Les Fêtes de l’Hymen et de l’Amour de Rameau

Un Rameau méconnu : Les Fêtes de PolymnieFrance 2. Vendredi 22 juillet 2016, 1h15. Rameau : Fêtes de l’hymen et de l’amour. Dans son cyle Nuits d’été, France 2 diffuse un concert lyrique inédit réalisé pour l’année Rameau 2014 (250 ans de la mort du compositeur Dijonais, le génie incontesté de la musique française baroque avant l’essor du néoclassicisme à la fin du XVIIIè. Mort en 1764, sans avoir vécu la création de son dernier opéra pourtant achevé, Les Borades, Rameau incarne à l’égal des peitnres Watteau et surtout Boucher puis Fragonard, cet idéal de poésie sensuelle et d’un raffinement extrême sur le plan des couleurs instrumentales. En témoigne ce spectacle d’un genre mixte, qui renouvelle l’idéal inventé au sicèle passé par Molière et Lully, l’Opéra-ballet, ici en un prologue et trois actes, créé en 1747. Fidèle au gôut de Louis XV, souverain neurasténique et dépressif que tente d’égayer sa maîtresse L’astucieuse Pompadour, Rameau échafaude une intrigue légère et sentimentale qui dans un souci de renouvellement des genres, fusionne mythologie et exotisme : L’amour(le Roi) se désespère mais est bientôt diverti par un pur drame oriental, nilotique, dont le raffinement et l’invention mélodique illustre le prétexte exotique de chaque acte ou entrée…
Ainsi c’est une Egypte arcadienne que convoque l’ouvrage de Rameau : dans le premier acte, la reine Orthésie, un temps trompée par les intrigues de l’amazone Mirrine, reste distante vis à vis d’Osiris, avant de succomber totalement au charme du dieu d’Egypte.
Dans le second épisode, Canope / Nilée aime passionnément la belle Memphis, mais il doit avant de s’unir à elle, paraître sous son vrai visage divin et aussi la protéger du couteau sacrificiel du Grand Prêtre. A la fois démonstration de puissance (à l’orchestre : Rameau a toujours cultivé les effets cataclysmique, en vrai amoureux de la nature) et coup de tonnerre qui rompt la continuité du drame, le débordement du Nil est un point spectaculaire qui témoigne du génie dramatique de Rameau.

Le troisième acte évoque les amours du dieu des arts Aruéris et de la belle Orie prête à succomber aux charmes divin. C’est pour Rameau l’occasion de briller par une orchestration extrêmement subtile. Ici, seule l’invention dont est capable le compositeur assure la cohérence entre des tableaux assez disparates, même si personnages et cadres d’un acte à l’autre se déroulent en Egypte. mais c’est une Egypte rêvée et fantasmée, particulièrement redessinée selon les lois de la nécessité des sentiments exprimées, en particulier amoureux. Comme l’Arcadie, accueillant bergers et nymphes était le lieu de l’opéra du XVIIè pour représenter toutes les composantes du drame amoureux, l’Egypte sous Louis XV et grâce au génie de Rameau, est pour le XVIIIè, la nouvelle terre des amours contrariées puis résolues.



SYNOPSIS. Au cœur de son palais, l’Amour s’inquiète. les Grâces, les Jeux, les Ris et les Plaisirs ne parviennent pas à l’égayer. Il révèle enfin avoir déclaré la guerre à l’Hymen. La perspective de se soumettre à la puissance de cet ennemi redoutable lui est insoutenable. Un bruit pompeux annonce l’Hymen qui paraît au milieu des Vertus. Contre toute attente, il affirme vouloir faire triompher l’Amour. Celui-ci s’adoucit, retrouve toute sa vitalité et s’unit à l’Hymen : leurs cours s’échangent des présents. On voit bientôt danser ensemble les Grâces, les Plaisirs et les Vertus sous l’œil bienveillant des deux divinités.

