VIDEO : Fabien Armenagud ressuscite les Motets oubliés de Clérambault

clerambault-motets-pour-3-hommes-fabien-armengaud-cd-paraty-review-announce-compte-rendu-critique-presentation-CLASSIQUENEWS-PARATY516141_couv---copieVIDEO, reportage. CLERAMBAULT RÉINVENTÉ … Et si Louis-Nicolas Clérambault était à l’égal d’un Rameau (plus tardif), le génie (oublié) du Baroque français des Lumières ? On s’étonne que personne avant lui n’ait eu l’intuition d’un talent éloquent, surtout l’audace et le courage de réaliser un nouveau disque totalement dédié. L’organiste Fabien Armengaud se passionne pour l’éloquence des Baroques français. L’organiste et claveciniste a réuni plusieurs solistes chevronnés pour ressusciter la théâtralité intérieure, intense, très resserrée de Louis-Nicolas Clérambault.  Avec son nouvel Ensemble Sébastien de Brossard, le chef éclaire un pan méconnu et pourtant jubilatoire de la musique sacrée au début du XVIII ème siècle, celle de Louis-Nicolas Clérambault dont ici les partitions pour 3 voix d’hommes sont dévoilées à leur juste format. On ne s’étonne pas de la part de l’auteur de la cantate La muse de l’opéra que le cycle choisi, éblouisse par un sens exceptionnel du texte, par l’intelligence et le raffinement de son traitement dramatique. Le Passage de La mer Rouge ou la tempête du Motet évoquant la bataille de Lépante (1571), victoire écrasante de la sainte ligue catholique contre les turcs musulmans, en témoignent ainsi particulièrement, exposant et articulant comme rarement le texte en plusieurs tableaux d’une très rare intensité expressive. En somme, monsieur Clérambault, à l’église, fait de l’opéra. REPORTAGE VIDEO © studio CLASSIQUENEWS / Réalisation : Philippe-Alexandre PHAM 2016

logo-final-F.A.-et-ensemble2HDLIRE aussi notre présentation annonce complète du cd événement “Louis-Nicolas Clérambault : Motets à trois voix d’hommes et symphonies par l’Ensemble Sébastien de Brossard, Fabien Armenagud (direction)… 1 cd Paraty productions

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Grand entretien avec Fabien Armengaud, directeur musical et fondateur de l’Ensemble Sébastien de Brossard

ENTRETIEN avec Fabien Armengaud, fondateur et directeur musical de l’Ensemble Sébastien de Brossard… C’est son premier disque avec son Ensemble Sébastien de Brossard, mais Fabien Armengaud n’en est pas à son premier concert ; loin de là : l’assistant d’Olivier Schneebeli au sein de la Maîtrise du CMBV (Centre de Musique Baroque de Versailles) n’a cessé depuis plus de 15 ans, de participer à la réussite d’une phalange aujourd’hui exemplaire, qui défend avec passion et finesse, l’art choral du Baroque Français. Mais là où nombre de nouveaux instrumentistes débutent leur carrière avec leur propre ensemble, se dédiant souvent à l’incontournable et inestimable MA Charpentier, Fabien Armengaud agit différemment, frappe fort même en réalisant un rêve porté depuis une décennie, enregistrer un programme de musique française pour 3 voix d’hommes… d’un illustre mais génial méconnu, Louis-Nicolas Clérambault.

 

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clerambault-motets-pour-3-hommes-fabien-armengaud-cd-paraty-review-announce-compte-rendu-critique-presentation-CLASSIQUENEWS-PARATY516141_couv---copieEn plus de maîtriser son sujet et posséder les ficelles du métier, Fabien Armengaud ose défricher, explorer, surprendre. Le résultat est là : son programme édité chez Paraty productions dépasse toute espérance et prouve l’excellence du nouvel ensemble, tout en affirmant dès son départ, l’originalité et l’audace du répertoire présenté. Le cd Motets à 3 voix d’hommes de Nicolas-Louis Clérambault est élu CLIC de CLASSIQUENEWS d’octobre 2016 (parution annoncée, le 21 octobre 2016). Le chant des trois chanteurs réunis autour de Fabien Armengaud, l’articulation ardente, vive, palpitante des instrumentistes de l’Ensemble Sébastien de Brossard affirment la venue d’un collectif mûr, éblouissant dont la sonorité, le goût, le style confirment la justesse, la vérité, la profondeur. Grande critique du cd à la date de sortie de l’album, soit le 21 octobre prochain. A l’occasion de la parution de ce disque événement, CLASSIQUENEWS a posé 4 questions à Fabien Armengaud.

 

 

 

Pourquoi avoir choisi pour votre premier disque ce programme révélant un Clérambault méconnu et surprenant ?

armenagud-fabien-ensemble-sebastien-de-brossard-classiquenews-portrait-concert-annonce-portrait-entretien--582-G-Uferas-0224Fabien Armengaud : Le choix d’un compositeur, en particulier pour un premier disque, est une démarche tout sauf anodine. Force est de constater que bon nombre de mes collègues ont très souvent choisi Charpentier pour leur premier disque. C’est tout à fait légitime, Charpentier étant un immense compositeur dont on aura jamais fait le tour. Néanmoins, il me semblait intéressant de prendre un autre chemin. J’ai donc passé un an à lire beaucoup de musique à trois voix d’hommes et un jour ce fut la rencontre avec l’œuvre de Clérambault. C’est apparu pour moi comme une évidence: il fallait enregistrer ce compositeur! J’ai donc tout de suite réuni mon équipe et le projet s’est monté grâce à la confiance que m’a témoignée Bruno Procopio, directeur du label Paraty, qui m’a laissé carte blanche pour cet enregistrement.

 

 

 

Pouvez vous citer 2 exemples précis, extraits du programme qui démontrent l’intérêt de Clérambault ?

Il est difficile pour moi de ne choisir que deux exemples! Clérambault est, à mes yeux, à la croisée de deux mondes, le XVIIème siècle – le véritable siècle baroque pour moi- avec son élégance, sa noblesse de caractère et j’ose même dire sa dignité qui transparaît dans tous les arts, et le XVIIIème siècle, qui lui, va plutôt vers la virtuosité, vers l’agréable et parfois le décoratif. Clérambault est justement à la charnière, à la fin d’un monde et au début de l’autre et c’est ce que j’ai essayé de démontrer dans cet enregistrement.

En tant que claveciniste, j’ai beaucoup de proximité avec le XVIIème siècle mais je ne boude jamais mon plaisir de jouer également la musique du XVIIIème. On peut aimer Nosferatu et La folie des grandeurs!

Pour répondre à votre question, si je devais choisir deux exemples, je choisirai tout d’abord un des mouvements du Motet pour la Canonisation de Saint PieImpii Turcarum Gens, qui est, à ma connaissance, le seul exemple de Tempête dans la musique sacrée. Le second pourrait être le verset Et Misericordia tiré du Magnificat. Quand on commence à écouter cette pièce, on se dit que c’est très beau et que cela va s’arrêter au bout de une ou de deux minutes,  et c’est là où Clérambault est véritablement génial: il renouvelle sans cesse le discours avec une économie de moyen incroyable, le contrepoint de plus en plus sublime rendant ce mouvement complètement hypnotique pendant plus de quatre minutes!

