Cd événement,annonce. Josek SUK : ASRAEL, Pohådka / Jiri Belohlåvek, Czech Philarmonic (2 cd DECCA).

suk-josef-asrael-fairy-tale-cd-critique-classiquenews-annonce-cd-review-classiquenews-opera-concert-symphonique-decca4834781v1Cd Ă©vĂ©nement,annonce. Josek SUK : ASRAËL, PohĂĄdka / Jiri BelohlĂĄvek, Czech Philarmonic (2 cd DECCA). Un chef tchĂšque sensible POUR DES PARTITIONS INTIMES ET DRAMATIQUES. L’écoute intĂ©rieure du premier dĂ©voile le ligne poĂ©tique de deux cycles symphoniques de Josek Suk, classique et romantique, expressionniste et lyrique. Decca poursuit ainsi son cycle posthume, dĂ©diĂ© au travail du chef tchĂšque (nĂ© et mort Ă  Prague) Jiri Belohlavek, Ă©lĂšve de Cilibache , ici Ă  la tĂȘte du CZECH PHILHARMONIC, qu’il a dirigĂ© dĂšs 1990. ASRAËL
 Gendre de Dvorak (son professeur de composition Ă  Prague) dont il Ă©pousa la fille Otilia, Suk est contemporain de Ravel. Membre (second violon) du Quatuor tchĂšque (jusqu’en 1933), Suk subit de plein fouet, les griffes d’un destin tragique, perdant coup sur coup Dvorak (1904), puis son Ă©pouse (en 1905) ; il sombre dans un pessimisme noir dont tĂ©moigne une Ă©criture lyrique souvent Ă©perdue, d’une grande fluiditĂ© malgrĂ© son intensitĂ© sombre. En tĂ©moigne particuliĂšrement sa symphonie monumenale AsraĂ«l de 1906. Les uns y retrouveront des principes malhĂ©riens. D’un froid rĂ©alisme, formellement somptueux, orchestralement passionnant, AsraĂ«l exprime le souffle et l’ombre de l’Ange de la mort. Le deuil est inscrit dans la genĂšse de la partition : des 3 mouvements Ă©crits au moment de la disparition de Dvorak son maĂźtre, Suk ajoute aprĂšs la perte de son Ă©pouse, 2 autres mouvements.

suk-josef-portrait-concert-orchestre-symphonie-critique-cd-critique-opera-concert-par-classiquenews-musique-classique-newsLe cycle des 5 Ă©pisodes suit un parcours semĂ© de visions et d’épreuves : Andante sostenuto (essor du thĂšme de la mort, empruntĂ© Ă  la suite Radusz et Mahulena) ; Andante (dĂ©solation et terreur d’aprĂšs une citation du Requiem de Dvorak) ; Vivace (danse macabre hallucinĂ©e, sarcastique) ; Adagio (solo de violon Ă©voquant sa dĂ©funte Ă©pouse Otilia) ; Adagio e mesto (l’homme dĂ©fait tient en Ă©chec la mort par sa rĂ©sistance Ă  l’adversitĂ© coĂ»te que coĂ»te
 ). De format gigantesque mais sans chƓur ni soliste, l’Ɠuvre de Suk dĂ©peint un itinĂ©raire mortifĂšre qui regroupe comme chez Gustav, toutes les forces vitales du hĂ©ros. AsraĂ«l constitue le premier volet de la tĂ©tralogie symphonique de Suk, inspirĂ©e de sa propre existence : suivront Conte d’étĂ©, Maturation, enfin Epilogue. AprĂšs le Stabat Mater de Dvorak, Decca Ă©dite ce premier volet symphonique conçu par Josef Suk sur sa propre vie, par le chef tchĂšque Jiri Belohlavek disparu le 31 mai 2017. On ne saurait concevoir plus bel Ă©quilibre entre l’intensitĂ© expressive et le chant intĂ©rieur, voire l’urgence viscĂ©rale qui porte tout l’édifice orchestral. L’ñpretĂ© de la partition trouve un interprĂšte tendre et langoureux qui Ă©coute l’activitĂ© secrĂšte, la part dĂ©sespĂ©rĂ©e et dĂ©truite de l’endeuillĂ©.
A LA SOURCE d’AsraĂ«l, il y eut quelques annĂ©es auparavant la musique de ce drame personnel, la musique de scĂšne pour la piĂšce de Julius Zeier, Radusz et Mahulena en 1898. Avant AsraĂ«l, Suk en dĂ©duit une « Suite » intitulĂ© « Pohadka » / Conte (Fairy Tale). Le motif principal du premier tableau (l’amour fidĂšle des amants) est repris dans le premier mouvement de AsraĂ«l. Ainsi sont reliĂ©s les deux cycles de ce passionnant coffret SUK par Belohlavek. Grande critique Ă  venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews

 

 

 

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Cd événement,annonce. Josek SUK : ASRAEL, Pohådka / Jiri Belohlåvek, Czech Philarmonic (2 cd DECCA). Parution : le 5 avril 2019.

CD, critique. DVORAK : Requiem, Chants Bibliques, Te Deum (Hrusa, Belohlavek, 1 cd DECCA 2017)

dvorak-requiem-biblical-songs-belohlavek-hrusa-martinik-prague-choir-cd-review-classiquenews-critique-classiquenews-deccaCD, critique. DVORAK : Requiem, Chants Bibliques, Te Deum (Hrusa, Belohlavek, 1 cd DECCA 2017) – Le coffret Ă©ditĂ© par Decca, rassemble les Ɠuvres sacrĂ©es du compositeur tchĂšque Dvorak, qui restent liĂ©es Ă  son aventure inouĂŻe auprĂšs des audiences anglo saxonnes : Requiem (Londres), Te Deum (New York). AprĂšs le triomphe du Stabat Mater (1876), particuliĂšrement applaudi par le public londonien Ă  partir de 1883 (Royal Albert Hall), Dvorak rĂ©pond Ă  la demande de son Ă©diteur anglais, Alfred Littleton, et compose une Ɠuvre plus ambitieuse encore, un Requiem (trĂšs parsifalien en son ouverture chorale et symphonique)
 mais avec une ampleur brucknĂ©rienne et une ĂąpretĂ© sincĂšre qui relĂšve de la culture folklorique et populaire de Dvorak. Ainsi avec force publicitĂ©, Dvorak prĂ©sente au festival de Birmingham le 9 oct 1891 son Requiem : l’alliance des parties intimes (solistes) et graves (collectives et chorales) scelle la rĂ©ussite de la partition et son excellente rĂ©ception par le public. Y rayonne en particulier la voix de la soprano qui entonne avec ferveur et sobriĂ©tĂ© la priĂšre « Requiem Aeternam »  L’ambition orchestrale du compositeur se dĂ©voile dans le saisissant Dies Irae : riche en dĂ©flagrations mesurĂ©es, d’une puissance originale indiscutable, trĂšs dramatique et tout autant recueillis, tendus mais jamais secs. Toujours y perce la douleur directe, franche des fervents qui implorent le salut pour ceux qui sont partis

Le Requiem est Ă©crit alors que depuis juin 1891, Dvorak a reçu la proposition de diriger le Conservatoire de New York : ce qu’il accepte Ă  partir d’oct 1892 et pendant deux annĂ©es scolaires.

Le Te Deum est crĂ©Ă© au Carnegie Hall de New York (21 oct 1891), un mois aprĂšs son arrivĂ©e aux States : on y sent l’ambition de rĂ©gĂ©nĂ©rer localement l’essor de la musique indigĂšne, « amĂ©ricaine », entre autres parce que le concert devait cĂ©lĂ©brer le 400Ăš anniversaire de la dĂ©couverte de l’AmĂ©rique par Colomb. Une entente conjointe entre Dvorak et les AmĂ©ricains allait se concrĂ©tiser idĂ©alement lors de la crĂ©ation triomphale elle aussi de sa Symphonie du Nouveau Monde (mĂȘme lieu, dĂ©c 1893).
L’aventure amĂ©ricaine de Dvorak devait ĂȘtre fauchĂ©e par la crise Ă©conomique et la ruine du Conservatoire dĂ©sormais dans l’impossibilitĂ© d’honorer le moindre paiement dĂšs dĂ©c 1893.
De BohĂšme, Dvorak apprend alors la mort de son pĂšre : il compose les fameux Chants bibliques pour basse et piano. A Prague, en 1896, Dvorak crĂ©e dans le premier concert de la Philharmonie TchĂšque rĂ©cemment constituĂ©e, les 5 premiers Chants orchestrĂ©s. Ici, le chef Jiri Belohlavek joue les 10 Chants, – aux 5 autographes de Dvorak, se joignent les 5 derniers dans l’orchestration tardive de Burghauser et Hanus (1960).

