DON QUICHOTTE Ă  TOURS

 

Chaliapine dans Don Quichotte 02TOURS, OpĂ©ra. MASSENET : Don Quichotte, les 6, 8 et 10 mars 2020. Don Quichotte est fou d’amour pour DulcinĂ©e mais celle-ci est bien trop volage. Le coeur brisĂ©, le pauvre Chevalier devient un objet de moquerie
 Heureusement, il peut toujours compter sur son fidĂšle Sancho. Massenet livre pour l’OpĂ©ra de Monte Carlo sa propre vision du Chevalier Ă  la triste figure en fĂ©v 1910, avec dans les rĂŽles du Chevalier et de DulcinĂ©e, le lĂ©gendaire Fedor Chaliapine et Louise Arbell, deux illustres vedettes du chant lyrique au dĂ©but du siĂšcle. La comĂ©die hĂ©roĂŻque est en 5 actes et dĂ©bute par le dĂ©fi lancĂ© par DulcinĂ©e Ă  Don Quichotte : elle se rĂ©serve pour lui s’il lui restitue un collier dĂ©robĂ© par des brigands
 Le Chevalier s’exĂ©cute alors en une quĂȘte de lui-mĂȘme, oĂč il guerroie contre les moulins Ă  vent (« GĂ©ants cavaliers ») ; retrouve les brigands qui l’enchaĂźnent mais lui restituent le collier, touchĂ©s par sa dignitĂ© morale (on rĂȘve : depuis quand les escrocs ont des valeurs morales ?). Don Quichotte le rend Ă  DulcinĂ©e qui ingrate, se dĂ©robe mais prend le bijou. A l’agonie, Don Quichotte peut avant de mourir, offrir l’üle promise Ă  son fidĂšle Sancho, et pardonner Ă  la belle arrogante (DulcinĂ©e) qui se repend
 En 1910, Massenet intĂšgre les scintillements oniriques et mystĂ©rieux voire Ă©nigmatiques de Debussy (PellĂ©as crĂ©Ă© en 1902) ; s’il ne rĂ©siste pas comme Ă  son habitude et comme Puccini aussi, Ă  peindre un beau portrait de l’hĂ©roĂŻne (tous les opĂ©ras ou presque de Massenet porte le nom de femmes : Esclarmonde, ThaĂŻs, Manon, ClĂ©opĂątre, 
), le compositeur brosse du Chevalier un tableau saisissant de vĂ©ritĂ© et d’humanité  que n’aurait pas reniĂ© CervantĂšs.

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Vendredi 6 mars 2020 – 20hboutonreservation
Dimanche 8 mars 2020 – 15h
Mardi 10 mars 2020 – 20h

Nouvelle production

RÉSERVEZ VOS PLACES
directement sur le site de l’OpĂ©ra de TOURS
http://www.operadetours.fr/don-quichotte

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 Ă  13h00 / 14h00 Ă  17h45

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

Samedi 29 fĂ©vrier- 14h30  – ConfĂ©rence
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

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don-quichotte-opera-massenet-critique-annonce-classiquenewsComédie héroïque en cinq actes
Livret d’Henri Cain d’aprĂšs Le Chevalier de la Longue Figure de Jacques Le Lorrain, inspirĂ© du roman de Miguel de CervantĂšs – CrĂ©Ă©e Ă  Monte Carlo le 24 fĂ©vrier 1910

Nouvelle production
Coproduction OpĂ©ra de Tours – OpĂ©ra de Saint-Étienne

Durée : environ 2h30 avec entracte

Direction musicale : Gwennolé Rufet
Mise en scÚne : Louis Désiré
DĂ©cors & Costumes : Diego Mendez-Casariego
LumiĂšres : Patrick MĂ©Ă©ĂŒs

Don Quichotte : Nicolas Cavallier
Dulcinée : Julie Robard-Gendre
Sancho : Pierre-Yves Pruvot
Pedro : Marie Petit-Despierres
Garcias : Marielou Jacquard
Rodriguez : Carl Ghazarossian
Juan Olivier : Trommenschlager
Chef des bandits : Philippe Lebas

Choeur de l’OpĂ©ra de Tours
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

 don-quichotte-massenet-opera-critique-annonce-classiquenews-opera-de-tours-classiquenews-fevrier-2020

 

 

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VIDEO

Il existe des pages d’archives de la composition de Chaliapine en Don Quichotte pour le cinĂ©ma (PABST, 1933)

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Et aussi une bande d’avril 1927 dans laquelle Fedor Chaliapine incarne Don Quichotte mourant..

https://www.youtube.com/watch?v=ZBmhAdetlnc

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TOURS, Opéra : Nouveau Don Quichotte de Massenet

 

