TOUT HAYDN à METZ : Osez HAYDN, les 8 et 9 nov 2019

OSEZ-HAYDN-festival-homepage-METZ-582METZ, Arsenal. FESTIVAL « OSEZ HAYDN! » ven 8, sam 9 nov 2019. L’Arsenal de METZ propose un festival 100% Joseph HAYDN pendant 4 jours… Après l’avoir créé à Paris en octobre 2018, Julien Chauvin et son ensemble, Le Concert de la Loge, sur instruments anciens, spécialistes du répertoire classique et romantique, transfèrent le concept du festival HAYDN à METZ, profitant opportunément de leur résidence à la Cité musicale de Metz (Arsenal)! Il est temps de (re)découvrir l’écriture du génie viennois, celui de Joseph Haydn, père du quatuor, de la symphonie classique, trop étouffé par MOZART. Au XVIIIè, rien de tel, car Mozart était sousestimé, et HAYDN, vénéré comme le plus grand compositeur vivant de son temps… car Haydn a presque tout inventé, véritable « aiguillon », tempérament audacieux et expérimentateur de premier plan (Beethoven l’a bien compris qui rechercha absolument à suivre ses leçons à Vienne).
Au programme du festival « OSEZ HAYDN 2019 » à METZ, du 6 au 9 nov, soit pendant 4 journées, débats, conférences, exposition, battle, pause gourmande et concerts bien sûr.. avec la coopération des artisans et des institutions de la région Grand Est. Temps forts entre autres, la confrontation des instruments d’époque et des instruments modernes le 8 nov dans les symphonies de Joseph Haydn

 

 

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Julien Chauvin, violoniste, fondateur du Concert de la Loge (DR / Arsenal de Metz 2019)

 

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Programme OSEZ HAYDN 2019
à l’Arsenal de METZ – Cité Musicale de Metz
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/temps-forts/osez-haydn

 

 

 

Mercredi 6 novembre 2019

 

 

CONFÉRENCE | 18h30
Salon Claude Lefebvre
La lutherie à Mirecourt au XVIIIe siècle
Roland Terrier et Jean-Paul Rothiot racontent comment la lutherie se développe à Mirecourt, petite ville des Vosges au cours du siècle ; ils y détectent et analysent les influences des écoles allemande et italienne sur les violons fabriqués pendant cette période.
Roland Terrier – luthier
Jean-Paul Rothiot – historien

 

 

19h30, vernissage
EXPOSITION La lutherie dans tous ses états
Grand Hall
Exposition organisée par le musée de la Lutherie et de l’archèterie françaises de Mirecourt et le Collectif Colof – horaires : du mercredi 6 à samedi 9 nov 2019, de 13h–18h

 

 

 

Jeudi 7 novembre 2019

 

 

HAYDN-OSEZ-metz-arsenal-6-9-nov-2019CONCERT | 20h
Salle de l’Esplanade
Les Sonates pour pianoforte de Haydn
Sonate en ré majeur
Sonate n°35 en la bémol majeur
Andante et variations en fa mineur
Sonate en sol majeur
Sonate en mi bémol majeur
Alain Plan̬s Рpianoforte

 

 

 

Vendredi 8 novembre 2019

 

 

CONFÉRENCE | 18h30
Salon Claude Lefebvre
Haydn et sa présence à Paris
L’engouement pour les symphonies de Haydn à Paris à la fin du XVIIIe siècle infiltrait tous les aspects de la vie musicale : tous les concerts de  l’époque commençaient et se terminaient par l’une de ses symphonies, on les jouait également durant les entractes des comédies et des tragédies lyriques. Haydn n’eut donc jamais besoin de venir à Paris pour  promouvoir ses œuvres. Intervenant :
Alexandre Dratwicki – musicologue et directeur scientifique du Palazzetto Bru Zane qui est le Centre de musique romantique française établi à Venise.

