MARSEILLE. Hamlet d’Ambroise Thomas par Vincent Boussard

thomas-ambroise-compositeur-opera-hamlet-opera-romantique-francais-opera-francaisMARSEILLE. THOMAS: Hamlet. Jusqu’au 4 octobre 2016. Superbe opĂ©ra d’Ambroise Thomas, notre Verdi français, Hamlet est injustement absent des scĂšnes parisiennes, c’est pourquoi les 4 reprĂ©sentations Ă  Marseille Ă  partir du 27 septembre, s’annoncent avec pertinence. Le Romantisme français s’entĂȘte Ă  se rarĂ©fier alors que, comparĂ© au romantisme germanique, celui de Beethoven, Liszt, jusqu’à Wagner, il est d’une puissance poĂ©tique irrĂ©sistible et le drame de Thomas, heureusement inspirĂ© de Shakespeare, s’inscrit Ă  ce niveau.
CrĂ©Ă© pendant le Second Empire Ă  Paris, sur la scĂšne de l’AcadĂ©mie impĂ©riale, le 9 mars 1868, l’ouvrage en 5 actes expose la souffrance d’Hamlet dans un monde oĂč il n’a pas sa place comme OphĂ©lie qui finit noyĂ©e, emportĂ© par les eaux. Il doit venger le meurtre du pĂšre. Instrument d’une vengeance qui le dĂ©passe, le jeune homme pareil Ă  Elektra voulant venger aussi l’assassinat de son pĂšre, sombre dans une haine envahissante, une obsession dangereuse qui dans le cas du prince danois, est finalement canalisĂ©e, et lui permet, malgrĂ© la perte de son aimĂ©e OphĂ©lie, de tuer le meurtrier de son pĂšre, l’infĂąme Claudius puis d’ĂȘtre couronnĂ© nouveau roi du Danemark. Un happy end, absent dans le drame originel de Shakespeare.

ET COMMENT HAMLET DEVINT ROI DU DANEMARK
 JugĂ© terne, surtout complaisant et acadĂ©mique, Ambroise Thomas se montre d’une force dramatique souvent saisissante, digne reprĂ©sentant de cet opĂ©ra romantique français, plus intimiste que monumentale (comptant ses inĂ©vitables scĂšnes collectives). La force de l’opĂ©ra de Thomas rĂ©side dans l’architecture contrastĂ©e et violente des Ă©pisodes entre eux, majoritairement centrĂ©s sur le personnage central d’Hamlet, hĂ©ros qui se dĂ©voile en cours d’action, vrai dĂ©fi pour le baryton invitĂ© Ă  relever les multiples accents du personnage : chanson dionysiaque dans la scĂšne des acteurs au II (« O vin dissipe la tristesse ») ; dĂ©vorĂ© par le doute et l’horreur d’un Ă©chec (« Etre ou ne pas ĂȘtre », dĂ©but du III) ; suicidaire avant de recouvrer la raison et l’élan de la victoire (« Comme une pĂąle fleur »). Toujours c’est le spectre de son pĂšre qui le pousse Ă  agir et Ă  se sauver de lui-mĂȘme. Dans le dĂ©cor unique, aux teintes irritĂ©es nacrĂ©es de Vincent Boussard, soucieux aussi de la direction des acteurs, la production Ă  l’affiche de l’OpĂ©ra de Marseille (dĂ©jĂ  vue in loco en 2010, repris ensuite Ă  l’OpĂ©ra du Rhin avec StĂ©phane Degout dans le rĂŽle-titre puis au Metropolitan de New York) s’appuie entre autres sur un trĂšs solide chanteur : Jean-François Lapointe dans le rĂŽle-titre. En 2010, Patricia Ciofi rĂ©alisait sa premiĂšre OphĂ©lie.

 

 

 

Hamlet d’Ambroise Thomas Ă  l’OpĂ©ra de Marseille
Lawrence Foster, direction
Vincent Boussard, mise en scĂšne
Avec Patricia Ciofi (OphĂ©lie), Sylvie Brunet-Grupposo (Gertrude), Jean-François Lapointe (Hamlet)


Les 27 septembre 2016 Ă  20h
29 septembre 2016 Ă  20h
2 octobre 2016 Ă  14h30
4 octobre 2016 Ă  20h

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 HAMLET d'AMBROISE THOMAS à l'Opéra de Marseille

 

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