Diana Damrau chante La Traviata aux ChorĂ©gies d’Orange 2016

france3 logo 2014France 3. Verdi : La Traviata, mercredi 3 août 2016,21h30. En direct d’Orange, Diana Damrau se confronte au plein air et à l’immensité du Théâtre Antique pour exprimer l’intimité tragique d’un destin sacrifié : celui de la jeune courtisane parisienne Alphonsine Duplessis, devenue d’Alexandre Dumas fils à Verdi à l’opéra, Violetta Valéry. La diva germanique a déjà chanté à maintes reprises le rôles écrasant de La Traviata (la dévoyée) : à la Scala, et récemment dans la mise en scène finalement très classique et sans poésie de Benoît Jacquot, sur les planches de l’Opéra Bastille : un dvd en témoigne (ERATO, live de juin 2014 : lire notre critique du dvd La Traviata avec Diana Damrau).

GLEYRE-dessin-academiqueTRAVIATA, UN MYTHE SACRIFICIEL… Verdi construit le drame par étape, chacune accablant davantage la prostituée qui entretient son jeune amant Alfredo. L’acte I est toute ivresse, à Paris, dans les salons dorés de la vie nocturne : c’est là que Violetta se laisse séduire par le jeune homme ; au II, le père surgit pour rétablir les bienséances : souhaitant marier sa jeune fille, le déshonneur accable sa famille : Violetta doit rompre avec Alfredo le fils insouciant. A Paris, les deux amants qui ont rompu se retrouvent et le jeune homme humilie publiquement celle qu’il ne voit que comme une courtisane (il lui jette à la figure l’argent qu’il vient de gagner au jeu) ; enfin au III, mourante, au moment du Carnaval, retrouve Alfredo mais trop tard : leur réconciliation finale scelle le salut et peut-être la rédemption de cette Madeleine romantique. En épinglant l’hypocrisie de la morale bourgeoise, Verdi règle ses comptes avec la lâcheté sociale, celle qu’il eut à combattre alors qu’il vivait en concubinage avec la cantatrice Giuseppina Strepponi : quand on les croisait dans la rue, personne ne voulait saluer la compagne scandaleuse. La conception de l’opéra suit la découverte à Paris de la pièce de Dumas en mai 1852. L’intrigue qui devrait se dérouler dans la France baroque de Mazarin, porte au devant de la scène une femme de petite vertu mais d’une grandeur héroïque bouleversante. Figure sacrificielle, Violetta est aussi une valeureuse qui accomplit son destin dans l’autodétermination : son sacrifice la rend admirable. Le compositeur réinvente la langue lyrique : sobre, économe, directe, et pourtant juste et intense. La grandeur de Violetta vient de sa quête d’absolu, l’impossibilité d’un amour éprouvé, interdit. Patti, Melba, Callas, Caballe, Ileana Cotrubas, Gheorghiu, Fleming, récemment Annick Massis ou Sonya Yoncheva ont chanté les visages progressifs de la femme accablée mais rayonnante par sa solitude digne. L’addio del passato au II, qui dresse la sacrifiée contre l’ordre moral, est le point culminant de ce portrait de femme à l’opéra. Un portrait inoubliable dans son parcours, aussi universel que demeure pour le genre : Médée, et avant elle Armide et Alceste, puis Norma. Femme forte mais femme tragique.

damrau-diana-traviata-bastille-575Le timbre rond et agile de la coloratoure doit ici exprimer l’intensitĂ© des trois actes qui offre chacun un Ă©pisode contrastĂ© et caractĂ©risĂ©, dans la vie de la courtisane dĂ©voyĂ©e : l’ivresse insouciante du premier acte oĂą la courtisane dĂ©jĂ  malade s’enivre d’un pur amour qui frappe Ă  sa porte (Alfredo); la douleur ultime du sacrifice qui lui est imposĂ© au II (Ă  travers la figure Ă  la fois glaçante et paternelle de Germont père); enfin sous une mansarde du Paris romantique, sa mort misĂ©rable et solitaire au III. Soit 3 visages de femme qui passent aussi par une palette de sentiments et d’affects d’un diversitĂ© vertigineuse. C’est pour toutes les divas sopranos de l’heure, – et depuis la crĂ©ation de l’opĂ©ra Ă  la Fenice de Venise en mars 1853, un dĂ©fi autant dramatique que vocale, dĂ©voilant les grandes chanteuses comme les grandes actrices. La distribution des ChorĂ©gies d’Orange 2016 associe Ă  Diana Damrau dans le rĂ´le-titre, Francesco Meli (Alfredo), Placido Domingo (Germont père). Daniele Rustioni, direction musicale. Louis DĂ©sirĂ©, mise en scène.

En direct sur France 3 et culturebox, mardi 3 août 2016 à 21h30. A l’affiche du Théâtre Antique, également le 6 août 2016 à 21h30.

Publications. OpĂ©ra magazine n°117 – mai 2016. En couverture DIANA DAMRAU

opera magazine mai 2016 sommaire couverture presentation par classiquenews CLIC de classiquenews 117Publications. OpĂ©ra magazine n°117 – mai 2016. En couverture, Grand Entretien : La soprano Diana Damrau en vedette… Printemps et Ă©tĂ© 2016 sous le signe du bel canto pour la cantatrice allemande… Ă€ peine sortie d’une nouvelle production de Lucia di Lammermoor, au Covent Garden de Londres, elle retrouve l’hĂ©roĂŻne de Donizetti pour une mini-tournĂ©e du Teatro Regio de Turin, qui fera Ă©tape au Théâtre des Champs-ÉlysĂ©es, le 27 mai. Puis, Ă  partir du 14 juillet, elle sera Elvira dans I puritani, au Teatro Real de Madrid, avant d’incarner, les 3 et 6 aoĂ»t, Violetta dans La traviata, aux ChorĂ©gies d’Orange. Un rĂ´le qu’elle a dĂ©jĂ  aborder sur la scène de l’OpĂ©ra Bastille dans la mise en scène de BenoĂ®t Jacquot…

CREATION, Rencontres

Peter Eötvös : Les 15 et 17 mai 2016, première mondiale scénique à avignon : le compositeur hongrois dirige Senza sangue, l’opéra qu’il a écrit pour servir de première partie au Château de Barbe-Bleue de Bel Bartok. Un événement à ne pas manquer, d’autant que Peter Eötvös sera également au pupitre, après l’entracte, du chef-d’œuvre de Bela Bartok.

Mariane Clément : À partir du 8 mai, à Strasbourg, puis du 3 juin, à Mulhouse, l’Opéra National du Rhin affiche, en création française, le deuxième opéra de Wagner. Longtemps méprisé, bien à tort, Das Liebesverbot (La Défense d’aimer) semble jouir désormais d’un regain de faveur.

Jean-Yves Rux : À partir du 17 mai, l’Opéra de Dijon redonne sa chance à Médée, le plus célèbre opéra de Luigi Cherubini, en français comme à sa création, en 1797, et avec l’alternance de morceaux chantés et de passages parlés. Il s’agira de la septième mise en scène lyrique de Jean-Yves Ruf.

Jeune talent : le baryton français Guillaume Andrieux… Les 10 et 12 mai, Ă  l’OpĂ©ra de Limoges, le baryton français, nommĂ© aux Victoires de la Musique classique 2016 dans la catĂ©gorie « RĂ©vĂ©lation artiste lyrique », reprend le rĂ´le du Chanteur de sĂ©rĂ©nades dans Les Caprices de Marianne de Sauguet, en tournĂ©e avec le CFPL. VOIR PellĂ©as et MĂ©lisande et  Aben Hamet dirigĂ© par Jean-Claude Malgoire avec Guillaume Andrieux, entretiens vidĂ©os avec Guillaume Andrieux : reportages vidĂ©os exclusifs classiquenews.com

Reportage : Un nouveau Mitridate à Bruxelles. Du 5 au 19 mai 2016, la Monnaie propose une nouvelle production du premier chef-d’œuvre serio de Mozart, dans le théâtre éphémère flambant neuf érigé sur le site de Tour & Taxis, qui accueillera ses spectacles jusqu’à la fin des travaux de rénovation du bâtiment historique. Opéra Magazine a suivi les premières répétitions, conduites par le duo de metteurs en scène Jean-Philippe Clarac/Olivier Deloeuil, choisi à l’issue d’un concours où s’étaient présentés quelque 110 candidats.

