalement. Ana Quintans, initialement prévue, est remplacée par Julie Roset, desservie par une émission terne. Par contre Marianne Beate Kielland rayonne comme jamais, avec une plénitude, une souplesse réjouissantes. Paulin Bündgen nous vaut un Qui tollis et, surtout, un Agnus Dei absolument sublimes. Ni Valerio Contaldo, (le ténor), ni Alain Buet (la basse) ne déméritent. La Cappella Mediterranea est éblouissante d’ensemble et de virtuosité. Chacun mériterait d’être cité, c’est un constant régal. Il faut souligner la performance des continuistes, l’orgue étant très éloigné du violoncelle, de la contrebasse comme des bassons.

Une soirée comme on en compte peu,  par sa force expressive, sa beauté lumineuse et son message spirituel, auquel agnostiques comme croyants ne peuvent qu’être sensibles.

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Compte rendu, oratorio. Dijon, OpĂ©ra, Auditorium, le 15 dĂ©cembre 2018.  BACH : Messe en si mineur; Cappella Mediterranea, Leonardo Garcia AlarcĂłn. CrĂ©dit photographique © Gilles Abegg – OpĂ©ra de Dijon   
 
 

William Christie joue la Messe en si de Bach

Messe en si de Bach par William ChristieLONDRES. William Christie dirige la Messe en si de Bach, le 1er septembre 2016, 19h30. C’était l’événement du dernier festival de musique sacrée de Cuenca (Semaine Sainte 2016) : William Christie dirigeait une nouvelle version de la Messe en si de Bach où brillait l’exceptionnel éclat des chanteurs des Arts Florissants, éclairant l’activité architecturée des différentes sections d’une Messe monumentale dont la cohérence en dépit d’une genèse compliquée, ne finit pas de nous fasciner. Le chef fondateur des Arts Florissants reprend donc le massif sacré baroque légué par Jean-Sébastien, après l’avoir joué à Barcelone puis à Leipzig (dans l’église même que Bach a connu, en juin 2016). De la Messe aux vertiges ascensionnels, à la profondeur du dénuement aussi (cf le dernier air pour soliste, Agnus Dei pour alto solo)… Bach exprime la destinée humaine, ses espérances, ses désirs d’absolu et de dépassement spirituel, voire mystique. Aux trompettes exclamatives, se joignent aussi le violon solo (Laudamus te), le cor (magnifique et noble Qui sedes), les 2 hautbois d’amour enchanteurs (Et in spiritum sanctum), soit un instrumentarium raffiné et varié qui pourrait bien évoquer la relation directe de Bach avec la Cour de Dresde et ses formidables instrumentistes…
La vision de William Christie souffle un air vivifiant d’éloquente juvénilité, reposant pour beaucoup sur la plasticité quasi opératique des instruments, sur l’engagement inouï des choeurs des Arts Florissants (formidable succession habitée, profonde, intérieure des Et incarnatus est, puis Crucifixus et Et resurrexit…). Souple, intérieure, d’une noblesse onctueuse à la fois recueillie et exclamative, la direction de William Christie profite à ce grand retour à Bach, attendu, et depuis cette tournée européenne 2016, totalement réussi. Un enregistrement discographique est annoncé (publication en 2017).

 

 

 

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LONDRES, BBC PROM, jeudi 1er septembre 2016, 19h30
Messe en si mineur de Jean-SĂ©bastien Bach

Katherine Watson, soprano
Tim Mead, contre-ténor
Reinoud Van Mechelen, ténor
André Morsch, baryton

Les Arts Florissants
William Christie, direction

Joué sans entracte, d’un seul tenant

INFOS, RESERVATIONS

 

 

 

Approfondir
LIRE notre dossier spécial La Messe en si de Jean-Sébastien Bach
LIRE notre compte rendu complet de La Messe en si de Jean-SĂ©bastien Bach, par William Christie (Cuenca, avril 2016)

 

 

 

La Messe en si de Bach par William Christie en direct sur catmusica

Les Arts Flo en rĂ©sidence Ă  La Philharmonie de ParisRADIO, Catmusica. EN DIRECT, le 16 juin 20h30, William Christie dirige la Messe en si de BACH. PrĂ©sentĂ©e pour la première fois au dernier Festival de musique religieuse Ă  Cuenca en Espagne, pour la Semaine Sainte, le 24 mars dernier – avant la Philharmonie de Paris, la Messe en si de JS BACH par William Christie, est le dernier programme majeur dĂ©fendu par le crĂ©ateur des Arts Florissants. Un nouvel accomplissement Ă  inscrire parmi ses meilleures rĂ©alisations : ample, superlative, profonde, millimĂ©trĂ©e.
ImmĂ©diatement ce qui frappe, c’est l’Ă©nergie juvĂ©nile que Bill insuffle Ă  son orchestre d’une formidable ductilitĂ© expressive et aux chanteurs formant le choeur des Arts Florissants. La vitalitĂ© du geste sait ĂŞtre dĂ©taillĂ©e, analytique sans omettre la profondeur et la justesse des intonations, ce pour chaque sĂ©quence. Il en dĂ©coule une vision architecturale d’une clartĂ© absolue qui Ă©claire d’une lumineuse façon toute la structure de l’Ă©difice ; comme s’il s’agissait d’en souligner la profonde unitĂ©, l’irrĂ©sistible cohĂ©rence, alors qu’il s’agit d’un cycle que Bach a conçu sur 25 ans, sans concevoir a priori la fabuleuse totalitĂ© que nous saluons aujourd’hui”… extrait de notre compte rendu complet de la Messe en si de JS Bach par William Christie et Les Arts Florissants Ă  Cuenca en mars 2016.

