Luigi Cherubini: portrait France Musique, du 16 au 20 novembre 2009 à 13h

Luigi Cherubini
Compositeur

France Musique

Du 16 au 20 novembre 2009

Grands compositeurs, magazine présenté par Marc Dumont

« Cherubini, pourquoi l’oubli? »
Cherubini évoque immédiatement une œuvre emblématique : Médée (l’ouvrage est donné ce mois-ci à l’Opéra de Nancy). Mais quoi de plus ? Encore faut-il rappeler que l’opéra fut re-découvert pour et par Maria Callas. Et que le compositeur a bénéficié de quelques autres défenseurs de prestige, dont deux chefs d’orchestre : Arturo Toscanini et Ricardo Muti. En fait, Cherubini est quasi oublié, comme la plupart de ses opéras ou messes. Est-ce lié à une trop longue vie (82 ans…), jalonnée de nombreuses ruptures imposées par l’Histoire qu’il traverse ? Par l’image du sévère Directeur du Conservatoire qu’il fut ou le portrait signé Ingres, le montrant en austère bourgeois mélancolique voire en carriériste au sommet de sa gloire française mais un rien désabusé? Mais alors, et sa musique ? Nous parle-t-elle encore, alors qu’elle passionna le vieux Haydn comme le jeune Mendelssohn, Weber, Wagner – et Berlioz… ? Le compositeur nous laisse plusieurs messes, entre autres pour les princes et les Souverains, actes d’allégeance à la monarchie, plus appréciés que Napoléon… Luigi nous laisse aussi de très nombreux opéras, dans tous les genres, buffa et seria, pour la scène parisienne dont Médée, créée à paris en 1797, témoigne encore de nos jours. Quid du legs Cherubini en 2009-2010.

Luigi Cherubini

Né le 14 septembre 1760 à Florence, mort le 15 mars 1842 à Paris, Luigi Cherubini approfondit son aprentissage musical à Bologne en 1778, puis à Milan, jusqu’en 1782 après de Giuseppe Sarti; enfin avec Václav Pichl, maître de chapelle de l’archiduc Ferdinand d’Este.
Après un séjour à Londres (1785-1787), Cherubini se fixe à Paris, fin 1787. Il devient directeur du Théâtre de Monsieur de 1789 à 1792. Cherubini traverse les événements de la Révolution: en 1796, il devient inspecteur au sein du tout nouveau Conservatoire. Après l’Empire, il est surintendant de la Chapelle Royale de Louis XVIII, en 1816.
Homme d’influence, il est enfin nommé directeur du Conservatoire, jusqu’à sa mort, favorisant le dynamisme de l’enseignement. Pour ses funérailles (nationales), son Requiem est joué en grande pompe.

La carrière musicale de Cherubini est ponctuée de productions lyriques: Armida abbandonata (Florence, Teatro della Pergola, 1782) ; Adriano in Siria ( Livourne, 1782) ; Il Mesenzio re d’Etruria (Florence, Pergolla, 1782) ; Lo Sposo di tre e marito di nessuno, buffa (Venise, San Samuele, 1784) ; La finta principessa, buffa (Londres, King’s Theatre, 1785); Demophoon (Paris, décembre 1788); Médée, opéra en trois actes (première version), livret de François Benoît Hoffmann, Paris, Théâtre Feydeau, 13 mars 1797); Médée (Vienne, 1802); les Abencérages ou l’Étendard de Grenade, opéra en trois actes, créé au Grand Opéra à Paris sur un livret d’Étienne de Jouy (Paris, avril 1813); Ali-Baba ou les Quarante Voleurs, opéra (Paris, juillet 1833).

repères pour Médée, Medea

Grâce à l’aide de la magicienne Médée, fille de roi de Colchis, Jason peut satisfaire le voeu de son oncle Pélias, reconquérir la toison d’or. En Thessalie, les deux amants se réfugient: Médée donne naissance à deux enfants, et fait tuer Pélias. Terrifié par la barbarie de sa maîtresse, Jason fuit avec ses deux fils jusqu’à Corinthe. Créonte, roi de Corinthe, lui offre la main de sa fille, Glauce.

5 chapitres incontournables
Du 16 au 20 novembre 2009. Chaque jour à 13h

1/ L’injuste oubli ?
2/ Révolutionnaire
3/ Face à Haydn et Napoléon
4/ « Les deux journées » en une
5/ Ingres et le Conservatoire

