Méhul: Adrien, 1799. RecréationBudapest, Palace of arts. Mardi 26 juin 2012 à 19h30

Opéra, recréation
Adrien de Méhul ressuscite au Palais des Arts de Budapest
Grâce au Palazzetto Bru Zane Centre de musique romantique
française, l’opéra interdit qui influença Napoléon, Adrien de Méhul
(1799) renaît ce soir à Budapest (Palace of Arts, 19h30)

Interdit
pour raisons politiques par le Comité de salut public en 1791,
l’opéra de Méhul vante la magnanimité d’un empereur romain dans lequel
Bonaparte se reconnaîtra volontiers en 1799. L’œuvre oscille entre
héroïsme guerrier et délicatesse amoureuse, les composantes de ce
style « révolutionnaire » encore aujourd’hui spectaculaire.

« Il reste à parler d’un état de l’âme, qui, ce nous semble,
n’a pas encore été bien observé ; c’est celui qui précède
le développement des grandes passions [...]. Plus les
peuples avancent en civilisation, plus cet état du vague
des passions augmente. »
Chateaubriand, Génie du Christianisme

Sur les vestiges des civilisations passées, les nouveaux fondateurs puisent un sang neuf…
C’est peut-être bien le Chateaubriand « méditant sur les ruines de
Rome », peint par Girodet en 1809, qui ressentit pour la première fois
cette fissure entre l’esprit classique et l’âme romantique. Y avait-il
plus beau dialogue possible qu’entre cette Atlantide d’un temps révolu
– Rome – et ce nouvel astre scintillant – Paris – qui convoquait sans
ordre les plus grands artistes de l’Europe entière ?

Les Français se passionnent pour l’Antiquité. De
l’Empire romain, de sa grâce comme de ses violences (Symphonie
italienne de d’Indy), la musique française retiendra l’évocation de son
histoire (Symphonie « Urbs Roma » de Saint-Saëns), de ses vestiges (Les
Derniers Jours de Pompéi de Joncières, Herculanum de Félicien David)
et de ses figures tutélaires (Le Triomphe de Trajan de Lesueur, Marco
Curzio de Halévy, Néron de Lalo, Spartacus de Saint-Saëns, Titus et
Bérénice de Rita Strohl). Quelques années après que Méhul eut
recomposé son Adrien (1799) à l’image de Bonaparte, Victor Hugo allait
faire de Paris une Rome moderne, et de Napoléon un nouvel Auguste :
« Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte,
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte,
Et du premier consul, déjà, par maint endroit,
Le front de l’empereur brisait le masque étroit
. »
Victor Hugo, Les feuilles d’automne

La production est programmée dans le cadre de la saison 2012 2013 du Palazzetto Bru Zane à Venise, Centre de musique romantique française,
au chapitre “grandeur de Rome” de sa thématique “Antiquité, mythologie
et romantisme”… festival événement à l’affiche à Venise à partir du 22
septembre 2012

Étienne-Nicolas MÉHUL (1763-1817)
Adrien (1799)
(version de concert)
Orfeo Orchestra. Purcell choir. György Vashegyi, direction
Philippe Do, Adrien
Gabrielle Philiponet, émirène
Jennifer Borghi, Sabine
Philippe Talbot, Pharnaspe
Marc Barrard, Cosroès
Nicolas Courjal, Ructile
Jean Teitgen, Flaminius

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