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La Messe en si de Jean-SĂ©bastien Bach par William Christie, Les Arts Florissants
Palau de la Musica de Barcelone

EN DIRECT Ă  20h30
sur la radio catalane : www.catmusica.cat

TOUTES LES INFOS sur le site du Palau de la Musica de Barcelone

 

 

La Messe en si de Bach by Bill, entre monumentalité et éloquence individuelle :

un scintillement collectif, une juvénilité vocale irrésistible

 

 

MUSIQUES POUR LA REINE CAROLINEMesse en si de Jean-SĂ©bastien Bach par William Christie. Collection Ă©clectique de pièces Ă©crites Ă  diffĂ©rentes pĂ©riodes de la vie de Jean-SĂ©bastien bach, la Messe en si nous saisit aujourd’hui par son unitĂ©, son exclamation humaine et fervente d’une vĂ©ritĂ© inĂ©puisable. Bach en achève Ă  la fin des annĂ©es 1740, les dernières pages alors qu’il est directeur de la musique Ă  Leipzig en particulier pour l’Ă©glise de Saint-Thomas : c’est dans l’Ă©glise de Bach que William Christie et ses Arts Florissants jouent la Messe en si ce 19 juin prochain. Une date clĂ© dans l’histoire de l’ensemble et un accomplissement attendu pour William Christie qui laisse son cher Handel pour Jean-SĂ©bastien dont les Arts Florissants n’ont rĂ©alisĂ© que quelques partitions dont l’Oratorio de NoĂ«l, la Passion selon Saint-Jean, quelques cantates (sujets d’une tournĂ©e simultanĂ©e au printemps et Ă  l’Ă©tĂ© 2016). Pour ceux qui ont dĂ©jĂ  pu Ă©couter la version de William Christie dans la Messe en si, le raffinement de l’orchestre, le nombre important des solistes du choeur – qui fournit les chanteurs des airs solos et des duos, composent selon le voeu de Bill, une version Ă  la fois monumentale et d’une rare Ă©loquence active ; ce, grâce Ă  la prodigieuse ductilitĂ© du choeur des Arts Florissants et l’attention permanente de William Christie pour l’Ă©quilibre globale, la palette des dynamiques et le relief des contrastes… Le fondateur des Arts florissants renoue ainsi avec l’expressivitĂ© d’une foi sereine mais Ă©clatante qui s’agissant de Leipzig, mĂŞme dans un contexte luthĂ©rien orthodoxe, n’hĂ©site pas Ă  utiliser le terme de Messe pour les occasions exceptionnelles et les cĂ©lĂ©brations importantes de l’annĂ©e. Ainsi, mĂŞme si la Messe en si que nous connaissons actuellement dans une forme jamais Ă©lobarĂ©e ainsi par Bach, rĂ©capitule toute la recherche chorale et instrumentale de Jean-SĂ©bastien, tout au long de sa vie, confrontĂ© Ă  la nĂ©cessitĂ© du dĂ©corum, mais plutĂ´t inspirĂ© par la sincĂ©ritĂ© d’une ferveur surtout individuelle. Outre ses grandes proportions, et sa solennitĂ©, la Messe en si de William Chritsie en 2016 stupĂ©fie par sa transparence, sa juvĂ©nilitĂ© vocale, son sens du rebond et du dĂ©tail, de la nuance et du scintillement collectif. Programme et tournĂ©e Ă©vĂ©nements.

 

 

 

La Messe en si de Jean-SĂ©bastien Bach
Les Arts Florissants
William Christie, direction

 

 

Barcelone, Palais des Arts / Palau de la Musica, le 16 juin 2016, 20h30
RESERVEZ

 

Leipzig, Eglise Saint-Thomas / Thomaskirche, le 19 juin 2016, 18h
RESERVEZ : Billetterie close / sold out

 

 

 

Voir les dates sur le site des Arts Florissants.

 

 

 

CUENCA-2016-vignette-carre-cartel-smrc55LIRE notre compte rendu, concert. CUENCA (Espagne), 55ème Festival de musique religieuse. Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur BWV 232. Katherine Watson, Tim Mead (contre-ténor), Reinoud van Mechellen (ténor), André Morsch (basse). Les Arts Florissants (Choeur et Orchestre). William Christie, direction

  

William Christie : la Messe en si de Bach, Ă  Barcelone et Ă  Leipzig

Les Arts Flo en rĂ©sidence Ă  La Philharmonie de ParisBARCELONE, LEIPZIG… William Christie dirige la Messe en si de BACH, 16, 19 juin 2016. PrĂ©sentĂ©e pour la première fois au dernier Festival de musique religieuse Ă  Cuenca en Espagne, pour la Semaine Sainte, le 24 mars dernier – avant la Philharmonie de Paris, la Messe en si de JS BACH par William Christie, est le dernier programme majeur dĂ©fendu par le crĂ©ateur des Arts Florissants. Un nouvel accomplissement Ă  inscrire parmi ses meilleures rĂ©alisations : ample, superlative, profonde, millimĂ©trĂ©e.
ImmĂ©diatement ce qui frappe, c’est l’Ă©nergie juvĂ©nile que Bill insuffle Ă  son orchestre d’une formidable ductilitĂ© expressive et aux chanteurs formant le choeur des Arts Florissants. La vitalitĂ© du geste sait ĂŞtre dĂ©taillĂ©e, analytique sans omettre la profondeur et la justesse des intonations, ce pour chaque sĂ©quence. Il en dĂ©coule une vision architecturale d’une clartĂ© absolue qui Ă©claire d’une lumineuse façon toute la structure de l’Ă©difice ; comme s’il s’agissait d’en souligner la profonde unitĂ©, l’irrĂ©sistible cohĂ©rence, alors qu’il s’agit d’un cycle que Bach a conçu sur 25 ans, sans concevoir a priori la fabuleuse totalitĂ© que nous saluons aujourd’hui”… extrait de notre compte rendu complet de la Messe en si de JS Bach par William Christie et Les Arts Florissants Ă  Cuenca en mars 2016.

