COMPTE-RENDU, opéra. LUXEMBOURG, le 10 mai 2019. BIZET : Les Pêcheurs de perles. D Reiland / FC Bergman

Compte-rendu, opéra. Luxembourg, Grand Théâtre, le 10 mai 2019. Bizet : Les Pêcheurs de perles. David Reiland / FC Bergman (Stef Aerts, Marie Vinck, Thomas Verstraeten, Joé Agemans). Conçue par l’Opéra des Flandres en fin d’année dernière, la nouvelle production des Pêcheurs de perles de Georges Bizet (1838-1875) fait halte à Luxembourg en ce début de printemps avec un plateau vocal identique. Il est à noter que ce spectacle de très bonne tenue sera repris début 2020 à l’Opéra de Lille avec des chanteurs et un chef différents : une excellente initiative, tant s’avère réjouissant le travail du collectif théâtral anversois « FC Bergman », dont c’est là la toute première mise en scène lyrique.

 

 

 

Le jeune Bizet au Luxembourg

Première réussie pour FC BERGMAN

 

 

 pecheurs de perles BIZET LUXEMBOURG mai 19 David Reiland critique opera classiquenews 1

 

 

 

Ce collectif créé en 2008 a en effet la bonne idée de transposer l’action des Pêcheurs de perles dans une maison de retraite, ce qui permet au trio amoureux de revivre les événements les ayant conduits à l’impasse : des doubles de Leïla et Nadir, interprétés par deux jeunes danseurs, revisitent ainsi le superbe décor tournant, constitué d’une immense vague figée qui symbolise les illusions perdues des protagonistes. Le travail de FC Bergman fourmille de détails savoureux, distillant quelques traits humoristiques bienvenus pour corser l’action : ainsi du chœur des retraités aussi farfelu qu’attentif au respect de « l’ordre moral ». Pour autant, la mise en scène n’en oublie pas de dénoncer le tabou de la mort dans les maisons de retraite, donnant à voir la fin de vie dans toute sa crudité. On rit jaune, mais on s’amuse beaucoup de ce second degré qui permet d’animer un livret parfois redondant et statique : de quoi compenser les faiblesses d’inspiration de ce tout premier ouvrage lyrique d’envergure de Bizet, créé en 1863, soit douze ans avant l’ultime chef d’œuvre Carmen. On notera également quelques traits de poésie astucieusement traités au niveau technique, tels ces doubles figés comme des statues aux poses acrobatiques improbables, qui défient les lois de l’attraction terrestre. De même, le ballet des tourtereaux en tenue d’Eve est parfaitement justifié au niveau théâtral.

 

 

 

pecheurs de perles BIZET LUXEMBOURG mai 19 David Reiland critique opera classiquenews 2

 

 

 

Face à cette mise en scène réussie, le plateau vocal réuni se montre plus inégal en comparaison. Ainsi du décevant Zurga de Stefano Antonucci, dont le placement de voix et la justesse sont mis à mal par les redoutables changements de registres. Le chant manque de l’agilité requise, avec une émission étroite dans l’aigu, et plus encore étranglée dans le suraigu : le public, chaleureux en fin de représentation, ne semble pas lui en tenir rigueur pour autant. Il est vrai que le chant idéalement projeté d’Elena Tsallagova (Leïla) emporte l’adhésion d’emblée par une diction au velouté sensuel, d’une aisance confondante dans l’aigu. Il ne lui manque qu’un grave plus affirmé encore pour faire partie des grandes de demain. A ses côtés, Charles Workman (Nadir) assure bien sa partie malgré un timbre qui manque de couleurs. On aime son jeu et sa classe naturelle qui apportent beaucoup de crédibilité à son rôle. A ses côtés, le Chœur de l’Opéra des Flandres manque sa première intervention, manifestement incapable d’éviter les décalages dans les accélérations, avant de se reprendre ensuite dans les parties plus apaisées.

L’une des plus belles satisfactions de la soirée vient de la fosse, où David Reiland (né en 1979) fait crépiter un Orchestre de l’Opéra des Flandres admirable d’engagement.

Récemment nommé directeur musical de l’Orchestre national de Metz (en 2018), le chef belge n’a pas son pareil pour exalter les contrastes et conduire le récit en un sens dramatique toujours précis et éloquent. David Reiland fait désormais parti de ces chefs à suivre de très près.

 

 

 

 

 

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Compte-rendu, opéra. Luxembourg, Grand Théâtre, le 10 mai 2019. Bizet : Les Pêcheurs de perles. Elena Tsallagova (Leïla), Charles Workman (Nadir), Stefano Antonucci (Zurga), Stanislav Vorobyov (Nourabad, Jeune Zurga), Bianca Zueneli (Jeune Leïla), Jan Deboom (Jeune Nadir). Chœur et Orchestre de l’Opéra des Flandres, direction musicale, David Reiland / mise en scène, FC Bergman (Stef Aerts, Marie Vinck, Thomas Verstraeten, Joé Agemans)

A l’affiche du Grand Théâtre de Luxembourg jusqu’au 10 mai 2019. Crédit photo : Annemie Augustins

 

 

 

