Cycle Schumann par l’Orchestre national de Lille

Julian Steckel celloLILLE. Concert Schumann par Ch. Zacharias. Mercredi 16 novembre 2016, 20h. Volet thématique essentiel de la nouvelle saison 2016-2017 de l’Orchestre national de Lille, Schumann s’affirme dans ses paysages symphoniques et le chant spécifique des instruments solistes, véritables miroirs d’une âme amoureuse, nostalgique, tendre, éperdue… Le second volet SCHUMANN nous fait entendre « les paysages intimes » d’un compositeur traversé par la lyre romantique, capable d’évocations heureuses et enivrées (Symphonie Rhénane), poète et prophète de l’âme amoureuse aussi (Concerto pour violoncelle). Le chef invité Christian Zacharias, auquel se joint le violoncelliste Julian Steckel (notre photo ci-contre), est le guide explicatif et inspiré de ce programme enchanté, enchanteur.

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PAYSAGES INTIMES
Orchestre national de Lille
Christian Zacharias, direction
Mercredi 16 novembre 2016, 20h
Cycle Schumann, épisode 2 — Auditorium du Nouveau Siècle
RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/event/20167-paysages-intimes-schumann/

Introduction et Allegro
Concert pour violoncelle
Symphonie n°3 Rhénane

Soliste : Julian Steckel, violoncelle

Et aussi :
Mardi 15 novembre 2016, 20h : Parcours romantique et musical
au Musée des Beaux Arts de Lille
Mercredi 16 novembre 2016 :
12h30, Concert flash, « le salon romantique »
19h, Prélude au concert de 20h

Toutes les infos et les modalités de réservation
sur le site de l’orchestre national de Lille
http://www.onlille.com/event/20167-paysages-intimes-schumann/

 

 

 

Schumann_robert_570Symphonie n°3 Rhénane de Robert Schumann. L’Orchestre de chambre de Paris poursuit son cycle Schumann avec la Rhénane, l’une de plus lyrique et exaltante du corpus des 4 Symphonies composées par le Romantique. Créée en février 1851, la partition s’écoule comme un fleuve impétueux, riches en images et en couleurs qui affirme encore et toujours, un esprit rageur et combattif. Celui d’un Schumann démiurge à l’échelle de la nature. Les indications en allemand soulignent la germanité du plan d’ensemble dont la vitalité revisite Mendelssohn, et l’ambition structurelle, le maître à tous : Beethoven. Paysages d’Allemagne honorés et brossés avec panache et lyrisme depuis les rives du Rhin, la Rhénane doit s’affirmer par son souffle suggestif. En particulier, le Scherzo : la houle généreuse des violoncelles, aux crêtes soulignées par les flûtes, y évoquerait (selon Schumann lui-même) une « matinée sur le Rhin », comme l’indique le superbe contrechant des cors dialoguant avec les hautbois aux couleurs élégantes dont l’activité gagne les cordes. Le Nicht schnell baigne dans une tranquillité pastorale qui met en lumière le très beau dialogue dans l’exposition des pupitres entre eux, surtout cordes et vents. Le point d’orgue de la Rhénane demeure le 3ème épisode « Feierlich » (maestoso): Schumann inscrit comme un emblème la grave
noblesse et la solennité majestueuse de l’ensemble. L’ampleur Beethovénienne de l’écriture impose une conscience élargie comme foudroyée … et ce n’est pas les fanfares souhaitant renouer avec l’aisance triomphale par un ample portique qui effacent les langueurs éteintes comme décomposées. Le caractère du mouvement est celui d’un anéantissement, aboutissement d’un repli dépressif exténué… avant que ne retentissent, comme l’indice d’un salut recouvré, les accents haletants, dansants, irrépressibles du Lebahft final.

 

schumann_robertLe Concerto pour violoncelle de Robert Schumann, en la mineur est composé en octobre 1850, juste avant la Symphonie n°3 Rhénane, dans une séquence d’exaltation et de pleine conscience dont le destin gratifia cependant Schumann (alors âgé de 40 ans) pourtant très affecté par des crises psychiques à répétition. Les 3 parties du Concerto se succèdent sans pause aucune, en une continuité organique exaltante : l’ivresse qui porte le développement du premier mouvement Allegro alterne sérénité et énergie syncopée ; puis c’est la pleine introspection distanciée mais tendre et sincère de l’adagio indiqué langsam, construit comme un lied (cantabile ample du violoncelle). Le Finale, Vivace synthétise la construction globale du doute et de l’ombre vers l’éblouissante lumière, du ré mineur au la mineur. Jamais Schumann ne fut aussi franc dans cette oeuvre irrésistible qui porte en elle la clé de sa nature double, frappé par l’humoresque spécifiquement germanique et la tragédie lentement destructrice car il est rongé de l’intérieur par un mal qui l’emportera en 1856 : optimisme à tout craint mais aussi sa face ténébreuse, aspiration à la mort et anéantissement irréversible.

 

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