Le Quatuor Elmire Ă  la Schubertiade de Sceaux

ELMIRE quatuor schubertiade sceaux annonce critique concert quatuor musique classiquenews musique classiqueSCEAUX, La Schubertiade. Le 30 mars 2019, Quatuor Elmire. Fin de saison mais somptueuse affiche pour son dernier concert… La Schubertiade de Sceaux nous a régalé depuis octobre dernier, faisant de la salle de réunion de l’Hôtel de Ville de Sceaux, un haut lieu de musique de chambre, volet après volet. Pour la dernière, voici les quatre musiciens du Quatuor Elmire, jeune phalange instrumentale en pleine ascension, donc à suivre. Après la Quatuor Modigliani récemment, les Elmire cultivent eux aussi la lyre intimiste et passionnel…  En résidence à ProQuartet, le Quatuor, fondé en 2016, est 2è prix du concours européen de la FNAPEC à Paris en 2018 et la même année 2ème Prix et Prix Spécial « Adolfo Betti » au Concours international « Luigi Boccherini ». A Sceaux, les Elmire interprètent l’un des premiers quatuors de Beethoven, le Quatuor op. 18 n°3. L’art des contrastes expressifs, la subtilité des couleurs et des dialogues entre instruments indiquent le génie, la fougue, le tempérament du bouillonnant Ludwig van, encore fortement marqué par la maîtrise et l’élégance de ses aînés à Vienne, Mozart et Haydn. En compagnie de Sarah Sultan violoncelle, leur programme présente ensuite le Quintette à deux violoncelles de schubert-franz-schubertiade-concert-annonce-par-classiquenewsSchubert,  intense et tragique, « testament musical » composé pendant l’été 1828, deux mois avant la mort du compositeur. Rajouter au quatuor à cordes un deuxième violoncelle enrichit la texture sonore du Quatuor, en un souffle quasi orchestral ; il permet à Schubert une expressivité plus solide, plus grave, d’une profondeur qui traverse la mort, et repousse encore et encore, les champs de l’expérience et de la conscience humaine. Au début confidentielle, la part du violoncelle, à travers les Quatuors de Schubert prend une importance croissante, au point de surdimensionner le cadre originel et permettre un nouveau travail musical d’exploration. Jusqu’à sa mort, Schubert ne cesse d’interroger la forme et le sens de la musique.

 

 

 

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SCEAUX, HĂ´tel de ville, 17h30boutonreservation
Samedi 30 mars 2019,
Quatuor Elmire.

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.schubertiadesceaux.fr/quatuor-elmire-30-mars-2019/

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Répétition publique  / 30 mars 2019 à 11h45
Une répétition gratuite ouverte au public est proposée 
par le quatuor Elmire et Sarah Sultan pour des instants privilégiés au plus près des musiciens et des oeuvres interprétées.
 Ouvert à tous, petits et grands (en coproduction avec Proquartet – Centre Européen de Musique de Chambre).

RĂ©cital du pianiste Guillaume COPPOLA Ă  SCEAUX

coppola-guillaume-piano-concert-annonce-actualites-infos-musique-classique-classiquenewsSCEAUX (92), sam 16 fév 2019, 17h30. Guillaume COPPOLA, piano. La Schubertiade de Sceaux invite le pianiste Guillaume Coppola dans un répertoire qu’il sait défendre avec passion et nuances. Chopin, Debussy, sans omettre son cher Schubert, sujet antérieur d’un cd en son temps distingué par un CLIC de CLASSIQUENEWS : CD Schubert Valses nobles et sentimentales (sept 2014).
Notre rédacteur Ernst Van Beck écrivait son enthousiasme pour le jeu filigrané, arachnéen capable de profondeur comme de gravité : … « Des Sentimentales, si bien nommées mais sans effusion ni voyeurisme aucun, tout l’art du toucher est là-, on retient la 13ème évidemment pour son rayonnement tendre et caressant, d’une douceur fraternelle si enveloppante… et comme éternellement tournante comme un perpetuum mobile… , mais aussi la 18è et sa cadence racée pleine de fierté comme d’élégance.  C’est une série de séquences qui frappe par leur nervosité comme leur souplesse mélodique : acuité, précision, versatilité dynamique, Guillaume Coppola envisage chaque épisode comme un mini drame d’une mordante vivacité. Un appétit de vivre qui contraste évidemment avec la gravité des pièces complémentaires… »

A Sceaux, Guillaume Coppola joue deux Valses,qu’il relie lors de ce récital, à l’intimisme fougueux de Chopin et l’art des miniatures picturales (et climatiques) du Debussy des Préludes (deux extraits : La Puerta del Vino et feux d’artifice). En complément, le pianiste propose enfin la matière du rêve et lla sensualité amoureuse de Clair de lune… épisode aussi aisé techniquement que redoutable sur le plan de l’intonation et de l’articulation. Un programme jalonné de pépites et de défis…