OPERA. ENTRETIEN AVEC DAVID REILAND Ă  propos de Nabucco de Verdi

OPERA. ENTRETIEN AVEC DAVID REILAND Ă  propos de Nabucco de Verdi. Quels sont les dĂ©fis de la partition ? Que rĂ©vèlent-ils de l’Ă©criture du jeune Verdi ? Quelques jours avant de diriger la nouvelle production de Nabucco de Verdi Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne, Ă  partir du 3 juin prochain, le chef David Reiland souligne la richesse d’une partition certes de jeunesse, mais d’une force et d’une acuitĂ© passionnantes… 

reiland david_35172835DAVID REILAND travaille la pâte orchestrale du jeune Verdi comme un orfèvre sculpte la matière brute. Le chef David Reiland retrouve la scène de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne après y avoir dirigĂ© une saisissante Tosca. DouĂ© d’un tempĂ©rament taillĂ© pour le théâtre, le jeune maestro belge que nous avons suivi Ă  Paris au CNSMD dans Schliemann de Jolas (nouvelle version 2016), renoue ici avec la furiĂ  du Verdi de la jeunesse, soit un Nabucco dont il travaille le relief spĂ©cifique de l’orchestre, l’accord fosse / plateau, la tension globale d’un opĂ©ra parfois spectaculaire et rugissant…  DAVID REILAND : “C’est un opĂ©ra du jeune Verdi trentenaire oĂą la forme est très efficace, plutĂ´t percussive et cuivrĂ©e ; oĂą l’orchestre est narratif et scrutateur de l’action” prĂ©cise David Reiland. “Il est fondamental pour le compositeur de renouer Ă  La Scala de Milan avec le succès, dĂ©montrer ses capacitĂ©s, faire la preuve de sa maĂ®trise : de fait, Verdi emploie la forme du seria en numĂ©ros, et un orchestre aux formulations souvent conventionnelles pour l’Ă©poque. Pour autant, ce Verdi qui dĂ©montre, sait aussi Ă©pouser la voix et rĂ©ussir toutes les tensions Ă  l’orchestre ; dĂ©jĂ  se profilent aussi cette caractĂ©risation intime et le choc des contrastes comme la justesse des situations psychologiques qui annoncent les grands ouvrages de la maturitĂ© (Trouvère, Rigoletto, La Traviata). Dès le dĂ©but, tout doit ĂŞtre parfaitement en place et avancer naturellement : après l’ouverture qui est un pot pourri des airs les plus marquants, la première scène convoque un grand choeur accompagnĂ© par tout l’orchestre : il faut d’emblĂ©e savoir traiter la masse. Le dĂ©fi de la partition rĂ©side essentiellement dans la gestion globale de cette tension permanente, exceptionnellement contrastĂ©e : dĂ©gager une architecture,… et donc bien sĂ»r, approfondir certains Ă©pisodes particulièrement bouleversants par la caractĂ©risation très fine que le jeune compositeur a su rĂ©ussir.

NOIRE MAIS SI HUMAINE : ABIGAILLE. Prenez par exemple le premier air d’Abigaille – comme d’ailleurs l’ensemble de ses airs car elle est très bien servie tout au long de l’opĂ©ra-, celui qui ouvre l’acte II : on s’attend Ă  un dĂ©ferlement de fureur en rapport avec le caractère de la jeune femme, car elle comprend alors qu’elle n’est pas la fille du souverain… après un dĂ©veloppement très Ă©nergique, Verdi surprend et Ă©crit un air d’une tendresse bouleversante ; Abigaille est une âme blessĂ©e ; c’est une force haineuse qui s’est construite dans la violence parce qu’il y a au fond d’elle, cette profonde dĂ©chirure que Verdi sait remarquablement exprimer. C’est pour moi l’un des passages les plus bouleversants de la partition ; d’une couleur très chambriste, comme une sorte d’Ă©pure, utilisant le cor anglais et le violoncelle.

L’opĂ©ra aurait dĂ» s’appeler Abigaille tant le personnage est captivant par sa richesse, sa complexitĂ©. En comparaison, le rĂ´le-titre : Nabucco, certes varie entre schizophrĂ©nie, fureur, pardon car en fin d’action, il sait s’humaniser en effet ; sa partie dĂ©voile aussi la passion du compositeur pour les voix masculines ;  mais les couleurs que lui rĂ©serve Verdi ne sont pas aussi contrastĂ©es que celle d’Abigaille. Son profil est plus linĂ©aire, en cela hĂ©ritier de l’opĂ©ra seria.

Le CHOEUR. Aux cĂ´tĂ©s des protagonistes, le chĹ“ur est l’autre personnage crucial de Nabucco : le peuple tient une place essentielle. “Va pensiero” est Ă  juste titre cĂ©lèbre, et l’Ă©criture contrapuntique avec des imitations très serrĂ©es souligne la volontĂ© pour Verdi de dĂ©montrer sa dextĂ©ritĂ©, mais elle exige une rĂ©alisation prĂ©cise qui est l’autre grand dĂ©fi de la partition”.

Nabucco de Verdi, nouvelle production Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne, les 3, 5 et 7 juin 2016. David Reiland, direction musicale. LIRE notre prĂ©sentation de Nabucco de Verdi Ă  Saint-Etienne

Propos recueillis le 30 mai 2016.

Nabucco Ă  Saint-Etienne par David Reiland

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitSAINT-ETIENNE, OpĂ©ra. David Reiland dirige Nabucco de Verdi : les 3, 5 et 7 juin 2016. Avant Verdi, Haendel avait traitĂ© dans Belshazzar (LIRE notre critique de la lecture jubilatoire de William Christie et des Arts Florissants), - oratorio anglais de la pleine maturitĂ©, l’arrogance du prince assyrien, conquĂ©rant victorieux siĂ©geant Ă  Babylone dont l’omnipotence l’avait menĂ© jusqu’Ă  la folie destructrice. Mais Nabucco ne meurt pas foudroyĂ© comme Belshaazar : il lui est accordĂ© une autre issue salvatrice. C’est un thème cher Ă  Verdi que celui du politique rongĂ© par la puissance et l’autoritĂ©, peu Ă  peu soumis donc vaincu a contrario par la dĂ©raison et les dĂ©règlements mentaux : voyez Macbeth (opĂ©ra crĂ©Ă© en 1865). Ascension politique certes, en vĂ©ritĂ© : descente aux enfers… l’exemple de la princesse Abigaille, en est emblĂ©matique. Devenue toute puissante, la lionne se rĂ©vèle rugissante, Ă©trangère Ă  toute clĂ©mence.