Chaliapine dans Don Quichotte 02TOURS, OpĂ©ra. MASSENET : Don QUichotte, les 6, 8 et 10 mars 2020. Don Quichotte est fou d’amour pour DulcinĂ©e mais celle-ci est bien trop volage. Le coeur brisĂ©, le pauvre Chevalier devient un objet de moquerie
 Heureusement, il peut toujours compter sur son fidĂšle Sancho. Massenet livre pour l’OpĂ©ra de Monte Carlo sa propre vision du Chevalier Ă  la triste figure en fĂ©v 1910, avec dans les rĂŽles du Chevalier et de DulcinĂ©e, le lĂ©gendaire Fedor Chaliapine et Louise Arbell, deux illustres vedettes du chant lyrique au dĂ©but du siĂšcle. La comĂ©die hĂ©roĂŻque est en 5 actes et dĂ©bute par le dĂ©fi lancĂ© par DulcinĂ©e Ă  Don Quichotte : elle se rĂ©serve pour lui s’il lui restitue un collier dĂ©robĂ© par des brigands
 Le Chevalier s’exĂ©cute alors en une quĂȘte de lui-mĂȘme, oĂč il guerroie contre les moulins Ă  vent (« GĂ©ants cavaliers ») ; retrouve les brigands qui l’enchaĂźnent mais lui restituent le collier, touchĂ©s par sa dignitĂ© morale (on rĂȘve : depuis quand les escrocs ont des valeurs morales ?). Don Quichotte le rend Ă  DulcinĂ©e qui ingrate, se dĂ©robe mais prend le bijou. A l’agonie, Don Quichotte peut avant de mourir, offrir l’üle promise Ă  son fidĂšle Sancho, et pardonner Ă  la belle arrogante (DulcinĂ©e) qui se repend
 En 1910, Massenet intĂšgre les scintillements oniriques et mystĂ©rieux voire Ă©nigmatiques de Debussy (PellĂ©as crĂ©Ă© en 1902) ; s’il ne rĂ©siste pas comme Ă  son habitude et comme Puccini aussi, Ă  peindre un beau portrait de l’hĂ©roĂŻne (tous les opĂ©ras ou presque de Massenet porte le nom de femmes : Esclarmonde, ThaĂŻs, Manon, ClĂ©opĂątre, 
), le compositeur brosse du Chevalier un tableau saisissant de vĂ©ritĂ© et d’humanité  que n’aurait pas reniĂ© CervantĂšs.

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Vendredi 6 mars 2020 – 20hboutonreservation
Dimanche 8 mars 2020 – 15h
Mardi 10 mars 2020 – 20h

Nouvelle production

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directement sur le site de l’OpĂ©ra de TOURS
http://www.operadetours.fr/don-quichotte

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 Ă  13h00 / 14h00 Ă  17h45

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

Samedi 29 fĂ©vrier- 14h30  – ConfĂ©rence
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

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don-quichotte-opera-massenet-critique-annonce-classiquenewsComédie héroïque en cinq actes
Livret d’Henri Cain d’aprĂšs Le Chevalier de la Longue Figure de Jacques Le Lorrain, inspirĂ© du roman de Miguel de CervantĂšs – CrĂ©Ă©e Ă  Monte Carlo le 24 fĂ©vrier 1910

Nouvelle production
Coproduction OpĂ©ra de Tours – OpĂ©ra de Saint-Étienne

Durée : environ 2h30 avec entracte

Direction musicale : Gwennolé Rufet
Mise en scÚne : Louis Désiré
DĂ©cors & Costumes : Diego Mendez-Casariego
LumiĂšres : Patrick MĂ©Ă©ĂŒs

Don Quichotte : Nicolas Cavallier
Dulcinée : Julie Robard-Gendre
Sancho : Pierre-Yves Pruvot
Pedro : Marie Petit-Despierres
Garcias : Marielou Jacquard
Rodriguez : Carl Ghazarossian
Juan Olivier : Trommenschlager
Chef des bandits : Philippe Lebas

Choeur de l’OpĂ©ra de Tours
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

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Il existe des pages d’archives de la composition de Chaliapine en Don Quichotte pour le cinĂ©ma (PABST, 1933)

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Et aussi une bande d’avril 1927 dans laquelle Fedor Chaliapine incarne Don Quichotte mourant..

https://www.youtube.com/watch?v=ZBmhAdetlnc

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LIEGE : L’ORW affiche DON QUICHOTTE d’aprĂšs Massenet

Don-quichotte-opera-royal-de-wallonie-mars-2019-annonce-critique-operaLIEGE, ORW. DON QUICHOTTE : 12 – 17 mars 2019. L’OpĂ©ra de LiĂšge n’oublie pas les jeunes spectateurs ni leurs parents. Librement inspirĂ© de l’opĂ©ra de Massenet, lui-mĂȘme adaptant le mythe lĂ©guĂ© par CervantĂšs, le spectacle Don Quichotte prĂ©sentĂ© par l’ORW OpĂ©ra Royal de Wallonie Ă  LiĂšge, est participatif et surtout destinĂ© au jeune public (dĂšs 6 ans) : occasion idĂ©ale, littĂ©ralement enchanteresse, afin d’éveiller les plus jeunes Ă  l’onirisme singulier du monde de l’opĂ©ra. La nouvelle production relit le sujet de Don Quichotte avec originalitĂ© et clarification :   « L’ingĂ©nieux Don Quichotte lit jour et nuit des romans de chevalerie qui le transportent dans une vie imaginaire. Faisant de Sancho son serviteur, il part avec Rossinante, son vieux cheval, Ă  la conquĂȘte de DulcinĂ©e, la Dame de coeur. Pour elle, il veut sauver le monde. Mais les rĂȘves extravagants de Don Quichotte se fracassent contre la rĂ©alitĂ©, le laissant, de bataille en bataille, un peu plus cabossé  » La nouvelle production dresse le portrait d’un pauvre hidalgo (petit noble), passionnĂ© de romans chevaleresques, au point de se prendre lui-mĂȘme, par la force de son imagination, pour un chevalier valeureux et conquĂ©rant ; il invente ses propres aventures, Ă©chafaude dĂ©fis et exploits, voudrait ĂȘtre digne et admirĂ© pour conquĂ©rir la belle DulcinĂ©e, la dame de son cƓur.

EmblĂ©matique de la littĂ©rature espagnole baroque, Don Quichotte de la Manche, est un hĂ©ros picaresque (pĂźcaro / misĂ©rable mais fĂ»tĂ©), d’essence populaire dont l’activitĂ© s’inscrit dans le rĂȘve et la parodie ; CervantĂšs a conçu son roman Ă©ponyme en traitant le thĂšme du chevalier errant, solitaire, un rien allumĂ© et dĂ©lirant, que la sincĂ©ritĂ© de sa folie, rend touchant, trĂšs humain. Il n’a rien, n’est personne mais ne manque ni de courage ni de ressource ; il aspire Ă  l’absolu et l’idĂ©al chevaleresque, c’est Ă  dire servir le Bien et le Beau, pour ĂȘtre couvert de gloire et d’amour.

