Compte-rendu, opéra. LYON, Opéra. Ravel, L’heure espagnole, 17 nov 2018. Orchestre de l’Opéra de Lyon, Jonathan Stockhammer

Compte-rendu critique. Opéra. LYON, Ravel, L’heure espagnole, 17 novembre 2018. Orchestre de l’opéra de Lyon, Jonathan Stockhammer. Deux ans après le magnifique Enfant et les sortilèges, la même équipe reprend le premier opéra de Ravel et renouvelle l’enchantement précédent. Une réussite exemplaire et un spectacle magique pour les oreilles et les yeux. Sur scène c’est le même dispositif ingénieux qui nous avait ravi deux ans auparavant. L’orchestre est de nouveau sur la scène, masqué par un tulle qui occupe l’essentiel de l’espace, un décor minimaliste (des escaliers pivotants, des cartons qui représentent des horloges), l’essentiel étant projeté sur le tulle.

  
 
 

RAVEL Ă  LYON : Heure enchanteresse

  
 
 

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L’univers féérique de Grégoire Pont, à mi-chemin entre le cinéma cartoonesque et les jeux de lumière d’une précision exceptionnelle, ne laisse au spectateur aucun temps mort, en collant comme jamais à la musique raffinée de Ravel et au livret élégant de Nohain qui repose pourtant sur une intrigue dramatiquement mince, mais enchante par les nombreuses références littéraires et les savoureux jeux de mots. La réalisation est d’autant plus exemplaire que la brièveté de l’œuvre interdit toute facilité gratuite que permet la virtuosité d’une technique déjà éprouvée. On est en effet littéralement emporté par ce déluge d’images qui évoque l’univers d’un Tim Burton et qui mériterait pour chacune un commentaire circonstancié : les délicats jeux d’ombre, les changements de décor à vue (quand celui-ci se met en branle pour évoquer le mal de mer ou que les horloges géantes se mettent à tancer, puis se transforment en gratte-ciel new-yorkais), l’arrivée du poète Gonzalve annoncée par un petit film en noir et blanc. On est face au même univers graphique flamboyant, fourmillant de détails fascinants dans lequel les interprètes se déplacent avec une aisance confondante, grâce à une direction d’acteurs d’une précision horlogère. Le travail exceptionnel de James Bonas doit ici être salué, tout comme les merveilleux costumes de Thibault Vancraenenbroeck.
Le contexte hispanique est illustré certains détails croustillants (les cornes de taureau du muletier par exemple), tandis que l’ensemble est transfiguré par l’univers fabuliste animalier (Torquemada en souris, Gonzalve en lapin, Concepcion en chatte et Don Gomez en cochon), dans un véritable festival de sons et lumières (de Christophe Chaupin), on ne peut plus idoine dans la ville qui en est le plus beau symbole. Pour cette œuvre singulière où la déclamation est presque plus importante que le chant à proprement parler (à l’exception du magnifique quintette final), les interprètes ont déployé un raffinement et un jeu scénique exemplaires, d’une justesse vraiment remarquable. Clémence Poussin campe une Concepcion plus vraie que nature : timbre clair, diction et projection idéales ; Quentin Desgeorges est un poète attachant à la voix sonore et affirmée, doublé d’un acteur irrésistible ; habitué aux productions du Studio Opéra (il avait magnifiquement tiré son épingle du jeu dans la féérique Belle au bois dormant de Respighi la saison dernière), Grégoire Mour est un Torquemada à la voix ductile et charmante, tandis que la verve comique de Martin Hässler en Don Gomez fait des merveilles, malgré de légers défauts dans la prononciation du français, défaut qui ne transparaît guère chez Christoph Engel qui assure une présence vocale et scénique tout en sobre retenue.
Dans la fosse, Jonathan Stockhammer conduit avec grâce, justesse, dans ses moindres nuances de timbre et de rythme, les forces en grande forme Orchestre de l’opéra de Lyon, contribuant à parfaire une production qui mérite tous les éloges.

