Compte-rendu concert. Toulouse, Musée des Augustins, Salon Rouge ; Le 11 janvier 2017 ; Frantz Schubert ; Dmitri Chostakovitch ; Felix Mendelssohn ; Quatuor Modigliani : Amaury Coeytaux et Loïc Rio, violons, Laurent Marfaing, alto, et François Kieffer, violoncelle.

modigliani-quatuor-concert-classiquenews-Modigliani-Quarte copyright droit reserves Marie-StaggatCompte-rendu concert. Toulouse, Musée des Augustins, Salon Rouge ; Le 11 janvier 2017 ; Frantz Schubert ; Dmitri Chostakovitch ; Felix Mendelssohn ; Quatuor Modigliani : Amaury Coeytaux et Loïc Rio, violons, Laurent Marfaing, alto, et François Kieffer, violoncelle. La vie des Grands quatuors à cordes est émaillée de remaniements et c’est l’un des mystères que de constater comme même avec le départ de l’un des musiciens se poursuit le projet artistique sans véritable heurt. C’est ainsi que le Quatuor Modigliani a perdu son charismatique et si sensible premier violon, Philippe Bernhard. Depuis le premier décembre 2017, c’est Amaury Coeytaux qui lui succède. Jeune musicien de grand talent, son intégration est parfaite. Avec un son plus charnu et incarné à l’opposé de la pureté et de la délicatesse du jeu de son prédécesseur. Cela conduit les autres musiciens du Quatuor Modigliani, surtout l’alto et le violoncelle a développer d’avantage leurs couleurs et la chaleur de leur jeu. Mais ce qui demeure intacte c’est cette connivence musicale de tous les instants permettant cette fulgurance des nuances, cette sensibilité des phrasés, et cette énergie communicable, marque d’un Quatuor particulièrement adulé de part le monde. Mystère insondable des quatuors, les Modigliani sont aussi sensationnels qu’auparavant, mais différemment. Le Quattersetz de Schubert est sous leurs doigts une pièce en forme de quintessence en un mouvement du génie Schubertien avec des audaces formelles d’écritures bien assumées.

 

 

 

Le récent changement de leur premier violon, n’entâme en rien la complicité magnétique du Quatuor français…

Longue vie aux Modigliani !

 

 

Nous avions entendu ce même premier Quatuor de Chostakovitch par les Modigliani en janvier dernier à la Biennale des quatuors de la Philharmonie de Paris. Nous avions été séduit par leur parti pris de pureté et de fraîcheur. Lire notre compte rendu du concert du Quatuor Modigliani à Paris, janvier 2016.
Le changement de premier violon sans s’écarter de cette manière va d’avantage vers la force de suggestion des grands quatuors à venir et leur modernité sous une apparence aimable. L‘alto de Laurent Marfaing et le violoncelle de François Kieffer osent une puissance de son et une beauté de timbre envoûtantes.
Mais c’est dans le somptueux quatuor de Mendelssohn que la fulgurance du jeu uni en respectant des personnalités musicales fortes, a subjugué le public. Les qualités instrumentales magnifiques de chacun embrasant le tutti. Mendelssohn devient l’immense compositeur, le magnifique esprit romantique au faite de toutes les connaissance musicales passées. L’originalité des nuances poussées à l’extrême, la jubilation du scherzo, la douleur insondable du premier mouvement, la puissance tellurique du final : Toute la beauté de cette immense partition a été portée à un niveau d’excellence instrumentale et d’émotion musicale particulièrement aboutis.

Ainsi le public comblé a obtenu deux bis avec Le Scherzo puis l’Adagio du Quatuor op. 18 n° 6 de Beethoven. Nous évoquions l’an dernier à Paris, une « jeune maturité » du quatuor Modigliani. Avec évidence, ils poursuivent leur fabuleuse évolution. L’arrivée d’Amaury Coeytaux y participe.  Le son plus fruité n’en est que la partie apparente. Il est probable que tout le répertoire, et le plus exigent, attend les Modigliani. Nous les suivrons avec fidélité. Et nous souhaitons formuler tous nos vœux pour Philippe Bernhard, lui qui nous semblait être né pour jouer du violon, et dont les mimiques si expressives nous ont toujours enchantées. Si la complicité entre les membres du Quatuor Modigliani est du même niveau, la sympathie et la tendresse des regards, qui s’étaient construits dans l’enfance, ont comme muri. Ainsi va la vie. Longue vie aux Modigliani !

 

 

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Compte-rendu concert. Toulouse, Musée des Augustins, Salon Rouge ; Le 11 janvier 2017 ; Frantz Schubert (1797-1828) : Quatuor à cordes n°12 en ut mineur, D. 703, Quattersetz ; Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Quatuor à cordes n° 1 en ut majeur, opus 49 ; Felix Mendelssohn (1809-1847) : Quatuor à cordes en la mineur opus 13 ; Quatuor Modigliani : Amaury Coeytaux et Loïc Rio, violons, Laurent Marfaing, alto, et François Kieffer, violoncelle / Photo © Marie Stabat.

 

 

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