CRITIQUE, opĂ©ra. Lille, Auditorium du Nouveau SiĂšcle, le 10 juillet 2021. OFFENBACH : La Belle HĂ©lĂšne. GaĂ«lle Arquez, Cyrille Dubois, Marc Barrard
. ChƓur de chambre Septentrion. Anass Ismat, chef de chƓur. Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch, direction. Adaptation et mise en scĂšne, Lionel Rougerie.

CRITIQUE, opĂ©ra. Lille, Auditorium du Nouveau SiĂšcle, le 10 juillet 2021. OFFENBACH : La Belle HĂ©lĂšne. GaĂ«lle Arquez, Cyrille Dubois, Marc Barrard
. ChƓur de chambre Septentrion. Anass Ismat, chef de chƓur. Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch, direction. Adaptation et mise en scĂšne, Lionel Rougerie.

ClĂŽture en beautĂ© de la 3e Ă©dition des Nuits d’ÉtĂ© de l’Orchestre National de Lille avec l’opĂ©ra bouffe français pas excellence, La Belle HĂ©lĂšne d’Offenbach, ici adaptĂ© et mis en scĂšne pour l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle par Lionel Rougerie. Alexandre Bloch dirige un orchestre en pleine forme et une distribution de chanteurs Ă©poustouflante, avec la magnifique GaĂ«lle Arquez dans le rĂŽle-titre. A la fois parodie de l’actualitĂ© (Ă  mourir de rire) et performance de bravoure aux plus hauts sommets lyriques !

 

 

Épatante cure lyrique en temps de Covid

 

Offenbach-la-belle-helene-opera-critique-classiquenews

 

 

Offenbach, victime d’antisĂ©mitisme et de censure Ă  son Ă©poque, Ă©tait le maĂźtre incontestable de la parodie. Il se parodiait lui mĂȘme autant que d’autres compositeurs, et avait un goĂ»t prononcĂ© pour la satire et le commentaire social humoristique de son actualitĂ©. Si le dĂ©ploiement acharnĂ© et nonchalant de ses talents lui ont valu le mĂ©pris d’un Berlioz ou d’un Wagner, nous nous rĂ©jouissons toujours de la qualitĂ© comme du charme indescriptible de son Ɠuvre. La Belle HĂ©lĂšne, crĂ©Ă© en 1864, se moquait des mƓurs bourgeoises et religieuses de la France sous NapolĂ©on III. Il est donc parfaitement convenable que Lionel Rougerie propose une superbe adaptation du livret se moquant des mƓurs sociales, identitaires et
 sanitaires, de notre monde changeant en pĂ©riode d’épidĂ©mie mondiale.

L’histoire d’origine est toujours la mĂȘme: les Rois de la GrĂšce antique dĂ©couvrent l’adultĂšre d’HĂ©lĂšne de Troie, Reine de Sparte, avec PĂąris, fils de Priam, Roi de Troie, qui l’enlĂšve Ă  CythĂšre. La dĂ©esse de l’amour se voit attribuer un rĂŽle parlĂ© dans cette production qui sert de fil conducteur. VĂ©nus, interprĂ©tĂ©e par la comĂ©dienne LĂ©na DangrĂ©aux, est aux commandes. Sa contrepartie mortelle et lyrique, HĂ©lĂšne, est magistralement interprĂ©tĂ©e par GaĂ«lle Arquez, en un tour de force, Ă©blouissant et remarquable. Le chant, la prestance, l’attitude de tragĂ©dienne comique (elle aussi Ă  mourir de rire) et la complicitĂ© avec l’ensemble dĂ©coiffent ! Cyrille Dubois dans le rĂŽle de PĂąris est Ă  la hauteur de la barre trĂšs haute d’HĂ©lĂšne, avec un chant plein de charme, la beautĂ© du timbre et une caractĂ©risation drĂŽle Ă  souhait !

 

 

offenbach-la-belle-helene-orchestre-national-de-Lille-opera-critique-classiquenews

 

 

Les nombreux personnages secondaires sont tous Ă  fond sur la scĂšne du Nouveau SiĂšcle et semblent ĂȘtre tout aussi Ă©pris de l’histoire que l’audience est conquise ! Se distinguent le MĂ©nĂ©las trĂšs sot d’Eric Huchet, l’Agamemnon fanfaron de Marc Barrard, l’Achille pompier de RaphaĂ«l BrĂ©mard et le superlatif Calchas de Philippe Ermelier. La prestation des musiciens s’accorde au fol entrain de la partition, qui n’est pourtant pas dĂ©pourvue de moments de tendresse et poĂ©sie. L’Orchestre National Lyrique relĂšve les dĂ©fis de la partition lyrique ; il est impeccable dans l’exĂ©cution sous la direction du chef Alexandre Bloch
 lequel n’hĂ©site pas Ă  rejoindre de temps en temps la comĂ©die qui flambe sur scĂšne. Les chƓurs trĂšs sollicitĂ©s sont tout aussi rĂ©actifs, plein de vivacitĂ© et d’esprit. Un Ă©vĂ©nement lyrique rĂ©ussi qui est une expĂ©rience merveilleusement bienfaisante en temps de COVID. Un excellent vaccin contre l’ennui. Photos : Ugo Ponte / ON LILLE 2021.