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La Messe en si de Jean-SĂ©bastien Bach
Les Arts Florissants
William Christie, direction

 

 

Barcelone, Palais des Arts / Palau de la Musica, le 16 juin 2016, 20h30
RESERVEZ

 

Leipzig, Eglise Saint-Thomas / Thomaskirche, le 19 juin 2016, 18h
RESERVEZ : Billetterie close / sold out

 

 

 

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CUENCA-2016-vignette-carre-cartel-smrc55LIRE notre compte rendu, concert. CUENCA (Espagne), 55ème Festival de musique religieuse. Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur BWV 232. Katherine Watson, Tim Mead (contre-ténor), Reinoud van Mechellen (ténor), André Morsch (basse). Les Arts Florissants (Choeur et Orchestre). William Christie, direction

 

MUSIQUES POUR LA REINE CAROLINEMesse en si de Jean-SĂ©bastien Bach par William Christie. Collection Ă©clectique de pièces Ă©crites Ă  diffĂ©rentes pĂ©riodes de la vie de Jean-SĂ©bastien bach, la Messe en si nous saisit aujourd’hui par son unitĂ©, son exclamation humaine et fervente d’une vĂ©ritĂ© inĂ©puisable. Bach en achève Ă  la fin des annĂ©es 1740, les dernières pages alors qu’il est directeur de la musique Ă  Leipzig en particulier pour l’Ă©glise de Saint-Thomas : c’est dans l’Ă©glise de Bach que William Christie et ses Arts Florissants jouent la Messe en si ce 19 juin prochain. Une date clĂ© dans l’histoire de l’ensemble et un accomplissement attendu pour William Christie qui laisse son cher Handel pour Jean-SĂ©bastien dont les Arts Florissants n’ont rĂ©alisĂ© que quelques partitions dont l’Oratorio de NoĂ«l, la Passion selon Saint-Jean, quelques cantates (sujets d’une tournĂ©e simultanĂ©e au printemps et Ă  l’Ă©tĂ© 2016). Pour ceux qui ont dĂ©jĂ  pu Ă©couter la version de William Christie dans la Messe en si, le raffinement de l’orchestre, le nombre important des solistes du choeur – qui fournit les chanteurs des airs solos et des duos, composent selon le voeu de Bill, une version Ă  la fois monumentale et d’une rare Ă©loquence active ; ce, grâce Ă  la prodigieuse ductilitĂ© du choeur des Arts Florissants et l’attention permanente de William Christie pour l’Ă©quilibre globale, la palette des dynamiques et le relief des contrastes… Le fondateur des Arts florissants renoue ainsi avec l’expressivitĂ© d’une foi sereine mais Ă©clatante qui s’agissant de Leipzig, mĂŞme dans un contexte luthĂ©rien orthodoxe, n’hĂ©site pas Ă  utiliser le terme de Messe pour les occasions exceptionnelles et les cĂ©lĂ©brations importantes de l’annĂ©e. Ainsi, mĂŞme si la Messe en si que nous connaissons actuellement dans une forme jamais Ă©lobarĂ©e ainsi par Bach, rĂ©capitule toute la recherche chorale et instrumentale de Jean-SĂ©bastien, tout au long de sa vie, confrontĂ© Ă  la nĂ©cessitĂ© du dĂ©corum, mais plutĂ´t inspirĂ© par la sincĂ©ritĂ© d’une ferveur surtout individuelle. Outre ses grandes proportions, et sa solennitĂ©, la Messe en si de William Chritsie en 2016 stupĂ©fie par sa transparence, sa juvĂ©nilitĂ© vocale, son sens du rebond et du dĂ©tail, de la nuance et du scintillement collectif. Programme et tournĂ©e Ă©vĂ©nements.

 

La nouvelle Messe en si de William Christie

Les Arts Flo en rĂ©sidence Ă  La Philharmonie de ParisBARCELONE, LEIPZIG… William Christie dirige la Messe en si de BACH, 16, 19 juin 2016. PrĂ©sentĂ©e pour la première fois au dernier Festival de musique religieuse Ă  Cuenca en Espagne, pour la Semaine Sainte, le 24 mars dernier – avant la Philharmonie de Paris, la Messe en si de JS BACH par William Christie, est le dernier programme majeur dĂ©fendu par le crĂ©ateur des Arts Florissants. Un nouvel accomplissement Ă  inscrire parmi ses meilleures rĂ©alisations : ample, superlative, profonde, millimĂ©trĂ©e.
ImmĂ©diatement ce qui frappe, c’est l’Ă©nergie juvĂ©nile que Bill insuffle Ă  son orchestre d’une formidable ductilitĂ© expressive et aux chanteurs formant le choeur des Arts Florissants. La vitalitĂ© du geste sait ĂŞtre dĂ©taillĂ©e, analytique sans omettre la profondeur et la justesse des intonations, ce pour chaque sĂ©quence. Il en dĂ©coule une vision architecturale d’une clartĂ© absolue qui Ă©claire d’une lumineuse façon toute la structure de l’Ă©difice ; comme s’il s’agissait d’en souligner la profonde unitĂ©, l’irrĂ©sistible cohĂ©rence, alors qu’il s’agit d’un cycle que Bach a conçu sur 25 ans, sans concevoir a priori la fabuleuse totalitĂ© que nous saluons aujourd’hui”… extrait de notre compte rendu complet de la Messe en si de JS Bach par William Christie et Les Arts Florissants Ă  Cuenca en mars 2016.