Nabucco en clĂ©mence, Abigaille de fureur…

CrĂ©Ă© Ă  la Scala de Milan en mars 1842 (d’après un opĂ©ra initialement Ă©crit en 1836, et intitulĂ© d’abord, Nabuchodonosor), l’opĂ©ra hĂ©roique et tragique de Verdi brosse le portrait d’un amour impossible entre la fille hĂ©ritière de Nabucco, Abigaille (soprano) qui aime le neveu du roi de JĂ©rusalem, IsmaĂ«l. Mais celui-ci lui prĂ©fère Fenena, l’autre fille de Nabucco, alors prisonnière des Juifs. L’acte II est le plus nerveux, riche en fureur et passions affrontĂ©es. Abigaille, l’Ă©lĂ©ment haineux et irascible, vraie furie noire du drame, profite de l’orgueil dĂ©mesurĂ© de son père Nabucco qui se dĂ©clarant l’Ă©gal de Dieu, est foudroyĂ© illico : le jeune femme en profite pour prendre le trĂ´ne. Au III, devenue reine de Babylone, Abigaille rugit, tempĂŞte, manipule car rien n’est jamais trop grand ni impossible quand il s’agit de conserver le pouvoir : elle dĂ©truit les parchemins sur la nature illĂ©gitime de sa naissance, proclame la destruction de JĂ©rusalem et le massacre des Juifs. Amoureuse rejetĂ©e, la lionne exacerbe le masque de la femme politique : le choeur des hĂ©breux dĂ©chus et soumis (l’ultra cĂ©lèbre “Va pensiero”, dans lequel la nation italienne s’est reconnue contre l’oppresseur autrichien), jalonne un nouvel acte d’une fulgurance inouĂŻe.
Le IV voit le retour de Nabucco qui renverse sa fille indigne et barabre Abigaille, devenue despotique et comprenant que cette dernière va tuer Fenena, son autre fille, s’associe aux HĂ©breux qui sont dĂ©sormais les bienvenus dans leur patrie : Nabucco humanisĂ©, sait pardonner, et Abigaille doit renoncer, en cĂ©lĂ©brer le succès du mariage d’IsmaĂ«l avec Fenena. D’une Ă©criture fĂ©line, sanguine, fulgurante en effet, l’opĂ©ra fut un triomphe, le premier d’une longue sĂ©rie pour le jeune Verdi : jouĂ© plus de 60 fois dans l’annĂ©e Ă  la Scala après sa crĂ©ation, record absolu. La folie du politique, l’amoureuse Ă©conduite dĂ©formĂ©e par sa haine, la brutalitĂ© royale et l’oppression des peuples firent beaucoup pour le succès de l’ouvrage dans lequel tout le peuple italien, Ă  l’aube de son unitĂ© et de son indĂ©pendance, s’est aussitĂ´t reconnu. Verdi devenait le nouveau Shakespeare lyrique, champion de la nouvelle cause sociĂ©tale et politique.

reiland david_35172835Ne manquez pas cette nouvelle production d’un chef d’oeuvre de jeunesse de Verdi : fougueux, impĂ©tueux, foncièrement dramatique, et psychologique. Dans la fosse, règne la fougue analytique du jeune maestro belge David Reiland, directeur musical et artistique de l’Orchestre de chambre du Luxembourg depuis septembre 2012, et premier chef invitĂ© et conseiller artistique de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne. Mozartien de cĹ“ur, grand tempĂ©rament lyrique, le jeune chef d’orchestre qui est passĂ© aussi par Londres (Orchestre de l’Ă‚ge des Lumières / Orchestra of the Age of Enlightenment) devrait comme il le fait Ă  chaque fois, nous… convaincre voire nous Ă©blouir par son sens de la construction et des couleurs. Trois reprĂ©sentations Ă  Saint-Etienne, Ă  ne pas manquer.

Opéra de Saint-Etienne
Nabucco de Verdi
Les 3, 5 et 7 juin 2016
JC Mast, mise en scène
David Reiland, direction

Avec Nicolas Cavalier (Zacharia), AndrĂ© Heyboer (Nabucco), CĂ©cile Perrin (Abigaille)…
Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire

RĂ©servez directement depuis le site de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne

DAVID REILAND au disque : le chef belge qui rĂ©side Ă  Munich,vient de faire paraĂ®tre un disque excellent dĂ©diĂ© au symphoniste romantique français, Benjamin Godard (Symphonies n°2 opus 57, “Gothique” opus 23, Trois morceaux symphoniques… avec le MĂĽncher Rundfunkorchester, septembre 2015), parution très intĂ©ressante rĂ©cemment critiquĂ© par classiquenews :  ”la direction affĂ»tĂ©e, vive, Ă©quilibrĂ©e et contrastĂ©e du chef fait toute la valeur de ce disque qui est aussi une source de dĂ©couvertes.”

David Reiland dirige un nouveau Nabucco

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitSAINT-ETIENNE, OpĂ©ra. David Reiland dirige Nabucco de Verdi : les 3, 5 et 7 juin 2016. Avant Verdi, Haendel avait traitĂ© dans Belshazzar (LIRE notre critique de la lecture jubilatoire de William Christie et des Arts Florissants), - oratorio anglais de la pleine maturitĂ©, l’arrogance du prince assyrien, conquĂ©rant victorieux siĂ©geant Ă  Babylone dont l’omnipotence l’avait menĂ© jusqu’Ă  la folie destructrice. Mais Nabucco ne meurt pas foudroyĂ© comme Belshaazar : il lui est accordĂ© une autre issue salvatrice. C’est un thème cher Ă  Verdi que celui du politique rongĂ© par la puissance et l’autoritĂ©, peu Ă  peu soumis donc vaincu a contrario par la dĂ©raison et les dĂ©règlements mentaux : voyez Macbeth (opĂ©ra crĂ©Ă© en 1865). Ascension politique certes, en vĂ©ritĂ© : descente aux enfers… l’exemple de la princesse Abigaille, en est emblĂ©matique. Devenue toute puissante, la lionne se rĂ©vèle rugissante, Ă©trangère Ă  toute clĂ©mence.

