LILLE, ONL. JC CASADESUS / V REPIN. FASCINATIONS RUSSES

tchaikovsky portrait par classiquenewsCLIC D'OR macaron 200LILLE, ONL, jeudi 17 janv 2019. JC CASADESUS / REPIN. FASCINATIONS RUSSES : Tchaikovsky / Glazounov : l’ñme russe Ă  Saint-PĂ©tersbourg. VoilĂ  le nouveau jalon de l’itinĂ©raire symphonique auquel nous convie Jean-Claude Casadesus, chef lĂ©gendaire et fondateur du National de Lille, au cours de cette saison 2018 – 2019. A mi parcours, le 17 janvier, l’idĂ©e est appĂ©tissante, en mettant en relation Tchaikovski le maudit et le classique et formellement lĂ©chĂ© Glazounov (mort Ă  Neuilly sur Seine, le 21 mars 1936). Au dĂ©but du siĂšcle, l’autodidacte magnifique, Ă©lĂšve privĂ© de Rimsky (avec lequel il orchestre l’opĂ©ra de Borodine, Prince Igor en 1887), compose son ballet Raymonda, quelques symphonies (n°3 Ă  7), et son Concerto pour violon, alors qu’il est devenu en 1899, professeur au Conservatoire de Saint-Petersbourg. Le programme du concert lillois permet de retrouver, serviteur zĂ©lĂ© et esthĂšte du son, le violoniste devenu rare en France Vadim Repin que l’on retrouve avec bonheur dans le Concerto de Glazounov.
REPIN vadim violon lille ONL concert jean claude casadesus fascinations russes 17 janv annonce concert classiquenews critique ©Repim_328px_18-19Le gĂ©nie orchestrateur du compositeur s’affirme ici, d’autant que Glazounov en 1904 est aussi sur le mĂ©tier de sa derniĂšre symphonie n°8. Instrumentiste habile, l’auteur s’essaye lui-mĂȘme aux rudiments du violon pour Ă©crire le Concerto : en deux mouvements enchaĂźnĂ©s (Moderato, andante / Finale : allegro), la partition redouble de virtuositĂ© solaire, d’un Ă©quilibre olympien qui exige beaucoup du soliste, en particulier dans la derniĂšre partie de l’Andante oĂč le jeu prodigieux du violoniste doit faire entendre deux instruments. Le feu conclusif, entre panache de la fanfare et Ă©nergie de la danse emporte toute rĂ©serve et pudeur, vers une cime joyeuse et Ă©blouissante.

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Concert «  fascination russe »boutonreservation
LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle
Jeudi 17 janvier 2019, 20h

http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/fascinations-russes/

CHOSTAKOVITCH
Ouverture de fĂȘte

GLAZOUNOV
Concerto pour violon et orchestre

TCHAÏKOVSKI
Symphonie n°6, “PathĂ©tique”

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
DIRECTION: JEAN-CLAUDE CASADESUS‹ / VIOLON: VADIM REPIN
AprĂšs le concert, bord de scĂšne
avec Jean-Claude Casadesus
et Vadim Repin
(entrĂ©e libre, muni d’un billet du concert)

 

 

 