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La Messe en si de Jean-SĂ©bastien Bach
Les Arts Florissants
William Christie, direction

 

 

Barcelone, Palais des Arts / Palau de la Musica, le 16 juin 2016, 20h30
RESERVEZ

 

Leipzig, Eglise Saint-Thomas / Thomaskirche, le 19 juin 2016, 18h
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Voir les dates sur le site des Arts Florissants.

 

 

 

CUENCA-2016-vignette-carre-cartel-smrc55LIRE notre compte rendu, concert. CUENCA (Espagne), 55ème Festival de musique religieuse. Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur BWV 232. Katherine Watson, Tim Mead (contre-ténor), Reinoud van Mechellen (ténor), André Morsch (basse). Les Arts Florissants (Choeur et Orchestre). William Christie, direction

 

La messe en si de JS Bach

France Musique. Dimanche 23 aoĂ»t 2015, 21h. En direct de la Chaise Dieu : Bach : la Messe en si. BenoĂ®t Haller, direction. Entre 1724 (crĂ©ation du sanctus) et 1749, Bach Ă©difie sa propre cathĂ©drale chorale, synthèse de toute une vie dĂ©diĂ©e Ă  cĂ©lĂ©brer Dieu par le truchement d’une Ă©criture contrapuntique complexe et directe. Ses proportions et la succession d’Ă©pisodes fervents laisse croire Ă  un testament musical, moins Ă  une oeuvre liturgique destinĂ©e Ă  ĂŞtre jouĂ©e le temps d’une cĂ©lĂ©bration Ă  l’Ă©glise. Bach s’approprie les 5 sections de la Messe : Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus et Agnus Dei, organisĂ©s comme autant de jalons d’une rĂ©flexion sur le sens du sacrĂ©, la finalitĂ© de la musique comme l’objectif de la pratique chorale et vocale.

bach_jean_sebastien_portrait-eisenach-haussmann-1730Kyrie et Gloria sont tout d’abord jouĂ©s dans le cadre d’une messe, en 1733 pour le serment du nouvel Ă©lecteur de Saxe, le Prince FrĂ©dĂ©ric-August II : Ă  48 ans, Bach cherche ainsi Ă  se faire remarquer et obtenir le poste de compositeur officiel de la Cour de Saxe. Le choeur Ă  5 voix dessine une arche d’entrĂ©e spectaculaire et solennelle pour le Kyrie et ses 3 sous parties (Kyrie eleison, Christe eleison, Kyrie eleison) : le caractère du Kyrie est celui d’une prière, appel de dĂ©tresse lancĂ© par l’Evangile au Dieu de misĂ©ricorde. Pour soutenir la prière, une fugue aux instruments, souligne l’imploration… jusqu’Ă  l’accord final, lumineux qui se fait exclamation de soulagement. Puis le Christe eleison, en forme de duo Ă  l’italienne pour 2 sopranos, affirme une nouvelle certitude en rĂ© majeur, ton  de la joue sĂ»re et radieuse, qui exprime aussi la double nature du Christ, dieu et homme Ă  la fois. Le Kyrie eleison suivant insiste sur l’esprit de contrition et de pĂ©nitence qui est au cĹ“ur du repentir luthĂ©rien.

Le Gloria : chantĂ© par les anges au moment de NoĂ«l, l’Ă©pisode du Glora affirme une joie irrĂ©pressible de plus en plus Ă©clatante : Gloire Ă  Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. Les trompettes affirment le miracle de l’incarnation, creusant le contraste saisissant, complĂ©mentaire entre l’Ă©clatant Gloria cĂ©leste et le tendre Pax terrestre. Le choeur Ă  5 voix d’hommes reprend du service pour souligner le point axial du Qui tollis peccata mundi, pilier de l’architecture. Le Gloira souligne aussi la force de la confession de foi dans l’Agneau salvateur et rĂ©dempteur.

Le Credo est un texte complexe de 9 parties, aboutissement des discussions thĂ©ologiques tenues lors des deux Conciles  de NicĂ©e, en 321 et de Constantinople en 385, aux premières heures du christianisme, quand Constantin dĂ©clare la religion du Christ, religion officielle de l’empire romain. La conception de Bach, architecte et inĂ©gnieur sans Ă©quivalent Ă  son Ă©poque Ă©blouit par la justesse des options, en particulier dans les 3 sections qui mettent en avant le Christ : Incarnatus est, Crucifixus, Resurrexit. Pour le mystère de l’incarnation, Bach imagine un climat lent, serein, grave et d’une humilitĂ© confondante. Le Crucifixus est une chaconne descendante, de sorte que le compositeur associe tragĂ©die de la Croix douloureuse et sacrificielle et gravitĂ© irrĂ©pressible. Contrastent avec ce temps de l’approfondissement tragique, l’Ă©clat des trompettes marquant la RĂ©surrection (Resurrexit).

