Dialogues des Carmélites de Poulenc en direct du TCE, Paris

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logo_france musiqueFrance Musique à 19h. Poulenc : Dialogues des Carmélites (Jérémie Rhorer, direction) …  en direct du TCE, Paris. Après Alceste et Aïda pour l’Opera de Paris, sans flamme ni feu remarquable, Olivier Py revient à cette profondeur critique, tendue, comme empoisonnée qui avait tant concaincu dans sa lecture de Tristan und Isolde de Wagner… ses Dialogues des Carmélites offrent un veritable sentiment de brûlure spirituelle voire de transe mystique, certes toujours sobrement maîtrisée, selon le tempérament du metteur en scène qui est un croyant interrogatif voire insatisfait comme Poulenc. Sage et directe ferveur: celle du peintre Fra Angelico qui s’invite dans ce retable lyrique (pour les interludes composés pour la  creation scaligène)…

Le plateau vocal convainc réunissant de superbes tempéraments féminins :  Rosalind Plowright fait une Madame de Croissy brute et âpre (sa mort saisit); surtout Patricia Petibon nous épargnant ses accents aigus parfois manièristes incarne une Blanche sincère, sensible, juste d’autant que Py exploite les mêmes talents d actrice qui nous avait valu avec lui à Genève sa troublante et féline Lulu. Même accomplissement superlatif pour la Constance de Anne-Catherine Gillet (remplacant Sandrine Piau souffrante) et après avoir chanté pour Angers Nantes Opéra le personnage de Blanche,  nous éblouit dans le rôle de Constance dont elle fait le double émotionnel de Blanche entre gandeur et exaltation; veritable torche vivante, celle fulgurante des jeunes mystiques.

On reste de marbre en revanche face à Sophie Koch (mère Marie) et Véronique Gens présentes sans guère d’approfondissement.

Jeune baguette familière des approches historiques, Jérémie Rhorer a troqué son Cercle de l’Harmonie pour les somptueux instrumentistes du Philharmonia. Le chef rétablit sans précipitation ni sécheresses toute l’activité instrumentale d’une partition qui se lit désormais comme un retable grouillant de vie, d ‘irrépressible ferveur… jusqu’à la chute finale au tragique glaçant.

 

 

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