 

 

 

En quoi le programme de ce disque est-il emblématique de votre démarche artistique comme chef et directeur musical de l’Ensemble S de Brossard (geste, texte, cohérence, sonorité…) ? Quelle serait la carte d’identité de votre ensemble ?

Comme chaque vie de musicien, la mienne a été faite de très belles rencontres. Odile Masse, Jan Willem Jansen et Yasuko Bouvard avec qui j’ai commencé mes études dans cette belle ville de Toulouse. Ensuite, deux rencontres furent déterminantes dans ma vie de musicien: Hervé Niquet, à qui je dois tant, et qui m’a ouvert le monde fantastique de la musique baroque française et Laurence Boulay qui, elle, m’a ouvert la porte de la basse continue et de la recherche, (et qui est toujours présente dans mon esprit dès que je fais un continuo). Je n’oublie pas également Michèle Dévérité à qui je dois beaucoup. Dernière rencontre et non des moindres: Olivier Schneebeli que j’ai rencontré au début des années 2000 et qui m’a tout de suite accordé sa confiance sans faille et avec lequel je travaille depuis maintenant dix-sept ans à la Maîtrise du Centre de musique baroque de Versailles où je suis son assistant.

Ce long préambule pour vous expliquer que ce disque c’est d’abord le fruit de rencontres et la réunion de ceux que je considère comme “ma famille musicale”. C’est précisément ces chanteurs -Cyril Auvity, Jean-François Novelli et Alain Buet- et ces instrumentistes -Maud Caille, Léonor de Récondo, Valérie Balssa, Lucie Rio-Humbrecht, François Costa, Mathurin Matharel, Thibaut Roussel et Guillaume Cuiller- que j’avais envie de réunir dans ce projet que je porte en moi depuis maintenant dix ans. Concernant ma démarche de chef d’ensemble, deux phrases de mon Maître Dominique Rouits m’accompagnent dans mon parcours. La première: « la musique est un partage » et j’espère bien que cela s’entend sur ce disque, cette connivence musicale!

La seconde « un chef, doit faire autorité et non avoir de l’autorité » et c’est bien ainsi que je conçois ma démarche. Un chef, c’est quelqu’un bien sûr qui a une longueur d’avance sur la musique, mais cette longueur n’est pas dûe à une « inspiration quelconque » mais à beaucoup de travail à la table! Un chef est avant tout un artisan et c’est aussi quelqu’un qui se doit de réunir et fédérer afin que tout le monde aille dans la même direction, et cela, je l’avoue est très jouissif! C’est en tous cas ainsi que je conçois mon rôle au sein de l’Ensemble Sébastien de Brossard. Concernant la carte d’identité de cet ensemble, je dirai, avec un peu de provocation, que nous sommes un jeune ensemble de… vieux. Nous avons tous notre parcours et cela nourrit cet ensemble et c’est aussi ce qui, à mes yeux, en fait la sève.

 

 

 

Quelles sont vos prochains territoires musicaux en chantier pour l’Ensemble ? 

La musique à trois voix d’hommes me fascine depuis des années. Si l’on excepte Charpentier, c’est encore une terra incognita.

J’avoue que je déborde de projets autour de ce répertoire si particulier et j’espère pouvoir continuer à les réaliser.

 

 

 

Propos recueillis en octobre 2016

 

 

CD, événement : Louis-Nicolas Armengaud, Motets à trois voix d’hommes et symphonies (1 cd Paraty productions, à paraître le 21 octobre 2016). LIRE notre présentation du cd Clérambault par Fabien Armengaud, Ensemble Sébastien de Brossard

VIDEO

REPORTAGE VIDEO & extraits : Les Motets oubliés de Clérambault, ressuscités par Fabien Armengaud et son Ensemble Sébastien de Brossard (1 cd événement édité par PARATY, parution le 21 octobre 2016)

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VIDEO, reportage : Les Motets oubliés de Clérambault : une découverte majeure

clerambault-motets-pour-3-hommes-fabien-armengaud-cd-paraty-review-announce-compte-rendu-critique-presentation-CLASSIQUENEWS-PARATY516141_couv---copieVIDEO, reportage. CLERAMBAULT RÉINVENTÉ … Et si Louis-Nicolas Clérambault était à l’égal d’un Rameau (plus tardif), le génie (oublié) du Baroque français des Lumières ? On s’étonne que personne avant lui n’ait eu l’intuition d’un talent éloquent, surtout l’audace et le courage de réaliser un nouveau disque totalement dédié. L’organiste Fabien Armengaud se passionne pour l’éloquence des Baroques français. L’organiste et claveciniste a réuni plusieurs solistes chevronnés pour ressusciter la théâtralité intérieure, intense, très resserrée de Louis-Nicolas Clérambault.  Avec son nouvel Ensemble Sébastien de Brossard, le chef éclaire un pan méconnu et pourtant jubilatoire de la musique sacrée au début du XVIII ème siècle, celle de Louis-Nicolas Clérambault dont ici les partitions pour 3 voix d’hommes sont dévoilées à leur juste format. On ne s’étonne pas de la part de l’auteur de la cantate La muse de l’opéra que le cycle choisi, éblouisse par un sens exceptionnel du texte, par l’intelligence et le raffinement de son traitement dramatique. Le Passage de La mer Rouge ou la tempête du Motet évoquant la bataille de Lépante (1571), victoire écrasante de la sainte ligue catholique contre les turcs musulmans, en témoignent ainsi particulièrement, exposant et articulant comme rarement le texte en plusieurs tableaux d’une très rare intensité expressive. En somme, monsieur Clérambault, à l’église, fait de l’opéra. REPORTAGE VIDEO © studio CLASSIQUENEWS / Réalisation : Philippe-Alexandre PHAM 2016

logo-final-F.A.-et-ensemble2HDLIRE aussi notre présentation annonce complète du cd événement “Louis-Nicolas Clérambault : Motets à trois voix d’hommes et symphonies par l’Ensemble Sébastien de Brossard, Fabien Armenagud (direction)… 1 cd Paraty productions

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CD, annonce. CLERAMBAULT : génie français oublié ?

clerambault-motets-pour-3-hommes-fabien-armengaud-cd-paraty-review-announce-compte-rendu-critique-presentation-CLASSIQUENEWS-PARATY516141_couv---copieCLERAMBAULT REINVENTÉ … dans un nouveau disque d’inédits à paraître le 21 octobre prochain chez Paraty, le nouvel ensemble français sur instruments anciens, Sébastien de Brossard dévoile tout un pan du patrimoine musical français du XVIII ème dont on s’étonne qu’aucune institution d’importance en France et même les plus spécialisées n’aît pas eu l’idée préalable de s’y intéresser;  voilà un Clerambault somptueux et dramatiquement inédit dont le raffinement et les audaces comme les difficultés d’écriture posent des jalons décisifs entre Lully et Rameau.
L’organiste Fabien Armengaud se passionne pour l’éloquence des Baroques français. Avec son Ensemble Sébastien de Brossard, le chef éclaire un pan méconnu et pourtant jubilatoire de la musique sacrée au début du XVIII ème siècle, celle de Clérambault dont ici les partitions pour 3 voix d’hommes sont dévoilées à leur juste format.
On ne s’étonne pas de la part de l’auteur de la cantate La muse de l’opéra que le cycle choisi, éblouisse par un sens exceptionnel du texte, par l’intelligence et le raffinement de son traitement dramatique. Le Passage de La mer Rouge ou la tempête du Motet évoquant la bataille de Lépante (1571), victoire écrasante de la sainte ligue catholique  contre les turcs musulmans,  en témoignent ainsi particulièrement, exposant et articulant comme rarement le texte en plusieurs tableaux d’une très rare intensité expressive. En somme, monsieur Clérambault, à l’église, fait de l’opéra.

