PARIS, Concerto et mélodies de Dominique Preschez en création mondiale

Dominique Presche copyright PIERRE COLLETTI 582 pour classiquenewsPARIS, DEAUVILLE, concerts DOMINIQUE PRESCHEZ, 5 et 7 octobre 2017. A l’Oratoire du Louvre, le guitariste Sébastien Llinares joue les oeuvres de Dominique Prechez, présentées en création mondiale, sous la direction de Thierry Pélicant avec l’Orchestre Messager. Simultanément au concert parisien, sort le disque du programme (chez  l’éditeur Polymnie, en septembre 2017 : critique à venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews). Dans ce concert événement, le souci et la verve du compositeur se dévoilent en liberté. Né à Saint-Adresse en Normandie, Dominique Preschez cultive l’art de la combinaison et de l’improvisation. Il associe à une écriture très précise qui mêle détails et timbres, un goût ciselé pour les atmosphères, soit les nombreux éléments en liaison avec une existence particulièrement riche en rencontres et en souvenirs divers. Son éclectisme musical est flamboyant, bigarré, chatoyant, mais il reste humain car il s’inscrit dans la trace préservée de ses propres expériences. Ce qui frappe chez Dominique Prechez, c’est l’épaisseur du souvenir, l’empreinte des amitiés cultivées, et donc la présence perpétrée des absents qui se sont éteints, mais dont l’ombre se profile dans une écriture qui se souvient et célèbre.
LA MUSIQUE DANS LES VEINES… « Je l’entends souvent jouer de folles transcriptions d’oeuvres symphoniques qu’il semble improviser. (…). Il parle comme une mélodie. Il joue comme il respire. Il vit en musique », ainsi s’exprime le jeune guitariste français Sébastien Llinares à propos de son confrère, Dominique Preschez au Conservatoire international de musique de Paris : le premier y enseigne la guitare ; le second, la composition. Ces deux là devaient se rencontrer, se reconnaître, travailler ensemble. Depuis, Sébastien Llinares joue les oeuvres de Dominique Prechez.

 

 

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L’enregistrement des nouvelles partitions de Dominique Preschez (DR)

 

 

MUSIQUEMONDE… La musique que compose Dominique Preschez reflète tout une époque suractive, riche en rencontres diverses et influences métissées. Le compositeur a rencontré et cotoyé Henri Sauguet entre autres, croisé et approché quantité de sensibilités, dont Jean Wiener, Francis Poulenc, Germaine Tailleferre, Noel Lee, Jean Louis Florentz…. c’est aussi une extraordinaire rencontre impromptue avec Benjamin Britten, rencontré à Paris, au moment où Dominique Preschez arrivait à Paris (en 1975), dans un hôtel particulier où trônait un pianoforte sur lequel avait joué Mozart… autant d’expériences et situations qui alimentent aujourd’hui une œuvre diverse et plurielle, où la réitération des souvenirs et des sensations vécues dialoguent et se fécondent… « une musiquemonde » comme le précise toujours Sébastien Llinares.
Pour PARATY, le guitariste Sébastien Llinarès sublime ERIK SATIE«  Ces partitions se lisent comme des palimpsestes, comme autant de souvenirs qui dialoguent, s’entremêlent. Musique méta tonale où l’on fuit le dogme sans se l’interdire. On y reconnaît certains paysages, mais on les voit avec un éclairage et un point de vue auxquels on n’avait pas accès jusqu’alors »
ajoute celui qui connaît bien les partitions de Dominique Preschez d’autant plus qu’il les joue dans le programme du concert et pour le disque qui sort simultanément. Le compositeur est un observateur assidu du monde ; optimiste par nature, il sait que tôt ou tard, la fantaisie et le rêve, les désirs s’accomplissent dans la réalité… Ce sourire au monde, cette espérance inspirent aujourd’hui sa musique en une ferveur indéfectible. A Paris, le 5 octobre (puis à Deauville le 7), Dominique Preschez créée son Concerto da camera pour soprano, guitare et quatuor à cordes et timbales, mais aussi Trois mélodies pour soprano et guitare. En complément, offrande d’un guitariste génialement transcripteur, Sébastien Llinares joue les pièces qu’il a lui-même écrit d’après plusieurs partitions de Satie (les transcriptions de Sébastien Llinares d’après Satie sont l’objet d’un cd, récemment distingué par notre CLIC de classiquenews)…

 

 

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Paris, Oratoire du Louvre
Jeudi 5 octobre 2017, 20h30


Deauville, église Saint-Augustin
Samedi 7 octobre 2017, 20h30

 

 

Dominique Preschez
CONCERTO DA CAMERA, création mondiale
(Guitare, Soprano, Quintette a  Cordes et Timbales)
TROIS MÉLODIES
(Guitare et Soprano)

Elise Chauvin, Soprano & Sébastien Llinares, Guitare
Ensemble Vinteuil & Jean-Marc Mandelli, Timbales

DIVERTIMENTO pour cordes de W.A. MOZART
Ensemble Vinteuil)

 

Oeuvres pour guitare d’après ERIK SATIE
Sébastien Llinarès, guitare
llinares-sebastien-erik-satie-transcription-pour-guitare-cd-annonce-cd-review-critique-cd-par-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-de-mai-2017-Paraty_106415_HM_couvProgramme de son dernier album discographique “ERIK SATIE”…
Transcriptions de pièces de Satie pour guitare
CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2017 – LIRE aussi notre entretien exclusif avec Sébastien Llinares à propos de ses propres transcriptions d’après Erik satie (Label Paraty).