PrĂ©parĂ© par leurs parents ou leurs professeurs, les jeunes spectateurs ont le loisir de chanter plusieurs chansons pendant le spectacle (Ă  partir du CD reprenant les chants participatifs et fiche pĂ©dagogique) ; Ils sont dirigĂ©s par le chef d’orchestre et/ou les artistes chantent avec eux :

https://www.operaliege.be//content/uploads/2019/01/fiche_p%C3%A9dagogique_Don_Quichotte_compressed.pdf

L’OpĂ©ra Royal de Wallonie-LiĂšge a commandĂ© cette nouvelle production d’un opĂ©ra participatif pour jeune public dĂšs six ans, librement inspirĂ© de l’Ɠuvre de Jules Massenet. Mis en scĂšne et adaptĂ© par Margot Dutilleul et Laurence Forbin sur une musique arrangĂ©e par Julien Le HĂ©rissier, Don Quichotte sera dirigĂ© par le jeune chef d’orchestre belge Ayrton Desimpelaere.

Le baryton-basse Roger Joakim (Don Quichotte), le baryton Patrick Delcour (Sancho) et la mezzo-soprano Alexise Yerna (Dulcinée) donneront du 12 au 17 mars 2019 vie aux mythiques personnages de Cervantes et à la musique de Massenet, lors de trois représentations publiques et de sept séances scolaires.

 
 
 
 
 
 

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Don Quichotte, d’aprùs Jules Massenetboutonreservation
Du 12 au 17 mars 2019
LIEGE, OPERA ROYAL DE WALLONIE
Opéra participatif pour jeune public à partir de 6 ans
Nouvelle production – Commande de l’OpĂ©ra Royal de Wallonie-LiĂšge

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.operaliege.be/spectacle/don-quichotte/

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Au total, une nouvelle production comprenant 10 représentations destinées à un trÚs large public :

SĂ©ances tout public / OPÉRA ROYAL DE WALLONIE Ă  LiĂšge :
Mercredi 13 MARS 2019 – 18h
Samedi 16 MARS 2019 – 18h
Dimanche 17 MARS 2019 – 15h

SĂ©ances scolaires :
Mardi 12 MARS 2019 – 10h & 13h30
Mercredi 13 MARS 2019 – 10h
Jeudi 14 MARS 2019 – 10h & 13h30
Vendredi 15 MARS 2019 – 10h & 13h30

Palais des Beaux-Arts de Charleroi :
Vendredi 5 AVR. 2019 – 10h30 et 13h30
Samedi 6 AVR. 2019 – 20h
Dimanche 7 AVR. 2019 – 16h

RESERVEZ VOTRE PLACE Ă  CHARLEROI

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don-quichotte-nouvelle-production-opera-annonce-critique-opera-royal-de-wallonie-liege-classiquenews-charleroi-liege-opera-actualites-critique-classiquenews

 
 
 

1.-Ayrton-Desimpelaere-1400x1400

Ayrton Simpelaere dirige cette nouvelle production d’aprĂšs Don Quichotte de Jules Massenet (DR)

 
 
 

 
 
 

DVD, compte rendu, critique. Joseph Bodin de Boismortier : Don Quichotte chez la duchesse (Santon, Niquet, 2015. 1 dvd Alpha)

don quichotte chez la duchesse boismortier herve niquet shirley et dino corinne et gilles benizio dvd critique compte rendu critique dvd classiquenewsDVD, compte rendu, critique. Joseph Bodin de Boismortier : Don Quichotte chez la duchesse (Santon, Niquet, 2015. 1 dvd Alpha). Les comiques composant duo, avec une truculence bon enfant dĂ©sormais populaires, Charlie et Dino, entendez Mr et Mme Benizio reprennent ici du galon et s’encanaillent brut chez le baroque emperruquĂ© XVIIIĂš, Boismortier, digne contemporain de Rameau. On leur doit dĂ©jĂ  d’avoir sĂ©vi pour King Arthur (2008) et La Belle HĂ©lĂšne (2012), leur dernier avatar s’appelle ici Don Quichotte. CrĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra-ThĂ©Ăątre de Metz (janvier 2015), le spectacle rĂ©pĂšte tout un systĂšme dĂ©jĂ  observĂ© dans les rĂ©alisations antĂ©rieures. Grotesque et burlesque, gags et incidents faussement imprĂ©vus (dont la Duchesse hystĂ©rique suspendue au dessus de la scĂšne) revisitent ainsi une partition emblĂ©matique du Concert Spirituel et de son fondateur et chef volontiers provocateur (mais pas toujours trĂšs fin), … HervĂ© Niquet : le chef dirige son collectif prĂȘt Ă  le suivre dans le comique gentillet, avec lequel au dĂ©but de l’aventure musicale, il avait dĂ©jĂ  abordĂ© cette partition Ă©clectique depuis 1988 : c’est donc la reprise d’un ouvrage emblĂ©matique des interprĂštes ici rĂ©unis qui Ă  Versailles, sous les ors de la sublime salle de l’opĂ©ra Gabriel, pur style Louis XV, vivent comme une maniĂšre de …. consĂ©cration.