Guillaume Coppola
Programme du récital à Sceaux

FRANZ SCHUBERT
Valses nobles et sentimentales

FREDERIC CHOPIN

Valses opus 64 n°2, opus 70 n°2
Grande Valse brillante op. 18.
Nocturne op. 9 n°1
Sonate n°2

CLAUDE DEBUSSY
Préludes (2è Livre) :
La Puerta del Vino
Feux d’artifice

Clair de lune

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SCEAUX, HĂ´tel de Ville (92)
Samedi 16 février 2019, 17h30
Guillaume Coppola, piano

boutonreservationRĂ©servez votre place
sur le site de La Schubertiade de Sceaux
http://www.schubertiadesceaux.fr/guillaume-coppola-16-fevrier-2019/

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APPROFONDIR

coppola guillaume franz schubert cd schubert eloquentiaCD. Schubert : Valses nobles, Sentimentales Sonate D 537 (Guillaume Coppola, 1 cd Eloquentia). En s’attachant principalement aux œuvres méconnues ou moins jouées de Schubert, Guillaume Coppola souligne la finesse suggestive, onirique, radicale, ce bouillonnment de l’intime qui fait la séduction irrésistible des partitions ici choisies… Valses nobles, Valses sentimentales, le pianiste Guillaume Coppola délivre le message d’une secrète intériorité d’un Schubert qui tout en s’enivrant de ses propres divagations, approfondit en réalité une quête intérieure, tissée sur la durée, dans la pudeur et la suggestivité. L’arche tendue d’un long parcours qui se lit à travers les deux cycles dansants, soit 12 puis 34 Valses caractérisées, dessine une perspective dont l’interprète sait restituer la secrète unité organique. Miniatures – la plus longue est la 3ème des Nobles (plus de 2mn), quand la plupart avoisine, 30, 40 ou 50 secondes, – majoritairement sur le rythme syncopé balançant et donc hypnotique dit  ” anapestique ” (2 croches/ 1 noire)-, il s’agit d’esquisses – bambochades dirions nous en contexte pictural-, d’un trait d’humeur rapidement esquissé qui suscite surtout une part de liberté et de fine légèreté proche de l’esquisse ou de l’improvisation.

 

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PARCOURIR les autres concerts de LA SCHUBERTIADE DE SCEAUX 2019 :

Schubertiade de Sceaux Logo copiable logo 2018SCEAUX, La Schubertiade, saison 2018-2019. Du 13 octobre 2018 au 30 mars 2019. Sceaux (92 – Hauts de Seine sud), superbe ville accolée au parc du château éponyme, renoue avec sa riche histoire musicale. Déjà au XVIIè, le site est demeuré célèbre pour le raffinement des célébrations baroques qui y étaient données. Mélomane et fastueuse, la Duchesse du Maine, insomniaque, organisait de somptueuses fêtes nocturnes dans son domaine (les fameuses 16 Grandes Fêtes de nuit de 1714 et 1715). Les Maine ont incarné ainsi, au moment où le Roi Soleil s’éteint à Versailles, une manière de bon goût, associant l’impertinence et l’excellence : le culte de la nuit affirmant une voie différente voire contraire à la célébration officielle du soleil versaillais. Joyeuse, festive, la duchesse du Maine offrait un tout autre visage artistique et politique, loin des austérités de Versailles au début du XVIIIè.

SCHUBERT gstaad reportage 2018LA MUSIQUE DE CHAMBRE A SCEAUX… 
Plus de 3 siècles après ce premier âge d’or culturel et artistique, la ville située au sud des Hauts de Seine, réactive sa riche histoire musicale, et accueille à partir d’octobre 2018 (dès le 13 octobre), une nouvelle saison musicale, plutôt romantique, dédiée à la musique de chambre et en particulier à Franz Schubert : « La Schubertiade de Sceaux ». Chaque Quatuor, Trio, Quintette de Franz Schubert est un voyage intérieur d’une puissante poésie, capable de transporter et de saisir. L’errance schubertienne s’exprime avec cette langueur suspendue jamais résolue; mélancolie profonde, nostalgie d’un eden qui n’a peut-être jamais été mais qui est ardemment désiré, chaque opus de Schubert conduit au-delà des apparences et du texte, vers cet invisible essentiel qui nourrit l’âme et comble l’esprit. Toute la musique de Schubert est une réflexion sur le sens de la vie et l’inéluctable mort, la permanence du sentiment, la vanité terrestre, l’appel au rêve ; elle cultive le réconfort de la tendresse, l’éloquente magie de la musique… Mais aux côtés des partitions schubertiennes, le nouveau cycle de concert à Sceaux propose d’autres compositeurs, de Mozart, Haydn à Beethoven, jusqu’aux auteurs contemporains. EN LIRE PLUS