  
 
    
 
 

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Compte-rendu. Lyon, OpĂ©ra de Lyon, Ravel, L’heure espagnole, 17 novembre 2018. ClĂ©mence Poussin (Concepcion), Quentin Desgeorges (Gonzalve), GrĂ©goire Mour (Torquemada), Christoph Engel (Ramiro), Martin Hässler (Don Gomez), GrĂ©goire Pont (concept et vidĂ©o), James Bonas (mise en scènes), Thibault Vancraenenbroeck (dĂ©cors et costumes), Christophe Chaupin (lumières), Orchestre de l’opĂ©ra de Lyon, Jonathan Stockhammer (direction) / illustration : GrĂ©goire PONT / OpĂ©ra de Lyon / dĂ©cors pour L’Heure Espagnole 2018.Compte-rendu, opĂ©ra. LYON, OpĂ©ra. Ravel, L’heure espagnole, 17 nov 2018. Orchestre de l’OpĂ©ra de Lyon, Jonathan Stockhammer
 

  
 
    
 
 

L’Heure espagnole Ă  Nantes et Ă  Angers

Angers Nantes OpĂ©ra. Ravel : L’Heure Espagnole, 9-23 septembre 2015. CrĂ©Ă©e  Ă  l’OpĂ©ra-Comique en mai 1911, la comĂ©die musicale imaginĂ©e par Ravel joue avec dĂ©lices et subtilitĂ© des genres mĂŞlĂ©s, Ă  la fois chronique rĂ©aliste et fĂ©erie aux parfums allusivement espagnole (l’action se dĂ©roule Ă  Tolède au XVIII ème).
Maurice_Ravel_1925Épouse de l’horloger Torquemada, Concepcion s’ennuie ferme : elle compte les heures et ne peut guère solliciter le poète Gonzalve, apparemment Ă©pris mais qui repousse toujours toute effusion. C’est un sĂ©ducteur impuissant qui la rend chèvre. Aussi quand paraĂ®t le beau muletier Ramiro, la jeune femme s’éprend aussitĂ´t de lui… Le vaudeville un rien coquin et savoureux inspire Ă  Ravel, une forme inĂ©dite, musicalement extrĂŞmement sophistiquĂ©e, Ă  la mesure de son gĂ©nie comme orchestrateur toujours audacieux, jamais en manque d’inspiration et d’expĂ©rimentation. Outre le raffinement de son langage musical, la justesse de sa prosodie (les rĂ©citatifs et dialogues sont d’une prĂ©cision exceptionnelle), Ravel subjugue encore aujourd’hui par la modernitĂ© du sujet : il y est bien question du dĂ©sir fĂ©minin. Concepcion aime les hommes et exprime son dĂ©sir de façon manifeste sous couvert de l’anecdote et de la comĂ©die. La libertĂ© de ton, la franchise des situations, souvent très comiques (les hommes cachĂ©s dans les horloges Ă  la barbe de Torquemada), tout cela rĂ©invente la scène théâtrale Ă  l’aube de la première guerre, et souligne l’originalitĂ© d’un Ravel dĂ©cidĂ©ment inclassable : son imaginaire lyrique relève dĂ©jĂ  d’un impressionnisme surrĂ©aliste rĂ©ceptif Ă  l’activitĂ© de la psychĂ© ici fĂ©minine : seule le personnage de Concepcion et dans une moindre mesure, Ramiro grâce au regard que lui porte la jeune espagnole, ont vraiment de l’épaisseur. Il n’en fallait pas moins pour rebuter l’audience parisienne, jamais très ouverte Ă  tant de nouveautĂ©s poĂ©tiques.

 

 

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C’est la première production lyrique d’Angers Nantes OpĂ©ra dirigĂ©e par le chef Pascal RophĂ©, directeur musical de l’ONPL

Nantes, La Cité : les 9 et 11 septembre 2015

Angers, Centre de Congrès: les 22 et 23 septembre 2015

CouplĂ©es Ă  L’Heure espagnole : la quatrième pièce des Miroirs de Ravel : Alborada del Gracioso (L’Aubade au bouffon) et la musique pour ballet de Manuel de Falla : Le Tricorne.