 

 

 

L’ensemble Sébastien de Brossard ressuscite Clérambault

À l’église, Clérambault fait de l’opéra

 

Pour réaliser ce programme inédit – nouveau cd d’inédits à paraître chez Paraty à l’automne 2016-, Fabien Armengaud s’est assuré le concours des voix françaises les mieux chantantes du moment, surtout aux timbres complémentaires : Cyril Auvity, Jean-François Novelli, Alain Buet. Articulés, ardents, ambassadeurs engagés, les interprètes soulignent aujourd’hui la vitalité du style de Clérambault, artisan d’un art intimiste et linguistiquement passionnant, et aussi proche de l’opéra, à la fois spirituel et dramatique.

clerambault-600Le programme est captivant car il propose une série de révélations en apportant la preuve que Clérambault disposait d’un don exceptionnel dans le traitement expressif des textes, fussent-ils sacrés. .. En somme un compositeur qui aurait été remarquable à l’opéra. Points forts : le choix des Motets dont une remarquable tempête, unique exemple du genre dans l’écriture sacrée du XVIIIè…, qui évoque le cataclysme de la Bataille de Lépante, grande victoire de l’Occident chrétien sur les Ottomans…

 

 

CD événement, annonce. Clérambault : oeuvres vocales pour 3 voix d’hommes et Symphonies. Fabien Armengaud et l’Ensemble Sébastien de Brossard.  Cd événement à paraître chez Paraty en octobre 2016. Grande critique développée du cd et reportage vidéo exclusif à venir, sur classiquenews. CLIC de Classiquenews de l’automne 2016.

 

 

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REPORTAGE VIDEO : grand reportage vidéo Les Motets de Clérambault par l’Ensemble Sébastien de Brossard 

 
 

LIRE aussi notre entretien avec Fabien Armengaud, fondateur de l’Ensemble Sébastien de Brossard à propos des Motets de Clérambault et de son nouvel ensemble dédié au Baroque français… 

 
 

CD événement, annonce. CLERAMBAULT REINVENTÉ … Fabien Armengaud et l’Ensemble Sébastien de Brossard ressuscitent Clérambault (à venir en octobre 2016)

clerambault-600CD événement, annonce. CLERAMBAULT REINVENTÉ … L’organiste Fabien Armengaud se passionne pour l’éloquence des Baroques français. Avec son Ensemble Sébastien de Brossard, le chef éclaire un pan méconnu et pourtant jubilatoire de la musique sacrée au début du XVIII ème siècle, celle de Clérambault dont ici les partitions pour 3 voix d’hommes sont dévoilées à leur juste format. On ne s’étonne pas de la part de l’auteur de la cantate La muse de l’opéra que le cycle choisi, éblouisse par un sens exceptionnel du texte, par l’intelligence et le raffinement de son traitement dramatique. Le Passage de La mer Rouge ou la tempête du Motet évoquant la bataille de Lepante (1571), victoire écrasante de la sainte ligue catholique  contre les turcs musulmans,  en témoignent ainsi particulièrement, exposant et articulant comme rarement le texte en plusieurs tableaux d’une très rare intensité expressive. En somme, monsieur Clérambault, à l’église, fait de l’opéra.

L’ensemble Sébastien de Brossard ressuscite Clérambault
À l’église, Clérambault fait de l’opéra

Pour réaliser ce programme inédit – nouveau cd d’inédits à paraître chez Paraty à l’automne 2016-, Fabien Armengaud s’est assuré le concours des voix françaises les mieux chantantes du moment, surtout aux timbres complémentaires : Cyril Auvity, Jean François Novelli, Alain Buet. Articulés, ardents, ambassadeurs engagés, les interprètes soulignent aujourd’hui la vitalité du style de Clérambault, artisan d’un art intimiste et linguistiquement passionnant, pourtant proche de l’opéra, à la fois spirituel et dramatique.

Le programme est captivant car il propose une série de révélations en apportant la preuve que Clérambault disposait d’un don exceptionnel dans le traitement expressif des textes, fussent-ils sacrés. .. En somme un compositeur qui aurait été remarquable à l’opéra.

 

 

 

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CLIC_macaron_2014CD événement, annonce. Clérambault : oeuvres vocales pour 3 voix d’hommes.  Cd événement à paraître chez Paraty en octobre 2016. Grande critique développée sur classiquenews au moment de la parution du cd, le 21 octobre 2016. CLIC de Classiquenews de l’automne 2016.

 

 

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CD, critique compte-rendu. Clérambault : Fables de La Fontaine. Almazis, Yakovos Pappas (1 cd Maguelone)

clerambault-fables-de-la-fontaineCD, critique compte-rendu. Clérambault : Fables de La Fontaine. Almazis, Yakovos Pappas (1 cd Maguelone). TRUCULENCE MORALE. On les a quittés chez Duni, les voici dans les Fables de La Fontaine, réécrites en une prosodie efficece, dramatique… Musiciens et chanteurs d’Almazis, dirigés par Yakovos Pappas dévoilent l’intelligence d’un Clérambault respectueux de la subtilité de son prédécesseur La Fontaine. La collection de perles ici défendue sélectionne au total 16 fables, mis en musique sur des airs à la mode et éditées dans un cycle de 8 volumes entre 1730 et 1733 (l’époque est celle du scandale D’Hippolyte et Aricie de Rameau à l’opéra)… D’emblée, c’est la généreuse gouaille éloquente et particulièrement expressive qui s’affirme à l’écoute, réalisation délectable de chaque interprète d’Almazis  qui met le texte en avant, un souci linguistique d’autant plus percutant que l’écriture de Clérambault saisit par son intelligence prosodique et sa précision dramatique ; vivacité éloquente qui rend grâce à chaque texte conçu par le librettiste de Clérambault, – demeuré anonyme ; le geste expressif des interprètes a ici tout pour séduire. Chaque épisode repose sur un puissant coup de théâtre qui dévoile ce en quoi le sujet animal principal est, soit le dupé, soit le trompeur ; c’est toujours un jeu de dupes dont les identités combinées sont finement dévoilées en fin d’action. Mais sous le masque animal perce l’idiotie crasse (le “Maître” de la poule aux oeufs d’or…) ou l’esprit astucieux des hommes (le Coq et le renard). Avidité, vanité (doublement traitée), ingratitude, beauté écervelée (celle du jeune cerf se mirant dans une onde…)… partout ici la noblesse des sentiments et qualités célébrés savent captiver, servi par une parure musicale et linguistique qu’il était urgent de révéler.

