CONFINEMENT, vidéos créatives. Les Perles du NET

copyright georges berenfeld photo le palais royal maestroCONFINEMENT, vidĂ©os crĂ©atives. Les chanteurs du Palais Royal cĂ©lĂšbrent les vertus du bain. MĂȘme confinĂ©s chez eux, les instrumentistes du National de Metz entendent cĂ©lĂ©brer le gĂ©nie et la fureur de l’indomptable Beethoven pour ses 250 ans en 2020 : ils jouent ensemble mais sĂ©parĂ©ment, le finale de la 5Ăš symphonie de Beethoven… Retrouvez ici, les meilleures initiatives musicales pour contrer l’isolement et l’impossibilitĂ© du partage, qu’impose depuis le 17 mars dernier, les modalitĂ©s du confinement. Restez chez vous mais… en musique !

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L’ORCHESTRE NATIONAL DE METZ JOUE LA 5Ăšme DE BEETHOVEN

ConfinĂ©s, chacun chez soi, les instrumentistes de l’Orchestre Symphonique de Metz jouent le finale de l’énergique voire impĂ©rieuse 5Ăš Symphonie de Beethoven, cĂ©lĂ©brant ainsi Ă  leur façon le 250Ăš anniversaire de Beethoven.
 

VISIONNER le finale de la 5ù Symphonie de Beethoven par l’Orchestre National de Metz, ici : https://www.youtube.com/watch?v=NbFsULttOWY&feature=youtu.be 

 

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LES CHANTEURS DU PALAIS ROYAL CHANTENT ROSSINI

Les chanteurs du Palais Royal cĂ©lĂšbrent les vertus du bain. Chacun sous la douche chante les plaisirs insoupçonnĂ©s du bain
 Les Chanteurs du Palais Royal (direction : Jean Philippe Sarcos) conjurent les effets du confinement forcĂ© en poussant la chansonnette, dans le style rossinien le plus dĂ©luré  Soit 19 chanteurs, tous dans leur salle de bain, accompagnĂ©s au piano pour un dĂ©lire de presque 3mn

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VOIR la vidéo « BAIN DE MINUIT » par les chanteurs du Palais Royal
https://www.youtube.com/watch?v=mQqa0xYDxMo&feature=youtu.be

 

 

La chaĂźne Youtube du Palais Royal / Jean-Philippe Sarcos :
https://www.youtube.com/channel/UCWeA99shNd9IBFE79N-DkJw

 

 

 

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RedĂ©couvrez Rossini comme vous ne l’avez jamais vu et entendu, dans une version inĂ©dite pour chanteurs, piano, pommeaux de douche et peignoirs !

Choeur “Io del credito” extrait de l’opĂ©ra La Pietra del paragone de Rossini.

Le Palais royal, direction Jean-Philippe Sarcos
Orlando Bass, piano

Solistes (par ordre d’apparition) :
Olivier Gourdy, baryton
Alexandre Martin-Varroy, baryton
Lucas Bacro, baryton
Lancelot Lamotte, ténor
Marina Ruiz, soprano
Pauline Feracci, soprano

Choeur :
Lou Benzoni Grosset
Anne d’Autume
Ann-Lenaig Hamon
Anne-Sophie Honoré
Meryem Khazzan
Rose et PhilomĂšne Renard
Faustine Rousselet
Marine Chagnon
Laëtitia du Roy
Charlotte Sarcos
Claire-Elie Tenet
Frédéric Bayle
Carlos Builes
Brice Laurent

COMPTE-RENDU, concert. BOULOGNE-BILL, la Seine Musicale, le 30 nov 2019. Haendel : Glory. Le Palais Royal. Jean-Philippe Sarcos, direction

COMPTE-RENDU, concert. BOULOGNE-BILL, la Seine Musicale, le 30 nov 2019. Haendel : Glory. Le Palais Royal. Jean-Philippe Sarcos, direction. Jean-Philippe Sarcos dirige son ensemble Le Palais royal (fondĂ© en 2010) dans un programme de cĂ©lĂ©bration, Ă  caractĂšre officiel car il s’agit des musiques de circonstances composĂ©es pour ses protecteurs Georges II et son Ă©pouse la reine Caroline. Chant exclamatif et majestueux pour le couronnement des souverains (1727, Coronation Anthems), surtout enchaĂźnĂ© sans entracte, le trĂšs rare Te Deum de Dettingen, hymne ambrosien, qui cĂ©lĂšbre la victoire remportĂ©e «  Ă  l’arrache » et de façon tout Ă  fait imprĂ©vue voire rocambolesque par Georges II sur les français.

 

 

 

HAENDEL au cƓur

 

 

 

HANDEL glory corporation anthems dettingen concert critique classique news le-palais-royal-jean-philippe-sarcos-event_gallery-1Pourtant en dĂ©pit de la dĂ©claration solennelle que promet le programme, le chef insiste avec raison sur la relation particuliĂšre qui rapproche Haendel et les Souverains. Des patrons certes mais surtout des amis : Haendel a connu en Allemagne le prince de Hanovre avant qu’il ne devienne roi d’Angleterre. Le compositeur Ă©tait trĂšs proche de la souveraine Caroline. Le programme exprime cette affection particuliĂšre du musicien pour ses protecteurs. Jean-Philippe Sarcos met l‘accent sur une soirĂ©e oĂč le cƓur et le sentiment prĂ©valent. Le decorum est bien lĂ , dans les effectifs et le style grandiose, mais comme Ă  son habitude, la musique de Haendel n’écarte pas la sincĂ©ritĂ© ni la profondeur. C’est bien lĂ  ce qui explique son gĂ©nie et qu’a bien compris Jean-Philippe Sarcos.
Des Coronations Anthems (HWV 258-261), les interprĂštes insufflent respirations et Ă©nergie ; Zadok the Priest en marque le sommet telle une arche spectaculaire, et le dernier, My heart is inditing / Mon cƓur compose
 (HWV 261) est un hommage direct Ă  Caroline, sa douceur d’ñme.

La piĂšce maĂźtresse est ici le Te Deum (HWV 283), partition rarement jouĂ©e, qui immĂ©diatement dĂšs son ouverture, fait rĂ©sonner son caractĂšre solennel et martial (excellence des 3 trompettes naturelles, dont les deux principales reviennent, mais cette fois Ă©tagĂ©es dans les balcons pour l’adagio de mĂ©ditation / n°12, aprĂšs l’annonce du Jugement dernier). Le chƓur qui chante par cƓur et gagne ainsi une Ă©vidente aisance dans le geste vocal et la projection du texte souligne dans la ferveur collective le sens glorificateur de la partition, saluant le Dieu des armĂ©es, et le Christ prĂȘt au sacrifice. Parmi les solistes distinguons surtout deux personnalitĂ©s trĂšs assurĂ©es, convaincantes : la taille toujours percutante, au verbe vif, acĂ©rĂ©, de Mathias Vidal ; la soliditĂ© vocale, claire et elle aussi percutante du contre-tĂ©nor Carlo Vistoli. La voix est droite, parfaitement juste, vĂ©ritable instrument, tranchant et aiguisĂ© qui semble vouloir en dĂ©coudre.
Directeur musical impliquĂ©, Jean-Philippe Sarcos ne s’épargne aucune indication expressive pour porter et sculpter la matiĂšre vivante de son ensemble : instrumentistes et chanteurs vibrent au mĂȘme diapason d’une Ă©vidente sincĂ©ritĂ©. A travers ce programme festif et royal dans sa forme et son intention, c’est le Haendel, intime et affectueux, sa personnalitĂ© fraternelle et communicative qui nous sont intensĂ©ment rĂ©vĂ©lĂ©s. VoilĂ  qui souligne la prĂ©sence du Baroque Ă  la Seine Musicale ; un choix de programmation louable qui dĂ©fend in loco, la diversitĂ© de l’offre.

