COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, le 8 nov 2019. DUTILLEUX, HOLST.. Orch National Capitole, JULIEN-LAFFERIERE / SOKHIEV

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 8 novembre 2019. H DUTILLEUX. G. HOLST. V. JULIEN-LAFFERIERE. Orfeon Donostaria. Orchestre National du Capitole. T.SOKHIEV, Direction.

LAFERRIERE violoncelleVictor Julien-Laferriere © Lyodoh KanekoVictor Julien-Lafferière est un jeune musicien d’exception dont la carrière a pris un élan incroyable depuis son prix du concours Reine Elisabeth de Belgique en 2017. Une grande tournée de concerts avec Valery Gergiev a été triomphale. Il est un soliste recherché et un chambriste accompli auréolé de succès publics et critiques en compagnie d’Adam Laloum et dans son trio « Des Esprits ». Ce soir dirigé par Tugan Sokhiev, chef attentif et partenaire protecteur, le jeune soliste a été d’une extraordinaire délicatesse dans le Concerto pour violoncelle de Dutilleux. Cette oeuvre dédiée à Mtislav Rostropovich est inspirée d’un poème de Baudelaire. Très intellectuelle, la partition reste distante de l’émotion et de toute forme de passion, recherchant une allure française basée sur l’originalité des sonorité (à la Debussy), tout en réservant une grande place aux percussions. Le violoncelliste doit tenir sa sonorité dans les limites d’une parfaite maitrise de chaque instant. Victor Julien-Lafferière a toutes les qualité pour offrir une interprétation magistrale de ce concerto. La finesse du jeu, rencontre la beauté de la sonorité et la fluidité des lignes. L’Orchestre du Capitole offre une pureté de sonorité et une précision rythmique parfaite. La direction de Tugan Sokhiev est admirable de précision et de finesse. Les grandes difficultés de la partition sont maitrisées par tous afin de proposer une interprétation toute en apparente facilité. Tout va vers le rêve et l’ailleurs comme le suggère le poème de Baudelaire. L’écoute de l’oeuvre en est facilitée et le public fait un triomphe au jeune violoncelliste. Il revient saluer plusieurs fois et propose en bis une délicate allemande d’une suite pour violoncelle de Bach (la troisième). Sonorité soyeuse et legato subtil sont comme un enchantement prolongeant le voyage onirique précédent.

En deuxième partie de concert, Tugan Sokhiev retrouve son orchestre élargi pour un voyage interplanétaire grâce aux Planètes de Holst. Cette oeuvre du compositeur anglais reste le parangon de toute oeuvre symphonique hollywoodienne. Les effets très efficaces de l’orchestration de Gustave Holst font toujours recette chez bien des compositeurs de musiques de films. Tugan Sokhiev prend les rennes avec élégance et ne lâche plus ses musiciens jusqu’à la dernière note. L’orchestre est rutilant ; chaque soliste est prodigieux de splendeur sonore. Ainsi des cuivres bien ordonnés sur deux rangs au fond juste devant les nombreuses percussions sauront-ils nuancer habilement toutes leurs interventions. Le chef les laisse jouer sans vulgarité dans les moments pompiers. Les forte éclatent de santé et de générosité. Nous soulignerons tout particulièrement la beauté du son mais surtout l’élégance du phrasé et la longueur de souffle de Jacques Deleplancques au cor. Mais comment de pas citer le splendide solo du violoncelle de Sarah Iancu ou la flûte de François Laurent, le hautbois de Louis Seguin et la clarinette de David Minetti ?; qui sont les chambristes et solistes accomplis de cette superbe saga galactique.

Tugan Sokhiev joue à plein les différences de chaque partition dédiée à une planète mais garde une unité stylistique magnifique à cet ensemble. Le long silence par lequel il clôt son interprétation a pu paraitre un peu emphatique pour certains spectateurs mais qu’il est bon qu’ un véritable chef charismatique arrive a retarder les applaudissements afin de respecter le silence qui suit la musique et en fait partie quoi qu’en pensent les spectateurs trop zélés a frapper des mains et des pieds parfois en même temps que la dernière note du concert. Ce soir le concert a été placé sous le signe de la plénitude et de la délicatesse. Il n’y a a pas eu besoin d’un bis après tant de splendeur musicale. Là aussi le chef a su résister à cette habitude du « jamais assez » que le public insatiable voudrait prendre.