Lorrain de naissance, Joseph Bodin de Boismortier (1689-1755) sait pĂ©nĂ©trer les salons de l’Ă©lite parisienne (grĂące Ă  une solide rĂ©putation de faiseur de Sonates raffinĂ©es (plusieurs livres de Sonates pour flĂ»tes et cantates, Ă©ditĂ©es et prisĂ©es Ă  Paris) ; il sait aussi imposer un tempĂ©rament taillĂ© pour le drame et la comĂ©die comme chef d’orchestre aux Foires Saint-Laurent (citĂ©e dans le spectacle Ă  Versailles) et Saint-Germain, dans ses trois opĂ©ras-ballets : Les voyages de l’Amour (1736), Daphnis et Chloé (1747) et donc ce Don Quichotte chez la Duchesse (crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra-Comique en fĂ©vrier 1743, soit Ă  une Ă©poque oĂč Rameau ne tarde pas Ă  ĂȘtre reconnu comme le compositeur le plus important de son temps, et donc nommĂ© compositeur officiel de la Cour de Louis XV… en 1745). Le livret signĂ© du gĂ©nial Charles-Simon Favart, auteur du sublime Arlequin-Dardanus de 1740 ou La Querelle des ThĂ©Ăątres, ou la Veuve d’EphĂšse (VOIR notre clip vidĂ©o), rassemble toutes les pĂ©ripĂ©ties et les sĂ©quences d’une perle bouffone dans le pur esprit parisien de la Foire. A la façon des grandes enchanteresses et magiciennes amoureuses que l’OpĂ©ra met en scĂšne, la Duchesse reçoit ici Quichotte, et souhaite le retenir en suscitant une sĂ©rie de tableaux illusoires propre Ă  capter sa curiositĂ©, saisir et capturer sa ridicule loyautĂ© Ă  DulcinĂ©e… HystĂ©rique, colĂ©rique, la Duchesse ne cesse de sĂ©duire le chevalier espagnole et voudrait l’Ă©pingler Ă  son tableau de chasse. Mais face Ă  l’imagination dĂ©bordante et dĂ©lirante de la sĂ©ductrice, le chevalier illuminĂ©, demeure fidĂšle Ă  DulcinĂ©e. Sa constance est saluĂ©e dans une conclusion oĂč les petits esprits critiques cĂ©lĂšbrent une telle constance.

HervĂ© Niquet depuis 1988, avait repris Don Quichotte en version scĂ©nique en 1996, avant la tournĂ©e 2014/2015 comptant plusieurs lieux comme ici Ă  Versailles, dans l’Ă©crin trĂšs officiel de l’OpĂ©ra royal. Ce qui fonctionnait mieux chez Arthur, s’Ă©puise dans ce Quichotte dont le grille de lecture rĂ©pĂšte les procĂ©dĂ©s dĂ©jĂ  vus : dĂ©calages, gags hors musique et pitreries potaches (le chef chante mĂȘme en attendant le train…. sifflet en bouche; puis joue la comĂ©die en costume grandguignol : d’abord en Quichotte lui-mĂȘme, refusant d’ailleurs au dĂ©but de rendre la lance du chevalier, puis en torĂ©ador des faubourgs), exacerbation du comique (originellement parodique chez Boismortier). Ravi d’ĂȘtre surpris et parfois dĂ©contenancĂ©, le public, s’encanaille, surpris et amusĂ© de voir un maestro se parodier lui-mĂȘme (qui prend prĂ©texte du thĂ©Ăątre et du divertissement dans l’opĂ©ra pour offrir plusieurs parodies symphoniques, intermĂšdes divers et totalement dĂ©lurĂ©s pour combler un vide dans le dĂ©roulement de la soirĂ©e). Est-ce que cela sert pour autant la lisibilitĂ© de la partition ? Pas vraiment. Mais le narcissisme des interprĂštes lui est exposĂ©, valorisĂ©, flattĂ© (on sait jouer nous madame). Mais alros que l’entrain bas son plein, on aurait souhaitĂ© alors plus de dĂ©lire dans l’opposition bon enfant et la concurrence complice Ă  laquelle se livrent le chef en fosse et le Duc/Dino.
Pourtant la verve est bien prĂ©sente (et se suffit Ă  elle-mĂȘme) dans une partition qui cisĂšle des mĂ©lodies prenantes, avec une prĂ©cision et un raffinement que n’auraient pas reniĂ© les grands baroques français, dont Rameau ou Dauvergne. PrĂ©cisĂ©ment Boismortier connaĂźt son Rameau : son sens dramatique, l’Ă©conomie et l’intelligence dans l’enchaĂźnement des Ă©pisodes : poĂ©tiques, satiriques, graveleux, hĂ©roĂŻques et sentimentales… convainquent absolument. Le compositeur maĂźtrise sans rĂ©serve les enjeux du thĂ©Ăątre.

 

 

Hervé Nique en perte de poésie ressuscite le joyau de Boismortier

Gags et saillies potaches font-ils un spectacle complet ?

boismortier niquet donquichotte-ot-metz-metropole-2015-4295

Osons dire que le geste du chef depuis 1988 et 1996 s’est …. caricaturĂ© : nerveux, tranchant, vif pas toujours trĂšs articulĂ©, parfois droit et martial; plutĂŽt prĂ©cipitĂ© et expĂ©ditif. Comme on aurait aimĂ© plus de tendresse, de sensualitĂ© trouble, de douceur, de mystĂšre. De poĂ©sie. Certes mĂȘme si le sujet reste majoritairement comique, la musique et certains passages auraient gagnĂ© Ă  ĂȘtre plus mĂ©lancoliques et introspectifs : comme par exemple, le solo de la Duchesse parodiant un air pastoral de Rameau (avec flĂ»te obligĂ©e), assise sur sa balançoire, portĂ©e par un angĂ©lisme tendre et sĂ©ducteur : pour se jouer de la naĂŻvetĂ© (et de la loyautĂ©) du Chevalier Quichotte, la duchesse aimerait tant le dĂ©griser et le sĂ©duire pour qu’il soit enfin infidĂšle Ă  sa DulcinĂ©e, si souvent sollicitĂ©e… A trop vouloir nous dĂ©montrer la saveur facĂ©tieuse de l’ouvrage, le chef tend Ă  en rĂ©duire la perception, car Boismortier est aussi ambivalent que Rameau : comique et nostalgique. Favart a façonnĂ© un livret plein de pĂ©ripĂ©ties dont les astuces visuelles et les Ă©pisodes dramatiques annoncent indiscutablement et Monty Pyhton et aussi la comĂ©die musicale française (d’ailleurs, le choeur n’hĂ©site pas Ă  basculer l’un des divertissements dans une parodie Ă  la Michel Legrand). Autre rĂ©ussite incontestable la traversĂ©e sur un cheval de bois (Ă  bascule) des deux hĂ©ros (Quichotte et Pancha) qui yeux bandĂ©s Ă©prouvent une sĂ©rie d’Ă©pisodes spectaculaires, musicalement finement caractĂ©risĂ©s (tempĂȘte et chevauchĂ©e avant de vaincre un monstre, nain puis gĂ©ant…).