 

 

 

sarcos-jean-philippe-sarcos-palais-royal-glory-haendel-handel-coronations-anthems-te-deum-dettingen-critique-concert-review-concert-classiquenews

 

 Le Palais Royal / Jean-Philippe Sarcos (DR)

 

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. BOULOGNE-BILL, la Seine Musicale, le 30 nov 2019. Haendel : Glory. Le Palais Royal. Jean-Philippe Sarcos, direction.

 
 

GLORY : Haendel majestueux, royal par Le Palais Royal

handel-haendel-portrait-classiquenewsSEINE MUSICALE, le 30 nov, 20h30. GLORY, Le Palais Royal. Voici un Haendel officiel, serviteur du prestige monarchique de la Cour de Georges II ; Ă  la fois virtuose, festif et brillant. Jean-Philippe Sarcos et son orchestre sur instruments d’époque, aprĂšs avoir fait paraĂźtre un album discographique plein de nerf et d’énergie (cd ” le temps des hĂ©ros “, Mozart et Beethoven, album Ă©lu “CLIC de CLASSIQUENEWS“), interrogent la facilitĂ© de Haendel pour la veine cĂ©lĂ©brative voire solennelle : les 4 Coronation Anthems et le Te Deum de Dettingen, HWV 283, partitions majestueuses et sacrĂ©es, sollicitent un choeur expĂ©rimentĂ©, des solistes de premier plan et un orchestre contrastĂ© oĂč perce le chant cĂ©rĂ©moniel des trompettes, timbales
 autant de signes d’une activitĂ© glorieuse. Au sein des Coronation Anthems, liĂ©s dĂ©finitivement au prestige de la monarchie britannique, rayonne le sublime Zadok the Priest, crĂ©Ă© en 1727, pour le couronnement de Georges II et de la reine Caroline ; Zadok, claire rĂ©fĂ©rence au sacre du Roi Salomon, est chantĂ© depuis lors pour chaque couronnement Ă  Westminster Abbey, dont le couronnement de la reine Elisabeth II. A la crĂ©ation les Anthems Ă©taient composĂ©s pour 200 musiciens dans la vaste Abbaye de Westminster, avec l’Ă©clat spĂ©cifique des instruments choisis : 2 hautbois, 2 bassons, 3 trompettes…
Le Te Deum de Dettingen, composĂ© en 1743, un an aprĂšs la crĂ©ation triomphale de son oratorio anglais Le Messie (1742), reste l’ultime partition cĂ©rĂ©monielle de Haendel. SaluĂ© comme le compositeur le plus mĂ©ritant d’Angleterre, attachĂ© Ă  la pompe et au dĂ©corum de la Cour anglaise, Haendel, le plus britannique des saxons, fusionne virtuositĂ© italienne et profondeur digne de son prĂ©dĂ©cesseur Purcell. L’écriture pour le chƓur manifeste ce goĂ»t particulier du compositeur pour la grandeur et pour la profondeur : une Ă©quation dĂ©licate que peu d’interprĂštes arrivent Ă  exprimer

Bien que peu enclin Ă  la guerre comme Ă  l’encouragement des troupes, Georges II, sexagĂ©naire, (portrait ci dessous) sur le champ de bataille se rĂ©vĂšle d’une ardeur inespĂ©rĂ©e et triomphante : Ă  Dettingen, alors contre les français, le cheval du souverain s’emballe, devient incontrĂŽlable et galope face Ă  l’ennemi ; les soldats anglais dĂ©couvrant le courage imprĂ©vu de leur roi, le suivent avec ardeur et remporte la victoire.

 

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RESERVEZ VOTRE PLACE pour ce concert BAROQUE Ă  la Seine Musicale :boutonreservation
Samedi 30 nov 2019, 20h30
Auditorium de la Seine Musicale

 

 

 

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PROGRAMME

 

 

Georg Friedrich Haendel (1685-1759)

Coronation Anthems :‹– Zadok the Priest, HWV 258 (5â€Č)
– Let thy hand be strengthened, HWV 259 (10â€Č)
– The King shall rejoice, HWV 260 (10â€Č)
– My heart is inditing, HWV 261 (10â€Č)

Te Deum de Dettingen, HWV 283 (40â€Č)

 

 

 

DISTRIBUTION
Carlo Vistoli, contre-ténor
Mathias Vidal, ténor
Aimery LefĂšvre, basse
Le Palais royal, chƓur et orchestre sur instruments d’époque
26 instrumentistes, 29 chanteurs.
Direction musicale : Jean-Philippe Sarcos
Durée : 1h15

 

 

 

En LIRE PLUS sur le site du Palais Royal / Jean-Philippe Sarcos :

 

 

le-palais-royal-concert-glory-annonce-critique-concert-opera-critique-classiquenews

 

 

 

 

 

Jean-Philippe Sarcos et l’Orchestre LE PALAIS ROYAL : Impressions d’Italie…

SARCOS orchestre du palais royal programme concert annonce critique classiquenews MYL1744-MylĂšne-Natour-300x300PARIS, les 17 et 18 oct 2019. Inspirations italiennes. JP SARCOS, C TROTTMANN, Haendel et Mozart. Dans un lieu historique au riche patrimoine musical Ă  Paris (Salle historique du premier conservatoire), le chef Jean-Philippe Sarcos interroge le style italien dans l’écriture de Haendel et Mozart ; le premier inspirant mĂȘme le second 
 En octobre 2019, Le Palais royal et Jean-Philippe Sarcos invitent dans un programme Haendel et Mozart, la jeune soprano, Catherine Trottmann nouvelle Ă©toile du chant français. Les Ɠuvres choisies rendent hommage au bel esprit italien, ce goĂ»t de la mĂ©lodie et des harmonies lumineuses voire solaires. La souriante pĂ©ninsule mĂ©diterranĂ©enne a façonnĂ© ainsi  « une musique colorĂ©e, contrastĂ©e, Ă©vidente, Ă©clatante », oĂč « le chant est premier, oĂč la mĂ©lodie dicte ses lois Ă  l’harmonie, au contrepoint, Ă  l’architecture musicale mĂȘme. »

De Haendel Ă  Mozart

Suavité et virtuosité italiennes

Ainsi les deux compositeurs retenus ne sont-ils pas Ă©trangers dans ce creuset musical et esthĂ©tique de premier plan : « dans leur jeunesse, Haendel et Mozart Ă©tudient en Italie. Toute leur vie leur musique gardera l’empreinte des couleurs romaines et le rythme du style italien ».

