KREATUR de Sasha Waltz

waltz-sasha-danse-ballet-classiquenews-critique-danse-critique-ballet-la-danse-actualite-sur-classiquenewsARTE, le 30 sept 2018. 23:40, SASHA WALTZ & Guests: KREATUR. Au cœur de la création, la chorégraphe Sasha Waltz immerge le spectateur dans le travail du chorégraphe : mouvements en affinage, regards et poses calés sur la direction des corps, sens général d’une dramaturgie corporelle à naître… Tout cela se voit, à l’échelle du collectif dans le ballet KREATUR créé en 2017 à Berlin puis à Avignon en 2018.

 

 

 

 

 

Longueur des corps en quête de sens

 

 

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14 figures interrogent l’actualité et la modernité du corps qui se cherche, hors de la gangue costume imaginé / magnifié par la créatrice de mode hollandaise Iris van Herpen. L’expressionnisme plastique du style Waltz se fait miroir de notre société encombrée d’images et pourtant en quête de sens. La nudité primitive est comme un livre sans texte : il faut lui donner un sujet, une direction, non sans angoisse ou inquiétude comme le cultive les ondes sonores percutantes, métalliques de la musique conçue par le collectif sound-walk : murmures perçants, grondements sourds (qui viennent pour partie des cellules de l’ex STASI, bras barbare de la RDA) disent une menace qui renvoie aussi au chaos qui fragilise notre monde. La noirceur et la ténèbre rodent toujours : que font, où vont les sociétés modernes malgré leur histoire sanguinaire et terrifiante ? Y a t il finalement un progrès depuis l’aube de l’humanité ? Certes il est matériel et technologique, mais au fond du cerveau humain, la tentation de la destruction et de la haine, le goût de la violence et de l’extrêmisme n’ont jamais été aussi manifestes et actifs. KREATUR désigne ce basculement ténu où de la terreur cachée à l’élan vital, salvateur, l’homme du futur peut renaître de lui-même. Surgit aussi une femme plus capo que les autres, prête à soumettre, ordonner, manipuler : la tyrannie d’un seul na$it toujours quand le collectif se ploie et se brise. Même le rut sexuel, coït pourtant sublime et jouissif revêt ici les traits dévitalisés, morbides d’un acte de torture, sans âme. L’homme sans liberté et sans désir est un automate à soumettre. Dommage malgré la beauté de certains tableaux que Waltz s’enlise dans des longueurs et des effets trop appuyés. Plus court, plus fulgurant, le ballet aurait gagné un rythme autrement plus direct et sublime.

 

 

 

ARTE, le dim 30 sept 2018. 23:40, SASHA WALTZ & Guest: KREATUR. Ballet repris du 17 au 20 avril, à La Villette, Paris 19è ardt. Avec quelques coupures ?

 

 

 

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