Première entrée / premier acte
 : Osiris. Mirrine, amazone belliqueuse, tente de persuader sa reine, Orthésie, de ne pas souffrir la présence d’Osiris et de ses troupes. Tandis que ce dernier s’annonce, quelques Amazones courent se préparer au combat. Osiris prétend pourtant n’apporter que l’amour et la paix. Il ordonne un ballet gracieux : les saisons, chargées de fleurs et de fruits, en font présent à Orthésie. La reine et sa suite commencent à se laisser séduire ; Mirrine, furieuse, prétend résister malgré tout et disparaît. La fête se poursuit : les muses descendent des cieux et présentent aux Amazones les arts dans toute leur perfection ; les Égyptiens élèvent des berceaux de fleurs magnifiques. De plus en plus d’Amazones rejoignent le divertissement et s’émerveillent de ce qu’elles découvrent. Les dernières résistances d’Orthésie s’évanouissent. Des bruits guerriers se font soudain entendre : Mirrine paraît à la tête d’une troupe d’Amazones rebelles. Alors qu’elle s’apprête à frapper Osiris, Orthésie s’interpose. La dissidente est désarmée. Le geste de la reine n’a trompé personne : elle avoue être éprise d’Osiris. Celui-ci rend hommage à l’Amour. Son peuple s’unit aux Amazones pour une fête générale.

Deuxième entrée / acte : 
Canope. Sur les bords du Nil, à la frontière entre l’Égypte et l’Éthiopie, une fête en l’honneur de Canope se prépare. Celui-ci ne songe qu’à dévoiler à la nymphe Memphis, dont il est épris, sa véritable identité. C’est sous les traits de Nilée, simple égyptien qu’il l’a séduite. Elle est annoncée. Il l’écoute épancher son cœur : un songe funeste lui fait craindre d’être celle que l’on sacrifiera à l’occasion de la fête. Nilée veut la rassurer mais un chœur de déploration donne raison à Memphis : c’est bien elle qui doit perdre la vie. Son amant prétend la protéger du couteau des prêtres. Déjà ceux-ci s’avancent et confirment l’arrêt du sort. Memphis se résigne ; des égyptiennes viennent la  parer pour le sacrifice, tandis que des prêtresses élèvent des autels. Toutes se lamentent du sort de la nymphe. Les rituels débutent ; Memphis monte à l’autel ; le Grand-Prêtre saisit le couteau sacré. Soudain, le jour s’obscurcit ; les flots se soulèvent depuis les cataractes jusqu’aux rives d’ Éthiopie. Le débordement du Nil annonce l’arrivée de Canope. Memphis ne peut croire que Nilée et le dieu ne font qu’un. Elle doit pourtant se rendre à l’évidence. Tous deux échangent alors des serments d’amour. Memphis demande à Canope d’avoir pitié de son peuple : celui-ci lui obéit, ordonne de grandes réjouissances, et baptise la ville de leur amour ” Memphis “.

Troisième ballet / acte : 
Aruéris ou les Isies. Le dieu des arts, Aruéris, souhaite s’allier à l’amour pour adoucir la vie des humains. La jeune nymphe Orie lui confie ses troubles : le dieu la console en lui vantant la puissance des arts sur l’âme, et finit par lui avouer son amour. Il ordonne des jeux en l’honneur d’Isis, auxquels il l’invite à se joindre. Des Égyptiens chantant, dansant, et jouant d’instruments divers célèbrent les Isies, joutes artistiques fondées par Aruéris. On dispute les prix de la voie, de la musique, de la danse. Orie interrompt les jeux et rend hommage à son amant par un chant de la plus grande beauté. Tous décident de lui offrir la couronne de myrte pour sa prestation. Orie dédie cette couronne à l’Amour. Aruéris annonce leur hymen prochain et offre aux vainqueurs des jeux la main de celles qu’ils aiment.

Captation à l’Opéra Royal du Château de Versailles 
Pour l’ouverture officielle de l’année Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
Par le Concert Spirituel
Opéra-Ballet en un prologue et trois entrées (1747)
Chœur et orchestre du Concert Spirituel / Hervé Niquet, direction. 


Avec Chantal Santon Jeffery (Orthésie, Orie), Carolyn Sampson (L’Amour, Memphis, Une première égyptienne, Une bergère égyptienne), Blandine Staskiewskicz (L’Hymen, Une égyptienne, Une seconde égyptienne), Jennifer Borghi (Mirrine), Reinoud van Mechelen (Osiris, Un berger égyptien, Un égyptien), Mathias Vidal (Un plaisir, Agéris, Aruéris), Tassis Christoyannis (Canope), Alain Buet (Le grand-prêtre, Un égyptien)

france2-logoRameau : Les Fêtes de l’Hymen et de l’Amour, opéra ballet. France 2, vendredi 22 juillet 2016, 1h15. Durée : 2h
 – Année 2014 – 
Réalisation Yan Proefrock – 
Production Step by Step production – 
Unité musique et spectacles vivants France Télévisions :  Nicolas Auboyneau - Sophie Humarau

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