ORANGE 2018 : nouveau Mefisto de BOITO (5, 9 juillet 18)

boito arrigo -1-680x297ORANGE, les 5 et 9 juillet 2018. BOITO : Mefistofele. Arrigo Boito affirme sa marque et sa plume d’abord comme librettiste de son ainĂ© Verdi : Otello et Falstaff ; il travaille aussi avec le maĂźtre de Busetto, pour la nouvelle version de Simon Boccanegra. De fait, le jeune Boito, aprĂšs l’avoir vertement critiquĂ©, cĂ©lĂšbre le gĂ©nie de Verdi et lui livre des textes particuliĂšrement efficaces et d’une grande force poĂ©tique. La rĂ©ussite des derniers opĂ©ras verdiens revient aussi Ă  l’esprit du jeune Boito.
Mefistofele est une oeuvre de jeunesse, trĂšs ambitieuse car elle demeure le seul essai lyrique absorbant dans un mĂȘme ouvrage les deux Faust de Goethe. Alors drapeau de la nouvelle gĂ©nĂ©ration de compositeurs italien, liĂ©s Ă  l’avant-garde littĂ©raire : « la Scapigliatura », le jeune Boito marque un grand coup car il s’agit pour lui de renouveler l’idĂ©e mĂȘme d’une oeuvre lyrique. La dĂ©mesure de sa partition, au diapason certes du sujet goethĂ©en, rappelle Ă©videmment les vertiges spatiaux d’oeuvres aussi considĂ©rables que La Damnation de Faust de Berlioz et prĂ©figure encore dans le siĂšcle romantique, La Femme sans ombre de R. Strauss (crĂ©Ă© en 1918) : les tableaux que convoquent l’action sont un dĂ©fi pour les metteurs en scĂšne, comme une gageure pour les chefs, responsables de la cohĂ©sion du plateau.

Le grand bain diabolique

boito et verdi classiquenews mefistofele annonce orange 2018CultivĂ©, Boito recycle et Gounod (qui s’intĂ©resse surtout Ă  l’amour de Marguerite), Wagner (par sa dĂ©mesure et incidemment le thĂšme de l’artiste-hĂ©ros confrontĂ© aux choix d’une vie terrestre : plaisir, connaissance ou idĂ©al mystico-spirituel
 MalgrĂ© ses intentions rĂ©formatrices, Boito demeure dans le moule italien du grand opĂ©ra Ă  la française, sachant aussi sĂ©duire son auditoire en empruntant au bel canto comme Ă  Meyerbeer. La crĂ©ation en 1868 est un Ă©chec.‹7 ans plus tard, Boito, grand spĂ©cialiste des remaniements, livre sa nouvelle version (1875) ) Bologne : triomphe. Alors que Berlioz et Gounod concluent leurs opĂ©ras faustĂ©ens sur l’apothĂ©ose de Marguerite et la chute de Faust qui est prĂ©cipitĂ© aux enfers par un Mefistofele triomphant, Boito parcourt l’ensemble du sujet livrĂ© par Goethe et aprĂšs le volet de Marguerite (laquelle est « sauvĂ©e » malgrĂ© avoir tuĂ© sa mĂšre et son enfant), expose la fin du cycle, oĂč Faust exposĂ© aux sortilĂšges de la belle HĂ©lĂšne antique, se fatigue des artifices du plaisir et s’écartant de Mefisto, prĂ©fĂšre rejoindre Dieu. L’échec du diable est alors patent et termine l’ouvrage dans son dĂ©roulement complet.
De fait, le jeune compositeur, offre aux basses, comme Moussorgski dans Boris Godounov, un formidable rĂŽle en Mefistofele, aux cĂŽtĂ©s des barytons pour Faust. Toscanini assure d’autant mieux la carriĂšre de Mefistofele II, qu’il dirige la partition remaniĂ©e en 1901, l’annĂ©e de la crĂ©ation de Tosca de Puccini, avec Fiodor Chaliapine / Mefistofele et Caruso, en Faust. Illustration : Boito et Verdi, duo Ă©lectrique (DR)

 

 

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Prologue
DĂ©fiant Dieu, Mefistofele parie qu’il sĂ©duira le vieux savant Faust, modĂšle de sagesse et obtiendra son Ăąme.

Acte 1
A PĂąques, Mefistofele obtient du vieux sage, la promesse de son Ăąme car il lui fera connaĂźtre un moment de jouissance suprĂȘme.