Nabucco en clĂ©mence, Abigaille de fureur…

CrĂ©Ă© Ă  la Scala de Milan en mars 1842 (d’après un opĂ©ra initialement Ă©crit en 1836, et intitulĂ© d’abord, Nabuchodonosor), l’opĂ©ra hĂ©roique et tragique de Verdi brosse le portrait d’un amour impossible entre la fille hĂ©ritière de Nabucco, Abigaille (soprano) qui aime le neveu du roi de JĂ©rusalem, IsmaĂ«l. Mais celui-ci lui prĂ©fère Fenena, l’autre fille de Nabucco, alors prisonnière des Juifs. L’acte II est le plus nerveux, riche en fureur et passions affrontĂ©es. Abigaille, l’Ă©lĂ©ment haineux et irascible, vraie furie noire du drame, profite de l’orgueil dĂ©mesurĂ© de son père Nabucco qui se dĂ©clarant l’Ă©gal de Dieu, est foudroyĂ© illico : le jeune femme en profite pour prendre le trĂ´ne. Au III, devenue reine de Babylone, Abigaille rugit, tempĂŞte, manipule car rien n’est jamais trop grand ni impossible quand il s’agit de conserver le pouvoir : elle dĂ©truit les parchemins sur la nature illĂ©gitime de sa naissance, proclame la destruction de JĂ©rusalem et le massacre des Juifs. Amoureuse rejetĂ©e, la lionne exacerbe le masque de la femme politique : le choeur des hĂ©breux dĂ©chus et soumis (l’ultra cĂ©lèbre “Va pensiero”, dans lequel la nation italienne s’est reconnue contre l’oppresseur autrichien), jalonne un nouvel acte d’une fulgurance inouĂŻe.
Le IV voit le retour de Nabucco qui renverse sa fille indigne et barabre Abigaille, devenue despotique et comprenant que cette dernière va tuer Fenena, son autre fille, s’associe aux HĂ©breux qui sont dĂ©sormais les bienvenus dans leur patrie : Nabucco humanisĂ©, sait pardonner, et Abigaille doit renoncer, en cĂ©lĂ©brer le succès du mariage d’IsmaĂ«l avec Fenena. D’une Ă©criture fĂ©line, sanguine, fulgurante en effet, l’opĂ©ra fut un triomphe, le premier d’une longue sĂ©rie pour le jeune Verdi : jouĂ© plus de 60 fois dans l’annĂ©e Ă  la Scala après sa crĂ©ation, record absolu. La folie du politique, l’amoureuse Ă©conduite dĂ©formĂ©e par sa haine, la brutalitĂ© royale et l’oppression des peuples firent beaucoup pour le succès de l’ouvrage dans lequel tout le peuple italien, Ă  l’aube de son unitĂ© et de son indĂ©pendance, s’est aussitĂ´t reconnu. Verdi devenait le nouveau Shakespeare lyrique, champion de la nouvelle cause sociĂ©tale et politique.

reiland david_35172835Ne manquez pas cette nouvelle production d’un chef d’oeuvre de jeunesse de Verdi : fougueux, impĂ©tueux, foncièrement dramatique, et psychologique. Dans la fosse, règne la fougue analytique du jeune maestro belge David Reiland, directeur musical et artistique de l’Orchestre de chambre du Luxembourg depuis septembre 2012, et premier chef invitĂ© et conseiller artistique de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne. Mozartien de cĹ“ur, grand tempĂ©rament lyrique, le jeune chef d’orchestre qui est passĂ© aussi par Londres (Orchestre de l’Ă‚ge des Lumières / Orchestra of the Age of Enlightenment) devrait comme il le fait Ă  chaque fois, nous… convaincre voire nous Ă©blouir par son sens de la construction et des couleurs. Trois reprĂ©sentations Ă  Saint-Etienne, Ă  ne pas manquer.

Opéra de Saint-Etienne
Nabucco de Verdi
Les 3, 5 et 7 juin 2016
JC Mast, mise en scène
David Reiland, direction

Avec Nicolas Cavalier (Zacharia), AndrĂ© Heyboer (Nabucco), CĂ©cile Perrin (Abigaille)…
Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire

RĂ©servez directement depuis le site de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne

DAVID REILAND au disque : le chef belge qui rĂ©side Ă  Munich,vient de faire paraĂ®tre un disque excellent dĂ©diĂ© au symphoniste romantique français, Benjamin Godard (Symphonies n°2 opus 57, “Gothique” opus 23, Trois morceaux symphoniques… avec le MĂĽncher Rundfunkorchester, septembre 2015), parution très intĂ©ressante rĂ©cemment critiquĂ© par classiquenews :  ”la direction affĂ»tĂ©e, vive, Ă©quilibrĂ©e et contrastĂ©e du chef fait toute la valeur de ce disque qui est aussi une source de dĂ©couvertes.”