 

RĂ©cital de Guillaume COPPOLA Ă  Sceaux

coppola-guillaume-piano-concert-annonce-actualites-infos-musique-classique-classiquenewsSCEAUX (92), sam 16 fév 2019, 17h30. Guillaume COPPOLA, piano. La Schubertiade de Sceaux invite le pianiste Guillaume Coppola dans un répertoire qu’il sait défendre avec passion et nuances. Chopin, Debussy, sans omettre son cher Schubert, sujet antérieur d’un cd en son temps distingué par un CLIC de CLASSIQUENEWS : CD Schubert Valses nobles et sentimentales (sept 2014).
Notre rédacteur Ernst Van Beck écrivait son enthousiasme pour le jeu filigrané, arachnéen capable de profondeur comme de gravité : … « Des Sentimentales, si bien nommées mais sans effusion ni voyeurisme aucun, tout l’art du toucher est là-, on retient la 13ème évidemment pour son rayonnement tendre et caressant, d’une douceur fraternelle si enveloppante… et comme éternellement tournante comme un perpetuum mobile… , mais aussi la 18è et sa cadence racée pleine de fierté comme d’élégance.  C’est une série de séquences qui frappe par leur nervosité comme leur souplesse mélodique : acuité, précision, versatilité dynamique, Guillaume Coppola envisage chaque épisode comme un mini drame d’une mordante vivacité. Un appétit de vivre qui contraste évidemment avec la gravité des pièces complémentaires… »

A Sceaux, Guillaume Coppola joue deux Valses,qu’il relie lors de ce récital, à l’intimisme fougueux de Chopin et l’art des miniatures picturales (et climatiques) du Debussy des Préludes (deux extraits : La Puerta del Vino et feux d’artifice). En complément, le pianiste propose enfin la matière du rêve et lla sensualité amoureuse de Clair de lune… épisode aussi aisé techniquement que redoutable sur le plan de l’intonation et de l’articulation. Un programme jalonné de pépites et de défis…

Guillaume Coppola
Programme du récital à Sceaux

FRANZ SCHUBERT
Valses nobles et sentimentales

FREDERIC CHOPIN

Valses opus 64 n°2, opus 70 n°2
Grande Valse brillante op. 18.
Nocturne op. 9 n°1
Sonate n°2

CLAUDE DEBUSSY
Préludes (2è Livre) :
La Puerta del Vino
Feux d’artifice

Clair de lune

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SCEAUX, HĂ´tel de Ville (92)
Samedi 16 février 2019, 17h30
Guillaume Coppola, piano

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sur le site de La Schubertiade de Sceaux
http://www.schubertiadesceaux.fr/guillaume-coppola-16-fevrier-2019/

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coppola guillaume franz schubert cd schubert eloquentiaCD. Schubert : Valses nobles, Sentimentales Sonate D 537 (Guillaume Coppola, 1 cd Eloquentia). En s’attachant principalement aux œuvres méconnues ou moins jouées de Schubert, Guillaume Coppola souligne la finesse suggestive, onirique, radicale, ce bouillonnment de l’intime qui fait la séduction irrésistible des partitions ici choisies… Valses nobles, Valses sentimentales, le pianiste Guillaume Coppola délivre le message d’une secrète intériorité d’un Schubert qui tout en s’enivrant de ses propres divagations, approfondit en réalité une quête intérieure, tissée sur la durée, dans la pudeur et la suggestivité. L’arche tendue d’un long parcours qui se lit à travers les deux cycles dansants, soit 12 puis 34 Valses caractérisées, dessine une perspective dont l’interprète sait restituer la secrète unité organique. Miniatures – la plus longue est la 3ème des Nobles (plus de 2mn), quand la plupart avoisine, 30, 40 ou 50 secondes, – majoritairement sur le rythme syncopé balançant et donc hypnotique dit  ” anapestique ” (2 croches/ 1 noire)-, il s’agit d’esquisses – bambochades dirions nous en contexte pictural-, d’un trait d’humeur rapidement esquissé qui suscite surtout une part de liberté et de fine légèreté proche de l’esquisse ou de l’improvisation.

