PARIS. REOUVERTURE DE L’OPERA COMIQUE : Et In Arcadia ego sum

opera-comique-et-in-arcadia-ego-jean-philippe-rameau-concert-critique-et-presentation-sur-classiquenewsPARIS, ET IN ARCADIA EGO… 1er – 11 fĂ©vrier 2018. L’OpĂ©ra Comique ouvre sa nouvelle saison avec un spectacle inĂ©dit prĂ©sentĂ© en crĂ©ation… ce que les initiateurs de ce nouveau spectacle ne disent pas, c’est qu’avant toute chose, il y a d’abord Ă  la source du titre et des mondes poĂ©tiques qu’il convoque, le cĂ©lèbre tableau « vĂ©nitien » (par ses couleurs et sa qualitĂ© de plĂ©nitude sensuelle) du peintre baroque, Nicolas Poussin (cf. notre illustration). Le tableau conservĂ© au Louvre, a Ă©tĂ© abondamment critiquĂ© et analysĂ© par les spĂ©cialistes, Ă©crivains, poètes dont Ă©videmment Yves Bonnefoi. En Arcadie, moi aussi j’ai Ă©té… le voyageur au hasard d’une promenade accompagnĂ©e, dĂ©couvre sur la paroi d’une sĂ©pulture (qui rappelle la fragilitĂ© de la condition humaine), l’inscription d’un autre promeneur comme lui, mais il y a longtemps, tĂ©moignant lui aussi de son sĂ©jour en terre idĂ©alisĂ©e, l’Arcadie.

Poussins-Berger-ArcadieLe lieu est un mythe de la poĂ©sie baroque : un monde merveilleux oĂą l’harmonie rĂ©concilie l’homme et la nature en un pacte idyllique. C’est pourquoi la petite phrase emblĂ©matique suscite et le surgissement d’un monde visitĂ© anciennement, monde paradisiaque, devenu inaccessible (?), et aussi, produit l’éveil inquiet : l’existence terrestre connaĂ®t une fin inexorable, comme moi qui a Ă©tĂ© en Arcadie, toi aussi… tu mourras : les hommes (promeneurs ou non) passent, la nature et son mystère, perdurent. Ceci concentre au XVIIè toute la poĂ©tique picturale de Nicolas Poussin, l’un des plus grands crĂ©ateurs français de l’époque, français par son esprit de synthèse, mais romain car il vĂ©cut une bonne partie de son existence en Italie (près de ses chers antiquitĂ©s). AU XVIIIè, d’une autre façon, Rameau en transgresseur enchanteur et pur esprit des Lumières, rĂ©interroge le rapport de l’homme au monde…

 

 

Sur la scène de l’Opéra Comique, le spectacle en création enchaîne trois tableaux correspondant à l’enfance, à la maturité et à la vieillesse et à la mort d’un seul personnage, Marguerite. Si la vieille femme / vieille âme a 95 ans, elle affiche victorieusement, sa volonté éternelle, celle d’une jeune chanteuse dont la conscience / clairvoyance éclaire autrement l’expérience terrestre…
RAMEAU 2014 : sĂ©lection cdRETOUR LEGITIME DE RAMEAU Ă  l’OpĂ©ra Comique… Indirectement, et en cohĂ©rence avec l’histoire musicale, l’OpĂ©ra Comique accueille l’un de ses fils adoptifs de la première heure, quand, avant de rĂ©volutionner le genre de la tragĂ©die en musique, Rameau commençait l’écriture théâtrale dans le genre comique, aux théâtre de la Foire, Foires Saint-Germain et Saint-Laurent, oĂą le mode critique et parodique, le dĂ©lire comique sont de rigueur. Pour Alexis Piron, Rameau l’audacieux Ă©crit ainsi airs, vaudevilles, choeurs et ouvertures avec une libertĂ© et une fantaisie que l’on oublie trop souvent, mais qui pourtant font l’essence de son gĂ©nie lyrique et symphonique.