Yakovos Pappas et Almazis redouble d’éloquence dramatique au service d’un Clérambault magicien de la litote. …

Fables truculentes et moralisatrices

clerambault-fables-de-la-fontaine-1La verve ciselée qu’y développe la fine équipe réunie par Yakovos Pappas, chanteurs et instrumentistes, dépasse le prétexte pédagogique et de sensibilisation qui au départ du projet artistique a ciblé surtout le jeune public;  l’attention à chaque atmosphère et chaque situation exprimée par le baryton narrateur, contrasté, déclamé (Paul-Alexandre Dubois) où le tenor (Christophe Crapez) s’affirme franchement afin que l’auditeur goûte et le jeu llinguistique des poèmes fables de La Fontaine, et les ressorts purement dramatiques de chaque situation ; la musique souligne les passages forts ou les effets de surprise de l’action moralisatrice. Dans La formidable évocation-épopée de La Tortue (& l’Aigle, sur un air de l’Alcyone de Marais), la soprano Elizabeth Fernandez ajoute un délire lyrique qui sait rester proche de l’articulation du texte : l’une des perles les plus brillantes de la collection. Les instrumentistes expriment  sans emphase quant à eux, la fluidité expressive d’un XVIII ème qui regarde rétrospectivement vers le XVII ème : preuve que du vivant de Clérambault, les vers de La Fontaine savaient encore séduire par la justesse de leur inspiration, la concision d’un style chantant d’une exceptionnelle drôlerie mordante et finalement très compassionnelle pour la gent animale qui y est ainsi raillée, sous couvert d’humanisation ou d’anthropomorphisme, ou vice versa.

DRAMES EN LITOTE... De fait, aspect remarquable du filon ainsi révélé,le librettiste de Clérambault toujours anonyme adapte avec un sens inouï de l’efficacité prosodique, chaque fable de La Fontaine : science de la synthèse, maîtrise de contrastes dramatiques, économie et pour le dire dun seul mot central: art brillant de la litote – spécificité du génie français,  l’intelligence des textes captive de part en part: deja remarqué, applaudi à juste titre chez Duni, et dans un spectacle riche en rebond et verve théâtrale, là aussi d’après le fabuliste génial, Yakovos Pappas a eu le nez creux en sélectionnant cette collection de joyaux lyriques et poétiques;   sa direction met en avant cette science de l’éloquence resserrée qui affirme la perfection d’une langue fugace, brillante, synthétique étonnement vivante ; écoutez par exemple Le rat de ville et le rat des champs : recyclés / réécrits, les 7 paragraphes originaux écrits par le poète défenseur de Fouquet lors de l’affaire de Vaux, … s’affirme ici en seulement 2 récits aussi courts mais d’une verve préservée avec un sens du raccourci exceptionnel.
La durée de chaque fable y gagne précision, concentration prenant appui sur la seule force des mots et leur mise en musique d’une rapidité aussi éloquente qu’efficace;  ce temps raccourci s’expose facilement à l’écoute des jeunes auditeurs séduits par un à propos percutant. La France a toujours eu le sens des formules et des raccourcis synthétiques,  – art de la litote donc magnifiquement incarné ici, – art et expertise permettant d’écrire le moins pour exprimer le plus : compositeur de l’exactitude, Clérambault, – maître ès contrastes, a su visiblement s’associer la compétence d’un versificateur dramaturge d’un exceptionnel talent.

CLIC D'OR macaron 200PIECES POUR CLAVECIN sur un mode animal… A l’appui de cette réussite en caractérisation vocale, soulignons aussi le même brio caractérisé dans les pièces purement instrumentales pour clavecin : d’une belle assurance suggestive, la digitalité de Yakovos Pappas, claveciniste, rétablit ce jeu expressif mais ici sans paroles, choisissant par exemple entre autres le caquetage truculent, hoquets à la clé-, de La Poule de Rameau, ou surtout le sublime Vertigo du si dramatique Pancrace Royer dont le seul clavier fait surgir l’opéra;  on ne pouvait concevoir plus habile et juste association. Vrais tempérament taillés pour le théâtre et la caractérisation délirante et loufoque mais toujours finement troussée, Yakovos Pappas et ses partenaires enchantent tout en dévoilant une collection irrésistible de perles morales à la puissante évocation dramatique. C’est tout le génie d’un Clérambault décidément enchanteur et mordant qui s’impose désormais à nous. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2016

CD, critique compte-rendu. Clérambault : Fables de La Fontaine. Almazis, Yakovos Pappas (1 cd Maguelone MAG 358.406)

BAROQUE français. Ils enregistrent, nouvel ensemble. L’ensemble Sébastien de Brossard et Fabien Armengaud. Clérambault enfin réhabilité ?

BAROQUE français. Ils enregistrent, nouvel ensemble. L’ensemble Sébastien de Brossard et Fabien Armengaud. Clérambault enfin réhabilité ? En janvier 2016, le nouvel ensemble sur instruments anciens, Sébastien de Brossard, porté par l’organiste et claveciniste Fabien Armengaud se consacre à l’enregistrement de son premier album : motets du parisien Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749) : « Fils d’un des vingt-quatre Violons du Roi, organiste et compositeur de la Maison royale de Saint-Cyr mais également de Saint-Sulpice et des Jacobins, Clérambault fait montre dans ses compositions à trois voix d’hommes d’un sens mélodique des plus soutenus et d’un contrepoint des plus recherchés. »

Clérambault : un théâtre sacré

clerambault_louis nicolas ensemble sebastien de brossard fabien armengaud cd paraty annonce classiquenews janvier 2016 ils enregistrents 01Décoratif, élégant mais un rien superficiel et conforme, Louis-Nicolas Clérambault à la fin du règne de Louis XIV livre tout un cycle de musique sacrée d’une beauté et d’une profondeur à redécouvrir (plus de 100 opus !). C’est tout le travail de Fabien Armengaud que de dévoiler la justesse poétique d’une œuvre oubliée, mésestimée, d’une puissance parfois inouïe… où l’expression de la ferveur est servie par une écriture raffinée, intensément dramatique, dont le sens du texte atteint des sommets de déclamation juste, vivante, expressive. En enregistrant plusieurs Motets pour trois voix d’hommes, le fondateur de l’Ensemble Sébastien de Brossard a réuni les solistes Cyril Auvity, Jean-François Novelli, Alain Buet. Parmi les joyaux de ce nouveau programme d’une beauté absolue, Le Passage de la Mer Rouge qui révèle enfin avant Rameau, un génie dramatique d’une rare grandeur.

« Si Clérambault n’écrivit jamais d’opéras, c’est dans son œuvre religieuse qu’il déploya des prodiges d’invention et de théâtre, avec entre autres ses tempêtes qui n’ont rien à envier aux tragédies de ses contemporains. », précise dans son introduction au disque, Fabien Armengaud. Et d’ajouter : « Jean-Baptiste de Laborde, grand théoricien de l’époque disait de Clérambault : « Personne n’a écrit plus purement que lui. Ce programme en est une preuve éclatante ». On jugera donc sur pièces, probablement à l’automne 2016, puisque le disque à paraître chez Paraty, devrait sortir courant septembre / octobre 2016.