CD, compte rendu critique. Godard : Symphonies opus 57, 23 (David Reiland, 2015, 1 cd CPO)

GODARD banjamin symphonie 2 cd review critique cd classiquenews Titelive_0761203504428_D_0761203504428CD, compte rendu critique. Godard : Symphonies opus 57, 23 (David Reiland, 2015, 1 cd CPO). L’Ă©clectisme de Godard, qui l’impose dans le terreau de la France fin de siècle (autour des annĂ©es 1880), signe ici un cycle symphonique qu’une oreille expĂ©ditive taxerait de superficialitĂ© dĂ©monstrative voire d’offrande Ă  l’acadĂ©misme pompier, en manque Ă©vident de profondeur. Or concernant l’opus 57, la Symphonie n°2 (1879), on y dĂ©tecte d’Ă©videntes parentĂ©s stylistiques qui composent comme un contexte esthĂ©tique et musical propre Ă  l’habiletĂ© Ă©rudite du compositeur dont l’opus reprĂ©sente son cycle orchestral pourtant le plus ambitieux ; c’est mĂŞme un jalon important de l’histoire symphonique en France avant les opus de Lalo, Saint-SaĂ«ns, surtout Franck dont la Symphonie en rĂ© de 1888/1889 marque le sommet des recherches contemporaines : l’Ă©coute du cd CPO dĂ©voile un souci de traiter tous les aspects de l’Ă©criture orchestrale, de surcroĂ®t dans un effectif relativement imposant (bassons et cors jusqu’Ă  quatre, trombones par trois…) ; le 1er mouvement fait rĂ©fĂ©rence Ă  l’optimisme altier de Mendelssohn, le 2è mouvement totalement construit sous forme de Variations (histoire de montrer pour Godard, ses aptitudes Ă  varier l’orchestration sur un mĂŞme thème) rappelle Brahms ; tandis que le Scherzo cite Gounod (rĂ©miniscences de l’esprit de la Reine Mab) ou Massenet (dans cette grandiloquence très Second-Empire). Le 3ème mouvement est de loin le plus intĂ©ressant car il dĂ©voile le souci d’articulation, et la grande agilitĂ© Ă  varier la caractĂ©risation du chef David Reiland, requis pour cet exercice peu facile du dĂ©frichement. Sauf erreur il s’agit bien d’une première mondiale. Or l’Ă©blouissante agilitĂ© mozartienne de la direction, en particulier dans la succession des tableaux si contrastĂ©s de l’Allegro final, s’avère le meilleur choix artistique pour la rĂ©habilitation du compositeur romantique français. On demeure Ă©tonner cependant que les initiateurs du projets n’aient pas choisi un orchestre sur instruments anciens.

Romantisme français orchestral

David Reiland explore avec finesse l’Ă©clectisme symphonique de Godard

reiland-david-chef-maestro-582-594La juste caractĂ©risation des timbres, leur format sonore militent ici pour un allègement salvateur de la texture car l’Ă©criture française orchestrale Ă  de très rares exceptions près, sonne solennelle voire lourde – donc automatiquement grandiloquente. Or David Reiland dont on connaĂ®t dĂ©sormais l’aptitude singulière Ă  l’articulation et Ă  la clartĂ©, Ă©vite toute Ă©paisseur, toute emphase, atteignant une transparence dĂ©taillĂ©e, une activitĂ© sonore palpitante qui s’avère passionnante Ă  suivre d’Ă©pisode en Ă©pisode. Cette Symphonie n°2 prolonge la maturitĂ© d’une Ă©criture qui s’est affirmĂ©e dramatique et expressive dans le grand format, une maĂ®trise qui s’Ă©tait dĂ©voilĂ©e l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente en 1878 quand l’auteur remporte le Prix de la Ville de Paris, soucieuse de relancer la vogue des oratorios fervents, avec Le Tasse, vaste cycle symphonique et dramatique de 1877 (une Ă©popĂ©e orchestrale bien plus naturelle que Le Paradis perdu de son comparse ThĂ©odore Dubois, actif Ă  la mĂŞme pĂ©riode et pour le mĂŞme Prix, Ă©galement sujet d’un disque dont Classiquenews en son temps a rendu compte).
Grâce Ă  la vigilance du maestro belge, le dĂ©tail liĂ© Ă  un grand sens de l’analyse synthĂ©tique, saisit le caractère de chaque sĂ©quence, sans omettre la perception de l’architecture globale. VoilĂ  qui se retrouve aussi dans sa direction de chef lyrique Ă  laquelle nous devons dĂ©jĂ  de grandes rĂ©ussites.
CaractĂ©risĂ©es, les Trois pièces (opus 51) sont vives et ainsi subtilement dĂ©taillĂ©es (hautbois et flĂ»te très exposĂ©s dans la BrĂ©silienne, verve mĂ©lodique d’un très bel entrain de la très cĂ©lèbre Kermesse… laquelle pourrait servir d’accompagnement musical Ă  l’entrĂ©e du chĹ“ur dans un opĂ©ra de … Massenet). Dans la Symphonie opus 23, Godard ancien Ă©lève du symphoniste Henri Reber (rĂ©cemment dĂ©voilĂ© lui aussi et acteur raffinĂ© très germanisant Ă©galement, pour un symphonisme français souple et presque aĂ©rien), cultive un style fragmentĂ©, fortement caractĂ©risĂ© selon les 5 Ă©pisodes mouvements dont le profil spĂ©cifique oriente la Symphonie annoncĂ©e plutĂ´t vers la Suite d’orchestre. Dans ce cycle crĂ©Ă© en 1881, le travail de David Reiland impose une très forte implication expressive qui le distingue de nombre d’approches routinières : le maestoso est grandiloquent, effectivement nĂ©obaroque dans ces citations de Haendel, et donc dans le goĂ»t du XIXè Ă©clectique, “gothique” (d’oĂą le titre de l’opus). L’Andantino qui suit frappe par sa carrure allante et sa vive pulsion rythmique ; le Grave est sombre et majestueux ; et mĂŞme le finale plus ouvertement nĂ©obaroque, – proche en cela d’un Massenet dĂ©cidĂ©ment, celui des intermèdes versaillais de Manon-, affirme une santĂ© nerveuse aux couleurs prĂ©cises et justement nuancĂ©es. Le chef apporte toute la finesse possible Ă  une Ă©criture qui n’empĂŞche jamais une certaine complaisance au goĂ»t dominant, plus proche de Saint-SaĂ«ns que de Wagner ; mais un style français Ă©loignĂ© du wagnĂ©risme pour remonter le temps vers Mendelssohn et ici, aussi Bach aux cĂ´tĂ©s de Haendel. SĂ©vère dans sa construction et les multiples rĂ©fĂ©rences formelles qu’elle convoque, la Suite Gothique diffuse ici une intensitĂ© versatile souvent irrĂ©sistible. La tenue des instrumentistes de l’orchestre germanique sous la baguette du chef David Reiland emporte l’enthousiasme par leur finesse et l’Ă©lĂ©gance continuelle qui traverse les 3 cycles symphoniques heureusement redĂ©couverts. La direction affĂ»tĂ©e, vive, Ă©quilibrĂ©e et contrastĂ©e du chef fait toute la valeur de ce disque qui est aussi une source de dĂ©couvertes.