 

 

 

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ET IN ARCADIA EGO…opera-comique-et-in-arcadia-ego-jean-philippe-rameau-concert-critique-et-presentation-sur-classiquenews
D’après des extraits des opéras de Jean-Philippe Rameau, dont entre autres :
ouverture de Zaïs, déploration de Phèdre et du chœur dans Hippolyte et Aricie, Sommeil de Dardanus, danses des Boréades, chœurs de Castor et Pollux, fameux prélude des Incas des Indes galantes…

 

Mezzo-soprano : Lea Desandre

Choeur Les éléments
Les Talens Lyriques / Ch. Rousses (dir)
Mise en scène : Phia Ménard

 

6 représentationsboutonreservation
PARIS, salle Favart / Opéra Comique
Les 1er, 3, 5, 7, 9 et 11 février 2018
RESERVER VOTRE PLACE
https://www.opera-comique.com/fr/saisons/saison-2018/arcadia-ego

 

 

 

LE SPECTACLE EN CREATION A L’OPERA COMIQUE

Sur ce prétexte baroque, nostalgique, philosophique, l’Opéra-Comique propose un spectacle qui utilise les musiques du premier symphoniste français (dès le XVIIIè), Jean-Philippe Rameau, et met l’accent sur le potentiel vocal et expressif d’une jeune mezzo française Lea Desandre (déjà remarquée par classiquenews, lors d’une remarquable représentation d’ALCINA de Haendel à Shanghai / sous la direction de David Stern au sein de la compagnie Opera Fuoco / et aussi, dans un premier disque réalisé avec le même David Stern, intitulé « Berenice » (LIRE LA CRITIQUE DU CD BERENICE CHE FAI ?, VOIR LE REPORTAGE VIDEO ALCINA où Lea Desandre interprète Ruggiero).

Sur la scène de l’Opéra Comique, l’intention de la création est différente, tout en évoquant les jalons d’une vie terrestre : « Se reconnaître dans les images figées de l’enfance, appréhender le kaléidoscope social du monde adulte, questionner les vertiges de la vieillesse. Et faire ce voyage, intérieur mais aussi sensoriel, guidé par l’art sensible de Jean-Philippe Rameau. »

  

 

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Synopsis

Il s’agit d’un conte surréaliste, d’abord poétique (présentation ci après empruntée au site de l’Opéra-Comique / Et in arcadia ego…) :

Un « big-bang intérieur » naît d’une tentation faustienne : connaître des décennies avant, la date de sa mort. Et le jour approchant, être catapulté dans une série d’espaces mémoriels de sa vie, sans plus pouvoir y présider.
L’histoire de Marguerite résonne d’une voix intérieure, la sienne, et d’un récit au chemin poétique. Le Chœur y est la voix de l’espace autant que celle des matières.
Marguerite est une femme, jeune d’image, âgée dans le réel, lucide et rêveuse. Son corps est submergé par les éléments. Elle est impuissante à changer le chemin funeste dont elle nous conte le secret.

Les actes…
La musique du Rameau, coloriste et magicien du timbre, comme architecte rythmicien de premier plan, permet de concevoir le continuum musical du spectacle…
Ouverture – levée éblouissante vers un autre monde. Une infraction au centre d’une étoile, envahissant notre espace. Vrombissement, chaleur, laissant place au vide, au craquement d’un glacier…
Enfance – jardin onirique congelĂ©. Les doux souvenirs se dĂ©sagrègent comme sous l’effet du temps. De la fonte offrant la disparition, l’émerveillement par l’arrivĂ©e des fluides, symbole du passage vers l’adolescence. Ă‚ge adulte – prison mouvante. Une gangue rappelle les turpitudes des dĂ©sirs, le doute de la vĂ©racitĂ© des rapports humains. L’espace se dĂ©robe pour se refermer Ă  nouveau. Fuite vers la confrontation au vivant. Vieillesse – inĂ©luctable entonnoir. RĂ©signĂ©e Ă  la proximitĂ© de l’inconnu, Marguerite est entrainĂ©e puis semble s’échapper pour finir avalĂ©e. Elle apparaĂ®t une dernière fois, corps engluĂ©, mangĂ©e par une forme indĂ©finissable franchissant l’espace jusqu’à s’inviter loin de la scène…”

En conclusion, les musiques de Rameau le symphoniste et compositeur lyrique se prêtent-elles à un nouveau type de spectacle musical ? La réponse à partir du 1er février 2018 sur la scène de l’Opéra-Comique.

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