 

 

CONCERT | 20hHAYDN-OSEZ-metz-arsenal-6-9-nov-2019
Grande salle
“Deux Haydn sinon rien”
Le Concert de la Loge
L’Orchestre National de Metz
Julien Chauvin – direction
Antoine Pecqueur Рpr̩sentation

Symphonie n°86 en ré majeur
(Le Concert de la Loge)

Symphonie n°45 « Les Adieux »
(Orchestre national de Metz)

 

 

 

Samedi 9 novembre 2019

 

 

CONFÉRENCE À PLUSIEURS VOIX | 14h
Salon Claude Lefebvre
Un salon de musique chez Monsieur Haydn
Le collectif lorrain de la facture instrumentale (COLOFIN) propose une  installation présentant des instruments historiques mêlés à des créations sorties des ateliers de plusieurs membres de ce groupe de  luthiers lorrains. L’exposition sera articulée autour d’un piano carré historique Frederic Beck fait à Londres en 1777.
Alain Meyer – Luthier

GOÛTER VIENNOIS | 15h30-17h30
Bar – Présentation du chocolat “Quatuor” et dégustation de chocolat chaud et de viennoiseries, préparés et présentés par Philippe Maas (chocolatier).

 

 

DÉBAT | 16h
Salon Claude Lefebvre
“Battle : Mozart vs Haydn”
Le débat, qui opposera deux fervents défenseurs de Mozart et de Haydn, tente d’expliquer la marginalisation des opéras de Haydn et de rappeler la très grande théâtralité de sa musique. Ce sera aussi aux auditeurs de trancher entre ces innovateurs! Attaché à la Cour des princes Esterhazy, près de Vienne, Haydn compose quantité de pièces divertissantes et plusieurs opéras encore aujourd’hui minorés et très peu joués, quand ils sont comme ceux de Mozart, d’une facétie dramatique post rossinienne, d’une élégance toute viennoise et mozartienne.

Marc Vignal – musicologue
Ivan Alexandre – journaliste

 

 

HAYDN-OSEZ-metz-arsenal-6-9-nov-2019CONCERT | 18h
Salle de l’Esplanade   ”Haydn Intime”
Chantal Santon-Jeffery – soprano
Florent Albrecht – piano
Lucien Pagnon – violon
Lucile Perrin – violoncelle

Canzonettas & Lieder / Sonate en ut majeur – 1er mouvement / Fantaisie en ut majeur – Presto / Cantate Arianna a Naxos / Variations en fa mineur

 

 

CONCERT | 20hHAYDN-OSEZ-metz-arsenal-6-9-nov-2019
Grande salle
“Un soir sacré aux Tuileries “
Florie Valiquette – soprano
Ad̬le Charvet Рalto
Reinoud Van Mechelen Рt̩nor
Andreas Wolf – baryton
Ensemble Aedes – Mathieu Romano
Le Concert de la Loge 

 

 

 

 

 

 

 

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RESERVATIONS & INFORMATIONS
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/temps-forts/osez-haydn

OSEZ-HAYDN-festival-homepage-METZ-582

 

 

 

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CD, critique. HAYDN : Symphonie n°86. Airs d’opéras… Sacchini, GLuck, Lemoyne, Louis-charles Ragué… Sophie Karthäuser, soprano. Le Concert de la Loge. Julien Chauvin, direction (1 cd APARTÉ – 2018)

HAYDN Symphonie-n-87-l-impatienteCD, critique. HAYDN : Symphonie n°86. Airs d’opéras… Sacchini, GLuck, Lemoyne, Louis-charles Ragué… Sophie Karthäuser, soprano. Le Concert de la Loge. Julien Chauvin, direction (1 cd APARTÉ – 2018). Peu à peu, Le Concert de La Loge édifie une intégrale des 6 symphonies parisiennes de Haydn, sommet de l’éloquence et de l’élégance orchestrale viennoise et pour le collectif français fondé par le violoniste Julien Chauvin, une nouvelle preuve de l’apport inestimable des instruments anciens dans notre connaissance (régénérée) de la symphonie classique au XVIIIè. Composée avant les 12 Londoniennes (1791 – 1795), les Parisiennes forment une programmation clé du fameux Concert de la Loge Olympique, orchestre et entreprise de concerts à Paris, florissant dans les années 1780 et qui permet au public et au amateurs de bonne musique, d’écouter les tendances de l’époque. Sous la direction du Chevalier de Saint-Georges, les parisiens peuvent donc découvrir l’écriture hyperélégante et si subtilement contrastée de Mr Haydn.
Déjà éditées les symphonies contemporaines, La Reine, La Poule, L’Ours… Le Concert de la Loge poursuit son exploration de l’écriture viennoise alors que Haydn invente la symphonie : la Symphonie n° 87 en la majeur dite « L’Impatiente » offre un nouveau condensé d’équilibre, de facétie, de surprise, de sensibilité aux timbres et aux équilibres de l’orchestre classique préromantique propre aux années 1785 – 1787.
Haydn est une célébrité européenne, la plus importante à son époque (et non ce n’est pas Mozart) ; mais plutôt que de diffuser une forme standard, « européenne », le Viennois sait se renouveler, évitant la répétition et le système.
Le chef soigne l’élément phare de l’opus : sa vigueur ; comme ses surprises (le second motif à la place du premier, dans la réexposition du Vivace initial). Les instrumentistes font valoir leur grande homogénéité sonore et expressive, en particulier dans l’Adagio (ré mineur) au parcours rhapsodique d’une irrésistible profondeur. Tandis que le nerf et une caractérisation roborative animent le Menuet et le Vivace final.

