COMPTE-RENDU opéra, critique. LIVE STREAMING du 5 mai 2021, Lille, Nouveau Siècle. MOZART : THAMOS. Orchestre National de Lille, David Reiland (direction)

THAMOS-SAIS-2-opera-orchestre-national-de-lille-critique-annonce-classiquenews-mozart-thamosCOMPTE-RENDU opéra, critique. LIVE STREAMING du 5 mai 2021, Lille, Nouveau Siècle. MOZART : THAMOS. Orchestre National de Lille, David Reiland (direction). La partition relève de l’esthétique galante mais colorée des éclairs et contrastes saisissants du Sturm und drang auquel le jeune Mozart apporte sa propre sensibilité instrumentale ; il accorde une place privilégiée aux choeurs (premiers à s’exprimer dans l’explicitation du drame), porteurs de l’espérance des peuples, exprimant cette aspiration viscérale à la fraternité universelle. Nous sommes bien dans un contexte moral franc-maçon (« accorde à la jeunesse frivole, vertus et discipline… ») ; tout le drame qui va se jouer met en scène l’application des préceptes des Lumières pour l’édification des hommes. Le politique (le jeune prince Thamos) est invité à favoriser et mettre en œuvre ce vaste programme d’éducation de la société. La forme orchestrale suit la lumineuse direction de cette philosophie musicale : le sens du détail, les rebonds dramatiques, l’esprit des nuances sont ici garantis par la direction souple et sensible de l’excellent David Reiland, venu de Metz (dont il est directeur musical de l’Orchestre National) pour diriger la phalange lilloise.
Sur scène, l’action illustre ce passage de la gangue originelle, boueuse, bitumeuse, brute à l’accomplissement de l’individu humain, maître de son destin, corps enfin libéré de son enveloppe archaïque et primitive. Selon la conception de Damien Chardonnet-Darmaillacq (qui a réalisé une adaptation d’après la pièce de théâtre dont la partition assure les inserts musicaux), la mise en scène et l’appareillage vidéo (film tourné au Phénix de Valenciennes préalablement au concert) exprime l’opération de transformation de la matière vers sa sublimation ; passage où se réalise l’alchimie organique, à l’image d’un accouchement symbolique.
David Reiland veille à l’articulation de chaque intermède orchestral dont l’ampleur et le souffle annoncent le Mozart Symphoniste d’Idomeneo et de la pleine maturité, celui des 3 dernières symphonies.

 

 

 

Illumination de Thamos / Métamorphose de Saïs

David Reiland et l’Orchestre National de Lille jouent le drame qui préfigure La Flûte Enchantée,
Thamos, roi d’Egypte, musique de scène maçonique

 

 L'ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE joue THAMOS de MOZART

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Le chant des cordes dit à la fois la solitude du héros Thamos et aussi l’espoir que sa vertu suscite au sein de la foule. La vitalité détaillée des instruments, timbres caractérisés dans l’esprit d’un orchestre de chambre, souligne chaque étape de la sublimation du corps primitif vers sa révélation finale : ainsi se dévoile la figure de la princesse Saïs, vierge du temple de soleil qui est aimée de Thamos, bien qu’elle soit la fille de son ennemi tutélaire. La vidéo expose l’histoire de Thamos à travers le regard et l’expérience vécue par la jeune femme.
Orchestralement, David Reiland exprime toute l’activité émotionnelle de la texture mozartienne ; oui, Mozart est bien ce poète du cœur humain, des sentiments les plus ineffables, ce magicien qui explore et ausculte âme et corps ; grâce à l’éloquence des instrumentistes lillois, l’écriture orchestrale parle… et chante (comme un chanteur d’opéra) ; elle explique et commente mieux que des paroles chantées, tout ce qui se dévoile peu à peu sur l’écran : la manifestation d’une métamorphose. Pour autant, le lien entre la jeune femme qui dévoile son visage et Thamos aurait pu être mieux expliqué. Mettre en avant Saïs ainsi est juste mais n’aurait-il pas aussi visualiser Thamos à ses côtés pour comprendre comment sa place est primordiale dans l’avènement du Prince ?

La gangue primitive qui emprisonne Saïs fait référence à la momification ; peu à peu se déroule sa mise à nu ; et l’être vertueux se révèle ainsi, resplendissant selon le rituel maçonnique égyptien. L’impression de séquences enchaînées qui nuit à la continuité d’un vrai drame s’explique par la nature même de la musique écrite par le jeune Mozart : musique de scène plutôt que drame musical continu. Les airs de solistes sont rares. Mais pas la caractérisation des instruments solistes (cor, hautbois, flûte…).
Dans ce parcours instrumental qui suit l’action en s’illuminant, David Reiland et le metteur en scène nous parlent d’humanité renouvelée, à naître, porteuse des valeurs et vertus des Lumières ; ce miracle est l’enjeu et le sujet du drame de Thamos. Tout le système philosophique et moral superbement incarné / explicité par l’orchestre, annonce les valeurs de l’opéra à venir, plus accompli dans sa forme lyrique, et aussi chanté en allemand, La Flûte enchantée de 1791. Du langage classique des années 1770, David Reiland fait un organe vivant, palpitant qui nous parle directement, veillant constamment aux phrasés, à la vitalité des contrastes : dans l’alliage des timbres associés, on y perçoit déjà les couleurs et les accents des opéras à venir : Idomeneo bien sûr, mais aussi Don Giovanni et sa noblesse grave, d’essence tragique.

Comme la résolution de l’énigme visuelle / orchestrale, surgit l’espérance du 2è choeur (à 24’18 : « Dieu dont la puissance s’étend sur toute chose!  / Toi qui t’élève et jamais ne faiblit…. règne, souverain sans égal dans la grandeur » : excellemment préparés par Thibault Lenaerts, le chœur de chambre de Namur (et la soprano qui sort de la masse chorale soulignant la délicatesse des instruments) apporte sa couleur articulée, transparente, fusionnant sans épaisseur avec la ductilité d’un orchestre lui aussi comme sublimé, irradié par l’enseignement lumineux et initiatique (célébration du guide et père pour tous, garant du bien commun).
En un couronnement tendre, l’air de basse qui conclut le cycle confirme la maturité de cette écriture mozartienne frappée du sceau de la sincérité (« Vous fils de la poussière… ») : son souffle incantatoire se rapproche aussi de l’air du commandeur de Don Giovanni, véritable proclamation presque terrifiante et avertissement à qui se dresserait contre le couronnement de Thamos le valeureux ; c’est aussi une claire préfiguration du personnage de Sarastro, grand prêtre du soleil dans La Flûte enchantée. L’ultime choeur (« Sublime Soleil, protège la couronne du roi… », solarisation collective et célébration du souverain éclairé) sonne comme un hymne de délivrance et de réconfort.
L’équilibre sonore, la souplesse et l’élégance de la direction de David Reiland préservent le charme fraternel de la partition, son ambition humaniste, son raffinement formel comme son sens dramatique.
Encore embryonnaire en sa discontinuité archaïque, la partition de Thamos manifeste une maturité directe qui pourra se déployer pleinement dans La Flûte Enchantée. Ce jalon de la dramaturgie mozartienne est magistralement défendu par l’équipe lilloise. Superbe spectacle irradié de grandeur, d’espoir, de lumière. Du pain béni pour notre temps. Un spectacle fort et lumineux à vivre sur la scène du Nouveau Siècle en novembre 2021. Incontournable.

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VOIR et REVOIR THAMOS roi d’Egypte par l’Orchestre National de Lille
sur la chaîne youtube de l’ON LILLE ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE ici :
https://www.youtube.com/watch?v=fh_8qngY3ow&list=PLjt12Zt-aSM12p3JI5CXB8zllWROJOD9-&index=1

 

EN REPLAY jusqu’au 5 juin 2021.

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VIDEO : entretien avec David Reiland : « Thamos est un véritable bijou »… dont il faut réussir la synchronisation entre musique et image.

 

https://www.youtube.com/watch?v=IpmaG_XU8FQ&list=PLjt12Zt-aSM12p3JI5CXB8zllWROJOD9-&index=3

 

 

 

STREAMING concert. THAMOS par l’ON LILLE / Orchestre National de Lille

audito-2.0-Orchestre-National-de-lille-concerts-annonce-critique-classiquenewsLIVE STREAMING. L’ONL joue THAMOS, le 5 mai 2021, 20h. L’Orchestre National de Lille propose pour la 1ère fois Thamos de Mozart sous la direction de David Reiland. Coproduction inédite en région Hauts-de-France, le programme associe l’Orchestre National de Lille et plusieurs lieux culturels régionaux : Le Phénix de Valenciennes, le Théâtre Impérial de Compiègne et la Maison de la Culture d’Amiens. Le spectacle musical comprenant une mise en espace élaborée sera joué ensuite en novembre 2021 devant le public. Auparavant le programme lyrique sera accessible depuis l’Audito 2.0 durant 1 mois, gratuitement, du 5 mai au 5 juin 2021. David Reiland poursuit ainsi sa complicité communicative avec les instrumentistes de l’Orchestre National de Lille dans ce programme lyrique et symphonique, après avoir dirigé un concert précédent le 17 avril dernier, dans le cadre de l’offre digitale AUDITO 2.0 de l’Orchestre Lillois : Concerto n°21 pour piano de Mozart avec la jeune soliste Marie-Ange Nguci (LIRE notre compte rendu du CONCERT LIVE STREAMING, critique. LILLE, sam 17 avril 2021. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. MOZART : Concerto pour piano n°21. Marie-Ange NGUCI, piano / David Reiland, direction

 

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VOIR ICI Thamos, Roi d’Egypte
de Wolfgang Amadeo Mozart
sur la chaîne youtube de l’ON LILLE
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
à partir du 5 mai 2021
LIVE STREAMING le 5 mai 2021, 20h
https://www.youtube.com/playlist?list=PLjt12Zt-aSM12p3JI5CXB8zllWROJOD9-
(L’AUDITO 2.0 est la salle de concert virtuelle, 100% numérique
de l’ON LILLE, Orchestre National de Lille)

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L’ON LILLE joue THAMOS, ROI d’EGYPTE

Une préfiguration de LA FLÛTE ENCHANTÉE

 

 

 

Mozart_1780Presque 20 avant son dernier opéra (1791), La Flûte enchantée, Mozart (âgé de 18 ans) reçoit la commande d’un ouvrage à la conception similaire, également chanté en allemand : selon l’idéal maçonnique (le commanditaire est le baron Tobias Philipp von Gebler, futur grand-maître d’une Loge franc-maçonne viennoise), il s’agit dans Thamos, d’un drame égyptien, opposant les ténèbres et la lumière, en une geste hautement symbolique suscitant déjà les mêmes personnages : Tamino, la Reine de la nuit…

Mozart affine sa partition et remet au baron non sans fierté (comme il le mentionne dans sa correspondance à son père Leopold), une musique de scène, conçu comme un drame : comprenant trois chÅ“urs et quatre entractes. Il s’agit dès avant l’Enlèvement au sérail et La Flûte bien sûr, d’une contribution majeure à l’élaboration d’un opéra en langue allemande.

Le spectacle qui engage les instrumentistes de l’Orchestre National de Lille, est mis en espace par le metteur en scène Damien Chardonnet-Darmaillacq. Sa « mise en scène de concert » développe une relecture très contemporaine du récit. « Entre chassés-croisés amoureux, complots politiques, revers et révélations », il souligne combien Thamos, roi d’Egypte, est une Å“uvre injustement méconnue qui « épouse les battements du récit dans une savante et subtile alternance de chÅ“urs et d’orchestrations ». La force du récit et de ses symboles est ainsi explicitée grâce à l’exposition privilégiée du personnage féminin de « Saïs », dont l’apparition dans la partition de Mozart est très fugace, mais non moins essentielle pour l’intrigue. Saïs dont la métamorphose est la clé de voûte de tout l’édifice mozartien, s’exprime ainsi par la voix d’une comédienne. Le dispositif scénique et vidéo met l’accent sur la notion de transformation et de métamorphose qui opèrent une subtile évolution du personnage : Saïs, en vérité Tharsis qui est aimée de Thamos, est la fille de Menes, souverain déchu qui s’oppose au départ au couronnement de Thamos. Mais comme dans tout opéra de Mozart, la question politique croise un riche canevas émotionnel et sentimental où l’amour défait le nÅ“ud des intrigues de pouvoir ; il est force de révélation et de dépassement…

 

 

Bande-annonce de Thamos : https://cutt.ly/jbdS7Iu

A la rencontre des acteurs de Thamos
Retrouvez les interviews de David Reiland (chef), Damien Chardonnet- Darmaillacq (mise en scène), Sylvie Mélis (lumières et scénographie) dans L’Audito 2.0 : https://bit.ly/2INlAIg

Photos : crédit Ugo Ponte ONL

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Thamos, Roi d’Egypte
Synopsis (5 actes avec intermèdes musicaux)
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Acte 1
Amour et pouvoir… Dans le temple du soleil, le chœur des prêtres et des vierges célèbrent le prochain couronnement du jeune prince Thamos comme roi d’Egypte. Mais Menes, précédent souverain renversé par le père de Thamos (Ramses) entend se venger sous les traits du grand prêtre Sethos. Or Thamos aime Saïs qui est en réalité la propre fille de Menès : Tharsis qui se cache parmi les vierges du temple. Le couple d’intrigants, le prince ambitieux Phéron et Mirza, la cheffe des vierges, convoitent eux aussi le pouvoir.

Entracte musical

Acte 2
Illusions et manipulation : Saïs / Tharsis avoue aimer le futur Roi Thamos, mais Mirza la destine à Pheron ; de son côté,, Thamos ne croit pas dans l’infidélité de Pheron.

Entracte musical

Acte 3
Pheron en dévoilant le projet de complot contre Thamos permet à Sethos de comprendre que sa fille Tharsis est vivante et se dissimule sous les traits de Saïs.

Entracte musical

Acte 4
Croyant qu’elle est trahie par Thamos, Saïs / Tharsis obéit à Mirza et se consacre au culte du soleil (dans la lumière, la jeune femme est pourtant aveuglée et manipulée). Thamos prend conscience de la trahison de Pheron : il est alors couronné Pharaon devant le chœur des prêtres et des vierges.

Acte 5
Apothéose de Thamos, couronné Pharaon… Sethos reconnaît Thamos comme Pharaon. Mirza échoue à soulever le peuple : elle se suicide. Insultant les dieux, Phéron est foudroyé. Sethos / Menes reconnaît sa fille Tharsis, la délivre de ses vœux au dieu du soleil et l’a fait reine d’Egypte, épouse de Thamos.

Entracte final avec chœur des prêtres et des vierges du soleil puis air du grand prêtre Sethos.