 

 

CRITIQUE, opĂ©ra. Lille, Auditorium du Nouveau SiĂšcle, le 10 juillet 2021. OFFENBACH : La Belle HĂ©lĂšne. GaĂ«lle Arquez, Cyrille Dubois, Marc Barrard
. ChƓur de chambre Septentrion. Anass Ismat, chef de chƓur. Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch, direction. Adaptation et mise en scĂšne, Lionel Rougerie.

Compte-rendu, opĂ©ra. Montpellier, le 24 juil 2019. D’Indy : Fervaal. Spyres, Schonwandt

montpellier festival radio france 2019 soleil de nuit concerts annonce critique opera classiquenewsCompte-rendu, opĂ©ra en version de concert. Montpellier, Le Corum, OpĂ©ra Berlioz, le 24 juillet 2019. D’Indy : Fervaal. Spyres, Arquel, Bou
 Schonwandt (version de concert). Neuf ans aprĂšs la rĂ©crĂ©ation en version de concert de L’Etranger (1903) de Vincent d’Indy (voir notre prĂ©sentation du disque Ă©ditĂ© en 2013 par Accord : https://www.classiquenews.com/dindy-letranger-foster-20101-cd-accord/), le festival de Radio France remet au gout du jour la musique du compositeur avec l’un de ses ouvrages les plus emblĂ©matiques, Fervaal (1897) – voir notre prĂ©sentation : https://www.classiquenews.com/vincent-dindy-fervaal-1897france-musique-dimanche-29-mars-2009-14h30/

Souvent qualifiĂ© de “Parsifal français”, l’ouvrage laisse transparaĂźtre l’immense admiration pour Wagner, en choisissant tout d’abord d’ĂȘtre son propre librettiste, puis en puisant son inspiration dans la mythologique nordique, ici transposĂ©e au service de la glorification du peuple celte. Au travers du parcours initiatique de Fervaal, d’Indy met en avant ses obsessions militantes, entre patriotisme royaliste et ferveur catholique, incarnĂ©es par le mythe du sauveur, ici adoubĂ© par le double pouvoir religieux et politique contre les menaces des envahisseurs sarrasins. L’avĂšnement d’un monde nouveau en fin d’ouvrage signe la fin des temps obscurs et du paganisme, tandis que les destins individuels sont sacrifiĂ©s au service de cette cause. La misogynie et le profond pessimisme de d’Indy suintent tout du long, rĂ©pĂ©tant Ă  l’envi combien l’amour n’enfante que douleur : la femme, dans ce contexte, ne peut reprĂ©senter que l’enchanteresse qui dĂ©tourne du devoir, rappelant en cela les sortilĂšges sĂ©ducteurs de la Dalila de Saint-SaĂ«ns.

dindy_etranger_foster_tezier_cd_accord_vincent_DindySi le livret tient la route jusqu’au spectaculaire conseil des chefs, et ce malgrĂ© une action volontairement statique en premiĂšre partie, il se perd ensuite dans un redondant deuxiĂšme duo d’amour et un interminable finale pompeux. InitiĂ© en 1878, l’ouvrage trahit sa longue et difficile gestation par la diversitĂ© de ses influences musicales, de l’emphase savante empruntĂ©e Ă  Meyerbeer et Berlioz au II et III, au langage plus personnel avant l’entracte. D’un minimalisme aride, difficile d’accĂšs, le prologue et le I entremĂȘlent ainsi de courts motifs aux effluves lĂ©gĂšrement dissonantes, rĂ©vĂ©lateurs d’ambiances fascinantes et envoĂ»tantes, au dĂ©triment de l’expression de mĂ©lodies plus franches. L’orchestration laisse les cordes au deuxiĂšme plan pour privilĂ©gier les vents, tandis que les solistes s’affrontent en des tirades dĂ©clamatoires Ă©tirĂ©es, semblant se parler davantage Ă  eux-mĂȘmes qu’Ă  leurs interlocuteurs.