In memoriam : Nikolaus Harnoncourt. Disparu le 5 mars dernier, le chef autrichien a marqué de son empreinte l’histoire de l’interprétation, en particulier, pour ce qui concerne l’opéra, de Monteverdi et Mozart. Un legs aussi imposant qu’inégal, à la fois génial et irritant, qui a l’immense mérite de ne jamais laisser indifférent.

Comptes rendus

Les scènes, concerts et récitals.

Guide pratique

La sélection CD, DVD, livres et l’agenda international des spectacles.

OpĂ©ra magazine n°117 – mai 2016 : en couverture : la soprano Diana Damrau. Parution : mercredi 4 mai 2016. 

Les Pêcheurs de Perles au Met et au cinéma

CinĂ©ma. En direct du Met, aujourd’hui, 16 janvier 2016, 18h55. Bizet:Les PĂŞcheurs de perles. Avec Diana Damrau, soprano vedette, rĂ©cente Traviata sur la scène de l’OpĂ©ra Bastille, qui chante donc LeĂŻla – la grande prĂŞtresse hindoue, la nouvelle production des PĂŞcheurs de Perles de Bizet crĂ©e outre Atlantique, l’Ă©vĂ©nement lyrique de ce dĂ©but d’annĂ©e 2016, comme La Scala le 7 dĂ©cembre 2015 avait crĂ©Ă© l’Ă©vĂ©nement grâce Ă  la diva austro russe Anna Netrebko dans le rĂ´le de Giovanna d’Arco sous la direction de Riccardo Chailly.

En direct du Metropolitan Opera de New York

Les Pêcheurs de Perles au cinéma

pecheurs perles bizet diana damrau metropolitan opera new york cinemaEn janvier 2016, le Metropolitan Opera de New York affiche donc The Pearl fischers – Les PĂŞcheurs de Perles, opĂ©ra orientaliste de Georges Bizet, futur auteur de l’espagnolade lyrique, Carmen, d’après MĂ©rimĂ©e. Les PĂŞcheurs de Perles n’avaient pas Ă©tĂ© produits sur la scène new yorkaise depuis 100 ans. CrĂ©Ă© en 1863, et donc propre Ă  l’esthĂ©tique Ă©clectique et nĂ©o-orientale du Second Empire,  Les PĂŞcheurs de Perles convoque le rĂŞve indien oĂą deux hommes au dĂ©but liĂ©s par un pacte d’amitiĂ© (Zurga, chef des pĂŞcheurs, baryton) et Nadir qui revient d’un long pĂ©riple (tĂ©nor), se retrouvent rivaux, dĂ©sirant la mĂŞme femme LeĂŻla, devenue prĂŞtresse vouĂ©e Ă  la chastetĂ©, dont ils ne devaient tous deux jamais s’Ă©prendre. Après maintes pĂ©ripĂ©ties, oĂą Zurga, rongĂ© par la jalousie, les dĂ©nonce puis les dĂ©fend, enfin, gĂ©nĂ©reux et portĂ© par le pardon, laisse les deux amants fuir le village oĂą ils devaient ĂŞtre brĂ»lĂ©s vifs.

Si Berlioz loue les qualitĂ©s de l’orchestration (particulièrement raffinĂ©e) comme la sĂ©duction de l’inspiration mĂ©lodique (se distinguent entre autres de nombreux airs mĂ©morables : duo Zurga/Nadir (C’est toi… au fond du temple saint), duo Leila/Nadir (Ton cĹ“ur n’a pas compris), sans omettre la fameuse Romance de Nadir (d’une tendresse orientale), la partition tombe dans l’oubli, donnant jour Ă  des versions remaniĂ©es et dĂ©naturĂ©es, enfin Ă©cartĂ©es grâce au travail du musicologue Michel Poupet (1973) qui fixe la version officielle, autographe telle que l’avait conçue Bizet en 1863 (prĂ©sentĂ©e pour la première fois par le Welsh National Opera, Ecosse). Les connaisseurs savent reconnaĂ®tre au-delĂ  de la sĂ©duction musicale qui rend un hommage direct Ă  Gounod (maĂ®tre de Bizet), le clair gĂ©nie lyrique du compositeur, futur auteur de Carmen, quelques 12 annĂ©es plus tard. Jamais Bizet ne fut aussi sĂ©ducteur et sensuel que dans Les PĂŞcheurs de Perles.

Les Pêcheurs de Perles de Bizet au Metropolitan Opera de New York, mise en scène de Penny Woolcock. Durée : 2h30mn, chanté en français.

Cinéma. En direct du Met, le 16 janvier 2016, 18h55. Bizet:Les Pêcheurs de perles. Avec Diana Damrau, dans les salles de cinéma partenaires (réseau pathelive.com)

BizetLes PĂŞcheurs de Perles, qualitĂ©s d’une partition orientaliste. L’oeuvre est le produit de la rencontre entre le directeur du Théâtre Lyrique, LĂ©on Carvalho, dĂ©fenseur des jeunes auteurs pour le théâtre et Georges Bizet (suivront dans le prolongement de leur entente : La Jolie Fille de Perth, et L’ArlĂ©sienne). Carvalho donne sa chance au compositeur prix de Rome : il devra livrer une nouvel opĂ©ra oĂą sur l’île de Ceylan, les deux amis Zurga et Nadir s’opposent malgrĂ© eux puis se rĂ©concilie autour de la belle LeĂŻla. Dès la crĂ©ation, Berlioz loue non seulement le gĂ©nie d’orchestrateur de Bizet (le thème de la dĂ©esse, fixant d’abord le duo prĂ©alable Zurga / Nadir, revient huit fois dans la partition), mais aussi son intelligence dramatique. Ainsi l’éclat du finale du III, avec un chĹ“ur sublime qui annonce la force collective de Carmen, est cĂ©lĂ©brĂ© : le peuple rĂ©clame alors la mort des deux amants maudits, Nadir et LeĂŻla. A contrario de l’enthousiasme de Berlioz, le jeune Chabrier, âgĂ© de 22 ans, non sans jalousie, reproche Ă  Bizet son manque de personnalitĂ© (« le grand dĂ©faut de la musique de Bizet est de manquer de style ou plutĂ´t de les voir tous.. », relevant ici un emprunt Ă  Gounod, FĂ©licien David, et mĂŞme Verdi…). Et de conclure : « en un mot, Bizet n’est presque jamais et nous le voulons lui, car il peut beaucoup sans le secours des autres. ». A sa crĂ©action en 1863, la partition tint l’affiche du Théâtre Lyrique, 18 fois : honnĂŞte succès qui suscita aussi l’enthousiasme d’un Prix de Rome, Emile Paladilhe (« cette partition est très remarquable et bien supĂ©rieure Ă  tout ce que font aujourd’hui Auber, Thomas, Clapisson, Reber…. »). Carvalho reprit l’ouvrage Ă  l’OpĂ©ra Comique en 1893, installant dĂ©sormais l’opĂ©ra au rĂ©pertoire.

 

Les Pêcheurs de Perles au Met et au cinéma

CinĂ©ma. En direct du Met, le 16 janvier 2016, 18h55. Bizet:Les PĂŞcheurs de perles. Avec Diana Damrau, soprano vedette, rĂ©cente Traviata sur la scène de l’OpĂ©ra Bastille, qui chante donc LeĂŻla – la grande prĂŞtresse hindoue, la nouvelle production des PĂŞcheurs de Perles de Bizet crĂ©e outre Atlantique, l’Ă©vĂ©nement lyrique de ce dĂ©but d’annĂ©e 2016, comme La Scala le 7 dĂ©cembre 2015 avait crĂ©Ă© l’Ă©vĂ©nement grâce Ă  la diva austro russe Anna Netrebko dans le rĂ´le de Giovanna d’Arco sous la direction de Riccardo Chailly.