VIDEO, reportage : L’Heure espagnole de Ravel Ă  l’OpĂ©ra de Tours

TOURS-aude-estremo-concepcion-heure-espagnole-ravel-opera-de-tours-clic-de-classiquenews-avril-2015VIDEO, reportage : L’Heure espagnole de Ravel Ă  l’OpĂ©ra de Tours, les 10,12,14 avril 2015. OpĂ©ra en un acte couplĂ© avec La Voix humaine de Poulenc. Entretiens avec Catherine Dune (mise en scène) et Aude Estremo (Concepcion). La femme de l’horloger Torquemada, Concepcion est frustrĂ©e et malheureuse, malgrĂ© son mari, ses amants… poupĂ©e prise au piège par son propre Ă©poux, un rien voyeur manipulateur, Concepcion dĂ©couvre l’amour vĂ©ritable quand elle croise le chemin du muletier…  Extraits de la production prĂ©sentĂ©e Ă  Tours sous la direction de Jean-Yves Ossonce. © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

 

Voir aussi notre CLIP vidĂ©o de La Voix humaine et de l’Heure Espagnole Ă  l’OpĂ©ra de Tours, les 10,12 et 14 avril 2015

 
 

 

Compte rendu, opéra. Tours, Opéra, le 10 avril 2015. Poulenc : La Voix humaine. Ravel : L’Heure Espagnole. Anne-Sophie Duprels, Elle. Aude Estremo (Concepcion)… OSRCT. Jean-Yves Ossonce, direction. Catherine Dune, mise en scène.

Familière de la scène tourangelle, la soprano Catherine Dune – qui chantait cette saison Despina de Cosi  fan Tutte de Mozart, offre ici sa première mise en scène Ă  Tours. La sensibilitĂ© et l’humanitĂ© de l’artiste se ressentent  dans l’approche du diptyque choisi par le chef et directeur Jean-Yves  Ossonce : en associant les deux drames en un acte, La voix humaine puis L’Heure espagnole, de Poulenc et Ravel respectivement, il s’agit bien Ă  travers chaque hĂ©roĂŻne : “Elle ” puis la femme  de l’horloger Torquemada, Concepcion, de deux portraits de femmes que la question du dĂ©sir et de l’amour taraude, exalte, exulte, met au devant de la scène.

 
 

Nouvelle production convaincante Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Deux portraits du désir féminin

 