Cherubini, pourquoi l’oubli ?
1 « L’injuste oubli ? » 16 novembre 2009

Luigi CHERUBINI : – Médée (Air du IIIè acte – 1797) Maria Callas – Orchestre de la Scala de Milan – Tulio Serafin, en 1957 – EMI – Antifona sul canto fermo del 8 tona Chœur de la Radio Bavaroise – Peter Dijkstra – Ricardo Muti, en 2006 – EMI – Anacréon (Ouverture – 1803) Orchestre Lamoureux – Igor Markevitch, en 1961 – DG – Les Abencerages (Air d’Almanzor, acte II – 1813) Roberto Alagna – Orchestre de l’Opéra Royal de Covent Garden – Bertrand de Billy, en 2000 – EMI – Quatuor n°3 (1834) Hausmusik London, en 1997 – CPO – Symphonie en ré majeur (1815) (Orchestre de la NBC – Arturo Toscanini, en 1952 – RCA) – Nemo gaudeat (Chœur de la Radio Bavaroise – Peter Dijkstra – Ricardo Muti, en 2006 – EMI) – Requiem à la mémoire de Louis XVI (Dies irae – 1816) (Ambrosian singers – Orchestre Philharmonia – Ricardo Muti, en 1980 – EMI)

Cherubini, pourquoi l’oubli ?
2 « Révolutionnaire » 17 novembre 2009

Luigi CHERUBINI : – Médée (Introduction à l’acte III – 1797) Orchestre de l’Opéra d’Etat de Vienne – Horst Stein, en 1972 – RCA – Médée (Air de Créon à l’acte I – 1797) Jean-Philippe Courtis – Orchestre International d’Italie – Patrick Fournillier, en 1995 – Festival de la Vallée d’Itria – Lodoïska (Air de Lodoïska – acte III – 1791) Mariella Devia – Orchestre de la Scala de Milan – Riccardo Muti, en 1991 – Sony – Hymne pour la fête de la reconnaissance (179) Christian Papis – Orchestre d’Harmonie des Gardiens de la Paix de Paris – Claude Pichaureau, en 1988 – Erato – Hymne du Panthéon (179) Chœur de l’Armée Française – Orchestre d’Harmonie des Gardiens de la Paix de Paris – Claude Pichaureau, en 1988 – Erato – Lodoïska (1791) * Ouverture Orchestre de la Scala de Milan – Riccardo Muti, en 1991 – Sony) * Début Acte II Mariella Devia, William Schimell – Orchestre de la Scala de Milan – Riccardo Muti, en 1991 – Sony * Final acte II Bernard Lombardo, Alessandro Corbelli, William Schimell, Mario Luperi – Orchestre de la Scala de Milan – Riccardo Muti, en 1991 – Sony – Le salpêtre républicain (1794) Gérard Chouquer, ténor –, en 1988 – Adda

Cherubini, pourquoi l’oubli ?
3 « Face à Haydn et Napoléon » 18 novembre 2009

Luigi CHERUBINI : – Médée (1797) Véronique Gens – Les Talens Lyriques – Christophe Rousset, en 2009 – Virgin Joseph HAYDN : – La Création (Ouverture – 1798) Orchestre Baroque de Fribourg – René Jacobs, en 2009 – Harmonia Mundi Giovanni PAISIELLO : – Le barbier de Séville (1782) Denes Gulyas et Krisztina Laki – Gergely Sarkozy, mandoline – Istvan Varga, clarinette – Sandor Tamas, basson – Orchestre d’Etat Hongrois – Adam Fischer, en 1984 – Hungaroton Luigi CHERUBINI : – Quatuor n°1 (1814) Hausmusik London, en 1996 – CPO Joseph HAYDN : – 103è Symphonie (1795) Orchestre Philharmonique de Londres – Eugen Jochum, en 1972 – Harmonia Mundi

Cherubini, pourquoi l’oubli ?
4 « Les deux journées en une » 19 novembre 2009

Luigi CHERUBINI : – Les deux journées (1800) (Etienne Lescroart, Andreas Schmitt, Yann Beuron, Mireille Delunsch, Marcos Pujol, Sven Ehrke, Vera Schoenenberg, Miljenko Turk – Das Neue Orchester – Christoph Spering, en 2001 – Naïve) Ludwig van BEETHOVEN : – Leonore III (Ouverture – 1804) (Orchestre Révolutionnaire et Romantique – John Eliot Gardiner, en 1993 – Archiv)

Cherubini, pourquoi l’oubli ?
5 « Ingres et le Conservatoire » 20 novembre 2009

Luigi CHERUBINI : – Quatuor n°5 (Final – 1835) Hausmusik London, en 1997 – CPO – Marche funèbre (1820) Chorus Musicus Köln – Das Neue Orchester – Christoph Spering, en 1994 – Opus 111 – Messe solennelle pour le couronnement de Charles X (1825) Chœur et Orchestre Philharmonia – Ricardo Muti, en 1984 – EMI – Quatuor n°2 (1829) Hausmusik London, en 1997 – CPO – In paradisum (1820) (Chorus Musicus Köln – Das Neue Orchester – Christoph Spering, en 1994 – Opus 111)

Illustrations: Luigi Cherubini, portrait par Ingres vers 1842 (DR). Médée et ses deux fils, par Delacroix (DR)

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