En portant le nom de l’illustre compositeur et collectionneur Sébastien de Brossard (1655-1730), l’ensemble fondé par Fabien Armengaud souhaite explorer toute la musique baroque française méconnue ou si mal servie, avec cet esprit d’érudition ouverte, généreuse, fraternelle qu’a défendu de son vivant le musicien normand, qui fit toute sa carrière entre les cathédrales de Strasbourg, et de Meaux, tout en marquant son époque par sa grande culture et un curiosité sans borne qu’il mit au service de l’éditeur Ballard qu’il conseilla. Programme prometteur et interprètes convaincants. A suivre.

PODCAST AUDIO. Entretien avec Iakovos Pappas, par Pedro Octavio Diaz

Irrévérencieux mais subtil, provocateur mais poétique, André Danican Philidor demeure le génie oublié du baroque comique. Iakovos Pappas et Almazis nous dévoilent dans "Blaise le savetier" d'après La Fontaine, sa verve délirante d'une inestimable poésie... PODCAST AUDIO. Entretien avec Iakovos Pappas, par Pedro Octavio Dia. Entretien avec Iakovos Pappas réalisé à Paris en novembre 2015 par notre rédacteur Pedro Octavo Diaz. Irrévérencieux mais subtil, provocateur mais poétique, le répertorie lyrique défendu par  Iakovos Pappas et Almazis nous dévoilent les joyaux oubliés du théâtre lyrique du XVIIIème siècle.  Dans le paysage très varié de la musique baroque Française, Iakovos Pappas demeure l’infatigable défenseur de la redécouverte de l’opéra comique et des œuvres de chambre du XVIIIeme siècle. Fort d’une série de réalisations qui ont rendu des compositeurs tels que Duni ou Philidor à nos oreilles, Iakovos Pappas lance un nouveau défi avec l’enregistrement des Fables de Jean de Lafontaine mises en musique par Louis-Nicolas Clérambault. Par ailleurs, le maestro Grec nous fait part de ses projets futurs et la fondation d’une nouvelle compagnie lyrique… de quoi encourager la redécouverte d’un pan entier de la musique Française méconnue, oubliée, mésestimée… et pourtant majeure par son raffinement instrumentale, son intelligence dramatique, son exigence poétique et littéraire. Actualités : nouveau cd dédié aux fables de La Fontaine, lyre érotique du XVIIIème, rituel funèbre maçonnique versaillais, prochains concerts en juin 2016 à la BNF…

 

 

 

Entretien avec Iakovos Pappas, projets pour Almazis… par Pedro Octavio Pappas by Classiquenews Classiquenews on Mixcloud

VOIR, LIRE aussi Reportage vidéo et Compte-rendu : Saint-Sulpice le Verdon (Vendée). Logis de la Chabotterie, le 6 août 2013. Egidio Duni : Les deux chasseurs et la Laitière. Elisabeth Fernandez, Perrette. Yakovos Pappas, scénographie et direction.

Festival Musiques à la Chabotterie 2013 : Egidio Duni révélé (Les 2 chasseurs et la laitière, 1763). Chaque été, en Vendée, le festival Musique à la Chabotterie devient la scène lyrique du baroque le plus délirant, celui de l’opéra comique. Dans la France Louis XV, les Italiens conquièrent les tréteaux : depuis la Querelle des Bouffons (1752), les auteurs français s’italianisent, y compris Rameau. En 1763, Egidio Duni crée Les 2 chasseurs et la laitière d’après deux fables de La Fontaine. A partir de la poésie morale et cynique du XVIIè, Duni invente un genre comique et satirique qui renouvelle la veine théâtrale en France.  En août 2013, dans la cour d’honneur du logis vendéen, Iakovos Pappas et son ensemble Almazis ressuscitent un jalon de la création comique, furieusement italienne, française par son sens de la satire, insolente et séditieuse par les codes qu’il aime pourfendre… Reportage vidéo CLASSIQUENEWS.COM © 2014. EN LIRE +

 

 

philidor-blise-savetier-almazis-pappas-cd-maguelone-300CD. André Danican Philidor : Blaise le Savetier, 1759 (Almazis, Pappas, 2013)… Iakovos Pappas nous dévoile ici l’un des joyaux bruts du comique français à l’époque où le théâtre de la Foire Saint-Germain éblouit par sa verve délirante, sachant prolonger en le transfigurant le modèle du buffa italien. Créé en 1759 sur la scène du théâtre de l’Opéra Comique de la Foire Saint-Germain, Blaise le Savetier appartient à un cycle particulièrement convaincant où encore au début de sa florissante carrière, André Danican Philidor se met au diapason des Italiens, d’autant plus après la Querelle des Bouffons (1752). Mais avec cette truculence spécifique, à la gouaille parisienne, à l’esprit satirique et parodique. Sedaine librettiste de Philidor réécrit le conte de La Fontaine : au couple de Blaise et Blaisine, l’écrivain acoquine le couple des huissiers, Mr et Mme Pince, venus saisir leurs biens (Blaise préfère se ruiner au cabaret avec Mathurin que travailler et gagner honnêtement sa vie). Ici s’affrontent les caractères et tempéraments abrupts : l’ignoble Mme Pince, nourrie au fiel de l’avarice et de la convoitise à laquelle répond la bonhommie débraillée du Savetier, alcoolique et volage que soulage son épouse bien sage (voire toute aussi paillarde que son époux si sympathique). Au demeurant, tenants d’une sexualité qui ne se cache pas, Blaisine (ex Margot) et Blaise s’avouent leur ancienne aventure avec Mr et Mme Pince… Leur sens de la rivalité et de la surenchère dont se souviendra encore Mozart dans le fameux air du Catalogue de Don Giovanni (air de Leporello à propos des conquêtes de son maître) inscrit davantage l’opéra dans la démesure satirique la plus audacieuse. Sur le plan musical comme poétique

 

 

 

