Le CONCERT DE L’HOSTEL DIEU et MAX EMANUEL CENCIC, 11 juil 2019 (Wigmore Hall, UK)

LE CONCERT DE L’HOSTEL DIEU et MAX EMANUEL CENCIC en tournĂ©e. Le 11 juil 2019 Ă  Wigmore Hall. Franck Emmanuel COMTE poursuit sa formidable odyssĂ©e baroque avec ses instrumentistes du Concert de l’HOSTEL DIEU : après avoir publier un nouveau cd dĂ©diĂ© Ă  l’Ă©mulation crĂ©ative entre Porpora et Handel Ă  Londres dans les annĂ©es 1730, chef et musiciens Ĺ“uvrent en complicitĂ© avec le contre-tĂ©nor Max Emanuel Cencic dans un rĂ©cital inĂ©dit intitulĂ© “Orlando”, claire rĂ©fĂ©rence aux vertiges sentimentaux du chevalier Roland, en proie aux tourments et brĂ»lures de l’amour jaloux et de la folie naissante…

cencic-emanuel-porpora-arias-decca-cd-presentation-and-review-cd-critique-par-classiquenewsLe Concert de l’Hostel Dieu annonce  sa première collaboration avec Max Emanuel Cencic dans un programme conçu « sur mesure » pour le contre-ténor croate : « Orlando », un portrait en trois dimensions mis en musique par Handel, Vivaldi, Porpora, soit les plus grands maîtres de l’opera seria italien, à la fois virtuose et expressionniste. Le titre rappelle le livre à la fois futuriste et fantastique de Virginia Woolf dont le héros change de sexe à travers les âges… couleur trouble qui renvoie surtout au timbre si particulier du contre-ténor qui joue souvent à revêtir travestissements et figures de l’ambivalence…  Concerts au festival de Froville et au très select Wigmore Hall à Londres.

> Pour en savoir plus cliquez ICI

http://www.concert-hosteldieu.com/diffusion/baroque-et-18eme/orlando-recital-cencic/

7 juillet 2019

Festival de Froville (54)

11 juillet 2019

Wigmore Hall (UK)

 

 

PROGRAMME & PRÉSENTATION

Extraits d’opéra d’Antonio Vivaldi (Orlando furioso), Georg Friedrich Händel (Orlando furioso, Rinaldo) et Nicola Porpora (Angelica e Medoro). Orlando furioso est considéré comme le résumé et le joyau de toute la littérature épique. L’action de ce roman de chevalerie met en scène le héros Roland qui accomplit mille exploits. Imaginé par le poète de la Renaissance Ludovico Ariosto, dit l’Arioste, Orlando furioso a été écrit dans le dialecte de Ferrare puis adapté en toscan. L’action a pour toile de fond la guerre que mène Charlemagne contre les Sarrasins.

Deux siècles plus tard, le poème épique devient le point commun et une source d’inspiration majeure des trois « géants » du style baroque : Handel, Vivaldi et Porpora. Chacun compose un opéra sur le sujet. Agencé sur mesure pour les caractéristiques vocales et le charisme de Max Emanuel Cencic, le nouveau programme du Concert de l’Hostel Dieu a pour fil conducteur le personnage d’Orlando, ses actions romanesques, sa rencontre avec la guerrière Bradamante et la magicienne Alcina, ses élans amoureux, mais aussi sa folie… Un récital brillant et expressif à la hauteur du souffle épique du poème de l’Arioste et du talent du contre-ténor. Ici la passion amoureuse vainc le héros guerrier : sur l’échiquier sentimental ce dernier perd la raison…

 

 

 

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DERNIR CD : « DUEL »

duel-concert-de-l-hostel-dieu-franck-emmanuel-comte-giuseppina-bridelli-opera-cd-evenement-critique-cd-cd-review-opera-musique-classique-news-classiquenewsL’enregistrement paru chez Arcana/Outhere et qui gagne son relief musical de la confrontation entre les écritures lyriques de Porpora et de handel à Londres dans les années 1730, bénéficie de la complicité entre le somptueux et ardent mezzo de la jeune Giuseppina Bridelli et de Franck-Emmanuel Comte, et ses instrumentistes du Concert de L’Hostel Dieu. Le cd DUEL paru en avril 2019 a reçu le CLIC de CLASSIQUENEWS. Le programme Duel poursuit sa tournée après un concert au Händel-Festpiel de Halle il est aussi à Saint-Donat le 11 août pour la clôture du Festival Bach.

https://www.youtube.com/watch?v=5RWzXj5y6Nw

Duel: Porpora and Handel in London by Giuseppina Bridelli, Le Concert de l’Hostel Dieu & F-E Comte

 

 

LIRE notre critique du cd DUEL : Porpora versus Handel par Giuseppina Bridelli et Franck-Emanuel COMTE : Le Concert de l’HOSTEL DIEU

 

 

 

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TOUTES LES INFOS, LES DATES DES CONCERTS sur le site du CONCERT DE L’HOSTEL-DIEU

 

 

CONCERT DE L'HOSTEL DIEU : saison 2018 - 2019

 

 

L’Ă©tĂ© 2019 du Concert de l’HOSTEL DIEU : Musicales, en Auxois, Saint-Dont, Cencic, Folia, Duel…

logo-chd-or-e1493796881107ETE 2019. Le CONCERT DE L’HOSTEL DIEU – Franck-Emmanuel COMTE : concerts, tournĂ©es, festivals, cd… Reprise en tournĂ©e du spectacle baroque chorĂ©graphique FOLIA !, Festivals Les Musicales en Auxois et le Festival BACH de Saint-Donat ; nouveau programme Orlando conçu pour Max-Emanuel Cencic… Tels sont les temps forts entre autres, de l’ensemble sur instruments anciens crĂ©Ă© par Franck-Emmanuel COMTE : le CONCERT DE L’HOSTEL DIEU. Un cycle d’évĂ©nements majeurs, Ă  suivre cet Ă©tĂ© 2019.

 

 

 

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FOLIA EN TOURNÉE

folia-concert-de-l-hostel-dieu-franck-emmanuel-comte-concert-festival-opera-annonce-critique-par-classiquenews-juillet-2019Fusionner musique baroque et danse contemporaine en tableaux oniriques… c’est le pari réussi de cette production particulièrement convaincante que CLASSIQUENEWS avait distingué par un CLIC (meilleur spectacle 2018). Le cd qui est paru dans la foulée a confirmé la force poétique et expressive de la « bande-son » d’un spectacle total, grâce à l’engagement des instrumentistes sur instruments historiques du Concert de l’Hostel Dieu, et aussi de la soprano Heather Newhouse.  Le projet fou de Mourad Merzouki et Franck-Emmanuel part en tournée pendant six mois… Créé lors du Festival des Nuits de Fourvière, c’est la rencontre surprenante et inattendue entre le répertoire des folias baroques du Concert de l’Hostel Dieu et le hip hop de Merzouki. Stuttgart, Limoges, Périgueux, Caluire et Paris : au total, 57 représentations pour plus de 60 000 spectateurs attendus ! A ne pas manquer entre autres, le 20 juillet 2019 au Zénith de Limoges

LIRE ici critique du cd FOLIA et annonce du spectacle en tournée : http://www.classiquenews.com/cd-critique-folia-le-concert-de-lhostel-dieu-franck-emmanuel-comte-direction-1-cd-1001-notes-2018/

LIRE aussi notre critique du spectacle FOLIA présenté aux Nuits de Fourvière et retransmis sur ARTE

 

 

 

 

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FRANCK-EMMANUEL ET SES FESTIVALS

comte-franck-emmanuel-concert-hostel-dieu-portrait-classiquenews-baguette-marco-polo-classiquenews-582Franck-Emmanuel COMTE, directeur de l’ensemble Le Concert de l’Hostel Dieu reste très attaché à deux festivals qu’il accompagne fidèlement depuis de nombreuses années en proposant une programmation originale. Sur sa terre natale de Bourgogne, il est le créateur et le directeur artistique des Musicales en Auxois depuis 25 ans. Les collines verdoyantes de l’Auxois accueillent ainsi un festival dense et atypique. Plus au sud, dans la Drôme, c’est J.-S. Bach qui est mis à l’honneur dans l’écrin patrimonial du Palais Delphinal et de la Collégiale de Saint-Donat. « Bach et l’esprit féminin » est le thème de la 57e édition 2019.