 

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PARCOURIR les autres concerts de LA SCHUBERTIADE DE SCEAUX 2019 :

Schubertiade de Sceaux Logo copiable logo 2018SCEAUX, La Schubertiade, saison 2018-2019. Du 13 octobre 2018 au 30 mars 2019. Sceaux (92 – Hauts de Seine sud), superbe ville accolée au parc du château éponyme, renoue avec sa riche histoire musicale. Déjà au XVIIè, le site est demeuré célèbre pour le raffinement des célébrations baroques qui y étaient données. Mélomane et fastueuse, la Duchesse du Maine, insomniaque, organisait de somptueuses fêtes nocturnes dans son domaine (les fameuses 16 Grandes Fêtes de nuit de 1714 et 1715). Les Maine ont incarné ainsi, au moment où le Roi Soleil s’éteint à Versailles, une manière de bon goût, associant l’impertinence et l’excellence : le culte de la nuit affirmant une voie différente voire contraire à la célébration officielle du soleil versaillais. Joyeuse, festive, la duchesse du Maine offrait un tout autre visage artistique et politique, loin des austérités de Versailles au début du XVIIIè.

SCHUBERT gstaad reportage 2018LA MUSIQUE DE CHAMBRE A SCEAUX… 
Plus de 3 siècles après ce premier âge d’or culturel et artistique, la ville située au sud des Hauts de Seine, réactive sa riche histoire musicale, et accueille à partir d’octobre 2018 (dès le 13 octobre), une nouvelle saison musicale, plutôt romantique, dédiée à la musique de chambre et en particulier à Franz Schubert : « La Schubertiade de Sceaux ». Chaque Quatuor, Trio, Quintette de Franz Schubert est un voyage intérieur d’une puissante poésie, capable de transporter et de saisir. L’errance schubertienne s’exprime avec cette langueur suspendue jamais résolue; mélancolie profonde, nostalgie d’un eden qui n’a peut-être jamais été mais qui est ardemment désiré, chaque opus de Schubert conduit au-delà des apparences et du texte, vers cet invisible essentiel qui nourrit l’âme et comble l’esprit. Toute la musique de Schubert est une réflexion sur le sens de la vie et l’inéluctable mort, la permanence du sentiment, la vanité terrestre, l’appel au rêve ; elle cultive le réconfort de la tendresse, l’éloquente magie de la musique… Mais aux côtés des partitions schubertiennes, le nouveau cycle de concert à Sceaux propose d’autres compositeurs, de Mozart, Haydn à Beethoven, jusqu’aux auteurs contemporains. EN LIRE PLUS

 

COMPTE-RENDU, concert. SCEAUX, La Schubertiade, le 8 décembre 2018. Quatuor Modigliani : Schubert, Mozart, Debussy.

modigliani-quatuor-concert-annonce-festival-critique-concert-par-classiquenewsCOMPTE RENDU, concert. SCEAUX, La Schubertiade, le 8 décembre 2018. Quatuor Modigliani : Schubert, Mozart, Debussy. De toute évidence, ce qui frappe avant tout chez les Modigliani, c’est la sûreté de leur sonorité, l’ampleur du geste en particulier défendu par le premier violon (Amaury Coeytaux), la volonté d’unir et de fusionner une respiration claire et nuancée qui emporte et précise le caractère de chaque pièce. Le programme rentre bien dans la thématique cultivée depuis sa première session par La Schubertiade de Sceaux : piliers de la musique de chambre (dont surtout la présence pour chaque concert du samedi, d’une œuvre clé de Schubert) et horizon stylistique très élargi, car passer ainsi ce 8 décembre, de Schubert à Mozart puis Debussy, exige chez les spectateurs comme de la part des interprètes, une capacité de concentration égale et même progressive, à mesure que l’on passe d’une écriture à l’autre.

Schubert d’abord, incontournable en raison du titre même de la saison musicale à Sceaux : rien n’atteint l’appel à la mystérieuse mélancolie que l’écriture schubertienne… Plutôt passionné, le Quartettsatz D 703 de 1820 est un mouvement de quatuor, sans suite, mais son intensité justifie amplement qu’il soit joué en ouverture du concert : comme un portique d’une rare activité ; les Modigliani, porté par l’activité mélodique incessante du premier violon, en expriment et l’urgence et la détermination.