boismortier critique compte re rendu critique concert classiquenews_don-quichotte-montPourtant on remarque illico les beautĂ©s de cette partition mĂ©connue, qui prĂ©figure par son intelligence et son acuitĂ© dramatique, les meilleures perles de l’opĂ©ra comique Ă  venir : ouverture dense, vitalitĂ© des contrastes poĂ©tiques d’un tableau Ă  l’autre, chaconne finale… Parmi les joyaux de cette rĂ©vĂ©lation, retenons l’air de conclusion de la Japonaise dĂ©fendu par la soprano Chantal Santon dont la voix ample et agile, brillante et charnue, malgrĂ© son articulation encore perfectible convainc, sĂ©duit, saisit mĂȘme par son brio dĂ©lirant et nuancĂ©. La soprano incarne une Duchesse dĂ©jantĂ©e, prĂȘte Ă  tout pour dĂ©niaiser le preux mystique dont la fidĂ©litĂ© Ă  DulcinĂ©e l’agace prodigieusement. Chantal Santon est le pilier de cette vision dĂ©lirante et rien que comique. HĂ©las, l’autre protagoniste qui devait ĂȘtre un pilier lui aussi, François-Nicolas Geslot, déçoit continĂ»ment : faiblesse de sa prĂ©sence scĂ©nique, voix Ă  la ligne alĂ©atoire aux aigus tendus et serrĂ©s, surtout style et intonation uniformes d’un bout Ă  l’autre, son Quichotte pas assez humain, trop caricatural, est le maillon faible de la production. Visiblement la soirĂ©e de la captation n’Ă©tait pas le soir du tĂ©nor.

Parmi les autres rĂŽles : distinguons le Pancha trĂšs vocal et bien chantant de Marc Labonnette ; comme l’excellent Merlin de Virgile Ancely ; la paysanne de Marie-Pierre Wattiez (qui chantait le rĂŽle dĂ©jĂ  en 1996 : c’est elle que l’on fait passer pour DulcinĂ©e pour fixer Quichotte Ă  la Cour ducale. Son parler vrai et son dialecte de vraie maraĂźchĂšre du village produisent le contraste idĂ©al avec le monde hĂ©roĂŻque hĂ©bĂ©tĂ© de Quichotte ; l’amante d’Agathe Boudet au charme bien trempĂ© qui Ă©lĂšve le niveau scĂ©nique souvent potache. Le berger sĂ©ducteur et lascif du sopraniste Charles Barbier... En duc, le corĂ©alisateur de la mise en scĂšne Dino soi-mĂȘme, dans un rĂŽle parlĂ©, affirme un naturel sĂ»r et trĂšs rodĂ©, une bĂȘte de scĂšne, faussement benĂȘt, possĂ©dant un vrai mĂ©tier thĂ©Ăątral. Indiscutable.

Dans une mise en scĂšne aux costumes gĂ©nĂ©reux, et contrastes dramatiques favorisĂ©s, la production sait sĂ©duire le public, souvent de façon un rien racoleuse. L’inattendu nĂ© de la prĂ©sence des comiques dĂ©lirants dans un thĂ©Ăątre baroque raffinĂ©, peut sĂ©duire. N’empĂȘche on a dĂ©jĂ  vu tout cela, et les ficelles de ce comique potache dĂ©tourne l’attention du public des vraies attraits d’une partition savoureuse, plus raffinĂ©e et ambivalente qu’il n’y paraĂźt. MalgrĂ© l’excellente Chantal Santon, notre apprĂ©ciation est donc rĂ©servĂ©e.

DVD, compte rendu, critique. Joseph Bodin de Boismortier : Don Quichotte chez la duchesse.
Ballet comique en trois actes, livret de Charles-Simon Favart
CrĂ©Ă© Ă  l’AcadĂ©mie royale de musique, le 12 fĂ©vrier 1743

Mise en scĂšne : Corinne et GIlles Benizio
DĂ©cors : Daniel Bevan
Costumes : AnaĂŻs Heureaux et Charlotte Winter
LumiĂšres : Jacques Rouveyrollis
Chorégraphie : Philippe Lafeuille

Don Quichotte : François-Nicolas Geslot
Sancho Pança : Marc Labonnette
Altisidore / La Reine du Japon : Chantal Santon-Jeffery
Montésinos / Merlin / Le Traducteur: Virgile Ancely
La Paysanne : Marie-Pierre Wattiez
Une Amante / Une Suivante : Agathe Boudet
Un Amant : Charles Barbier

Le Concert Spirituel
Hervé Niquet, direction

Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles en fĂ©vrier 2015. 1 dvd Alpha.

Compte rendu, concert. Montpellier, le 17 juillet 2015. Boismortier : Don Quichotte chez la duchesse. Le Concert Spirituel, Hervé Niquet.