Catherine Trottmann, Jean-Philippe Sarcos et l’orchestre Le Palais royal interprĂštent ainsi les Ɠuvres les plus italiennes de Haendel et Mozart. Ils ne se sont pas connus car Haendel meurt alors que Mozart n’a que 3 ans. Comme cela sera le cas des Ɠuvres de JS BACH, les partitions de HAENDEL frappent profondĂ©ment le jeune MOZART : il y dĂ©tecte une habiletĂ© virtuose dans la finesse des mĂ©lodies, la science des masses chorales, la construction et le dĂ©veloppement d’un air. De toute Ă©vidence les operas serias et surtout les oratorios de Haendel ont agi positivement dans l’inspiration et la maturation du style mozartien. On les retrouve dans ce programme qui mĂȘle nervositĂ© expressive de l’orchestre, et souplesse d’un chant acrobatique et sensuel. D’ailleurs, la Messe en ut mineur (« Laudamus te »), comme la virtuositĂ© Ă©poustouflante du motet « Exultate, jubilate » en tĂ©moignent aujourd’hui ; de Haendel Ă  Mozart, circule une mĂȘme Ă©lĂ©gance mĂ©lodique, explicitement italienne…

 

 

Les citations sont empruntées à la présentation du programme sur le site du Palais royal.

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PARIS, Salle historique du Premier Conservatoire

Jeudi 17 octobre 2019, 20h30boutonreservation
Vendredi 18 octobre 2019, 20h30

Catherine TROTTMANN, soprano
Orchestre Le Palais royal – Jean-Philippe SARCOS, direction

 

 

PLAN D’ACCES
https://www.google.com/maps/place/Conservatoire+national+supĂ©rieur+d’art+dramatique/@48.8726146,2.3469383,15z/data=!4m5!3m4!1s0x0:0x42e986c66536d365!8m2!3d48.8726146!4d2.3469383

 

RESERVATION
https://www.weezevent.com/inspirations-italiennes-oct2019

 

Salle historique du premier conservatoire de Paris
2 bis rue du Conservatoire – 75009 Paris
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Programme détaillé

 

Georg Friedrich HAENDEL (1685-1759)
‱ Salomon : ArrivĂ©e de la reine de Saba (3â€Č)
‱ Joshua : Air « O had I Jubal’s lyre » (2’30)
Le Messie : « Rejoice » (4’30)

‱ Concerto grosso, Op. 6 No. 10 : extrait (5â€Č)

‱ Giulio Cesare : Air « PiangerĂł la sorte mia » (7â€Č)
‱ Giulio Cesare : Air « Da Tempeste » (6â€Č)

Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791)

‱ Messe en ut mineur, K. 427 : « Laudamus te » (5â€Č)

‱ Symphonie n°29, K. 201 (23â€Č)

‱ Motet Exsultate jubilate, K. 165 (15â€Č)

 

 

Orchestre du Palais-Royal : Impressions d'Italie, de Haendel Ă  Mozart

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PLUS D’INFOS SUR LE SITE du Palais royalJean-Philippe Sarcos, direction
http://le-palaisroyal.com

 

 

Crédit photos : © MylÚne Natour / Le Palais royal

 

 

 

 

 CD

 

 

A l’automne 2019, Le Palais royal / Jean-Philippe Sarcos font paraĂźtre un nouveau cd dĂ©diĂ© au souffle crĂ©ateur des hĂ©ros : BEETHOVEN et MOZART. LIRE ici la critique complĂšte de l’album (enregistrĂ© en 2015 dans la salle de concert du premier Conservatoire de Paris) – CLIC de classiquenews du mois d’octobre 2019 :

Orchestre Le Palais royal. Jean-Philippe Sarcos, direction (1 cd 2015).

temps-des-heros-beethoven-mozart-palais-royal-orchestre-jean-philippe-sarcos-cd-annonce-critique-classiquenewsCD, critique. LE TEMPS DES HEROS. BEETHOVEN / MOZART. Orchestre Le Palais royal. Jean-Philippe Sarcos, direction (1 cd 2015). Le « Temps des hĂ©ros » : c’est Ă  dire Mozart et Beethoven. Le premier fait vibrer les cƓurs et expriment comme nul autre avant lui, la passion et les sentiments humains, avec cette tendresse particuliĂšre pour les femmes ; le second crĂ©e l’orchestre du futur ; les deux dĂ©finissent le romantisme et la modernitĂ© en musique ; ils sont d’ailleurs les premiers aussi Ă  se penser « crĂ©ateurs », et non plus serviteurs. Jean-Philippe Sarcos a donc bien raison de souligner leur Ă©toffe de « hĂ©ros » dans ce programme qui souligne la valeur de chacun. Lire la critique complĂšte

 

 

Impressions d’Italie… Jean-Philippe Sarcos et l’orchestre LE PALAIS ROYAL

SARCOS orchestre du palais royal programme concert annonce critique classiquenews MYL1744-MylĂšne-Natour-300x300PARIS, les 17 et 18 oct 2019. Inspirations italiennes. JP SARCOS, C TROTTMANN, Haendel et Mozart. Dans un lieu historique au riche patrimoine musical Ă  Paris (Salle historique du premier conservatoire), le chef Jean-Philippe Sarcos interroge le style italien dans l’écriture de Haendel et Mozart ; le premier inspirant mĂȘme le second 
 En octobre 2019, Le Palais royal et Jean-Philippe Sarcos invitent dans un programme Haendel et Mozart, la jeune soprano, Catherine Trottmann nouvelle Ă©toile du chant français. Les Ɠuvres choisies rendent hommage au bel esprit italien, ce goĂ»t de la mĂ©lodie et des harmonies lumineuses voire solaires. La souriante pĂ©ninsule mĂ©diterranĂ©enne a façonnĂ© ainsi  « une musique colorĂ©e, contrastĂ©e, Ă©vidente, Ă©clatante », oĂč « le chant est premier, oĂč la mĂ©lodie dicte ses lois Ă  l’harmonie, au contrepoint, Ă  l’architecture musicale mĂȘme. »

 
De Haendel Ă  Mozart

Suavité et virtuosité italiennes

 
Ainsi les deux compositeurs retenus ne sont-ils pas Ă©trangers dans ce creuset musical et esthĂ©tique de premier plan : « dans leur jeunesse, Haendel et Mozart Ă©tudient en Italie. Toute leur vie leur musique gardera l’empreinte des couleurs romaines et le rythme du style italien ».

Catherine Trottmann, Jean-Philippe Sarcos et l’orchestre Le Palais royal interprĂštent ainsi les Ɠuvres les plus italiennes de Haendel et Mozart. Ils ne se sont pas connus car Haendel meurt alors que Mozart n’a que 3 ans. Comme cela sera le cas des Ɠuvres de JS BACH, les partitions de HAENDEL frappent profondĂ©ment le jeune MOZART : il y dĂ©tecte une habiletĂ© virtuose dans la finesse des mĂ©lodies, la science des masses chorales, la construction et le dĂ©veloppement d’un air. De toute Ă©vidence les operas serias et surtout les oratorios de Haendel ont agi positivement dans l’inspiration et la maturation du style mozartien. On les retrouve dans ce programme qui mĂȘle nervositĂ© expressive de l’orchestre, et souplesse d’un chant acrobatique et sensuel. D’ailleurs, la Messe en ut mineur (« Laudamus te »), comme la virtuositĂ© Ă©poustouflante du motet « Exultate, jubilate » en tĂ©moignent aujourd’hui ; de Haendel Ă  Mozart, circule une mĂȘme Ă©lĂ©gance mĂ©lodique, explicitement italienne…

 

 

Les citations sont empruntées à la présentation du programme sur le site du Palais royal.