Quoiqu’on en dise, à chaque audition de l’une de ses oeuvres, Mozart saisit par sa profondeur et sa sincérité. Il est classique et déjà …romantique. Le quatuor K 465 « les dissonances » de 1785 dépasse largement le cadre de son époque, celui du néoclaccisime, des Lumières, à quelques mois de la Révolution française. La liberté du geste, la fougue cependant millimétrée que les Modigliani savent cultiver à travers ses 4 mouvements en disent long sur l’imagination et l’ambition de l’écriture. Mozart plus sûr que jamais, et visionnaire, n’a rien laissé au hasard, surtout pas à l’erreur, comme cela fut avancé par un critique mal intentioné : aucune dissonance en réalité. Ce n’est pas parce que le manuscrit comporte des ratures (si rares dans le catalogue de Mozart) qu’elles indiquent une faiblesse dans l’inspiration. Bien au contraire. Les instrumentistes, précis, fougueux, mais toujours souples, dès le début conçu comme une marche funèbre voire lugubre, s’accordent en nuances ténues : délivrant immédiatement cette élégance viennoise, ce ton de légèreté profonde, soucieux de clarté comme d’articulation, en particulier dans le jeu des dialogues entre le violon I et l’alto… L’Andante cantabile foudroie par sa gravité noire, une sorte de suspension tragique qui redouble de pudeur, comme l’expression d’une intériorité secrète. Contrastant avec ce qui précède, le Menuetto (allegro) affirme une belle élasticité rythmique grâce à un jeu à la fois enjoué et vif. Enfin le dernier Allegro (molto) confirme l’extrême agilité du violon I, sa volubilité toujours musicale qui entraîne ses partenaires, … le sourire du violon II, la carrure du violoncelle.

Après le court entracte, place Ă  la pièce maĂ®tresse selon nous. Celle que nous attendons. L’œuvre pour laquelle nous nous sommes dĂ©placĂ©s et qui s’inscrit opportunĂ©ment dans le cycle des cĂ©lĂ©brations du centenaire Debussy 2018 : le seul Quatuor de l’auteur de PellĂ©as, une partition de jeunesse, conçue en sol mineur et datĂ©e de 1892. Debussy y fait la synthèse Ă  son Ă©poque des recherches les plus avancĂ©es en matière d’écriture (comme le principe cyclique cher Ă  Franck) mais c’est une offrande première, assujettie Ă  sa passionnante et puissante personnalitĂ©, en particulier dans la conception de l’architecture harmonique. Inclassable, porteur et dĂ©fricheur d’horizons nouveaux, l’unique Quatuor de Debussy offre une traversĂ©e sertie de surprenants passages, une constellation de rythmes changeants, un caractère continĂ»ment sinueux et mouvant oĂą se love comme une ondulation toujours prĂ©sente et structurante, l’expression renouvelĂ©e d’une sensualitĂ© souvent irrĂ©sistible voire enivrante qui ne cesse de modifier sa forme au cours des quatre mouvements. Ainsi les Modigliani soulignent la voluptĂ© naturelle du premier « AnimĂ© et très dĂ©cidé » / telle une danse libĂ©rĂ©e, Ă  l’énoncĂ© très inventif ; l’acuitĂ© superactive des pizz du second mouvement (« Assez vif et bien rythmé », aux effets dĂ©cuplĂ©s d’une guitare ou d’une harpe) ; la qualitĂ© introspective de l’Andantino, entre retenue sensuelle et tristesse simple, avec en fin d’épisode, une exceptionnelle qualitĂ© pudique, Ă  la fois allusive et mystĂ©rieuse. LĂ  encore le sens des nuances saisit, rappelant dĂ©sormais tout ce en quoi la partition de 1892, annonce dans climats et articulation du flux musical et mĂ©lodique, l’envoĂ»tement futur de son… lui aussi unique, opĂ©ra : PellĂ©as (1902, soit 20 annĂ©es plus tard). Enfin le dernier et quatrième mouvement ne cesse de captiver par son allant irrĂ©pressible, avec cette notation qui n’appartient qu’à la pensĂ©e d’un Debussy très amateur de poĂ©sie : « très modĂ©rĂ© puis très mouvementĂ© et avec passion » ; le tissu harmonique se densifie, s’exalte en particulier par la voix de l’alto et du violoncelle. Debussy semble y peindre une traversĂ©e hallucinĂ©e Ă  la manière de la Nuit transfigurĂ©e de Schoenberg, en un souffle Ă  la fois dĂ©sespĂ©rĂ©e et Ă©perdu, puis tout s’allège et s’éclaircit comme une flamme qui s’élève. De toute Ă©vidence, Debussy s’affirme dans son Quatuor avec une maĂ®trise et une sĂ»retĂ©, une ivresse sonore que les quatre cordes du Quatuor Modigliani abordent avec caractère, Ă©nergie, passion et voluptĂ©. Passionnant. Encore une session de chambrisme exaltĂ© et subtil Ă  Sceaux. De surcroĂ®t dans l’HĂ´tel de ville : une occasion exemplaire de permettre aux citoyens de s’approprier un lieu public, ailleurs, froid et distant. C’est Ă  Sceaux, un samedi par mois, Ă  17h, et nul par ailleurs. Lire ici toute la programmation de La Schubertiade de Sceaux, saison 1 : 2018 – 2019.