Pour contextualiser son approche, Julien Chauvin ajoute aussi plusieurs airs d’opéras peu connus d’Antonio Sacchini, de Grétry, ou de Jean-Baptiste Lemoyne : le choix est « historique » ; bon nombre de concerts parisiens savaient alors mêler les genres et offrir de copieux programmes avec orchestre et chanteurs d’opéras. Ici, l’invitée, la soprano Sophie Karthäuser incarne les héroïnes tragiques et amoureuses avec un nerf articulé, qui suit en complicité cette caractérisation inestimable propre aux instruments d’époque.

On note parmi les contemporains de Haydn, l’écriture de Louis-Charles RAGUÉ, symphoniste et harpiste : sa Symphonie en ré mineur op. 10 n° 1 montre combien le modèle Haydnien est assimilé et compris, entre vitalité des contrastes, effet de surprises et virtuosité aimable voire très éloquente et racée (duo flûte et harpe de son Andante, tout à fait dans le style viennois). Avec Mozart, Haydn donc et bientôt Beethoven, la musique du futur vient d’Autriche. Et Paris se met alors à la page.
Julien Chauvin et Le Concert de la Loge… sur les traces du Chevalier de Saint-Georges jouent le ven 8 nov 2019 à l’Arsenal de Metz, dans le cadre du Festival événement in loco « OSEZ HAYDN! » (METZ, cité Musicale du 6 au 9 nov 2019), la symphonie parisienne n°86 (ré majeur), mise en dialogue avec la Symphonie n°45 « Les Adieux » (par l’Orchestre national de Metz, sur instruments modernes). A suivre.

 

 

 

 

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HAYDN Symphonie-n-87-l-impatienteCD, critique. HAYDN : Symphonie n°86. Airs d’opéras… Sacchini, GLuck, Lemoyne, Louis-charles Ragué… Sophie Karthäuser, soprano. Le Concert de la Loge. Julien Chauvin, direction (1 cd APARTÉ – 2018)

 

 

 

 

Joseph Haydn (1732-1809) :
Symphonie n°87 en la majeur « l’Impatiente », Hob.I :87.

Airs d’opéras :
Antonio Sacchini (1730-1786) : « C’est votre bonté que j’implore » (Chimène ou Le Cid). Christophe Willibald Gluck (1714-1787) : « Fortune ennemie »(Orphée et Eurydice). Jean-Baptiste Lemoyne (1751-1796) : « Il va venir »(Phèdre). Johann Christoph Vogel (1756-1788) : « Age d’or, ô bel âge »(Démophon). André Ernest Modeste Grétry (1741-1813) : « O sort ! par tes noires fureurs »(Les Mariages samnites).

Louis-Charles Ragué (1744-après 1793) :
Symphonie en ré mineur op. 10 n°1.

Sophie Karthäuser, soprano. Le Concert de la Loge / Julien Chauvin, direction. 1 CD Aparté. Enregistré à PARIS, Louvre en octobre 2018. Durée : 1h

 

 

COMPTE-RENDU, oratorio. MONTPELLIER, le 14 juillet 2019. KRAUS, HAYDN. Julien Chauvin

KRAUSS-portrait-par-classiquenews-joseph-martin-kraus-contemporaneo-mozart-peor-L-puGIQGCOMPTE-RENDU, oratorio. MONTPELLIER, Festival Radio France, Occitanie, Montpellier, Opéra-Comédie, 14 juillet 2019. KRAUS, HAYDN, HASSE, CHERUBINI. Valiquette, Charvet, Van Mechelen, Wolf, Julien Chauvin. La lecture de la proposition interrogeait. Le Stabat Mater de Haydn, au coeur du programme (malgré son intitulé) y est découpé en tranches de deux numéros, entrelardées de pièces de Joseph Martin Kraus, contemporain exact de Mozart, de Cherubini et de Hasse. La proposition de Julien Chauvin, bien qu’argumentée, aboutit à altérer la profonde unité dramatique du texte si souvent illustré. Mais, simultanément, c’est l’occasion de découvrir quelques pièces de ce prétendu « Mozart suédois », et d’autres de ses contemporains.

