EXPOSITIONS. Paris, Philharmonie : Ludwig Van… : le Mythe Beethoven… jusqu’au 29 janvier 2017. RECEPTION DU MYTHE BEETHOVEN…

beethoven exposition catalogue gallimard le mythe beethoven cat_beethoven_1ereEXPOSITIONS. Paris, Philharmonie : Ludwig Van… : le Mythe Beethoven… jusqu’au 29 janvier 2017 RECEPTION et AVATARS DU MYTHE BEETHOVEN… Du 14 octobre 2016 au 29 janvier 2017, la Philharmonie de Paris dédie son espace d’exposition à Ludwig van Beethoven, l’année qui vient (soit 2017), étant par ailleurs l’occasion de célébrer les 190 ans de sa disparition. C’est sous une approche originale que l’on revisite cette fois le « mythe Beethoven ». Car plutôt que de retracer une énième fois la vie et l’œuvre du compositeur, l’exposition nous confronte à l’influence prodigieuse qu’il a eu sur les artistes du monde entier, bien au-delà du domaine de la musique, depuis le XIXe siècle jusqu’à nos jours. Au fil du parcours, on découvre un Beethoven hors du temps, devenu un symbole, une référence incontournable jusque dans les revendications politiques, voire dans l’industrie de la consommation.

DES SA MORT EN 1827… Déjà à sa mort en 1827, le compositeur jouissait d’un prestige incroyable auprès de ses contemporains. La première salle de l’exposition regorge ainsi de témoignages, de croquis et autres masques pris dans l’instant sur son lit de mort. Ses funérailles auront attiré une foule considérable, parmi laquelle se trouvait alors le jeune Franz Schubert. Porte-flambeau au sein du cortège, le compositeur était tant intimidé par son illustre aîné qu’il n’aura jamais osé l’aborder de son vivant. Mais même la mort ne saurait occulter l’aura du génie. De compositeur admiré, Beethoven passe progressivement au rang d’icône, presque de dieu, voué parfois à un véritable culte de la part des artistes de tout bord.

À travers les salles suivantes, on est subjugué de voir à quel point la figure de Beethoven est omniprésente dans les arts, aussi bien la musique que la peinture, la sculpture, la littérature, ou même encore dans des domaines plus récents tels que la photographie ou le cinéma. Tantôt, c’est son œuvre qui est source d’inspiration, en particulier ses symphonies, dont l’écoute insuffle un fort pouvoir de création. Tantôt, c’est la figure même de Beethoven que l’on retrouve, soit directement sous les propres traits du compositeur, soit à travers la figure du héros ou de l’artiste romantique. Et que dire de la salle consacrée au célèbre masque pris sur le vif réalisé par Franz Klein en 1812 : sculpture, peinture, pastel, lithographie, eau-forte, photographie et même couverture de revue, depuis sa création jusqu’à nos jours, autant de variations autour de ce masque sans cesse repris, parfois détourné, sous toutes ses formes.

IMAGE POLITIQUE FEDERATRICE… Mais l’énergie créatrice de Beethoven ne saurait se limiter au domaine artistique. Car ses œuvres possèdent un fort pouvoir fédérateur, et trouveront une résonance particulière en politique. Ainsi, à l’instar des grands hommes de l’histoire capables de rassembler des nations entières, il est celui à qui on dédie encore aujourd’hui de nombreux monuments, constructions de pierres ou temples de papier, projets avortés qui ne verront le jour que dans l’imagination des artistes.

PARCOURS SONORE… À côté du parcours visuel, constitué d’une riche collection d’objets, le visiteur bénéficie d’un parcours sonore varié : tout au long de l’exposition, un audio-guide permet d’écouter des extraits d’œuvres de Beethoven bien sûr, mais également d’autres compositeurs, ainsi que des textes récités, lettres et autres témoignages, venant à propos illustrer les œuvres exposées.
La déambulation à travers les salles est ponctuée de plusieurs animations plus ou moins interactives : un recoin pour écouter posément l’Allegretto de la Symphonie n° 7, un autre dédié à l’orage de la Pastorale (agrémenté d’effets de lumière symbolisant les éclairs, et d’un guide d’écoute interactif), ou encore un espace cinéma diffusant des extraits de films dont la bande-son reprend les œuvres du compositeur. A ne pas manquer, le dispositif d’écoute solidienne (par conduction osseuse) qui permet d’expérimenter une autre forme d’audition et, en fin de visite, un écran tactile nous invite à deviner les emplacements des monuments dédiés au compositeur dans le monde entier.

RESERVES… Cependant, à vouloir trop en faire, le parcours n’échappe pas aux habituels inconvénients fréquemment rencontrés lors des expositions consacrées à l’univers de la musique, en particulier celui de la pollution sonore. En effet, la libre diffusion d’extraits musicaux dans les salles gêne parfois l’écoute plus intimiste de l’audio-guide.
De plus, face à la multitude d’objets présentés, on s’éloigne par moment de l’objectif premier de l’exposition. Certes, la richesse de la collection est indéniable, mais certaines œuvres, manquant d’un réel contenu explicatif quant à leur création, ne sont pas toujours replacées dans le thème du « mythe Beethoven ». On assiste ainsi à une surenchère d’objets, qui relève presque plus du bric-à-brac que d’un parcours d’exposition. On pense notamment à la salle « Têtes tragiques et monde intérieurs », où se succèdent les sculptures ressemblant de près ou de loin à la figure de Beethoven, mais où le lien avec celui-ci, n’est souvent explicite que dans le titre de l’œuvre…

Au final, cette exposition est donc avant tout une expérience visuelle et auditive qui, sans assouvir la soif de connaissance du visiteur, réjouira ses yeux et ses oreilles. L’absence de contenu informatif est compensée par la grande richesse des œuvres présentées. En particulier l’émouvante salle des fétiches et reliques, dans laquelle le visiteur peut admirer certains objets appartenant jadis au compositeur, depuis son violon jusqu’à son cornet acoustique, son bâton de marche, et même des mèches de ses cheveux !   Indéniablement l’exposition parisienne nous apprend une chose, c’est que le mythe Beethoven est loin de s’éteindre, car le compositeur continue de fasciner et d’inspirer, encore de nos jours, les artistes du monde entier.

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Exposition BEETHOVEN à la Philharmonie de ParisEXPOSITIONS. Ludwig van… Le Mythe Beethoven, Philharmonie de Paris, jusqu’au 29 janvier 2016. LIRE notre présentation de l’exposition, LIRE aussi notre compte rendu de l’exposition (Coédition Gallimard / Cité de la musique-Philharmonie de Paris : 184 pages — Format : 210 x 280 mm —  35€, ISBN : 9782070197354).

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