Gioacchino Rossini: Armida, 1817. Renée Fleming France Musique, le 1er mai 2010 à 19h

Gioacchino Rossini

Armida
, 1817

Joué partout en Italie, Rossini au tournant de l’année 1815 ne doit plus soumettre qu’un seul bastion lyrique: Naples. Ce qu’il ne tarde pas à réussir, suscitant même un engouement considérable dans la cité parténopéenne jusqu’en 1822.
Grâce au serveur de café devenu impresario lyrique et directeur de Théâtre, Domenico Barbaia (1778-1841), aux commandes des théâtres San Carlo et Teatro Nuovo à Naples (1809-1840), Rossini se voit confier le renouvellement du répertoire lyrique des deux salles napolitaines, rien de moins. Le compositeur agit avec élégance et mesure; c’est d’abord Elisabetta regina d’Inghilterra, oeuvre non dérangeante, au chant souple et virtuose qu’accompagnent les cordes de façon continu. Voilà qui plaît aussitôt au public napolitain que la sécheresse du recitativo seulement tenu par le clavecin, commençait d’ennuyer.

Opéra napolitain

A Naples, le maître impose peu à peu son écriture virtuose: Otello, en 1816 est applaudi par les Napolitains (du Teatro Fondo). Les succès créées hors de Naples: Le Barbier de Séville (Rome, Teatro Argentina, février 1816), puis La Cenerentola (Rome, janvier 1817), comme La pie voleuse (Milan, Scala, mai 1817), confirment son génie mélodique et sa pétillance rythmique.
Avant La Donna del Lago, grand succès au San Carlo, créé le 24 septembre 1819, d’après Walter Scott, Rossini réussit un préalable Armida, représenté le 11 novembre 1817, avec Isabelle Colbran, diva renommée qui est aussi l’épouse du compositeur. D’après La Jérusalem délivrée du Tasse, Armida est une enchanteresse souveraine, pourtant impuissante face à l’amour. D’abord sous-titré opera seria, l’ouvrage est renommé opéra-ballet grâce à la part exceptionnelle de sa partie chorégraphique. Ici pas moins de 6 rôles de ténor et plusieurs mélodies devenues légendaires telles l’air à variations “Amor, possente Nume”, ou le duo “Amor il dolce impero”.

Sur la scène américaine, Renée Fleming, qui fut une Alcina de Haendel éblouissante (autre rôle d’amoureuse trahie et démunie), incarne cette Armida rossinienne, avec le tact et les blessures secrètes, la soie vocale irrésistible, l’intelligence du verbe qui la distinguent.

France Musique
Samedi 1er mai 2010 à 19h
en direct du Metropolitan Opera de New York

Gioacchino Rossini
Armida

Opéra seria en 3 actes sur un livret de Giovanni Federico Schmidt

Renée Fleming, Armida
Lawrence Brownlee, Rinaldo
John Osborne, Goffredo
José-Manuel Zapata, Gernando
Barry Banks, Carlos
Kobie van Rensburg, Ubaldo
Yeghishe Manucharyan, Eustazio
Peter Volpe, Idraote
Keith Miller, Astarotte

Metropolitan Opera Chorus drigé par Donald Palumbo
Metropolitan Opera Orchestra
Direction : Riccardo Frizza

Comments are closed.