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COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 8 novembre 2019. Henri Dutilleux (1916-3013) : Tout un monde lointain, concerto pour violoncelle ; Gustav Holst (1874- 1934) : Les Planètes ;   Victor Julien-Laffarière, violoncelle. Orfeon Donostaria, chef de choeur : José Antonio Sainz-Alfaro ; Orchestre National du Capitole de Toulouse. Tugan Sokhiev, Direction. Illustration : Julien-Lafferiere (DR)

Tout un monde lointain de Dutilleux Ă  l’OpĂ©ra de Tours

dutilleux henriTOURS, OpĂ©ra. Dutilleux, Beethoven. Les 2 et 3 avril 2016. Jean-Yves Ossonce dirige l’orchestre maison dans deux partitions ambitieuses ; l’une cĂ©lĂ©brant la mĂ©moire et le legs musical d’Henri Dutilleux dont 2016 marque le centenaire ; la seconde, honorant le gĂ©nie rĂ©volutionnaire beethovĂ©nien. CrĂ©Ă© Ă  Aix en 1970, Tout un monde lointain nĂ©cessite la prĂ©sence virtuose, introspective d’un violoncelliste (Ă  Tours, l’OpĂ©ra a conviĂ© Xavier Phillips). La partition est emblĂ©matique de l’Ă©criture d’Henri Dutilleux : suggestive, soucieuse de climats atmosphĂ©riques comme d’allusions littĂ©raires et surtout poĂ©tiques (Les Fleurs du mal de Baudelaire); Evidemment il faut rĂ©Ă©couter l’enregistrement du Concerto par le soliste dĂ©dicataire, Rostropovitch (Erato Warner classics, 1974 avec l’Orchestre de Paris et Serge Baudo). 5 mouvements comme s’il Ă©tait conçu comme un poème musical, d’Enigme Ă  Hymne : tout ici cite les brumes Ă©nigmatiques en effet dans l’esprit du PellĂ©as de Debussy oĂą le chant du violoncelle prend l’auditeur par la main et le conduit dans des chemins de traverse aux contours et horizons indĂ©cis, mystĂ©rieux, palpitants, portes entrouvertes vers un inconnu qui se dĂ©robe. Intense et poĂ©tique, c’est Ă  dire filigranĂ© jusque dans son dernier repli murmurĂ© et tout d’un coup Ă©vanescent, le violoncelle disparaĂ®t en gardant tous ses secrets. Amateur du mystère et des filiations poĂ©tiques Ă  peine voilĂ©es, Dutilleux cultive l’Ă©nigme. Au spectateur d’en dĂ©celer le parcours vers la lumière, l’Ă©lucidation finale.

 

 

 

Opéra de Tours, concert

Henri Dutilleux : Tout un monde lointain
(Xavier Phillips, violoncelle)
Beethoven : Symphonie n°3 “Eroica” opus 55

Orchestre RĂ©gion Centre-Val de Loire Tours
Jean-Yves Ossonce, direction

Samedi 2 avril 2016, 20h
Dimanche 3 avril 2016, 17h

 

 

Aprofondir
LIRE notre présentation / dossier de la Symphonie EROICA n°3 de Beethoven
LIRE notre dossier spécial Centenaire Henri Dutilleux 2016

 

 

 

Festival Présences, concert 1. Francesconi, Dutilleux

Capture d’écran 2016-01-04 Ă  08.38.24Festival PrĂ©sences 2016. Francesconi, Dutilleux… Le 5 fĂ©vrier, 20h. Paris, Maison de la Radio. Auditorium. 4 compositeurs sont au programme du premier concert PrĂ©sences 2016, engageant toutes les ressources musicales et humaines maison (MaĂ®trise, ChĹ“ur et Orchestre Philharmonique de Radio France). Mikko Franck ouvre la 26 ème Ă©dition du festival PrĂ©sences avec un programme nourri d’inspirations diverses : symbolique chez Thierry PĂ©cou, poĂ©tique avec Fausto Romitelli, prophĂ©tique avec Bread, Water and Salt de Luca Francesconi d’après des fragments signĂ©s Nelson Mandela. Avec, pour conclure, un classique du XXe siècle, qui cĂ©lĂ©brera le centenaire de son auteur : Timbres, espace, mouvement de Dutilleux. LIRE aussi notre prĂ©sentation complète du Festival PrĂ©sences 2016, Oggi l’Italia, du 5 au 14 fĂ©vrier 2016.