 

 

MUSICALES EN AUXOIS : les 25 ans

En 2019, le Festival Musicales en Auxois fête ses 25 ans !! Le terme de la Folie sera à l’honneur pour ce festival anniversaire. Non pas au sens psychiatrique du terme, mais au sens de la fête, de l’énergie, de la joie.… de la transe collective et de l’exultation libératrice, telles qu’elles s’expriment aussi dans le spectacle baroque et chorégraphique créé par  Mourad Merzouki et Franck-Emmanuel en 2018 et qui est aussi à l’honneur d’une tournée en 2019. Une folie créatrice, synonyme d’inventivité et d’originalité parcourt ainsi les différents rendez-vous musicaux proposés par le Festival.

Sans oublier la convivialité, laquelle fait partie intégrante de l’ADN du festival, et ce depuis sa création en 1994. Les concerts seront ainsi accompagnés de moments de découvertes et d’échanges entre artistes et publics, permettant à chacun de prolonger l’expérience artistique et humaine des concerts. Au regard du thème du festival, comment éviter ce thème si connu aux siècles baroques ? D’origine portugaise, elle enflamme bientôt toute l’Europe : de l’Espagne à la France, en passant par l’Italie. La Follia permet de nourrir un fil rouge, tout au long de la programmation. Nous la retrouverons au cœur de la soirée d’ouverture avec le programme « Dolce Follia » présenté par le CHD, jusqu’au concert de clôture « balkanique » proposée par le quintette Bumbac !

Entre musiques anciennes et traditionnelles, classiques revisitées et musiques du monde, les Musicales en Auxois restent fidèles à leur esprit : faire découvrir de nouvelles musiques ou de nouvelles façons d’interpréter les musiques anciennes, le tout valorisé par l’exceptionnel patrimoine architectural de l’Auxois. Vivement l’été !

MUSICALES EN AUXOIS 2019 – 25 juil – 8 aoĂ»t 2019

 

 

https://musicalesenauxois.wixsite.com/musicalesenauxois

 

Festival BACh de Saint DONAT classiquenewsLe C.M.I J.-S. Bach / Centre Musical International JS BACH anime de nouveau, depuis 2018, le Festival Bach de Saint-Donat. Le thème de l’édition 2019 « Bach et l’esprit féminin » est illustré par plusieurs musiciens talentueux, familiers de Bach et de la musique baroque (Benjamin Alard, Le Concert de l’Hostel Dieu,…) et par une programmation originale et diversifiée. Solistes invités : Magalie Léger, Giuseppina Bridelli, Myriam Arbouz, Paulin Bündgen, Benoît Haller… et des ensembles musicaux se produisant à Saint-Donat pour la première fois : l’Orchestre Baroque de Montauban, La Chapelle Rhénane, Consort de flûtes Brouillamini, Unidos da Batida.

FESTIVAL BACH DE SAINT-DONAT 2019 – 2 – 11 aoĂ»t 2019

http://cmi-bach.fr/

 

 

 

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MAX EMANUEL CENCIC et le CHD

cencic-emanuel-porpora-arias-decca-cd-presentation-and-review-cd-critique-par-classiquenewsLe Concert de l’Hostel Dieu annonce aussi sa première collaboration avec Max Emanuel Cencic dans un programme conçu « sur mesure » pour le contre-ténor croate : « Orlando », un portrait en trois dimensions mis en musique par Handel, Vivaldi, Porpora, soit les plus grands maîtres de l’opera seria italien, à la fois virtuose et expressionniste. Le titre rappelle le livre à la fois futuriste et fantastique de Virginia Woolf dont le héros change de sexe à travers les âges… couleur trouble qui renvoie surtout au timbre si particulier du contre-ténor qui joue souvent à revêtir travestissements et figures de l’ambivalence…  Concerts au festival de Froville et au très select Wigmore Hall à Londres.

> Pour en savoir plus cliquez ICI

http://www.concert-hosteldieu.com/diffusion/baroque-et-18eme/orlando-recital-cencic/

7 juillet 2019

Festival de Froville (54)

11 juillet 2019

Wigmore Hall (UK)

 

 

PROGRAMME & PRÉSENTATION

Extraits d’opéra d’Antonio Vivaldi (Orlando furioso), Georg Friedrich Händel (Orlando furioso, Rinaldo) et Nicola Porpora (Angelica e Medoro). Orlando furioso est considéré comme le résumé et le joyau de toute la littérature épique. L’action de ce roman de chevalerie met en scène le héros Roland qui accomplit mille exploits. Imaginé par le poète de la Renaissance Ludovico Ariosto, dit l’Arioste, Orlando furioso a été écrit dans le dialecte de Ferrare puis adapté en toscan. L’action a pour toile de fond la guerre que mène Charlemagne contre les Sarrasins.

Deux siècles plus tard, le poème épique devient le point commun et une source d’inspiration majeure des trois « géants » du style baroque : Handel, Vivaldi et Porpora. Chacun compose un opéra sur le sujet. Agencé sur mesure pour les caractéristiques vocales et le charisme de Max Emanuel Cencic, le nouveau programme du Concert de l’Hostel Dieu a pour fil conducteur le personnage d’Orlando, ses actions romanesques, sa rencontre avec la guerrière Bradamante et la magicienne Alcina, ses élans amoureux, mais aussi sa folie… Un récital brillant et expressif à la hauteur du souffle épique du poème de l’Arioste et du talent du contre-ténor. Ici la passion amoureuse vainc le héros guerrier : sur l’échiquier sentimental ce dernier perd la raison…

 

 

 

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DERNIR CD : « DUEL »

duel-concert-de-l-hostel-dieu-franck-emmanuel-comte-giuseppina-bridelli-opera-cd-evenement-critique-cd-cd-review-opera-musique-classique-news-classiquenewsL’enregistrement paru chez Arcana/Outhere et qui gagne son relief musical de la confrontation entre les écritures lyriques de Porpora et de handel à Londres dans les années 1730, bénéficie de la complicité entre le somptueux et ardent mezzo de la jeune Giuseppina Bridelli et de Franck-Emmanuel Comte, et ses instrumentistes du Concert de L’Hostel Dieu. Le cd DUEL paru en avril 2019 a reçu le CLIC de CLASSIQUENEWS. Le programme Duel poursuit sa tournée après un concert au Händel-Festpiel de Halle il est aussi à Saint-Donat le 11 août pour la clôture du Festival Bach.

https://www.youtube.com/watch?v=5RWzXj5y6Nw

Duel: Porpora and Handel in London by Giuseppina Bridelli, Le Concert de l’Hostel Dieu & F-E Comte

 

 

LIRE notre critique du cd DUEL : Porpora versus Handel par Giuseppina Bridelli et Franck-Emanuel COMTE : Le Concert de l’HOSTEL DIEU

 

 

 

 
 

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TOUTES LES INFOS, LES DATES DES CONCERTS sur le site du CONCERT DE L’HOSTEL-DIEU

 

 

CONCERT DE L'HOSTEL DIEU : saison 2018 - 2019

 

   

 

CD, compte rendu critique. Max Emanuel Cencic : Arie Napoletane (1 cd Decca)

cencic arie napolitane cd decca review account of compte rendu critique du cd CLASSIQUENEWS cover Arie NapoletaneCD, compte rendu critique. Max Emanuel Cencic : Arie Napoletane (1 cd Decca). Le chanteur croate, Max Emanuel Cencic, rĂ©cent locataire de l’OpĂ©ra royal de Versailles pour des recrĂ©ations lyriques passionnantes, se dĂ©die dans ce nouvel album Decca, Ă  la flamme dramatique des Napolitains, lesquels au dĂ©but du XVIIIè, s’emparent de la scène lyrique au dĂ©triment de Venise ou de Rome. Associant subtilement virtuositĂ© et dramatisme, les auteurs Napolitains incarnent l’âge d’or de l’opĂ©ra baroque du XVIIIè ainsi que les chanteurs spĂ©cifiques, fruits des Ospedale de la cite partĂ©nopĂ©enne : les castrats. Max Emanuel Cencic rend hommage et Ă  l’essor de Naples comme nouvelle capitale de l’opĂ©ra au XVIIIè, et aux fabuleux “divos”, les castrats dont les contre-tĂ©nors contemporains tentent de rĂ©tablir les prouesses vocales. Après son prĂ©cĂ©dent cd Rokoko, inaugurant sa collaboration chez Decca, Max Emanuel Cencic dans Arie Napoletane confirme la justesse artistique de ses programmes discographiques.