Pour les vacanciers et baroudeurs de juillet, Montpellier est avant tout la plage
 Palavas-les-Flots, Carnon ou La Grande Motte attirent dans les pourtours mĂ©diterranĂ©ens. Et pourtant aussi Montpellier, c’est une ville-Ă©tat mĂ©diĂ©vale, la Place Royale du Peyrou, la toute premiĂšre universitĂ© de MĂ©decine, le MusĂ©e Fabre et, bien entendu, la musique. 30 ans sont passĂ©s vite pour le Festival de Radio France et Montpellier. Source de crĂ©ations, de rĂ©surrections, de rĂ©vĂ©lations, le Festival de Montpellier est devenu en trois dĂ©cennies l’aorte musicale des Ă©tĂ©s MĂ©diterranĂ©ens. Cette annĂ©e, Montpellier accueillait Ă  l’OpĂ©ra-ComĂ©die et au Corum, la fine fleur des ensembles et des voix. Avec deux recrĂ©ations du XIXĂšme siĂšcle et deux rĂ©surrections baroques, la 30Ăšme Ă©dition a assurĂ© les surprises.

 

 

 

Festival de Radio France et Montpellier : la trentaine florissante !

 

 

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Le Rire. L’OpĂ©ra-ComĂ©die accueillait la production de Don Quichotte chez la Duchesse de Joseph Bodin de Boismortier, dans une reprise des productions de Metz et de l’OpĂ©ra Royal de Versailles. Cette mouture, est la deuxiĂšme incursion de Corinne et Gilles Benizio dans l’opĂ©ra baroque aprĂšs le fastueux King Arthur de Purcell, toujours avec le Concert Spirituel et HervĂ© Niquet. Ce couple venant du thĂ©Ăątre est plus connu par leurs sketches grimĂ©s en Shirley et Dino. Mythiques dans le panthĂ©on populaire, Corinne et Gilles Benizio offrent une vision pointilleuse et lĂ©gĂšre du spectacle lyrique. Que l’on ne s’y mĂ©prenne pas, cette vision nous a semblĂ© juste et aboutie, la potion magique dont avait sacrĂ©ment besoin la fatuitĂ© de la scĂšne opĂ©ratique.  Quand on parle de comĂ©die, en France, souvent ça sonne faux aux oreilles des publics vieillissants et conservateurs. La comĂ©die, n’en dĂ©plaise, n’est pas simplement l’apanage des longues tirades de Lope de Vega ou des facĂ©ties de MoliĂšre ou autres Goldoni voire Ionesco ou Fo. Le propre du comique est de grossir les traits et dĂ©montrer par le rire que la vie n’est qu’une suite de ridicules, voulus ou pas; la gravitĂ© est un acte manquĂ© de la vie. Pour vivre en paix, il faut savoir rire, et surtout rire de soi.

boismortier don quichotte chez la duchesse Opera-ballet-La-rejouissante-exuberance-de-Don-Quichotte-chez-la-duchesse_article_popinDon Quichotte chez la Duchesse, avec un livret du grandiose Charles-Simon Favart, est une fable intĂ©ressante, issue du dĂ©lirant chevalier de Cervantes. Favart et Boismortier ont fignolĂ© un Ă©pisode efficace proche du thĂ©Ăątre de l’absurde.  Ce gĂ©nial tandem a crĂ©Ă© un objet unique, qui nous offre l’opportunitĂ© de veiller Ă  ne pas sombrer dans la folie du sĂ©rieux et rire de nous mĂȘmes. Favart et Boismortier ont tirĂ© les leçons essentielles du Don Quichotte de Cervantes, dans cette production Corinne et Gilles Benizio aussi. Ils ont accompli, avec respect, ce que d’autres membres de “l’establishment” lyrique auraient pu rendre lourd et pontifiant ; ils nous ont rendu le Quijote originel de Cervantes, celui qui brave le ridicule pour servir la cause de l’amour. Dans cette mise en scĂšne, Corinne et Gilles Benizio nous ont fait sentir leur amour profond pour la musique lyrique. Merci Ă  eux.

A leurs cĂŽtĂ©s, HervĂ© Niquet se prĂȘte au plaisir de divertir et de jouer un rĂŽle plus que musical dans la production. Il interpelle tellement il joue bien. Musicalement, le Concert Spirituel dĂ©ploie toutes les couleurs dignes de cette oeuvre, alliant l’exotisme, la parodie, l’enthousiasme et, quelque fois un hĂ©roĂŻsme dramatique Ă  la Française.

CĂŽtĂ© voix, Emiliano Gonzalez Toro remplace François Nicolas Geslot. Il incarne un Quichotte lunaire, trĂšs Ă  mĂȘme de grimer la folie, ayant un sens du comique tout en subtilitĂ©. La voix est grande et belle, avec des moments de pure beautĂ© qui mettent en avant la musique inspirĂ©e de Boismortier.

Chantal Santon, sublime en Virago et en enchanteresse dĂ©guisĂ©e. Sa voix pourfend telle une Ă©pĂ©e d’argent les difficultĂ©s semĂ©es par Boismortier et s’en tire avec de l’or patinĂ© dans les graves, un torrent diamantin dans les aigus.

Les deux loufoques Sancho et Merlin, campés par Marc Labonnette et Joao Fernandes sont enivrants de drÎlerie comme stupéfiants de talent dans les airs.

Camille Poul et Charles Barbier sont charmants ; ils ajoutent une belle cerise sur ce délicieux dessert lyrique.

Les danseurs de la Compagnie La Feuille d’Automne de Philippe Lafeuille ajoutent la grĂące, l’humour et la beautĂ© Ă  cette production trĂšs complĂšte.