En direct du Metropolitan Opera de New York

Les Pêcheurs de Perles au cinéma

pecheurs perles bizet diana damrau metropolitan opera new york cinemaEn janvier 2016, le Metropolitan Opera de New York affiche donc The Pearl fischers – Les PĂŞcheurs de Perles, opĂ©ra orientaliste de Georges Bizet, futur auteur de l’espagnolade lyrique, Carmen, d’après MĂ©rimĂ©e. Les PĂŞcheurs de Perles n’avaient pas Ă©tĂ© produits sur la scène new yorkaise depuis 100 ans. CrĂ©Ă© en 1863, et donc propre Ă  l’esthĂ©tique Ă©clectique et nĂ©o-orientale du Second Empire,  Les PĂŞcheurs de Perles convoque le rĂŞve indien oĂą deux hommes au dĂ©but liĂ©s par un pacte d’amitiĂ© (Zurga, chef des pĂŞcheurs, baryton) et Nadir qui revient d’un long pĂ©riple (tĂ©nor), se retrouvent rivaux, dĂ©sirant la mĂŞme femme LeĂŻla, devenue prĂŞtresse vouĂ©e Ă  la chastetĂ©, dont ils ne devaient tous deux jamais s’Ă©prendre. Après maintes pĂ©ripĂ©ties, oĂą Zurga, rongĂ© par la jalousie, les dĂ©nonce puis les dĂ©fend, enfin, gĂ©nĂ©reux et portĂ© par le pardon, laisse les deux amants fuir le village oĂą ils devaient ĂŞtre brĂ»lĂ©s vifs.

Si Berlioz loue les qualitĂ©s de l’orchestration (particulièrement raffinĂ©e) comme la sĂ©duction de l’inspiration mĂ©lodique (se distinguent entre autres de nombreux airs mĂ©morables : duo Zurga/Nadir (C’est toi… au fond du temple saint), duo Leila/Nadir (Ton cĹ“ur n’a pas compris), sans omettre la fameuse Romance de Nadir (d’une tendresse orientale), la partition tombe dans l’oubli, donnant jour Ă  des versions remaniĂ©es et dĂ©naturĂ©es, enfin Ă©cartĂ©es grâce au travail du musicologue Michel Poupet (1973) qui fixe la version officielle, autographe telle que l’avait conçue Bizet en 1863 (prĂ©sentĂ©e pour la première fois par le Welsh National Opera, Ecosse). Les connaisseurs savent reconnaĂ®tre au-delĂ  de la sĂ©duction musicale qui rend un hommage direct Ă  Gounod (maĂ®tre de Bizet), le clair gĂ©nie lyrique du compositeur, futur auteur de Carmen, quelques 12 annĂ©es plus tard. Jamais Bizet ne fut aussi sĂ©ducteur et sensuel que dans Les PĂŞcheurs de Perles.

Les Pêcheurs de Perles de Bizet au Metropolitan Opera de New York, mise en scène de Penny Woolcock. Durée : 2h30mn, chanté en français.

Cinéma. En direct du Met, le 16 janvier 2016, 18h55. Bizet:Les Pêcheurs de perles. Avec Diana Damrau, dans les salles de cinéma partenaires (réseau pathelive.com)

BizetLes PĂŞcheurs de Perles, qualitĂ©s d’une partition orientaliste. L’oeuvre est le produit de la rencontre entre le directeur du Théâtre Lyrique, LĂ©on Carvalho, dĂ©fenseur des jeunes auteurs pour le théâtre et Georges Bizet (suivront dans le prolongement de leur entente : La Jolie Fille de Perth, et L’ArlĂ©sienne). Carvalho donne sa chance au compositeur prix de Rome : il devra livrer une nouvel opĂ©ra oĂą sur l’île de Ceylan, les deux amis Zurga et Nadir s’opposent malgrĂ© eux puis se rĂ©concilie autour de la belle LeĂŻla. Dès la crĂ©ation, Berlioz loue non seulement le gĂ©nie d’orchestrateur de Bizet (le thème de la dĂ©esse, fixant d’abord le duo prĂ©alable Zurga / Nadir, revient huit fois dans la partition), mais aussi son intelligence dramatique. Ainsi l’éclat du finale du III, avec un chĹ“ur sublime qui annonce la force collective de Carmen, est cĂ©lĂ©brĂ© : le peuple rĂ©clame alors la mort des deux amants maudits, Nadir et LeĂŻla. A contrario de l’enthousiasme de Berlioz, le jeune Chabrier, âgĂ© de 22 ans, non sans jalousie, reproche Ă  Bizet son manque de personnalitĂ© (« le grand dĂ©faut de la musique de Bizet est de manquer de style ou plutĂ´t de les voir tous.. », relevant ici un emprunt Ă  Gounod, FĂ©licien David, et mĂŞme Verdi…). Et de conclure : « en un mot, Bizet n’est presque jamais et nous le voulons lui, car il peut beaucoup sans le secours des autres. ». A sa crĂ©action en 1863, la partition tint l’affiche du Théâtre Lyrique, 18 fois : honnĂŞte succès qui suscita aussi l’enthousiasme d’un Prix de Rome, Emile Paladilhe (« cette partition est très remarquable et bien supĂ©rieure Ă  tout ce que font aujourd’hui Auber, Thomas, Clapisson, Reber…. »). Carvalho reprit l’ouvrage Ă  l’OpĂ©ra Comique en 1893, installant dĂ©sormais l’opĂ©ra au rĂ©pertoire.

 

Les Pêcheurs de Perles de Bizet au cinéma

CinĂ©ma. En direct du Met, le 16 janvier 2016, 18h55. Bizet:Les PĂŞcheurs de perles. Avec Diana Damrau, soprano vedette, rĂ©cente Traviata sur la scène de l’OpĂ©ra Bastille, qui chante donc LeĂŻla – la grande prĂŞtresse hindoue, la nouvelle production des PĂŞcheurs de Perles de Bizet crĂ©e outre Atlantique, l’Ă©vĂ©nement lyrique de ce dĂ©but d’annĂ©e 2016, comme La Scala le 7 dĂ©cembre 2015 avait crĂ©Ă© l’Ă©vĂ©nement grâce Ă  la diva austro russe Anna Netrebko dans le rĂ´le de Giovanna d’Arco sous la direction de Riccardo Chailly.

En direct du Metropolitan Opera de New York

Les Pêcheurs de Perles au cinéma

pecheurs perles bizet diana damrau metropolitan opera new york cinemaEn janvier 2016, le Metropolitan Opera de New York affiche donc The Pearl fischers – Les PĂŞcheurs de Perles, opĂ©ra orientaliste de Georges Bizet, futur auteur de l’espagnolade lyrique, Carmen, d’après MĂ©rimĂ©e. Les PĂŞcheurs de Perles n’avaient pas Ă©tĂ© produits sur la scène new yorkaise depuis 100 ans. CrĂ©Ă© en 1863, et donc propre Ă  l’esthĂ©tique Ă©clectique et nĂ©o-orientale du Second Empire,  Les PĂŞcheurs de Perles convoque le rĂŞve indien oĂą deux hommes au dĂ©but liĂ©s par un pacte d’amitiĂ© (Zurga, chef des pĂŞcheurs, baryton) et Nadir qui revient d’un long pĂ©riple (tĂ©nor), se retrouvent rivaux, dĂ©sirant la mĂŞme femme LeĂŻla, devenue prĂŞtresse vouĂ©e Ă  la chastetĂ©, dont ils ne devaient tous deux jamais s’Ă©prendre. Après maintes pĂ©ripĂ©ties, oĂą Zurga, rongĂ© par la jalousie, les dĂ©nonce puis les dĂ©fend, enfin, gĂ©nĂ©reux et portĂ© par le pardon, laisse les deux amants fuir le village oĂą ils devaient ĂŞtre brĂ»lĂ©s vifs.

Si Berlioz loue les qualitĂ©s de l’orchestration (particulièrement raffinĂ©e) comme la sĂ©duction de l’inspiration mĂ©lodique (se distinguent entre autres de nombreux airs mĂ©morables : duo Zurga/Nadir (C’est toi… au fond du temple saint), duo Leila/Nadir (Ton cĹ“ur n’a pas compris), sans omettre la fameuse Romance de Nadir (d’une tendresse orientale), la partition tombe dans l’oubli, donnant jour Ă  des versions remaniĂ©es et dĂ©naturĂ©es, enfin Ă©cartĂ©es grâce au travail du musicologue Michel Poupet (1973) qui fixe la version officielle, autographe telle que l’avait conçue Bizet en 1863 (prĂ©sentĂ©e pour la première fois par le Welsh National Opera, Ecosse). Les connaisseurs savent reconnaĂ®tre au-delĂ  de la sĂ©duction musicale qui rend un hommage direct Ă  Gounod (maĂ®tre de Bizet), le clair gĂ©nie lyrique du compositeur, futur auteur de Carmen, quelques 12 annĂ©es plus tard. Jamais Bizet ne fut aussi sĂ©ducteur et sensuel que dans Les PĂŞcheurs de Perles.