Max Emanuel Cencic dĂ©voile Siroe de HasseMedium Ă©largi et facilitĂ© coloratoure, le contre tĂ©nor altiste Max Emanuel Cencic se dĂ©die aux compositeurs napolitains ici, dont le plus ancien, Alessandro Scarlatti (1660-1725) ouvre une constellation heureuse de tempĂ©raments dramatiques. La collection dĂ©bute avec Porpora et ses acrobaties dĂ©lirantes d’une virtuositĂ© vertigineuse dans des intervalles extrĂŞmes (Polifemo). Puis plus amoureux et solennel, l’air de Demetrio de Leonardo Leo (1694-1744) se distingue : c’est un air langoureux qui exige un legato et un souffle infaillibles, des couleurs riches et  chaudes… que Cencic affirme sans dĂ©faillir.
L’Eraclea de Leonardo Vinci (1690-1730), compositeur que le contre-tĂ©nor apprĂ©cie particulièrement (voir Artaxerse, rĂ©cemment recrĂ©Ă© par ses soins), fait montre d’une mĂŞme agilitĂ© vocale, avec en bonus l’âpretĂ© mordante et bondissante des instrumentistes affĂ»tĂ©s d’Il Pomo d’oro.
Plus introspectif et mélancolique Il Progioniero fortunato de Scarlatti permet à Cenci de nuancer et colorer tout autant sur le registre nostalgique.
Somptueuse contribution dans une myriade de premières (le programme n’en est pas avare en regroupant nombre de recrĂ©ations mondiales), le Pergolesi captive : L’infelice in questo stato de L’Olimpiade par ses teintes tendres, et sa profondeur plus mesurĂ©e, nuancĂ©e, caressante, mĂŞme s’il n’est pas inĂ©dit, confirme une Ă©vidente sĂ©duction.
Les deux Leo qui suivent soulignent une caractĂ©risation plus vive, exploitant l’assise de graves Ă©panouis et toujours l’agilitĂ© du medium souple et chaud (Demetrio), sans empĂŞcher une ample gravitĂ© tendre (Siface).
Enfin , la rayonnante sensibilitĂ© du dernier Porpora impressionne par son ampleur et son souffle d’une ineffable tendresse hĂ©roĂŻque, le Germanico in Germania accrĂ©dite encore l’apport du prĂ©sent rĂ©cital : lĂ  encore, le medium parfaitement conduit aux couleurs chaudes, convainc continuement.
Le dernier Scarlatti : “Vago mio sole” de Massimo Puppieno dĂ©veloppe une mĂŞme langueur extatique qui s’appuie sur les seules capacitĂ©s de l’interprète; idĂ©alement inspirĂ©. On note seulement un manque d’expressivitĂ© ou de surenchère parfois opportune dans les reprises da capo : et mĂŞme si l’articulation est parfois lisse moins consomnĂ©e, le feu vocal et la pure virtuositĂ© demeure prenante ; c’est après tout,castrats oblige, le marqueur principale de la fabrique napolitaine baroque.

En bonus, les instrumentistes jouent Ă©galement en première mondiale, les trois mouvements du Concerto en rĂ© majeur pour deux violons et clavecin de Domenico Auletta (1723-1753) dont le feu napolitain, Ă  la fois fantasque et capricieux, d’une bonhommie franche et espiègle (et mĂŞme dĂ©licatement suave dans le largo central) ajoute Ă  ce portrait vocal et instrumental de la vitalitĂ© de l’Ă©cole napolitaine, y compris dans le genre concertant strictement instrumental. L’intelligence du chanteur recentre le chant sur le medium de la voix dĂ©sormais ample et charnu, Ă©vitant soigneusement les suraigus problĂ©matiques. Aux cĂ´tĂ©s de son discernement sur l’Ă©volution irrĂ©sistible de l’organe, la recherche de couleur, de caractère comme de tension expressive reste son souci exemplaire.

CD, compte rendu critique. Arie Napoletane, Max Emanuel Cencic. 1 cd Decca.
Enregistrement réalisé en février 2015.

Tournée 2016. Le programme lyrique Arie Napoletane de Max Emanuel Cencic est en tournée en 2016 : 20 janvier 2016 (Paris, TCE), 22 janvier (Lyon, chapelle de la Trinité), puis 29 mars (Opéra de Rouen).

CD annonce. cd Arie napolitaine par Max Emanuel Cencic (Decca). A paraître le 2 octobre 2015

cencic arie napolitane cd decca review account of compte rendu critique du cd CLASSIQUENEWS cover Arie NapoletaneCD annonce. cd Arie napolitaine par Max Emanuel Cencic (Decca). A paraĂ®tre le 2 octobre 2015. Après le formidable Artaserse (1730, rĂ©vĂ©lĂ© dès 2012) de Leonardo Vinci (auteur prĂ©sent Ă  nouveau ici), Ă  la fois tremplin des jeune nouveaux hautes contres (Fagioli, Berna Sabadus, Mynenko…) et ouvrage d’un flamboyant lyrisme propre Ă  la Naples du XVIIè, le contre tĂ©nor croate nĂ© en 1976 (altiste) Max Emanuel Cencic affirme un goĂ»t sĂ»r pour le dĂ©frichement rare et d’autant plus admirable : il continue d’explorer les trĂ©sors oubliĂ©s partĂ©nopĂ©ens avec un nouvel album Ă©ditĂ© par Decca, dĂ©but octobre 2015 : Arie Napoletane, nouveau rĂ©cital, comportant plusieurs rĂ©vĂ©lations, joyaux de l’opera seria napolitain du dĂ©but du XVIII e siècle  (soit 10 enregistrements en première mondiale); le travail du chanteur observe et la sensualitĂ© virtuose des airs d’hĂ©roĂŻsme ou de langueur et l’impact linguistique des rĂ©citatifs qui mettent en avant le texte, Ă©lĂ©ment essentiel de la lyre italienne baroque. A l’époque, la machine napolitaine doit sa grande rĂ©putation et son extraordinaire sĂ©duction au chant des castrats (Farinelli, Senesino ou encore Caffarelli s’y sont rĂ©vĂ©lĂ©s), enfants musiciens virtuoses produits des quatre conservatoires de Naples sur lesquels rĂ©gnèrent des auteurs attentionnĂ©s et soucieux de l’essor de leurs Ă©lèves chanteurs : Alessandro Scarlatti, Leonardo Leo, Leonardo Vinci, Nicola Porpora ou encore Giovanni Battista Pergolesi… Les amateurs de chant passionnĂ© autant que contournĂ© retrouvent ici Max Emanuel Cencic, cette voix flexible, corsĂ©e, contrastĂ©e qui aime cultiver les dĂ©fis vocaux. Comme Cecilia Bartoli, Cencic aime approfondir et bien prĂ©parer chaque rĂ©cital lyrique… Celui-lĂ  en est un, après un prĂ©cĂ©dent dĂ©diĂ© Ă  Adolf Hasse, “Apollon europĂ©en”, auteur de virtuositĂ©s elles aussi langoureuses et hĂ©roĂŻques… (LIRE notre compte rendu du cd Rokoko, Ă©ditĂ© par Decca dĂ©jĂ  en janvier 2014 avec l’excellent ensemble Armonia Atenea de George Petrou). Prochaine critique dĂ©veloppĂ©e du cd Arie napolitaine par Max Emanuel Cencic dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