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PARIS, Salle historique du Premier Conservatoire

Jeudi 17 octobre 2019, 20h30boutonreservation
Vendredi 18 octobre 2019, 20h30

Catherine TROTTMANN, soprano
Orchestre Le Palais royal – Jean-Philippe SARCOS, direction

 

 

PLAN D’ACCES
https://www.google.com/maps/place/Conservatoire+national+supĂ©rieur+d’art+dramatique/@48.8726146,2.3469383,15z/data=!4m5!3m4!1s0x0:0x42e986c66536d365!8m2!3d48.8726146!4d2.3469383

 

RESERVATION
https://www.weezevent.com/inspirations-italiennes-oct2019

 

Salle historique du premier conservatoire de Paris
2 bis rue du Conservatoire – 75009 Paris
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Programme détaillé

 

Georg Friedrich HAENDEL (1685-1759)
‱ Salomon : ArrivĂ©e de la reine de Saba (3â€Č)
‱ Joshua : Air « O had I Jubal’s lyre » (2’30)
Le Messie : « Rejoice » (4’30)

‱ Concerto grosso, Op. 6 No. 10 : extrait (5â€Č)

‱ Giulio Cesare : Air « PiangerĂł la sorte mia » (7â€Č)
‱ Giulio Cesare : Air « Da Tempeste » (6â€Č)

Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791)

‱ Messe en ut mineur, K. 427 : « Laudamus te » (5â€Č)

‱ Symphonie n°29, K. 201 (23â€Č)

‱ Motet Exsultate jubilate, K. 165 (15â€Č)

 

 

Orchestre du Palais-Royal : Impressions d'Italie, de Haendel Ă  Mozart

 
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PLUS D’INFOS SUR LE SITE du Palais royalJean-Philippe Sarcos, direction
http://le-palaisroyal.com

 

 

Crédit photos : © MylÚne Natour / Le Palais royal

 

 

 

 

 CD

 

 

A l’automne 2019, Le Palais royal / Jean-Philippe Sarcos font paraĂźtre un nouveau cd dĂ©diĂ© au souffle crĂ©ateur des hĂ©ros : BEETHOVEN et MOZART. LIRE ici la critique complĂšte de l’album (enregistrĂ© en 2015 dans la salle de concert du premier Conservatoire de Paris) – CLIC de classiquenews du mois d’octobre 2019 :

Orchestre Le Palais royal. Jean-Philippe Sarcos, direction (1 cd 2015).

temps-des-heros-beethoven-mozart-palais-royal-orchestre-jean-philippe-sarcos-cd-annonce-critique-classiquenewsCD, critique. LE TEMPS DES HEROS. BEETHOVEN / MOZART. Orchestre Le Palais royal. Jean-Philippe Sarcos, direction (1 cd 2015). Le « Temps des hĂ©ros » : c’est Ă  dire Mozart et Beethoven. Le premier fait vibrer les cƓurs et expriment comme nul autre avant lui, la passion et les sentiments humains, avec cette tendresse particuliĂšre pour les femmes ; le second crĂ©e l’orchestre du futur ; les deux dĂ©finissent le romantisme et la modernitĂ© en musique ; ils sont d’ailleurs les premiers aussi Ă  se penser « crĂ©ateurs », et non plus serviteurs. Jean-Philippe Sarcos a donc bien raison de souligner leur Ă©toffe de « hĂ©ros » dans ce programme qui souligne la valeur de chacun. Lire la critique complĂšte

 

 

ENTRETIEN avec Jean-Philippe Sarcos, directeur artistique et fondateur du Palais royal. Le temps des hĂ©ros, Impressions d’Italie

ENTRETIEN avec Jean-Philippe Sarcos, directeur artistique et fondateur du Palais royal. Au moment oĂč paraĂźt un nouveau cd intitulĂ© « le temps des hĂ©ros », Ă©tape de l’intĂ©grale des symphonies de Beethoven rĂ©alisĂ©e entre 2014 et 2016, le maestro Ă©voque les sĂ©ances de travail de l’orchestre et aussi le travail avec la jeune soprano invitĂ©e Ă  chanter les airs de Mozart associĂ©s Ă  Beethoven. Jean-Philippe Sarcos explique Ă©galement le sens de son nouveau programme Ă  l’affiche les 17 et 18 octobre 2019 : « Impressions d’Italie », avec la soprano Catherine Trottmann : Ă©clairer en quoi l’Italie a transformer les Ă©critures de Haendel et de Mozart ; en quoi Haendel a lui-mĂȘme profondĂ©ment inspirĂ© Mozart


 
 

 sarcos-jean-philippe-le-palais-royal-concert-cd-le-temps-des-heros-inspirations-italiennes-concert-annonce-critique-concert-classiquenews

 
 

 
 

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CNC / CLASSIQUENEWS : Pourquoi avoir choisi cette symphonie de Beethoven ? En quoi la partition permet-elle de prolonger et d’approfondir votre travail avec les instrumentistes ?

JEAN-PHILIPPE SARCOS : La 3Ăš symphonie « HĂ©roĂŻque » s’inscrit dans l’intĂ©grale des symphonies de Beethoven que Le Palais royal a rĂ©alisĂ©e de 2013 Ă  2016. Les symphonies de Beethoven, comme Le Clavier bien tempĂ©rĂ© pour les pianistes, reprĂ©sentent un irremplaçable trĂ©sor. Le gĂ©nie de Beethoven a su mettre dans ses neuf symphonies la richesse nĂ©cessaire Ă  tout orchestre pour affiner son vocabulaire et ses couleurs. L’exigence de la partition nous a permis de cĂŽtoyer des limites que nous chercherons toujours Ă  dĂ©passer. Nous avons voulu aborder ces symphonies non pas comme des musiciens du 21e siĂšcle se lançant dans la musique ancienne, mais comme des musiciens baroques dĂ©couvrant une musique contemporaine, comme ce fut le cas des musiciens de l’époque de Beethoven.

 
 

 
 

CNC / CLASSIQUENEWS : Pourquoi avoir ajouté des airs de MOZART ?
 
JEAN-PHILIPPE SARCOS : En cette fin du XVIIIe siĂšcle, Mozart et Beethoven ont tous deux vu notre civilisation se fissurer. L’un comme l’autre se sont raccrochĂ©s Ă  l’hĂ©roĂŻsme, et en particulier celui de l’AntiquitĂ©, face Ă  tout ce qui vacillait. Chacun Ă  sa maniĂšre renouvelle l’expression de l’hĂ©roĂŻsme et peut nous conduire aujourd’hui Ă  plus d’audace et de confiance en la vie.
Mozart s’imposait donc comme une Ă©vidence pour mieux entendre aujourd’hui l’hĂ©roĂŻsme qu’exprime Beethoven.

 
 

 
 

CNC / CLASSIQUENEWS : Sur quels points avez vous travaillé avec la soprano soliste ?