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VOIR le TEASER VIDEO THAMOS de MOZART par l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE :
 

CONCERT LIVE STREAMING, critique. LILLE, sam 17 avril 2021. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. MOZART : Concerto pour piano n°21. Marie-Ange NGUCI, piano / David Reiland, direction

CONCERT LIVE STREAMING, critique. LILLE, sam 17 avril 2021. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. MOZART : Concerto pour piano n°21. Marie-Ange NGUCI, piano / David Reiland, direction. Concert en live streaming au format raisonnable, un seul Concerto pour piano… mais quelle œuvre : du pur Mozart ; grave et tendre, c’est à dire bouleversant, capable de faire imploser l’esthétique galante par une intelligence versatile qui multiplie les champs de vision et les climats émotionnels les plus contrastés. Ce n°21 est certainement le moins conforme des Concertos de Wolfgang. Relevant les défis multiples d’une œuvre inclassable et complexe, déjà pleinement romantique (pourtant datée de février 1785), l’Orchestre National de Lille invite deux tempéraments accomplis, ambassadeurs inspirés de la psyché mozartienne : le chef David Reiland et la jeune soliste Marie-Ange Nguci, déjà sollicitée en juin dernier au Lille Piano(s) Festival 2020. Cette seconde présence, en dialogue avec les instrumentistes lillois sonnent comme la confirmation de la révélation éprouvée en 2020.

Entre grâce et majesté, profondeur et brio, Mozart conçoit une tragédie inscrite au cœur, tempête intérieure dans laquelle le chant ténu, cristallin, précis et intense de la pianiste tente de se reconstruire au diapason d’une résistance maintenue malgré la passion éruptive de ce mouvement panique initial. Toute la finesse de la pianiste éclaire ce mariage ineffable entre lucidité, tendresse, mélancolie et gouffre d’angoisse. Autant d’exaltation et de peine éperdue préfigure les éclairs des 3 dernières symphonies (à partir de 1788).
Entre sensibilité voire abandon, élégance et profonde voire grave tendresse, Marie-Ange Nguci masquée, éblouit par un jeu vif argent, viscéralement ancré dans la langueur, la conscience, un legato qui répare et console. La vibration intérieure se déploie ici dans les variations du premier mouvement dont la jeune pianiste fait un aria riche en crépitements et nuances, alliant passion et pudeur. Aucun doute, l’interprète éclaire ce romantisme à l’œuvre chez Mozart, d’autant que le chef David Reiland redouble de précision et de souplesse, en fin mozartien qu’il est (cf compte rendu du concert Mozart / Ravel, Arsenal de Metz, nov 2019).

 

 

 

La magie mozartienne par l’Orchestre national de Lille

Entre juvénilité et tendresse, gravité et fureur,
Marie-Ange Nguci éblouit dans le Concerto n°20 de Mozart

 

 

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Le mouvement central (noté « ROMANCE »), l’un des plus bouleversants de la littérature mozartienne (usé jusqu’à l’abus par les cinéastes de tout poil) déploie l’ivresse d’un clavier qui s’adoucit en dialogue avec les bois, mais sait mordre et rugir porté par l’accent des cordes ; sur le tapis des cordes bondissantes, murmurées, la pianiste s’accorde des instants suspendus, magiciens ; sa gravitas sobre, son sens de l’urgence (en sol mineur comme l’agitation de la symph 40 de juillet 1788), sa gestion des silences indiquent une maturité déjà entière.
Le FINALE (Rondo) irradie d’éclairs dramatiques et de fureur romantique grâce à l’acuité et la vivacité précise que sait susciter la direction du chef dont on soupçonne une attention particulière au raffinement des timbres, à leur équilibre, à la vivacité de leur subtil mélange, conçu par un Mozart, aussi gourmet que gourmand (jeu de la flûte, des hautbois, des bassons, en dialogue avec le piano enivré, extatique, comme en état de transe émerveillée et toujours attendrie)…
Le fini sonore et cette éloquence électrique rapprochent soudainement le Concerto n°21 du Mozart des planches lyriques, celui de Don Giovanni à venir (1787) comme de Cosi.
La dernière variation affirme l’absolu de la plénitude comme de la solitude d’un piano tendre et crépitant au jeu naturel et coulant, qui au contact des bois complices galope enfin dans les champs élyséens ; magie de la suprême légèreté, virtuose et précise, mesurée et souple, celle d’un enfance qui a jailli, lumineuse insouciance, sans entraves ni contraintes, après de sombres pressentiments, de terribles effondrements.

LILLE PIANOS fESTIVAL 2020 : l'événement digital en direct sur YOUTUBESuperbe récital qui confirme le talent volubile, profond, de Marie-Ange Nguci : ce 2è concert avec l’Orchestre National de Lille confirme le premier (en solo), lors du dernier LILLE PIANO(S) FESTIVAL de juin 2020) : la jeune artiste éloignée des montreurs d’agilité creuse, a pour elle, un feu intérieur qu’elle tirera bénéfice à cultiver dans cette tension et cette simplicité ; un tempérament musicien qu’il faut désormais suivre absolument.

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CONCERT LIVE STREAMING, critique. LILLE, sam 17 avril 2021. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. MOZART : Concerto pour piano n°21. Marie-Ange NGUCI, piano / David Reiland, direction. REVOIR le concert en REPLAY sur le chaîne YOUTUBE de l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, ICI

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LIVE STREAMING, LILLE, ONL : sam 17 avril 2021. MOZART : Cto pour piano n°20 – MA NGUCI / D REILAND

NGUCI-Marie-ange-piano-concert-critique-classiquenews-orchestre-national-de-lille-streaming-liveLIVE STREAMING, LILLE, ONL : sam 17 avril 2021. MOZART : Cto pour piano n°20 – MA NGUCI / D REILAND. Programme événement ce samedi grâce à la complicité de l’Orchestre National de Lille et du chef (actuel directeur musical de l’Orchestre national de Metz), David Reiland : l’Auditorium du Nouveau Siècle affiche en direct samedi à partir de 20h, l’un des concertos les plus éblouissants de Mozart, son n°20 : frappé du sceau de l’urgence, de la gravité, de la profondeur et de l’élégance… mozartienne. Il faut un toucher de velours qui sait aussi mordre pour exprimer l’écriture à la fois tendre et tragique du compositeur. En février 1785, Wolfgang est l’auteur le plus en vue de Vienne, capable d’un prodige alliant tendresse ineffable et grandeur sombre ; Haydn s’inclinera alors devant la partition et déclare à Leopold, le père de Mozart : « votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse ». Le raffinement de l’orchestration, la partie jamais « bavarde » ou strictement virtuose du piano, la volubilité des atmosphères, contrastées qui se succèdent avec naturel et même vertige, indiquent la maturité de Wolfgang qui choisit la même tonalité que l’ouverture du futur opéra « Don Giovanni » dès le début du Concerto. Un souffle intensément dramatique saisit immédiatement l’auditeur (Allegro). Le point d’accomplissement de la partition demeure le mouvement central ou « Romance » , ample prière suspendue, touchée par la grâce d’une inspiration qui regarde au delà du réel, qui exprime au delà de tout sentiment terrestre. Le Rondo final laisse se libérer l’invention parfois tumultueuse d’un esprit à vif : Mozart exprime tous les sentiments humains en un drame aussi intérieur que démonstratif. Il s’émancipe de la frivolité du style galant pour atteindre une profondeur nouvelle, pré-romantique. La fin semble d’une allégresse insouciante jusqu’au dernier accord, singulier qui interroge (ré/do dièse) : ainsi est la facétie mozartienne, trouble, ambivalente, multiple voire insondable à l’égal du choix du ré mineur pour ce rondo étourdissant, bouleversant. Une richesse allusive qui suscite l’interrogation. Est ce la raison pour laquelle le n°20 fut apprécié et joué par Beethoven (qui écrivit même sa propre cadence), inaugurant une passion que partageront (à juste titre) Brahms, Clara Schumann, Busoni… ?

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La jeune pianiste française Marie-Ange Nguci retrouve ainsi LILLE dont elle était la révélation du dernier LILLE PIANO(S) FESTIVAL (juin 2020) : on se souvient qu’en plein confinement de la culture, dans la stricte observation des mesures sanitaires, l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE proposait alors un festival 100% digital dont CLASSIQUENEWS a rendu compte des programmes principaux :
https://www.classiquenews.com/lille-pianos-festival-2020/

Aux côtés de Jonathan Biss (direct depuis Philadelphie), Jean-François Zygel (improvisant d’après Beethoven), David Kadouch dans un formidable concert de clôture, Marie-Ange Nguci affirmait son tempérament lunaire et cristallin dans un programme personnel (Bach / Busoni), Beethoven, Ravel, Scriabine.

NGUCI-marie-ange-piano-concert-critique-lille-pianos-digital-classiquenews-juin-2020« Fulgurant, mordant et d’une étonnante intelligence des contrastes, le jeu de Marie-Ange Nguci écoute la matière, fait surgir des élans murmurés d’une poétique étrange, liquide, suspendue, auxquels répondent des déflagrations tranchantes ; mais il y aussi un impressionnisme sonore qui s’écoule, et des rythmes qui s’entrecroisent et se chevauchent dans un festival émotionnel permanent, contrôlé, scintillant… », écrivions-nous lors du LILLE PIANO(S) FESTIVAL de juin 2020. LIRE ici nos comptes rendus du LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020 :
http://www.classiquenews.com/lille-pianos-festival-2020-ledition-100-digitale/

Ambassadrice des la profondeur mozartienne, l’interprète devrait dévoiler toute la palette de sa déjà riche sensibilité, d’autant plus sous la baguette d’un chef lui aussi mozartien jusqu’au bout des ongles, l’excellent David Reiland.

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VOIR le concert MOZART : Concerto pour piano n°20ORCHESTRE-NATIONAL-DE-LILLE-AUDITO-2.00-concert-digital-en-direct-depuis-l-auditorium-du-nouveau-siecle-lille-annonce-critique-concert-classiquenews
Marie Ange NGUCI, piano
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
David Reiland, direction
https://www.youtube.com/watch?v=WPvxff5nKEg&list=PLjt12Zt-aSM12p3JI5CXB8zllWROJOD9-&index=1

LIRE le programme de salle ici :
https://bit.ly/MozartConcertoONL​

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RETROUVER les concerts digitaux de l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
sur la chaîne YOUTUBE de l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE / «  AUDITO 2.0 », la salle de concert numérique de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille :
https://bit.ly/2INlAIg

RETROUVER LA PROCHAINE PROGRAMMATION du LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2021
ici : www.lillepianosfestival.fr

 

 

 

METZ. Concerts du nouvel An à l’Arsenal

METZ, 27, 28, 29 déc 2019. Concerts du NOUVEL AN. 3 dates pour fêter le Nouvel an 2020. On se prend à rêver que Metz, grâce à l’Arsenal qui est le lieu de résidence de l’Orchestre National de Metz, devienne un haut lieu de symphonisme à la fois flamboyant et élégantissime… dans la plus pure tradition viennoise. Déjà, voici un programme que n’auraient pas renié les instrumentistes du Philharmonique de Vienne, tant ils ont depuis longtemps déjà trouvé le style pour embraser comme personne, l’éclat, les couleurs, la souplesse des fameuses valses conues par la dynastie des Trauss père et fils… ; polkas, galops de la tribu Strauss, les deux Johann, père et fils, en tête. Les auditeurs messins ont bien de la chance de pouvoir suivre ici le travail du chef, directeur musical de l’Orchestre national de Metz, David Reiland. D’auant que ce dernier convainc de concert en concert par sa conception remarquable de l’articulation souple des cordes (compréhension spécifique des œuvres mozartiennes) à laquelle répond un souci non moins unique dans le relief et la définition équilibrée des couleurs de l’orchestre…

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Arsenal, Metzboutonreservation
CONCERTS DU NOUVEL AN
3 concerts à l’Arsenal de Metz
Orchestre national de Metz
David Reiland, direction
27 et 28 d̩cembre 2019 Р20h
29 d̩cembre 2019 Р16h

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/concert-du-nouvel-an-27dec

 

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programme :

Piotr Ilitch Tchaïkovski
La belle au bois dormant, Suite
Eugène Onéguine, Polonaise

Franz von Suppé
Cavalerie légère, Ouverture

Johann Strauss fils
Frühlingsstimmen
Wiener Blut
Le beau danube bleu

Johann Strauss père
Tritsch Tratsch Polka

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Programme repris pour 6 dates en tournée

DU 3 AU 11 JANVIER 2020
› Longeville-lès-Metz, Dieuze, Hombourg-Haut, Sarrebourg, Mancieulles, Chaumont
CONCERTS DU NOUVEL AN
Orchestre national de Metz

 VEN 3 JAN, 20H30
› Centre socio-culturel Robert Henry,
Longeville-lès-Metz

SAM 4 JAN, 20H
› Les Salines royales, Dieuze

DIM 5 JAN, 16H
› Salle des fêtes, Hombourg-Haut

JEU 9 JAN, 20H30
› Salle des fêtes, Sarrebourg

VEN 10 JAN, 20H30
› Espace Saint-Pierremont, Mancieulles

SAM 11 JAN, 20H
› Salle des fêtes, Chaumont

COMPTE-RENDU, critique, concert. METZ, Arsenal, le 22 nov 2019. MOZART, RAVEL. Orchestre National de Lorraine / David Reiland.

reiland-david-orchestre-national-de-metz-concert-annonce-classiquenewsCOMPTE-RENDU, critique, concert. METZ, Arsenal, le 22 nov 2019. MOZART, RAVEL. Orchestre National de Metz / David Reiland. Il est toujours révélateur voire édifiant de faire dialoguer au cours d’une même soirée les deux compositeurs ; le premier, Mozart, génie de l’élégance et de la sincérité incarnées ; le second, Ravel, grand admirateur du premier, restant le modèle absolu du raffinement et de l’incandescence… On regrette même la césure réalisée entre les deux parties du concert messin à l’Arsenal, tant leur génie respectif parle, dans l’écriture orchestrale, d’une même lumière, d’une même exigence.

 

 

 
Le National de Metz à son meilleur

Grâce brillante, introspective de Mozart
Volupté éruptive de Ravel…

 

 

 

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David Reiland, directeur musical de l’Orchestre National de Metz © C Guir / Cité musicale METZ

 

 

 

 

Directeur musical du National de Metz, David Reiland a le souci du détail comme de l’architecture; passé par Salzbourg, il connait l’équilibre subtile qui fait rayonner une sonorité spécifique à l’orchestre en particulier dans la symphonie concertante pour violon et alto de Wolfgang, un sommet de tout ce qui, relevant de l’esprit des lumières, fut capable en intelligence, légèreté, esprit de conversation. Le tapis instrumental entre cordes et bois redouble de flexibilité bondissante, de vivacité élégante, de nerf comme d’éloquence, en particulier au niveau des cordes toujours magnifiquement galbées sous le pilotage du chef.
Les deux solistes invités Alena Baev (violon) et Adrien la Marca (alto), affirment une indéniable musicalité, brillant comme deux gemmes complémentaires ; elle, du fait de la tessiture et du timbre même de son instrument, solaire et vibrante ; lui, complice attentionné, tel son double noir, sombre évidemment- instrument que jouait Wolfgang lui-même, séduisant, percutant par cette gravitas, moins bavarde, plus subjective, directe. La personnalité des deux tempéraments rayonne enveloppés, portés par un tel écrin orchestral. Du moins on note une disposition plus solistique chez elle comparée à son partenaire… qui en plusieurs reprises et appels en regards complices, … n’est guère exaucé. Qu’importe la musicalité est là, rayonnante.
De son côté, la direction du chef éblouit indiscutablement, ciselant un Mozart d’une acuité expressive directe mais nuancée en particulier dans le formidable Andante central qui atteint une profondeur hors temps suspendue, déjà romantique. Selon cette clairvoyance visionnaire dont est capable Mozart et dont il garde le secret spécifique.