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Symphonie n°6 Pathétique de Tchaikovsky
tchaikovski piotr-Tchaikovsky-530-855CrĂ©Ă©e Ă  Saint-PĂ©tersbourg le 16 octobre 1893, la 6Ăš symphonie est le sommet spirituel et introspectif de la littĂ©rature tchaikovskyenne : un Everest de la poĂ©sie intime et interrogative parfois inquiĂšte voire angoissĂ©e. Annonçant ce mĂȘme sentiment de terreur intĂ©rieure sublimĂ©e d’un Chostakovtich Ă  venir. La 6Ăš Symphonie captive de bout en bout par l’engagement des musiciens, qui doivent entre Ă©lectricitĂ© et embrasement mais intĂ©rieurs, exprimer la traversĂ©e dans l’autre monde
Dans le dernier mouvement (conçu comme un « long adagio », selon sa correspondance avec son neveu chĂ©ri Vladimir Davydov qui en le dĂ©dicataire), et au cours de l’exposition ultime, Ă©nigmatique, de la Sarabande finale, le chant orchestral entonne une danse sacrale, noire, vertigineuse, vĂ©ritable exposĂ© et mise Ă  nu, d’une vĂ©ritĂ© secrĂšte, sourde, qui terrasse finalement tout le cycle
 Cette conscience et cette sincĂ©ritĂ© dans l’intention globale et la construction de la symphonie ultime de Piotr Illiytch affirme une quĂȘte inĂ©dite, qui assure le passage du vivant au mort, en un renoncement obligĂ© pas toujours serein. Aux portes de sa prochaine agonie, la PathĂ©tique raconte la derniĂšre odyssĂ©e du compositeur Ă  la maniĂšre d’un Livre des morts, soit autant de paysages Ă  la fois intime, personnels (donc secrets voire Ă©nigmatiques), puis terrassĂ©s, angoissĂ©s, comme saisis par l’ineffable du tragique. La terreur se fait priĂšre.
Que sera le geste de JC Casadesus ? Il tĂ©moignera d’une expĂ©rience musicale unique Ă  ce jour, nourrie par sa complicitĂ© avec les instrumentistes de l’Orchestre National de Lille. Entre la premiĂšre exĂ©cution (pilotĂ©e par l’auteur) dont la direction incertaine suscita un certain malaise, et la reprise sous la baguette de Napravnik, portĂ©e en triomphe, Piotr Illiytch Ă©tait mort, terrassĂ© par un scandale liĂ© Ă  la menace d’une rĂ©vĂ©lation de son homosexualitĂ©. Ainsi la 6Ăš recueille la derniĂšre pensĂ©e de l’immense synphoniste emportĂ© dans la nuit du 18 nov 1893.

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TOURNEE EN REGION

En région
Pas de billetterie O.N.L / billetterie extérieure
Violon : Esther Yoo

Boulogne-sur-Mer Théùtre
vendredi 18 janvier 20h
Infos et réservations au 03 21 87 37 15 ou sur www.ville-boulogne-sur-mer.fr

Aire-sur-la-Lys Le ManĂšge
samedi 19 janvier 20h
Infos et réservations au 03 74 18 20 26

 

 

 

 

 

 

COMPTE RENDU, concert. TOULOUSE, le 8 déc 2018. Lopez. Korngold. Stravinski. Akiko Suwanai. Orch Nat du Capitole / K MÀkelÀ.

makela klaus maestro classiquenews concert reviewCOMPTE RENDU, concert. TOULOUSE, le 8 dĂ©c 2018. Lopez. Korngold. Stravinski. Akiko Suwanai. Orch Nat du Capitole / K MĂ€kelĂ€. Parmi les chefs invitĂ©s par l’Orchestre du Capitole, il y en a de toutes sortes. Ce n’est pas frĂ©quent qu’un chef aussi jeune, 23 ans , fasse une impression aussi consensuelle et Ă©vidente sur d’autres qualitĂ©s que la jeunesse. Le trĂšs jeune chef finlandais Klaus MĂ€kelĂ€ est dĂ©jĂ  un trĂšs grand chef. Il est nommé à Oslo l’annĂ©e prochaine, hĂ©las pour le reste du monde car il sera trĂšs pris et a dĂ» renoncer Ă  des engagements (dont deux concerts Ă  Toulouse prĂ©vus la saison  prochaine). Les gĂ©nies de la baguette sont rares et les plus audacieux ont su se l’attacher. Qu’apporte ce chef de si gĂ©nial ? Une autoritĂ© bienveillante et naturelle, des gestes trĂšs clairs et dont la souplesse rĂ©vĂšle une belle musicalitĂ©. Cet artiste est Ă©galement un violoncelliste de grand talent ! La prĂ©cision de la mise en place, la clartĂ© des plans sont sidĂ©rantes.

 
 
 
 

Klaus MÀkelÀ, jeune maestro superlatif
Le gĂ©nie n’attend pas le nombre des annĂ©es

 
 
 
 

Il encourage l’orchestre et ne le bride pas. Il faut dire que l’Orchestre du Capitole atteint un niveau d’excellence qui permet à un chef musicien d’atteindre de suite des sommets.