Stabat en tranches

Le Stabat Mater est une œuvre ambitieuse dont le succès et la diffusion furent considérables. Le traitement des quatre solistes, du chœur et de l’orchestre anticipe les Sept dernières paroles, dans leur version chorale, évidemment, et ne manquent pas d’analogies. Les tempi y sont le plus souvent modérés, le caractère méditatif. Les solistes sont admirables. Ce sont eux qui nous réservent manifestement le plus de satisfactions, de joies. L’œuvre est variée à souhait : huit airs, deux duos, cinq participations chorales, dont le Virgo virginum qui constitue le sommet de l’ouvrage, faisant dialoguer le quatuor de solistes et le chœur. Florie Valiquette nous offre un seul air (Quis non posset), mais participe aux deux duos (avec le ténor, puis avec l’alto) et rayonne également dans l’Amen final. Le timbre est séduisant, les aigus, agiles et clairs, comme le soutien traduisent une santé vocale évidente. Adèle Charvet, dès le « O quam tristis » nous ravit par sa sûreté, son ampleur lyrique et ses couleurs. Reinoud van Mechelen, le plus sollicité, se distingue par son aisance, l’intelligibilité de son chant, fin musicien au style irréprochable.
Nous découvrons avec bonheur Andreas Wolf, solide basse en grande forme, d’une tenue et d’une projection exemplaires dans ses deux airs, particulièrement vigoureux. Le chœur Aedes ne semble pas avoir encore mûri la partition, à moins que la direction de Julien Chauvin, konzertmeister dirigeant de son archet, soit inaboutie. Les pupitres manquent d’homogénéité, les phrasés scolaires, la dynamique insuffisante. Tout est correctement chanté, mais l’œuvre appelle bien davantage qu’une mise en place irréprochable. Particulièrement lorsqu’on a en mémoire ce qu’ont réalisé ici Trevor Pinnock et Fritz Bernius, pour ne citer que les plus remarquables.

Même si les tempi sont généralement modérés, à l’exception des deux airs de basse, le caractère Sturm und Drang, dont relève la partition, n’est pas vraiment perceptible, l’œuvre étant noyée par morceaux dans un flot très composite. Certes, la relation au Miserere de Hasse, auquel Haydn soumit son texte, paraît légitime. Nous restons sur notre faim à l’écoute, disjointe, du Dies irae et du Benedictus du Requiem de Joseph Martin Kraus. Antérieur de plus de quinze ans à celui de Mozart, il mérite d’être écouté dans sa totalité. Les trois mouvements de deux de ses symphonies sont intéressants et invitent à la découverte.

N’eût-il pas mieux valu choisir une oeuvre donnée au Concert spirituel, lors de son séjour parisien ? A ce propos, Haydn, informé de la (fausse) nouvelle de sa disparition, propagée depuis Londres, aurait déclaré avec humour avoir pu assister au Chant sur la mort de Joseph Haydn, commande de la Loge olympique à Cherubini : « Ah ! les braves gens ! Si j’avais été informé de cette cérémonie, je me serais rendu là-bas pour la diriger en personne » aurait déclaré le compositeur amusé. Nous n’aurons droit qu’à un air de ténor de cette cantate, qui est une belle découverte. Les qualités de Reinoud van Mechelen sont en adéquation idéale avec cette musique : le texte est toujours parfaitement intelligible, le soutien constant, la voix admirable.

L’orchestre, ductile, se plie à la dynamique imposée par Julien Chauvin, mais, comme pour le chœur, l’engagement n’est pas vraiment collectif. Souhaitons-lui une maturité plus accomplie.