 

LIRE aussi notre critique développée du DVD Artaserse de Leonardo Vinci

 

 

 

Compte rendu, opéra. Versailles. Opéra Royal, le 26 novembre 2014.Johann Adolph Hasse (1699-1783) : Siroé, Rè di Persia, Opéra seria en trois actes. Livret de Métastase. Créée au Teatro Mavezzi à Bologne, le 2 mai 1733. Première en France d’une nouvelle production. Avec : Siroé, Max Emanuel Cencic ; Laodice, Julia Lezhneva ; Medarse,  Mary-Ellen Nesi ;Cosroe, Juan Sancho ; Arasse, Laureen Snouffer ; Emira, Roxana Constantinescu; Mise en scène, Max Emanuel Cencic. Décors, Bruno de Lavenère. Lumières, David Debrinay ; Video, Etienne Guiol. Armonia Atenea ; George Petrou, direction.

cencic siroe hasse Max-Emanuel-Cencic-Hasse-Siroe-George-Petrou-Armonia-AteneaAprès Faramondo de Haendel en 2009 et Artaserse de Vinci en 2012, c’est avec un opĂ©ra de Hasse que Max Emanuel Cencic nous revient. Si le CD en est sorti Ă  la rentrĂ©e, unanimement saluĂ© par la critique et un rĂ©el succès auprès du public, sa crĂ©ation scĂ©nique en première Ă  l’OpĂ©ra Royal de Versailles Ă©tait très attendue. Cependant la distribution en est lĂ©gèrement diffĂ©rente, Franco Fagioli n’Ă©tant pas libre pour l’occasion… elle n’en a pas moins Ă©tĂ© la plus belle surprise de la soirĂ©e, nous offrant de belles dĂ©couvertes et confirmant des talents que l’on a retrouvĂ©s avec un rĂ©el plaisir. En cette pĂ©riode particulièrement morose, le rĂŞve d’une Perse chatoyante, ne pouvait que faire venir un public nombreux jusqu’Ă  la ville royale en quĂŞte de joyaux lyriques et de nuits enchantĂ©es. SiroĂ©, Re di Persia de Johann Adolph Hasse, est un petit bijou qui bĂ©nĂ©ficie d’un livret de MĂ©tastase offrant des niveaux de lecture des plus riches.

 

 

 

Siroe : joyau lyrique

 

CrĂ©Ă© en 1733 Ă  Bologne, le succès de sa crĂ©ation, ne lui Ă©pargna pourtant pas une disparition complète, totalement injuste, de la scène depuis la fin du XVIIIe siècle. Ici le nombre de personnages en est rĂ©duit, six au total. Drame filiale et amours contrariĂ©s en sont les fils conducteurs qui permettent de crĂ©er des situations dramatiques et psychologiques des plus intĂ©ressantes. CosroĂ©, roi vieillissant, doit se choisir un hĂ©ritier. Il a deux fils, SiroĂ© et Medarse. Le premier est le plus lĂ©gitime mais en conflit avec son père, car il est Ă©perdument amoureux d’Emira, la fille d’un ennemi qu’a assassinĂ© CosroĂ© de ses propres mains. Il choisit donc Medarse, le plus jeune, un jeune homme envieux, Ă©pris de pouvoir, mais en apparence fidèle et soumis Ă  ce père autoritaire. SiroĂ© va donc devoir traverser un certain nombre d’épreuves – politiques et amoureuses- avant de pouvoir exercer le pouvoir qui lui revient. Car sa loyautĂ© est Ă©galement mise en cause par la maĂ®tresse de CosroĂ©, Loadice qui vient par la passion qu’elle voue au jeune homme, encore creuser le fossĂ© entre les deux hommes. AidĂ© d’un seul ami fidèle, Arasse, SiroĂ© parvient Ă  dĂ©jouer les complots montĂ©s par son frère et Loadice, enfin rĂ©tablir l’harmonie dans le lieto fine.

Si pour sa première mise en scène Max Emanuel Cencic ne rĂ©ussit pas un sans – faute, il parvient toutefois Ă  faire naĂ®tre l’enchantement tant attendu. Les merveilleux dĂ©cors – faits de moucharabiehs mobiles aux magiques arabesques – et les costumes luxuriants, de Bruno de Levenère, lui permettent de suggĂ©rer un onirisme proche des miniatures persanes qu’il Ă©voque dans le programme. Les superbes lumières de David Debrinay dessinent des fleurs et des calligraphies qui nous enchantent.

Malheureusement, l’abus de videos efface le côté tragique et émotionnel dans la scène de la prison. Tout comme le côté sur joué de certaines scènes, accentue plutôt un côté comique assez surprenant ici. On peut également aussi regretter des références à la franc-maçonnerie qui n’ont pas forcément leur place chez Metastase. Mais ce ne sont pas ces quelques détails qui auront gâché notre soirée, d’autant plus que doué de multiples talents, Max Emanuel Cencic a donc réuni autour de lui une magnifique distribution.

Juan Sancho dans le rôle du père rongé par le doute et les remords inavouables, campe un Cosroé tragique. Tandis que Mary-Ellen Nesi est un Medarse versatile et arrogant qui progressivement tout comme son frère d’ailleurs, gagne en maturité. La voix est parfaitement projetée et le plaisir jubilatoire de jouer le rôle du méchant est manifeste. Lauren Snouffer et Roxana Constantinescou, respectivement Arasse, l’ami fidèle de Siroé et Emira, l’amante qui souhaite tant faire porter à Siroé le poids de sa vengeance, sont de magnifiques révélations. La première nous éblouit par la pureté de son timbre et des vocalises cristalines, tandis que le timbre suave et fruité de la seconde nous ensorcelle. Julia Lezhneva fait de sa Loadice, une peste diablement séduisante. Sa virtuosité exceptionnelle dans des vocalises d’une beauté arachnéenne, lui valent une véritable ovation à la fin de son troisième air. Enfin à tout seigneur, tout honneur, le timbre de Max Emanuel Cencic aux graves d’une sensualité troublante, sa technique impeccable et sa présence scénique, font de son Siroé un personnage particulièrement attachant et séduisant.

La direction énergique et dramatique de George Petrou insuffle à l’ensemble Armonia Atenea une belle vitalité, même si l’on aimerait percevoir un peu plus de couleurs dans les récitatifs.

Grâce soit rendue à Max Emanuel Cencic et à tous ceux qui lui ont permis de porter ce nouveau programme jusqu’à son accomplissement et tout particulièrement aux dirigeants de Château de Versailles Spectacles, car on ne pouvait rêver lieu plus envoûtant que l’Opéra Royal pour une première française.

Versailles. Opéra Royal, le 26 novembre 2014.Johann Adolph Hasse (1699-1783) : Siroé, Rè di Persia, Opéra seria en trois actes. Livret de Métastase. Créée au Teatro Mavezzi à Bologne, le 2 mai 1733. Première en France d’une nouvelle production. Avec : Siroé, Max Emanuel Cencic ; Laodice, Julia Lezhneva ; Medarse,  Mary-Ellen Nesi ;Cosroe, Juan Sancho ; Arasse, Laureen Snouffer ; Emira, Roxana Constantinescu; Mise en scène, Max Emanuel Cencic. Décors, Bruno de Lavenère. Lumières, David Debrinay ; Video, Etienne Guiol. Armonia Atenea ; George Petrou, direction.