 
 
 
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COMPTE-RENDU, concert. SCEAUX, La Schubertiade, le 8 décembre 2018. Quatuor Modigliani : Schubert, Mozart, Debussy. Illustrations : © Perceval Gilles / La Schubertiade de Sceaux 2018

 
 
   
 
 

SCEAUX, La Schubertiade : Superbe concert Durosoir, Ravel, Schumann.. Trio Atanassov

schubertiade-sceaux-leaderboard-18-19-190-800-VIGNETTE-classiquenewsSCEAUX (92), sam 10 nov 2018. TRIO ATANASSOV : Durosoir, Ravel, Bridge… Voici dĂ©jĂ  la 2è session de la Schubertiade de Sceaux, cycle Ă©vĂ©nement de musique de chambre autour de Schubert, proposĂ©, dĂ©fendu par le Trio Atanassov. Après une première inaugurale, 100% Schubert qui a eu lieu le 13 octobre dernier, – bain enivrant dans l’imaginaire si trouble et tendre de Franz Schubert, les interprètes de ce 2è rv Ă  Sceaux, rendent hommage Ă  la musique du compositeur Lucien Durosoir, violoniste et compositeur, qui fut soldat sur le front de la première guerre, dont le tempĂ©rament marque les esprits ; une Ĺ“uvre idĂ©ale qui permet Ă  la Schubertiade de Sceaux de fĂŞter aussi le centenaire de l’Armistice 1918, … un certain 11 novembre.

  

 

La Ville de Sceaux lance sa nouvelle saison musicale : "la Schubertiade"

 

 

 

Le spectacle « Un fil, la vie, un simple fil » réunit les 3 instrumentistes du Trio Atanassov (Perceval Gilles, Sarah Sultan et Pierre-Kaloyann Atanassov, respectivement violon, violoncelle, piano / cf notre photo), et aussi le comédien et metteur en scène Alain Carré pour évoquer l’expérience de la guerre et des tranchées vécue par Lucien Durosoir, à travers sa musique et ses mots (lettres envoyées du front à sa mère). Des extraits des Carnets de guerre de Maurice Maréchal seront également lus en alternance avec les compositions de Lucien Durosoir, mais aussi de Ravel, Schumann, Bridge, Beethoven et Ysaÿe.

sceaux la schubertiade de sceaux hotel de ville saison sur classiquenewsUne exposition et une courte conférence de Luc Durosoir, fils du musicien, qui a retrouvé les œuvres de son père (que lui-même refusait de publier) au début du XXIème siècle, enrichissent l’apport du concert. Pluridisplinaire et généreuse, l’offre de La Schubertiade de Sceaux croise musique, histoire, littérature afin d’honorer l’œuvre d’un virtuose marqué par la monstruosité de la guerre, qui, après sa démobilisation, décida de se retirer du monde pour composer. Tout un symbole.

 
 

 
 

Sur le front, le matricule 4857
durosoir lucien violon portrait annocne concert par classiquenewsEau chaude en guise de cafĂ©, pain sec, lever matinal Ă  4h et demi… Rester immobile, quel que soit le temps. Attendre. Observer, se cacher… « Il ne faut pas ĂŞtre maniaque, devenir très dur, simple et endurant, telle est la devise Ă  laquelle il faut s’efforcer. Par endurant, je ne dis pas seulement lutter contre la fatigue, mais aussi le climat froid et la pluie « . Le soldat sur le front Ă©crit couchĂ© car pas de table ni de chaise… sa vie est dure, terne ; c’est Ă  Caen en 1914, au moment oĂą il apprend entre autres la mort du compositeur AlbĂ©ric Magnard, tuĂ© par les allemands… « Il a Ă©tĂ© fusillĂ© dans sa maison de Baron parce qu’il avait tirĂ© deux Uhlans qui enfonçaient sa grille. C’est sĂ»rement une grande perte pour nous », Ă©crit Lucien Durosoir – matricule 4857, dans son « cher carnet »…
Peu à peu, après avoir été un temps (premier) impressionné, le soldat s’habitue à la proximité avec les cadavres : «  je veillerai dans la nuit au milieu des cadavres comme cela arrive souvent, sans même y songer ».
Et comme pour se donner du courage : ”Certainement la guerre est le plus Ă©pouvantable des flĂ©aux, mais il faut la subir et nous n’y pouvons rien, et dans le cas prĂ©sent nous dĂ©fendons notre pays, nos libertĂ©s et l’amour de notre race”.  Le quotidien est terrible ; le goĂ»t de la guerre, Ă  vomir. Insupportable mais inĂ©vitable. Tel est la vie du soldat Durosoir, en un temps foudroyĂ© et glaçant, que les extraits musicaux enrichissent et colorent tout au long de la reprĂ©sentation. Dans la dĂ©termination et dans l’espoir. C’est un humanisme admirable : « Certes, je ne puis savoir ce que le sort me rĂ©serve, mais si je venais Ă  disparaĂ®tre, ce Ă  quoi il ne faut pas penser, songe que ce sacrifice, que bien d’autres que moi ont consenti, a Ă©tĂ© fait pour sauver notre pays et les enfants, c’est-Ă -dire l’avenir, c’est pour eux que nous avons supportĂ© tant de souffrances. Il faudrait donc t’intĂ©resser Ă  des enfants, Ă  des musiciens, occupe-toi et soutiens des jeunes violonistes, cela occupera ta vie et sera une façon de me prolonger… «  Ă©crit-il Ă  sa mère.