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COMPTE-RENDU, oratorio, MONTPELLIER, Festival Radio France, Occitanie, Montpellier, Opéra-Comédie, 14 juillet 2019. KRAUS, HAYDN, HASSE, CHERUBINI. Valiquette, Charvet, Van Mechelen, Wolf, Julien Chauvin

CD, compte rendu critique. Haydn : La Reine. Rigel, Sarti (Le Concert de la Loge, Julien Chauvin, 1 cd Aparté, mars 2016)

Le concert de la loge julien chauvin haydn la reine RIgel Sarti JC Bach cd review, cd critique compte rendu critique cd classiquenewsCD, compte rendu critique. Haydn : La Reine. Rigel, Sarti (Le Concert de la Loge, Julien Chauvin, 1 cd Aparté, mars 2016). Voici donc le premier cd du collectif rassemblé, piloté, électrisé par le violoniste Julien Chauvin : Le Concert de la Loge. D’emblée, la Symphonie n°4 de Rigel, mort en 1799, emblématique de cette nervosité frénétique post gluckiste (les réminiscences de son Orphée et Eurydice français sont bien perceptibles ici), fait valoir les qualités expressives de l’orchestre sur instruments anciens : les cordes vibres, claquent, vrombissent, très affûtées, efficaces, d’un relief mordant, d’une élégance parisienne totalement irrésistible. Le calibrage très fin de la sonorité, la caractérisation filigranée que permet aujourd’hui les instruments d’époque (cordes, cor, hautbois, bassons…) permettent de percevoir ce fini racée, nerveux, en effet véritablement frénétique propre à la période où travaille travaille Rigel, c’est à dire en peine esthétique préclassique et préromantique, réponse au Sturm und Drang germanique. Ainsi ressuscite le son et l’engagement expressif du Concert de la loge dirigé par Viotti au XVIIIIè, actif au sein du Concert des Amateurs jusqu’en janvier 1781, puis au Louvre, salle du Pavillon de L’Horloge (d’époque Louis XIIII), à partir de janvier 1786. La coupe syncopée, le flux mordant et palpitant, la vitalité générale milite en faveur du collectif réuni, piloté par Julien Chauvin.
S’inspirant des concerts éclectiques au Concert Spirituel, offrant aux parisiens des programmes mi lyriques mi symphoniques, Julien Chauvin ajoute au programme purement symphonique Rigel / Haydn, des extraits lyriques d’époque : ici l’air de Sélène, extrait de Didone Abbandonata de Giuseppe Sarti (1762), prière à l’adresse d’Enée, d’un coeur amoureux, implorant que le héros demeurât in loco à Carthage… Eloquente, d’une couleur tragique, désespérée, le soprano ardent, vif, impliqué, comme blessé, de Sandrine Piau, éblouit par sa grâce musicale, la justesse des intentions expressifs et une style qui sert avant tout le texte.
CLIC D'OR macaron 200Le clou du programme, en conformité avec les concerts données à Paris par Le Concert de la Loge reste évidemment la Symphonie La Reine de France (n°85), de Joseph Haydn. L’époque est celle de l’esthétique européenne prônée par Marie-Antoinette, d’un éclectisme nerveux, tendu, élégant – la souveraine est capable de favoriser après son cher Gluck, Sacchini, Piccini, Gossec, Jean Chrétien Bach … : cordes ardentes, frémissantes, à l’unisson précis, fluide ; harmonie calibrée, nette et précise pour un son global d’une absolue clarté. Julien Chauvin veille à l’élasticité électrique des instrumentistes de son ensemble. Le premier mouvement n’est que tension et frénésie, les cordes admirables de galbe ; le climat électrique que le chef instille au collectif trouve un équilibre irrésistible entre cordes, bois, vents et cuivres. La rusticité affichée par l’énoncé du motif du second mouvement à la flûte, distille ce caractère de chasse (cors pleins de panache), cette superbe un rien bravache qui nourrit là encore la vitalité des respirations. Le Menuet est fiévreux, enivré, taquin, d’une articulation subtile et facétieuse, avec propre à l’Orchestre du Concert de la Loge, une vivacité du trait qui confirme les excellentes capacités des instrumentistes : Julien Chauvin réussit par son sens de l’élégance, des couleurs instrumentales (hautbois, flûtes, bassons…). Le finale, Presto captive par sa coupe frénétique, ses syncopes admirablement tempérées par le geste nerveux et élégant de l’ensemble. De toute évidence, le premier cd du Concert de la Loge affirme une excellente vivacité, une finesse d’intention superlative. A quand la suite ? CLIC de Classiquenews d’octobre 2016.