CD, compte rendu critique. Godard : Symphonies n°2 opus 57, “Gothique” opus 23. Trois Morceaux (Marche funèbre, BrĂ©silienne, Kermesse). MĂĽnchner Rundfunkorchester. David Reiland, direction (1 cd CPO enregistrement rĂ©alisĂ© en septembre 2015).

LIRE aussi la critique cd complète du Paradis Perdu de Théodore Dubois (mars 2012)

LIRE aussi notre critique cd complète de la Symphonie n°4 d’Henri Reber (mai 2012)

Compte rendu, opĂ©ra. Betsy Jolas : Iliade l’amour, crĂ©ation. Le 15 mars, Pars, CNSMDP. David Reiland

IliadeLamour_agendaSCHLIEMANN devient ILIADE L’AMOUR. BientĂ´t 90 ans, – en aoĂ»t prochain, Betsy Jolas rĂ©vise son opĂ©ra Schliemann, crĂ©Ă© Ă  Lyon en 1995, et ici Ă  Paris, le retaille pour une nouvelle offre lyrique en 1h45 et 10 tableaux. L’Ĺ“uvre intitulĂ©e “Iliade l’amour” et prĂ©sentĂ©e dans la salle de concert du CNSMDP en partenariat avec la Philharmonie de Paris laisse dubitatif. MĂŞme resserrĂ©, le livret produit d’inĂ©vitables tunnels d’une inaction bavarde qui finit par ennuyer : de surcroĂ®t le metteur en scène amĂ©nage au risque de plomber le dĂ©roulement des pauses silencieuses qui n’apportent absolument rien Ă  l’Ă©lucidation de l’action ni Ă  son onirisme. D’autant que la figure de l’archĂ©ologue allemand si passionnĂ© par Troie, subit quelques dĂ©formations antihistoriques, rĂ©solument fantasques, Ă  la façon d’une biographie subjective, vue ici – ou plutĂ´t revĂ©cue Ă  travers le tĂ©moignage de sa propre fille, Andromache (fière et Ă©nigmatique AnaĂŻs Bertrand) dont le metteur en scène fait une figure Ă©vanescente, parfois hors scène, telle la narratrice d’une Ă©vocation chaotique, par bribes, au fil rĂ©trospectif.
Dans cette expĂ©rience musicale qui se veut totale, l’oreille a du mal Ă  repĂ©rer d’un bout Ă  l’autre, l’idĂ©e d’une continuitĂ© dramatique, … d’autant que le texte qui reste difficile Ă  comprendre, reste dĂ©cousu et souvent Ă©nigmatique. Le livret a Ă©tĂ© Ă©crit Ă  deux mains par la compositrice et Bruno Bayen dont la pièce originelle “Schliemann, Ă©pisodes ignorĂ©s” a fourni la trame de dĂ©part.
Cependant certaines sĂ©quences prises isolĂ©ment arrivent cependant Ă  captiver telle le duo entre Schliemann et sa dernière Ă©pouse Sophia (palpitante Marianne Croux, scène V), puis la berceuse de cette dernière (scène VI) oĂą en un chant plus dĂ©veloppĂ© et fluide, la jeune femme synthĂ©tise prĂ©cisĂ©ment l’enjeu de l’ouvrage, entre songe et rĂ©alitĂ©, quand elle chante, au bord d’une rĂŞverie finalement dĂ©pressive : “je suis l’Ă©pouse de ton rĂŞve”. Sophia ne semble exister que par les fantasmes de son Schliemann de mari, plus Ă©vanescente que rĂ©elle, elle semble interdite Ă  possĂ©der une vĂ©ritable identitĂ©. Toutes les figures sur la scène d’un paquebot en croisière s’apparentent Ă  des apparitions sans guère d’Ă©paisseur que la musique pourtant suractive de Betsy Jolas finit par Ă©parpiller tout Ă  fait. Le travail sur la langue française (avec inserts d’anglais, de grecs, d’allemand…) focuse souvent sur l’anecdotique et semble rĂ©pondre au fragmentaire très percussif de la fosse. Pas assez abouti non plus, l’Ă©mergence des saillies drĂ´latiques comme l’Ă©pisode “cabaret” avec un enquĂŞteur bègue (Ă©patant Fabien Hyon), oĂą le gouvernement turc cherche Ă  reprendre le trĂ©sor que Schliemann a exhumĂ© sur les ruines de Troie…

 

 

 

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De Schliemann Ă  Iliade l’amour. Les forces vives du CNSMDP crĂ©ent l’opĂ©ra de Betsy Jolas dans sa nouvelle version

Forme décousue / direction épatante

 

