Récital Radu LupuBruxelles, Bozar, le 23 avril 2007 à 20h

Le fonds Nadia Boulanger conservé à la Bibliothèque nationale de France, contient toute une série de notes prises par la grande pédagogue lorsqu’elle siégeait comme membre du jury de l’un ou l’autre concours. C’est ainsi qu’en feuilletant ces notes, au ton forcément spontané puisque prises sur le vif, clichant de la sorte un moment, une impression, l’on peut lire, au sujet de Radu Lupu jouant Bach lors du concours Enesco en 1967: “Très beau la concentration, mais ne pas confondre pêcher dans les profondeurs ou dans l’eau trouble !”

Hors contexte, la remarque pétillante de Nadia Boulanger vaut au titre de boutade. Et pourtant: quiconque a “vu” (et entendu) Radu Lupu “à l’oeuvre”, sait que cette imperturbable concentration, cet ordonnancement de la pensée, implacable et olympien, observés avec justesse et non sans humour par “Mademoiselle”, constituent, précisément, une des constantes dans le jeu du pianiste roumain. Absolue sincérité dans l’expression, pureté du style, limpidité du toucher: ce sont les marques de Radu Lupu, qui l’inscrivent immédiatement dans la toute grande tradition pianistique, celle d’artistes légendaires au premier rang desquels figurent ses illustres compatriotes Dinu Lipatti et Clara Haskil. Une même ferveur, un engagement identique caractérise les trois musiciens roumains, instaurant d’évidence une étroite et indiscutable filiation entre ceux d’hier, et celui d’aujourd’hui.

Radu Lupu est un artiste rare. Il ne fait pas partie de cette classe de musiciens omniprésents sur les affiches ou les pochettes de cd, se bousculant dans les salles de concerts ou les studios d’enregistrement. Artiste intègre et entier, sans concessions, il se refuse à tout culte de l’anecdotique. Discrétion, réserve, sont ici les maîtres-mots et font que chaque apparition de ce pianiste hors pair est guettée avec enthousiasme. Le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles accueillera Radu Lupu le 23 avril 2007, pour un récital réunissant les incontournables de son répertoire, Beethoven, Schubert, Brahms et Debussy. Un grand événement pianistique.

Radu Lupu: les dates clés d’un monstre sacré du clavier
1957:
le jeune Radu, né à Galati en Roumanie en 1945, donne son premier concert. Il a tout juste 12 ans.

1961: après avoir étudié avec plusieurs professeurs à Bucarest (dont Florica Musicescu, illustrissime professeur d’un autre prince du clavier, son compatriote Dinu Lipatti), il obtient une bourse pour poursuivre ses études à Moscou avec Heinrich Neuhaus. Son séjour au Conservatoire est couronné d’un premier prix.

1967: premier lauréat du concours Enesco à Bucarest. L’année précédente, il avait remporté le concours Van Cliburn. Deux ans plus tard, il empochera le premier prix au concours de Leeds.

1978: débuts au Festival de Salzbourg, avec le Philharmonique de Berlin sous la baguette de Karajan.

1995: les enregistrements de Radu Lupu sont salués unanimement avec un “Grammy” pour sa gravure des Sonates D.664 et D.960 de Schubert et le Prix Edison pour ses Scènes d’Enfants, Kreisleriana et Humoreske de Schumann. Deux disques pour l’île déserte (Decca).

2006: lors d’un récital au Teatro Grande de Brescia, Radu Lupu se voit décerner le prix international Arturo Benedetti Michelangeli. Cette distinction avait, antérieurement, distingués des artistes tels que Maurizio Pollini, Martha Argerich, Vladimir Ashkenazy, Mstislav Rostropovitch …

Programme
Franz Schubert:
Sonate en la majeur D.664
Claude Debussy: Extraits du Livre II des Préludes
Johannes Brahms: 4 Ballades Op.10
Ludwig van Beethoven: Sonate n°18 Op.31 n°3

Bruxelles, Palais des Beaux-Arts
Lundi 23 avril 2007 à 20h

Crédit photographique
Radu Lupu (DR)

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