CD, critique compte rendu. Le Concert de La Loge, Julien Chauvin : Rigel, Sarti, JC Bach, Haydn (Symphonie La Reine). 1 cd Aparté

ORCHESTRES. Le Concert de la Loge… ne sera pas olympique

ORCHESTRES. La Loge… ne sera pas olympique. Pas facile de défendre l’identité d’un orchestre. C’est la dure expérience à laquelle est confrontée depuis des mois, le nouvel orchestre sur instruments anciens, Le Concert de la Loge…, créé par le violoniste Julien Chauvin – ex co fondateur de l’Orchestre également sur instruments anciens, Le Cercle de l’Harmonie.

chauvin-julien-concert-de-la-loge-orchestre-prensentation-critique-classiquenewsAprès plusieurs échanges via avocats interposés, le nom même de « Loge Olympique », pourtant accrédité dans l’Histoire, en lien avec l’une des aventures le plus passionnantes du symphonisme français à l’époque des Lumières, n’est pas « légal », car concurrençant directement l’autorité officielle de l’Olympisme athlétique, dont l’activité n’a pourtant rien à voir… On souhaite cependant longue vie à l’orchestre de Julien Chauvin qui néanmoins à travers ces péripéties juridiques, aura retenu l’attention et se sera taillé une certaine notoriété au moment de son lancement et de ses premiers concerts… Longue vie et plein de réussite aux concerts de l’Orchestre de la Loge.

Voici le communiqué de presse diffusé par l’Orchestre de la Loge :

Le Concert de la Loge Olympique contraint de changer son nom

Après des semaines d’attente et d’échanges entre avocats, il apparaît que le CNOSF ne donnera pas l’autorisation à l’orchestre fondé par Julien Chauvin en 2015 d’utiliser l’appellation « Le Concert de la loge Olympique ».

Si cette nouvelle reste affligeante et arbitraire, l’orchestre a décidé de ne pas prendre d’initiative qui pourrait le mener à un procès dont il n’aurait ni les moyens financiers, ni le temps à consacrer sans se détourner de la priorité que représente ses activités musicales.

L’orchestre le Concert de la Loge Olympique n’a jamais été un « concurrent » du CNOSF et on voit mal comment il aurait pu tirer profit de la notoriété des Jeux Olympiques pour se produire dans des salles de concerts et des festivals dédiés à la musique classique.

Un accord entre personnes de bonne volonté avait été espéré et ce dans le respect de la charte Olympique qui promeut notamment : « la compréhension mutuelle, l’esprit d’amitié, de solidarité et de fair-play », mais également dans la tradition « antique » des Jeux où le sport cohabitait avec les épreuves artistiques de théâtre, de poésie, de chant et de musique….

L’usage exclusif d’une marque, dont un procès aurait pu arbitrer le caractère abusif ou légitime, ne peut empêcher qu’un chaînon de l’Histoire musicale française revive. Julien Chauvin a donc décidé d’amputer le nom de son orchestre, qui devient :

« Le Concert de la Loge »

et garde ainsi la référence explicite au Concert de la Loge Olympique, formation illustre créée en 1783.

L’ensemble se démarque du paysage musical et ce, notamment, par la force d’un projet inédit qui s’emploie à faire revivre les usages musicaux de la fin du XVIIIe autour de l’intégrale des six Symphonies Parisiennes de Haydn, qui sera présentée et enregistrée dans les formats des concerts de l’époque aux côtés de partenaires historiques tels que le Louvre. Il est également engagé dans la redécouverte d’œuvres oubliées de la musique française et présentera la saison prochaine deux recréations : Chimène ou le Cid de Sacchini et Phèdre de Lemoyne.

Sans que la raison et la culture triomphent et sans pouvoir conserver son nom historique, Le Concert de la Loge s’emploiera à faire rayonner le patrimoine musical qu’il défend et fait revivre.

«  L’important n’est pas de gagner, mais de… jouer ! »

fin du communiqué diffusé par Le Concert de la Loge, reçu ce mardi 14 juin 2016.