Sanctus, Osanna, Benedictus sont unis par une mĂŞme ferveur. Le sanctus est une prière collective de louange et de cĂ©lĂ©bration sereine (choeur Ă  6 voix) Ă  laquelle succède l’hymne entonnĂ© par les tĂ©nors, Pleni sunt caeli et gloria ejus (fugue complexe spectaculaire). EnserrĂ© entre deux Osanna, le Benedictus cher Ă  la rhĂ©torique baroque des contrastes; est toute sĂ©rĂ©nitĂ© suspendue, contemplative (une voix : tĂ©nor soliste, flĂ»te et continuo)

Agnus Dei
MĂŞme introspection mĂ©ditative pour l’Ă©vocation de l’Agneau portant les pĂ©chĂ©s du monde. Bach sollicite la voix de l’alto, recyclant une mĂ©lodie de l’Oratorio de l’Ascension BWV11, sur un texte identique au Kyrie. Le dernier vers Dona nobis pacem, Ă©noncĂ© par le choeur gĂ©nĂ©ral saisit par son souffle de rĂ©conciliation fraternelle et universelle, Ă  partir de mĂŞme notes que dans le Gloria (Gratias agimus tibi), refermant ainsi son grand livre fervent selon le principe de rĂ©pĂ©tition comme s’il s’agissait d’un Ă©cho et du prolongement de ce qui a Ă©tĂ© dit prĂ©cĂ©demment, assurant aussi l’unitĂ© organique et profonde de l’Ă©difice ainsi Ă©laborĂ©. Exposition, drame et agitation, contemplation et rĂ©flexion puis pacification d’un temps d’Ă©panouissement et de certitude finale.

logo_france_musique_DETOUREDimanche 23 août 2015, 21h. En direct de la Chaise Dieu : Bach : la Messe en si. Benoît Haller, direction

Compte rendu, concert. Saintes. Abbaye aux dames, le 14 juillet 2015. Bach. Dorothée Mields, soprano; Margot Oetzinger, mezzo soprano, Damien Guillon, contre ténor; Thomas Hobbs, ténor; Peter Kooy, basse; Collegium Vocale Gent; Philippe Herreweghe, direction.

TAP Poitiers : Philippe Herreweghe joue PromethĂ©eUltime chef-d’oeuvre de Johann Sebastian Bach (1685-1750), la Messe en si mineur a connu une histoire chaotique. Si son oeuvre fut crĂ©Ă©e peu avant le dĂ©cès du Cantor de Leipzig, sa composition s’Ă©tend sur une vingtaine d’annĂ©es. En effet Bach rĂ©utilisa des parties de cantates ou de concertos composĂ©es pour certains entre 1724 et 1733, date Ă  laquelle le kyrie et le gloria furent donnĂ©s Ă  l’occasion de la prestation de serment du nouveau prince Ă©lecteur de Saxe FrĂ©dĂ©ric Auguste II. Les trois dernières pièces de la Messe furent composĂ©es en 1748 et 1749. TombĂ©e dans l’oubli dès la disparition de son compositeur, la Messe en si ne fut crĂ©Ă©e dans son intĂ©gralitĂ©, telle que nous la connaissons, qu’en 1859. C’est le Collegium Vocale Gent, placĂ© sous la direction de Philippe Herreweghe, son chef historique et fondateur, qui interprète cette nouvelle version du chef-d’oeuvre de Bach.

La Messe en si de JS Bach

Philippe Herreweghe qui connait bien le chef d’oeuvre de Bach, il l’a dĂ©jĂ  enregistrĂ© avec le Collegium Vocale Gent, dirige la Messe d’une main ferme et sĂ»re. Les solistes qu’il a invitĂ©s, sont intĂ©grĂ©s au choeur : ils chantent intĂ©gralement la partition. Musicalement d’ailleurs c’est presque parfait ; l’orchestre qui travaille avec son chef depuis le dĂ©but, le suit avec une rigueur et une prĂ©cision millimĂ©trique, notre seul bĂ©mol concerne l’intervention du cor; certes la maitrise du cor ancien est difficile et demande un gros travail de prĂ©paration, mais les fausses notes entendues en ce 14 juillet sont gĂŞnantes Ă  un niveau aussi Ă©levĂ©. Est-ce dĂ» au trac? Ă  la jeunesse du corniste? Ce sont des possibilitĂ©s qui ont quand mĂŞme handicapĂ© la basse Peter Kooy Ă  peine audible dès le milieu de la nef. Vocalement le petit choeur du Collegium Vocale Gent est parfait et le renfort des solistes Ă©lève encore un niveau dĂ©jĂ  très haut. Dans le quintette vocal, saluons les excellentes performances de la soprano DorothĂ©e Mields, du tĂ©nor Thomas Hobbs et de l’alto Damien Guillon qui travaille rĂ©gulièrement avec Philippe Herreweghe. Ces trois artistes, malgrĂ© la brièvetĂ© de leurs interventions, excellent tant dans les duos que les parties solistes. Plus Ă  la peine, la mezzo soprano Margot Oetzinger; une grossesse dĂ©jĂ  avancĂ©e pĂ©nalise la mezzo dont la voix, au demeurant plutĂ´t belle, a bien du mal Ă  passer par dessus l’orchestre. De mĂŞme, elle est facilement couverte par DorothĂ©e Mields lors de leur duo (Christe Eleison). Si la première intervention de Peter Kooy est en demi teinte, la seconde est remarquablement menĂ©e, et la voix claque dans l’Ă©glise abbatiale avec une insolence irrĂ©sistible.

MalgrĂ© quelques accrocs, somme toute mineurs, c’est une Messe en si remarquablement interprĂ©tĂ©e et menĂ©e de main de maitre qu’offrent Philippe Herreweghe et le Collegium Vocale Gent. Cette ultime Messe du Cantor de Leipzig, monumentale et profonde, est le testament de Bach. Philippe Heerewghe en cisèle une lecture forte et parfaitement limpide.

Compte rendu, concert.  Saintes. Abbaye aux dames, le 14 juillet 2015. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : messe en si mineur. Dorothée Mields, soprano; Margot Oetzinger, mezzo soprano, Damien Guillon, contre ténor; Thomas Hobbs, ténor; Peter Kooy, basse; Collegium Vocale Gent; Philippe Herreweghe, direction.

