Paris, Opéra Bastille. Jonas Kaufmann chante Faust

kaufmann-jonas-chante-Faust-damnation-de-faust-berlioz-opera-de-paris-opera-bastille-annonce-presentation-classiquenews-opera-bastille-damnation-de-faust-dossierParis, Opéra Bastille. Berlioz : Damnation de Faust. Du 5 au 29 décembre 2015. Jonas Kaufmann chante un rôle clé du répertoire romantique français : Faust. Quel dommage que le nouveau directeur n’est pas conservé l’incroyable mise en scène de Robert Lepage, scénographe et metteur en scène le plus captivant de l’heure… espérons que la nouvelle conception signée Alvis Hermanis saura renouveler l’enchantement et le souffle de celle qui l’a précédée. Page onirique et fantastique d’une absolue réussite, La Damnation de Faust (créée dans sa dernière version validée par Berlioz en 1846), est avant tout un ouvrage symphonique  où l’orchestre compte autant (si ce n’est plus) que les acteurs chanteurs. D’ailleurs, Berlioz toujours à l’affût d’une nouvelle forme entre musique et théâtre, parle non pas d’opéra, mais de « légende dramatique », car c’est moins la mise en scène et la réalisation scénique qui priment ici que le pouvoir de la musique, seule habilitée à exprimer les vertiges du texte original de Goethe que le compositeur français découvre dès 1828, dans la traduction de Nerval.

BerliozPar la voix de Faust, dans le grand air pour ténor et orchestre, Berlioz nous dit sa passion pour le miracle de la nature (« nature immense, impénétrable et fière »), le héros confronté au mystère de la nature s’abîme pourtant dans la tentation des plaisirs éphémères, cherchant en vain quand il est trop tard, une rédemption qui lui est définitivement refusée (à cause du pacte signé avec Méphisto). Ici, le compositeur inspiré nous parle d’innocence et de salut, de métamorphose et de conscience, de rédemption et d’humanisme (la compassion de Faust pour Marguerite qu’il a entraîné dans sa chute mais qu’il parviendra à néanmoins sauver spirituellement). La Damnation de Faust dans une nouvelle production à l’Opéra Bastille amorce un cycle Berlioz en plusieurs volets. Le public parisien peut y saluer l’éclat noir et lumineux d’un diseur né pour l’articulation allusive et fantastique, l’immense ténor Jonas Kaufmann, et aussi le baryton basse gallois, Bryn Terfel qui achève ainsi une carrière semée de nombreux accomplissements (son dernier reste le Hollandais volant dans le Vaisseau Fantôme de Wagner).

Les images de la production signée Alvis Hermanis semble revisiter l’atmosphère des films noirs et des pièces intimistes étouffantes de Tchekov, sans omettre les derniers longs métrages « familiaux fantastiques » de Bergman. Que donneront ces références sur l’ample plateau de l’Opéra Bastille ?

 

 

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boutonreservationLa Damnation de Faust, 1846, à l’Opéra Bastille
Du 5 au 29 décembre 2015

Philippe Jordan, direction
Alvis Hermanis, mise en scène

Sophie Koch, Marguerite
Jonas Kaufmann, Faust (du 5 au 20 décembre), puis Bryan Hymel (23-29 décembre)
Bryn Terfel, Méphistophélès

Diffusion au cinéma (le 17 décembre) et sur culturebox (le 19 décembre)
sur France Musique (date à venir)

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