Ceux qui pensaient retrouver prĂ©cisĂ©ment une sorte d’hommage poĂ©tique sur la vie de l’archĂ©ologue allemand, mĂŞlant antiquitĂ© recherchĂ©e/fantasmĂ©e ou une rĂ©flexion sur l’oubli, la trace que convoque la quĂŞte des civilisations et de l’Histoire en seront pour leur frais. MĂŞme le titre “Iliade l’amour” convoquant le principe d’une Ă©popĂ©e amoureuse trompe l’attente : la musique de Betsy Jolas, plus pointilliste Ă©parse que scintillante et miroitante, manque cruellement de sensualitĂ©. L’intitulĂ© est cependant respectĂ©, la promesse d’une lyre amoureuse s’incarnant Ă©videmment dans le rĂ´le de Sophia, quintessence d’une fĂ©minitĂ© multiple, – la vraie quĂŞte ici de Schliemann, dĂ©sireux d’Ă©pouser celle qui incarne Ă  ses yeux HĂ©lène de Troie-; – exigeant un soprano agile et volubile, jusqu’Ă  sa dĂ©chirante imploration lacrymale, sur le corps mort de l’Ă©poux Ă  la fin de l’opĂ©ra de chambre.

Pilote continĂ»ment impliquĂ©, aux gestes aĂ©riens et fluides, le chef belge, dĂ©jĂ  remarquĂ© entre autres comme baguette lyrique Ă  Saint-Etienne, David Reiland sait trouver la justesse et l’Ă©quilibre d’une partition pourtant dĂ©sĂ©quilibrĂ©e dont le flux chaotique installe avec difficultĂ© la notion d’intrigue scĂ©nique. La subtile pulsion et l’attention analytique que sa direction insuffle, parvient Ă  unifier et mĂŞme densifier la texture, en une continuitĂ© dramatique souvent passionnante, en particulier dans la succession des 3 derniers tableaux. Le souci d’Ă©quilibre plateau / fosse, tout ce travail sur la couleur et la rĂ©sonance, l’articulation de la ligne, farouchement recherchĂ©e, identifiĂ©e, cultivĂ©e tempère l’âpretĂ© d’une partition dont la rĂ©alisation théâtrale n’allait pas de soi (et Ă©tait mĂŞme le premier dĂ©fi). A la tĂŞte des forces vives du CNSMDP (classes de chanteurs et de musiciens, tous très engagĂ©s), ce que parvient Ă  obtenir le maestro par ailleurs fin mozartien, relève donc de l’exploit. Chapeau bas. Baguette Ă  suivre.

 

 

 

Iliade l’amour de Betsy Jolas, d’après Schliemann (1995)
Opéra de chambre en dix scènes, livret du compositeur et de Bruno Bayen
Créé au CNSMDP le 6 mars 2016

direction musicale : David Reiland
Mise en scène: Antoine Gindt

Scénographie
Etudiantes de l’ENSAD sous la supervision d’Elise Capdenat

Costumes
Fanny Brouste

Lumières
Ondine Trager

Heinrich Schliemann
Julien Clément

Sophia
Marianne Croux

Andromache
AnaĂŻs Bertrand

Spencer
Igor Bouin

Mr Haak
Fabien Hyon

Nelly
Eva ZaĂŻcik

L’appariteur
Guilhem Worms

Marina Ruiz, Yi Li, sopranos
Adèle Charvet, Lucie Louvrier, mezzo-sopranos
Blaise Rantoanina, Jean-François Marras, ténors

Orchestre du Conservatoire de Paris

Le Schielemann II de Betsy Jolas Ă  Paris

reiland david-reiland-2-412x332Paris, Conservatoire. Jolas: Schliemann II. 12-17 mars 2016. Nouvelle version de l’opĂ©ra Schliemann de Betsy Jolas crĂ©Ă©e initialement Ă  Lyon en 1995. 20 ans après l’avoir livrĂ©, la compositrice affine encore le relief dramatique de son ouvrage lyrique afin de proposer un portrait plus expressif encore de l’archĂ©ologue passionnĂ© par les rĂ©cits d’Homère. Schliemann est le pionnier de l’archĂ©ologie grecque, en particulier mycĂ©nienne, dĂ©couvreur de Troie (1870) et de Mycènes (1874),  et mĂŞme sil dĂ©veloppe des mĂ©thodes de fouilles bien peu scientifiques, son intuition s’est rĂ©vĂ©lĂ©e juste ouvrant après lui la voie Ă  plusieurs gĂ©nĂ©rations de chercheurs passionnĂ©s par la question de l’antiquitĂ© grecque.
Direction inspirĂ©e habitee. Cette manière de rĂ©crĂ©ation est portĂ©e par la direction exaltante affĂ»tĂ©e du chef David Reiland, l’une des baguettes les plus captivantes de l’heure, encore mesestimĂ©e mais son heure viendra assurĂ©ment-, l’Ă©gal des Lionel  Bringuier, Bruno  Procopio, Yannick NĂ©zet-Seguin, Debora Waldman… plus que de somptueux techniciens de la baguette, des tempĂ©raments dĂ©fendant avec une rare passion leur propre vision des oeuvres choisies entre Ă©nergie et acuitĂ© poĂ©tique. Tout au long de ce cycle de reprĂ©sentantations au CNSMDP, les parisiens pourront mesurer la direction Ă  la fois chaleureuse habitĂ©e, prĂ©cise et nerveuse d’un maestro taillĂ© pour l’opĂ©ra et l’explicitation du drame. …

schliemann archeologue heinrich-schliemann-1-sizedBetsy Jolas : Schliemann II version 2016
Opéra de chambre
Livret de Betsy Jolas et Bruno Bayen
Adaptation de la pièce Schliemann ,Épisodes ignorĂ©s de Bruno Bayen (Éditions Gallimard 1982) – DurĂ©e : 1h35 environ

12-17 mars 2016 Ă  20h30
Conservatoire de Paris / CNSMDP – Salle d’art lyrique
RĂ©servations sur le site de la Philharmonie de Paris.