heure-espagnole-ravel-opera-de-tours-aude-estremo-clip-video-classiquenews-copyright-2015Deux espaces clos, lieux de l’enfermement, unissent les deux univers lyriques mais le poids Ă©touffant du huit clos – vĂ©ritable billot sentimental  et cathartique oppresse chanteuse et spectateurs dans La Voix humaine quand les dĂ©lices doux amers, tragico comiques de la dĂ©licieuse comĂ©die  de Ravel, produisent un univers tout autre :  magique et onirique surtout fantastique et surrĂ©aliste. C’est ce second volet qui nous a le plus  sĂ©duit. … non pas tant par sa durĂ©e : presque une heure quand La voix humaine totalise  3/4 d’heure,  que par la profonde cohĂ©rence qu’apporte la mise en scène.
L’Heure espagnole impose sa durĂ©e impĂ©rieuse au couple dĂ©luré  et si mal appareillĂ© de l’horloger Torquemada (en blouse et Ă  lunettes, sorte de voyeur de laboratoire), et de son Ă©pouse la belle brune Concepcion dont l’excellente Aude Estremo fait une prodigieuse incarnation : tigresses toute en contrĂ´le, la pulpeuse collectionne les amants sans ĂŞtre satisfaite, -frustration inconfortable qui on le comprend en cours de soirĂ©e n’est pas sans ĂŞtre cultivĂ©e par son Ă©poux lui-mĂŞme dont Catherine Dune fait l’observateur assidu mais discret des frasques de sa femme. La sensibilitĂ© extrĂŞme de la metteure en scène sait aussi cultiver la pudeur et l’innocence quand surgit l’amour vĂ©ritable entre Concepcion et le muletier Ramiro dont le charme direct et physique contraste avec le poète Gonzalvo, bellâtre mou des corridas d’opĂ©rettes, aux Ă©lans amoureux toujours vellĂ©itaires (impeccable Florian Laconi).
Dans cet arène  de pure fantasmagorie, Didier Henry a le ton juste du songe ; le baryton Alexandre Duhamel (Ramiro),  celui naturel  du charme sans esbroufe, et c’est surtout la mezzo Aude Estremo, dĂ©cidĂ©ment qui en donnant corps au personnage central,  rend son parcours très convaincant d’autant que la voix est sonore, naturellement puissante et finalement articulĂ©e. Son piquant et son tempĂ©rament L’univers dĂ©lurĂ© fantasque dĂ©fendu ici  souligne avec finesse les multiples joyaux dont la partition est constellĂ©e ; c’est un travail visuel qui s’accorde idĂ©alement Ă  la tenue de l’orchestre dont le raffinement permanent et le swing hispanisant convoquent le grand opĂ©ra : l’air de Concepcion,  qu’elle aventure qui marque le point de basculement du personnage (son coup de foudre troublant vis Ă  vis du muletier) fait surgir une vague irrĂ©pressible de candeur et de sincĂ©ritĂ© dans une cycle qui eut paru artificiel par sa mĂ©canique rĂ©glĂ©e Ă  la seconde  (les sacs  de sable que l’on Ă©ventre pour en faire couler la matière comme un sablier).

voix-humaine-anne-sophie-duprels-tours-opera-classiquenews-copyright-2015En première partie de soirĂ©e (La Voix humaine), Anne-Sophie Duprels sĂ©duit indiscutablement par son chant velouté  et puissant Ă  la diction parfois couverte par l’orchestre. Sur un matelas dĂ©multipliĂ©, ring de ses ressentiments sincères amères, le chant se libère peu Ă  peu dans une mise en scène Ă©purĂ©e presque glaçante dont les lumières accusent la progression irrĂ©pressible : la cage qui enserre le coeur meurtri de l’amoureuse en rupture s’ouvre peu Ă  peu Ă  mesure que les cordes qui la composent et qui descendent depuis les cintres, sont levĂ©es, ouvrant l’espace ; rĂ©vĂ©lant l’hĂ©roĂŻne Ă  elle-mĂŞme en une confrontation ultime : dire, exprimer et nommer la souffrance, c’est se libĂ©rer. C’est au prix de cette Ă©preuve salvatrice – essentiellement cathartique-,  qu‘Elle prend conscience de sa force et de sa volontĂ© ; volontĂ© de dire : tu me quittes. Soit je l’accepte. Laisser faire, lâcher prise, renoncer. … autant d’expĂ©riences clĂ©s que la formidable soprano Ă©claire de sa prĂ©sence douce et carressante, nuancĂ©e et intense.

Dans la fosse, en maĂ®tre des couleurs et des teintes atmosphĂ©riques, Jean Yves Ossonce fait couler dans la Voix humaine le sirop onctueux et ductile de l’ocĂ©an de sensualitĂ© dont a parlĂ© Poulenc,  lequel semble compatir avec Elle ; le chef trouve aussi le charme d’une dĂ©contraction Ă©lĂ©gantissime de l’Heure Espagnole, dont le dialogue idĂ©al avec la mise en scène et les dĂ©cors suscite un formidable cirque nocturne, enchanteur et rĂ©aliste Ă  la fois. La profondeur se glisse continĂ»ment dans cet Ă©loge feint de la lĂ©gèreté… La rĂ©ussite Ă©tant totale, voici après le formidable Trittrico de Puccini prĂ©sentĂ© en mars dernier (prĂ©cision et sĂ©duction cinĂ©matographique), la nouvelle production de l’OpĂ©ra de Tours  qui crĂ©e lĂ©gitimement l’Ă©vĂ©nement dans l’agenda lyrique de ce printemps. A voir au Grand Théâtre de Tours les 10, 12 et 14 avril 2015.