Les Pêcheurs de Perles de Bizet au Metropolitan Opera de New York, mise en scène de Penny Woolcock. Durée : 2h30mn, chanté en français.

Cinéma. En direct du Met, le 16 janvier 2016, 18h55. Bizet:Les Pêcheurs de perles. Avec Diana Damrau, dans les salles de cinéma partenaires (réseau pathelive.com)

BizetLes PĂŞcheurs de Perles, qualitĂ©s d’une partition orientaliste. L’oeuvre est le produit de la rencontre entre le directeur du Théâtre Lyrique, LĂ©on Carvalho, dĂ©fenseur des jeunes auteurs pour le théâtre et Georges Bizet (suivront dans le prolongement de leur entente : La Jolie Fille de Perth, et L’ArlĂ©sienne). Carvalho donne sa chance au compositeur prix de Rome : il devra livrer une nouvel opĂ©ra oĂą sur l’île de Ceylan, les deux amis Zurga et Nadir s’opposent malgrĂ© eux puis se rĂ©concilie autour de la belle LeĂŻla. Dès la crĂ©ation, Berlioz loue non seulement le gĂ©nie d’orchestrateur de Bizet (le thème de la dĂ©esse, fixant d’abord le duo prĂ©alable Zurga / Nadir, revient huit fois dans la partition), mais aussi son intelligence dramatique. Ainsi l’éclat du finale du III, avec un chĹ“ur sublime qui annonce la force collective de Carmen, est cĂ©lĂ©brĂ© : le peuple rĂ©clame alors la mort des deux amants maudits, Nadir et LeĂŻla. A contrario de l’enthousiasme de Berlioz, le jeune Chabrier, âgĂ© de 22 ans, non sans jalousie, reproche Ă  Bizet son manque de personnalitĂ© (« le grand dĂ©faut de la musique de Bizet est de manquer de style ou plutĂ´t de les voir tous.. », relevant ici un emprunt Ă  Gounod, FĂ©licien David, et mĂŞme Verdi…). Et de conclure : « en un mot, Bizet n’est presque jamais et nous le voulons lui, car il peut beaucoup sans le secours des autres. ». A sa crĂ©action en 1863, la partition tint l’affiche du Théâtre Lyrique, 18 fois : honnĂŞte succès qui suscita aussi l’enthousiasme d’un Prix de Rome, Emile Paladilhe (« cette partition est très remarquable et bien supĂ©rieure Ă  tout ce que font aujourd’hui Auber, Thomas, Clapisson, Reber…. »). Carvalho reprit l’ouvrage Ă  l’OpĂ©ra Comique en 1893, installant dĂ©sormais l’opĂ©ra au rĂ©pertoire.

 

DVD, compte rendu critique. Verdi : La Traviata. Diana Damrau (1 dvd Erato, 2014)

damrau diana dvd erato demuro tezier benoit jacquot dvd erato review classiquenews compte rendu account of review critique developpe du dvd CLASSIQUENEWSDVD, compte rendu critique. Verdi : La Traviata. Diana Damrau (1 dvd Erato, 2014). La lumineuse Traviata de Diana Damrau… Après le minimaliste misérabiliste de l’ancienne production parisienne signée Christoph Marthaler qui imaginait alors une Traviata exténuée au pays des soviets usés, corrompus, exsangues, voici donc cette nouvelle production réalisée par Benoît Jacquot, cinéaste grand public au symbolisme parfois schématique caricatural. S’il opte pour des accessoires simples et claires souvent monumentaux  (le lit de la  courtisane au I, l’escalier colossal au II…), la vision manque singulièrement de subtilité : il est vrai que remplir le vaste espace de Bastille reste un défi de taille pour les metteurs en scène. Son Werther inauguré pour la même scène en 2012, était de la même veine.  Mais cette simplification visuelle n’empêche pas les détails historiques qui font sens comme le clin d’œil au tableau de l’Olympia de Manet, hommage du peintre réaliste au nu féminin, au corps de la courtisane qui fait commerce de ses charmes. Le peintre de la production a même poussé la note réaliste en peignant le portrait de la cantatrice en lieu et place de l’Olympia originelle de Manet ; idem, Jacquot a choisi une servante noire pour Violetta, rattrapée par sa maladie. Le spectacle était le point fort de la saison 13-14 : elle réunit un trio prometteur : Diana Damrau (en Violetta), Ludovic Tézier et Francesco Demuro (nouveau venu dans l’auguste maison comme c’est le cas de sa consoeur allemande), respectivement dans les rôles des Germont, père et fils.

 

 

 

 

 

Sensible Traviata de Diana

 

La Traviata de Diana. Elle, diva musicienne jusqu’au bout des ongles, sidère par la sincérité de son jeu, l’intensité d’un chant qui soigne surtout la ligne et le galbe dramatique, la vérité de l’intonation… plutôt que l’articulation précise de la langue. L’énonciation reste souvent confuse voire brumeuse, mais l’ampleur du souffle, les couleurs, et les intentions sont justes. Au I, la diva incarne la courtisane parisienne usée mais terrassée par l’amour qui frappe à sa porte (E Strano). Au II, la femme amoureuse bientôt sacrifiée resplendit par son sens de la dignité contenue ; enfin au III, Violetta rattrapée par la maladie, exprime le dernier souffle de la pécheresse finalement sanctifié (son dernier sursaut véritable résurrection de son innocence perdue…), Diana Damrau maîtrise l’architecte du rôle sensible tragique qui s’achève par sa mort en grande sacrifiée terrassée. Une incarnation qui profite évidemment à Paris, de sa performance précédente à La Scala de Milan pour son ouverture en décembre 2013.

Face à elle, le ténor sarde Francesco Demuro peine souvent dans un chant moins articulé, moins abouti dramatiquement, un style lisse qui n’entend rien à ce qu’il dit : où est le texte ? Dommage. Face aux jeunes, le Germont de Ludovic Tézier s’impose là encore par la force souple du chant, un modèle de jaillissement intense et poétiquement juste. Quel baryton ! Une chance pour Paris. L’orchestre habituellement parfait de finesse, de suggestion sous la direction de son directeur musical – divin mozartien, étonnant wagnérien, Philippe Jordan, semblait dépossédé de ses moyens sans la conduite de son pilote préféré. Le chef Francesco I. Campia a la baguette dure, les fortissimo faciles voire systématique, une absence de finesse qui nuit terriblement à ce chambrisme articulé qui fait les Verdi réussis.

Réserve. La réalisation vidéo fait grincer des dents : on a bien compris que la caméra à l’épaule pouvait fixer le plan placé derrière la spectatrice au cou bien galbé pour exprimer le point de vue du spectateur en cours de spectacle. L’idée sur le papier pouvait être intéressante mais dans la continuité du film, devient systématique et constamment tremblée, suscite d’inévitable réserve. D’ailleurs d’autres séquences filmées à l’épaule et focusant sur certains protagonistes dont Diana Damrau précisément, gâchent aussi la lecture par un manque de stabilité ou des mouvements de caméra qui ailleurs passeraient pour des fautes de débutants. Pas facile de filmer l’opéra sans tomber dans la caricature plan plan ou délirante comme ici…

Non obstant la faible tenue du ténor, du chef, la Traviata de Diana conserve toute son irrésistible séduction. Lire aussi notre compte rendu de La Traviata par Diana Damrau en juin 2014 à l’Opéra Bastille. 

 

 

 

 

DVD, compte rendu critique. Paris. Opéra Bastille. Verdi : La Traviata. Diana Damrau (Violetta), Francesco Demuro (Alfredo, Germont fils), Ludovic Tézier (Germont père), Anna Pennisi, Cornelia Oncioiu. Benoît Jacquot, mise en scène. Orchestre et chœur de l’Opéra national de Paris. Francesco Ivan Ciampa, direction. Enregistré en 7 juin 2014, à l’Opéra Bastille à Paris. 1 dvd Erato 0825646166503.