La deuxième partie, purement orchestrale, confirme la complicité créative, engageante entre chef et musiciens.
Les Ravel sont tout autant passionnants. Ils révèlent sous le feu flamboyant des instrumentistes la part de lucidité et de clairvoyance finalement terrifiante d’un compositeur rattrapé par le cynisme le plus impitoyable. La Valse tout d’abord déroule des rubans de soie voluptueux et melliflus, mais le rythme enivrant implose bientôt en plein vol, produisant des sirènes étourdissantes ; spasmes et convulsions d’une irrépressible douleur : témoin de la guerre et de la barbare sanguinaire, Ravel tire la sonnette d’alarme orchestrale. On oublie souvent sous les effets d’une volupté amplifiée, oublieuse, et de plus en plus affirmée, le cri de cette conscience douloureuse. David Reiland et son orchestre expriment cette implosion graduelle qui fait basculer un élan préalablement enivré… en cauchemar formellement détonant.
Même accomplissement pour le Boléro, entêtant et envoûtant à souhait mais aussi d’une précision millimétrée que n’aurait pas renié Ravel lui-même, passionné de mécanique et d’horlogerie (grâce à son père). On y détecte dans la précision et une transparence rythmiquement hypnotique (cf le mordant imperturbable de la caisse claire et sa formule rythmique d’un bout à l’autre, énoncée comme un compte à rebours), un même cycle de destruction qui passe de l’ivresse mélodique à la convulsion orgiaque.
Assurément un concert rondement défendu qui confirme le niveau acquis grâce à l’entente du chef et des instrumentistes du National de Metz lesquels au terme de plusieurs bis n’hésitent pas à saluer comme le fait le public plus qu’enthousiaste, le charisme engageant de leur directeur musical. Voilà qui positionne idéalement le National de Metz ainsi électrisé par son chef, parmi le top 6 des meilleurs orchestres hexagonaux. A suivre.

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, critique, concert. METZ, Arsenal, le 22 nov 2019. MOZART, RAVEL. Orchestre National de Metz / David Reiland.

 

 

 

 

Critique précédente concert David Reiland / Orchestre National de Metz (13 sept 2019) :

COMPTE-RENDU, critique. MEZT, Arsenal, le 13 sept 2019. Concert d’ouverture saison 2019 2020. Mozart : Symphonie n°41 « Jupiter » / BERLIOZ : Harold en Italie. Adrien Boisseau, alto. Orchestre National de METZ. David Reiland, direction. Très réussi et même passionnant premier concert du National de Metz à l’Arsenal : pour l’ouverture de sa nouvelle saison 2019 – 2020, l’Orchestre National de Metz jouait ce vendredi 13 septembre 2019, Mozart puis Berlioz sous la direction de son directeur musical, depuis septembre 2018, David Reiland. La 41è faisait ainsi son entrée au répertoire de la phalange messine ; un point important car il s’agit aussi pour le maestro d’élargir et d’enrichir toujours les champs musicaux des instrumentistes messins. David Reiland a dirigé la 40è ici même en 2015, alors qu’il n’était pas encore directeur musical. Le maestro nous offre deux lectures investies, abouties, étonnamment ciselées et vivantes.

 

 

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METZ, Arsenal, ce soir : La Valse de Ravel par David Reiland

reiland david maestro mains baguette enchanteresseMETZ, Arsenal. ce soir 22 nov, 20h. LA VALSE de RAVEL. L’Orchestre National de METZ et David Reiland (notre photo, DR) jouent la si délicate Valse de Ravel, hymne à la danse et aussi orgie progressive de rythmes et de couleurs dans laquelle Maurice le si mesuré et pudique, « ose » faire imploser le tissu symphonique jusqu’à la transe la plus débridée, à l’obsessionnelle ivresse. Auparavant la virtuosité, spécialité toute française et parisienne au XVIIIè, transporte grâce à la Symphonie Concertante de Mozart, créée à Paris en 1779 où brillent en dialogue avec l’orchestre, deux invités attendus, prometteurs : l’alto (Adrien La Marca) et le violon (Alena Baeva).

METZ, Arsenal
Orchestre National de Metz
David Reiland, direction
violon : Alena Baeva
alto : Adrien La Marca

Vendredi 22 novembre 2019, 20h

RESERVEZ
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/la-valse-de-ravel
1h15 + entracte

Clés d’écoute, conférence préalable par Philippe Malhaire
19h РEntr̩e libre

Programme

MOZART : Ouverture de Cosi fan tutte / Symphonie Concertante

RAVEL : La Valse / Le Boléro

La Valse de Ravel

reiland david maestro mains baguette enchanteresseMETZ, Arsenal. Ven 22 nov 19. LA VALSE de RAVEL. L’Orchestre National de METZ et David Reiland (notre photo, DR) jouent la si délicate Valse de Ravel, hymne à la danse et aussi orgie progressive de rythmes et de couleurs dans laquelle Maurice le si mesuré et pudique, « ose » faire imploser le tissu symphonique jusqu’à la transe la plus débridée, à l’obsessionnelle ivresse. Auparavant la virtuosité, spécialité toute française et parisienne au XVIIIè, transporte grâce à la Symphonie Concertante de Mozart, créée à Paris en 1779 où brillent en dialogue avec l’orchestre, deux invités attendus, prometteurs : l’alto (Adrien La Marca) et le violon (Alena Baeva).

METZ, Arsenal
Orchestre National de Metz
David Reiland, direction
violon : Alena Baeva
alto : Adrien La Marca

Vendredi 22 novembre 2019, 20h

RESERVEZ
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/la-valse-de-ravel
1h15 + entracte

Clés d’écoute, conférence préalable par Philippe Malhaire
19h РEntr̩e libre

Programme

MOZART : Ouverture de Cosi fan tutte / Symphonie Concertante

RAVEL : La Valse / Le Boléro

COMPTE-RENDU, critique. MEZT, Arsenal, le 13 sept 2019. Concert d’ouverture saison 2019 2020. Mozart : Symphonie n°41 « Jupiter » / BERLIOZ : Harold en Italie. Adrien Boisseau, alto. Orchestre National de METZ. David Reiland, dir.

COMPTE-RENDU, critique. MEZT, Arsenal, le 13 sept 2019. Concert d’ouverture saison 2019 2020. Mozart : Symphonie n°41 « Jupiter » / BERLIOZ : Harold en Italie. Adrien Boisseau, alto. Orchestre National de METZ. David Reiland, direction. Très réussi et même passionnant premier concert du National de Metz à l’Arsenal : pour l’ouverture de sa nouvelle saison 2019 – 2020, l’Orchestre National de Metz jouait ce vendredi 13 septembre 2019, Mozart puis Berlioz sous la direction de son directeur musical, depuis septembre 2018, David Reiland. La 41è faisait ainsi son entrée au répertoire de la phalange messine ; un point important car il s’agit aussi pour le maestro d’élargir et d’enrichir toujours les champs musicaux des instrumentistes messins. David Reiland a dirigé la 40è ici même en 2015, alors qu’il n’était pas encore directeur musical. Le maestro nous offre deux lectures investies, abouties, étonnamment ciselées et vivantes.

 

 

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Dans les faits, c’est d’abord un formidable travail sur les cordes qui s’affirme : flexibilité et articulation constantes, apportant à l’architecture mozartienne sa grande solidité structurelle et un sens naturel des respirations. Chaque phrase est magistralement étirée, explicitée, avec des nuances savoureuses, sur des tempi roboratifs. Ainsi l’Allegro initial affirme une énergie pleine d’équilibre et d’élégance, parfaitement adapté au dessin néoclassique et lui-même architecturé de la grande salle. L’Andante qui suit saisit par son intensité et sa profondeur dans l’épure la mieux énoncée ; c’est une effusion là encore riche en nuances et passages dynamiques maîtrisés où deux qualités nous semblent désormais emblématiques de David Reiland : sa tendresse intérieure, son élégance expressive. Du très peu – un matériau finalement très réduit, le chef construit une totalité qui respire et émeut ; révélant chez Mozart, le magicien du cÅ“ur et de la profondeur ; sa mélancolie déjà romantique, son urgence à la dépasser… Enfin le Finale (Molto Allegro) gagne un surcroît de mordant et d’articulation, révélant la puissance d’un contrepoint dont l’énergie mais aussi le détail des timbres, la violence rythmique préfigurent déjà Beethoven. Et l’on se dit, davantage qu’ailleurs, comme il aurait été passionnant sous une telle direction, de découvrir ce que Mozart aurait composé après 1791 s’il n’était pas mort si tôt.

 

 

 

Dans la forge berliozienne,
élégance et nuance, passion et contrastes de David Reiland

 

 

 

Reiland davidDans la seconde partie (après l’entracte), un autre bain orchestral, celui tout aussi captivant du Berlioz de 1834. Soit quatre ans après la Fantastique qui est déjà en soi un Everest symphonique. Déjà présenté (mais avec récitant) à La Côté Saint-André cet été dans le cadre du Festival BERLIOZ 2019 (celui des 150 ans de la mort d’Hector), « Harold en Italie » stigmatise les sentiments contradictoires de Berlioz avec l’Italie. David Reiland en délivre une lecture magistrale par son souci du détail, de la tension et de la respiration poétique. Chaque accent semble inscrit dans un vaste mouvement dont la compréhension globale surprend et convainc. Chez Berlioz, le motif du paysage italien suscite un embrasement des sens, de la jubilation extatique à la transe quasi grimaçante (cf le Finale et son « orgie de brigands »), dévoilant chez Hector, l’alchimiste symphonique, dont la fougue et l’inventivité n’empêchent (grâce à la sensibilité hyperactive du chef) ni la clarté ni la transparence.
En jouant de tous les filtres ensorcelants nés du souvenir, Berlioz édifie un monument à plusieurs plans et registres; dont les rugissements surtout après le final de l’Orgie de Brigands laissent l’auditeur, sidéré. La texture orchestral se fait grand cerveau émotionnel dont les strates renvoient aux souvenirs réels ou fantasmés. David Reiland décrypte cette matière en fusion, entre imagination et réalité, aux épanchements imprévisibles. Grand amoureux, Berlioz reste un grand frustré, toujours insatisfait : il ne s’épargne aucun accent ténu, aucune trouvaille de timbres inédite pour exprimer au plus juste, le sentiment d’une immense et permanente insatisfaction. Voilà pourquoi l’énonciation de l’idée fixe, amoureuse, bascule souvent dans la folie. Mais quelle folie, car elle passe par le chant libéré d’un orchestre laboratoire. Sous la direction du jeune maestro, l’auditeur ne perd aucun accent instrumental, aucune phrase musicale, tant la précision du chef est constante. Et sa concentration, généreuse en indications gestuelles.

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David Reiland © Cyrille Guir / CMM cité musicale METZ 2019

Dès le premier tableau « Harold aux montagnes », chef et instrumentistes font surgir le massif naturel de l’ombre, avec une tendresse déjà mélancolique qui tient du mystère : David Reiland exprime cette alliance spécifique à Berlioz qui fusionne rêverie et fantastique. La tendresse intérieure, contemplative de l’alto d’Adrien Boisseau, trouve constamment le ton juste et une sonorité quasi voluptueuse, dans ce vortex d’une rare poésie. On y retrouve, talent rare de la filiation née d’un programme habilement construit, cette même tendresse grave qui se déployait dans l’Andante de la Jupiter mozartienne écoutée dans la première partie.… On ne doute plus de l’extrême sensibilité du chef, sa maestrià élégantissime à passer d’un univers à l’autre.
Ciselant une définition et une articulation là encore très françaises, David Reiland joue avec autant d’intelligence sur les effets sonores et de spatialisation, soulignant aux côtés du Berlioz, orchestrateur fascinant, l’immense paysagiste (comme Turner dilate l’espace et creuse l’infini de la couleur), capable d’élargir de façon cosmique, les perspectives orchestrales, en étagement, en profondeur, en hauteur. Ici s’affirme déjà l’auteur des champs goethéens de la Damnation de Faust (créée en 1846).

La fin du même premier mouvement est ensuite caractérisée avec le nerf et une énergie de tous les diables, comme si la grande machine symphonique s’emballait, en une distanciation, désormais et réaliste et cynique, de l’idéal amoureux. La forge musicale resplendit alors dans toute sa perfection vivante car il revient au chef un travail exemplaire sur la mise en place, la compréhension de l’architecture et du drame, – exposition et réitérations…, le sens et la direction du flux orchestral, l’audace des timbres et des couleurs qui scintillent tout en se reconstruisant en permanence.

DAVID REILAND, maestrissimo !Quelle belle idée de prendre le tempo précisé par Hector lui-même dans la marche des pèlerins (106 à la noire) : le maestro offre une relecture complète sur un tempo revivifié, celui d’une marche active et sportive qui souligne la structure allante de l’architecture berliozienne. Mêmes vertiges mais ceux ci superbement contrastés dans le vaste épisode final (Orgie de brigands) où les remous du bain orchestral atteignent houle et tempête d’un océan spectaculaire. C’est un épisode de récapitulation où tous les thèmes sont réexposés et superposés en un contrepoint proprement … cosmique. L’imagination de Berlioz n’a pas de limites : ravélien naturel, David Reiland, orfèvre des nuances et capable d’un souffle irrésistible, y réalise une parure instrumentale et une direction saisissantes. Aucun doute, l’Orchestre a trouvé son chef. Cette nouvelle saison (la seconde donc sous son mandat) s’annonce prometteuse. Et le concert s’inscrit parmi les meilleures contributions à l’anniversaire Berlioz 2019. A suivre.

 

 

 

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David Reiland et l’Orchestre National de Metz © Cyrille Guir / CMM cité musicale METZ 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, critique. MEZT, Arsenal, le 13 sept 2019. Concert d’ouverture la saison 2019 2020. Mozart : Symphonie n°41 « Jupiter » / BERLIOZ : Harold en Italie. Adrien Boisseau, alto. Orchestre National de METZ. David Reiland, direction.