 

 

 

APPROFONDIR : voir notre clip vidĂ©o La Voix humaine et l’Heure espagnole au Grand théâtre de Tours les 10,12,14 avril 2015

 

 

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Illustrations : © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

Tours, OpĂ©ra : La Voix humaine, L’heure espagnole, les 10,12,14 avril 2015

heure-espagnole-ravel-opera-de-tours-aude-estremo-clip-video-classiquenews-copyright-2015VIDEO,clip. Tours: La Voix humaine,L’heure Espagnole. Les 10,12,14 avril 2015. Catherine Dune met en scène deux portraits du dĂ©sir fĂ©minin : La Voix humaine sur un vaste lit, sorte de ring oĂą s’exacerbent les jalons d’une catharsis Ă©motionnelle ; puis L’Heure espagnole dont le dispositif visuel plonge dans une fantasmagorie onirique d’une profonde cohĂ©rence. Deux interprètes se distinguent : Anne-Sophie Duprels qui incarne “ELLE”, âme dĂ©vastĂ©e certes mais promise Ă  une renaissance imprĂ©vue ; puis Aude Estremo dont le personnage de Concepcion, sauvage et fragile Ă  la fois, dominateur et contrĂ´lĂ© n’est pas sans rappeler par sa finesse de ton et sa forte intĂ©rioritĂ©, les femmes chez Bunuel… Nouvelle production Ă©vĂ©nement au Grand Théâtre de Tours. RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015. LIRE aussi notre prĂ©sentation de La Voix humaine et de L’Heure espagnole Ă  l’OpĂ©ra de Tours.

 

 

 

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Sensible et en tension, la soprano Anne-Sophie Duprels incarne “Elle”, la voix palpitante et sur le fil,  de Poulenc et Cocteau (illustrations © CLASSIQUENEWS.TV 2015)

 

 

 

 

 

Opéra de Tours
LA VOIX HUMAINE
FRANCIS POULENC

L’HEURE ESPAGNOLE
MAURICE RAVEL

   
Catherine Dune, mise en scène
Jean-Yves Ossonce, direction  

boutonreservationVendredi 10 avril 2015 – 20h
Dimanche 12 avril 2015 – 15h
Mardi 14 avril 2015 – 20h

Conférence, samedi 28 mars 2015, 14h30
Grand Théâtre, Salle Jean Vilar
entrée gratuite

distributions

LA VOIX HUMAINE
Tragédie lyrique en un acte 
Livret de Jean Cocteau
Création le 6 février 1959 à Paris
Editions Ricordi

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Catherine Dune
DĂ©cors : Elsa Ejchenrand
Costumes : Elisabeth de Sauverzac
Lumières : Marc Delamézière

Elle : Anne-Sophie Duprels

L’HEURE ESPAGNOLE
Comédie musicale en un acte
Livret de Franc-Nohain, d’après sa pièce
Création le 19 mai 1911 à Paris
Editions Durand

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Catherine Dune
DĂ©cors : Elsa Ejchenrand
Costumes : Elisabeth de Sauverzac
Lumières : Marc Delamézière

Conception : Aude Extremo
Gonzalvo : Florian Laconi
Torquemada : Antoine Normand
Ramiro : Alexandre Duhamel
Don Inigo Gomez : Didier Henry

La Voix humaine et l’Heure espagnole Ă  l’OpĂ©ra de Tours

tours-opera-voix-humaine-heure-espagnole-ravel-poulencTours. OpĂ©ra. La Voix humaine, L’Heure espagnole, les 10, 12, 14 avril 2015.  Après nous avoir rĂ©galer avec une Ă©blouissante nouvelle production du Trittico de Puccini (1918) en mars 2015 (voir notre reportage Il Trittico de Puccini Ă  l’OpĂ©ra de Tours), le Grand Théâtre tourangeau enchaĂ®ne les cycles de drames en un acte avec ce qui pourrait ĂŞtre l’Ă©quivalent français du théâtre Puccinien : deux actions lyriques en un acte, l’une tragique et dĂ©sespĂ©rĂ©e : La voix humaine de Poulenc ; la seconde, espiègle, spirituelle, facĂ©tieuse donc plus lĂ©gère : L’Heure Espagnole de Ravel. Les deux “comĂ©dies” excellent Ă  articuler un texte savoureux qui exige des acteurs certes, surtout des interprètes totalement engagĂ©s dans l’expressivitĂ© intelligible.