 

 

CD, annonce. La Lucia de Diana Damrau (début février 2015 chez Erato)

2564621901CD, annonce. Diana Damrau chante Lucia di Lammermoor (2 cd Erato Ă  paraĂ®tre dĂ©but fĂ©vrier 2015). Sur un fond dĂ©coratif qui cite l’Ecosse baroque de la fin du XVIIè, – châteaux dans la brume et fontaine hantĂ©e (2è tableau du I)-, le drame de Lucia prĂ©pare pour la chanteuse qui s’expose un rĂ´le particulièrement Ă©prouvant, qu’elle soit amoureuse enivrĂ©e mais inquiète (Ă  la fin du II pour l’échange des anneaux du serment avec son aimĂ© Edgardo), ou surtout dĂ©truite et humiliĂ©e (fin du II, par le mĂŞme Edgardo qui assiste impuissant mais haineux aux noces de sa fiancĂ©e avec un autre, Arturo). Le III est l’acte de la sublimation des passions : le sacrifice de cette soeur donnĂ©e pour sauver l’honneur et la fortune des Ashton par un frère bien peu avenant (Enrico, le baryton mĂ©chant), inspire Ă  l’hĂ©roĂŻne une scène entre l’horreur et l’inconscience. Lucia qui a tuĂ© ce mari rĂ©cent qu’elle n’aimait pas (Arturo, imposĂ© par son frère) dĂ©ambule en une scène de folie inoubliable… (2ème tableau du III), avant qu’Edgardo fou de douleur, apprenant la mort de Lucia, se suicide : les amants romantiques Ă  l’opĂ©ra n’ont jamais eu d’issue positive.

Entre la jeune femme encore fière et combattive surtout enamourée du II, puis la sacrifiée devenue criminelle et folle dans le second tableau du III, le soprano tendre et intense de Diana Damrau assure idéalement les défis du rôle, l’un des plus difficiles du bel canto préverdien. En plus de la ligne bellinienne de sa scène de folie, il faut aussi ajouter une dose de réalisme plus brutal et direct, propre à Donizetti.

Enregistré sur le vif à Munich en juillet 2013, cette nouvelle version fera date sous la baguette de Jesus López-Cobos : aux côtés de la bouleversante Diana Damrau (si époustouflante l’an dernier dans La Traviata à la Scala de Milan, dans la mise en scène du provocateur rebelle Dmitri Tcherniakov), Ludovic Tézier dans le rôle du frère froid et cynique, et de Joseph Caleja dans celui de l’amant héroïque confirment la haute tenue vocale de cette nouvelle production annoncée au disque début février 2015. Critique complète du double cd Lucia di Lammermoor de Donizetti par Diana Damrau dans le mag cd dvd livres de classiquenews, au moment de la sortie du coffret.

Gaetano Donizetti : Lucia di Lammermoor. Diana Damrau (Lucia), Ludovic Tézier (Enrico Ashton), Joseph Calleja (Edgardo Di Ravenswood), David Lee (Lord Arturo Bucklaw), Nicolas Testé (Raimondo Bidebent), Marie Mclaughlin (Alisa) & Andrew Lepri Meyer (Normanno). Munchener Opernorchester. Jesus Lopez-Cobos, direction (enregistrement réalisé en juillet 2013 à Munich). 2cd Erato 2564621901.

Compte rendu, opĂ©ra. Paris. OpĂ©ra National de Paris, le 9 juin 2014. Verdi : La Traviata. Diana Damrau, Ludovic TĂ©zier, Francesco Demuro, Cornelia Oncioiu… Orchestre et choeur de l’OpĂ©ra National de Paris. Daniel Oren, direction. BenoĂ®t Jacquot, mise en scène.

damrau-diana-traviata-bastille-575Nouvelle Traviata après l’annĂ©e Verdi Ă  l’OpĂ©ra National de Paris ! Une Traviata nouveau cru qui profite de la performance choc de la soprano Diana Damrau dans le rĂ´le-titre, pour ses dĂ©buts Ă  Paris. La mise en scène est de BenoĂ®t Jacquot, dont nous gardons l’agrĂ©able souvenir d’un Werther rĂ©ussi La direction musicale est assurĂ© par le chef italien Daniel Oren. L’opĂ©ra le plus jouĂ© dans le monde, parfois mĂŞme une carte de prĂ©sentation des grandes divas ne laisse toujours pas indiffĂ©rent. Raconter l’histoire peut paraĂ®tre redondant, l’intrigue respectant plutĂ´t fidèlement le cĂ©lèbre roman d’Alexandre Dumas Fils, oĂą une courtisane de luxe se sacrifie par amour et (re)devient victime de la sociĂ©tĂ©. C’est peut-ĂŞtre aussi la plus saisissante Ă©tude psychologique de tout le théâtre lyrique romantique, crĂ©Ă©e par Verdi en 1853 sur le livret de Francesco Maria Piave d’après La Dame aux CamĂ©lias.

 

 

Non italienne, une inoubliable Traviata

 

Que faire avec une telle crĂ©ature ? Le pari, payant, de l’OpĂ©ra de Paris en embauchant BenoĂ®t Jacquot et son Ă©quipe artistique pour la nouvelle production et sans doute celui du « retour aux origines ». La Traviata est une Ĺ“uvre italienne, certes, mais son esprit est français. L’inspiratrice du drame se nommait Maire Duplessis, maĂ®tresse d’un Liszt et d’un Dumas Fils. Giuseppe Verdi a mis en musique les mĹ“urs et valeurs de la France de la monarchie de juillet. On a tendance Ă  l’oublier, voire Ă  l’ignorer dans certaines mise en scènes transposĂ©es parfois de façon trop Ă©sotĂ©rique, touchant le snobisme sans fond ni intention. Dans le cas Jacquot, les intentions ne sont pas les plus explicites, et tant mieux. Nous acceptons rapidement l’aspect cinĂ©matographique de sa production, toujours avec deux plans diffĂ©rents sur le plateau, dans les dĂ©cors esthĂ©tiques de Sylvain Chauvelot, avec les riches costumes de Christian Gasc et les lumières pertinentes d’AndrĂ© Diot. IdĂ©alement, le cinĂ©aste metteur en scène a voulu rompre, en toute dĂ©licatesse, avec certaines conventions… Notamment avec les chĹ“urs les plus statiques que nous ayons jamais vu dans une Traviata. Si nous aimons les chansons Ă  boire animĂ©es et dansantes, le fameux Brindisi devient ici un mini-concert de Violetta et d’Alfredo. C’est moins une approche psychologique qu’une rĂ©presentation très juste des codes et mĹ“urs de la sociĂ©tĂ© d’alors. L’Ă©lĂ©gance, le raffinement, les nons-dits, l’isolement et la dĂ©solation dansent ensemble dans les tĂ©nèbres pendant que deux amoureux cĂ©lèbrent la joie et la voluptĂ©. Cela ne peut pas ĂŞtre plus français, ni plus beau dans sa vĂ©racitĂ©.

Quel profil pour Violetta ValĂ©ry ? Diana Damrau, soprano allemande, offre une prestation rare par l’excellence de son chant. N’oublions pas qu’il s’agĂ®t d’un rĂ´le très exigeant pour l’interprète d’un point de vue vocal. Les talents propres Ă  la soprano, avec sa formation acadĂ©mique mozartienne font de sa Violetta une tragĂ©dienne plus française qu’italienne, avec une ligne de chant impeccablement soignĂ©e, des piani et pianissimi dans les sommets et les profondeurs du rĂ´le qui font ravir les cĹ“urs. « Addio del passato » au dernier acte est l’un des nombreux moments forts, la salle respire et soupire Ă  l’unisson devant la perfection sonore des adieux de la Violetta mourante. A ses cĂ´tĂ©s, Ludovic TĂ©zier dans le rĂ´le de Giorgio Germont, père d’Alfredo, est aussi excellent. Il incarne le rĂ´le avec un air hautain qui va très bien dans cette production. Sa performance est une vĂ©ritable master class, peut-ĂŞtre trop vaillant et hĂ©roĂŻque pour le rĂ´le, mais puissamment crĂ©dible quoi qu’il en soit.