La premiĂšre piĂšce du concert est une nouveautĂ© pour le public comme pour l’orchestre, une piĂšce en forme de poĂšme symphonique de Jimmy Lopez. La difficultĂ© est comme un jeu entre le chef et l’orchestre qui dans une vĂ©ritable flamboyance de chaque instant nous rĂ©gale. Pourtant le propos du compositeur est polĂ©mique car il parle de l’esclavage qui a conduit les victimes Ă  inventer des instruments et un style musical avec les moyens du bord. L’homme est incroyablement crĂ©atif dans l’adversitĂ© et la souffrance. Ainsi en fine suggestion plusieurs  instruments Ă  percussion ont intĂ©grĂ© ceux d’un grand orchestre symphonique gagnant ainsi leurs titres de noblesse. La mĂąchoire d’ñne Ă©tant la plus singuliĂšre et la plus emblĂ©matique de ce gĂ©nie humain dans le malheur. Magnifique Ɠuvre mettant donc en valeur tous les pupitres de l’orchestre et la technique impeccable des musiciens et du chef. Les rythmes populaires intĂ©grĂ©s permettant rubato et swing Ă  l’envie.

 
 

suwanai akiko concert critique classiquenews 2018 2012Soliste invitĂ©e,  la violoniste Akiko Suwanai, toute d’élĂ©gance fĂ©minine bleutĂ©e en une robe de ciel Ă©toilĂ©,  a aurĂ©olĂ© la salle de son charme. Le violon dont elle joue a appartenu Ă  un prince, un poĂšte du violon, Jascha Heifetz. Elle retrouve les qualitĂ©s esthĂ©tiques faites de puretĂ© de son, de grain noble du timbre et d’un exquis moelleux des lignes,  comme  le maestro et ce fameux  « Dolphin » de 1714. L’interprĂ©tation du Concerto pour violon de Korngold est lumineuse, planante et dĂ©licatement phrasĂ©e. Tout coule et rien ne fait aspĂ©ritĂ©. Peut ĂȘtre un lĂ©ger manque de contraste et d’émotion peuvent diminuer l’intense plaisir hĂ©doniste que le jeu de la violoniste offre au public. En bis, la violoniste offre avec une dĂ©concertante facilitĂ©, le final de la Sonate pour violon seul d’Ysaÿ  mĂȘlant Bach et le Dies Irae.

 
 
 
 

AprĂšs l’entracte, le chef dirige avec un rĂ©el plaisir communicatif la piĂšce de Stravinski qu’il prĂ©fĂšre, Petrouchka. Il faut reconnaĂźtre que son interprĂ©tation est marquĂ©e par une confiance absolue et une soliditĂ© remarquable. Rien ne vient ternir une Ă©nergie invincible. L’orchestre du Capitole rĂ©pond comme un seul Ă  cette direction prĂ©cise et le rĂ©sultat est particuliĂšrement lumineux et mĂȘme Ă©clatant. Chaque instrumentiste est parfait. Il manque juste un peu de farce et d’humour Ă  ce ballet facĂ©tieux et mĂȘme mĂ©lancolique en second degrĂ©. Pour l’heure, le chef finlandais est tout Ă  son admiration pour cette partition exubĂ©rante, haute en couleurs, et pour les qualitĂ©s de l’orchestre du Capitole trĂšs Ă  l’aise dans ce rĂ©pertoire.
Avec le temps viendront le sens du thĂ©Ăątre et le burlesque que Stravinski a mis dans sa partition qui Ă  l’origine est un ballet.

Un trĂšs beau concert qui rĂ©vĂšle les qualitĂ©s d’un vĂ©ritable gĂ©nie de la baguette et la confirmation de l’exceptionnelle virtuositĂ© de la violoniste nippone. De son cĂŽtĂ©, notre Orchestre du Capitole poursuit son excellence comme partenaire idĂ©al des plus grands musiciens.

 
 

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Compte rendu concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le 8 décembre 2018. Jimmy Lopez (né en 1978) : Peru Negro pour orchestre ; Erich Wolfgang Korngold ( 1897-1957) : concerto pour violon et orchestre en ré majeur op.45 ; Igor Stravinski (1882-1971) : Petrouchka, scÚnes burlesques en quatre tableaux ( version de 1947) ; Akiko Suwanai, violon ; Orchestre National du Capitole de Toulouse ; Klaus MÀkelÀ, direction. Illustrations : DR, © MÀkelÀ by Heikki Tuuli

 
  
 

VISITEZ aussi le site officiel de KLAUS MAKELA :
https://www.klausmakela.com

 
  
 
 