Mort rĂ©cemment en 2017, Jiri Belohlavek nous laisse ici son dernier enregistrement : le cycle intĂ©gral orchestral des 10 Chants Bibliques gagnent une profondeur Ă  la fois sombre voire lugubre, d’une justesse de ton et dans un Ă©quilibre voix / parure orchestrale, trĂšs sĂ©duisants. Jiri Belohlavek traite la texture symphonique telle une scintillante tapisserie orchestrale qui accordĂ©e Ă  la tendresse de la basse Jan MartinĂ­k opĂšre et rĂ©alise la douceur sousjacente Ă  chacune des 10 sĂ©quences.
En « complĂ©ment », l’opus 89 – le Requiem destinĂ© au public britannique du festival de Birmingham est idĂ©alement rĂ©alisĂ© par le chef Jakub Hrusa, qui souligne la sincĂ©ritĂ© de la ferveur du Dvorak quinquagĂ©naire, trĂšs inspirĂ© par l’ombre de la mort, lui-mĂȘme frappĂ© en de multiples occurrences par le deuil.
Le Requiem a la force et la franchise en effet de celui de Verdi dont il se rapproche par son caractĂšre direct, profondĂ©ment humain ; la version qu’en donne Jakub Hrusa sĂ©duit immĂ©diatement par son implication totale, la cohĂ©rence du plateau de soliste (dont les excellents Ailyn PĂ©rez et Michael Spyres), le feu du chƓur qui font jaillir la profonde et viscĂ©rale priĂšre, voire exhortation au repos.

CLIC_macaron_20dec13MĂȘme alliance rĂ©solue entre les vagues spectaculaires et l’intimitĂ© de priĂšres trĂšs individualisĂ©es dans le Te Deum opus 103, toutes les Ɠuvres Ă©tant jouĂ©es par le Czech Philharmonic, phalange des plus lĂ©gitimes et dont l’histoire est intimement liĂ©e Ă  celle de Dvorak. Le Te Deum est vraie cĂ©lĂ©bration collective, telle une chevauchĂ©e chevaleresque gorgĂ©e de saine Ă©nergie qui ne manque pas non plus de noblesse fervente (Rex Tremendae portĂ© par la vaillance du baryton Svatopluk Sem) ni de gaietĂ© pastorale et rustique, grĂące Ă  l’engagement du chƓur qui sonne idiomatique dans le rĂ©pertoire. CLIC de CLASSIQUENEWS du printemps 2020.

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CD, critique. DVORAK : Chants Bibliques (opus 99, fĂ©v 2017 – Jiri Belohlavek) / Requiem opus 89 (sept 2017), Te Deum opus 103 (dĂ©c 2018) Jakub Hrusa / Czech Philharmonic / Prague Philharmonic Choir – 2 cd DECCA – CLIC de CLASSIQUENEWS de mars et avril 2020.

Autres critiques DVORAK, musique sacrée sur CLASSIQUENEWS :

dvorak stabat mater jiri belohlavek decca cd spyres kulman park cd review critique cd classiquenews CLIC de classiquenews decca cd review Titelive_0028948315109_D_0028948315109CD, compte rendu critique. DVORAK : STABAT MATER (Belohlavek, Prague mars 2016, 1 cd Decca). Etrangement la Philharmonie TchĂšque / Czech Philharmonic sonne dĂ©mesurĂ©e dans une prise de son Ă  la rĂ©verbĂ©ration couvrante qui tant Ă  diluer et Ă  noyer le dĂ©tail des timbres, comme le relief des parties : orchestre, solistes, choeur (Prague Philharmonic Choir). Heureusement, la direction tendre du chef Jiri Belohlavek (rĂ©cemment dĂ©cĂ©dĂ© : il s’est Ă©teint le 31 mai 2017) Ă©vite d’écraser et d’épaissir, malgrĂ© l’importance des effectifs et le traitement sonore plutĂŽt rond et indistinct. C’est presque un contresens pour une partition qui plonge dans l’affliction la plus dĂ©chirante, celle d’un pĂšre (Dvorak) encore saisi par la perte de ses enfants Josefa en septembre 1875, puis ses ainĂ©es : Ruzenka et Ottokar. En LIRE plus