STREAMING opéra : Der SchauspielDirektor à La Monnaie

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81STREAMING, opĂ©ra. MOZART : Der SchauspielDirektor, 19 fĂ©v 21, 20h. En streaming depuis l’opĂ©ra La Monnaie Ă  Bruxelles, l’opĂ©ra de Mozart n’a jamais semblĂ© plus actuel, dès les premières paroles du livret : « Nous avons la permission de jouer! ». Dans cette (trop) courte « comĂ©die accompagnĂ©e de musique », Mozart scrute voire parodie avec humour et invention le petit monde de l’opĂ©ra dont les susceptibilitĂ©s et rivalitĂ©s entre les divas. Voici les coulisses d’une production d’opĂ©ra imaginĂ©es par  Wolfgang alors qu’il Ă©crit dans le mĂŞme temps son chef d’Ĺ“uvre Les Nozze di Figaro d’après Beaumarchais… Comme « opera seria » de Gassmann et plus rĂ©cemment, Ariadne auf Naxos de Strauss et son librettiste Hugo Von Hofmmansthal, la partition du SchauspielDirektor Ă©gratine avec humour et finesse les travers souvent ridicules du milieu musical et lyrique et au delĂ , des passions humaines… Rien de plus vaniteux et susceptible qu’un… artiste ?

joseph II empereurUN DRAME COMIQUE GERMANIQUE POUR JOSEPH II… Le titre « SchauspielDirektor » ou impresario est un singspiel (drame chanté en allemand), plutôt comique composé par Mozart sur le livret de Gottlieb Stephanie à la demande de l’empereur Joseph II pour un divertissement privé, donné au palais de Schönnbrunn à Vienne le 7 fév 1786. L’œuvre de Mozart, emblème du génie germanique est alors opposée à la veine italienne incarnée par Salieri, en particulier son drame rival, l’opéra buffa « Prima la musica e poi le parole »… Mozart écrit un drame extrêmement court comprenant une ouverture, 4 arias : un air pour chacune des deux sopranos, un trio (les  2 sopranos et le ténor), un ensemble final (les 2 sopranos, le ténor, le baryton).

 

 

 

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MOZART : Der SchauspielDirektor
STREAMING opéra vendredi 19 février 2021, 20h
sur le site de La monnaie.be
https://www.lamonnaie.be/fr/program/1765-der-schauspieldirektor
Production visionnable sur le site de La Monnaie Bruxelles jusqu’au 26 février 2021

Production à l’affiche du
19.02.2021 - 20:00 (jusqu’au 26 fĂ©vrier 2021)
Diffusion sur Musiq3 et Klara le 6 mars 2021

Version avec un scénario et des dialogues actualisés en collaboration avec les directeurs du KVS (Michael De Cock) et du Théâtre National Wallonie-Bruxelles (Fabrice Murgia).

 

 

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Préparez votre soirée streaming opéra grâce à la série de podcasts diffusés préalablement par La Monnaie sur son site : Résonances.
Fabrice Murgia et Peter de Caluwe sont les invités de ce premier épisode consacré à Der Schauspieldirektor, où ils discuteront, entre autres, du fait de se produire sans public. Dans la version néerlandophone, Michael De Cock et Peter de Caluwe se questionnent sur ce que signifie être un bon Schauspieldirektor en 2021.

https://www.lamonnaie.be/fr/program/1765-der-schauspieldirektor

https://www.lamonnaie.be/fr/mmm-online/1876-resonances

DISTRIBUTION
Direction musicale : Alain Altinoglu
Concept, mise en scène & adaptation du livret : Michael De Cock & Fabrice Murgia
Video : Giacinto Caponio

Frank : Mieke De Groote
Eiler : Achille Ridolfi
Buff  : Dietrich Henschel
Madame Pfeil : Marie-Aurore d’Awans
Mesdames Krone : Nadine Baboy & Hervé Loka Sombo
Madame Volgelsang : Evelien Van Hamme
Herr Vogelsang : Yves Saelens
Madame Herz : Lenneke Ruiten
Mademoiselle Silberklang : Simona Šaturová

Orchestre symphonique de la Monnaie

Compte-rendu, opĂ©ra. Bruxelles. Théâtre Royal de La Monnaie. Le 8 fĂ©vrier 2015. Georg Friedrich Haendel : Tamerlano. Christophe Dumaux, Jeremy Ovenden, Sophie Karthäuser, Delphine Galou, Ann Hallenberg, Nathan Berg, Caroline d’Haese. Pierre Audi, mise en scène. Christophe Rousset, direction.

Les opĂ©ras de Haendel ont subi, plus que tout autre compositeur, la fantaisie trop souvent gratuite des metteurs en scène. Quel plaisir d’assister enfin – dans le magnifique Ă©crin que constitue le Théâtre Royal de La Monnaie – Ă  une reprĂ©sentation oĂą la rĂ©alisation rejette l’anecdotique et les trop dĂ©risoires « tics » du Regietheater pour se mettre au service de l’intrigue, de la vĂ©ritĂ© psychologique, et bien entendu de la musique, ce avec la plus grande Ă©conomie de moyens.

haendel_handel_costume_portraitCela, la superbe mise en scène de Pierre Audi Ă  Bruxelles vient de le rappeler : ici, pas de transposition dans le temps, ni de lieu, pas de tanks sur le plateau ni de tĂ©lĂ©phones portables, mais une proposition scĂ©nique dĂ©pouillĂ©e, avec comme seul cadre une enfilade de cinq arcades grises aux contours dorĂ©s, qui s’achève par une paroi Ă  l’identique. Toute l’attention se concentre sur les protagonistes du drame (magnifiquement habillĂ©s par Patrick Kinmonth) : leur gestuelle expressive, les postures expressionnistes, voire torturĂ©es, et rĂ©vĂ©latrices des sentiments, des rapports et des tensions. Tout est ici mis au service de la vĂ©ritĂ© psychologique et de l’agencement dramatique, particulièrement sensible dans une deuxième partie de l’opĂ©ra qui tient le public en haleine. A tel point que nous n’avons guère de souvenir de reprĂ©sentation d’opĂ©ra de Haendel d’une telle puissance…