 

makela klaus maestro classiquenews concert review

NDLR / NOTE DE LA REDACTION : KLAUS MÄKELÄ
 Le jeune maestro travaille avec le Turku Music Festival, le Tapiola Sinfonietta. Il est chef principal invitĂ© du Swedish Radio Symphony Orchestra, et deviendra Ă  partir de la saison 2020 / 2021 (dĂšs septembre 2020) : directeur musical du Philharmonique d’Oslo / Chief Conductor & Artistic Advisor: Oslo Philharmonic Orchestra – une personnalitĂ© dĂ©sormais Ă  suivre, hĂ©ritier d’une dĂ©jĂ  riche tradition de chef finnois. En particulier dans le cycle des symphonies de son compatriote Sibelius, immense gĂ©nie symphoniste encore trop peu joué 

 

OPERA, New York. Yannick NĂ©zet-SĂ©guin succĂšde Ă  James Levine au Metropolitan Opera

seguin_yannick_nezet_chef_maetroOPERA, New York. Yannick NĂ©zet-SĂ©guin succĂšde Ă  James Levine au Metropolitan Opera. Le directeur du Metropolitan Opera de New York, Peter Gelb, confirme avoir nommĂ© le jeune chef canadien Yannick-NĂ©zet SĂ©guin (41 ans, nĂ© en 1975), directeur musical, successeur de James Levine (72 ans), empĂȘchĂ© rĂ©cemment Ă  cause de problĂšmes de santĂ©. C’est la premiĂšre nomination nouvelle depuis 40 ans dans l’histoire de l’institution new yorkaise. YNZ est directeur musical de l’Orchestre Metropoltain de MontrĂ©al depuis 2000, du Phildephia Orchestra depuis 2012 (mandat renouvelĂ© jusqu’à la saison 2025-2026), du Rotterdam Philharmonic depuis 2008. Sa prise de fonction au Metropolitan Opera sera effective progressivement, Ă  partir de la saison 2017-2018 (oĂč il dirigera 2 productions lyriques dont une nouvelle Traviata), puis Ă  partir de la saison 2020-21, dirigeant in loco 5 productions lyriques, devenant de fait, le nouveau rĂ©el directeur musical du Met, avec des projets signĂ©s : Wagner, Strauss, Puccini, Poulenc et Verdi. L’emploi du temps du maestro NĂ©zet-SĂ©guin ne pouvant pas permettre un engagement new yorkais plus tĂŽt.
Signe distinctif : direction analytique et fiĂ©vreuse, d’une Ă©nergie souvent irrĂ©sistible, « viscĂ©rale », assurĂ©ment l’une des meilleures baguettes de l’heure – Autrement : tatouage (tortue) Ă  l’épaule droite, rĂ©alisĂ© lors d’un sĂ©jour Ă  Tahiti. C’est une reprĂ©sentation de La BohĂšme, justement au Met
 alors qu’il avait 16 ans, qui aurait dĂ©cidĂ© de sa vocation musicale.

 

NĂ©zet-SĂ©guin : un jeune maestro au Met

 

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Serait-ce le signe d’une volontĂ© de renouvellement spectaculaire Ă  la direction musicale du Met ? Force est de constater que malgrĂ© la politique mĂ©diatique spectaculaire sur le plan mondial (grĂące Ă  ses sĂ©ries de directs Live des productions retransmises au cinĂ©ma, dans le monde entier), le Metropolitan Opera qui aujourd’hui ne totalise plus que 72% de remplissage en moyenne, a dĂ» procĂ©der Ă  des coupes sombres sur son budget annuel courant de 300 millions de dollars.

De son cĂŽtĂ©, Yannick NĂ©zet SĂ©guin s’est dit ravi d’organiser dans les annĂ©es Ă  venir son travail symphonique et lyrique, aux USA, principalement entre Philadelphie et New York. James Levine prend sa retraite progressive, devenant dĂšs ce printemps, directeur musical « emeritus »

 

 

 

CD dirigés par Yannick Nézet-Séguin, récemment critiqués, distingués par CLASSIQUENEWS :