Brésil. Bruno Procopio dirige Rameau et Clérambault à Rio

procopio_bruno_chemise_bleueRio, salle C. Mereiles, les 19 et 22 septembre 2015. Mondonville et Rameau. Ambassadeur de choc, le claveciniste et chef d’orchestre Bruno Procopio retrouve son pays natal pour deux concerts de musique baroque française. Un programme qu’il a coutume de défendre sous les tropiques, – le maestro impétueux et articulé a déjà enregistré un superbe disque d’extraits d’opéras de Rameau, ouvertures et ballets de Rameau avec le Symphonique Simon Bolivar du Venezuela à Caracas (1 cd Paraty : vrai défi d’un éclat étincelant sur instruments modernes : ” Rameau in Caracas “). Rio 2015 voit le prolongement d’un travail spécifique sur le Baroque français en Amérique Latine. Une vision artistique entre les deux Mondes, de chaque côté de l’Atlantique qui s’était déjà illustrée par un jalon précédent en mars dernier, et dans le même lieu avec la création carioca de l’opéra français néoclassique Renaud de Sacchini (1782), emblème du goût lyrique parisien favorisé par Marie-Antoinette (VOIR le reportage Renaud de Sacchini recréé à Rio par Bruno Procopio, mars 2015). Le 19 septembre (20h), concert de musique de chambre où la virtuosité concertante de Mondonville et le génie recréateur de Rameau dialoguent. Sons harmoniques du premier (1738, où Mondonville s’inspire et prolonge l’exemple de Leclair), puis cinq Concerts des Pièces pour clavecin en concert (1741).  Après les Pièces de clavecin en sonates (avec violon) de Mondonville, Rameau surpasse tout ce qui fut écrit avant lui, inventant pour chaque pièce, un titre aux références biographiques (pour certaines secrètes aux allusions à démêler par les spécialistes), qui récapitule en leur rendant hommage, tous les soutiens, patrons protecteurs, mécènes qui l’ont accompagné et soutenu pendant ses premières années parisiennes. Le cycle est l’un des favoris défendus depuis ses années d’apprentissage à Paris par Bruno Procopio qui assure la partie de clavecin.

img02_Rameau

 

 

Le 22 septembre, 20h, concert orchestral comprenant surtout Clérambault et Mondonville et quelques autres pour lequel Bruno Procopio quitte le clavecin pour la baguette, afin de diriger l’Orchestre baroque de l’Université de Rio (OBU).  Au programme deux pièces aussi rares qu’exceptionnelles : Pièces de clavecin avec voix ou violon opus 5 (1748) de Mondonville et surtout La Muse de l’Opéra ou Les Caractères lyriques, Cantate à voix seule et symphonie (1716) de Clérambault. Editée séparément en 1716, sur un poème d’Auguste Paradis de Moncrif, la cantate avec des moyens ambitieux (proches du divertissement) fait paraître la muse de l’Opéra, qui décrit les ficelles et artifices du théâtre pour exprimer les « caractères lyriques » : la variété des airs et des formes dévoile l’intelligence dramatique de Clérambault : air de triomphe avec trompette, scène pastorale avec musette, évocation de chasses au son des cors, tempête, sommeil, ramage d’oiseau, scène infernale… c’est un catalogue intelligemment combiné soit tous les motifs de l’opéra français, ici traités par un compositeur qui souhaite en démontrer et aussi cultiver sa profondeur, entre virtuosité italianisante et noblesse de la déclamation française.

 

OBU orchestre baroque de l'université de Rio Orquesra barroca da Unirio

 

 

Rameau, Clérambault, Mondonville à Rio. Grâce au CMBV, Centre de musique baroque de Versailles, le Baroque français s’exporte. Le concert est l’aboutissement d’un cycle de masterclasses et de répétitions avec les jeunes instrumentistes brésiliens, sensibilisés au style baroque français et formés à la pratique sur instruments d’époque. Un défi qui fusionne transmission et pédagogie auprès des jeunes instrumentistes encore néophytes dans l’interprétation de la musique française du XVIIIème siècle, et aussi expérience professionnelle grâce à ce concert public. Le projet fait partie des nombreux chantiers initiés par le Centre de musique baroque de Versailles, désormais ouvert à l’international, soucieux depuis quelques années de faire rayonner la connaissance et l’interprétation de la musique baroque française dans le monde. Partitions, équipe pédagogique sont les nouveaux moyens de l’institution versaillaise pour réaliser de nouveaux types de concerts, permettant aux jeunes professionnels de se perfectionner toujours et encore en se frottant  à l’accomplissement du concert publique. Il s’agit de deux premières mondiales à Rio. L’été 2015 a réalisé un autre projet du CMBV à Innsbruck en août : le festival de musique ancienne et baroque mondialement reconnu accueillait pour la première fois de son histoire, son premier opéra français, Armide de Lully (1686) dans une nouvelle production, mise en scène par Cristina Colonna sous la direction de Patrick Cohen-Akénine et avec le concours de jeunes instrumentistes et chanteurs accompagnés par le CMBV, dont pour certains, les  lauréats du Concours Cesti 2014. Reportage vidéo : Armide de Lully à Innsbruck (août 2015)

 

 

 Bruno Procopio et le CMBV : Rameau, Clérambault, Mondonville à Rio

Concert du 19 septembre 2015, 20h
Durée : 1h25 sans entracte

 

Stéphanie-Marie Degand, violon
François Joubert-caillet, basse de viole
Bruno Procopio, clavecin

Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772)
Les Sons harmoniques, Sonates à violon seul avec la basse continue (1738)

Sonate opus 4 n°1 en si mineur : Grave – Allegro – Aria. Amoroso – Allegro

Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
Pièces de clavecin en concert (1741)

PREMIER CONCERT :
La Coulicam. Rondement – La Livry. Rondeau gracieux – Le Vézinet. Gaiement, sans vitesse

DEUXIÈME CONCERT :
La Laborde. Rondement – La Boucon. Air, gracieux – L’Agaçante. Rondement – 1er et 2e Menuet

TROISIÈME CONCERT :
La Lapoplinière. Rondement – La Timide. 1er et 2e Rondeau gracieux – 1er et 2e Tambourin

QUATRIÈME CONCERT :
La Pantomime. Loure vive – L’Indiscrète. Vivement – La Rameau. Rondement

CINQUIÈME CONCERT :
La Forqueray. Fugue – La Cupis. Rondement – La Marais. Rondement

 

Concert du 22 septembre 2015, 20h
Durée : 1h20 sans entracte

 

Eugénie Lefebvre, soprano
Stéphanie-Marie Degand, violon
François Joubert-caillet, basse de viole
Bruno Procopio, clavecin

Orchestre baroque de l’Université de Rio (OBU)
Laura Ronai, direction artistique

 

Jean-Henry d’Anglebert (1629-1691)
Prélude en sol majeur, pour clavecin

Jean-Baptiste Antoine Forqueray (1699-1782)
La Leclair, pour clavecin

Antoine Forqueray (1672-1745)
Premier Livre de Pièces de viole avec la basse continue (1747) – extraits
La Couperin – La Buisson

Claude Balbastre (1727-1799)
La Lugeac, pour clavecin

Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772)
Pièces de clavecin avec voix ou violon opus 5 (1748) – extraits

Amoroso « Paratum cor meum… » – Allegro « In Domino laudabitur… »

Paratum cor meum, Deus,
Paratum cor meum,
Cantabo et psalmum dicam

(Psaume 56 verset 10)

Mon cœur est préparé, ô mon Dieu ;
Mon cœur est tout préparé :
Je chanterai, et je ferai retentir vos louanges sur les instruments.

In Domino laudabitur anima mea :
Audiant mansueti et laetentur.
(Psaume 33 verset 7)

Mon âme ne mettra sa gloire que dans le Seigneur.
Que ceux qui sont doux et humbles écoutent ceci, et qu’ils se réjouissent.