On pourra Ă©videmment regretter le peu d’interaction entre les solistes rĂ©unis Ă  Montpellier, alors que d’autres versions de concert se prĂȘtent parfois au jeu d’une animation minimale du plateau, Ă  l’instar de celles proposĂ©es par RenĂ© Jacobs. Quoi qu’il en soit, on note d’emblĂ©e le trait d’humour bienvenu de Michael Spyres (Fervaal) qui arbore un kilt sombre, sans doute pour rappeler ses origines celtes, avant de s’emparer de ce rĂŽle impossible avec la vaillance et l’Ă©clat des grands jours : trĂšs Ă  l’aise tout au long de la soirĂ©e, il reçoit logiquement une ovation debout en fin de reprĂ©sentation. Ses deux principaux partenaires se montrent Ă©galement Ă  la hauteur de l’Ă©vĂ©nement, tout particuliĂšrement GaĂ«lle Arquez (Guilhen) dont la puretĂ© du timbre et la rondeur d’Ă©mission ronde ne sacrifient jamais la comprĂ©hension du texte. On note toutefois quelques lĂ©gers problĂšmes de placement de voix dans les interventions brusques – qui ne gĂąchent pas la trĂšs bonne impression d’ensemble.
Mais c’est peut-ĂȘtre plus encore Jean-SĂ©bastien Bou (Arfagard) qui sĂ©duit par son talent dramatique et l’intensitĂ© de ses phrasĂ©s, portĂ©s par une diction minutieuse. On lui pardonnera volontiers une tessiture limite dans les graves, tout autant qu’un manque de couleurs vocales ; d’autant plus que le baryton français semble souffrir d’une toux qui lui voile lĂ©gĂšrement l’Ă©mission, ici et lĂ . A ses cotĂ©s, hormis un inaudible RĂ©my Mathieu, les seconds rĂŽles affichent une fort belle tenue, surtout Ă  l’oeuvre dans la scĂšne du conseil prĂ©citĂ©e. On mentionnera encore une fois la prestation parfaite de JĂ©rome Boutillier, entre aisance vocale et interprĂ©tation de caractĂšre, qui le distingue de ses acolytes.

On n’est guĂšre surpris de voir Michael Schonwandt tirer le meilleur de l’Orchestre de l’OpĂ©ra national Montpellier Occitanie, en un geste classique trĂšs Ă©quilibrĂ© qui convainc tout du long, Ă  l’instar des deux choeurs trĂšs bien prĂ©parĂ©s. Outre la diffusion sur France Musique, un disque devrait parachever cette renaissance de l’un des monuments de la musique française de la fin du XIXĂšme siĂšcle, dans la lignĂ©e de ses contemporains Chausson et Magnard.

________________________________________________________________________________________________

Compte-rendu, opĂ©ra en version de concert. Montpellier, Le Corum, OpĂ©ra Berlioz, le 24 juillet 2019. D’Indy : Fervaal. Michael Spyres (Fervaal), GaĂ«lle Arquez (Guilhen), Jean-SĂ©bastien Bou (Arfagard), Elisabeth Jansson (Kaito), Nicolas Legoux (Grympuig), Eric Huchet (Leensmor), KaĂ«lig BochĂ© (Edwig), Camille Tresmontant (paysan, Chennos),  François Piolino (Ilbert), RĂ©my Mathieu (Ferkemnat, Moussah), Matthieu LĂ©ccroart (Geywihr, paysan), Eric Martin-Bonnet (Penwald, Buduann), Pierre Doyen (messager, paysan), JĂ©rĂŽme Boutillier (paysan, Gwelkingubar), Anas SĂ©guin (Berddret), Guilhem Worms (Helwrig), François Rougier (paysan, berger, barde). Choeur de la radio lettone, Choeur et Orchestre de l’OpĂ©ra national Montpellier Occitanie, Michael Schonwandt (direction).

Compte rendu, concert. Poitiers. Auditorium, le 8 mars 2016. Haendel, Berlioz, Schoeller, Haydn, Mozart (bis). Gaëlle Arquez, mezzo soprano, Orchestre Poitou Charentes. Arie Van Beek, direction.

De retour au ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers, l’Orchestre Poitou Charentes accueille, pour son premier concert de l’annĂ©e 2016, la mezzo soprano saintaise GaĂ«lle Arquez et le chef nĂ©erlandais Arie Van Beek. Le programme de ce concert est hĂ©tĂ©roclite puisqu’en une heure trente il balaie les quatre grandes pĂ©riodes de l’histoire de la musique. Il reste nĂ©anmoins cohĂ©rent, puisque chacune des Ɠuvres de la soirĂ©e Ă©voque, l’eau, la nature, la forĂȘt. Ce concert est aussi l’occasion de voir un public nombreux au sein duquel les enfants et les adolescents sont trĂšs prĂ©sents. Notons la prĂ©sence d’Ă©lĂšves de seconde venus de Montmorillon : «Ce sont des jeunes qui suivent une option «son» pendant leur annĂ©e de seconde» nous dit leur professeur qui ajoute : «C’est leur premiĂšre sortie au ThĂ©Ăątre Auditorium et c’est une organisation importante, et nous sommes satisfaits de les voir prĂȘts Ă  dĂ©couvrir un univers qu’ils ne connaissent pas.»