La Messe en si de JS Bach sur Radio Classique

JS Bach : Messe en si. Radio Classique, mardi 14 juillet 2015, 19h30. En direct de l’Abbaye aux Dames de Saintes, Philippe Herreweghe dirige le Collegium Vocale Gent dans le sommet sacrĂ© du Director musices de Leipzig : le Messe en si, une oeuvre emblĂ©matique de toute la dĂ©votion europĂ©enne baroque et qui regroupant plusieurs matĂ©riaux de pĂ©riodes diffĂ©rentes, compose le grand oeuvre du compositeur. Sa gĂ©nèse s’Ă©tend de 1724 Ă  1749 : sa destination n’Ă©tant pas liturgique (elle ne fut jamais jouĂ©e telle que nous la connaissons), la partition dans son entier synthĂ©tise la pensĂ©e chorale et l’esthĂ©tique musicale du Bach penseur, thĂ©oricien, croyant sincère et ardent.

bach_js jean sebastianLe chef-d’œuvre de Bach ? Au regard du génie et des sommets atteints par le Cantor de Leipzig, gardons-nous de tout absolu. Mais cette œuvre (nommée Messe en si mineur alors qu’elle est principalement en Ré majeur !) est symbolique à plus d’un titre. Tout d’abord, elle est la dernière composition pour chœur de Bach. De plus, elle incarne la somme du style baroque à son apogée, mais aussi de la polyphonie façon Machaut ou encore des modes et teneurs antiques. Enfin, son histoire n’est pas ordinaire. Composée durant près de 25 ans, elle réunit des partitions d’époques différentes, l’Allemand ayant puisé dans ses œuvres antérieures et ajouté des créations originales – dont les chœurs du Credo. Le résultat ? Une messe de liturgie catholique pour deux sopranos, un contralto, un ténor, une basse, un orchestre et un chœur. Cette pièce-phare conclut depuis des années le festival Bach de Leipzig mais n’avait pas été jouée par l’Atelier depuis près de quinze ans.

Le souffle solennel voire funèbre qui emporte le Kyrie introductif; le Gloria impĂ©tueux dont les trompettes claironnantes disent ce sentiment de jubilation festive adressĂ© au nouveau Roi de Pologne (Auguste III); le mystère de l’Et incarnatus est (et sa tierce picarde dans ses 5 dernières mesures); l’exclamation des choeurs, la guirlande des cordes, flĂ»tes et hautbois, sans omettre la prière individuelle si intĂ©rieure, entre sĂ©rĂ©nitĂ© et inquiĂ©tude (Benedictus pour tĂ©nor, Agnus Dei pour alto)… tout est dans la Messe en si mineur, une affaire de dĂ©fis, de risques Ă  surmonter, d’Ă©preuves Ă  vaincre, d’options Ă  assumer (que l’on opte pour l’option des chanteurs Ă  un par voix)…

Il faut bien l’expĂ©rience et le feu sacrĂ© d’un chef aguerri pour atteindre les fervents sommets d’une montagne magique, monument de la musique sacrĂ©e baroque comprenant 21 sections , -dont Kyrie et Gloria sont les plus anciens, remontant aux annĂ©es 1730). Le chef doit transmettre sa passion du timbre et de la sonoritĂ©, de la respiration, du flux… sans diluer ni affaiblir l’intensitĂ© de la prière collective ou solistique.

La Messe en si de Jean-SĂ©bastien Bach

Le Grand oeuvre (1724-1749)

TAP Poitiers : Philippe Herreweghe joue PromethĂ©eLa Messe en si est une partition monumentale que porte l’auteur pendant 25 ans: c’est l’oeuvre d’une vie, l’aboutissement d’une Ă©criture et d’une expĂ©rience musicale portĂ©e tout au long de la carrière et de la vie, comme un journal. Bach y dĂ©pose toute sa science et sa sensibilitĂ©, mais ne l’entendit jamais de son vivant.
Director Musices de Leipzig, Bach doit fournir nombre de musique pour les Ă©glises de Saint-Thomas et de Saint-Nicolas, assurer la formation des Ă©lèves Ă  Saint-Thomas, mais aussi l’ordinaire musical de la ville entière, pour tous les Ă©vĂ©nements de la vie social. On comprend aisĂ©ment que le compositeur fut capable d’une organisation mĂ©thodique qui comprend le recyclage de sa musique (principe parodique), diversement utilisĂ©e selon les circonstances. Le compositeur municipal est en outre depuis 1729, chef d’orchestre, dirigeant le Collegium musicum, fondĂ© par Telemann.
Fort heureusement si l’on peut dire, alors qu’en cette annĂ©e 1733, Rameau fait son entrĂ©e Ă  l’opĂ©ra avec son chef d’oeuvre scandaleusement gĂ©nial, Hippolyte et Aricie, le patron du musicien, FrĂ©dĂ©ric Auguste Ier, prince Ă©lecteur de Saxe, meurt le 1er fĂ©vrier. Le deuil instituĂ© pendant 5 mois interdit toute musique. Bach peut ralentir le rythme.