Poulenc, 1938
POULENC_francis_francis-poulenc_c_jpg_681x349_crop_upscale_q95-1TragĂ©die lyrique certes, surtout drame intime. Celui d’une femme qui rompt avec son amant qu’elle aime encore. RĂ©aliste et amère, tendre et dĂ©sespĂ©rĂ©, le mĂ©lodrame pour une seule voix et orchestre, La Voix Humaine, d’après le texte de Cocteau (Ă©crit pour Berthe Bovy en 1938), dĂ©peint toutes les facettes de la dĂ©raison ampoureuse. “Elle” est une femme au bord de l’hystĂ©rie, trahie, abandonnĂ©e, humiliĂ©e… qui cherche en vain des motifs de plainte puis de renoncement : au tĂ©lĂ©phone, elle exprime toute sa profonde et impuissante solitude ; l’amour bafouĂ© et rompu suscite la folie comme la dĂ©raison ; rĂŞve ou cauchemar Ă©veillĂ©, ou soliloque autosacrificiel, la scène se borne uniquement au ressentiment de l’hĂ©roĂŻne.

Ravel, 1911
Maurice_Ravel_1925Egalement en un acte, la comĂ©die musicale de Ravel est crĂ©Ă©e Ă  l’OpĂ©ra-Comique en mai 1911. A Tolède au XVIIIè, L’Ă©pouse de l’horloger Torquemada, Concepcion, s’ennuie ferme et se dĂ©sespère que son soupirant le poète Gonzalve lui rĂ©cite des vers… Heureusement survient celui que l’on attendait pas, Ramiro le muletier qui entreprend la belle… avec succès.
De quiproquos en rebondissements, Concepcion cache ses soupirants et amant indĂ©sirables dans les horloges du magasin, et trop naĂŻf pour ne pas ĂŞtre cocu, Torquemada demande Ă  Ramiro de revenir ainsi chaque matin… LIRE notre prĂ©sentation complète de La Voix humaine et de l’Heure espagnole Ă  l’OpĂ©ra de Tours

 

Opéra de Tours
LA VOIX HUMAINE
FRANCIS POULENC

L’HEURE ESPAGNOLE
MAURICE RAVEL

  
Catherine Dune, mise en scène
Jean-Yves Ossonce, direction  

boutonreservationVendredi 10 avril 2015 – 20h
Dimanche 12 avril 2015 – 15h
Mardi 14 avril 2015 – 20h

Conférence, samedi 28 mars 2015, 14h30
Grand Théâtre, Salle Jean Vilar
entrée gratuite

 

 

 

distributions

LA VOIX HUMAINE
Tragédie lyrique en un acte
Livret de Jean Cocteau
Création le 6 février 1959 à Paris
Editions Ricordi

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Catherine Dune
DĂ©cors : Elsa Ejchenrand *
Costumes : Elisabeth de Sauverzac *
Lumières : Marc Delamézière

Elle : Anne-Sophie Duprels *

L’HEURE ESPAGNOLE
Comédie musicale en un acte
Livret de Franc-Nohain, d’après sa pièce
Création le 19 mai 1911 à Paris
Editions Durand

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Catherine Dune
DĂ©cors : Elsa Ejchenrand *
Costumes : Elisabeth de Sauverzac *
Lumières : Marc Delamézière

Conception : Aude Extremo
Gonzalvo : Florian Laconi
Torquemada : Antoine Normand
Ramiro : Alexandre Duhamel
Don Inigo Gomez : Didier Henry