 

 

 

Approfondir : LIRE notre critique complète du coffret DECCA : Siroe de Hasse par Max Emanuel Cencic

 

 

Siroe de Hasse Ă  l’opĂ©ra royal de Versailles

cencic siroe hasse Max-Emanuel-Cencic-Hasse-Siroe-George-Petrou-Armonia-AteneaVersailles, les 26,28 30 novembre 2014. Max Emanuel Cencic chante SiroĂ© de Hasse sur la scène et au disque (novembre 2014). Fervent interprète des passions baroques, le contre tĂ©nor Max emanuel Cencic offre en première française, la recrĂ©ation de l’opĂ©ra seria Siroe d’un contemporain de Haendel et de Rameau, Hasse…  Au moment oĂą Rameau rĂ©volutionne de façon scandaleuse la tragĂ©die lyrique française avec son premier opĂ©ra : Hippolyte et Aricie (1733),  soulignant la spĂ©cificitĂ© gauloise quand toute l’Europe s’entiche pour l’opĂ©ra italien en particulier napolitain,  le gĂ©nial Saxon Hasse assure justement l’essor irrĂ©pressible du seria napolitain avec son Siroe que rĂ©vèle aujourd’hui le contre tĂ©nor aux graves agiles, Max Emanuel Cencic. Le disque paraĂ®t dĂ©but novembre chez Decca et le chanteur met en scène les reprĂ©sentations de novembre 2014 Ă  l’opĂ©ra royal de Versailles. En LIRE +

 

 

 

hasse siroe cencic cd decca

Siroe scena da SiroeL’histoire de SiroĂ© associe un contexte historique et des intrigues amoureuses croisĂ©es: en 628, le belliqueux Roi des Perses CosroĂ© (Chosroès II), en guerre depuis des annĂ©es, avec l’Empereur ChrĂ©tien HĂ©raclius et lui ayant pris l’Egypte, la Syrie et la Palestine, dĂ©cide de ne pas donner sa succession Ă  son fils aĂ®nĂ© SiroĂ©. Celui-ci se rĂ©volte devant cette injustice et fait assassiner son père. SiroĂ© devient Roi des Perses en 628. Il Ă©crit aussitĂ´t Ă  HĂ©raclius pour signer la paix, permettant Ă  l’Asie Centrale de vivre une pĂ©riode de splendeur et de sĂ©rĂ©nitĂ©. Tout en brossant le portrait d’un prince Ă©clairĂ© et vrtueux, Hasse exploite l’opposition des chrĂ©tiens et des perses, exacerbe les rivalitĂ©s et multiplie les situations conflictuelles, les confrontations tendues et passionnĂ©es qu’il traite toujours en privilĂ©giant la virtuositĂ© de ses solistes. C’est aussi une claire illustration selon les principes pronĂ©s par MĂ©tastase, de la figure du prince providentiel, tout d’abord victime puis peu Ă  peu puissant mais lumineux,  c’est Ă  dire civilisateur et pacifique.  L’incarnation renouvelĂ©e d’un nouvel Alexandre.

Agenda
Versailles, Opéra royal
Les 26, 28 novembre 2014, 20h
Le 30 novembre, 15h
avec
Max Emanuel Cencic, Siroé
Julia Lezhneva, Laodice
Mary-Ellen Nesi, Medarse
Juan Sancho, Cosroe
Laureen Snouffer, Arasse
Dilyara Idrisova, Emira
Armonia Atenea
George Petrou, direction
Max Emanuel Cencic, mise en scène
Durée : 3h30 entracte inclus Tarif : de 35 à 140 €

CD
Hasse : Siroe, Max Emanuel Cencic. Double cd Decca, réf. 478 6768 : parution le 3 novembre 2014

 

Opéra, recréation. Max Emanuel Cencic chante Siroé de Hasse sur la scène et au disque (novembre 2014)

cencic siroe hasse Max-Emanuel-Cencic-Hasse-Siroe-George-Petrou-Armonia-AteneaOpĂ©ra, recrĂ©ation. Max Emanuel Cencic chante SiroĂ© de Hasse sur la scène et au disque (novembre 2014). Fervent interprète des passions baroques, le contre tĂ©nor Max emanuel Cencic offre en première française, la recrĂ©ation de l’opĂ©ra seria Siroe d’un contemporain de Haendel et de Rameau, Hasse…  Au moment oĂą Rameau rĂ©volutionne de façon scandaleuse la tragĂ©die lyrique française avec son premier opĂ©ra : Hippolyte et Aricie (1733),  soulignant la spĂ©cificitĂ© gauloise quand toute l’Europe s’entiche pour l’opĂ©ra italien en particulier napolitain,  le gĂ©nial Saxon Hasse assure justement l’essor irrĂ©pressible du seria napolitain avec son Siroe que rĂ©vèle aujourd’hui le contre tĂ©nor aux graves agiles, Max Emanuel Cencic. Le disque paraĂ®t dĂ©but novembre chez Decca et le chanteur met en scène les reprĂ©sentations de novembre 2014 Ă  l’opĂ©ra royal de Versailles.

 

 

 

Le Siroé de Cencic sur scène et au disque

 

SiroĂ©, Re di Persia de Johann Adolph Hasse, opera seria en 3 actes est crĂ©Ă© en 1733 Ă  Bologne. La partition n’a jamais Ă©tĂ© reprise depuis le XVIIIe siècle ; elle est l’objet d’une nouvelle production prĂ©sentĂ©e pour la première fois en France Ă  l’OpĂ©ra Royal de Versailles et fait l’objet d’une captation tĂ©lĂ©visĂ©e et d’un enregistrement CD. Après l’Artaserse de Vinci, Max Emanuel Cencic voulait s’attaquer Ă  l’un des plus cĂ©lèbres compositeurs baroques d’opĂ©ras sĂ©rias : Johann Adolph Hasse (1699-1783). Le compositeur prolifique (plus de 56 opĂ©ras) eut une carrière internationale aussi importante que celle de Haendel, avec une renommĂ©e plus grande encore : parti de Hambourg oĂą il avait fait ses premières armes de chanteur d’opĂ©ra, il conquit Naples, Venise, Londres, surtout Vienne et Dresde oĂą il fut MaĂ®tre de Chapelle de 1733 Ă  1763 : pĂ©riode oĂą Rameau règne sur la scène lyrique francaise. Leurs deux carrières sont simultanĂ©es et toutes deux dĂ©diĂ©es au théâtre lyrique. JouĂ©s dans toute l’Europe, ses operas serias s’imposent comme des rĂ©fĂ©rences dans les annĂ©es 1725-1765 et sont dĂ©fendus par les plus grands chanteurs, de Farinelli Ă  Faustina Bordoni (qu’il Ă©pousa). La formule de Hasse incarne cet idĂ©al esthĂ©tique façonnĂ©e par Porpora dans la citĂ© partĂ©nopĂ©enne: elle rentre en concurrence directe avec l’opĂ©ra français ou les ouvrages contemporains de Vivaldi Ă  Venise et de Haendel Ă  Londres. La virtuositĂ© exprime les temps forts de l’action dramatique.
hasse siroe cencic cd deccaPour restituer le chef-d’œuvre de Hasse, Max Emanuel Cencic coiffe la triple casquette de producteur, metteur en scène, interprète et s’entoure de chanteurs Ă  l’agilitĂ© acrobatique dĂ©jĂ  Ă©prouvĂ©e, comme Julia Lezhneva, de l’orchestre Armonia Atenea et du chef George Petrou dont classiquenews vient de souligner la flamme articulĂ©e de son approche surprenante des CrĂ©atures de PromĂ©thĂ©e de Beethoven, rĂ©cemment Ă©ditĂ© (CLIC de classiquenews de juillet 2014).