JEAN-PHILIPPE SARCOS : Avec Vannina, nous avons cherchĂ© Ă  rĂ©vĂ©ler le caractĂšre hĂ©roĂŻque des deux personnages fĂ©minins qu’elle interprĂšte dans cet enregistrement : malgrĂ© toutes les larmes que le Comte fait verser Ă  la Comtesse, elle demeure fidĂšle et constante, donnĂ©e Ă  lui pour toujours. Dans l’air de concert « Non temer, amato bene », Idamante et Ilia se sĂ©parent et se jurent un amour Ă©ternel. Les Ă©toiles barbares peuvent dĂ©chaĂźner leur rigueur, l’hĂ©roĂŻsme de leur amour ne pĂąlira pas.
Comme toujours, je donne une grande importance Ă  ce que ma vision de l’Ɠuvre se construise en communion avec celle de l’interprĂšte. Je ne cherche pas Ă  plaquer des certitudes prĂ©existantes, mais confronte ma conception de dĂ©part avec celle de Vannina pour arriver Ă  une interprĂ©tation qui nous corresponde Ă  tous les deux. On ne cherche pas un compromis, mais une expĂ©rience commune et simultanĂ©e.

 
 

 
 

CNC / CLASSIQUENEWS : Pouvez vous nous présentez quelque clés de compréhension pour mesurer les défis de votre programme avec Catherine Trottmann (1) ?

 

JEAN-PHILIPPE SARCOS : A l’origine de ce programme, notre dĂ©sir commun avec Catherine Trottmann a Ă©tĂ© de montrer comment l’Italie a transfigurĂ© le gĂ©nie de Haendel et de Mozart. A deux Ă©poques diffĂ©rentes, deux compositeurs ayant dĂ©jĂ  leur personnalitĂ© musicale bien affirmĂ©e, vont passer plusieurs annĂ©es en Italie. L’un comme l’autre repartent d’Italie animĂ©s de nouveaux Ă©lans musicaux. On dirait aujourd’hui avec la poĂ©sie de 2019 qu’ils ont Ă©tĂ© rĂ©initialisĂ©s. L’Italie leur donne le goĂ»t de la virtuositĂ©, de la lumiĂšre et d’un rythme qu’on ne trouve que lĂ -bas. Bien que d’origine germanique, ils chanteront dĂ©sormais toute leur vie avec le mĂȘme accent du Sud.

En Ă©coutant ce programme, l’auditeur entendra comme une Ă©vidence ces influences italiennes ressenties Ă  un demi-siĂšcle de distance par Haendel et Mozart.

 
 

 
 

CNC / CLASSIQUENEWS : Quels sont les liens entre Haendel et Mozart ?

JEAN-PHILIPPE SARCOS : Ces deux gĂ©ants nous ont laissĂ© une musique universelle, comprĂ©hensible Ă  la premiĂšre Ă©coute, mĂ©prisant l’intellectualisme pour chercher Ă  allumer dans le cƓur de chaque auditeur des Ă©clairs de joie, de force, de sensibilitĂ© et d’espĂ©rance. Il est touchant de penser que Mozart dĂ©couvrit Haendel grĂące au Baron van Swieten, fut Ă©branlĂ© Ă  tel point qu’il s’en inspire, s’en nourrit et s’en renouvelle. La Grande messe en Ut mineur est l’exemple le plus frappant de cette influence. Fugues, grands chƓurs et airs solistes reçoivent aprĂšs cette rencontre marquante une densitĂ© qu’ils n’avaient jamais connue auparavant.

Propos recueillis en octobre 2019

 
 

 
 

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LE PALAIS ROYAL 2019
photo : Jean Philippe SARCOS au travail © MylÚne Natour.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ACTUALITES DU Palais royal / Jean-Philippe Sarcos, direction :

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(1) CONCERTS… Programme « Inspirations italiennes », concert exceptionnel Ă  PARIS les 17 et 18 octobre 2019, avec la soprano Catherine Trottmann : LIRE notre prĂ©sentation du programme Impressions d’Italie, de Haendel Ă  Mozart : airs d’opĂ©ras et d’oratorios, motet…

SARCOS orchestre du palais royal programme concert annonce critique classiquenews MYL1744-MylĂšne-Natour-300x300PARIS, les 17 et 18 oct 2019. Inspirations italiennes. JP SARCOS, C TROTTMANN, Haendel et Mozart. Dans un lieu historique au riche patrimoine musical Ă  Paris (Salle historique du premier conservatoire), le chef Jean-Philippe Sarcos interroge le style italien dans l’écriture de Haendel et Mozart ; le premier inspirant mĂȘme le second 
 En octobre 2019, Le Palais royal et Jean-Philippe Sarcos invitent dans un programme Haendel et Mozart, la jeune soprano, Catherine Trottmann nouvelle Ă©toile du chant français. Les Ɠuvres choisies rendent hommage au bel esprit italien, ce goĂ»t de la mĂ©lodie et des harmonies lumineuses voire solaires. La souriante pĂ©ninsule mĂ©diterranĂ©enne a façonnĂ© ainsi  « une musique colorĂ©e, contrastĂ©e, Ă©vidente, Ă©clatante », oĂč « le chant est premier, oĂč la mĂ©lodie dicte ses lois Ă  l’harmonie, au contrepoint, Ă  l’architecture musicale mĂȘme. »

 

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Nouveau cd : «  le temps des hĂ©ros », Beethoven (Symphonie n°3) / Mozart – jalon de l’intĂ©grale des symphonies de Beethoven par Le Palais royal et Jean-Philippe Sarcos (2014 – 2016) - CLIC de classiquenews du mois d’octobre 2019s

temps-des-heros-beethoven-mozart-palais-royal-orchestre-jean-philippe-sarcos-cd-annonce-critique-classiquenewsCD, critique. LE TEMPS DES HEROS. BEETHOVEN / MOZART. Orchestre Le Palais royal. Jean-Philippe Sarcos, direction (1 cd 2015). Le « Temps des hĂ©ros » : c’est Ă  dire Mozart et Beethoven. Le premier fait vibrer les cƓurs et exprime comme nul autre avant lui, la passion et les sentiments humains, avec cette tendresse particuliĂšre pour les femmes ; le second crĂ©e l’orchestre du futur ; les deux dĂ©finissent le romantisme et la modernitĂ© en musique ; ils sont d’ailleurs les premiers aussi Ă  se penser « crĂ©ateurs », et non plus serviteurs. Jean-Philippe Sarcos a donc bien raison de souligner leur Ă©toffe de « hĂ©ros » dans ce programme qui souligne la valeur de chacun. Lire notre critique du cd Le temps des hĂ©ros ici

 

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CD, critique. LE TEMPS DES HEROS. BEETHOVEN / MOZART. Orchestre Le Palais royal. Jean-Philippe Sarcos, direction (1 cd 2015).

temps-des-heros-beethoven-mozart-palais-royal-orchestre-jean-philippe-sarcos-cd-annonce-critique-classiquenewsCD, critique. LE TEMPS DES HEROS. BEETHOVEN / MOZART. Orchestre Le Palais royal. Jean-Philippe Sarcos, direction (1 cd 2015). Le « Temps des hĂ©ros » : c’est Ă  dire Mozart et Beethoven. Le premier fait vibrer les cƓurs et exprime comme nul autre avant lui, la passion et les sentiments humains, avec cette tendresse particuliĂšre pour les femmes ; le second crĂ©e l’orchestre du futur ; les deux dĂ©finissent le romantisme et la modernitĂ© en musique ; ils sont d’ailleurs les premiers aussi Ă  se penser « crĂ©ateurs », et non plus serviteurs. Jean-Philippe Sarcos a donc bien raison de souligner leur Ă©toffe de « hĂ©ros » dans ce programme qui souligne la valeur de chacun.