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LIRE aussi pour les 150 ans en 2019 de la mort de Hector Berlioz, notre grand dossier BERLIOZ 2019 :
http://www.classiquenews.com/berlioz-2019-dossier-pour-les-150-ans-de-la-mort/?fbclid=IwAR2Co0LYiAjWECfKJKZx6d-NzRJjfVIGlsi4SraP4R8MgZmhpWyQ48xTTJg

 

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PROCHAIN CONCERT de l’Orchestre national de METZ, dirigé par David REILAND à l’Arsenal de METZ : Le Boléro de Ravel dans un dispositif décomplexé, accessible

METZ, Arsenal. Ravel : BOLÉRO, dim 22 sept 2019, 18h. APERO-CONCERT. LIRE ici notre présentation du Boléro de Ravel par David Reiland et le National de Metz :
https://www.classiquenews.com/metz-apero-concert-le-bolero-de-maurice-ravel/

LIRE aussi notre présentation de HAROLD en Italie de Berlioz :
https://www.classiquenews.com/metz-concert-douverture-david-reiland-joue-berlioz/ 

 

 

 

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Découvrez aussi la nouvelle saison 2019 2020 de la cité musicale Metz, et nos temps forts à ne pas manquer :

 

 

https://www.classiquenews.com/metz-cite-musical-metz-saison-2019-2020-temps-forts/METZ Cité musicale-METZ, saison 2019 – 2020. La nouvelle saison 2019 2020 de la Cité musicale-Metz affirme davantage l’ampleur de la vie culturelle et musicale destinées au messins et aux visiteurs de METZ. A travers son éloquente diversité des lieux et des offres (aux côtés de l’Orchestre National de Metz, trois salles à METZ : Arsenal, BAM, Trinitaires), la programmation messine affiche un bel éclectisme, pourtant doué d’une cohérence manifeste. L’offre sait exploiter à l’échelle de la ville, les sites et phalanges présentes pour unifier et clarifier davantage l’offre musique et danse à Metz. En plus de son cœur artistique, la Cité musicale-Metz favorise les plaisirs de la musique à travers ses actions d’éducation artistique, de médiations, ses nombreuses rencontres conviviales, familiales… lesquelles tissent désormais un lien constant entre l’art et les citoyens. En somme, un modèle de culture vivante intégrée.

 

 

 

 

 

 

METZ, concert d’OUVERTURE : David REILAND joue BERLIOZ

reiland-david-chef-maaestro-orchestre-national-de-metz-critique-concert-critique-opera-classiquenewsMETZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metzMETZ, Arsenal. Le 13 sept 19 : Mozart, Berlioz. D. Reiland. Concert symphonique d’ouverture de la nouvelle saison 2019 2020. L’orchestre maison ouvre le grand bal musical de sa nouvelle saison 2019 2020 : sous la direction du chef David Reiland, nouveau directeur musical in loco, le programme promet d’être à la fois généreux et orchestralement passionnant. En septembre 2019, Metz est ainsi à la fête, grâce au premier concert symphonique de septembre. Au programme, grand bain orchestral avec le dernier MOZART, virtuose de l’écriture orchestrale et d’une furieuse invention dans un triptyque ultime que les plus grands chefs ont pris soin d’aborder avec la profondeur et l’énergie requise et dont David Reiland nous propose le volet final, la Symphonie n°41 dite « Jupiter » : véritable manifeste de l’éloquence et de la souveraineté orchestrale, traversé dès son premier mouvement par un feu romantique irrésistible. A cette source, s’abreuve Beethoven, l’inventeur de l’orchestre romantique avec MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsBerlioz. Apothéose conclusive, le dernier morceau fugué, lumineux et victorieux, semble synthétiser tout ce que véhicule l’esprit des Lumières. Mais le directeur musical du National de METZ célèbre aussi, aux côtés de Mozart, l’année BERLIOZ 2019 : il nous réserve une nouvelle lecture de sa Symphonie avec alto, « Harold en Italie » de 1834. Berlioz , jamais en reste d’une nouvelle forme, y réinvente le plan symphonique avec instrument obligé. Dans Harold, il prolonge de nombreuses innovations inaugurées dans la Symphonie Fantastique de 1830, mais s’intéresse surtout à redéfinir la relation entre l’instrument soliste et la masse de l’orchestre : pas vraiment dialogue, ni confrontation ; en réalité, c’est une approche « picturale », l’alto apportant sa couleur spécifique dans la riche texture orchestrale, fusionnant avec elle, ou se superposant à elle… Comme toujours chez Berlioz, l’écriture symphonique sert un projet vaste et poétique, où l’écriture repousse toujours plus loin les limites et les ressources de l’orchestre monde. Concert événement.

 

 

A Metz, pour ouvrir la saison 2019 2020 de la Cité Musicale, David Reiland dirige le National de Metz dans un programme ambitieux, réjouissant : MOZART / BERLIOZ

 

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METZ Arsenal, grande salleboutonreservation
vendredi 13 septembre 2019, 20h
Concert symphonique d’ouverture
nouvelle saison 2019 2020
1h15 + entracte

Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n°41 (Jupiter)
Hector Berlioz : Harold en Italie

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/concert-ouverture-de-saison_1

 
 

 

 

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HAROLD en ITALIE (1834)
berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsRien dans la vie de Berlioz n’égale le déferlement de flux passionnel à l’évocation de son séjour italien, lié à l’obtention du Prix de Rome en 1830. En marque l’accomplissement révolutionnaire, la Symphonie Fantastique, manifeste éloquent de la réforme entreprise par Hector au sein de son orchestre laboratoire. Tout autant exaltées, les années qui suivent ses fiançailles avec la belle aimée, l’actrice Harriet Smithson (octobre 1833). Même si la comédienne adulée dans Shakespeare lui apporte son lot de dettes, le couple connaît de premières années bénies, comme l’affirme la naissance de leur seul fils, Louis. Le jeune père compose alors une partition délirante, voire autobiographique (comme pouvait l’être l’argument de la Fantastique) mais ici avec un instrument obligé, l’alto. Pressé par Paganini, Berlioz écrit une symphonie avec alto, quand il lui était demandé au préalable un concerto pour alto. Ainsi s’impose le génie expérimental de Berlioz : toujours repousser les limites du champs instrumental dans une forme orchestrale toujours mouvante. Hector s’inspire du héros de Byron, Childe Harold, être fantasque, rêveur, mélancolique, toujours insatisfait… le double de Berlioz ? Découvrant la partition inclassable, Paganini s’étonne et déçu, déclare : je n’y joue pas assez. Finalement c’est le virtuose Chrétien Uhran qui crée l’oeuvre nouvelle le 23 nov 1834 au Conservatoire de Paris. En 4 parties, le programme répond à l’imaginaire berliozien qui inscrit toujours le héros messianique, seul, fier, face au destin ou à la force des éléments ou des paysages…

1 – Harold aux montagnes, scène de mélancolie, de bonheur et de joie (adagio – allegro) – souvenirs de Berlioz de ses promenades dans les Abruzzes à l’époque de son séjour romain : traitement insolite, la partie d el’alto qui surgit ou se glisse dans la masse orchestral, s’y superpose ou fusionne, mais ne dialogue jamais selon le principe du concerto. Berlioz agit comme un peintre
2 – Marche des pèlerins chantant la prière du soir (allegretto) / souvenir des pèlerins italiens aperçus à Subiaco. Berlioz y exprime la souffrance des pénitents marcheurs, forcenés (répétition de segments monotaunes de 8 mesures)
3 – Sérénade d’un montagnard des Abruzzes à sa maîtresse / Allegro assai – allegretto : le cor anglais s’empare de la mélodie simple et amoureuse
4 – orgie de brigands, souvenirs / aucun développement symphonique chez Berlioz ne peut s’achever sans un délire sensuel débraillé, à la fois autoritaire et ivre (comme plus tard Ravel) / Allegro frenetico : la force rythmique trépigne, entraînant l’alto qui est saisi d’un haut le cÅ“ur face à la sauvagerie libérée (Berlioz précise ici « l’on rit, boit, frappe, brise, tue et viole »). Rien de moins.
La création suscite un vif succès. Mais Berlioz éternel frustré, désespère de n’attirer plus de foule. Mais compensation, il devient critique musical responsable de la chronique musicale dans le Journal des Débats, à la demande du directeur, Louis-François Bertin (portraituré par Ingres). S’il n’est écouté par le plus grand nombre, il sera lu par un lectorat mélomane, choisi et curieux.

 

 

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reiland david face vignette maestro classiquenewsDAVID REILAND, directeur musical de l’Orchestre National de Metz… Chef belge (né à Bastogne), David Reiland fait partie des baguettes passionnantes à suivre tant son travail avec les musiciens d’orchestre renouvellent souvent l’approche du répertoire. Chaque session en concert apporte son lot d’ivresse, de dépassement, de rélévations aussi pour le public. Dans son cas, l’idéal et le perfectionnisme constants portent une activité jamais neutre, une intention sensible qui fait parler la musique et chanter les textes… Metz a le bénéfice de ce tempérament enthousiasmant dont la nouvelle saison 2019 – 2020 devrait davantage dévoiler la valeur de son travail avec l’Orchestre National de Metz dont il est directeur musical depuis 2018.
Il aime exprimer l’âme, le souffle de la musique en un geste habité, qui se fait l’expression d’un contact physique avec la matière sonore qu’il rend franche ou soyeuse, âpre ou onctueuse, toujours passionnément expressive à l’adresse du public.

reiland david-reiland-2-412x332Formé à Bruxelles, Paris, puis au Mozarteum de Salzbourg, en poste au Luxembourg et maintenant à Metz, David Reiland a su affirmer une belle énergie qui prend en compte le formidable outil qu’est la salle de concert de l’Arsenal de Metz ; son acoustique cultive la transparence qui convient idéalement à son agencement architecturale intérieure : dans cet écrin à l’élégance néoclassique, Le chef à Metz entend défendre le répertoire du XVIIIè musique (Mozart et Haydn), mais aussi la musique romantique française, afin de séduire et fidéliser tous les publics (surtout ceux toujours frileux à l’idée de pousser les portes de l’institution pour y ressentir l’expérience orchestrale).
David Reiland dirigeait déjà l’Orchestre messin dans la Symphonie n°40 de Mozart en 2015…

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METZ Cité Musicale : Concert inaugural de la saison 2019 2020. David Reiland joue BERLIOZ

reiland-david-chef-maaestro-orchestre-national-de-metz-critique-concert-critique-opera-classiquenewsMETZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metzMETZ, Arsenal. Le 13 sept 19 : Mozart, Berlioz. D. Reiland. Concert symphonique d’ouverture de la nouvelle saison 2019 2020. L’orchestre maison ouvre le grand bal musical de sa nouvelle saison 2019 2020 : sous la direction du chef David Reiland, nouveau directeur musical in loco, le programme promet d’être à la fois généreux et orchestralement passionnant. En septembre 2019, Metz est ainsi à la fête, grâce au premier concert symphonique de septembre. Au programme, grand bain orchestral avec le dernier MOZART, virtuose de l’écriture orchestrale et d’une furieuse invention dans un triptyque ultime que les plus grands chefs ont pris soin d’aborder avec la profondeur et l’énergie requise et dont David Reiland nous propose le volet final, la Symphonie n°41 dite « Jupiter » : véritable manifeste de l’éloquence et de la souveraineté orchestrale, traversé dès son premier mouvement par un feu romantique irrésistible. A cette source, s’abreuve Beethoven, l’inventeur de l’orchestre romantique avec MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsBerlioz. Apothéose conclusive, le dernier morceau fugué, lumineux et victorieux, semble synthétiser tout ce que véhicule l’esprit des Lumières. Mais le directeur musical du National de METZ célèbre aussi, aux côtés de Mozart, l’année BERLIOZ 2019 : il nous réserve une nouvelle lecture de sa Symphonie avec alto, « Harold en Italie » de 1834. Berlioz , jamais en reste d’une nouvelle forme, y réinvente le plan symphonique avec instrument obligé. Dans Harold, il prolonge de nombreuses innovations inaugurées dans la Symphonie Fantastique de 1830, mais s’intéresse surtout à redéfinir la relation entre l’instrument soliste et la masse de l’orchestre : pas vraiment dialogue, ni confrontation ; en réalité, c’est une approche « picturale », l’alto apportant sa couleur spécifique dans la riche texture orchestrale, fusionnant avec elle, ou se superposant à elle… Comme toujours chez Berlioz, l’écriture symphonique sert un projet vaste et poétique, où l’écriture repousse toujours plus loin les limites et les ressources de l’orchestre monde. Concert événement.

 

 

A Metz, pour ouvrir la saison 2019 2020 de la Cité Musicale, David Reiland dirige le National de Metz dans un programme ambitieux, réjouissant : MOZART / BERLIOZ

 

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vendredi 13 septembre 2019, 20h
Concert symphonique d’ouverture
nouvelle saison 2019 2020
1h15 + entracte

Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n°41 (Jupiter)
Hector Berlioz : Harold en Italie

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HAROLD en ITALIE (1834)
berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsRien dans la vie de Berlioz n’égale le déferlement de flux passionnel à l’évocation de son séjour italien, lié à l’obtention du Prix de Rome en 1830. En marque l’accomplissement révolutionnaire, la Symphonie Fantastique, manifeste éloquent de la réforme entreprise par Hector au sein de son orchestre laboratoire. Tout autant exaltées, les années qui suivent ses fiançailles avec la belle aimée, l’actrice Harriet Smithson (octobre 1833). Même si la comédienne adulée dans Shakespeare lui apporte son lot de dettes, le couple connaît de premières années bénies, comme l’affirme la naissance de leur seul fils, Louis. Le jeune père compose alors une partition délirante, voire autobiographique (comme pouvait l’être l’argument de la Fantastique) mais ici avec un instrument obligé, l’alto. Pressé par Paganini, Berlioz écrit une symphonie avec alto, quand il lui était demandé au préalable un concerto pour alto. Ainsi s’impose le génie expérimental de Berlioz : toujours repousser les limites du champs instrumental dans une forme orchestrale toujours mouvante. Hector s’inspire du héros de Byron, Childe Harold, être fantasque, rêveur, mélancolique, toujours insatisfait… le double de Berlioz ? Découvrant la partition inclassable, Paganini s’étonne et déçu, déclare : je n’y joue pas assez. Finalement c’est le virtuose Chrétien Uhran qui crée l’oeuvre nouvelle le 23 nov 1834 au Conservatoire de Paris. En 4 parties, le programme répond à l’imaginaire berliozien qui inscrit toujours le héros messianique, seul, fier, face au destin ou à la force des éléments ou des paysages…

1 – Harold aux montagnes, scène de mélancolie, de bonheur et de joie (adagio – allegro) – souvenirs de Berlioz de ses promenades dans les Abruzzes à l’époque de son séjour romain : traitement insolite, la partie d el’alto qui surgit ou se glisse dans la masse orchestral, s’y superpose ou fusionne, mais ne dialogue jamais selon le principe du concerto. Berlioz agit comme un peintre
2 – Marche des pèlerins chantant la prière du soir (allegretto) / souvenir des pèlerins italiens aperçus à Subiaco. Berlioz y exprime la souffrance des pénitents marcheurs, forcenés (répétition de segments monotaunes de 8 mesures)
3 – Sérénade d’un montagnard des Abruzzes à sa maîtresse / Allegro assai – allegretto : le cor anglais s’empare de la mélodie simple et amoureuse
4 – orgie de brigands, souvenirs / aucun développement symphonique chez Berlioz ne peut s’achever sans un délire sensuel débraillé, à la fois autoritaire et ivre (comme plus tard Ravel) / Allegro frenetico : la force rythmique trépigne, entraînant l’alto qui est saisi d’un haut le cÅ“ur face à la sauvagerie libérée (Berlioz précise ici « l’on rit, boit, frappe, brise, tue et viole »). Rien de moins.
La création suscite un vif succès. Mais Berlioz éternel frustré, désespère de n’attirer plus de foule. Mais compensation, il devient critique musical responsable de la chronique musicale dans le Journal des Débats, à la demande du directeur, Louis-François Bertin (portraituré par Ingres). S’il n’est écouté par le plus grand nombre, il sera lu par un lectorat mélomane, choisi et curieux.