Siroe scena da SiroeL’histoire de SiroĂ© associe un contexte historique et des intrigues amoureuses croisĂ©es: en 628, le belliqueux Roi des Perses CosroĂ© (Chosroès II), en guerre depuis des annĂ©es, avec l’Empereur ChrĂ©tien HĂ©raclius et lui ayant pris l’Egypte, la Syrie et la Palestine, dĂ©cide de ne pas donner sa succession Ă  son fils aĂ®nĂ© SiroĂ©. Celui-ci se rĂ©volte devant cette injustice et fait assassiner son père. SiroĂ© devient Roi des Perses en 628. Il Ă©crit aussitĂ´t Ă  HĂ©raclius pour signer la paix, permettant Ă  l’Asie Centrale de vivre une pĂ©riode de splendeur et de sĂ©rĂ©nitĂ©. Tout en brossant le portrait d’un prince Ă©clairĂ© et vrtueux, Hasse exploite l’opposition des chrĂ©tiens et des perses, exacerbe les rivalitĂ©s et multiplie les situations conflictuelles, les confrontations tendues et passionnĂ©es qu’il traite toujours en privilĂ©giant la virtuositĂ© de ses solistes. C’est aussi une claire illustration selon les principes pronĂ©s par MĂ©tastase, de la figure du prince providentiel, tout d’abord victime puis peu Ă  peu puissant mais lumineux,  c’est Ă  dire civilisateur et pacifique.  L’incarnation renouvelĂ©e d’un nouvel Alexandre.

Agenda
Versailles, Opéra royal
Les 26, 28 novembre 2014, 20h
Le 30 novembre, 15h
avec
Max Emanuel Cencic, Siroé
Julia Lezhneva, Laodice
Mary-Ellen Nesi, Medarse
Juan Sancho, Cosroe
Laureen Snouffer, Arasse
Dilyara Idrisova, Emira
Armonia Atenea
George Petrou, direction
Max Emanuel Cencic, mise en scène
Durée : 3h30 entracte inclus Tarif : de 35 à 140 €

CD
Hasse : Siroe, Max Emanuel Cencic. Double cd Decca, réf. 478 6768 : parution le 3 novembre 2014

 

Compte rendu, opĂ©ra. Versailles. OpĂ©ra Royal, le 5 avril 2014. Haendel : Tamerlano. Max-Emanuel Cencic. Il Pomo d’Oro

Max-Emmanuel-Cencic3Après avoir subjuguĂ© le public de l’OpĂ©ra Royal mi-mars avec une reprise de la production phare de l’annĂ©e 2012 de l’OpĂ©ra National de Lorraine, Artaserse, le contre tĂ©nor Max-Emanuel Cencic est revenu ce soir au Château pour la première de sa toute nouvelle production avec Parnassus ARTS Production (disque Ă  venir) :  Tamerlano de Haendel.

 

Tamerlano de rĂŞve

Disons le tout de suite, même si le temps lui donnera plus de rondeur et de fluidité, la distribution réunie pour le CD et ici, sa version concert, est tout simplement superlative.

La soirĂ©e a toutefois dĂ©butĂ© par coup de théâtre qui aurait pu troubler musiciens et chanteurs si ces derniers n’avaient su rĂ©agir avec un grand professionnalisme, afin d’offrir au public une soirĂ©e inoubliable. Un spectateur victime d’un malaise a nĂ©cessitĂ© une interruption du concert, alors qu’il venait tout juste de commencer et l’intervention rĂ©active et efficace des pompiers du Domaine, dont il faut saluer la prĂ©sence active et le travail tout au long de l’annĂ©e sur le site.

DonnĂ© pour la première Ă  Londres au King’s Theatre, le 31 octobre 1724, Tamerlano repose sur une histoire, qui se situe Ă  une pĂ©riode plus rĂ©cente, que les sujets antiques plus classiques dans le rĂ©pertoire de cette Ă©poque. Le livret de Niccolò Francesco Haym s’inspire de celui qu’Agostino Piovene avait Ă©crit en 1711 pour Gasperini. Livret qui trouve sa source dans une tragĂ©die française que l’on doit Ă  un auteur aujourd’hui totalement oubliĂ© et qui tenta de copier Racine, Jacques Pradon. L’action est resserrĂ©e autour de six personnages aux caractères profondĂ©ment marquĂ©s. La vĂ©ritable tragĂ©die ici est portĂ©e non par Tamerlano, un ancien berger devenu un perfide et amer guerrier mais par le personnage de Bajazet, prisonnier du premier et dont la mort est le moment phare de l’opĂ©ra.

La fille du roi prisonnier, Asteria est amoureuse d’Andronico. Mais Tamerlano a jetĂ© son dĂ©volu sur la jeune fille, tandis que son amant, dans un premier temps accepte de devenir l’alliĂ© de ce nouveau roi lorsque celui-ci lui propose le trĂ´ne de Byzance, se voyant au passage attribuĂ© la main d’Irène, jusqu’alors promise Ă  Tamerlano.

Ce qui marque dans cet opĂ©ra de Haendel, et ce malgrĂ© la beautĂ© des airs, c’est le sens dramatique dĂ©ployĂ© par le Caro Sassone. C’est une vĂ©ritable perle noire, qu’il nous offre oĂą les rĂ©citatifs accompagnĂ©s se multiplient pour mieux poser un sentiment Ă©trange de profond dĂ©sespoir, jusqu’au suicide de Bajazet. Et si le lieto fine intervient, il n’en souligne que plus fortement l’irrĂ©mĂ©diable fatalitĂ© ou l’incroyable lĂ©gèretĂ© du destin.

C’est en version concert que Tamerlano nous a Ă©tĂ© donnĂ©e ce soir. RĂ©unissant autour de lui, la distribution la plus idoine qui soit, Max-Emanuel Cencic, rĂ©ussit une fois de plus Ă  nous convaincre du premier de ses talents, et il en a beaucoup d’autres, celui d’un porteur de projets souvent inĂ©dits ou renouvelants notre regard sur les Ĺ“uvres proposĂ©s et rĂ©unissant autour de lui un casting de rĂŞve.

C’est au tĂ©nor anglais John Mark Ainsley que revient le rĂ´le redoutable et le plus difficile Ă©crit pour un tĂ©nor par Haendel de Bajazet. D’une grande justesse dramatique, la beautĂ© de son timbre qui nous rappelle qu’il fĂ»t un magnifique Orfeo, donne au suicide de Bajazet tout le pathĂ©tique souhaitĂ©. Le dernier souffle du Roi est un murmure bouleversant.

Dans le rĂ´le-titre du tyran, Tamerlano, Xavier Sabata traduit Ă  merveille toute l’ambiguĂŻtĂ© du rĂ´le. Son timbre acidulĂ©, son phrasĂ© vif et clair, fait ressortir la palette de l’Ă©quivoque avec brio : mĂ©lange de perversitĂ©, de cynisme, dominateur et sĂ©ducteur.

Dans le rĂ´le d’Andronico, Max-Emanuel Cencic se montre d’une dĂ©licatesse et d’un charme incomparable. Dès son premier lamento, accompagnĂ© par un violoncelle virtuose, il nous fait ressentir, par la beautĂ© de son timbre, ses graves au velours soyeux, les tourments d’un personnage qui n’ose aimer au grand jour et qui se laisse un temps fasciner par un tyran qui lui offre des rĂŞves de gloire. Les vocalises, la technique ici prennent âme, celle d’un personnage dĂ©vorĂ© par une sensibilitĂ© Ă  fleur de peau.

La superbe basse russe Pavel Kudinov ferme ce quatuor masculin avec une fermeté, une assurance scénique et vocale, qui offre à Leone, rôle secondaire, une présence incontestable.

Le duo fĂ©minin est un duo harmonieux. Sophie Karthauser donne Ă  Asteria tout son hĂ©roĂŻsme, qui cache ses failles par une fière constance. Vaillante dans les airs virtuoses, elle se montre touchante dans « Cor di padre ». Tandis que Ruxandra Donose est une Irène fascinante et dĂ©terminĂ©e, au timbre rond et chaud d’une grande beautĂ©. La direction dansante, bondissante et enthousiaste d’un jeune chef russe que l’on dĂ©couvre Ă  cette occasion, Maxim Emelyanychev, galvanise l’ensemble italien Il Pomo d’Oro. Une bien belle soirĂ©e, magnifiquement servie par des interprètes sachant s’investir de tout leur cĹ“ur.