Les deux airs mozartiens rappellent combien le riche terreau lyrique et les couleurs de l’orchestre de Mozart ont Ă©tĂ© fondateurs dans l’affirmation du gĂ©nie BeethovĂ©nien, son intense dramatisme transmis Ă  tout l’orchestre ; car s’il est fougueux et impĂ©tueux, maniant dĂšs avant Bruckner puis Mahler, l’orchestre par blocs et par pupitres, Beethoven est aussi capable d’une subtilitĂ© instrumentale inouĂŻe – ce qu’oublient le plus souvent les chefs, y compris les plus rĂ©putĂ©s. Le choix de la soprano française Vannina Santoni s’avĂšre judicieux : longueur du souffle et de la ligne, tendresse claire du timbre – on aurait souhaitĂ© davantage de texte assurĂ©ment mais la justesse de l’intonation et l’équilibre de la tessiture dans l’émission confirment la sensibilitĂ© dĂ©jĂ  romantique de Wolfgang. L’air de concert K 490 prĂ©parant idĂ©alement Ă  la concision et Ă  la profondeur du sublime « Dove sono » de la Comtesse des Nozze : air de langueur nostalgique et aussi d’exquise dignitĂ©, certes blessĂ©e voire amĂšre, mais d’un absolu et constant angĂ©lisme.

Le morceau de bravoure du programme est assurĂ©ment la Symphonie hĂ©roĂŻque de Beethoven, en mi bĂ©mol majeur de 1804, d’une ambition comme d’une ampleur
 promĂ©thĂ©ennes. Dans cette Ă©criture autant rythmique que mĂ©lodique, dans cette Ă©nergie lumineuse et guerriĂšre mĂȘme, se dessine comme une matiĂšre en constante fusion, la certitude messianique de Ludwig, pour lequel le crĂ©ateur peut enseigner (et faire entendre) aux hommes de bonne volontĂ©, les valeurs et les sons d’une sociĂ©tĂ© rĂ©novĂ©e.
Assurément les fondations que pose le compositeur dans cette Héroïque concentrent tous les espoirs et la clameur des révolutions qui ont accompagné le passage du XVIIIÚ au XIXÚ.
A la fois visionnaire et guide spirituel (et fraternel), Beethoven est bien ce hĂ©ros sans lequel l’histoire de la culture europĂ©enne n’aurait Ă©tĂ© qu’intĂ©ressante. Avec lui, elle est dĂ©terminante et prophĂ©tique. La 3Ăš cĂ©lĂšbre le gĂ©nie de la civilisation capable de dĂ©passer son destin et d’affirmer sa grandeur morale ; la dĂ©dicace en fut on le sait d’abord Ă  Bonaparte, hĂ©ros libĂ©rateur, hĂ©ritier des LumiĂšres, mais quand le gĂ©nĂ©ral devint empereur, Beethoven effaça son premier hommage, trahi et blessĂ© de s’ĂȘtre trompĂ© (d’oĂč, emblĂšme de la dĂ©ception, la marche funĂšbre en guise de second mouvement). De fait, l’esprit de conquĂȘte qui submerge l’auditeur tout du long, en dit assez sur l’admiration premiĂšre que porta Beethoven au hĂ©ros français.

DĂšs le premier Allegro (con brio), Jean-Philippe Sarcos domine l’orchestre, tenu Ă  la bride ; d’une furieuse impĂ©tuositĂ© qu’il canalise avec prĂ©cision et rebond. En particulier dans l’exposition et le dĂ©veloppement remarquable du 2Ăš motif (en si bĂ©mol majeur, d’abord staccato), d’une durĂ©e singuliĂšre dans le cycle symphonique de Ludwig. Le live, bĂ©nĂ©fice inestimable de cette gravure, souligne la qualitĂ© des timbres produits par les instruments d’époque : cors frĂ©missants, bois et vents d’une rondeur presque verte mais si expressive, comparĂ© Ă  la sonoritĂ© lisse des orchestres modernes. Contrastes, aspĂ©ritĂ©s, et parfois intensitĂ© ou hauteur en dĂ©faut
 mais la vivacitĂ© du concert sert l’énergie beethovĂ©nienne. Elle en transmet la pulsion et la tension.

Quelle sĂ©rieuse rupture (et assumĂ©e nette par Ludwig), avec la « Marcia funebre » oĂč perce et saisit le sentiment de deuil.
Le Scherzo exprime cette incandescence de la matiĂšre musicale, faite sĂ©rie Ă©lectrique d’étincelles oĂč brille, prodigieux apport des instruments anciens lĂ  encore, la rondeur cuivrĂ©e, plus pastorale que martiale des cors, finement caractĂ©risĂ©s.
Enfin, jubilation et Ă©tat de transe rythmique s’invitent dans le Finale, auquel Beethoven apporte une lĂ©gĂšretĂ© quasi chorĂ©graphique dans le dĂ©veloppement dialoguĂ© des pupitres : cordes chauffĂ©es Ă  blanc, bois caressants : bassons, clarinettes, hautbois
 en particulier dans l’élucidation du dernier motif, de « dĂ©livrance » et qui appelle une Ăšre nouvelle fraternelle et lumineuse en une sĂ©quence « mozartienne ».

En digne hĂ©ritier de Georges PrĂȘtre et de William Christie, Jean-Philippe Sarcos dĂ©taille ce grand festin des timbres d’époque qui articule et cisĂšle autrement le gĂ©nie beethovĂ©nien.
Surgit irrĂ©pressible le sentiment qu’un monde nouveau est conçu lĂ  sous nos yeux, dans ce magma instrumental que le maestro parisien nous fait entendre ; dans ce bain premier, primitif, chocs et frottements, Ă©tincelles du futur. VoilĂ  qui augure opportunĂ©ment de la prochaine annĂ©e Beethoven 2020, et apporte une nouvelle dĂ©monstration de l’apport indispensable d’un orchestre sur instruments d’époque dans la connaissance de la symphonie romantique europĂ©enne. La 3Ăš symphonie fut la premiĂšre des symphonies de Ludwig Ă  ĂȘtre crĂ©Ă©e Ă  Paris, par la sociĂ©tĂ© des concerts du Conservatoire en mars 1828. L’orchestre Le Palais royal nous fait revivre ici la sensation d’assister Ă  cet Ă©vĂ©nement historique.

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200L’enregistrement live est rĂ©alisĂ© dans la salle de concert du Premier Conservatoire de Paris, 2 bis rue du Conservatoire (75009), Ă©crin historique liĂ© Ă  l’histoire symphonique dans la Capitale, c’est lĂ  que la Symphonie de Beethoven a Ă©tĂ© jouĂ©e en 1828 ; c’est lĂ  encore que Berlioz a crĂ©Ă© sa sublime Fantastique. Saluons Jean-Philippe Sarcos de rĂ©tablir la riche tradition symphonique dans le lieu qui reste emblĂ©matique de tant d’évĂ©nements pour l’essor de l’écriture orchestrale en France.

CD, critique. LE TEMPS DES HEROS. BEETHOVEN : Eroica, Symph n°3 / MOZART : airs lyriques (K.490 / « Dove sono »). Vannina Santoni, soprano. Orchestre Le Palais royal. Jean-Philippe Sarcos, direction (1 cd 2015).