David Reiland, direction
Antoine Gindt, mise en scène

Orchestre du Conservatoire
Julien Clément, baryton – Schliemann
Lucie Louvrier, mezzo-soprano – Jeune fille (ensemble vocal)

Élèves du département des disciplines vocales
Marianne Croux, soprano – Sophia, sa femme
AnaĂŻs Bertrand, mezzo-soprano – Andromache, sa fille
Igor Bouin, baryton – Spencer, photographe
Guihem Worms, baryton – L’appariteur
Eva ZaĂŻcik, mezzo-soprano – Nelly, chanteuse, son ex-femme
Fabien Hyon, tĂ©nor – Mr Haak, dĂ©tective (aussi professeur de gymnastique)

Ensemble vocal
Marina Ruiz, Yi Li, soprano
Adèle Charvet, mezzo-soprano
Aliénor Feix, Hedvig Haugerud, alto
Blaise Rantoanina, Jean-François Marras, ténor
Igor Bouin, Guihem Worms, baryton

Chefs de chant (pour les scéniques piano)
Bianca Chillemi
Flore Merlin
David-Huy Nguyen-Phing
Kotona Sakurai

Avec la participation de Sylvie Leroy, chef de chant, pour la préparation des chanteurs et d’Alexandre Piquion pour la préparation de l’ensemble vocal

Élèves de la direction des études chorégraphiques (DNSP contemporain)
Constance Diard
Isaure Leduc
Mathilde Moreau

Réservation à partir du 15 février au 01 44 84 44 84
Tarif : 18 €

Retransimission vidéo en direct de la représentation du samedi 12 mars sur
le site du CNSMD PARIS. Concert diffusé postérieurement par France Musique.

Schielemann II (2016) de Jolas

reiland david-reiland-2-412x332Paris, Conservatoire. Jolas: Schliemann II. Les 12,14 et 15 mars 2016. Nouvelle version de l’opĂ©ra Schliemann de Betsy Jolas crĂ©Ă©e initialement Ă  Lyon en 1995. 20 ans après l’avoir livrĂ©, la compositrice affine encore le relief dramatique de son ouvrage lyrique afin de proposer un portrait plus expressif encore de l’archĂ©ologue passionnĂ© par les rĂ©cits d’Homère. Schliemann est le pionnier de l’archĂ©ologie grecque, en particulier mycĂ©nienne, dĂ©couvreur de Troie (1870) et de Mycènes (1874),  et mĂŞme sil dĂ©veloppe des mĂ©thodes de fouilles bien peu scientifiques, son intuition s’est rĂ©vĂ©lĂ©e juste ouvrant après lui la voie Ă  plusieurs gĂ©nĂ©rations de chercheurs passionnĂ©s par la question de l’antiquitĂ© grecque.
Direction inspirĂ©e habitee. Cette manière de rĂ©crĂ©ation est portĂ©e par la direction exaltante affĂ»tĂ©e du chef David Reiland, l’une des baguettes les plus captivantes de l’heure, encore mesestimĂ©e mais son heure viendra assurĂ©ment-, l’Ă©gal des Lionel  Bringuier, Bruno  Procopio, Yannick NĂ©zet-Seguin, Debora Waldman… plus que de somptueux techniciens de la baguette, des tempĂ©raments dĂ©fendant avec une rare passion leur propre vision des oeuvres choisies entre Ă©nergie et acuitĂ© poĂ©tique. Tout au long de ce cycle de reprĂ©sentantations au CNSMDP, les parisiens pourront mesurer la direction Ă  la fois chaleureuse habitĂ©e, prĂ©cise et nerveuse d’un maestro taillĂ© pour l’opĂ©ra et l’explicitation du drame. …

schliemann archeologue heinrich-schliemann-1-sizedBetsy Jolas : Schliemann II version 2016
Opéra de chambre
Livret de Betsy Jolas et Bruno Bayen
Adaptation de la pièce Schliemann ,Épisodes ignorĂ©s de Bruno Bayen (Éditions Gallimard 1982) – DurĂ©e : 1h35 environ

Les 12, 14, 15 mars 2016 Ă  20h30
Conservatoire de Paris / CNSMDP – Salle d’art lyrique
RĂ©servations sur le site de la Philharmonie de Paris.

David Reiland, direction
Antoine Gindt, mise en scène

Orchestre du Conservatoire
Julien Clément, baryton – Schliemann
Lucie Louvrier, mezzo-soprano – Jeune fille (ensemble vocal)

Élèves du département des disciplines vocales
Marianne Croux, soprano – Sophia, sa femme
AnaĂŻs Bertrand, mezzo-soprano – Andromache, sa fille
Igor Bouin, baryton – Spencer, photographe
Guihem Worms, baryton – L’appariteur
Eva ZaĂŻcik, mezzo-soprano – Nelly, chanteuse, son ex-femme
Fabien Hyon, tĂ©nor – Mr Haak, dĂ©tective (aussi professeur de gymnastique)

Ensemble vocal
Marina Ruiz, Yi Li, soprano
Adèle Charvet, mezzo-soprano
Aliénor Feix, Hedvig Haugerud, alto
Blaise Rantoanina, Jean-François Marras, ténor
Igor Bouin, Guihem Worms, baryton

Chefs de chant (pour les scéniques piano)
Bianca Chillemi
Flore Merlin
David-Huy Nguyen-Phing
Kotona Sakurai

Avec la participation de Sylvie Leroy, chef de chant, pour la préparation des chanteurs et d’Alexandre Piquion pour la préparation de l’ensemble vocal

Élèves de la direction des études chorégraphiques (DNSP contemporain)
Constance Diard
Isaure Leduc
Mathilde Moreau

Réservation à partir du 15 février au 01 44 84 44 84
Tarif : 18 €

Retransimission vidéo en direct de la représentation du samedi 12 mars sur
le site du CNSMD PARIS. Concert diffusé postérieurement par France Musique.