CHEF LYRIQUE… Evidemment le cycle des opĂ©ras live de Mozart, jouĂ©s / enregistrĂ©s chaque Ă©tĂ© au festival de Baden Baden :

mozart-2-cd-deutsche-grammophon-die-entfurhung-aus-dem-serail-enlevement-au-serail-yannick-nezet-seguin-villazon-prohaska-paul-schweinester-rolando-villazonCD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Die EntfhĂŒrung aus dem serail. Schweinester, Prohaska, Damrau, Villazon, NĂ©zet-SĂ©guin (2 cd Deutsche Grammophon). AprĂšs Don Giovanni et Cosi fan tutte, que vaut la brillante turquerie composĂ©e par Mozart en 1782, au coeur des LumiĂšres dĂ©fendue Ă  Baden Baden par NĂ©zet-SĂ©guin et son Ă©quipe ? Évidemment avec son lĂ©ger accent mexicain le non germanophone Rolando Villazon peine Ă  convaincre dans le rĂŽle de Belmonte;  outre l’articulation contournĂ©e de l’allemand, c’est surtout un style qui reste pas assez sobre, trop maniĂ©rĂ© Ă  notre goĂ»t, autant de petites anomalies qui malgrĂ© l’intensitĂ© du chant placent le chanteur en dehors du rĂŽle… LIRE notre critique complĂšte de L’enlĂšvement au sĂ©rail / Die EntfĂŒhrung aux rem Serail de Mozart par Yannick NĂ©zet-SĂ©guin

LIRE aussi notre compte rendu critique de DON GIOVANNI et de COSI FAN TUTTE par la mĂȘme Ă©quipe Villazon / NĂ©zet-SĂ©guin qui fait actuellement l’affiche de Banden Baden chaque Ă©tĂ© (cycle des opĂ©ras de Mozart Ă  Baden Baden)

CHEF SYMPHONIQUE… 

schumann robert schumann nezet seguin  chamber orchestra of europe symphonies deutsche grammophon cdCD. Schumann : 4 Symphonies (Chamber orchestra of Europe, NĂ©zet SĂ©guin, 2013). Le chef Yannick NĂ©zet SĂ©guinpublie chez Deutsche Grammophon les 4 Symphonies de Robert Schumann. Le feu bouillonnant du chef quĂ©bĂ©cois Yannick NĂ©zet-SĂ©guin (36 ans en 2014) nouvellement arrivĂ© chez Deutsche Grammophon (pour lequel il a gravĂ© une intĂ©grale de la trilogie mozartienne en cours : ne manque plus que Les Nozze di Figaro Ă  paraĂźtre d’ici fin 2014) s’est rĂ©alisĂ© auparavant au concert en octobre 2012 Ă  Paris lors d’une intĂ©grale des Symphonies de Schumann. L’enregistrement de Deutsche Grammophon qui paraĂźt en mars 2014 reflĂšte ce travail sur la texture orchestrale et la vitalitĂ© d’une Ă©criture exaltĂ©e, volcanique qui dit assez outre l’autobiographie qui s’écrit alors, la volontĂ© radicale d’un ĂȘtre passionnĂ©, dĂ©terminĂ© Ă  s’inscrire dans la lumiĂšre, l’antithĂšse de ses dĂ©rĂšglements psychiques qui ne tarderont pas Ă  poindre. Exaltation, juvĂ©nilitĂ©, feu et embrasement, voire excitation des finales, Yannick NĂ©zet-SĂ©guin pourrait bien bouleverser la donne discographique en place (car les Ă©pisodes plus intĂ©rieurs et introspectifs : adagio de la 2, Feierlich de la 3, Romanze de la 4
 y gagnent en mystĂšre et en sombres questionnements). La direction affĂ»tĂ©e se montre proche d’un cƓur ardent dont le diapason versatile incarne toute la complexitĂ© et l’ambivalence de la sensibilitĂ© romantique
 DouĂ© d’une baguette vive et articulĂ©e, disposant d’un collectif ductile et Ă©nergique, la lecture du chef montrĂ©alais s’impose trĂšs honorablement par sa gĂ©nĂ©rositĂ© sensible, si proche du jeu incessant des humeurs d’un Schumann ambivalent, imprĂ©visible, contrastĂ©. Du pain bĂ©ni pour un orchestre qui souhaite en dĂ©coudre comme galvanisĂ© par l’appĂ©tit scintillante du maestro. Compte rendu dĂ©taillĂ© de chaque symphonie pour mieux identifier l’apport de Yannick NĂ©zet-SĂ©guin. Le double cd Schumann par Yannick NĂ©zet SĂ©guin est «  CLIC » de CLASSIQUENEWS.COM. LIRE notre critique complĂšte des Symphonies de Schumann par Yannick NĂ©zet-SĂ©guin

 

 

