DVD, critique. Frederick ASHTON : The Dream, Symphonic Variations, Armand et Marguerite (1 dvd OPUS ARTE 2017)

ASHTON Dream symphonic variations amrand marguerite ROYAL BALLET DVD opus ARTE dvd reviex critique dvd danse par classiquenews CLIC de classiquenews nov 2018DVD, critique. Frederick ASHTON : The Dream, Symphonic Variations, Armand et Marguerite (1 dvd OPUS ARTE 2017). Voici assurément un témoignage exemplaire du style Ashton, ambassadeur de l’élégance britannique, servie par la troupe londonienne du ROYAL BALLET qu’il a fondé lui-même et qui lui devait bien cet hommage rétrospectif. Le triptyque est défendu avec finesse et tension par des solistes aguerris ; chacun participe au dévoilement de la poésie classique, à la fois franche et simple de Frederick Ashton (1904-1988), qui s’impose comme le plus important chorégraphe britannique, de la 2è moitié du XXè. Elève de Massine, il rejoint comme soliste le Vic-Wells Ballet qui devient le ROYAL BALLET dont il sera le directeur de 1962 à 1970 et pour lequel il livre pas moins de 50 ballets inédits. Interprétés par la troupe qui historiquement est la plus familière de son style, les 3 chorégraphies de Ashton, dévoilent l’aisance des danseurs londoniens. Une affinité qui ajoute au crédit de cet enregistrement passionnant.
De presque 1 h de durée, The Dream (1964) créé à Londres même diffuse ce classicisme onirique bien dans le style enchanté et clair, lumineux et crépusculaire de Mendelssohn : Le songe d’une nuit d’été s’acclimate parfaitement à l’écriture chorégraphique d’Ashton. On note, la facétie du duo Puck et Oberon (Steven MCrae) qui s’ingénient à semer la discorde et le trouble grâce à leur philtre d’amour, déposé sur les yeux de leurs victimes : drôlerie aussi, mais si poétique du duo de l’âne Bottom (le formidable danseur est sur les pointes) et de la reine Titania (Akane Takada)… tout ce monde de la nuit, renversé, éclaté, retrouve bientôt la paix et l’ordre dans le duo final Titania et Oberon, ceux là même qui par caprices badins s’étant disputé la page, ont inscrit le drame dans le chaos…
Le choeur final célèbre l’harmonie du couple amoureux, célébré par les sylphides d’une légèreté vaporeuse et élégante comme le sont toutes les narrations chorégraphiées par Ashton, visiblement très inspiré par le Songe enivrant de Mendelssohn. Se détachent par leur caractérisation l’âne Bottom et Puck, deux figures de ce dérèglement délirant à l’essence purement poétique d’une ineffable tendresse. Ashton relève le défi d’un ballet qui a l’origine devait célébrer les 400 ans de la naissance de Shakespeare. Sur la musique enivrante et si raffinée de Mendelssohn, le ballet conserve son impact total. Hymne à la beauté et à la poésie.

Marguerite et Armand (ici Zenaida Yanowsky et l’athlétique et très photogénique Roberto Bolle) a été créé en 1963 et conçu par Ashton pour le couple alors mythique, claque aux frontières de la real politique propre à la guerre froide, Rudolf Noureev et Margot Fonteyn. Ashton mêle avec beaucoup de tact les référcens à La Travaita de Verdi et au roman source de Dumas Fils, La dame aux camélias. Evidemment la musique de Liszt (Sonate en si dans une transposition assez kitsh pour piano et orchestre) en ses vertiges éperdus et d’un lyrisme fougueux et tendre, ajoute à la passion amoureuse et enfiévrée du couple parisien : la chorégraphie de Ashton crée comme dans le cas de Balanchine, des figures en couple d’une ineffable beauté : équilibrée, claire, intelligible, qui frappent par leur franchise et la séduction de l’écriture.

Le parallèle avec l’ordre olympien des ballets de Balanchine, manifestement néoclassique, et d’une élégance inaltérable, se confirme aussi dans les Symphonic Variations, sur la musique de César Franck, le plus français des romantiques à l’époque de la déferlante Wagner : c’est le ballet le plus ancien signé Ashton, créé par la troupe du Royal Opera House de Londres, en… avril 1946.  La pureté linéaire des figures; l’équilibre des tableaux collectifs sont tout à fait redevables de l’idéal phébusien et apollinein d’un équilibre solaire propre à l’immédiat après guerre. Le vocabulaire de Frederick Ashton cultive une épure formelle qui confine à l’abstraction. En outre les 6 danseurs, à la parité parfaite (3 danseurs, 3 danseuses) développent une sorte de célébration de la symétrie et des effets de miroirs en réponse qui renforce encore l’impression de souverain équilibre. Là aussi un hymne à l’atemporelle beauté classique.

 
 
 

——————————————————————————————————————————————————

CLIC_macaron_2014DVD, critique. Ashton: The Dream / Symphonic Variations / Marguerite and Armand. THE ROYAL BALLET – Orchestra of the Royal Opera House, Emmanuel Plasson, direction – BONUS: Introduction to The Dream / Bottom on pointe / Introduction to Symphonic Variations / Interview with Zenaida Yanowsky. 1 dvd OPUS ARTE, 2017. Durée du dvd : 2h18mn. CLIC de CLASSIQUENEWS.

 
 
 

ashton-frederick-dvd-opus-arte-critique-dvd-par-classiquenews-CLIC-award-classiquenews

 
 
 

Comments are closed.