Festival PrĂ©sences 2016 : Oggi l’Italia. CONCERT 1 / 14

Festival PrĂ©sences 2016 : Oggi l’Italia
Paris, Maison de la Radio. Auditorium
Vendredi 5 février 2016, 20h
Concert inaugural : 1 / 14

Luca Francesconi
Bread, Water and Salt* (CF, CRF/Fondation Santa Cecilia)

Thierry PĂ©cou
Soleil rouge** (CM, CRF/Opéra de Rouen Normandie)

Henri Dutilleux
Timbres, espace, mouvement ou La Nuit étoilée

Fausto Romitelli
The Poppy in the Cloud

Pumeza Matschikiza soprano*
Hakan Hardenberger trompette**

Maîtrise, Choeur et Orchestre Philharmonique de Radio France
Sofi Jeannin chef de choeur
Mikko Franck direction

Les réservations pour ce concert (gratuit) seront ouvertes à partir du 23 janvier 2016

Réservations, informations, modalités pratiques :
http://www.maisondelaradio.fr/evenement/festival-presences/presences-2016-italie-1

Concert diffusé en direct sur France Musique

Centenaire Dutilleux 2016

henri-dutilleux1-362x439Paris, Philharmonie. Concert Dutilleux, le 22 janvier 2016, 20h. Lancement officiel de l’annĂ©e du Centenaire Dutilleux, ce 22 janvier 2016 Ă  la Philharmonie de Paris. Le 22 janvier est le jour anniversaire de l’annĂ©e Dutilleux 2016 : Henri Dutilleux est en effet nĂ© le 22 janvier 1916 : c’est donc le jour de son centenaire. A cette occasion la Philharmonie de Paris propose (Ă  20h30) un concert exceptionnel : Quatuor Ă  cordes “Ainsi la nuit” et “Trois strophes sur le nom de Paul Sacher” couplĂ©s avec le Trio pour piano et cordes de Ravel, et la Sonate pour violon et piano de Debussy.

Henri Dutilleux : Trois strophes sur le nom de Sacher, Préludes
Maurice Ravel : Trio pour piano et cordes
Claude Debussy : Sonate pour violon et piano
Henri Dutilleux : Quatuor Ă  cordes “Ainsi la nuit”

Avec :
Lisa Batiashvili, violon
Valeriy Sokolov, violon
Gérad Caussé, alto
Gauthier Capuçon, violoncelle
Frank Braley, piano

RĂ©server vos places pour le concert de la Philharmonie, ce 22 janvier 2016, 20h

Centenaire Dutilleux : 1916 - 2016Ainsi la Nuit… Propre aux annĂ©es 1970, le seul Quatuor Ă  cordes de Dutilleux est “une sorte de vision nocturne” (d’après les propres paroles du compositeur), fidèle Ă  la sensibilitĂ© abstraite et poĂ©tique, sensuelle et suggestive de son auteur, un cycle d’Ă©tats intĂ©rieurs qui renouvelle considĂ©rablement le genre quatuor. La partition est composĂ©e entre 1971 et 1977 (commande de la Fondation Koussevitsky destinĂ©e au Quatuor Juilliard). La crĂ©ation française (parisienne) remonte au 6 janvier 20177 par le Quatuor Parrenin. Les Juilliard le crĂ©eront de leur cĂ´tĂ© Ă  Washington en avril 1978. DĂ©diĂ© au mĂ©lomane et ami du compositeur, Ernest Sussman, le Quatuor porte un hommage Ă  Olga Koussevitsky. A partir d’Etudes prĂ©alables que Dutilleux adresse aux Juilliard pour qu’ils s’exercent Ă  son Ă©criture, Dutilleux Ă©labore un cycle continu, organiquement reliĂ© par des “parenthèses” souvent brĂŞves mais fĂ©dĂ©ratrices et porteuses de liant/lien entre les 7 sections du Quatuor. Seuls les parties V Ă  VII sont enchaĂ®nĂ©es sans parenthèses. Comme une transe rĂŞveuse, nostalgique, d’un caractère nocturne (d’oĂą le titre aux rĂ©fĂ©rences poĂ©tiques manifestes), le cycle cultive l’atmosphère d’une traversĂ©e mĂ©ditative et active, dans des teintes impressionnistes, – le terme est utilisĂ© par Dutilleux lui-mĂŞme. Le parcours va de “Nocturne” (I) Ă  “Constellations” (VI) et “Temps suspendu” (VII). Le principe de mĂ©moire et de rĂ©itĂ©ration, selon le pendule proustien, agrège ici variations et prĂ©figurations dont les Ă©chos manifestes tissent comme un morceau vivant de la pensĂ©e Ă  la fois, rĂ©troactive et prĂ©sente. Dutilleux, fusionne aussi Beethoven et l’Ecole de Vienne, pour refondre la notion mĂŞme de temps musical. la durĂ©e en est emblĂ©matique du dĂ©veloppement toujours condensĂ©, unique, resserrĂ© chez Dutilleux qui cultive surtout la puissance suggestive de son Ă©criture.

