Symphonie n°2 Résurrection de Gustav Mahler

Radio classique, mercredi 24 mai 2017, 20h30. Mahler : Symphonie n°2, en direct. Daniel Harding dirige « son » orchestre, l’Orchestre de Paris dans le sommet spirituel de Gustav Mahler, la Symphonie n°2, dite « Résurrection ». Créée en 1895, la seconde symphonie de Mahler, a nécessité six années pour être affinée et mise au propre. L’activité du compositeur est réduite à mesure que les responsabilités du musicien comme chef principal de l’Opéra de Leipzig lui demandent travail et concentration.
mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsAu terme d’une gestation difficile, la Deuxième est un pélerinage vécu par le croyant, au préalable soumis à des forces titanesques qui le dépassent totalement. L’expérience des souffrances, le périple des épreuves endurées l’amènent à un effondrement des forces vitales, ce qu’exprime le premier mouvement. Aucune issue n’est possible. Une solitude errante (hautbois), et même meurtrie. Mais l’homme se relève dans l’Andante qui fait suite : pause, regain de vitalité, et aussi, reprise du souffle vital. Le vrai combat n’est peut-être pas tant dans l’apparente représentation spectaculaire d’un vaste paysage à la démesure cosmique que bel et bien dans l’esprit du héros, en proie à mille pensées contradictoires, amères et suicidaires. C’est pourtant de la résolution d’un conflit personnel, du compositeur face à lui-même, que jaillit la révélation de la fin : la carrière vécue comme une tragédie suscite ses propres sources de régénération grâce à une ferveur quasi mystique qui se dévoile pleinement dans les paysages célestes du dernier mouvement. Ainsi la Symphonie Résurrection de Gustav Mahler est-elle construite comme une longue ascension, des ténèbres vers la lumière. Du doute à la révélation.

 

Les grands chefs mahlériens évitent le ton du bavardage pour atteindre par le recul et la distanciation épique, un souffle grandiose et tragique, surtout une vérité incarnée qui fait de la 2è Symphonie Résurrection, une formidable machine intérieure et libératrice. La douleur rentrée et l’obscurité de l’Andante ; puis l’activité dansée et nerveuse du Scherzo, qui est ce moment de pause et de repli, celui d’une conscience retrouvée, doivent s’écarter de tout effet de pesanteur et de grandiloquence. Partout dans le formidable écoulement musical, les cordes fouillent les accents amers, relancent aussi les grimaces aigres que le héros ne parvient pas à écarter totalement. Pourtant la Symphonie Résurrection, porte en elle cette aspiration à la sérénité et aussi à la plénitude. C’est bien au final avec l’Ulricht – texte chanté, que s’épuisent toutes les souffrances vécues, assumées. La voix exprime et les épreuves passées et les attentes à l’oeuvre. Enfin, l’ultime et cinquième mouvement laisse s’épanouir en une déflagration cosmique la manifestation du ciel. Le croyant n’aura ni souffert ni vécu en vain : les paradis éthérés lui sont désormais ouverts.

 

 

LIRE aussi notre critique du cd Symphonie n°2 de Gustav Mahler par Jean-Claude Casadesus et l’Orchestre national de Lille
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-mahler-symphonie-n2-jean-claude-casadesus-orchestre-national-de-lille-novembre-2015-1-cd-evidence-classics/

 

 

_____________________

 

 

RADIO CLASSIQUE, Mercredi 24 mai 2017. EN DIRECT dès 20h30.

Malher, Symphonie n°2
Choeur et orchestre de Paris
Daniel Harding, direction,
Chistiane Karg, soprano
Wiebke Lehmkuhl, Mezzo-soprano, 

Comments are closed.