 

Daniel Oren dirigeant l’Orchestre de l’OpĂ©ra National de Paris dĂ©fend aussi le parti-pris de faire une Traviata rĂ©solument non italienne. Si sa baguette manque parfois de clartĂ©, il arrive souvent Ă  obtenir un son frĂ©missant, sensuel et sans excès. Pourquoi ĂŞtre libre quand nous sommes si bien dans nos prisons ? Soit, mais nous l’aurions prĂ©fĂ©rĂ© libĂ©rĂ©. Ne manquer pas cette Traviata française, si brillante et raffinĂ©e Ă  l’affiche de l’OpĂ©ra Bastille les 12, 14, 17 et 20 juin 2014.

Compte rendu, opĂ©ra. Paris. OpĂ©ra Bastille. Verdi : La Traviata. Diana Damrau (Violetta), Francesco Demuro (Alfredo, Germont fils), Ludovic TĂ©zier (Germont père), Anna Pennisi, Cornelia Oncioiu. BenoĂ®t Jacquot, mise en scène. Orchestre et chĹ“ur de l’OpĂ©ra national de Paris. Daniel Oren, direction.

Paris, OpĂ©ra Bastille. La lumineuse Traviata de Diana Damrau… On se souvient de l’ancienne production en piste Ă  Garnier, hĂ©ritage de l’ère Mortier, entre dĂ©calage et misĂ©rabilisme atterrant (signĂ© en 2007 par Christoph Marthaler qui imaginait alors une Traviata extĂ©nuĂ©e au pays des soviets usĂ©s, corrompus, exsangues). Voici venu le sang neuf du nouveau BenoĂ®t Jacquot, signature prometteuse depuis son Werther crĂ©Ă© ici mĂŞme en 2010 dans des tableaux Ă©purĂ©s, gigantesques, Ă©conomes, maniant le motif comme autant de symboles signifiants sur la scène. Car le théâtre, c’est aussi du sens ! On a trop souvent l’impression que cette Ă©vidence est Ă©cartĂ©e, oubliĂ©e, sacrifiĂ©e. C’est pourtant le motif d’une espĂ©rance ressuscitĂ©e pour chaque nouvelle production : qu’allons nous voir ? Qu’allons nous comprendre … et peut-ĂŞtre dĂ©couvrir ?

MĂŞme grand vide suggestif ici traitĂ© en aplat de couleur/lumière, avec quelques pointes d’époque : comme le tableau de l’Olympia de Manet, hommage du peintre rĂ©aliste au nu fĂ©minin, au corps de la courtisane qui fait commerce de ses charmes. Pour le reste, pas de lecture ou d’idĂ©e conceptuelle qui architecture et structure une vision marquante. C’est joli, pas gĂŞnant – ce qui est dĂ©jĂ  beaucoup. Le vrai enjeu de cette nouvelle production demeure le choix des voix choisies pour un spectacle qui s’est d’emblĂ©e affichĂ© comme l’évĂ©nement de la fin de saison de l’OpĂ©ra de Paris.

 

 

 

Lumineuse Violetta de Diana…

 

Sur le plateau immense de Bastille, règne la vocalité irréprochable des chanteurs réunis pour ce point d’orgue de la saison 13-14 qui s’achève : Diana Damrau (en Violetta), Ludovic Tézier et Francesco Demuro (nouveau venu dans l’auguste maison comme c’est le cas de sa consoeur allemande), respectivement dans les rôles des Germont, père et fils.
Elle, diva désormais adulée sur toutes les planches du monde ensorcelle de facto par sa voix déchirante, directe, musicalement très raffinée, en une incarnation aussi réussie que sa précédente prestation à La Scala de Milan pour son ouverture en décembre 2013. La lumière du timbre, sa grâce angélique, son intensité font mouche (au moment du sacrifice imposé au II, au moment de la mort sacrificielle au III). DU très (trop) beau chant… qui pourra laisser de marbre les admirateurs d’un chant plus corsé, incarné, expressif.
C’est exactement le cas du ténor wagnérien Klaus Florian Vogt chez Wagner : son Lohengrin ou son Parsifal souffrent d’une clarté lisse du timbre que beaucoup trouve inexpressive. Question de goût. Le beau chant et la qualité du timbre font quand même la différence… et notre admiration.

 

 

 

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Face Ă  elle, le tĂ©nor sarde nouveau venu donc Ă  Paris, Francesco Demuro peine parfois en un chant moins articulĂ©, moins abouti dramatiquement. Dommage. Face aux jeunes, le Germont de TĂ©zier s’impose lĂ  encore par la force souple du chant, un modèle de jaillissement intense et poĂ©tiquement juste. Quel baryton ! Une chance pour Paris dĂ©cidĂ©ment. L’orchestre habituellement parfait de finesse, de suggestion sous la direction de son directeur musical – divin mozartien, Ă©tonnant wagnĂ©rien, Philippe Jordan, semblait dĂ©possĂ©dĂ© de ses moyens sans la conduite de son pilote prĂ©fĂ©rĂ©. Le chef Daniel Oren navigue souvent Ă  vue, sans architecture une lecture cohĂ©rente et claire.  Pour une fois que la fosse fait dĂ©faut, il nous fallait le signaler. Dans l’immensitĂ© de la salle de Bastille, le beau chant de Damrau continue encore de nous hanter, comme ce fut le cas Ă  Milan en dĂ©cembre dernier : pour nous aucun doute, Diana Damrau a bien choisi le moment de chanter sa Violetta : courrez Ă  Bastille applaudir Ă  ce grand moment. Damrau et TĂ©zier valent largement le dĂ©placement.

Paris. OpĂ©ra Bastille. Verdi : La Traviata. Diana Damrau (Violetta), Francesco Demuro (Alfredo, Germont fils), Ludovic TĂ©zier (Germont père), Anna Pennisi, Cornelia Oncioiu. BenoĂ®t Jacquot, mise en scène. Orchestre et chĹ“ur de l’OpĂ©ra national de Paris. Daniel Oren, direction. A l’affiche de l’OpĂ©ra Bastille, jusqu’au 20 juin. TĂ©l. : 08-92-89-90-90. De 5 € Ă  195 €. Operadeparis.fr.  Diffusion sur France Musique le 7 juin, dans les cinĂ©mas UGC le 17 juin 2014.

 

 

 

La Traviata de Diana Damrau sur France Musique

verdi_582_face_portrait_boldini logo_francemusiqueFrance Musique, le 7 juin 2014, 19h: Diana Damrau chante La Traviata, en direct de Bastille. Après un Werther clair et lisible, Benoît Jacquot met en scène La Traviata, tragédie parisienne de Verdi qui au moment de sa création à Venise sur les planches de La Fenice (1853), suscita un scandale notoire : comment accepter dans un opéra, de voir les amours sulfureuses d’une courtisane et d’un jeune bourgeois (Germont fils) : elle en proie à une rédemption morale inacceptable ; lui, prêt à saborder l’honneur de sa famille ? Verdi alors en ménage avec Giuseppina Strepponi, cantatrice à la réputation elle aussi scandaleuse, qu’il n’épousera que sur le tard, dénonce ici  l’hypocrisie de son temps. Inspiré par le roman de Dumas fils, La dame aux camélias (1852), le compositeur portraiture la société du Second Empire non sans une pointe satirique ; il brosse surtout de Violetta Valéry, la courtisane sublime léguée par Dumas, un portrait bouleversant, celui d’une âme sensible, romantique qui alors qu’elle se sent condamnée, usée par les excès de sa vie sans morale, rencontre en croisant le regard d’Alfredo, le pur amour. En traitant un mythe littéraire contemporain, Verdi transpose à l’opéra, un vrai sujet qui pourrait être d’actualité. Liszt a laissé un témoignante bouleversant sur la vraie Dame aux camélias : Alphonsine Duplessis, morte tuberculeuse en 1847, petit être fragile et sensuel d’une passivité déjà maudite.