Jean-Marie Leclair (1697-1764)
Concerto pour violon opus 10 n°6 en sol mineur (ca 1743)

Allegro ma poco – Andante – Allegro

Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749)
La Muse de l’Opéra ou Les Caractères lyriques. Cantate à voix seule et symphonie (1716)

Prélude – Récitatif – Air gai – Tempête – Récitatif – Air – Sommeil – Prélude infernal – Récitatif – Air

LA MUSE DE L’OPÉRA ou LES CARACTÈRES LYRIQUES. Cantate à voix seule et symphonie

Récitatif (fort gravement)

Mortels, pour contenter vos désirs curieux
Cessez de parcourir tous les climats du monde,
Par le puissant effort de l’art qui nous seconde,
Ici tout l’Univers se découvre à vos yeux.

Air gai
Au son des trompettes bruyantes
Mars vient embellir ce séjour ;
Diane avec toute sa cour
Vous offre des fêtes galantes ;
Et mille chansons éclatantes
Réveillent l’écho d’alentour.
Des bergers la troupe légère
Vient folâtrer sur ces gazons ;
À leurs danses, à leurs chansons,
On voit que le Dieu de Cythère
Leur a donné de ses leçons.

Tempête (fort et marqué)

Mais quel bruit interrompt ces doux amusements ?
Le soleil s’obscurcit, la mer s’enfle et s’irrite ;
Dieux ! quels terribles flots ! et quels mugissements !
La terre tremble, l’air s’agite,
Tous les vents déchainés, mille effrayants
Éclairs, semblent confondre l’Univers.
Quels sifflements affreux ! Quel horrible tonnerre !
Le ciel est-il jaloux du repos de la terre ?

Récitatif
Non, les Dieux attendris par nos cris éclatants,
Ramènent les beaux jours de l’aimable printemps.

Air
Oiseaux, qui sous ces feuillages
Formez des accents si doux,
L’Amour quand il vous engage
Vous traite bien mieux que nous ;
Il n’est jamais parmi vous
Jaloux, trompeur, ni volage.

Sommeil (doucement)
Vos concerts, heureux oiseaux,
Éveillent trop tôt l’aurore,
Laissez les mortels encore
Plongés au sein du repos.

Prélude infernal (lentement, fort et marqué)
Mais quels nouveaux accords dont l’horreur est extrême ?
Qui fait ouvrir le séjour infernal ?
Que de démons sortis de ce gouffre fatal !

Les implacables Sœurs suivent Pluton lui-même.

Récitatif

Ne craignons rien, un changement heureux
Vient nous offrir de doux présages,
Et les démons changés sous d’aimables images,
Amusent nos regards par d’agréables jeux.

Air gai et piqué
Ce n’est qu’une belle chimère
Qui satisfait ici vos vœux ;
Eh ! n’êtes-vous pas trop heureux
Qu’on vous séduise pour vous plaire ?
Dans ce qui flatte vos désir
Croyez tout ce qu’on fait paraître ;
On voit s’envoler les plaisirs
Lorsque l’on cherche à les connaître.

 

 

CD. LIRE notre critique du cd Pièces pour clavecin en concerts de Rameau par Bruno Procopio

 

VOIR notre reportage vidéo : Les Grands Motets de Rameau par Bruno Procopio à Cuenca (Espagne), Avec Maria Bayo (avril 2014)

Rio, Brésil. Bruno Procopio dirige Rameau et Clérambault

procopio_bruno_chemise_bleueRio, salle C. Mereiles, les 19 et 22 septembre 2015. Mondonville et Rameau. Ambassadeur de choc, le claveciniste et chef d’orchestre Bruno Procopio retrouve son pays natal pour deux concerts de musique baroque française. Un programme qu’il a coutume de défendre sous les tropiques, – le maestro impétueux et articulé a déjà enregistré un superbe disque d’extraits d’opéras de Rameau, ouvertures et ballets de Rameau avec le Symphonique Simon Bolivar du Venezuela à Caracas (1 cd Paraty : vrai défi d’un éclat étincelant sur instruments modernes : ” Rameau in Caracas “). Rio 2015 voit le prolongement d’un travail spécifique sur le Baroque français en Amérique Latine. Une vision artistique entre les deux Mondes, de chaque côté de l’Atlantique qui s’était déjà illustrée par un jalon précédent en mars dernier, et dans le même lieu avec la création carioca de l’opéra français néoclassique Renaud de Sacchini (1782), emblème du goût lyrique parisien favorisé par Marie-Antoinette (VOIR le reportage Renaud de Sacchini recréé à Rio par Bruno Procopio, mars 2015). Le 19 septembre (20h), concert de musique de chambre où la virtuosité concertante de Mondonville et le génie recréateur de Rameau dialoguent. Sons harmoniques du premier (1738, où Mondonville s’inspire et prolonge l’exemple de Leclair), puis cinq Concerts des Pièces pour clavecin en concert (1741).  Après les Pièces de clavecin en sonates (avec violon) de Mondonville, Rameau surpasse tout ce qui fut écrit avant lui, inventant pour chaque pièce, un titre aux références biographiques (pour certaines secrètes aux allusions à démêler par les spécialistes), qui récapitule en leur rendant hommage, tous les soutiens, patrons protecteurs, mécènes qui l’ont accompagné et soutenu pendant ses premières années parisiennes. Le cycle est l’un des favoris défendus depuis ses années d’apprentissage à Paris par Bruno Procopio qui assure la partie de clavecin.

img02_Rameau

 

 

Le 22 septembre, 20h, concert orchestral comprenant surtout Clérambault et Mondonville et quelques autres pour lequel Bruno Procopio quitte le clavecin pour la baguette, afin de diriger l’Orchestre baroque de l’Université de Rio (OBU).  Au programme deux pièces aussi rares qu’exceptionnelles : Pièces de clavecin avec voix ou violon opus 5 (1748) de Mondonville et surtout La Muse de l’Opéra ou Les Caractères lyriques, Cantate à voix seule et symphonie (1716) de Clérambault. Editée séparément en 1716, sur un poème d’Auguste Paradis de Moncrif, la cantate avec des moyens ambitieux (proches du divertissement) fait paraître la muse de l’Opéra, qui décrit les ficelles et artifices du théâtre pour exprimer les « caractères lyriques » : la variété des airs et des formes dévoile l’intelligence dramatique de Clérambault : air de triomphe avec trompette, scène pastorale avec musette, évocation de chasses au son des cors, tempête, sommeil, ramage d’oiseau, scène infernale… c’est un catalogue intelligemment combiné soit tous les motifs de l’opéra français, ici traités par un compositeur qui souhaite en démontrer et aussi cultiver sa profondeur, entre virtuosité italianisante et noblesse de la déclamation française.

