Maurice Ravel, Sonates, piano, TrioEn direct. France Musique, le 30 avril 2007 à 15h

Maurice Ravel

Musique de chambre

Prima la musica
Lundi 30 avril 2007 à 15h00
En direct

Eglise Saint-Jean Baptiste
à Saint-Jean de Luz

Sonate pour violon et piano
Duo pour violon et violoncelle
Gaspard de la nuit
Ondine
Le Gibet
Scarbo
Trio en la mineur

Georges Pludermacher, piano
David Grimal, violon
François Salque, violoncelle

Sonate pour violon et violoncelle en ut majeur

Ecrite à la mémoire de Debussy, la partition est composée sur une longue période, d’avril 1920 à février 1922. La première a lieu Salle Pleyel, le 6 avril 1922. La presse fit la fine bouche, démontant l’oeuvre, ne comprenant en rien cette épure et ce “dépouillement” dont parle l’auteur. Car il s’agit bien d’un virage décisif dans l’évolution de sa manière. Ravel allège jusqu’à l’essentiel, écarte tout maquillage, tout effet décoratif. La construction est rigoureuse et plutôt que la séduction harmonique, le compositeur préserve surtout la clarté mélodique. Quatre mouvements: allegro, très vif, lent, vif.

Sonate pour violon et piano en sol majeur

Là encore la gestation en est longue. La première ébauche remonte à 1922 et la composition s’achève en 1927. La partition porte la dédicace à la violoniste Hélène Jourdan-Morhangue, grande amie de Ravel, laquelle créa sa sonate pour violon et violoncelle précédemment évoquée. C’est pourtant le violoniste Georges Enesco qui assura la première le 30 mai 1927, salle Erard à Paris, accompagné par Ravel lui-même.
Sous l’influence de Bartok qui compose ses deux sonates pour violon en 1921 et 1922, Ravel s’est pris d’intérêt pour la forme dialoguée violon/piano: sensible à la couleur spécifique de chacun des deux instruments, l’auteur travaille sur l’individualisation des timbres. Deux “personnalités” parfaitement caractérisées “dialoguent”, dans des combinaisons harmoniques inédites. La concision du plan sonate en trois mouvements réaffirme la volonté d’ascétisme classique, rehaussée par la facétie progressive qui s’affiche dans le choix de mouvements de plus en plus courts: allegretto, blues (le violon y imite banjo et saxophone quand le piano est traité comme un instrument à percussion), enfin perpetuum mobile dont la conclusion se souvient de la fin du Quatuor en fa (1904).

Crédit photographique
Maurice Ravel à son balcon, Villa le Belvédère à Montfort l’Amaury (DR)

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