verdi La TraviataD’une rare justesse émotionnelle, l’écriture de Verdi bannit ici toute virtuosité démonstrative : il touche directement le cœur. Jamais les options expressives n’ont à ce point fusionner avec les accents de la nécessité poétique et dramatique. Chaque air de Violetta, saisie, consumée par le grand vertige de la vie, s’impose à nous comme autant de confessions introspectives, miroir de son état psychique : l’abandon de ses rêves, les élans de ses désirs perdus, la faiblesse d’un corps qui perd peu à peu le goût de vivre, sous la pression sociale, face aux épreuves que lui impose le père de son jeune amant… Trop de vérité et de sincérité dans ce drame sentimental d’une irrésistible cohérence : à la création, la censure exigea que les rôles soient chantés en costumes Louis XIV. Des robes modernes auraient souligné la modernité insupportable de l’ouvrage. Reprise un an plus tard après le fiasco de La Fenice, en 1854 au Teatro San Benedetto de Venise, La Traviata défendue par une meilleure distribution, suscita le triomphe que l’ouvrage méritait.

damrau dianaLa nouvelle production de La Traviata à l’Opéra Bastille réunit une distribution prometteuse : Diana Damrau qui vient d’ouvrir la saison actuelle de La Scala avec cette prise de rôle exceptionnellement intense et juste ; Ludovic Tézier habitué du rôle paternel, sacrificateur et protecteur à la fois, Germont père… ajoute au tableau, sa droiture vocale qui sied parfaitement au rôle paternel, un rien moralisateur et rigide. 8 dates événements, du 2 au 20 juin 2014. Diffusion en direct sur France Musique, le 7 juin 2014, 19h. En direct dans les cinémas le 17 juin 2014.

Verdi : La Traviata à l’Opéra Bastille

Daniel Oren (2, 5, 7, 9 et 20 juin)
Francesco Ivan Ciampa (12, 14, 17 juin)
direction musicale

Benoît Jacquot
Mise en scène

Diana Damrau, Violetta Valéry
Anna Pennisi, Flora Bervoix
Cornelia Oncioiu, Annina
Francesco Demuro, Alfredo Germont
Ludovic TĂ©zier, Giorgio Germont
Kevin Amiel, Gastone
Fabio Previati, Il Barone Douphol
Igor Gnidii, Il Marchese d’Obigny
Nicolas Testé, Dottore Grenvil

Orchestre et Choeur de l’Opéra national de Paris

Réservations, informations sur le site de l’Opéra national de Paris

Diana Damrau chante sa nouvelle Traviata Ă  l’OpĂ©ra Bastille

verdi_582_face_portrait_boldiniParis, Opéra Bastille. Verdi : La Traviata. Diana Damrau: 2>20 juin 2014. Après un Werther clair et lisible, Benoît Jacquot met en scène La Traviata, tragédie parisienne de Verdi qui au moment de sa création à Venise sur les planches de La Fenice (1853), suscita un scandale notoire : comment accepter dans un opéra, de voir les amours sulfureuses d’une courtisane et d’un jeune bourgeois (Germont fils) prêt à saborder l’honneur de sa famille ? Verdi alors en ménage avec Giuseppina Strepponi, cantatrice à la réputation elle aussi scandaleuse, qu’il n’épousera que sur le tard, dénonce dans La Traviata l’hypocrisie de son temps. Inspiré par le roman de Dumas fils, La dame aux camélias (1852), le compositeur portraiture la société du Second Empire non sans une pointe satirique ; il brosse surtout de Violetta Valéry, la courtisane sublime léguée par Dumas, un portrait bouleversant, celui d’une âme sensible, romantique qui alors qu’elle se sent condamnée, usée par les excès de sa vie sans morale, rencontre en croisant le regard d’Alfredo, le pur amour. En traitant un mythe littéraire contemporain, Verdi transpose à l’opéra, un vrai sujet qui pourrait être d’actualité. Liszt a laissé un témoignante bouleversant sur la vraie Dame aux camélias : Alphonsine Duplessis, morte tuberculeuse en 1847, petit être fragile et sensuel d’une passivité déjà maudite.
verdi La TraviataD’une rare justesse émotionnelle, l’écriture de Verdi bannit ici toute virtuosité démonstrative : il touche directement le cœur. Jamais les options expressives n’ont à ce point fusionner avec les accents de la nécessité poétique et dramatique. Chaque air de Violetta, saisie, consumée par le grand vertige de la vie, s’impose à nous comme autant de confessions introspectives, miroir de son état psychique : l’abandon de ses rêves, les élans de ses désirs perdus, la faiblesse d’un corps qui perd peu à peu le goût de vivre, sous la pression sociale, face aux épreuves que lui impose le père de son jeune amant… Trop de vérité et de sincérité dans ce drame sentimental d’une irrésistible cohérence : à la création, la censure exigea que les rôles soient chantés en costumes Louis XIV. Des robes modernes auraient souligné la modernité insupportable de l’ouvrage. Reprise un an plus tard après le fiasco de La Fenice, en 1854 au Teatro San Benedetto de Venise, La Traviata défendue par une meilleure distribution, suscita le triomphe que l’ouvrage méritait.
La nouvelle production de La Traviata à l’Opéra Bastille réunit une distribution prometteuse : Diana Damrau qui vient d’ouvrir la saison actuelle de La Scala avec cette prise de rôle exceptionnellement intense et juste ; Ludovic Tézier habitué du rôle paternel, sacrificateur et protecteur à la fois, Germont père… ajoute au tableau, sa droiture vocale qui sied parfaitement au rôle paternel, un rien moralisateur et rigide. 8 dates événements, du 2 au 20 juin 2014. Diffusion en direct sur France Musique, le 7 juin 2014, 19h. En direct dans les cinémas le 17 juin 2014.

Verdi : La Traviata à l’Opéra Bastille

Daniel Oren (2, 5, 7, 9 et 20 juin)
Francesco Ivan Ciampa (12, 14, 17 juin)
direction musicale

Benoît Jacquot
Mise en scène

Diana Damrau, Violetta Valéry
Anna Pennisi, Flora Bervoix
Cornelia Oncioiu, Annina
Francesco Demuro, Alfredo Germont
Ludovic TĂ©zier, Giorgio Germont
Kevin Amiel, Gastone
Fabio Previati, Il Barone Douphol
Igor Gnidii, Il Marchese d’Obigny
Nicolas Testé, Dottore Grenvil

Orchestre et Choeur de l’Opéra national de Paris

Réservations, informations sur le site de l’Opéra national de Paris

CD. Diana Damrau : Forever (1 cd Erato)

diana_damrau_recordingsCD. Diana Damrau : Forever (Erato). Elle vient de triompher dans la nouvelle production de La Traviata inaugurant la nouvelle saison lyrique de la Scala 2013-2014, Diana Damrau n’a jamais semblĂ© plus au sommet de ses possibilitĂ©s : mieux chantante, melliflue (poĂ©tesse et sirène dans un Summertime enivrant entre autres), d’une flexibilitĂ© lumineuse souvent superlative. Eclat, transparence, couleurs, tempĂ©rament dramatique, surtout exceptionnelle intelligence d’une interprète qui s’est peu Ă  peu rĂ©vĂ©lĂ©e et distinguĂ©e, en particulier depuis ces 5 dernières annĂ©es. Voici donc un rĂ©cital biographique composĂ© de rĂ´les et oeuvres choisies avec affection et passion par une diva d’une irrĂ©sistible frĂ©nĂ©sie, d’une rare sincĂ©ritĂ©.

 

 

Diana Damrau : Diva assoluta

 

 

Damrau_cd_forever-200x200A travers divers registres comiques et d’autres plus sombres, et souvent nostalgiques, la soprano exceptionnelle Violetta verdienne donc, montre ici en une dĂ©contraction Ă©lĂ©gantissime, ses affinitĂ©s avec toute une palette de demi caractères idĂ©alement choisis.
Le mordant et le piquant chez Strauss (La Chauve Souris, Der Fliedermaus) met en lumière son abattage et son Ă©lasticitĂ© coloratoure qui ailleurs fait merveille en diseuse soucieuse d’intelligibilitĂ© chez Richard Strauss ou Mozart ; mais c’est sa sincĂ©ritĂ© formidable qui rayonnne dans les airs suivants.