dutilleux-henri-biographie-pierre-gervasoni-actes-sud-critique-livres-classiquenews-review-bookMĂŞme univers enracinĂ© dans la poĂ©sie et pĂ©nĂ©trĂ© de rĂ©fĂ©rences littĂ©raires Ă  peine voilĂ©es pour les Strophes sur le nom de Paul Sacher, rĂ©alisĂ©es pour le 70 ème anniversaire du chef d’orchestre Paul Sacher en 1976. Avec les hommages de Boulez (Messagesquisse) et de Lutoslawski (Sacher Variations), commandĂ©es simultanĂ©ment pour la mĂŞme occurrence, les pièces de Dutilleux se sont naturellement imposĂ©es par leur grande cohĂ©rence et originalitĂ©, leur caractère poĂ©tique, leur climat suspendu, comme doucement hallucinĂ©. C’est Paul Sacher qui crĂ©Ă©e les Strophes de Dutilleux Ă  Bâle en 1982 : par “Strophes”, Dutilleux fait rĂ©fĂ©rence et emprunte un mot spĂ©cifique Ă  l’Ă©criture poĂ©tique car le nom de Sacher revient dans chacun des trois volets, comme autant de rimes ou de retours. Aimant les filiations, les rĂ©miniscences lĂ  encore “proustiennes”, Dutilleux cite Bartok dont Musique pour cordes, percussion et cĂ©lesta fut justement crĂ©Ă© par Sacher en 1937… Le triptyque qui en dĂ©coule parle Ă  l’imaginaire, Ă  cet ailleurs invisible mais soudainement palpable grâce au tissu sonore Ă©laborĂ© par  Dutilleux illuminĂ©, enchantĂ©, enivrĂ©, vrai magicien de la mĂ©moire.

approfondir

LIRE aussi notre grand dossier centenaire de Dutilleux 2016

LIRE notre annonce et présentation du prochain livre biographique dédié à Henri Dutilleux par Pierre Gervasoni chez Actes Sud

RADIO. France Musique consacre sa tribune des critiques Ă  la Symphonie n°2 “Le Double” de Dutilleux, dimanche 24 janvier 2016, 14h

CONCERT. En ouverture du prochain Festival PrĂ©sences de Radio France, le 5 fĂ©vrier 2016, le Philharmonique de Radio France et Mikko Franck jouent de Dutilleux : vendredi 5 fĂ©vrier 2016, 20h, Auditorium de la Maison de la Radio – Radio France : concert Francesconi, Dutilleux (La Nuit Ă©toilĂ©e) - concert diffusĂ© en direct sur France Musique.

Concert PrĂ©sences 2016 – 1 : Francesconi, Dutilleux

Capture d’écran 2016-01-04 Ă  08.38.24Festival PrĂ©sences 2016. Francesconi, Dutilleux… Le 5 fĂ©vrier, 20h. Paris, Maison de la Radio. Auditorium. 4 compositeurs sont au programme du premier concert PrĂ©sences 2016, engageant toutes les ressources musicales et humaines maison (MaĂ®trise, ChĹ“ur et Orchestre Philharmonique de Radio France). Mikko Franck ouvre la 26 ème Ă©dition du festival PrĂ©sences avec un programme nourri d’inspirations diverses : symbolique chez Thierry PĂ©cou, poĂ©tique avec Fausto Romitelli, prophĂ©tique avec Bread, Water and Salt de Luca Francesconi d’après des fragments signĂ©s Nelson Mandela. Avec, pour conclure, un classique du XXe siècle, qui cĂ©lĂ©brera le centenaire de son auteur : Timbres, espace, mouvement de Dutilleux. LIRE aussi notre prĂ©sentation complète du Festival PrĂ©sences 2016, Oggi l’Italia, du 5 au 14 fĂ©vrier 2016.

Festival PrĂ©sences 2016 : Oggi l’Italia. CONCERT 1 / 14

Festival PrĂ©sences 2016 : Oggi l’Italia
Paris, Maison de la Radio. Auditorium
Vendredi 5 février 2016, 20h
Concert inaugural : 1 / 14

Luca Francesconi
Bread, Water and Salt* (CF, CRF/Fondation Santa Cecilia)

Thierry PĂ©cou
Soleil rouge** (CM, CRF/Opéra de Rouen Normandie)

Henri Dutilleux
Timbres, espace, mouvement ou La Nuit étoilée

Fausto Romitelli
The Poppy in the Cloud

Pumeza Matschikiza soprano*
Hakan Hardenberger trompette**

Maîtrise, Choeur et Orchestre Philharmonique de Radio France
Sofi Jeannin chef de choeur
Mikko Franck direction

Les réservations pour ce concert (gratuit) seront ouvertes à partir du 23 janvier 2016

Réservations, informations, modalités pratiques :
http://www.maisondelaradio.fr/evenement/festival-presences/presences-2016-italie-1

Concert diffusé en direct sur France Musique