Livres. Riccardo Muti : Prima la musica (L’Archipel)

muti riccardo prima la musicaLivres. Riccardo Muti : Prima la musica (L’Archipel). On se souvient qu’en mars 2011, Ă  Rome, alors qu’il dirige Nabucco de Verdi et son choeur des esclaves, le chef septuagĂ©naire Riccardo Muti (nĂ© en 1941) jamais en reste d’une action fracassante propre Ă  dĂ©fendre l’art et la musique, regrettant l’Italie perdue, bissait le choeur fameux avec la complicitĂ© du public debout, explicitement hostile Ă  Berlusconi, Ă  l’instar des rĂ©voltĂ©s rĂ©publicains de 1840. La musique Ă©tait devenu hymne politique contre un pouvoir Ă©tranger Ă  tout essor culturel. L’anecdote souligne les positions d’un chef dĂ©terminĂ© voire sec et despotique qui incarne aprĂšs Toscanini et Nino Votto (son maĂźtre direct, avant que Karajan ne l’appelle Ă  Salzbourg pour y diriger Mozart au dĂ©but des annĂ©es 1980 (Cosi
), le mythe du chef charismatique, guide et visionnaire pour tous. De fait, sa plume, Ă  l’honneur dans ce carnet de commentaires, pensĂ©es, suggestions sur sa carriĂšre ne manque pas de phrases pĂ©nĂ©trantes, souvent superfĂ©tatoires voire autosatisfaites lorsqu’il s’agit d’évoquer telle ou telle production, tel ou tel concert. FĂ©lin mordant et jaloux de sa gloire, Muti semble souvent dresser la liste de ses rĂ©alisations comme s’il s’agissait de dĂ©montrer tous ses mĂ©rites dans un procĂšs imaginaire.

Le titre «  Prima la musical! » donne l’indice d’un musicien qui laisse toute la place Ă  l’orchestre et au chant ; face aux mises en scĂšne dont Muti dĂ©nonce souvent les dĂ©calages, les glissements dangereux, l’incomprĂ©hension, le chef dĂ©fend ses chanteurs et ses instrumentistes. Il n’est guĂšre que quelques scĂ©nographes dignes de son engagement et de son exigence : Ronconi ou Strehler.
Passion Verdi. C’est essentiellement au chapitre verdien que la plume se rĂ©vĂšle la plus passionnante : Muti l’inflexible se montre trĂšs inspirĂ© dans le travail sur les opĂ©ras de Verdi : rajeunir La Traviata (avec Alagna), dĂ©poussiĂ©rer Le TrouvĂšre, retrouver les silences de Macbeth (et ses pianissimos souhaitĂ©s par Verdi), opter pour le diapason 432 pour Otello
 Autant d’options bien argumentĂ©es et expliquĂ©es qui fondent ici une connaissance profonde et intime d’une Ă©criture si proche de sa sanguinitĂ© artistique.
L’affaire de sa dĂ©mission obligĂ©e de La Scala (dont il est directeur de 1986 Ă  2005) aprĂšs la rĂ©sistance d’un personnel de plus en plus rĂ©ticent face Ă  la droiture fiĂšre et souvent supĂ©rieure d’un maestro drapĂ© comme un dieu grec est Ă©videmment Ă©voquĂ©e
 Ă  la faveur du dĂ©missionnaire.
Outre les Ă©vocations positives des Ă©pisodes de la vie musicale, plusieurs figures paraissent ici : Karajan (le pĂšre spirituel), Pavarotti (et ses aigus satinĂ©s dans un Don Carlos mĂ©morable), Strehler, Jessye Norman, Fellini, Toscanini, mais aussi Callas (pressentie espĂ©rĂ©e mais finalement inaccessible) ou Nino Rota et Sviatoslav Richter, duo de solistes pour ses noces
 A l’heure des rĂ©volutions stylistiques permises par le jeu sur instruments d’époque, Muti fait cependant figure de chef d’un monde rĂ©volu. Quel grand metteur en scĂšne voudrait d’ailleurs travailler avec lui ? L’Italien magnifique, comme un lion aguerri, ne semble plus ĂȘtre aussi convaincant Ă  l’opĂ©ra et demeure surtout invitĂ© pour quelques cycles symphoniques et des messes exigeant souffle fervent, solennitĂ© d’un autre Ăąge.

Livres. Riccardo Muti : Prima la musica (L’Archipel). 19,95 €. ISBN : 9782809805390. 236 pages. Parution : 12 mars 2014.