 

OBU orchestre baroque de l'université de Rio Orquesra barroca da Unirio

 

 

Rameau, Clérambault, Mondonville à Rio. Grâce au CMBV, Centre de musique baroque de Versailles, le Baroque français s’exporte. Le concert est l’aboutissement d’un cycle de masterclasses et de répétitions avec les jeunes instrumentistes brésiliens, sensibilisés au style baroque français et formés à la pratique sur instruments d’époque. Un défi qui fusionne transmission et pédagogie auprès des jeunes instrumentistes encore néophytes dans l’interprétation de la musique française du XVIIIème siècle, et aussi expérience professionnelle grâce à ce concert public. Le projet fait partie des nombreux chantiers initiés par le Centre de musique baroque de Versailles, désormais ouvert à l’international, soucieux depuis quelques années de faire rayonner la connaissance et l’interprétation de la musique baroque française dans le monde. Partitions, équipe pédagogique sont les nouveaux moyens de l’institution versaillaise pour réaliser de nouveaux types de concerts, permettant aux jeunes professionnels de se perfectionner toujours et encore en se frottant  à l’accomplissement du concert publique. Il s’agit de deux premières mondiales à Rio. L’été 2015 a réalisé un autre projet du CMBV à Innsbruck en août : le festival de musique ancienne et baroque mondialement reconnu accueillait pour la première fois de son histoire, son premier opéra français, Armide de Lully (1686) dans une nouvelle production, mise en scène par Cristina Colonna sous la direction de Patrick Cohen-Akénine et avec le concours de jeunes instrumentistes et chanteurs accompagnés par le CMBV, dont pour certains, les  lauréats du Concours Cesti 2014. Reportage vidéo : Armide de Lully à Innsbruck (août 2015)

 

 

 Bruno Procopio et le CMBV : Rameau, Clérambault, Mondonville à Rio

Concert du 19 septembre 2015, 20h
Durée : 1h25 sans entracte

 

Stéphanie-Marie Degand, violon
François Joubert-caillet, basse de viole
Bruno Procopio, clavecin

Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772)
Les Sons harmoniques, Sonates à violon seul avec la basse continue (1738)

Sonate opus 4 n°1 en si mineur : Grave – Allegro – Aria. Amoroso – Allegro

Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
Pièces de clavecin en concert (1741)

PREMIER CONCERT :
La Coulicam. Rondement – La Livry. Rondeau gracieux – Le Vézinet. Gaiement, sans vitesse

DEUXIÈME CONCERT :
La Laborde. Rondement – La Boucon. Air, gracieux – L’Agaçante. Rondement – 1er et 2e Menuet

TROISIÈME CONCERT :
La Lapoplinière. Rondement – La Timide. 1er et 2e Rondeau gracieux – 1er et 2e Tambourin

QUATRIÈME CONCERT :
La Pantomime. Loure vive – L’Indiscrète. Vivement – La Rameau. Rondement

CINQUIÈME CONCERT :
La Forqueray. Fugue – La Cupis. Rondement – La Marais. Rondement

 

Concert du 22 septembre 2015, 20h
Durée : 1h20 sans entracte

 

Eugénie Lefebvre, soprano
Stéphanie-Marie Degand, violon
François Joubert-caillet, basse de viole
Bruno Procopio, clavecin

Orchestre baroque de l’Université de Rio (OBU)
Laura Ronai, direction artistique

 

Jean-Henry d’Anglebert (1629-1691)
Prélude en sol majeur, pour clavecin

Jean-Baptiste Antoine Forqueray (1699-1782)
La Leclair, pour clavecin

Antoine Forqueray (1672-1745)
Premier Livre de Pièces de viole avec la basse continue (1747) – extraits
La Couperin – La Buisson

Claude Balbastre (1727-1799)
La Lugeac, pour clavecin

Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772)
Pièces de clavecin avec voix ou violon opus 5 (1748) – extraits

Amoroso « Paratum cor meum… » – Allegro « In Domino laudabitur… »

Paratum cor meum, Deus,
Paratum cor meum,
Cantabo et psalmum dicam

(Psaume 56 verset 10)

Mon cœur est préparé, ô mon Dieu ;
Mon cœur est tout préparé :
Je chanterai, et je ferai retentir vos louanges sur les instruments.

In Domino laudabitur anima mea :
Audiant mansueti et laetentur.
(Psaume 33 verset 7)

Mon âme ne mettra sa gloire que dans le Seigneur.
Que ceux qui sont doux et humbles écoutent ceci, et qu’ils se réjouissent.

Jean-Marie Leclair (1697-1764)
Concerto pour violon opus 10 n°6 en sol mineur (ca 1743)

Allegro ma poco – Andante – Allegro

Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749)
La Muse de l’Opéra ou Les Caractères lyriques. Cantate à voix seule et symphonie (1716)

Prélude – Récitatif – Air gai – Tempête – Récitatif – Air – Sommeil – Prélude infernal – Récitatif – Air

LA MUSE DE L’OPÉRA ou LES CARACTÈRES LYRIQUES. Cantate à voix seule et symphonie

Récitatif (fort gravement)

Mortels, pour contenter vos désirs curieux
Cessez de parcourir tous les climats du monde,
Par le puissant effort de l’art qui nous seconde,
Ici tout l’Univers se découvre à vos yeux.

Air gai
Au son des trompettes bruyantes
Mars vient embellir ce séjour ;
Diane avec toute sa cour
Vous offre des fêtes galantes ;
Et mille chansons éclatantes
Réveillent l’écho d’alentour.
Des bergers la troupe légère
Vient folâtrer sur ces gazons ;
À leurs danses, à leurs chansons,
On voit que le Dieu de Cythère
Leur a donné de ses leçons.

Tempête (fort et marqué)

Mais quel bruit interrompt ces doux amusements ?
Le soleil s’obscurcit, la mer s’enfle et s’irrite ;
Dieux ! quels terribles flots ! et quels mugissements !
La terre tremble, l’air s’agite,
Tous les vents déchainés, mille effrayants
Éclairs, semblent confondre l’Univers.
Quels sifflements affreux ! Quel horrible tonnerre !
Le ciel est-il jaloux du repos de la terre ?

Récitatif
Non, les Dieux attendris par nos cris éclatants,
Ramènent les beaux jours de l’aimable printemps.

Air
Oiseaux, qui sous ces feuillages
Formez des accents si doux,
L’Amour quand il vous engage
Vous traite bien mieux que nous ;
Il n’est jamais parmi vous
Jaloux, trompeur, ni volage.

Sommeil (doucement)
Vos concerts, heureux oiseaux,
Éveillent trop tôt l’aurore,
Laissez les mortels encore
Plongés au sein du repos.

Prélude infernal (lentement, fort et marqué)
Mais quels nouveaux accords dont l’horreur est extrême ?
Qui fait ouvrir le séjour infernal ?
Que de démons sortis de ce gouffre fatal !

Les implacables Sœurs suivent Pluton lui-même.

Récitatif

Ne craignons rien, un changement heureux
Vient nous offrir de doux présages,
Et les démons changés sous d’aimables images,
Amusent nos regards par d’agréables jeux.

Air gai et piqué
Ce n’est qu’une belle chimère
Qui satisfait ici vos vœux ;
Eh ! n’êtes-vous pas trop heureux
Qu’on vous séduise pour vous plaire ?
Dans ce qui flatte vos désir
Croyez tout ce qu’on fait paraître ;
On voit s’envoler les plaisirs
Lorsque l’on cherche à les connaître.

 

 

CD. LIRE notre critique du cd Pièces pour clavecin en concerts de Rameau par Bruno Procopio

 

VOIR notre reportage vidéo : Les Grands Motets de Rameau par Bruno Procopio à Cuenca (Espagne), Avec Maria Bayo (avril 2014)