 

 

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reiland david face vignette maestro classiquenewsDAVID REILAND, directeur musical de l’Orchestre National de Metz… Chef belge (né à Bastogne), David Reiland fait partie des baguettes passionnantes à suivre tant son travail avec les musiciens d’orchestre renouvellent souvent l’approche du répertoire. Chaque session en concert apporte son lot d’ivresse, de dépassement, de rélévations aussi pour le public. Dans son cas, l’idéal et le perfectionnisme constants portent une activité jamais neutre, une intention sensible qui fait parler la musique et chanter les textes… Metz a le bénéfice de ce tempérament enthousiasmant dont la nouvelle saison 2019 – 2020 devrait davantage dévoiler la valeur de son travail avec l’Orchestre National de Metz dont il est directeur musical depuis 2018.
Il aime exprimer l’âme, le souffle de la musique en un geste habité, qui se fait l’expression d’un contact physique avec la matière sonore qu’il rend franche ou soyeuse, âpre ou onctueuse, toujours passionnément expressive à l’adresse du public.

reiland david-reiland-2-412x332Formé à Bruxelles, Paris, puis au Mozarteum de Salzbourg, en poste au Luxembourg et maintenant à Metz, David Reiland a su affirmer une belle énergie qui prend en compte le formidable outil qu’est la salle de concert de l’Arsenal de Metz ; son acoustique cultive la transparence qui convient idéalement à son agencement architecturale intérieure : dans cet écrin à l’élégance néoclassique, Le chef à Metz entend défendre le répertoire du XVIIIè musique (Mozart et Haydn), mais aussi la musique romantique française, afin de séduire et fidéliser tous les publics (surtout ceux toujours frileux à l’idée de pousser les portes de l’institution pour y ressentir l’expérience orchestrale).
David Reiland dirigeait déjà l’Orchestre messin dans la Symphonie n°40 de Mozart en 2015…

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Metz, apéro-concert : le BOLÉRO de Maurice Ravel

ravel maurice compositeurMETZ, Arsenal. Ravel : BOLÉRO, dim 22 sept 2019, 18h. APERO-CONCERT. De retour d’une tournée aussi harassante que triomphale aux USA, début 1928, Ravel rentre en avril 1928 au Havre et y termine à l’automne le Boléro. C’est peu dire que le compositeur soucieux du détail et de la précision, admirait la mécanique : une vision d’usine aurait inspiré la partition orchestrale qui répond à la commande passée par la danseuse Ida Rubinstein, pour la musique d’un nouveau ballet devant durer… moins de 17 mn. Il en découle la répétition d’un motif (« arabo-espagnol ») fixé dès l’été 1928 à Saint-Jean de Luz : répété, en un vaste crescendo et qui s’inspire de la Danse Grotesque de Daphnis… Ainsi 169 fois, s’affirme l’ostinato (ritournelle, procédé baroque) en un vaste crescendo où l’orchestre semble expérimenter toutes les couleurs, les alliages de timbres, les procédés qui font dialoguer les 2 motifs, qui les opposent, les détournent, les fusionnent… en un râle (tutti) à la fois lascif et libérateur. On dit même que la partition dans son flux, respecte les 5 phases du sommeil, de l’endormissement au rêve profond ; et aussi les paliers vers l’ivresse extatique car le caractère progressivement charnel du morceau, pour ne pas dire érotique, voire orgasmique, ne serait pas étranger à son fabuleux succès à travers le monde. Peu à peu, à mesure que chaque instrument s’empare du thème, les auditeurs peuvent réviser le langage orchestral : et identifier quand ils jouent ou sont mis en avant, le tambour / caisse claire, la flûte, la clarinette, le basson, la petite clarinette, le hautbois d’amour, la flûte avec trompette en sourdine, le saxophone ténor puis soprano, puis l’alliance jubilatoire des célesta / cor / piccolos… jusqu’à l’avènement des cordes, de la trompette… Créé et radiodiffusé le 11 janvier 1930, Boléro dévoile au monde, le génie du plus grand compositeur vivant. De toute évidence, la pièce d’essence (et par destination) chorégraphique, est à présent jouée telle une pièce de musique pure, dans les théâtres et les salles de concert. A tel point qu’on en oublie le prétexte narratif et chorégraphique. Le dim 22 septembre 2019, l’Arsenal de METZ propose un nouvel apéro-concert avec le Boléro de Ravel par l’Orchestre National de Metz et son directeur musical, David Reiland. RV est pris pour cet épisode accessible et détendu à 18h.

 

 

 REILAND-david-portrait-concert-annonce-classiquenews-METZ-saison-2019-2020

 

 

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METZ, Arsenal
Grande salle
BOLERO de RAVEL
dimanche 22 septembre 2019, 18h

RÉSERVEZ
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/apero-concert-avec-le-bolero-de-ravel

 

 

Le Boléro est joué en couplage avec une autre œuvre au programme :
Rebecca Saunders : Void,
pour duo de percussions et orchestre
Percussions : Minh-Tâm Nguyen, François Papirer
(solistes des Percussions de Strasbourg)

 

 

METZ, cité musical : David REILAND joue BERLIOZ

reiland-david-chef-maaestro-orchestre-national-de-metz-critique-concert-critique-opera-classiquenewsMETZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metzMETZ, Arsenal. Le 13 sept 19 : Mozart, Berlioz. D. Reiland. Concert symphonique d’ouverture de la nouvelle saison 2019 2020. L’orchestre maison ouvre le grand bal musical de sa nouvelle saison 2019 2020 : sous la direction du chef David Reiland, nouveau directeur musical in loco, le programme promet d’être à la fois généreux et orchestralement passionnant. En septembre 2019, Metz est ainsi à la fête, grâce au premier concert symphonique de septembre. Au programme, grand bain orchestral avec le dernier MOZART, virtuose de l’écriture orchestrale et d’une furieuse invention dans un triptyque ultime que les plus grands chefs ont pris soin d’aborder avec la profondeur et l’énergie requise et dont David Reiland nous propose le volet final, la Symphonie n°41 dite « Jupiter » : véritable manifeste de l’éloquence et de la souveraineté orchestrale, traversé dès son premier mouvement par un feu romantique irrésistible. A cette source, s’abreuve Beethoven, l’inventeur de l’orchestre romantique avec MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsBerlioz. Apothéose conclusive, le dernier morceau fugué, lumineux et victorieux, semble synthétiser tout ce que véhicule l’esprit des Lumières. Mais le directeur musical du National de METZ célèbre aussi, aux côtés de Mozart, l’année BERLIOZ 2019 : il nous réserve une nouvelle lecture de sa Symphonie avec alto, « Harold en Italie » de 1834. Berlioz , jamais en reste d’une nouvelle forme, y réinvente le plan symphonique avec instrument obligé. Dans Harold, il prolonge de nombreuses innovations inaugurées dans la Symphonie Fantastique de 1830, mais s’intéresse surtout à redéfinir la relation entre l’instrument soliste et la masse de l’orchestre : pas vraiment dialogue, ni confrontation ; en réalité, c’est une approche « picturale », l’alto apportant sa couleur spécifique dans la riche texture orchestrale, fusionnant avec elle, ou se superposant à elle… Comme toujours chez Berlioz, l’écriture symphonique sert un projet vaste et poétique, où l’écriture repousse toujours plus loin les limites et les ressources de l’orchestre monde. Concert événement.

 

 

A Metz, pour ouvrir la saison 2019 2020 de la Cité Musicale, David Reiland dirige le National de Metz dans un programme ambitieux, réjouissant : MOZART / BERLIOZ

 

METZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metz

 

 

 

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METZ Arsenal, grande salleboutonreservation
vendredi 13 septembre 2019, 20h
Concert symphonique d’ouverture
nouvelle saison 2019 2020
1h15 + entracte

Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n°41 (Jupiter)
Hector Berlioz : Harold en Italie

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/concert-ouverture-de-saison_1

 
 

 

 

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HAROLD en ITALIE (1834)
berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsRien dans la vie de Berlioz n’égale le déferlement de flux passionnel à l’évocation de son séjour italien, lié à l’obtention du Prix de Rome en 1830. En marque l’accomplissement révolutionnaire, la Symphonie Fantastique, manifeste éloquent de la réforme entreprise par Hector au sein de son orchestre laboratoire. Tout autant exaltées, les années qui suivent ses fiançailles avec la belle aimée, l’actrice Harriet Smithson (octobre 1833). Même si la comédienne adulée dans Shakespeare lui apporte son lot de dettes, le couple connaît de premières années bénies, comme l’affirme la naissance de leur seul fils, Louis. Le jeune père compose alors une partition délirante, voire autobiographique (comme pouvait l’être l’argument de la Fantastique) mais ici avec un instrument obligé, l’alto. Pressé par Paganini, Berlioz écrit une symphonie avec alto, quand il lui était demandé au préalable un concerto pour alto. Ainsi s’impose le génie expérimental de Berlioz : toujours repousser les limites du champs instrumental dans une forme orchestrale toujours mouvante. Hector s’inspire du héros de Byron, Childe Harold, être fantasque, rêveur, mélancolique, toujours insatisfait… le double de Berlioz ? Découvrant la partition inclassable, Paganini s’étonne et déçu, déclare : je n’y joue pas assez. Finalement c’est le virtuose Chrétien Uhran qui crée l’oeuvre nouvelle le 23 nov 1834 au Conservatoire de Paris. En 4 parties, le programme répond à l’imaginaire berliozien qui inscrit toujours le héros messianique, seul, fier, face au destin ou à la force des éléments ou des paysages…

1 – Harold aux montagnes, scène de mélancolie, de bonheur et de joie (adagio – allegro) – souvenirs de Berlioz de ses promenades dans les Abruzzes à l’époque de son séjour romain : traitement insolite, la partie d el’alto qui surgit ou se glisse dans la masse orchestral, s’y superpose ou fusionne, mais ne dialogue jamais selon le principe du concerto. Berlioz agit comme un peintre
2 – Marche des pèlerins chantant la prière du soir (allegretto) / souvenir des pèlerins italiens aperçus à Subiaco. Berlioz y exprime la souffrance des pénitents marcheurs, forcenés (répétition de segments monotaunes de 8 mesures)
3 – Sérénade d’un montagnard des Abruzzes à sa maîtresse / Allegro assai – allegretto : le cor anglais s’empare de la mélodie simple et amoureuse
4 – orgie de brigands, souvenirs / aucun développement symphonique chez Berlioz ne peut s’achever sans un délire sensuel débraillé, à la fois autoritaire et ivre (comme plus tard Ravel) / Allegro frenetico : la force rythmique trépigne, entraînant l’alto qui est saisi d’un haut le cÅ“ur face à la sauvagerie libérée (Berlioz précise ici « l’on rit, boit, frappe, brise, tue et viole »). Rien de moins.
La création suscite un vif succès. Mais Berlioz éternel frustré, désespère de n’attirer plus de foule. Mais compensation, il devient critique musical responsable de la chronique musicale dans le Journal des Débats, à la demande du directeur, Louis-François Bertin (portraituré par Ingres). S’il n’est écouté par le plus grand nombre, il sera lu par un lectorat mélomane, choisi et curieux.

 

 

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reiland david face vignette maestro classiquenewsDAVID REILAND, directeur musical de l’Orchestre National de Metz… Chef belge (né à Bastogne), David Reiland fait partie des baguettes passionnantes à suivre tant son travail avec les musiciens d’orchestre renouvellent souvent l’approche du répertoire. Chaque session en concert apporte son lot d’ivresse, de dépassement, de rélévations aussi pour le public. Dans son cas, l’idéal et le perfectionnisme constants portent une activité jamais neutre, une intention sensible qui fait parler la musique et chanter les textes… Metz a le bénéfice de ce tempérament enthousiasmant dont la nouvelle saison 2019 – 2020 devrait davantage dévoiler la valeur de son travail avec l’Orchestre National de Metz dont il est directeur musical depuis 2018.
Il aime exprimer l’âme, le souffle de la musique en un geste habité, qui se fait l’expression d’un contact physique avec la matière sonore qu’il rend franche ou soyeuse, âpre ou onctueuse, toujours passionnément expressive à l’adresse du public.

reiland david-reiland-2-412x332Formé à Bruxelles, Paris, puis au Mozarteum de Salzbourg, en poste au Luxembourg et maintenant à Metz, David Reiland a su affirmer une belle énergie qui prend en compte le formidable outil qu’est la salle de concert de l’Arsenal de Metz ; son acoustique cultive la transparence qui convient idéalement à son agencement architecturale intérieure : dans cet écrin à l’élégance néoclassique, Le chef à Metz entend défendre le répertoire du XVIIIè musique (Mozart et Haydn), mais aussi la musique romantique française, afin de séduire et fidéliser tous les publics (surtout ceux toujours frileux à l’idée de pousser les portes de l’institution pour y ressentir l’expérience orchestrale).
David Reiland dirigeait déjà l’Orchestre messin dans la Symphonie n°40 de Mozart en 2015…

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METZ : concert d’ouverture par David Reiland, le 13 sept 2019

reiland-david-chef-maaestro-orchestre-national-de-metz-critique-concert-critique-opera-classiquenewsMETZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metzMETZ, Arsenal. Le 13 sept 19 : Mozart, Berlioz. D. Reiland. Concert symphonique d’ouverture de la nouvelle saison 2019 2020. L’orchestre maison ouvre le grand bal musical de sa nouvelle saison 2019 2020 : sous la direction du chef David Reiland, nouveau directeur musical in loco, le programme promet d’être à la fois généreux et orchestralement passionnant. En septembre 2019, Metz est ainsi à la fête, grâce au premier concert symphonique de septembre. Au programme, grand bain orchestral avec le dernier MOZART, virtuose de l’écriture orchestrale et d’une furieuse invention dans un triptyque ultime que les plus grands chefs ont pris soin d’aborder avec la profondeur et l’énergie requise et dont David Reiland nous propose le volet final, la Symphonie n°41 dite « Jupiter » : véritable manifeste de l’éloquence et de la souveraineté orchestrale, traversé dès son premier mouvement par un feu romantique irrésistible. A cette source, s’abreuve Beethoven, l’inventeur de l’orchestre romantique avec MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsBerlioz. Apothéose conclusive, le dernier morceau fugué, lumineux et victorieux, semble synthétiser tout ce que véhicule l’esprit des Lumières. Mais le directeur musical du National de METZ célèbre aussi, aux côtés de Mozart, l’année BERLIOZ 2019 : il nous réserve une nouvelle lecture de sa Symphonie avec alto, « Harold en Italie » de 1834. Berlioz , jamais en reste d’une nouvelle forme, y réinvente le plan symphonique avec instrument obligé. Dans Harold, il prolonge de nombreuses innovations inaugurées dans la Symphonie Fantastique de 1830, mais s’intéresse surtout à redéfinir la relation entre l’instrument soliste et la masse de l’orchestre : pas vraiment dialogue, ni confrontation ; en réalité, c’est une approche « picturale », l’alto apportant sa couleur spécifique dans la riche texture orchestrale, fusionnant avec elle, ou se superposant à elle… Comme toujours chez Berlioz, l’écriture symphonique sert un projet vaste et poétique, où l’écriture repousse toujours plus loin les limites et les ressources de l’orchestre monde. Concert événement.