Versailles. OpĂ©ra Royal, le 5 avril 2014. George Frideric Haendel(1685 – 1759) : Tamerlano, opĂ©ra en trois actes sur un livret de NiccolòFrancesco Haym d’après Agostino Piovene. Tamerlano, Xavier Sabata ; Androcino, Max-Emanuel Cencic ; Bajazet, John Mark Ainsley ; Asteria, Sophie KarthaĂĽser ; Irène, Ruxandra Donose. Leone, Pavel Kudinov. Il Pomo D’Oro, Maxim Emelyanychev, direction.

DĂ©pĂŞche. CD. ROKOKO : Max Emanuel Cencic chante Hasse (Decca)

CLIC_macaron_2014CD  ” clic d’or ” de classiquenews.com. Rokoko : arias de Hasse. Max Emanuel Cencic, contre-ténor (1 cd Decca). Avec Rokoko, le contre-ténor croate (né à Zagreb en 1976) fait une entrée fracassante chez Decca. Si Cecilia Bartoli ressuscite depuis peu la suavité haendélienne d’Agostino Steffani, Max Emanuel Cencic et sa voix d’or, au medium d’une richesse harmonique éblouissante dans ce nouveau programme, célèbre la passion dramatique d’un autre contemporain de Haendel, et comme lui, véritable phare musical européen au XVIIIè : Johann Adolf Hasse (1699-1783).

cd ” coup de coeur de classiquenews.com “
Rokoko : Hasse ressuscité

Max Emanuel Cencic dévoile le génie lyrique de Hasse

CD_CENCIC_max_emanuel_cencic_hasse_opera-arias_DECCA_CD_290_coverROKOKO---copie-1 - copieBurney témoin voyageur et mélomane précieux pour la période, n’hésite pas à l’appeler ” Apollon “, tout en soulignant ce en quoi le style hautement raffiné, virtuose pourtant jamais décoratif de Hasse, fut l’un des plus estimés de son temps, en particulier par les têtes couronnées de Dresde à Vienne… Mais c’est surtout la sincérité et l’intensité de son écriture qui frappent aujourd’hui.
Révélant plusieurs airs extraits des opéras Arminio, Siroe, Tito Vespasiano (deux airs), Tigrane ou La Spartana generosa) sans omettre le superbe air d’ouverture emprunté à son oratorio “Il Cantico de’ Tre Fanciulli), le contre ténor Max Emanuel Cencic ne fait pas que ressusciter un compositeur injustement méconnu aujourd’hui : sa voix flexible et suavement timbrée s’affirme convaincante, d’une fermeté souple et irrésistible dans ce répertoire, dans toute sa plénitude maîtrisée, avec un medium d’une suavité délectable. Récital éblouissant, d’autant plus convaincant que chef et instrumentistes (Armonia Atenea. George Petrou, direction) développent avec le chanteur une superbe complicité expressive et poétique. Nouveau cd élu coup de coeur de classiquenews.com. En lire +

Rokoko : Mac Emanuel Cencic chante Hasse

En direct sur internet. Rokoko : le nouveau récital lyrique de Max Emanuel Cencic, le 30 janvier 2014, 20h sur culturebox. Avec Rokoko, le contre-ténor  croate (né à Zagreb en 1976) fait une entrée fracassante chez Decca. Si Cecilia Bartoli ressuscite depuis peu la suavité haendélienne d’Agostino Steffani, Max Emanuel Cencic et sa voix d’or, au medium d’une richesse harmonique éblouissante dans ce nouveau programme, célèbre la passion dramatique d’un autre contemporain de Haendel, et comme lui, véritable phare musical européen au XVIIIè : Johann Adolf Hasse (1699-1783).

 

 

Hasse révélé

CD_CENCIC_max_emanuel_cencic_hasse_opera-arias_DECCA_CD_290_coverROKOKO---copie-1 - copieD’emblée, c’est un Hasse éclatant et aussi direct qui surprend ici, grâce à son orchestre d’une finesse instrumentale mésestimée (cor, bassons, flûtes…) à laquelle les musiciens apportent un éclairage enthousiasmant. La voix du soliste saisit par son assurance, tout en explorant plusieurs aspects méconnus du compositeur Saxon : ” Notte amica ” (cantico de ” Tre Fanciulli “, plage 1) berce par sa tendresse mozartienne, avec outre sa douceur suave, un soupçon de gravité tragique (couleur du basson)… le brio n’empêche pas la profondeur, voilà un cocktail gagnant qui pourrait bien expliquer la réussite de Hasse (comme c’est le cas de son compatriote et prédécesseur Haendel).
Un bon récital sait varier les humeurs et les climats expressifs, soignant les effets stimulants des contrastes ; ainsi le 2 est plus héroïque et pétaradant faisant valoir l’agilité triomphale d’Arminio, le héros unifcateur des germains contre les romains…
Le débit vocal assumé par Cencic met en lumière cette coupe napolitaine si spécifique, que maîtrise habilement Hasse, et que reprend aussi la vocalità plus artificielle de Jommelli par exemple.
En maĂ®tre d’une dramaturgie lyrique Ă©quilibrĂ©e, Cencic alterne ainsi affects alanguis suspendus (plage 3, Siroe : ” la sorte mia tiranna ” d’une dignitĂ© hĂ©roĂŻque pleine d’effusion plus introspective) tout en ciselant surtout l’impact Ă©motionnel des arias plus trĂ©pidants : ainsi ” Opprimete i contumaci ” de Tito Vespasiono (plage 4) frappe par son allant impĂ©tueux d’autant que l’orchestre sert idĂ©alement la cadence Ă  la fois martiale et fruitĂ©e d’une partition très caractĂ©risĂ©e. MĂŞme tempĂŞte et mĂŞme houle vĂ©ritable, et d’une Ă©nergie vivaldienne (mĂ©lismes accentuĂ©s du basson dialoguant avec les cordes frĂ©nĂ©tiques) dans L’Olimpiade qui suit (plage 5) : ” Siam navi all’onde “… le flot Ă©ruptif est ici dĂ©fendu avec une hargne instrumentale, une onctuositĂ© vocale jamais prise en dĂ©faut. Ipermestra (plage 6), est plus dĂ©tendue et d’une insouciance quasi absente jusque lĂ  dans le programme : l’aria fait valoir la souveraine flexibilitĂ© du medium d’une caressante ivresse… Lire notre critique complète du cd Rokoko de Max Emanuel Cencic

Rokoko, rĂ©cital baroque et lyrique par Max Emanuel Cencic (airs d’opĂ©ras de Hasse). En direct sur internet, jeudi 30 janvier 2014 Ă  20h sur culturebox (en direct de Metz). Visitez le site de culturebox

CD. ROKOKO. Arias de Hasse par Max Emanuel Cencic (Decca)

CLIC_macaron_2014CD. Rokoko : arias de Hasse. Max Emanuel Cencic, contre-tĂ©nor (1 cd Decca). Avec Rokoko, le contre -Ă©nor  croate (nĂ© Ă  Zagreb en 1976) fait une entrĂ©e fracassante chez Decca. Si Cecilia Bartoli ressuscite depuis peu la suavitĂ© haendĂ©lienne d’Agostino Steffani, Max Emanuel Cencic et sa voix d’or, au medium d’une richesse harmonique Ă©blouissante dans ce nouveau programme, cĂ©lèbre la passion dramatique d’un autre contemporain de Haendel, et comme lui, vĂ©ritable phare musical europĂ©en au XVIIIè : Johann Adolf Hasse (1699-1783).