 

 

 

 

 

ENTRETIEN avec Jean-Philippe SARCOS, à propos du cd Le Temps des Héros : BEETHOVEN / MOZART  -  propos recueillis en octobre 2019

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CNC / CLASSIQUENEWS : Pourquoi avoir choisi cette symphonie de Beethoven ? En quoi la partition permet-elle de prolonger et d’approfondir votre travail avec les instrumentistes ?

JEAN-PHILIPPE SARCOS : La 3Ăš symphonie « HĂ©roĂŻque » s’inscrit dans l’intĂ©grale des symphonies de Beethoven que Le Palais royal a rĂ©alisĂ©e de 2013 Ă  2016. Les symphonies de Beethoven, comme Le Clavier bien tempĂ©rĂ© pour les pianistes, reprĂ©sentent un irremplaçable trĂ©sor…. LIRE notre entretien complet

 

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Jean-Philippe Sarcos et l’orchestre LE PALAIS ROYAL

SARCOS orchestre du palais royal programme concert annonce critique classiquenews MYL1744-MylĂšne-Natour-300x300PARIS, les 17 et 18 oct 2019. Inspirations italiennes. JP SARCOS, C TROTTMANN, Haendel et Mozart. Dans un lieu historique au riche patrimoine musical Ă  Paris (Salle historique du premier conservatoire), le chef Jean-Philippe Sarcos interroge le style italien dans l’écriture de Haendel et Mozart ; le premier inspirant mĂȘme le second 
 En octobre 2019, Le Palais royal et Jean-Philippe Sarcos invitent dans un programme Haendel et Mozart, la jeune soprano, Catherine Trottmann nouvelle Ă©toile du chant français. Les Ɠuvres choisies rendent hommage au bel esprit italien, ce goĂ»t de la mĂ©lodie et des harmonies lumineuses voire solaires. La souriante pĂ©ninsule mĂ©diterranĂ©enne a façonnĂ© ainsi  « une musique colorĂ©e, contrastĂ©e, Ă©vidente, Ă©clatante », oĂč « le chant est premier, oĂč la mĂ©lodie dicte ses lois Ă  l’harmonie, au contrepoint, Ă  l’architecture musicale mĂȘme. »

 

 
De Haendel Ă  Mozart

Suavité et virtuosité italiennes

 

 
Ainsi les deux compositeurs retenus ne sont-ils pas Ă©trangers dans ce creuset musical et esthĂ©tique de premier plan : « dans leur jeunesse, Haendel et Mozart Ă©tudient en Italie. Toute leur vie leur musique gardera l’empreinte des couleurs romaines et le rythme du style italien ».

Catherine Trottmann, Jean-Philippe Sarcos et l’orchestre Le Palais royal interprĂštent ainsi les Ɠuvres les plus italiennes de Haendel et Mozart. Ils ne se sont pas connus car Haendel meurt alors que Mozart n’a que 3 ans. Comme cela sera le cas des Ɠuvres de JS BACH, les partitions de HAENDEL frappent profondĂ©ment le jeune MOZART : il y dĂ©tecte une habiletĂ© virtuose dans la finesse des mĂ©lodies, la science des masses chorales, la construction et le dĂ©veloppement d’un air. De toute Ă©vidence les operas serias et surtout les oratorios de Haendel ont agi positivement dans l’inspiration et la maturation du style mozartien. On les retrouve dans ce programme qui mĂȘle nervositĂ© expressive de l’orchestre, et souplesse d’un chant acrobatique et sensuel. D’ailleurs, la Messe en ut mineur (« Laudamus te »), comme la virtuositĂ© Ă©poustouflante du motet « Exultate, jubilate » en tĂ©moignent aujourd’hui ; de Haendel Ă  Mozart, circule une mĂȘme Ă©lĂ©gance mĂ©lodique, explicitement italienne…

 

 

Les citations sont empruntées à la présentation du programme sur le site du Palais royal.

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PARIS, Salle historique du Premier Conservatoire

Jeudi 17 octobre 2019, 20h30boutonreservation
Vendredi 18 octobre 2019, 20h30

Catherine TROTTMANN, soprano
Orchestre Le Palais royal – Jean-Philippe SARCOS, direction

 

 

PLAN D’ACCES
https://www.google.com/maps/place/Conservatoire+national+supĂ©rieur+d’art+dramatique/@48.8726146,2.3469383,15z/data=!4m5!3m4!1s0x0:0x42e986c66536d365!8m2!3d48.8726146!4d2.3469383

 

RESERVATION
https://www.weezevent.com/inspirations-italiennes-oct2019

 

Salle historique du premier conservatoire de Paris
2 bis rue du Conservatoire – 75009 Paris
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Programme dĂ©taillĂ© 

 

Georg Friedrich HAENDEL (1685-1759)
‱ Salomon : ArrivĂ©e de la reine de Saba (3â€Č)
‱ Joshua : Air « O had I Jubal’s lyre » (2’30)
Le Messie : « Rejoice » (4’30)

‱ Concerto grosso, Op. 6 No. 10 : extrait (5â€Č)

‱ Giulio Cesare : Air « PiangerĂł la sorte mia » (7â€Č)
‱ Giulio Cesare : Air « Da Tempeste » (6â€Č)

Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791)

‱ Messe en ut mineur, K. 427 : « Laudamus te » (5â€Č)

‱ Symphonie n°29, K. 201 (23â€Č)

‱ Motet Exsultate jubilate, K. 165 (15â€Č)

 

 

Orchestre du Palais-Royal : Impressions d'Italie, de Haendel Ă  Mozart

 

 
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PLUS D’INFOS SUR LE SITE du Palais royalJean-Philippe Sarcos, direction
http://le-palaisroyal.com

 

 

Crédit photos : © MylÚne Natour / Le Palais royal

 

 

 

 

 CD

 

 

A l’automne 2019, Le Palais royal / Jean-Philippe Sarcos font paraĂźtre un nouveau cd dĂ©diĂ© au souffle crĂ©ateur des hĂ©ros : BEETHOVEN et MOZART. LIRE ici la critique complĂšte de l’album (enregistrĂ© en 2015 dans la salle de concert du premier Conservatoire de Paris) – CLIC de classiquenews du mois d’octobre 2019 :

Orchestre Le Palais royal. Jean-Philippe Sarcos, direction (1 cd 2015).

temps-des-heros-beethoven-mozart-palais-royal-orchestre-jean-philippe-sarcos-cd-annonce-critique-classiquenewsCD, critique. LE TEMPS DES HEROS. BEETHOVEN / MOZART. Orchestre Le Palais royal. Jean-Philippe Sarcos, direction (1 cd 2015). Le « Temps des hĂ©ros » : c’est Ă  dire Mozart et Beethoven. Le premier fait vibrer les cƓurs et expriment comme nul autre avant lui, la passion et les sentiments humains, avec cette tendresse particuliĂšre pour les femmes ; le second crĂ©e l’orchestre du futur ; les deux dĂ©finissent le romantisme et la modernitĂ© en musique ; ils sont d’ailleurs les premiers aussi Ă  se penser « crĂ©ateurs », et non plus serviteurs. Jean-Philippe Sarcos a donc bien raison de souligner leur Ă©toffe de « hĂ©ros » dans ce programme qui souligne la valeur de chacun. Lire la critique complĂšte

 

  

 

Compte rendu, concert. Paris. Salle de l’Ancien Conservatoire, le 9 avril 2015. Beethoven, Mozart. Vannina Santoni, soprano. Tami Troman, violon solo. Le Palais Royal. Jean-Philippe Sarcos, direction.