 

 

A Metz, pour ouvrir la saison 2019 2020 de la Cité Musicale, David Reiland dirige le National de Metz dans un programme ambitieux, réjouissant : MOZART / BERLIOZ

 

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METZ Arsenal, grande salleboutonreservation
vendredi 13 septembre 2019, 20h
Concert symphonique d’ouverture
nouvelle saison 2019 2020
1h15 + entracte

Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n°41 (Jupiter)
Hector Berlioz : Harold en Italie

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/concert-ouverture-de-saison_1

 
 

 

 

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HAROLD en ITALIE (1834)
berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsRien dans la vie de Berlioz n’égale le déferlement de flux passionnel à l’évocation de son séjour italien, lié à l’obtention du Prix de Rome en 1830. En marque l’accomplissement révolutionnaire, la Symphonie Fantastique, manifeste éloquent de la réforme entreprise par Hector au sein de son orchestre laboratoire. Tout autant exaltées, les années qui suivent ses fiançailles avec la belle aimée, l’actrice Harriet Smithson (octobre 1833). Même si la comédienne adulée dans Shakespeare lui apporte son lot de dettes, le couple connaît de premières années bénies, comme l’affirme la naissance de leur seul fils, Louis. Le jeune père compose alors une partition délirante, voire autobiographique (comme pouvait l’être l’argument de la Fantastique) mais ici avec un instrument obligé, l’alto. Pressé par Paganini, Berlioz écrit une symphonie avec alto, quand il lui était demandé au préalable un concerto pour alto. Ainsi s’impose le génie expérimental de Berlioz : toujours repousser les limites du champs instrumental dans une forme orchestrale toujours mouvante. Hector s’inspire du héros de Byron, Childe Harold, être fantasque, rêveur, mélancolique, toujours insatisfait… le double de Berlioz ? Découvrant la partition inclassable, Paganini s’étonne et déçu, déclare : je n’y joue pas assez. Finalement c’est le virtuose Chrétien Uhran qui crée l’oeuvre nouvelle le 23 nov 1834 au Conservatoire de Paris. En 4 parties, le programme répond à l’imaginaire berliozien qui inscrit toujours le héros messianique, seul, fier, face au destin ou à la force des éléments ou des paysages…

1 – Harold aux montagnes, scène de mélancolie, de bonheur et de joie (adagio – allegro) – souvenirs de Berlioz de ses promenades dans les Abruzzes à l’époque de son séjour romain : traitement insolite, la partie d el’alto qui surgit ou se glisse dans la masse orchestral, s’y superpose ou fusionne, mais ne dialogue jamais selon le principe du concerto. Berlioz agit comme un peintre
2 – Marche des pèlerins chantant la prière du soir (allegretto) / souvenir des pèlerins italiens aperçus à Subiaco. Berlioz y exprime la souffrance des pénitents marcheurs, forcenés (répétition de segments monotaunes de 8 mesures)
3 – Sérénade d’un montagnard des Abruzzes à sa maîtresse / Allegro assai – allegretto : le cor anglais s’empare de la mélodie simple et amoureuse
4 – orgie de brigands, souvenirs / aucun développement symphonique chez Berlioz ne peut s’achever sans un délire sensuel débraillé, à la fois autoritaire et ivre (comme plus tard Ravel) / Allegro frenetico : la force rythmique trépigne, entraînant l’alto qui est saisi d’un haut le cÅ“ur face à la sauvagerie libérée (Berlioz précise ici « l’on rit, boit, frappe, brise, tue et viole »). Rien de moins.
La création suscite un vif succès. Mais Berlioz éternel frustré, désespère de n’attirer plus de foule. Mais compensation, il devient critique musical responsable de la chronique musicale dans le Journal des Débats, à la demande du directeur, Louis-François Bertin (portraituré par Ingres). S’il n’est écouté par le plus grand nombre, il sera lu par un lectorat mélomane, choisi et curieux.

 

 

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reiland david face vignette maestro classiquenewsDAVID REILAND, directeur musical de l’Orchestre National de Metz… Chef belge (né à Bastogne), David Reiland fait partie des baguettes passionnantes à suivre tant son travail avec les musiciens d’orchestre renouvellent souvent l’approche du répertoire. Chaque session en concert apporte son lot d’ivresse, de dépassement, de rélévations aussi pour le public. Dans son cas, l’idéal et le perfectionnisme constants portent une activité jamais neutre, une intention sensible qui fait parler la musique et chanter les textes… Metz a le bénéfice de ce tempérament enthousiasmant dont la nouvelle saison 2019 – 2020 devrait davantage dévoiler la valeur de son travail avec l’Orchestre National de Metz dont il est directeur musical depuis 2018.
Il aime exprimer l’âme, le souffle de la musique en un geste habité, qui se fait l’expression d’un contact physique avec la matière sonore qu’il rend franche ou soyeuse, âpre ou onctueuse, toujours passionnément expressive à l’adresse du public.

reiland david-reiland-2-412x332Formé à Bruxelles, Paris, puis au Mozarteum de Salzbourg, en poste au Luxembourg et maintenant à Metz, David Reiland a su affirmer une belle énergie qui prend en compte le formidable outil qu’est la salle de concert de l’Arsenal de Metz ; son acoustique cultive la transparence qui convient idéalement à son agencement architecturale intérieure : dans cet écrin à l’élégance néoclassique, Le chef à Metz entend défendre le répertoire du XVIIIè musique (Mozart et Haydn), mais aussi la musique romantique française, afin de séduire et fidéliser tous les publics (surtout ceux toujours frileux à l’idée de pousser les portes de l’institution pour y ressentir l’expérience orchestrale).
David Reiland dirigeait déjà l’Orchestre messin dans la Symphonie n°40 de Mozart en 2015…

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COMPTE-RENDU, opéra. LUXEMBOURG, le 10 mai 2019. BIZET : Les Pêcheurs de perles. D Reiland / FC Bergman

Compte-rendu, opéra. Luxembourg, Grand Théâtre, le 10 mai 2019. Bizet : Les Pêcheurs de perles. David Reiland / FC Bergman (Stef Aerts, Marie Vinck, Thomas Verstraeten, Joé Agemans). Conçue par l’Opéra des Flandres en fin d’année dernière, la nouvelle production des Pêcheurs de perles de Georges Bizet (1838-1875) fait halte à Luxembourg en ce début de printemps avec un plateau vocal identique. Il est à noter que ce spectacle de très bonne tenue sera repris début 2020 à l’Opéra de Lille avec des chanteurs et un chef différents : une excellente initiative, tant s’avère réjouissant le travail du collectif théâtral anversois « FC Bergman », dont c’est là la toute première mise en scène lyrique.

 

 

 

Le jeune Bizet au Luxembourg

Première réussie pour FC BERGMAN

 

 

 pecheurs de perles BIZET LUXEMBOURG mai 19 David Reiland critique opera classiquenews 1

 

 

 

Ce collectif créé en 2008 a en effet la bonne idée de transposer l’action des Pêcheurs de perles dans une maison de retraite, ce qui permet au trio amoureux de revivre les événements les ayant conduits à l’impasse : des doubles de Leïla et Nadir, interprétés par deux jeunes danseurs, revisitent ainsi le superbe décor tournant, constitué d’une immense vague figée qui symbolise les illusions perdues des protagonistes. Le travail de FC Bergman fourmille de détails savoureux, distillant quelques traits humoristiques bienvenus pour corser l’action : ainsi du chœur des retraités aussi farfelu qu’attentif au respect de « l’ordre moral ». Pour autant, la mise en scène n’en oublie pas de dénoncer le tabou de la mort dans les maisons de retraite, donnant à voir la fin de vie dans toute sa crudité. On rit jaune, mais on s’amuse beaucoup de ce second degré qui permet d’animer un livret parfois redondant et statique : de quoi compenser les faiblesses d’inspiration de ce tout premier ouvrage lyrique d’envergure de Bizet, créé en 1863, soit douze ans avant l’ultime chef d’œuvre Carmen. On notera également quelques traits de poésie astucieusement traités au niveau technique, tels ces doubles figés comme des statues aux poses acrobatiques improbables, qui défient les lois de l’attraction terrestre. De même, le ballet des tourtereaux en tenue d’Eve est parfaitement justifié au niveau théâtral.

 

 

 

pecheurs de perles BIZET LUXEMBOURG mai 19 David Reiland critique opera classiquenews 2

 

 

 

Face à cette mise en scène réussie, le plateau vocal réuni se montre plus inégal en comparaison. Ainsi du décevant Zurga de Stefano Antonucci, dont le placement de voix et la justesse sont mis à mal par les redoutables changements de registres. Le chant manque de l’agilité requise, avec une émission étroite dans l’aigu, et plus encore étranglée dans le suraigu : le public, chaleureux en fin de représentation, ne semble pas lui en tenir rigueur pour autant. Il est vrai que le chant idéalement projeté d’Elena Tsallagova (Leïla) emporte l’adhésion d’emblée par une diction au velouté sensuel, d’une aisance confondante dans l’aigu. Il ne lui manque qu’un grave plus affirmé encore pour faire partie des grandes de demain. A ses côtés, Charles Workman (Nadir) assure bien sa partie malgré un timbre qui manque de couleurs. On aime son jeu et sa classe naturelle qui apportent beaucoup de crédibilité à son rôle. A ses côtés, le Chœur de l’Opéra des Flandres manque sa première intervention, manifestement incapable d’éviter les décalages dans les accélérations, avant de se reprendre ensuite dans les parties plus apaisées.

L’une des plus belles satisfactions de la soirée vient de la fosse, où David Reiland (né en 1979) fait crépiter un Orchestre de l’Opéra des Flandres admirable d’engagement.

Récemment nommé directeur musical de l’Orchestre national de Metz (en 2018), le chef belge n’a pas son pareil pour exalter les contrastes et conduire le récit en un sens dramatique toujours précis et éloquent. David Reiland fait désormais parti de ces chefs à suivre de très près.

 

 

 

 

 

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Compte-rendu, opéra. Luxembourg, Grand Théâtre, le 10 mai 2019. Bizet : Les Pêcheurs de perles. Elena Tsallagova (Leïla), Charles Workman (Nadir), Stefano Antonucci (Zurga), Stanislav Vorobyov (Nourabad, Jeune Zurga), Bianca Zueneli (Jeune Leïla), Jan Deboom (Jeune Nadir). Chœur et Orchestre de l’Opéra des Flandres, direction musicale, David Reiland / mise en scène, FC Bergman (Stef Aerts, Marie Vinck, Thomas Verstraeten, Joé Agemans)

A l’affiche du Grand Théâtre de Luxembourg jusqu’au 10 mai 2019. Crédit photo : Annemie Augustins

 

 

 

OPERA. ENTRETIEN AVEC DAVID REILAND à propos de Nabucco de Verdi

OPERA. ENTRETIEN AVEC DAVID REILAND à propos de Nabucco de Verdi. Quels sont les défis de la partition ? Que révèlent-ils de l’écriture du jeune Verdi ? Quelques jours avant de diriger la nouvelle production de Nabucco de Verdi à l’Opéra de Saint-Etienne, à partir du 3 juin prochain, le chef David Reiland souligne la richesse d’une partition certes de jeunesse, mais d’une force et d’une acuité passionnantes… 

reiland david_35172835DAVID REILAND travaille la pâte orchestrale du jeune Verdi comme un orfèvre sculpte la matière brute. Le chef David Reiland retrouve la scène de l’Opéra de Saint-Etienne après y avoir dirigé une saisissante Tosca. Doué d’un tempérament taillé pour le théâtre, le jeune maestro belge que nous avons suivi à Paris au CNSMD dans Schliemann de Jolas (nouvelle version 2016), renoue ici avec la furià du Verdi de la jeunesse, soit un Nabucco dont il travaille le relief spécifique de l’orchestre, l’accord fosse / plateau, la tension globale d’un opéra parfois spectaculaire et rugissant…  DAVID REILAND : “C’est un opéra du jeune Verdi trentenaire où la forme est très efficace, plutôt percussive et cuivrée ; où l’orchestre est narratif et scrutateur de l’action” précise David Reiland. “Il est fondamental pour le compositeur de renouer à La Scala de Milan avec le succès, démontrer ses capacités, faire la preuve de sa maîtrise : de fait, Verdi emploie la forme du seria en numéros, et un orchestre aux formulations souvent conventionnelles pour l’époque. Pour autant, ce Verdi qui démontre, sait aussi épouser la voix et réussir toutes les tensions à l’orchestre ; déjà se profilent aussi cette caractérisation intime et le choc des contrastes comme la justesse des situations psychologiques qui annoncent les grands ouvrages de la maturité (Trouvère, Rigoletto, La Traviata). Dès le début, tout doit être parfaitement en place et avancer naturellement : après l’ouverture qui est un pot pourri des airs les plus marquants, la première scène convoque un grand choeur accompagné par tout l’orchestre : il faut d’emblée savoir traiter la masse. Le défi de la partition réside essentiellement dans la gestion globale de cette tension permanente, exceptionnellement contrastée : dégager une architecture,… et donc bien sûr, approfondir certains épisodes particulièrement bouleversants par la caractérisation très fine que le jeune compositeur a su réussir.

NOIRE MAIS SI HUMAINE : ABIGAILLE. Prenez par exemple le premier air d’Abigaille – comme d’ailleurs l’ensemble de ses airs car elle est très bien servie tout au long de l’opéra-, celui qui ouvre l’acte II : on s’attend à un déferlement de fureur en rapport avec le caractère de la jeune femme, car elle comprend alors qu’elle n’est pas la fille du souverain… après un développement très énergique, Verdi surprend et écrit un air d’une tendresse bouleversante ; Abigaille est une âme blessée ; c’est une force haineuse qui s’est construite dans la violence parce qu’il y a au fond d’elle, cette profonde déchirure que Verdi sait remarquablement exprimer. C’est pour moi l’un des passages les plus bouleversants de la partition ; d’une couleur très chambriste, comme une sorte d’épure, utilisant le cor anglais et le violoncelle.

L’opéra aurait dû s’appeler Abigaille tant le personnage est captivant par sa richesse, sa complexité. En comparaison, le rôle-titre : Nabucco, certes varie entre schizophrénie, fureur, pardon car en fin d’action, il sait s’humaniser en effet ; sa partie dévoile aussi la passion du compositeur pour les voix masculines ;  mais les couleurs que lui réserve Verdi ne sont pas aussi contrastées que celle d’Abigaille. Son profil est plus linéaire, en cela héritier de l’opéra seria.