Acte 2
GrĂące Ă  Mefistofele, Faust redevient jeune donc sĂ©duisant : il rencontre Marguerite qu’il sĂ©duit ; puis Mefistofele le convie Ă  un sabbat endiablĂ© dans lequel le suppĂŽt de Satan est dĂ©clarĂ© seigneur de l’Univers tandis que Faust voit marguerite enchaĂźnĂ©e


Acte 3
Marguerite emprisonnĂ©e confesse son double crime : elle a tuĂ© sa mĂšre en l’empoisonnant peu Ă  peu pour l’endormir et voir Faust chaque soir ; son enfant ensuite qu’elle a eu de son amant ; Faust voudrait la sauver et s’enfuir avec elle : Marguerite refuse, l’écarte lui et Mefisto, puis s’en remet Ă  Dieu : son Ăąme est ainsi sauvĂ©e (apothĂ©ose et choeur cĂ©leste).

Acte 4
Sur le fleuve Pénée, en GrÚce antique, Faust juvénil et ardent, déclare sa flamme à la plus belle femme du monde : HélÚne. Duo échevelé.

Epilogue
Revenu dans son antre, le vieux Faust mĂ©dite sur ce qu’il a vĂ©cu auprĂšs de MĂ©fisto : amertume et culpabilitĂ© auprĂšs de Marguerite qu’il a honteusement trahie ; songe et frustration auprĂšs de la belle HĂ©lĂšne, en une AntiquitĂ© de pacotille
 Mefisto fait paraĂźtre des sirĂšnes pour sĂ©duire dĂ©finitivement sa proie qui s’échappe. Alors Faust saisit l’Evangile et remet son Ăąme Ă  Dieu, provoquant la dĂ©route de Mefisto. Le Bien est vainqueur.

La version de rĂ©fĂ©rence reste celle Ă©ditĂ©e par DECCA avec Montserrat CaballĂ© et Luciano Pavarotti dans une version complĂšte et trĂšs sĂ©duisante oĂč perce aussi le diamant tragique de Mirella Freni
Qu’en sera-t-il Ă  ORANGE cet Ă©tĂ© 2018, les 5 et 9 aoĂ»t dans la vaste arĂšne du thĂ©Ăątre Antique ?

 

 

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Mefistofele : Boito
Jeudi 5 juillet 2018, 21h45‹ / Lundi 9 juillet 2018, 20h45
Théùtre Antique, ORANGE

Reports, en cas de mauvais temps, aux lendemains
durée : 2h50

DIRECTION MUSICALE : Nathalie Stutzmann
MISE EN SCÈNE: Jean-Louis Grinda

MEFISTOFELE: Erwin Schrott
FAUST: Jean-François Borras
MARGHERITA: BĂ©atrice Uria-Monzon
MARTA: Marie-Ange Todorovitch
WAGNER / NEREO: Reinaldo Macias
ELENA: BĂ©atrice Uria-Monzon
PANTALIS: Valentine Lemercier
Orchestre philharmonique de Radio France
ChƓurs des OpĂ©ras d’Avignon, Monte-Carlo et Nice‹Choeur d’enfants de l’AcadĂ©mie Rainier III de Monaco

 

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PrĂ©sentation de la production sur le site des ChorĂ©gies d’Orange 2018 / Page Mefistofele
https://www.choregies.fr/programme–2018-07-05–mefistofele-boito–fr.html

OpĂ©ra en un prologue, 4 actes et Ă©pilogue Musique d’Arrigo Boito (1842-1918)
Livret du compositeur d’aprùs Wolfgang von Goethe
Création : Milan, Teatro alla Scala, 5 mars 1868
Version révisée : Bologne, Teatro Communale, 4 octobre 1875

Mefistofele est un opĂ©ra immense, grandiose et fascinant. Ses immenses chƓurs vous emmĂšneront du ciel jusqu’au plus profond des enfers. GuidĂ©s par Mefistofele, vous voyagerez avec Faust et dĂ©couvrirez avec lui non pas la jeunesse, mais le bonheur ! Cette oeuvre, tant admirĂ©e par Arturo Toscanini, est une des plus impressionnantes du rĂ©pertoire lyrique et apparaĂźt comme le premier grand opĂ©ra europĂ©en. Elle a donc toute sa place au ThĂ©Ăątre Antique. Servie par une distribution de haut vol et, pour la premiĂšre fois aux ChorĂ©gies, avec une femme, Nathalie Stutzmann, Ă  la direction musicale, ce spectacle se veut emblĂ©matique d’un nouveau dĂ©part dans le respect de l’immense tradition qui est celle de notre festival.
(Jean-Louis Grinda, mise en scĂšne, directeur du Festival des ChorĂ©gies d’Orange)

 

 

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