  

  

 

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SCEAUX (92), HĂ´tel de ville
Samedi 10 novembre 2018, 17h30
RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.schubertiadesceaux.fr/un-fil-la-vie-un-simple-fil-10-novembre-2018/

 

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  Liste des oeuvres musicales jouées pendant le spectacle :

Eugène Ysaÿe : “Obsession” (1923), extrait de la Sonate pour violon seul N°2
Maurice Ravel : “Pantoum” , 2ème mouvement du Trio en la (1914)
Lucien Durosoir : 1er mouvement du Trio en si mineur (1926-27)
Frank Bridge : 2ème et 3ème mouvements du Trio n°2 (1929)
Robert Schumann :  ”l’oiseau prophète” extrait des “Scènes de la forêt”
Ludwig van Beethoven : 4ème mouvement de la Sonate op.30 n°2 pour violon et piano
Robert Schumann : 2ème et 3ème mouvement du trio N° 1 en ré mineur
Lucien Durosoir : 2ème et 3ème mouvements du Trio en si mineur
Lucien Durosoir : “prière à Marie” (1949) pour violon et piano

 

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LIRE notre compte-rendu du concert du 13 octobre 2018 : Programme Schubert par le Trio Atanassov / La Schubertiade de Sceaux
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-sceaux-92-le-13-octobre-2018-la-schubertiade-de-sceaux-recital-schubert-trio-atanassov/

 

 

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VISITEZ le site du Trio Atanassov : www.trioatanassov.com

https://www.trioatanassov.com

LIRE aussi notre prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale de la saison musicale La Schubertiade de Sceaux 2018 – 2019 et ses 6 concerts Ă©vĂ©nements.

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SCEAUX (92), sam 10 nov 2018. TRIO ATANASSOV : Durosoir, Ravel, Bridge…

schubertiade-sceaux-leaderboard-18-19-190-800-VIGNETTE-classiquenewsSCEAUX (92), sam 10 nov 2018. TRIO ATANASSOV : Durosoir, Ravel, Bridge… Voici dĂ©jĂ  la 2è session de la Schubertiade de Sceaux, cycle Ă©vĂ©nement de musique de chambre autour de Schubert, proposĂ©, dĂ©fendu par le Trio Atanassov. Après une première inaugurale, 100% Schubert qui a eu lieu le 13 octobre dernier, – bain enivrant dans l’imaginaire si trouble et tendre de Franz Schubert, les interprètes de ce 2è rv Ă  Sceaux, rendent hommage Ă  la musique du compositeur Lucien Durosoir, violoniste et compositeur, qui fut soldat sur le front de la première guerre, dont le tempĂ©rament marque les esprits ; une Ĺ“uvre idĂ©ale qui permet Ă  la Schubertiade de Sceaux de fĂŞter aussi le centenaire de l’Armistice 1918, … un certain 11 novembre.

 

La Ville de Sceaux lance sa nouvelle saison musicale : "la Schubertiade"

 

 

 

Le spectacle « Un fil, la vie, un simple fil » réunit les 3 instrumentistes du Trio Atanassov (Perceval Gilles, Sarah Sultan et Pierre-Kaloyann Atanassov, respectivement violon, violoncelle, piano / cf notre photo), et aussi le comédien et metteur en scène Alain Carré pour évoquer l’expérience de la guerre et des tranchées vécue par Lucien Durosoir, à travers sa musique et ses mots (lettres envoyées du front à sa mère). Des extraits des Carnets de guerre de Maurice Maréchal seront également lus en alternance avec les compositions de Lucien Durosoir, mais aussi de Ravel, Schumann, Bridge, Beethoven et Ysaÿe.

sceaux la schubertiade de sceaux hotel de ville saison sur classiquenewsUne exposition et une courte conférence de Luc Durosoir, fils du musicien, qui a retrouvé les œuvres de son père (que lui-même refusait de publier) au début du XXIème siècle, enrichissent l’apport du concert. Pluridisplinaire et généreuse, l’offre de La Schubertiade de Sceaux croise musique, histoire, littérature afin d’honorer l’œuvre d’un virtuose marqué par la monstruosité de la guerre, qui, après sa démobilisation, décida de se retirer du monde pour composer. Tout un symbole.