 

De toute Ă©vidence, le rĂ©cital est un nouvel accomplissement d’autant plus Ă©tincelant que la diva assoluta dĂ©grafe le corsage, osant plusieurs incarnations en toute libertĂ©, jouant sur toutes les facettes d’un intense tempĂ©rament lyrique. Entre opĂ©rette, comĂ©die musicale (pĂ©tillante et facĂ©tieuse et d’une lĂ©gèretĂ© si dĂ©lectable dans My Fair Lady), cabaret… en allemand et en anglais, la soprano irradie de chien (sifflotant mĂŞme avec une humeur heureuse Ă©panouie), de style, de raffinement et de feu interprĂ©tatif (merveilleuse Maria de West Side Story : I feel pretty, qui sur les traces de Te Kanawa, dans la version lyrique validĂ©e par Bernstein lui-mĂŞme, trouve une libertĂ© et une vĂ©ritĂ© de ton sidĂ©rante, c’est du dĂ©but Ă  la fin une jubilation communicante oĂą elle semble ressusciter son âme d’enfance ! Programme jubilatoire.

 

 

Diana Damrau: Forever. 1 cd Erato.
TRACK LISTING
01 Vocalise: The ninth gate

02 Höre ich Zigeunergeigen: Grafin Mariza

03 Strahlender Mond: Der Vetter aus Dingsda

04 Meine Lippen sie kĂĽssen so heiss: Giuditta

05 Lippen schweigen: Die lustige Witwe

06 Mein Herr Marquis: Die Fledermaus

07 Czárdas: Die Fledermaus

08 Wäre det nich wundaschen: My fair lady

09 I could have danced all night: My fair lady

10 GrĂĽnfink und Nachtigall: Sweeney Todd

11 Summertime: Porgy and Bess

12 I’m in love with a wonderful guy: South Pacific

13 Wishing you were somehow here again: Phantom of the opera

14 I feel pretty: West side story

15 Over the rainbow: The Wizard of Oz

16 All in the golden afternoon: Alice in wonderland

17 Ein Mensch zu sein: Arielle, die Meerjungfrau

18 Someday my prince will come: Snow white

19 Feed the birds: Mary Poppins

20 Walking in the air: The Snowman

21 Vocalise: Wuthering Heights

22 Ich hätt getanzt heut’ Nacht: My fair lady

23 Lied der Nachtigall: Die schwedische Nachtigall

 

 

Télé, ce soir, 20h45 : en direct sur Arte, Diana Damrau chante La Traviata à La Scala

TĂ©lĂ©, en direct sur Arte : Diana damrau chante La Traviata Ă  La Scala, ce soir Ă  20h45.  Chaque 7 dĂ©cembre marque par tradition la soirĂ©e d’ouverture de la nouvelle saison lyrique Ă  Milan. En choisissant La Traviata de Verdi, La Scala souligne et cĂ©lèbre Ă  son tour le bicentenaire Verdi 2013. Le rĂ´le de Violetta exige de la part de la cantatrice invitĂ©e Ă  incarner la jeune courtisane parisienne, des talents immenses de chanteuse comme d’actrice.

 
 

damarau_tcherniakov_traviata_verdi Chacun des 3 actes suppose une personnalitĂ© diffĂ©rente et donc un style spĂ©cifique : Ă  l’insouciante Ă©perdue mais dĂ©jĂ  affaiblie par la maladie qui la ronge et qui dĂ©couvre le pur amour au I, succède la violence Ă©chevelĂ©e de la femme sacrifiĂ©e qui doit renoncer Ă  son bonheur imprĂ©vu au II ; puis au III, la courtisane pĂ©cheresse au bord de la tombe succombe moralement sauvĂ©e : son âme est absoute des pĂ©chĂ©s anciens car elle a tout sacrifiĂ© sous la pression de la morale bourgeoise (incarnĂ©e par Germont père).
Portrait de femme et satire sociale. En plus d’un formidable portrait de femme, Verdi fait aussi la satire de son Ă©poque, lui qui subit les foudres des bien pensants hypocrites quand il se promenait aux bras de Giuseppina Strepponi, cantatrice plusieurs divorcĂ©e, avec laquelle il vivait maritalement …
Aujourd’hui, après Patricia Ciofi, Annick Massis, Ă  l’ardente flamme Ă©motionnelle, et la plus rĂ©cente Natalie Dessay, c’est Diana Damrau, hier Gilda (Rigoletto du mĂŞme Verdi) qui ” ose ” relever le dĂ©fi d’un personnage mythique et bouleversant … Lui donnent la rĂ©plique les deux Germont père et fils, l’amant fougueux et le redresseur de torts : le tĂ©nor Piotr Beczala et le baryton Ĺ˝eljko Lucic.

 

Souhaitons que la finesse des interprètes inspirent Daniele Gatti Ă  la direction certes puissante, parfois carrĂ©e voire droite ; or La Traviata, drame rĂ©aliste et psychologique rĂ©clame nuances et subtilitĂ©. Dans cette production, le metteur en scène russe Dmitri Tcherniakov, Ă  l’expressionnisme Ă©touffant, passionnĂ© par le jeu d’acteurs (en tĂ©moigne sa mise en scène lĂ©gendaire d’Eugène OnĂ©guine Ă  Bastille) devrait renouveler le dramatisme de l’opĂ©ra verdien, entre vertiges, spasmes, solitude : une course Ă  l’abĂ®me qui s’avère prometteuse … Qu’en sera-t-il Ă  La Scala ce soir Ă  partir de 20h45 ? RĂ©ponse en direct sur Arte (en rĂ©alitĂ© il s’agit d’un diffĂ©rĂ© : la reprĂ©sentation Ă  Milan dĂ©butant Ă  18h).

 

Giuseppe Verdi 2013

En direct de La Scala, Diana Damrau chante Violetta

En direct de la Scala de Milan
représentation inaugurale de la nouvelle saison lyrique scaligène 2013-2014
Arte, Samedi 7 décembre 2013, 20h50

MĂ©lodrame en 3 actes
Livret de Francesco Maria Piave
D’après la Dame aux camélias d’Alexandre Dumas
Nouvelle production du Teatro alla Scala
Orchestre et chœurs du Teatro alla Scala de Milan
Direction musicale : Daniele Gatti
Mise en scène et décors : Dmitri Tcherniakov
Lumières  : Gleb Filschtinsky

distribution
Violetta Valery : Diana Damrau
Flora Bervoix : Giuseppina Piunti
Annina : Mara Zampieri
Alfredo Germont : Piotr Beczala
Giorgio Germont : Zeljko Lucic
RĂ©alisation : Patrizia Carmine / Production : RAI, ARTE France (2h40mn)

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Diana Damrau chante Violetta Ă  la Scala

Diana Damrau est Violetta … Verdi: La Traviata. Du 7 au 31 dĂ©cembre 2013. En direct sur Arte, le 7 dĂ©cembre. Diana Damrau chante Violetta., sous la direction de Daniele Gatti pour l’ouverture de la nouvelle saison de la Scala de Milan. Prise de rĂ´le attendue et certainement aussi convaincante que sa Gilda (Rigoletto, sa rĂ´le verdien d’envergure prĂ©cĂ©dent) … Le théâtre scaligène rend ainsi hommage Ă  Giuseppe Verdi pour l’annĂ©e de son centenaire. Nouvelle production de la Scala, avec aux cĂ´tĂ©s de Diana Damrau, Piotr Beczala (Alfredo Ă©lĂ©gantissime), Zelijko Lucic (Germont père)… Mise en scène : Dmitri Tcherniakov

Milan, Teatro alla Scala, Verdi: La Traviata. Du 7 au 31 décembre 2013. Nouvelle production

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La Traviata Ă  la Scala

Verdi: La Traviata. Du 7 au 31 dĂ©cembre 2013. En direct sur Arte, le 7 dĂ©cembre. Diana Damrau chante Violetta., sous la direction de Daniele Gatti pour l’ouverture de la nouvelle saison de la Scala de Milan. Prise de rĂ´le attendue et certainement aussi convaincante que sa Gilda (Rigoletto, sa rĂ´le verdien d’envergure prĂ©cĂ©dent) … Le théâtre scaligène rend ainsi hommage Ă  Giuseppe Verdi pour l’annĂ©e de son centenaire. Nouvelle production de la Scala, avec aux cĂ´tĂ©s de Diana Damrau, Piotr Beczala (Alfredo Ă©lĂ©gantissime), Zelijko Lucic (Germont père)… Mise en scène : Dmitri Tcherniakov

Milan, Teatro alla Scala, Verdi: La Traviata. Du 7 au 31 décembre 2013. Nouvelle production

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