Les Contes d’Hoffmann (bicentenaire Offenbach 2019)

Bicentenaire OFFENBACH 2019FRANCE MUSIQUE, sam 17 août 2019. OFFENBACH : Les Contes d’Hoffmann. BARCAROLLE FEERIQUE AMOUREUSE… « Belle nuit, ô nuit d’amour, souris à nos ivresses. Nuit plus douce que le jour, ô belle nuit d’amour » En 1864, pour son opéra Les Fées du Rhin, Offenbach avait composé une mélodie qu’il utilisera de nouveau pour ouvrir le troisième acte des Contes d’Hoffmann, dans une célébrissime barcarolle interprétée par Nicklausse et Giulietta. Le personnage principal poursuit le récit de ses aventures sentimentales et fantastiques ; il nous entraîne à Venise pour cet acte final, mais aussi sur les pas de la mystérieuse Antonia, dans le bouleversant deuxième acte où cette jeune chanteuse frappée d’un terrible mal, meurt épuisée de ses propres vocalises. Le chant la consume. Elle sera incarnée en 1951 par Anne Ayars dans l’adaptation cinématographique de Michael Powell et Emeric Pressburger.

France Musique, samedi 17 août 2019, 13h. Offenbach, un frétillant bicentenaire
/ François-Xavier Szymczak / Episode 7 – Les Contes d’Hoffmann (Actes II, III et épilogue)

 

 

 

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Jacques Offenbach (1819-1880)
D’origine allemande, Jacques Offenbach est d’abord un violoncelliste virtuose qui a laissé des pièces remarquables pour l’instrument dont plusieurs duos particulièrement inspirés… Comme chef d’orchestre, il dirige ses propres œuvres et devient le maître incontesté de l’opéra-bouffe français. Avec Hervé, Offenbach fixe les règles et la forme du genre, à la fois délirant et poétique, dans son propre théâtre sur les Champs-Elysées, le Théâtre des Bouffes-Parisiens. Au mérite de son inspiration miraculeuse, se distinguent de nombreux chef d’œuvres tels Orphée aux Enfers (1858), La Belle Hélène (1864), La Vie parisienne (1866), La Grande Duchesse de Gérolstein (1867), La Périchole (1868), Les Brigands (1869), La Fille du tambour-major (1879) et donc Les Contes d’Hoffmann (1881). Avec ses complices librettistes Henri Meilhac et Ludovic Halévy, Offenbach a édifié une œuvre spécifique, emblématique de la société du Second Empire dont il tend un miroir critique, épinglant sa fantaisie comme son esprit de décadence. L’imagination et la liberté du geste m^me s’ils sont critiques, renouvellent aussi le genre comique.

GENESE… Les Contes fantastiques d’Ernst Theodor Amadeus Hoffmann sont traduits dès 1850. Presque qu’immédiatement (1851), Jules Barbier et Michel Carré adaptent le texte pour la scène sous le titre : « Les Contes d’Hoffmann » qui regroupe trois contes : L’Homme au sable (Acte I), Le Reflet perdu (Acte II), Le Violon de Crèmone (Acte III) et s’inspirant de sa propre vie, ils font de l’auteur, Hoffmann, un personnage central (celui qui raconte au début ses avatars amoureux.)… Offenbach voit la pièce à l’Odéon en 1851. 25 années passent et il demande en 1876, à Barbier (Carré étant mort) l’autorisation d’exploiter le texte de la pièce.
La matière dramatique et son fort potentiel expressif, permettent à Offenbach de réaliser son grand œuvre et dernier opéra, au carrefour des genres, entre grand opéra (comprenant chœur et orchestration riche et raffinée), comédie, opéra bouffe et opéra comique (c’est à dire avec dialogues parlés), surtout fantastique féerique (comme l’était d’ailleurs son premier grand opéra Les Fées du Rhin, créé en Autriche).

VERSIONS… Offenbach a commencé la composition des Contes d’Hoffmann en 1877 ; il s’agit d’abord dans sa première version d’un opéra-comique (avec dialogues parlés) ; avisé, Offenbach compose aussi des récitatifs chantés afin que l’ouvrage puisse être produit dans toutes les maisons d’opéra. Il présente ensuite en 1879, une version réduite pour Léon Carvalho, directeur de l’Opéra-Comique de Paris, et à Franz von Jauner directeur du Ringtheater de Vienne. Car Offenbach ambitionne la double création de son sommet lyrique. Les répétitions commencent quand Offenbach meurt à Paris en octobre 1880 … la partition n’étant pas totalement terminée. Pour assurer la création, Ernest Guiraud accepte de l’achever et de l’orchestrer.

CRÉATION… Les Contes d’Hoffmann sont créés le 10 février 1881 salle Favart à l’Opéra-Comique : c’est un succès. L’acte III (Giuletta), « trop long » pour Carvalho, est coupé. Ce n’est qu’à la création viennoise le 7 décembre 1881 qu’est jouée la partition intégrale. Vienne porte en triomphe l’ultime opéra d’Offenbach.

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