« Tout ce que Mozart Ă©prouvait se transformait naturellement en musique sans que jamais on ressente, Ă  l’entendre, l’impression qu’il ait cherchĂ©, d’un sentiment quelconque, une traduction pour l’Ă©noncĂ© de laquelle il ait dĂ» faire subir Ă  sa musique la plus lĂ©gĂšre dĂ©formation; ce n’est que depuis Beethoven que la musique a pris en gĂ©nĂ©ral cet aspect de traduction de l’ordre psychologique dans l’ordre musical, on pourrait mĂȘme affirmer que la majeure partie du plaisir de l’auditeur d’aujourd’hui prend Ă  la musique lui est fournie par l’impression de lutte que le compositeur doit engager pour parvenir Ă  exprimer musicalement des phĂ©nomĂšnes intĂ©rieurs de plus en plus compliquĂ©s » Paul Dukas, Ecrits sur la Musique, 1948.

Jean-Philippe Sarcos et son ensemble sur instruments d’Ă©poque Le Palais Royal prĂ©sentent un programme musical intitulĂ© Le Temps des HĂ©ros, autour du classicisme hĂ©roĂŻque de Beethoven et Mozart. Nous sommes accueillis Ă  la Salle de l’Ancien Conservatoire, premiĂšre salle de concert de France, ou Hector Berlioz crĂ©a notamment sa Symphonie Fantastique et Harold en Italie !

Deux visions du classicisme héroïque viennois

copyright georges berenfeld photo le palais royal maestroLe concert dĂ©bute avec un discours d’introduction de la part du chef Français, oĂč il explique les parties du programme et les met en opposition. Au dĂ©but, l’hĂ©roĂŻsme « masculin » de la 3Ăšme symphonie de Beethoven, aprĂšs l’entracte, l’hĂ©roĂŻsme « fĂ©minin » de Mozart dans plusieurs chƓurs de ses opĂ©ras et dans 3 airs pour soprano, oĂč nous aurons l’opportunitĂ© d’entendre la jeune soprano française Vannina Santoni. Si le discours d’introduction, pimentĂ© d’enthousiasme et d’anecdotes, prend une ampleur presque beethovĂ©nienne, nous remarquons que le chef ne mentionne pas la ressemblance Ă©tonnante du thĂšme du 1er mouvement de la Symphonie avec celui de l’ouverture (Intrada) du singspiel de Mozart Bastien und Bastienne, composĂ© par le gĂ©nie salzbourgeois en 1768 Ă  l’Ăąge de 12 ans, soit 2 ans avant la naissance de Beethoven. Ludwig van Beethoven, habitĂ© par la rĂ©alisation triomphale du rĂȘve de libertĂ© des LumiĂšres, dont il est l’une des derniers figures, par le biais de la RĂ©volution Française et matĂ©rialisĂ© dans Bonaparte, veut dĂ©dier sa troisiĂšme Symphonie au HĂ©ros Français, mais faisant volte-face NapolĂ©on se proclame Empereur et Beethoven Ă©clate de colĂšre « Ce n’Ă©tait donc qu’un homme comme les autres !!! ». Il dĂ©chire la dĂ©dicace et elle devient l’Eroica.

Classique d’un point de vue formelle, la symphonie se distingue surtout par sa longueur rare Ă  l’Ă©poque (le 1er mouvement a la durĂ©e de la plupart des symphonies de la pĂ©riode classique), et la charge Ă©motionnelle, augmentĂ©e par rapport aux deux prĂ©cĂ©dentes du compositeur. Si nous sommes encore dans le dialogue entre les blocs instrumentaux, l’idĂ©e de l’opposition et de la lutte devient de plus en plus Ă©vidente. Le Palais Royal interprĂšte l’Allegro con brio, avec du brio, ma non troppo. Une certaine lĂ©gĂšretĂ© s’instaure, et si le mouvement perd un peu du punch pompeux et pompier beethovĂ©nien, il gagne en vĂ©ritĂ©, en Ă©lĂ©gance et en swing. La Marche FunĂšbre qui suit est progressivement Ă©difiante, les instrumentistes font preuve d’une concentration qui paraĂźt par moments presque spirituelle. Le Scherzo est enjouĂ© et dĂ©licieusement interprĂ©tĂ© par l’orchestre. Dans l’Allegro Molto final, les vents rĂ©vĂšlent toute leur beautĂ© champĂȘtre dans une sĂ©rie de variations.

AprĂšs l’entracte, nous avons droit Ă  deux choeurs et trois airs de Mozart, mettant en valeur l’hĂ©roĂŻsme dĂ©licieux du maĂźtre. Le choeur de l’AcadĂ©mie de musique de Paris interprĂšte le choeur hĂ©roĂŻque et quelque peu solennel extrait de La ClĂ©mence de Titus (1791) avec une ferveur princiĂšre, oĂč se distinguent les voix aiguĂ«s. Dans l’Amanti Costanti extrait des Noces, nous remarquons les bois sublimes de l’orchestre. Vannina Santoni commence avec « Come Scoglio » de Fiordiligi dans Cosi Fan Tutte. Un air d’une difficultĂ© redoutable oĂč elle proclame son amour fidĂšle et se montre stoĂŻque devant la tentation d’un nouvel amant. Ce morceau, que l’interprĂšte dĂ©cide d’offrir en bis Ă  la fin du concert, lui permet de montrer sa grande expressivitĂ© et une prĂ©sence scĂ©nique dĂ©jĂ  frappante. L’instrument est puissant et l’investissement indĂ©niable. Seul bĂ©mol, l’excĂšs du vibrato par moments. Lors de l’air avec violon obligĂ© « Non temer amato bene », elle fait davantage preuve de maĂźtrise et de complicitĂ© avec la violoniste Tami Troman, dans une trĂšs belle forme. Mais en ce qui nous concerne c’est son dernier air, le « Dove Sono » de la Comtesse des Noces de Figaro, qui nous impressionne et marque le plus. La Santoni est dramatique dans le rĂ©citatif accompagnĂ© qui le prĂ©cĂšde et tout Ă  fait exquise lors de l’air sublime… au point d’inspirer des frissons et des soupirs chez l’auditoire. Elle chante la nostalgie de la Comtesse avec sincĂ©ritĂ© et une Ă©motivitĂ© saisissante, on dirait que des larmes de beautĂ© sont prĂȘtes Ă  abandonner le corps de l’ĂȘtre qui les accueillent… Elle remplit la magnifique salle de concert avec un chant puissant et surtout, en l’occurrence, avec la force inhĂ©rente des sentiments sincĂšres. (NDLR: Vannina Santoni a rĂ©cemment crĂ©Ă© l’évĂ©nement sur les planches de l’OpĂ©ra de Tours dans successivement La Chauve Souris puis Le Triptyque de Puccini oĂč elle a marquĂ© les esprits dans le rĂŽle de Suor Angelica, intense, subtile, dĂ©chirante
).

Une soirĂ©e et des performances historiquement informĂ©es, habitĂ©es par l’honnĂȘtetĂ© heureuse des artistes qui aiment leur mĂ©tier. Un orchestre et une jeune soprano Ă  suivre !

Illustration : Jean-Philippe Sarcos © Georges Berenfeld / Le Palais Royal