 

 

Sur le front, le matricule 4857
durosoir lucien violon portrait annocne concert par classiquenewsEau chaude en guise de cafĂ©, pain sec, lever matinal Ă  4h et demi… Rester immobile, quel que soit le temps. Attendre. Observer, se cacher… « Il ne faut pas ĂŞtre maniaque, devenir très dur, simple et endurant, telle est la devise Ă  laquelle il faut s’efforcer. Par endurant, je ne dis pas seulement lutter contre la fatigue, mais aussi le climat froid et la pluie « . Le soldat sur le front Ă©crit couchĂ© car pas de table ni de chaise… sa vie est dure, terne ; c’est Ă  Caen en 1914, au moment oĂą il apprend entre autres la mort du compositeur AlbĂ©ric Magnard, tuĂ© par les allemands… « Il a Ă©tĂ© fusillĂ© dans sa maison de Baron parce qu’il avait tirĂ© deux Uhlans qui enfonçaient sa grille. C’est sĂ»rement une grande perte pour nous », Ă©crit Lucien Durosoir – matricule 4857, dans son « cher carnet »…
Peu à peu, après avoir été un temps (premier) impressionné, le soldat s’habitue à la proximité avec les cadavres : «  je veillerai dans la nuit au milieu des cadavres comme cela arrive souvent, sans même y songer ».
Et comme pour se donner du courage : ”Certainement la guerre est le plus Ă©pouvantable des flĂ©aux, mais il faut la subir et nous n’y pouvons rien, et dans le cas prĂ©sent nous dĂ©fendons notre pays, nos libertĂ©s et l’amour de notre race”.  Le quotidien est terrible ; le goĂ»t de la guerre, Ă  vomir. Insupportable mais inĂ©vitable. Tel est la vie du soldat Durosoir, en un temps foudroyĂ© et glaçant, que les extraits musicaux enrichissent et colorent tout au long de la reprĂ©sentation. Dans la dĂ©termination et dans l’espoir. C’est un humanisme admirable : « Certes, je ne puis savoir ce que le sort me rĂ©serve, mais si je venais Ă  disparaĂ®tre, ce Ă  quoi il ne faut pas penser, songe que ce sacrifice, que bien d’autres que moi ont consenti, a Ă©tĂ© fait pour sauver notre pays et les enfants, c’est-Ă -dire l’avenir, c’est pour eux que nous avons supportĂ© tant de souffrances. Il faudrait donc t’intĂ©resser Ă  des enfants, Ă  des musiciens, occupe-toi et soutiens des jeunes violonistes, cela occupera ta vie et sera une façon de me prolonger… «  Ă©crit-il Ă  sa mère.

  

 

SCEAUX (92), HĂ´tel de ville
Samedi 10 novembre 2018, 17h30
RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.schubertiadesceaux.fr/un-fil-la-vie-un-simple-fil-10-novembre-2018/

 
 

 

  Liste des oeuvres musicales jouées pendant le spectacle :

Eugène Ysaÿe : “Obsession” (1923), extrait de la Sonate pour violon seul N°2
Maurice Ravel : “Pantoum” , 2ème mouvement du Trio en la (1914)
Lucien Durosoir : 1er mouvement du Trio en si mineur (1926-27)
Frank Bridge : 2ème et 3ème mouvements du Trio n°2 (1929)
Robert Schumann :  ”l’oiseau prophète” extrait des “Scènes de la forêt”
Ludwig van Beethoven : 4ème mouvement de la Sonate op.30 n°2 pour violon et piano
Robert Schumann : 2ème et 3ème mouvement du trio N° 1 en ré mineur
Lucien Durosoir : 2ème et 3ème mouvements du Trio en si mineur
Lucien Durosoir : “prière à Marie” (1949) pour violon et piano
 

 
 

 
 

 

 

LIRE notre compte-rendu du concert du 13 octobre 2018 : Programme Schubert par le Trio Atanassov / La Schubertiade de Sceaux
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-sceaux-92-le-13-octobre-2018-la-schubertiade-de-sceaux-recital-schubert-trio-atanassov/

VISITEZ le site du Trio Atanassov : www.trioatanassov.com

https://www.trioatanassov.com

LIRE aussi notre prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale de la saison musicale La Schubertiade de Sceaux 2018 – 2019 et ses 6 concerts Ă©vĂ©nements.