 

 

 

cd ” coup de coeur de classiquenews.com “
Rokoko : Hasse ressuscité

Max Emanuel Cencic dévoile le génie lyrique de Hasse

CD_CENCIC_max_emanuel_cencic_hasse_opera-arias_DECCA_CD_290_coverROKOKO---copie-1 - copieBurney tĂ©moin voyageur et mĂ©lomane prĂ©cieux pour la pĂ©riode, n’hĂ©site pas Ă  l’appeler ” Apollon “, tout en soulignant ce en quoi le style hautement raffinĂ©, virtuose pourtant jamais dĂ©coratif de Hasse, fut l’un des plus estimĂ©s de son temps, en particulier par les tĂŞtes couronnĂ©es de Dresde Ă  Vienne… Mais c’est surtout la sincĂ©ritĂ© et l’intensitĂ© de son Ă©criture qui frappent aujourd’hui.
RĂ©vĂ©lant plusieurs airs extraits des opĂ©ras Arminio, Siroe, Tito Vespasiano (deux airs), Tigrane ou La Spartana generosa) sans omettre le superbe air d’ouverture empruntĂ© Ă  son oratorio “Il Cantico de’ Tre Fanciulli), le contre tĂ©nor Max Emanuel Cencic ne fait pas que ressusciter un compositeur injustement mĂ©connu aujourd’hui : sa voix flexible et suavement timbrĂ©e s’affirme convaincante, d’une fermetĂ© souple et irrĂ©sistible dans ce rĂ©pertoire, dans toute sa plĂ©nitude maĂ®trisĂ©e, avec un medium d’une suavitĂ© dĂ©lectable. RĂ©cital Ă©blouissant, d’autant plus convaincant que chef et instrumentistes (Armonia Atenea. George Petrou, direction) dĂ©veloppent avec le chanteur une superbe complicitĂ© expressive et poĂ©tique. Nouveau cd Ă©lu coup de coeur de classiquenews.com

 

 

Hasse révélé

D’emblĂ©e, c’est un Hasse Ă©clatant et aussi direct qui surprend ici, grâce Ă  son orchestre d’une finesse instrumentale mĂ©sestimĂ©e (cor, bassons, flĂ»tes…) Ă  laquelle les musiciens apportent un Ă©clairage enthousiasmant.
La voix du soliste saisit par son assurance, tout en explorant plusieurs aspects mĂ©connus du compositeur Saxon : ” Notte amica ” (cantico de ” Tre Fanciulli “, plage 1) berce par sa tendresse mozartienne, avec outre sa douceur suave, un soupçon de gravitĂ© tragique (couleur du basson)… le brio n’empĂŞche pas la profondeur, voilĂ  un cocktail gagnant qui pourrait bien expliquer la rĂ©ussite de Hasse (comme c’est le cas de son compatriote et prĂ©dĂ©cesseur Haendel).
Un bon rĂ©cital sait varier les humeurs et les climats expressifs, soignant les effets stimulants des contrastes ; ainsi le 2 est plus hĂ©roĂŻque et pĂ©taradant faisant valoir l’agilitĂ© triomphale d’Arminio, le hĂ©ros unifcateur des germains contre les romains…
Le débit vocal assumé par Cencic met en lumière cette coupe napolitaine si spécifique, que maîtrise habilement Hasse, et que reprend aussi la vocalità plus artificielle de Jommelli par exemple.
En maĂ®tre d’une dramaturgie lyrique Ă©quilibrĂ©e, Cencic alterne ainsi affects alanguis suspendus (plage 3, Siroe : ” la sorte mia tiranna ” d’une dignitĂ© hĂ©roĂŻque pleine d’effusion plus introspective) tout en ciselant surtout l’impact Ă©motionnel des arias plus trĂ©pidants : ainsi ” Opprimete i contumaci ” de Tito Vespasiono (plage 4) frappe par son allant impĂ©tueux d’autant que l’orchestre sert idĂ©alement la cadence Ă  la fois martiale et fruitĂ©e d’une partition très caractĂ©risĂ©e. MĂŞme tempĂŞte et mĂŞme houle vĂ©ritable, et d’une Ă©nergie vivaldienne (mĂ©lismes accentuĂ©s du basson dialoguant avec les cordes frĂ©nĂ©tiques) dans L’Olimpiade qui suit (plage 5) : ” Siam navi all’onde “… le flot Ă©ruptif est ici dĂ©fendu avec une hargne instrumentale, une onctuositĂ© vocale jamais prise en dĂ©faut.
Ipermestra (plage 6), est plus dĂ©tendue et d’une insouciance quasi absente jusque lĂ  dans le programme : l’aria fait valoir la souveraine flexibilitĂ© du medium d’une caressante ivresse.

 

 

FlexibilitĂ© d’une voix contrastĂ©e

Après le Concerto pour mandoline (qui repose l’Ă©coute suscitĂ©e par la fougue expressive du contre tĂ©nor), la seconde partie du rĂ©cital est de la mĂŞme veine : souple, caractĂ©risĂ©e, ardente, profonde. Le soliste redouble mĂŞme de gĂ©nĂ©reuse expressivitĂ© dans deux airs sollicitant le souffle et l’agilitĂ©, le soutien comme le style : ” De’folgori di Giove ” d’Il Trionfo di Clelia, plage 10) d’une belle nervositĂ© martiale (cors rugissants très mis en avant) : le hĂ©ros civilisateur, vainqueur d’une arrogance noble et gĂ©nĂ©reuse s’y prĂ©cise ; comme dans la place suivante (” Se un tenero affetto ” de La Spartana Generosa, plage 11 donc) : fureur vertigineuse et la belle intensitĂ© lĂ  encore s’affirment avec une assurance belliqueuse ; l’abattage est d’une rare autoritĂ© vocale y compris dans les mĂ©lismes et cascades les plus acrobatiques, exigeant surenchère expressive et prĂ©cision rythmique. Du grand art. Dans le second air extrait d’Il trionfo di Clelia : Dei di Roma : la douceur souveraine se fait plus rĂ©confortante (avec une belle instrumention comprenant hautbois, flĂ»te et bassons); le registre et l’ambitus -plus central, sont ici idĂ©alement confortables pour la voix de Max Emanuel Cencic, aux couleurs sombres idĂ©alement claires et mordantes.
Pour conclure ce rĂ©cital en tous points abouti, les musiciens relèvent les dĂ©fis des deux derniers airs : ” Solca il mar ” (plage 13, extrait d’Il Tigrane), vĂ©ritable air de bravoure, expression d’une stabilitĂ© et d’une assurance inflexible sur l’ocĂ©an et la houle d’un destin souvent contraire (notez la mĂ©taphore, car le texte parle de tempĂŞte et de naufrage) : la très belle complicitĂ© des instrumentistes (cors nobles et cordes trĂ©pidantes) sert la belle progression dynamique dont est capable le contre-tĂ©nor.
Enfin en guise de coda et d’adieux, rien ne vaut des accents secs Ă  l’orchestre, ceux d’une coupe frĂ©nĂ©tique : ardeur expressive, agilitĂ©, virtuositĂ© et expressionnisme d’une flamme toute tragique dans Tito Vespasiano, Max Emanuel Cencic se tire avec subtilitĂ© de cet air ample ; il passe de l’orage tragique Ă©perdu Ă  la langueur plus implorante, rĂ©ussissant les passages avec ce moelleux et ce soutien si dĂ©lectables. Saluons l’artiste, l’interprète, l’instinct du musicien, idĂ©alement au diapason des affects d’un Hasse souvent imprĂ©visible, d’une constante rage dramatique.
Au total, en 8 opĂ©ras et 1 oratorio ainsi dĂ©voilĂ©s, le programme sĂ©duit indiscutablement, soulignant et les dons impressionnants du chanteur, et l’art contrastĂ© et raffinĂ© du saxon Hasse.  Bel accomplissement.

 

 

Rokoko. Arias de Hasse. Max Emanuel Cencic, contre-ténor. Orchestre Armonia Atenea. George Petrou, direction. 1 cd Decca. Parution : le 20 janvier 2014.