VISITER le site du Concert de la Loge

Compte-rendu, opéra. Reims. Opéra, le 16 janvier 2015. Haydn : Armida. Chantal Santon, Juan Antonio Sanabria, Enguerrand De Hys, Laurent Deleuil, Dorothée Lorthiois, Francisco Fernandez-Rueda. Mariame Clément, mise en scène. Julien Chauvin, direction.

haydn-joseph-portrait-perruqueAprès L’Empereur d’Atlantis de Viktor Ullman la saison passée, c’est l’Armide de Joseph Haydn que l’Arcal – la compagnie de théâtre lyrique et musical fondée par Christian Gangneron en 1983 (désormais dirigée par Catherine Kollen) – a retenu comme titre cette année. Étrennée en octobre dernier au Théâtre de Saint-Quentin en Yvelines, c’est à l’Opéra de Reims que la production – signée Mariame Clément – continue sa tournée, avant Massy, Besançon ou encore Clermont-Ferrand. Armida, dans la production dramatique de Haydn, c’est un peu comme La Clemenza di Tito dans celle de Mozart : alors que toute son évolution montre une dramatisation progressive du buffa, un rôle croissant de l’orchestre et des ensembles vocaux plus développés, avec, notamment, de superbes finales, Armida est, comme La Clemenza di Tito, un retour aux conventions de l’opera seria : le bouffe n’y a aucune part, les récitatifs secs abondent. Est-ce la raison pour laquelle cet opéra, le dernier que Haydn ait écrit pour Esterhaza, en 1783 (ce qui le situe chronologiquement juste après Idomeneo et Die Entführung aus Serail) – et qui contient tant de pages sublimes qui ne le cèdent en rien aux grands opéras de Gluck et de Mozart – reste si ignoré ?

 

 

 

 

 

Pro et anti gays…

 

 

 

armida reims (6)Pour cette histoire de croisés et d’ensorceleuse ensorcelée par l’amour, cent fois mise en musique, et qui remonte, au moins, à la Jérusalem délivrée du Tasse, Mariame Clément n’a pas choisi la reconstitution historique, mais décidé de transposer l’action de nos jours, en substituant aux guerres de religion (pourtant d’une brûlante et douloureuse actualité) le combat entre les « pro » et les « anti » Mariage pour tous. Armida est ici un homme, dont Rinaldo est tombé amoureux, au grand dam de ses compagnons d’armes et du Roi sarrasin Idreno, farouchement anti-gay. Si l’idée peut se défendre – même si on la trouve, à titre personnel, quelque peu réductrice -, on sera beaucoup plus circonspect sur la banalité et la laideur de la scénographie, qui entre en constante opposition avec la beauté de la partition.

Musicalement, Armida exige beaucoup des chanteurs. La jeune soprano française Chantal Santon, au timbre riche et expressif, a la présence dramatique, la flamme et les moyens vocaux d’Armida. Elle trouve en Juan Antonio Sanabria (Rinaldo) un partenaire à sa hauteur : timbre suave, aigus glorieux et virtuosité à l’avenant font de ce ténor canarien un talent à suivre. Tous d’eux sont entourés d’autres jeunes chanteurs remarquables, à commencer par Enguerrand de Hys (Ulbado), favorablement remarqué dernièrement (malgré sa courte apparition) dans l’Otello rossinien au TCE, et qui semble également promis à un bel avenir. De son côté, Dorothée Lorthiois (Zelmira) possède l’ampleur vocale exigée par sa partie (et une belle maîtrise de la ligne vocale), tandis que Laurent Deleuil (Idreno) se montre parfaitement convaincant dans le rôle du méchant de service.

Formation nouvelle (avec des musiciens essentiellement issus du Cercle de L’Harmonie) dirigée (dans les deux sens du terme) par le talentueux violoniste français Julien Chauvin, La Loge Olympique s’avère remarquable, la soirée durant, par la précision rythmique, l’articulation, le souci de la couleur : ils ont été les justes triomphateurs – avec l’équipe vocale, de cette résurrection d’Armida.

 

armida reims  (4)

 

Compte-rendu, opéra. Reims. Opéra, le 16 janvier 2015. Haydn : Armida. Chantal Santon, Juan Antonio Sanabria, Enguerrand De Hys, Laurent Deleuil, Dorothée Lorthiois, Francisco Fernandez-Rueda. Mariame Clément, mise en scène. Julien Chauvin, direction.

 

Illustrations : © Enrico Bartolucci