Il est insoutenable de ne pas rire et d’apprĂ©cier ce Don Quichotte qui nous revient d’un extraordinaire voyage dans le temps. Mais pour les quelques dĂ©tracteurs Ă  la censure facile, nous rĂ©pondrons la belle phrase de l’Ingenioso Hidalgo de Cervantes: “Sancho, los perros ladran, quiere decir que vamos avanzando.” (“Sancho, les chiens aboient, ça veut dire qu’on avance ».)

Compte rendu, concert. Montpellier, le 17 juillet 2015. Boismortier : Don Quichotte chez la duchesse. Le Concert Spirituel, Hervé Niquet.

Don Quichotte – Emiliano Gonzalez Toro
Sancho Pança – Marc Labonnette
Altisidore/ La Duchesse/La reine du Japon – Chantal Santon Jeffery
Montesinos/Merlin / Le traducteur – Joao Fernandes
Le Duc / Le Japonais – Gilles Benizio (“Dino”)
La Danseuse espagnole – Corinne Benizio (“Shirley”)
Une paysanne, Une Amante, Le “Joli sapajou” – Camille Poul
Un Amant – Charles Barbier

Mise en scĂšne – Corinne et Gilles Benizio (alias Shirley et Dino)
ChorĂ©graphie – Philippe Lafeuille
DĂ©cors – Daniel Bevan
LumiĂšres – Jacques Rouveyrollis
Costumes – Charlotte Winter & AnaĂŻs Heureaux

Le Concert Spirituel, dir. Hervé Niquet
Cie La Feuille d’Automne

 

 

France Musique. Concert Richard Strauss par Chailly, le 14 janvier 2015, 14h.

richard-strauss-102~_v-image360h_-ec2d8b4e42b653689c14a85ba776647dd3c70c56logo_francemusiqueFrance Musique. Concert Richard Strauss par Chailly, le 14 janvier 2015, 14h. Au programme : 3 piĂšces orchestrales de Richard Strauss : les poĂšmes Symphoniques, Mort et transfiguration, Tod und verklĂ€rung opus 24, Till l’EspiĂšgle et Don Quixote opus 35. Le concert dirigĂ© par Riccardo Chailly (Gewandhaus de Leipzig, juin 2014 pour le centenaire Strauss)… est copieux en soulignant la verve et le lyrisme parfois exubĂ©rant du symphoniste Richard Strauss. C’est bien le plus grand compositeur pour l’orchestre avec Mahler Ă  l’extrĂȘme fin du XIXĂš et au tout dĂ©but XXĂš. D’autant que ses expĂ©rimentations prĂ©parent ici Ă  l’aventure lyrique qui suit, l’une des plus passionnantes de la premiĂšre moitiĂ© du XXĂšme siĂšcle. En regroupant 3 poĂšmes symphoniques de Strauss, Riccardo Chailly dĂ©voile l’inspiration et la maĂźtrise du compositeur bavarois dans un genre qu’il a servi mieux que personne Ă  son Ă©poque. Au tĂ©nĂ©briste et introspectif Mort et transfiguration rĂ©pondent la verve tendre des deux sommets pour l’orchestre que sont Till l’EspiĂšgle et Don Quichotte dont Strauss fait deux hĂ©ros, le premier Ă  l’inĂ©narrable fureur de vivre, le second d’une humanitĂ© dĂ©risoire puis philosophe.

Mort et transfiguration est nĂ© de la pure imagination d’un Strauss bercĂ© par les rĂȘves et les passions romantiques. Rien donc d’autobiographique dans cette expĂ©rience musicale de la mort, Ă©prouvĂ©e selon le sujet narrĂ© par Romain Rolland par un mourant sur son lit d’agonie : alors qu’expirant, le malade angoisse mais rĂȘve aussi et songe Ă  son enfance, aux exploits de la maturitĂ© comme aux dĂ©sirs non encore exaucĂ©s, la mort surgit enfin en criant “halte”. AprĂšs une lutte inĂ©gale, le mourant succombe et du ciel rĂ©sonne sa rĂ©mission tant attendue sur les mots prononcĂ©s telle une dĂ©livrance : “RĂ©demption, transfiguration”.
Strauss voulait prolonger comme un exercice et un dĂ©fi personnel, les trouvailles rĂ©alisĂ©es par ses poĂšmes prĂ©cĂ©dents : Macbeth (dĂ©but et fin en rĂ© mineur), Don Juan (mi majeur initial mais mi mineur final) auquel rĂ©pond ainsi la performance nouvelle de Mort et RĂ©surrection dĂ©butant en ut mineur mais s’achevant dans la lumiĂšre souveraine et spirituelle de l’ut majeur. ComposĂ©e entre 1887 et 1888, la partition est crĂ©Ă©e le 21 juin 1890 sous la direction de Strauss Ă  Eisenach. Et dĂ©jĂ  le critique Eduard Hansslick pouvait anticiper le succĂšs lyrique de Strauss en avouant son admiration pour cette Ɠuvre qui mĂšne droit sur la voie du drame en musique. DurĂ©e : 25 ou 26 mn selon les versions.

Till Eulenspiegel, Till l’EspiĂšgle, opus 28. Le Till dont s’empare Strauss n’a ni la superbe hĂ©roique du hĂ©ros historique, paysan agitateur au XIVĂš en Allemange du nord et qui meurt de la peste noire. Ce n’est pas non plus ce glorieux rebelle opposĂ© Ă  Charles Quint dans les Flandres soumises aux Habsbourg… Rien de cela, mais la figure archĂ©typale d’un luron facĂ©tieux et provocateur, lutin sĂ©ditieux qui sous les coup d’un orchestre vengeur et moral, meurt sur le gibet.
Le forme du rondeau revendiquĂ© par Strauss, alternant refrain et couplet, structure toute la narration du poĂšme, comme des Ă©pisodes trĂšs identifiĂ©s. ComposĂ© en 1895, la partition est crĂ©Ă©e Ă  Cologne en novembre de la mĂȘme annĂ©e, puis Munich et Vienne (janvier 1896) par Strauss et Richter, suscitant un immense succĂšs : lĂ  encore la verve dramatique du conteur Strauss galvanise les esprits et offre Ă  l’orchestre, l’une de ses partitions romantiques les plus virtuoses. DurĂ©e : 14 ou 15 mn selon les versions : c’est le poĂšme symphonique le plus court du catalogue straussien.