Le CHOEUR. Aux côtés des protagonistes, le chÅ“ur est l’autre personnage crucial de Nabucco : le peuple tient une place essentielle. “Va pensiero” est à juste titre célèbre, et l’écriture contrapuntique avec des imitations très serrées souligne la volonté pour Verdi de démontrer sa dextérité, mais elle exige une réalisation précise qui est l’autre grand défi de la partition”.

Nabucco de Verdi, nouvelle production à l’Opéra de Saint-Etienne, les 3, 5 et 7 juin 2016. David Reiland, direction musicale. LIRE notre présentation de Nabucco de Verdi à Saint-Etienne

Propos recueillis le 30 mai 2016.

Nabucco à Saint-Etienne par David Reiland

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitSAINT-ETIENNE, Opéra. David Reiland dirige Nabucco de Verdi : les 3, 5 et 7 juin 2016. Avant Verdi, Haendel avait traité dans Belshazzar (LIRE notre critique de la lecture jubilatoire de William Christie et des Arts Florissants), - oratorio anglais de la pleine maturité, l’arrogance du prince assyrien, conquérant victorieux siégeant à Babylone dont l’omnipotence l’avait mené jusqu’à la folie destructrice. Mais Nabucco ne meurt pas foudroyé comme Belshaazar : il lui est accordé une autre issue salvatrice. C’est un thème cher à Verdi que celui du politique rongé par la puissance et l’autorité, peu à peu soumis donc vaincu a contrario par la déraison et les dérèglements mentaux : voyez Macbeth (opéra créé en 1865). Ascension politique certes, en vérité : descente aux enfers… l’exemple de la princesse Abigaille, en est emblématique. Devenue toute puissante, la lionne se révèle rugissante, étrangère à toute clémence.

Nabucco en clémence, Abigaille de fureur…

Créé à la Scala de Milan en mars 1842 (d’après un opéra initialement écrit en 1836, et intitulé d’abord, Nabuchodonosor), l’opéra héroique et tragique de Verdi brosse le portrait d’un amour impossible entre la fille héritière de Nabucco, Abigaille (soprano) qui aime le neveu du roi de Jérusalem, Ismaël. Mais celui-ci lui préfère Fenena, l’autre fille de Nabucco, alors prisonnière des Juifs. L’acte II est le plus nerveux, riche en fureur et passions affrontées. Abigaille, l’élément haineux et irascible, vraie furie noire du drame, profite de l’orgueil démesuré de son père Nabucco qui se déclarant l’égal de Dieu, est foudroyé illico : le jeune femme en profite pour prendre le trône. Au III, devenue reine de Babylone, Abigaille rugit, tempête, manipule car rien n’est jamais trop grand ni impossible quand il s’agit de conserver le pouvoir : elle détruit les parchemins sur la nature illégitime de sa naissance, proclame la destruction de Jérusalem et le massacre des Juifs. Amoureuse rejetée, la lionne exacerbe le masque de la femme politique : le choeur des hébreux déchus et soumis (l’ultra célèbre “Va pensiero”, dans lequel la nation italienne s’est reconnue contre l’oppresseur autrichien), jalonne un nouvel acte d’une fulgurance inouïe.
Le IV voit le retour de Nabucco qui renverse sa fille indigne et barabre Abigaille, devenue despotique et comprenant que cette dernière va tuer Fenena, son autre fille, s’associe aux Hébreux qui sont désormais les bienvenus dans leur patrie : Nabucco humanisé, sait pardonner, et Abigaille doit renoncer, en célébrer le succès du mariage d’Ismaël avec Fenena. D’une écriture féline, sanguine, fulgurante en effet, l’opéra fut un triomphe, le premier d’une longue série pour le jeune Verdi : joué plus de 60 fois dans l’année à la Scala après sa création, record absolu. La folie du politique, l’amoureuse éconduite déformée par sa haine, la brutalité royale et l’oppression des peuples firent beaucoup pour le succès de l’ouvrage dans lequel tout le peuple italien, à l’aube de son unité et de son indépendance, s’est aussitôt reconnu. Verdi devenait le nouveau Shakespeare lyrique, champion de la nouvelle cause sociétale et politique.

reiland david_35172835Ne manquez pas cette nouvelle production d’un chef d’oeuvre de jeunesse de Verdi : fougueux, impétueux, foncièrement dramatique, et psychologique. Dans la fosse, règne la fougue analytique du jeune maestro belge David Reiland, directeur musical et artistique de l’Orchestre de chambre du Luxembourg depuis septembre 2012, et premier chef invité et conseiller artistique de l’Opéra de Saint-Etienne. Mozartien de cÅ“ur, grand tempérament lyrique, le jeune chef d’orchestre qui est passé aussi par Londres (Orchestre de l’Âge des Lumières / Orchestra of the Age of Enlightenment) devrait comme il le fait à chaque fois, nous… convaincre voire nous éblouir par son sens de la construction et des couleurs. Trois représentations à Saint-Etienne, à ne pas manquer.

Opéra de Saint-Etienne
Nabucco de Verdi
Les 3, 5 et 7 juin 2016
JC Mast, mise en scène
David Reiland, direction

Avec Nicolas Cavalier (Zacharia), André Heyboer (Nabucco), Cécile Perrin (Abigaille)…
Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire

Réservez directement depuis le site de l’Opéra de Saint-Etienne

DAVID REILAND au disque : le chef belge qui réside à Munich,vient de faire paraître un disque excellent dédié au symphoniste romantique français, Benjamin Godard (Symphonies n°2 opus 57, “Gothique” opus 23, Trois morceaux symphoniques… avec le Müncher Rundfunkorchester, septembre 2015), parution très intéressante récemment critiqué par classiquenews :  ”la direction affûtée, vive, équilibrée et contrastée du chef fait toute la valeur de ce disque qui est aussi une source de découvertes.”

David Reiland dirige un nouveau Nabucco

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitSAINT-ETIENNE, Opéra. David Reiland dirige Nabucco de Verdi : les 3, 5 et 7 juin 2016. Avant Verdi, Haendel avait traité dans Belshazzar (LIRE notre critique de la lecture jubilatoire de William Christie et des Arts Florissants), - oratorio anglais de la pleine maturité, l’arrogance du prince assyrien, conquérant victorieux siégeant à Babylone dont l’omnipotence l’avait mené jusqu’à la folie destructrice. Mais Nabucco ne meurt pas foudroyé comme Belshaazar : il lui est accordé une autre issue salvatrice. C’est un thème cher à Verdi que celui du politique rongé par la puissance et l’autorité, peu à peu soumis donc vaincu a contrario par la déraison et les dérèglements mentaux : voyez Macbeth (opéra créé en 1865). Ascension politique certes, en vérité : descente aux enfers… l’exemple de la princesse Abigaille, en est emblématique. Devenue toute puissante, la lionne se révèle rugissante, étrangère à toute clémence.

Nabucco en clémence, Abigaille de fureur…

Créé à la Scala de Milan en mars 1842 (d’après un opéra initialement écrit en 1836, et intitulé d’abord, Nabuchodonosor), l’opéra héroique et tragique de Verdi brosse le portrait d’un amour impossible entre la fille héritière de Nabucco, Abigaille (soprano) qui aime le neveu du roi de Jérusalem, Ismaël. Mais celui-ci lui préfère Fenena, l’autre fille de Nabucco, alors prisonnière des Juifs. L’acte II est le plus nerveux, riche en fureur et passions affrontées. Abigaille, l’élément haineux et irascible, vraie furie noire du drame, profite de l’orgueil démesuré de son père Nabucco qui se déclarant l’égal de Dieu, est foudroyé illico : le jeune femme en profite pour prendre le trône. Au III, devenue reine de Babylone, Abigaille rugit, tempête, manipule car rien n’est jamais trop grand ni impossible quand il s’agit de conserver le pouvoir : elle détruit les parchemins sur la nature illégitime de sa naissance, proclame la destruction de Jérusalem et le massacre des Juifs. Amoureuse rejetée, la lionne exacerbe le masque de la femme politique : le choeur des hébreux déchus et soumis (l’ultra célèbre “Va pensiero”, dans lequel la nation italienne s’est reconnue contre l’oppresseur autrichien), jalonne un nouvel acte d’une fulgurance inouïe.
Le IV voit le retour de Nabucco qui renverse sa fille indigne et barabre Abigaille, devenue despotique et comprenant que cette dernière va tuer Fenena, son autre fille, s’associe aux Hébreux qui sont désormais les bienvenus dans leur patrie : Nabucco humanisé, sait pardonner, et Abigaille doit renoncer, en célébrer le succès du mariage d’Ismaël avec Fenena. D’une écriture féline, sanguine, fulgurante en effet, l’opéra fut un triomphe, le premier d’une longue série pour le jeune Verdi : joué plus de 60 fois dans l’année à la Scala après sa création, record absolu. La folie du politique, l’amoureuse éconduite déformée par sa haine, la brutalité royale et l’oppression des peuples firent beaucoup pour le succès de l’ouvrage dans lequel tout le peuple italien, à l’aube de son unité et de son indépendance, s’est aussitôt reconnu. Verdi devenait le nouveau Shakespeare lyrique, champion de la nouvelle cause sociétale et politique.

reiland david_35172835Ne manquez pas cette nouvelle production d’un chef d’oeuvre de jeunesse de Verdi : fougueux, impétueux, foncièrement dramatique, et psychologique. Dans la fosse, règne la fougue analytique du jeune maestro belge David Reiland, directeur musical et artistique de l’Orchestre de chambre du Luxembourg depuis septembre 2012, et premier chef invité et conseiller artistique de l’Opéra de Saint-Etienne. Mozartien de cÅ“ur, grand tempérament lyrique, le jeune chef d’orchestre qui est passé aussi par Londres (Orchestre de l’Âge des Lumières / Orchestra of the Age of Enlightenment) devrait comme il le fait à chaque fois, nous… convaincre voire nous éblouir par son sens de la construction et des couleurs. Trois représentations à Saint-Etienne, à ne pas manquer.

Opéra de Saint-Etienne
Nabucco de Verdi
Les 3, 5 et 7 juin 2016
JC Mast, mise en scène
David Reiland, direction

Avec Nicolas Cavalier (Zacharia), André Heyboer (Nabucco), Cécile Perrin (Abigaille)…
Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire

Réservez directement depuis le site de l’Opéra de Saint-Etienne

DAVID REILAND au disque : le chef belge qui réside à Munich,vient de faire paraître un disque excellent dédié au symphoniste romantique français, Benjamin Godard (Symphonies n°2 opus 57, “Gothique” opus 23, Trois morceaux symphoniques… avec le Müncher Rundfunkorchester, septembre 2015), parution très intéressante récemment critiqué par classiquenews :  ”la direction affûtée, vive, équilibrée et contrastée du chef fait toute la valeur de ce disque qui est aussi une source de découvertes.”

CD, compte rendu critique. Godard : Symphonies opus 57, 23 (David Reiland, 2015, 1 cd CPO)

GODARD banjamin symphonie 2 cd review critique cd classiquenews Titelive_0761203504428_D_0761203504428CD, compte rendu critique. Godard : Symphonies opus 57, 23 (David Reiland, 2015, 1 cd CPO). L’éclectisme de Godard, qui l’impose dans le terreau de la France fin de siècle (autour des années 1880), signe ici un cycle symphonique qu’une oreille expéditive taxerait de superficialité démonstrative voire d’offrande à l’académisme pompier, en manque évident de profondeur. Or concernant l’opus 57, la Symphonie n°2 (1879), on y détecte d’évidentes parentés stylistiques qui composent comme un contexte esthétique et musical propre à l’habileté érudite du compositeur dont l’opus représente son cycle orchestral pourtant le plus ambitieux ; c’est même un jalon important de l’histoire symphonique en France avant les opus de Lalo, Saint-Saëns, surtout Franck dont la Symphonie en ré de 1888/1889 marque le sommet des recherches contemporaines : l’écoute du cd CPO dévoile un souci de traiter tous les aspects de l’écriture orchestrale, de surcroît dans un effectif relativement imposant (bassons et cors jusqu’à quatre, trombones par trois…) ; le 1er mouvement fait référence à l’optimisme altier de Mendelssohn, le 2è mouvement totalement construit sous forme de Variations (histoire de montrer pour Godard, ses aptitudes à varier l’orchestration sur un même thème) rappelle Brahms ; tandis que le Scherzo cite Gounod (réminiscences de l’esprit de la Reine Mab) ou Massenet (dans cette grandiloquence très Second-Empire). Le 3ème mouvement est de loin le plus intéressant car il dévoile le souci d’articulation, et la grande agilité à varier la caractérisation du chef David Reiland, requis pour cet exercice peu facile du défrichement. Sauf erreur il s’agit bien d’une première mondiale. Or l’éblouissante agilité mozartienne de la direction, en particulier dans la succession des tableaux si contrastés de l’Allegro final, s’avère le meilleur choix artistique pour la réhabilitation du compositeur romantique français. On demeure étonner cependant que les initiateurs du projets n’aient pas choisi un orchestre sur instruments anciens.

Romantisme français orchestral

David Reiland explore avec finesse l’éclectisme symphonique de Godard

reiland-david-chef-maestro-582-594La juste caractérisation des timbres, leur format sonore militent ici pour un allègement salvateur de la texture car l’écriture française orchestrale à de très rares exceptions près, sonne solennelle voire lourde – donc automatiquement grandiloquente. Or David Reiland dont on connaît désormais l’aptitude singulière à l’articulation et à la clarté, évite toute épaisseur, toute emphase, atteignant une transparence détaillée, une activité sonore palpitante qui s’avère passionnante à suivre d’épisode en épisode. Cette Symphonie n°2 prolonge la maturité d’une écriture qui s’est affirmée dramatique et expressive dans le grand format, une maîtrise qui s’était dévoilée l’année précédente en 1878 quand l’auteur remporte le Prix de la Ville de Paris, soucieuse de relancer la vogue des oratorios fervents, avec Le Tasse, vaste cycle symphonique et dramatique de 1877 (une épopée orchestrale bien plus naturelle que Le Paradis perdu de son comparse Théodore Dubois, actif à la même période et pour le même Prix, également sujet d’un disque dont Classiquenews en son temps a rendu compte).
Grâce à la vigilance du maestro belge, le détail lié à un grand sens de l’analyse synthétique, saisit le caractère de chaque séquence, sans omettre la perception de l’architecture globale. Voilà qui se retrouve aussi dans sa direction de chef lyrique à laquelle nous devons déjà de grandes réussites.
Caractérisées, les Trois pièces (opus 51) sont vives et ainsi subtilement détaillées (hautbois et flûte très exposés dans la Brésilienne, verve mélodique d’un très bel entrain de la très célèbre Kermesse… laquelle pourrait servir d’accompagnement musical à l’entrée du chÅ“ur dans un opéra de … Massenet). Dans la Symphonie opus 23, Godard ancien élève du symphoniste Henri Reber (récemment dévoilé lui aussi et acteur raffiné très germanisant également, pour un symphonisme français souple et presque aérien), cultive un style fragmenté, fortement caractérisé selon les 5 épisodes mouvements dont le profil spécifique oriente la Symphonie annoncée plutôt vers la Suite d’orchestre. Dans ce cycle créé en 1881, le travail de David Reiland impose une très forte implication expressive qui le distingue de nombre d’approches routinières : le maestoso est grandiloquent, effectivement néobaroque dans ces citations de Haendel, et donc dans le goût du XIXè éclectique, “gothique” (d’où le titre de l’opus). L’Andantino qui suit frappe par sa carrure allante et sa vive pulsion rythmique ; le Grave est sombre et majestueux ; et même le finale plus ouvertement néobaroque, – proche en cela d’un Massenet décidément, celui des intermèdes versaillais de Manon-, affirme une santé nerveuse aux couleurs précises et justement nuancées. Le chef apporte toute la finesse possible à une écriture qui n’empêche jamais une certaine complaisance au goût dominant, plus proche de Saint-Saëns que de Wagner ; mais un style français éloigné du wagnérisme pour remonter le temps vers Mendelssohn et ici, aussi Bach aux côtés de Haendel. Sévère dans sa construction et les multiples références formelles qu’elle convoque, la Suite Gothique diffuse ici une intensité versatile souvent irrésistible. La tenue des instrumentistes de l’orchestre germanique sous la baguette du chef David Reiland emporte l’enthousiasme par leur finesse et l’élégance continuelle qui traverse les 3 cycles symphoniques heureusement redécouverts. La direction affûtée, vive, équilibrée et contrastée du chef fait toute la valeur de ce disque qui est aussi une source de découvertes.