Jean-Claude Casadesus : le goût des autres. Portrait

casadesus_jean_claude_portrait_290TĂ©lĂ©. Jean-Claude Casadesus : le goĂ»t des autres. Portrait d’un chef engagĂ©, passionnĂ©, humaniste, gĂ©nĂ©reux … Chef d’orchestre de renommĂ©e internationale, et depuis de nombreuses annĂ©es, directeur musical de l’Orchestre national de Lille, Jean-Claude Casadesus se rĂ©vĂšle Ă  travers ce documentaire intime et proche tel un artiste humaniste, douĂ© de sagesse, tĂ©moignant sans cesse de sa solidaritĂ© envers ceux qui sont en marge de la sociĂ©tĂ©. La musique est un baume pour l’Ăąme et le cƓur : l’activitĂ© multiple engagĂ©e du maestro lillois nous le montre avec passion et gĂ©nĂ©rositĂ©.

Il Ă©voque avec beaucoup d’émotion son enfance Ă  Montmartre, ses parents, ses enfants, ses rencontres. Il nous fait part des liens trĂšs forts qui l’unissent Ă  ses musiciens de l’Orchestre national de Lille et dĂ©finit le rĂŽle du chef, en charge de cette grande famille que constitue l’orchestre.
Notre avis. Enfant d’une famille de musiciens (et de comĂ©diens) – qui a mĂȘme sa place Ă  Montmartre, Jean-Claude Casadesus honore la tradition familiale: le chef d’orchestre qui conduit avec gĂ©nĂ©rositĂ©, amour, patience et surtout humilitĂ©, le destin des 100 musiciens du National de Lille, se livre devant la camĂ©ra Ă  l’occasion de concerts Ă  Lille (Symphonie n°5 de Schubert, Symphonie n°9 de Dvorak), de rĂ©pĂ©titions autour de Ravel … Pourquoi devenir chef ? Pour l’envie voire la passion de partager la magie de la musique.
Il est passĂ© par tous les instruments avant la baguette : violon, piano, contrebasse et timbalier (un poste privilĂ©giĂ© pour observer ce qui se passe Ă  l’orchestre : j’Ă©tais au coeur du rĂ©acteur… face aux chefs, un avant poste idĂ©al pour analyser leurs gestes, les bons comme les moins convaincants). Alors Ă  quoi consiste le mĂ©tier de chef ? Battre la mesure et tenir le rythme (Ă  la main droite) ; exprimer, souligner, inflĂ©chir un caractĂšre Ă  la main gauche… Mais toujours ĂȘtre habitĂ©.
Dans son appartement parisien non loin de Montmartre, le maestro prĂ©sente une partie de ses objets chers  dont un intĂ©rĂȘt pour les lettres de musiciens (Stravinsky qu’il a approchĂ©, Berlioz dont il souligne la bipolaritĂ© attachante, Ă©reintante, Darius Milhaud, voisin de quartier trĂšs estimĂ© … ). Le chef est un berger, celui qui prĂ©pare l’action simultanĂ©e des instrumentistes de l’orchestre pour susciter une lĂ©vitation Ă©motionnelle collective. Ainsi il faut servir la partition, oser certains partis personnels (comme le rubato, ce temps prĂ©cipitĂ© ou ralenti, offrant la sensation oxygĂ©nante du flux et du reflux, de la tension et de la dĂ©tente…), et obtenir…  Un chef d’envergure ne commande pas : il invite chaque musicien Ă  Ă©couter les autres et Ă  se dĂ©passer.
Pour autant, le maestro ne reste pas dans sa bulle artistique : l’art musical est un art vivant qui doit demeurer en contact avec la vie ; c’est pourquoi il est montrĂ© dans le docu, chef et musiciens se dĂ©placent jusque dans les prisons et maisons d’arrĂȘt pour y faire souffler un vent d’espĂ©rance, y donner une perspective positive. La musique rend meilleur. Comme on aimerait le croire. Bravo maestro ! Portrait simple, direct, Ă©loquent.

 

france2-logo_2013« Au clair de la lune », documentaire
Jean-Claude Casadesus, le goût des autres
France 2
Mardi 26 novembre 2013 Ă  00h30

Documentaire de 54’
Réalisé par : Claude Couderc

Produit par : Skopia Films – Eric Bitoun et Adùle Menard
UnitĂ© Musique et Spectacles vivants : Nicolas Auboyneau – Brice Chappey