La Femme sans ombre de Richard StraussDon Quichotte / Don Quixote opus 35 est composĂ© d’abord Ă  Florence dĂšs octobre 1896 puis n’est pleinement achevĂ© qu’en dĂ©cembre 1897. Si les crĂ©ations allemandes (Cologne puis Francfort sur le Main par Strauss en mars 1898) sont favorables, la crĂ©ation parisienne aux Concerts Lamoureux en 1900, indigne l’assistance (tĂ©moignage de Romain Rolland), par son caractĂšre bouffon et comique qui renoue avec la vitalitĂ© insolente et si exaltante/tĂ©e de Till l’EspiĂšgle. En 1900, Ă  33 ans, Strauss est au sommet de ses possibilitĂ©s : il obtient tout ce qu’il veut de l’orchestre dont il fait le miroir prĂ©cis et enivrant des moindre nuances de l’Ăąme humaine. Strauss dĂ©veloppe une fantaisie dĂ©bridĂ©e et fantastique sur le sujet chevaleresque : le violoncelle solo incarne l’antihĂ©ros Ă  la triste figure qui semble par sa tendresse Ă©pique et son hĂ©roĂŻsme dĂ©calĂ©, incarner la dĂ©risoire destinĂ©e des hommes. L’alto de Sancho Pancha lui donne la rĂ©plique. En auteur cultivĂ© et raffinĂ©, donc moins provocateur lui-mĂȘme que ce qui a Ă©tĂ© dit et Ă©crit sur la partition, Strauss cite Cervantes Ă  l’entrĂ©e de chaque tableau. En tout 9 variations qui expriment plus qu’elles n’illustrent le souffle de la fable Ă  la fois hilarante et tragique, comique et sentimentale du Chevalier Ă©conduit et vaincu… La belle DulcinĂ©e, l’IdĂ©al, le dernier combat contre le chevalier de la blanche lune,… la partition n’omet aucun des grands combats de la vie d’un idĂ©aliste inspirĂ© voire hallucinĂ©. La fin est troublante et d’une grandeur tragique irrĂ©sistible : aprĂšs sa dĂ©faite, Don Quichotte renonce Ă  tout, devient berger et philosophe, voit sa mort et accepte la dĂ©livrance finale sur l’accord de rĂ© majeur. ApothĂ©ose orchestrale inouĂŻe d’un soldat de la vie qui a gagnĂ© l’Ă©ternitĂ© du salut. Bavard mais sincĂšre, contrastĂ© et pĂ©tillant mĂȘme mais profond, Strauss signe dans Don Quichotte sa meilleure oeuvre symphonique concertante, offrant au genre du poĂšme symphonique, une ampleur de vue, une justesse poĂ©tique rarement aussi bien rĂ©ussies. Attention chef d’oeuvre ! Et pour tout amateur de symphonisme, une expĂ©rience exaltante. DurĂ©e : Entre 38 et 40 mn selon les versions. On sait la passion de Karajan pour cette Ɠuvre qu’il en a enregistrĂ© Ă  plusieurs reprises : c’est dire l’hommage immense du chef au compositeur. Karajan en digne interprĂšte fait de la partition et du mythe chevaleresque, une odyssĂ©e  symphonique existentielle dont les rebonds et ressentiments s’expriment dans le chant de l’orchestre.

richard-strauss-102~_v-image360h_-ec2d8b4e42b653689c14a85ba776647dd3c70c56logo_francemusiqueFrance Musique. Concert Richard Strauss par Chailly, le 14 janvier 2015, 14h. Au programme : 3 piĂšces orchestrales de Richard Strauss : les poĂšmes Symphoniques, Mort et transfiguration, Tod und verklĂ€rung opus 24, Till l’EspiĂšgle et Don Quixote opus 35.

Télé,Arte, ce soir: Don Quichotte de Noureev, 20h45

Télé,Arte, ce soir: Don Quichotte de Noureev, 20h45

Ballet filmé

Le Don Quichotte de Noureev

Arte, vendredi 4 janvier 2013 Ă  20h50

O6ApuyjMRD_201313SKAU355K9TCervantĂšs inspire Noureev. En 1981, Noureev qui danse le rĂŽle de Basile dans sa nouvelle chorĂ©graphie, entre autres dĂ©jĂ  applaudie alors Ă  l’OpĂ©ra de Vienne, fait entrer le ballet Don Quichotte Ă  l’OpĂ©ra de Paris: c’est un nouveau choc esthĂ©tique, alliant grĂące, ardeur, souplesse, nervositĂ©. Dans les dĂ©cors inspirĂ© de Goya, les Ă©toiles 2012: Karl Paquette, DorothĂ©e Gilbert, Marie-AgnĂšs Gillot et Ludmila Pagliero rĂ©activent la beautĂ© d’un spectacle devenu emblĂ©matique de l’art français de la danse, dĂ©fendu par le Corps de Ballet de l’OpĂ©ra national de Paris.

Don Quichotte. ChorĂ©graphie de Noureev d’aprĂšs Petipa. OpĂ©ra Bastille, dĂ©cembre 2012. Musique Ludwig Minkus. Kevin Rhodes, direction musicale. En lire +