CD, compte rendu critique. Godard : Symphonies n°2 opus 57, “Gothique” opus 23. Trois Morceaux (Marche funèbre, Brésilienne, Kermesse). Münchner Rundfunkorchester. David Reiland, direction (1 cd CPO enregistrement réalisé en septembre 2015).

LIRE aussi la critique cd complète du Paradis Perdu de Théodore Dubois (mars 2012)

LIRE aussi notre critique cd complète de la Symphonie n°4 d’Henri Reber (mai 2012)

Compte rendu, opéra. Betsy Jolas : Iliade l’amour, création. Le 15 mars, Pars, CNSMDP. David Reiland

IliadeLamour_agendaSCHLIEMANN devient ILIADE L’AMOUR. Bientôt 90 ans, – en août prochain, Betsy Jolas révise son opéra Schliemann, créé à Lyon en 1995, et ici à Paris, le retaille pour une nouvelle offre lyrique en 1h45 et 10 tableaux. L’Å“uvre intitulée “Iliade l’amour” et présentée dans la salle de concert du CNSMDP en partenariat avec la Philharmonie de Paris laisse dubitatif. Même resserré, le livret produit d’inévitables tunnels d’une inaction bavarde qui finit par ennuyer : de surcroît le metteur en scène aménage au risque de plomber le déroulement des pauses silencieuses qui n’apportent absolument rien à l’élucidation de l’action ni à son onirisme. D’autant que la figure de l’archéologue allemand si passionné par Troie, subit quelques déformations antihistoriques, résolument fantasques, à la façon d’une biographie subjective, vue ici – ou plutôt revécue à travers le témoignage de sa propre fille, Andromache (fière et énigmatique Anaïs Bertrand) dont le metteur en scène fait une figure évanescente, parfois hors scène, telle la narratrice d’une évocation chaotique, par bribes, au fil rétrospectif.
Dans cette expérience musicale qui se veut totale, l’oreille a du mal à repérer d’un bout à l’autre, l’idée d’une continuité dramatique, … d’autant que le texte qui reste difficile à comprendre, reste décousu et souvent énigmatique. Le livret a été écrit à deux mains par la compositrice et Bruno Bayen dont la pièce originelle “Schliemann, épisodes ignorés” a fourni la trame de départ.
Cependant certaines séquences prises isolément arrivent cependant à captiver telle le duo entre Schliemann et sa dernière épouse Sophia (palpitante Marianne Croux, scène V), puis la berceuse de cette dernière (scène VI) où en un chant plus développé et fluide, la jeune femme synthétise précisément l’enjeu de l’ouvrage, entre songe et réalité, quand elle chante, au bord d’une rêverie finalement dépressive : “je suis l’épouse de ton rêve”. Sophia ne semble exister que par les fantasmes de son Schliemann de mari, plus évanescente que réelle, elle semble interdite à posséder une véritable identité. Toutes les figures sur la scène d’un paquebot en croisière s’apparentent à des apparitions sans guère d’épaisseur que la musique pourtant suractive de Betsy Jolas finit par éparpiller tout à fait. Le travail sur la langue française (avec inserts d’anglais, de grecs, d’allemand…) focuse souvent sur l’anecdotique et semble répondre au fragmentaire très percussif de la fosse. Pas assez abouti non plus, l’émergence des saillies drôlatiques comme l’épisode “cabaret” avec un enquêteur bègue (épatant Fabien Hyon), où le gouvernement turc cherche à reprendre le trésor que Schliemann a exhumé sur les ruines de Troie…

 

 

 

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De Schliemann à Iliade l’amour. Les forces vives du CNSMDP créent l’opéra de Betsy Jolas dans sa nouvelle version

Forme décousue / direction épatante

 

Ceux qui pensaient retrouver précisément une sorte d’hommage poétique sur la vie de l’archéologue allemand, mêlant antiquité recherchée/fantasmée ou une réflexion sur l’oubli, la trace que convoque la quête des civilisations et de l’Histoire en seront pour leur frais. Même le titre “Iliade l’amour” convoquant le principe d’une épopée amoureuse trompe l’attente : la musique de Betsy Jolas, plus pointilliste éparse que scintillante et miroitante, manque cruellement de sensualité. L’intitulé est cependant respecté, la promesse d’une lyre amoureuse s’incarnant évidemment dans le rôle de Sophia, quintessence d’une féminité multiple, – la vraie quête ici de Schliemann, désireux d’épouser celle qui incarne à ses yeux Hélène de Troie-; – exigeant un soprano agile et volubile, jusqu’à sa déchirante imploration lacrymale, sur le corps mort de l’époux à la fin de l’opéra de chambre.

Pilote continûment impliqué, aux gestes aériens et fluides, le chef belge, déjà remarqué entre autres comme baguette lyrique à Saint-Etienne, David Reiland sait trouver la justesse et l’équilibre d’une partition pourtant déséquilibrée dont le flux chaotique installe avec difficulté la notion d’intrigue scénique. La subtile pulsion et l’attention analytique que sa direction insuffle, parvient à unifier et même densifier la texture, en une continuité dramatique souvent passionnante, en particulier dans la succession des 3 derniers tableaux. Le souci d’équilibre plateau / fosse, tout ce travail sur la couleur et la résonance, l’articulation de la ligne, farouchement recherchée, identifiée, cultivée tempère l’âpreté d’une partition dont la réalisation théâtrale n’allait pas de soi (et était même le premier défi). A la tête des forces vives du CNSMDP (classes de chanteurs et de musiciens, tous très engagés), ce que parvient à obtenir le maestro par ailleurs fin mozartien, relève donc de l’exploit. Chapeau bas. Baguette à suivre.

 

 

 

Iliade l’amour de Betsy Jolas, d’après Schliemann (1995)
Opéra de chambre en dix scènes, livret du compositeur et de Bruno Bayen
Créé au CNSMDP le 6 mars 2016

direction musicale : David Reiland
Mise en scène: Antoine Gindt

Scénographie
Etudiantes de l’ENSAD sous la supervision d’Elise Capdenat

Costumes
Fanny Brouste

Lumières
Ondine Trager

Heinrich Schliemann
Julien Clément

Sophia
Marianne Croux

Andromache
Anaïs Bertrand

Spencer
Igor Bouin

Mr Haak
Fabien Hyon

Nelly
Eva Zaïcik

L’appariteur
Guilhem Worms

Marina Ruiz, Yi Li, sopranos
Adèle Charvet, Lucie Louvrier, mezzo-sopranos
Blaise Rantoanina, Jean-François Marras, ténors

Orchestre du Conservatoire de Paris

Le Schielemann II de Betsy Jolas à Paris

reiland david-reiland-2-412x332Paris, Conservatoire. Jolas: Schliemann II. 12-17 mars 2016. Nouvelle version de l’opéra Schliemann de Betsy Jolas créée initialement à Lyon en 1995. 20 ans après l’avoir livré, la compositrice affine encore le relief dramatique de son ouvrage lyrique afin de proposer un portrait plus expressif encore de l’archéologue passionné par les récits d’Homère. Schliemann est le pionnier de l’archéologie grecque, en particulier mycénienne, découvreur de Troie (1870) et de Mycènes (1874),  et même sil développe des méthodes de fouilles bien peu scientifiques, son intuition s’est révélée juste ouvrant après lui la voie à plusieurs générations de chercheurs passionnés par la question de l’antiquité grecque.
Direction inspirée habitee. Cette manière de récréation est portée par la direction exaltante affûtée du chef David Reiland, l’une des baguettes les plus captivantes de l’heure, encore mesestimée mais son heure viendra assurément-, l’égal des Lionel  Bringuier, Bruno  Procopio, Yannick Nézet-Seguin, Debora Waldman… plus que de somptueux techniciens de la baguette, des tempéraments défendant avec une rare passion leur propre vision des oeuvres choisies entre énergie et acuité poétique. Tout au long de ce cycle de représentantations au CNSMDP, les parisiens pourront mesurer la direction à la fois chaleureuse habitée, précise et nerveuse d’un maestro taillé pour l’opéra et l’explicitation du drame. …

schliemann archeologue heinrich-schliemann-1-sizedBetsy Jolas : Schliemann II version 2016
Opéra de chambre
Livret de Betsy Jolas et Bruno Bayen
Adaptation de la pièce Schliemann ,Épisodes ignorés de Bruno Bayen (Éditions Gallimard 1982) – Durée : 1h35 environ

12-17 mars 2016 à 20h30
Conservatoire de Paris / CNSMDP – Salle d’art lyrique
Réservations sur le site de la Philharmonie de Paris.

David Reiland, direction
Antoine Gindt, mise en scène

Orchestre du Conservatoire
Julien Clément, baryton – Schliemann
Lucie Louvrier, mezzo-soprano – Jeune fille (ensemble vocal)

Élèves du département des disciplines vocales
Marianne Croux, soprano – Sophia, sa femme
Anaïs Bertrand, mezzo-soprano – Andromache, sa fille
Igor Bouin, baryton – Spencer, photographe
Guihem Worms, baryton – L’appariteur
Eva Zaïcik, mezzo-soprano – Nelly, chanteuse, son ex-femme
Fabien Hyon, t̩nor РMr Haak, d̩tective (aussi professeur de gymnastique)

Ensemble vocal
Marina Ruiz, Yi Li, soprano
Adèle Charvet, mezzo-soprano
Aliénor Feix, Hedvig Haugerud, alto
Blaise Rantoanina, Jean-François Marras, ténor
Igor Bouin, Guihem Worms, baryton

Chefs de chant (pour les scéniques piano)
Bianca Chillemi
Flore Merlin
David-Huy Nguyen-Phing
Kotona Sakurai

Avec la participation de Sylvie Leroy, chef de chant, pour la préparation des chanteurs et d’Alexandre Piquion pour la préparation de l’ensemble vocal

Élèves de la direction des études chorégraphiques (DNSP contemporain)
Constance Diard
Isaure Leduc
Mathilde Moreau

Réservation à partir du 15 février au 01 44 84 44 84
Tarif : 18 €

Retransimission vidéo en direct de la représentation du samedi 12 mars sur
le site du CNSMD PARIS. Concert diffusé postérieurement par France Musique.

Schielemann II (2016) de Jolas

reiland david-reiland-2-412x332Paris, Conservatoire. Jolas: Schliemann II. Les 12,14 et 15 mars 2016. Nouvelle version de l’opéra Schliemann de Betsy Jolas créée initialement à Lyon en 1995. 20 ans après l’avoir livré, la compositrice affine encore le relief dramatique de son ouvrage lyrique afin de proposer un portrait plus expressif encore de l’archéologue passionné par les récits d’Homère. Schliemann est le pionnier de l’archéologie grecque, en particulier mycénienne, découvreur de Troie (1870) et de Mycènes (1874),  et même sil développe des méthodes de fouilles bien peu scientifiques, son intuition s’est révélée juste ouvrant après lui la voie à plusieurs générations de chercheurs passionnés par la question de l’antiquité grecque.
Direction inspirée habitee. Cette manière de récréation est portée par la direction exaltante affûtée du chef David Reiland, l’une des baguettes les plus captivantes de l’heure, encore mesestimée mais son heure viendra assurément-, l’égal des Lionel  Bringuier, Bruno  Procopio, Yannick Nézet-Seguin, Debora Waldman… plus que de somptueux techniciens de la baguette, des tempéraments défendant avec une rare passion leur propre vision des oeuvres choisies entre énergie et acuité poétique. Tout au long de ce cycle de représentantations au CNSMDP, les parisiens pourront mesurer la direction à la fois chaleureuse habitée, précise et nerveuse d’un maestro taillé pour l’opéra et l’explicitation du drame. …

schliemann archeologue heinrich-schliemann-1-sizedBetsy Jolas : Schliemann II version 2016
Opéra de chambre
Livret de Betsy Jolas et Bruno Bayen
Adaptation de la pièce Schliemann ,Épisodes ignorés de Bruno Bayen (Éditions Gallimard 1982) – Durée : 1h35 environ

Les 12, 14, 15 mars 2016 à 20h30
Conservatoire de Paris / CNSMDP – Salle d’art lyrique
Réservations sur le site de la Philharmonie de Paris.

David Reiland, direction
Antoine Gindt, mise en scène

Orchestre du Conservatoire
Julien Clément, baryton – Schliemann
Lucie Louvrier, mezzo-soprano – Jeune fille (ensemble vocal)

Élèves du département des disciplines vocales
Marianne Croux, soprano – Sophia, sa femme
Anaïs Bertrand, mezzo-soprano – Andromache, sa fille
Igor Bouin, baryton – Spencer, photographe
Guihem Worms, baryton – L’appariteur
Eva Zaïcik, mezzo-soprano – Nelly, chanteuse, son ex-femme
Fabien Hyon, t̩nor РMr Haak, d̩tective (aussi professeur de gymnastique)

Ensemble vocal
Marina Ruiz, Yi Li, soprano
Adèle Charvet, mezzo-soprano
Aliénor Feix, Hedvig Haugerud, alto
Blaise Rantoanina, Jean-François Marras, ténor
Igor Bouin, Guihem Worms, baryton

Chefs de chant (pour les scéniques piano)
Bianca Chillemi
Flore Merlin
David-Huy Nguyen-Phing
Kotona Sakurai

Avec la participation de Sylvie Leroy, chef de chant, pour la préparation des chanteurs et d’Alexandre Piquion pour la préparation de l’ensemble vocal

Élèves de la direction des études chorégraphiques (DNSP contemporain)
Constance Diard
Isaure Leduc
Mathilde Moreau

Réservation à partir du 15 février au 01 44 84 44 84
Tarif : 18 €

Retransimission vidéo en direct de la représentation du samedi 12 mars sur
le site du CNSMD PARIS. Concert diffusé postérieurement par France Musique.