Direction musicale : Thierry Pélicant

 

 

 

PARIS / Tarifs : 10 € et 5 € (Séniors et étudiants) – Billetterie sur place, sans réservation
Contact : Ensemble & Création : 06 07 58 16 85
Oratoire du Louvre : 145, rue Saint Honoré / 75001
Métro Louvre/Rivoli / Bus : 27/39/68/69/95

 

 

DEAUVILLE / libre participation aux frais
Contact : Ensemble & Création : 06 07 58 16 85
Eglise Saint-Augustin : Place de l’Eglise, Deauville

 

 

 

 

 

CONCERT, CD, LIVRE… L’actualité de Dominique Preschez est d’autant plus intense en cette rentrée 2017 qu’outre son concert du 5 octobre 2017, l’éditeur Polymnie publie son disque comprenant les pièces nouvelles en création, en septembre, et sera édité également, un livre (courant avril 2018, aux éditions Tinbad), un roman autobiographique écrit par le compositeur, dont voici quelques clés :

« Le Trille du diable… Il s’agit d’un roman autobiographique, aux voix multiples et plurielles, à la suite de l’AVC dont j’ai été victime, en 1992, dont les séquelles appartiennent à l’amnésie des années de ma jeunesse, à Paris, en divers lieux à travers le monde, entre passions, amours et disparitions d’amis musiciens, écrivains, peintres entre 1984 et 1992… Nombre de références d’oeuvres musicales, décrites et analysées, comme dans un essai… de livres de nombre de jeunes auteurs disparus, auxquels je rends hommage, en témoignant… d’oeuvres plastiques qui accompagnent ma vie… à travers l’histoire d’un homme qui porte le nom d’Ivan ( moi-même, sans écrire “Je”…) cherchant à se retrouver bien des années après… en quête de sa mémoire… d’amis perdus dans un musée imaginaire, de fiction en fiction, comme un aventurier, au gré des quarante cinq lieux de vie qui ont été les miens, à travers le monde. Bref, cela n’est pas clair, et je m’en confie à vous, sans énoncer d’autres aperçus, car je suis en ce moment en train de corriger les épreuves….
Ces romans transversaux, en un seul roman vont d’expérience en expérience, d’un homme seul -musicien & écrivain- en quête de lui-même, à travers l’autre (perdu de vue, ou disparu) dans son amnésie que le bonheur de créer, sans relâche, révèle au vitalisme qui lui permet de vivre, après un coma prolongé, une mort clinique et un réapprentissage des langages parlés, écrits, ainsi que celui de la musique -composition, interprétation- sur une période de sept années d’évolution bénéfique, de 1992 à 1999… »

Propos du compositeur, recueillis par Catherine Kauffmann-Saint-Martin, septembre 2017

 

 

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Présentation des oeuvres :

Concerto pour Guitare et voix. Le Concerto da Camera sollicite deux solistes : Sébastien Llinares et Elise Chauvin (guitare et soprano), accompagnés par un quintette à cordes. D’abord, en une vision matinale et provençale, l’aurore pointe et avec elle, le pépiement des oiseaux qui dialoguent et s’interpellent (premier mouvement) ; plus intimiste voire introspectif, le second mouvement est écrit comme une invocation de l’être à lui-même (contrepoint serré fusionnant les deux solistes, guitare et voix), au diapason de la batterie entêtante du coeur/timbale. Enfin le troisième mouvement exprime le mouvement de la cité et de la vie, où surgit l’Amour, pulsion, tension, élan… à la fois « désir et poursuite du Tout » (selon la définition de Platon dans Le Banquet).

Trois Mélodies
Conçues comme un tryptique doloriste, les Trois mélodies créées à Paris ce 5 octobre 2017, constitue « comme un thrène d’amour pour soprano et guitare » ; dans la Grèce antique, un thrène désigne une lamentation funèbre chantée lors des funérailles. Dans le deuil, l’âme atteinte tente de se reconstruire malgré la souffrance…

1) Il était une fois… « conte un chant d’amour qui s’est enfui
de la vie, par amnésie… jusqu’à la renaissance du corps et de l’esprit… ».

2) Improvisation sans mots : « vocalise en improvisation d’une voix aimante… Ô dolor… Ô afliçao… à la mémoire d’Alberto Albornoz, dit “Tupac” l’argentin… ».

3) Sur le nom de l’enfant… est un poème de Dominique Preschez, extrait du livre L’Enfant nu publié chez Seghers. Le texte « trace le dessin du cri dans l’espace libre… vacant… de l’invocation, toujours… ».

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