L’Orchestre Poitou Charentes menĂ© Ă  la baguette par Arie Van Beek

BEEK arie von arie_van_beek_2_g-8Avec la suite n°3 en sol majeur du Water Music de Georg Friedrich Haendel (1685-1759), l’Orchestre Poitou Charentes donne le ton d’une soirĂ©e haute en couleurs. La derniĂšre des suites du Water Music, celle donnĂ©e en ce mardi soir, a Ă©tĂ© composĂ©e en 1736 Ă  l’occasion du mariage du prince de Galles. Sous la direction ferme et attentive d’Arie Van Beek, l’Orchestre Poitou Charentes en donne une lecture dynamique, vive, sans excĂšs. C’est avec Le cycle de mĂ©lodies Les nuits d’Ă©tĂ©, d’Hector Berlioz (1803-1869) que GaĂ«lle Arquez revient sur la scĂšne du ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers. AprĂšs un PoĂšme de l’amour et de la mer, certes trĂšs bien chantĂ© mais Ă  la diction alĂ©atoire, donnĂ© avec l’Orchestre des Champs ElysĂ©es le 4 fĂ©vrier dernier, la jeune mezzo s’engage sans compter. Arquez visiblement survoltĂ©e par le dĂ©fi, c’Ă©tait la premiĂšre fois qu’elle interprĂ©tait ainsi Les Nuits d’Ă©tĂ©-, chante avec un plaisir Ă©vident une musique qui lui va comme un gant; et enfin la diction, qui nous avait tant manquĂ© en fĂ©vrier, est au rendez-vous. L’Orchestre accompagne la soliste avec gĂ©nĂ©rositĂ©, Arie Van Beek veillant avec une bienveillante autoritĂ© Ă  ne jamais couvrir la chanteuse.

Au retour de l’entracte, l’Orchestre commence par jouer le second mouvement de Tiger, Concerto pour orchestre, composĂ© en 2012 par Philippe Schoeller (nĂ© en 1957). C’est par les vents puis les bois que Schoeller Ă©voque la nature avec une certaine poĂ©sie; le chef, dont la battue est claire et prĂ©cise, se montre enjouĂ© et inspirĂ© dans une Ɠuvre pourtant peu Ă©vidente. C’est cependant avec Joseph Haydn (1732-1809) et sa symphonie N°73 «La chasse», que la nature prend ses aises, notamment avec les «scĂšnes de chasse» du dernier mouvement, le presto final. Arie Van Beek, plus inspirĂ© encore, survolte ses musiciens, les poussant avec fermetĂ© dans leurs retranchements et les incitant Ă  donner le meilleur d’eux-mĂȘmes. Ravi, le public rĂ©serve un accueil chaleureux aux musiciens et Ă  leur chef, qui concĂšde en bis l’ouverture des Nozze di Figaro de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Si nous regrettons que cette ouverture soit donnĂ©e sur un tempo un peu trop vif par rapport au reste du concert, nous apprĂ©cions l’incursion symphonique / lyrique de Van Beek dans un programme trĂšs «nature».

C’est un concert de haute volĂ©e que l’Orchestre Poitou Charentes a donnĂ© au ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers. Arie Van Beek, qui est invitĂ© de temps en temps par Jean François Heisser depuis 2001, dirige son orchestre avec un plaisir Ă©vident : «Le courant passe bien avec les musiciens; et ils sont trĂšs soudĂ©s entre eux» nous disait-il, la veille du concert, et cela transparaĂźt pendant toute la soirĂ©e. Musiciens, chef, chanteuse formaient un ensemble solide; si solide, d’ailleurs, que le public serait volontiers restĂ© plus longtemps pour en mesurer encore et encore la bienfaisante complicitĂ©.

Poitiers. Auditorium, le 8 mars 2016. Gerog Friedrich Haendel (1685-1759) : Water Music : suite N°3 en sol majeur, Hector Berlioz (1803-1869) : Les nuits d’Ă©tĂ© opus 7, Philippe Schoeller (nĂ© en 1957) : Tiger (2e mouvement), Joseph Haydn (1732-1809) : symphonie N°73 «La chasse», Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Le nozze di Figaro, ouverture (bis). GaĂ«lle Arquez, mezzo soprano, Orchestre Poitou Charentes. Arie Van Beek, direction. Illustration : Arie Van Beek © Ludovic Combe