 

 

 

Exquise Asteria de Sophie Karthäuser

 

Tamerlano2Il faut dire que le tĂ©nor britannique Jeremy Ovenden, qui incarne Bajazet, le sultan turc vaincu et vrai hĂ©ros de l’opĂ©ra, offre une composition saisissante de son personnage ; il compense par l’intensitĂ© dramatique, les limites des moyens, comme lorsqu’il maudit sa fille, ou Ă  la fin de l’ouvrage, dans la grande scène oĂą, littĂ©ralement possĂ©dĂ©, il campe un Bajazet sombrant dans la fureur et la dĂ©raison, vĂ©hĂ©mence qu’interrompent soudain, murmurĂ©s de cette voix blessĂ©e, ses douloureux Ă©lans de tendresse vers Asteria. La force de cette interprĂ©tation ne doit pas faire oublier que toute la distribution est du plus haut niveau, Ă  commencer par Sophie Karthäuser : toute de simplicitĂ© et de naturel, avec son legato, les couleurs subtiles de son timbre, une ligne vocale parfaitement souple (et quels rĂ©citatifs expressifs !) ; la soprano belge est la plus exquise et la plus touchante des Asteria (sublime aria avec Andronico ou encore l’accompagnato et arioso « Padre amante… Folle sei »). Le contre-tĂ©nor français Christophe Dumaux est tout aussi remarquable en Tamerlano, un rĂ´le difficile car, si l’empereur des Tatares est le tyran victorieux, il ne contrĂ´le en rien ce drame : tout lui Ă©chappe. Le jeune contre-tĂ©nor est formidable d’arrogance et son grand air en feu d’artifice vocal « Ah, dispette d’un volto ingrato », est lancĂ© avec un insolent panache. La mezzo suĂ©doise Ann Hallenberg (Irene) confère au personnage de la soupirante dĂ©laissĂ©e par Bajazet une place plus importante que prĂ©vue, grâce Ă  une aisance scĂ©nique et un rayonnement vocal hors du commun. Andronico est un rĂ´le important, dont la puissance Ă  faire Ă©voluer et basculer l’intrigue l’emporte sur la prestation vocale requise : la talentueuse alto française Delphine Galou sĂ©duit, avec son timbre veloutĂ© et son phrasĂ© sensible, mais la voix manque nĂ©anmoins de projection et de volume. Enfin, habituĂ© des grandes basses de l’opĂ©ra baroque, Nathan Berg continue Ă  affiner un art dans lequel le timbre gagne en mobilitĂ©, en ligne de chant, en couleurs et en expressivitĂ©.

Christophe Rousset – Ă  la tĂŞte de ses Talens Lyrique – n’est pas seulement un maĂ®tre d’Ĺ“uvre attentif, il est vĂ©ritablement inspirĂ© par la musique, et offre une lecture du chef d’Ĺ“uvre de Haendel d’un engagement et d’une expressivitĂ© rares.  A l’arrivĂ©e, un spectacle d’une aristocratique beautĂ©, celle-lĂ  mĂŞme dont l’opĂ©ra de Haendel cĂ©lèbre l’apothĂ©ose.

Compte-rendu, opĂ©ra. Bruxelles. Théâtre Royal de La Monnaie. Le 8 fĂ©vrier 2015. Georg Friedrich Haendel : Tamerlano. Christophe Dumaux, Jeremy Ovenden, Sophie Karthäuser, Delphine Galou, Ann Hallenberg, Nathan Berg, Caroline d’Haese. Pierre Audi, mise en scène. Christophe Rousset, direction.

Au monde de Philippe Boemans, création mondiale à Bruxelles

Philippe Boesmans philippe boesmans au monde, bruxelles La monnaie 2014Bruxelles, La Monnaie.Philippe Boemans : Au Monde. 30 mars > 12 avril 2014. Création mondiale. Philippe Boesmans présente à La Monnaie de Bruxelles son déjà 6ème opéra. Après Julie (2005), surtout Yvonne princesse de Bourgogne créé sur la scène parisienne du Palais Garnier (2009), fresque grinçante, ironique, cynique et glaçante d’une Cour aussi barbare qu’abjecte, Philippe Boesmans présente son nouvel opéra en création mondiale à La Monnaie de Bruxelles à partir du 30 mars 2014. Le compositeur traite en teintes grisâtres et suspendues le gouffre psychique qui finit par submerger une famille où règne l’envie, la jalousie, l’action de blessures jamais refermées.

Le sujet est emprunté à la pièce de Joël Pommerat Au monde (2004), qui pour l’adapter à la scène lyrique a réécrit son texte et en assure même la mise en scène bruxelloise.
Le texte nourri de non-dits, cultivant l’indicible horreur de la nature humaine, inspire le compositeur qui a toujours aimé les situations sourdes, secrètes, l’émergence de la catastrophe dans un milieu petit bourgeois et conforme, l’implosion du cadre rendue inévitable après un climat de tension extrême.
C’est un huit clos qui réunit des être déracinés et hypersensibles. Chacun est en quête, donc frustré et insatisfait. Philippe Boesmans avoue aussi avoir été tenté dans Au Monde par le désir de traiter musicalement l’ennui, comme une absence d’action explicite. Aux spectateurs de la création de juger du résultat, à Bruxelles à partir du 30 mars 2014.

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