Un poste Ă  Dresde…
bach_jean_sebastien_portrait-eisenach-haussmann-1730Le changement de prince rĂ©gnant laisse espĂ©rer un meilleur traitement et surtout des salaires mieux payĂ©s, car comme Monteverdi Ă  Mantoue au siècle passĂ©, Bach a du mal Ă  se faire livrer les sommes qui lui reviennent pour ses nombreux services. Aussi dĂ©cide-t-il de commencer une oeuvre grandiose, dĂ©diĂ©e Ă  son nouveau protecteur, FrĂ©dĂ©ric-Auguste II. De Leipzig oĂą il se sent Ă  l’Ă©troit non reconnu, comme relĂ©guĂ©, Bach adresse sa partition nouvelle Ă  Dresde, siège de la Cour de Saxe, tout en formulant son dĂ©sir d’ĂŞtre membre de la Chapelle de la Cour (d’autant que son fils Wilhelm Friedmann a obtenu Ă  Dresde, un poste enviable d’organiste). La messe catholique cĂ©lèbre la ferveur du Souverain dresdois qui est aussi Roi de Pologne sous le nom d’Auguste III. Bach n’est pas pour autant dĂ©paysĂ© par la liturgie catholique car dans le cadre luthĂ©rien peuvent ĂŞtre aussi Ă©coutĂ©s Magnificat et Sanctus Ă  NoĂ«l, pour Pâques, Ă  la PentecĂ´te. Le Kyrie (perfection du style fuguĂ©) et le Credo ainsi livrĂ©s en 1733 (formant une messe latine conforme, mais brĂŞve selon l’usage luthĂ©rien, c’est Ă  dire sans Gloria, Sanctus et Agnus Dei), forment la première moitiĂ© de notre actuelle Messe en si. Bach y recycle des choeurs dĂ©jĂ  Ă©crits provenant des cantates BXV 29 et 46.

Synthèse artistique
Mais le compositeur ne laisse pas son grand projet en chemin. il ajoute le Sanctus qui puise dans une partition liĂ©e Ă  la NativitĂ©, datant de 1724. Ensuite, celui qui au soir de sa vie, est engagĂ© dans son testament musical sur le mode strictement instrumental, L’art de la fugue, dans les annĂ©es 1748/1749, Ă©crit la seconde moitiĂ© de la Messe en si.
Sorte de catalogue de toutes les Ă©critures dont Ă©tait capable le musicien, l’ensemble concentre la maĂ®trise d’un Bach universel, encyclopĂ©dique, synthĂ©tique. Peut-ĂŞtre destinait-il son oeuvre Ă  Auguste III, souhaitant plus que jamais quitter Leipzig pour Dresde… Ou encore s’agit-il d’une commande privĂ©e dont la monumentalitĂ© est liĂ©e au goĂ»t et Ă  la volontĂ© du Comte Johann Adam von Questerberg (mort en 1752), riche mĂ©lomane, membre de la Cour impĂ©riale Viennoise qui aurait pu financer le grand oeuvre choral du musicien toujours en quĂŞte de projets audacieux.

JS Bach : Messe en si.
En direct du Festival de Saintes

D. Mields, M. Oetzinger
D. Guillon, T. Hobbs, P. Kooy
Collegium Vocale Gent
Philippe Herreweghe, direction

JS Bach : Messe en si. Radio Classique, mardi 14 juillet 2015, 19h30. En direct de l’Abbaye aux Dames de Saintes, Philippe Herreweghe dirige le Collegium Vocale Gent

Tourcoing : Jean-Claude Malgoire joue la Messe en si

Tourcoing. JS Bach : Messe en si. JC Malgoire. Les 16 et 18 janvier 2015. Jean-Claude Malgoire et ses troupes abordent la montagne magique du Baroque sacrĂ© : un massif spectaculaire et intime, juste et profond d’une diversitĂ© d’approche souvent dĂ©concertante. MĂŞme hĂ©tĂ©roclite, composĂ©e de multiples partitions d’Ă©poque diverses, l’Ĺ“uvre qui en rĂ©sulte et que Bach n’a jamais Ă©coutĂ©e comme nous aujourd’hui d’une seule traite, captive par son unitĂ© et sa cohĂ©rence.

bach_js jean sebastianLe chef-d’œuvre de Bach ? Au regard du génie et des sommets atteints par le Cantor de Leipzig, gardons-nous de tout absolu. Mais cette œuvre (nommée Messe en si mineur alors qu’elle est principalement en Ré majeur !) est symbolique à plus d’un titre. Tout d’abord, elle est la dernière composition pour chœur de Bach. De plus, elle incarne la somme du style baroque à son apogée, mais aussi de la polyphonie façon Machaut ou encore des modes et teneurs antiques. Enfin, son histoire n’est pas ordinaire. Composée durant près de 25 ans, elle réunit des partitions d’époques différentes, l’Allemand ayant puisé dans ses œuvres antérieures et ajouté des créations originales – dont les chœurs du Credo. Le résultat ? Une messe de liturgie catholique pour deux sopranos, un contralto, un ténor, une basse, un orchestre et un chœur. Cette pièce-phare conclut depuis des années le festival Bach de Leipzig mais n’avait pas été jouée par l’Atelier depuis près de quinze ans.

Le souffle solennel voire funèbre qui emporte le Kyrie introductif; le Gloria impĂ©tueux dont les trompettes claironnantes disent ce sentiment de jubilation festive adressĂ© au nouveau Roi de Pologne (Auguste III); le mystère de l’Et incarnatus est (et sa tierce picarde dans ses 5 dernières mesures); l’exclamation des choeurs, la guirlande des cordes, flĂ»tes et hautbois, sans omettre la prière individuelle si intĂ©rieure, entre sĂ©rĂ©nitĂ© et inquiĂ©tude (Benedictus pour tĂ©nor, Agnus Dei pour alto)… tout est dans la Messe en si mineur, une affaire de dĂ©fis, de risques Ă  surmonter, d’Ă©preuves Ă  vaincre, d’options Ă  assumer (que l’on opte pour l’option des chanteurs Ă  un par voix)…

Il faut bien l’expĂ©rience et le feu sacrĂ© d’un chef aguerri pour atteindre les fervents sommets d’une montagne magique, monument de la musique sacrĂ©e baroque comprenant 21 sections , -dont Kyrie et Gloria sont les plus anciens, remontant aux annĂ©es 1730).

Le chef doit transmettre sa passion du timbre et de la sonoritĂ©, de la respiration, du flux… sans diluer ni affaiblir l’intensitĂ© de la prière collective ou solistique.

 

 

 

La Messe en si de Jean-SĂ©bastien Bach

Le Grand oeuvre (1724-1749)

malgoire_jean_claudeLa Messe en si est une partition monumentale que porte l’auteur pendant 25 ans: c’est l’oeuvre d’une vie, l’aboutissement d’une Ă©criture et d’une expĂ©rience musicale portĂ©e tout au long de la carrière et de la vie, comme un journal.  Bach y dĂ©pose toute sa science et sa sensibilitĂ©, mais ne l’entendit jamais de son vivant.
Director Musices de Leipzig, Bach doit fournir nombre de musique pour les Ă©glises de Saint-Thomas et de Saint-Nicolas, assurer la formation des Ă©lèves Ă  Saint-Thomas, mais aussi l’ordinaire musical de la ville entière, pour tous les Ă©vĂ©nements de la vie social. On comprend aisĂ©ment que le compositeur fut capable d’une organisation mĂ©thodique qui comprend le recyclage de sa musique (principe parodique), diversement utilisĂ©e selon les circonstances. Le compositeur municipal est en outre depuis 1729, chef d’orchestre, dirigeant le Collegium musicum, fondĂ© par Telemann.
Fort heureusement si l’on peut dire, alors qu’en cette annĂ©e 1733, Rameau fait son entrĂ©e Ă  l’opĂ©ra avec son chef d’oeuvre scandaleusement gĂ©nial, Hippolyte et Aricie, le patron du musicien, FrĂ©dĂ©ric Auguste Ier, prince Ă©lecteur de Saxe, meurt le 1er fĂ©vrier. Le deuil instituĂ© pendant 5 mois interdit toute musique. Bach peut ralentir le rythme.

 

 

Un poste Ă  Dresde…
Le changement de prince rĂ©gnant laisse espĂ©rer un meilleur traitement et surtout des salaires mieux payĂ©s, car comme Monteverdi Ă  Mantoue au siècle passĂ©, Bach a du mal Ă  se faire livrer les sommes qui lui reviennent pour ses nombreux services. Aussi dĂ©cide-t-il de commencer une oeuvre grandiose, dĂ©diĂ©e Ă  son nouveau protecteur, FrĂ©dĂ©ric-Auguste II. De Leipzig oĂą il se sent Ă  l’Ă©troit non reconnu, comme relĂ©guĂ©, Bach adresse sa partition nouvelle Ă  Dresde, siège de la Cour de Saxe, tout en formulant son dĂ©sir d’ĂŞtre membre de la Chapelle de la Cour (d’autant que son fils Wilhelm Friedmann a obtenu Ă  Dresde, un poste enviable d’organiste). La messe catholique cĂ©lèbre la ferveur du Souverain dresdois qui est aussi Roi de Pologne sous le nom d’Auguste III. Bach n’est pas pour autant dĂ©paysĂ© par la liturgie catholique car dans le cadre luthĂ©rien peuvent ĂŞtre aussi Ă©coutĂ©s Magnificat et Sanctus Ă  NoĂ«l, pour Pâques, Ă  la PentecĂ´te. Le Kyrie (perfection du style fuguĂ©) et le Credo ainsi livrĂ©s en 1733 (formant une messe latine conforme, mais brĂŞve selon l’usage luthĂ©rien, c’est Ă  dire sans Gloria, Sanctus et Agnus Dei), forment la première moitiĂ© de notre actuelle Messe en si.  Bach y recycle des choeurs dĂ©jĂ  Ă©crits provenant des cantates BXV 29 et 46.

 

 

Synthèse artistique
Mais le compositeur ne laisse pas son grand projet en chemin. il ajoute le Sanctus qui puise dans une partition liĂ©e Ă  la NativitĂ©, datant de 1724. Ensuite, celui qui au soir de sa vie, est engagĂ© dans son testament musical sur le mode strictement instrumental, L’art de la fugue, dans les annĂ©es 1748/1749, Ă©crit la seconde moitiĂ© de la Messe en si.
Sorte de catalogue de toutes les Ă©critures dont Ă©tait capable le musicien, l’ensemble concentre la maĂ®trise d’un Bach universel, encyclopĂ©dique, synthĂ©tique. Peut-ĂŞtre destinait-il son oeuvre Ă  Auguste III, souhaitant plus que jamais quitter Leipzig pour Dresde… Ou encore s’agit-il d’une commande privĂ©e dont la monumentalitĂ© est liĂ©e au goĂ»t et Ă  la volontĂ© du Comte Johann Adam von Questerberg (mort en 1752), riche mĂ©lomane, membre de la Cour impĂ©riale Viennoise qui aurait pu financer le grand oeuvre choral du musicien toujours en quĂŞte de projets audacieux.

 

 

 

J.-S. Bach : Messe en si
La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Jean-Claude Malgoire, direction

boutonreservationvendredi 16 janvier 2015, 20h
dimanche 18 janvier 2015, 15h30
Tourcoing, Théâtre Municipal Raymond Devos

Lundi 16 mars 2015, 20h
Paris, Théâtre des Champs Elysées

Olga Pasichnyk, soprano
Anne Magouët, 2ème soprano
Jean-Michel Fumas, contreténor
Robert Getchell, ténor
Alain Buet, baryton-basse